Chapitre 4 : Bienvenue à Luton
Une fois de retour à l'hôtel, Havoc et Breda prirent leurs courages à deux mains, et composèrent le numéro du Colonel :
Bonjour Colonel, commença Havoc
Bonjour, tout va bien ?
Colonel, j'ai quelque chose à vous dire, ce n'est vraiment pas facile...
C'est à propos de Fullmetal ?
Oui, mais laissez-moi parler d'abord, et ensuite vous pourrez poser vos questions !
Ou est-il ? Passez-le-moi !
Colonel ! Il a disparu, ou plutôt il a été enlevé !
Havoc raconta tout. La rencontre à l'hôte, les pistes, l'enlèvement de la cousine de Maximilian, l'émotion du Fullmetal, le sentiment d'injustice, la fuite dans la nuit, le hangar, le combat. Les balles insuffisantes et finalement la honte. Le Colonel ne répondait plus, le silence s'installa pendant plusieurs minutes.
Prenez le train, on se retrouve à Luton ! Lâcha finalement le Colonel
Havoc et Breda se sentaient terriblement coupables. Mais surtout ils allaient devoir convaincre Maximilian de leur ouvrir la chambre du Fullmetal afin de récupérer le dossier de l'enquête. Il ne fallait surtout pas laisser de trace du passage de l'Armée, on ne savait qui allait s'introduire dans les chambres les semaines à suivre. Ce ne fut pas mince à faire, mais dans l'urgence de quitter la ville, il leur donna accès à la chambre. Après avoir tout rangé dans leurs valises, ils se dirigèrent vers la gare, qui comme imaginée : était bondée. Le train avait déjà 45 minutes de retard pour des « problèmes techniques ». Ils prirent un café dans le seul café de la gare et observèrent leur environnement. Tout le monde avait le visage en alerte, les gens restaient en groupe, ne se séparaient pas. Un groupe de policier faisait la ronde, et était interpellé tous les 5 mètres pour des cas de disparitions. C'était le chaos absolu. Les valises étaient pleines à craquer, le départ semblait définitif. C'était l'exode. La gare se vida d'un quart, après le départ d'un train à L'ouest. Et puis, un second train arriva en gare : c'était le leur. Ils se levèrent, mais ce fut la marée humaine ! Le quai était bondé et malgré un ticket en Business la rame était clairement surbookée. Il semblait évident que certains passagers n'avaient pas de ticket ! Le train démarra avec 1h15 de retard, et l'heure d'arrivée à Luton était prévue vers midi le lendemain. Les deux amis s'effondrèrent dans leur cabine, et furent réveiller par des cris. Une bagarre avait éclaté dans le wagon Business, apparemment un passager n'avait pas de ticket pour la classe en question…
Ça va être long, souffla Havoc
Il ne nous reste que 4h30 ! Ironisa Breda
Qu'est-ce qu'on va dire au Colonel, on a perdu un Alchimiste d'Etat...
Surtout Edward, tu crois qu'on va être répudié de l'Armée... ? Chuchota Breda
Impossible de savoir ce qu'il va nous arriver, je me demander dans quel état il est…
A Central, le Colonel n'avait pas encore saisi le caractère dramatique de la situation, son subordonné avait été enlevé par ce fameux groupe « Gretchen » et dans le même temps des incursions étrangères arrivaient dans le Sud. Il ne savait pas quoi faire. Devait-il aller à Luton ? Devait-il partir à Polperro ? Seul ? Où était le Fullmetal ? Était-il toujours vivant ?
COLONEL ! Força Riza
QUOI ? Répondit-il le regard noir
Que fait-on ? Havoc et Breda sont en route pour Luton, que fait-on ?
J'ai besoin de réfléchir… Tout d'abord, nous avons besoin de prendre entièrement connaissance du dossier de l'enquête du Fullmetal, sur ce groupe « Gretchen ». Ensuite nous aviserons !
Bien ! Dit Riza en quittant le bureau
A peine assit, Maes déboula dans le bureau sans prévenir :
Royyy ! J'ai ouï dire… Est-ce vrai ?
Oui… c'est vrai...
Tu te sens comment ?
Normal
Arrête ton char, il a disparu…
Mais que puis-je faire ? Je ne fais que tourner en boucle… Bref, je n'ai quasiment pas dormi depuis...
Et ça se voit ! Tu fais une tête...
Maes ! Il a disparu...Que vont-ils faire de lui ? Un silence lui répondit.
Quelques heures plus tard, le téléphone sonna, et ce fut Havoc et Breda :
Colonel, au rapport !
Où êtes-vous ?
A Luton, après 8 heures de train de l'enfer… Nous sommes dans un bureau prêté gracieusement par la direction sur place. Nous avons aussi une chambre d'hôtel ! L'ambiance ici est très spéciale, l'armée là-bas est très tendue. Ils s'entrainent plusieurs heures par jour, et circulent dans les contours du sud de la ville de manière intense. Il y aussi un afflux conséquent de population ce qui pose des problèmes…déjà ! La ville a instauré un couvre-feu, et il y a des rumeurs comme quoi il y aurait un couvre-feu national dès la semaine prochaine.
Mais…Le Fullmetal, racontez-nous !
Il y eu une énième discussion sur cette nuit, ils apportèrent des précisions sur les inconnus en question par exemple, les mots prononcés.
Colonel avez-vous reçu la copie du dossier de Fullmetal ?
Oui, c'est très fourni ! Il y a beaucoup d'information mais peu de concret...
Nous avons fait un sketch des hommes aperçus cette fameuse nuit, l'avez-vous aussi reçu Colonel ? interrompis Breda
Oui, pouvez-vous venir jusqu'à Central ?
Pour l'instant, il n'y pas de train de prévu. Les billets sont complets pour les prochains jours, que voulez-vous que l'on fasse ?
Non, faites-moi remonter tout ce qui vous semble important.
Le colonel se posa face à la fenêtre, le regard dans le vide. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti ce vide. Ce gang semblait très sérieux, mais il était le Fullmetal, Alchimiste d'Etat. Il ne se laisserait pas faire, il combattrait…jusqu'à….
La sonnerie retentie, et le sorti de ses pensées :
Colonel Mustang
Oui, bonjour,
Généralissime ! Bonjour !
Colonel, venez à mon bureau de suite
Il s'exécuta et se rua vers le bureau en question
Généralissime ! Que puis-je faire pour vous ?
Avez-vous quelque chose à me dire ?
J'ai appris ce matin les détails...
C'est ainsi que vous gérer vos troupes ? Où est le Fullmetal ?
Je ne...
Vous ne ... ?
Je ne sais pas !
Vous ne savez pas ?! Mais vous vous rendez-vous que nous allons avoir une intrusion externe et que nous ne pourrons pas utiliser le Fullmetal ?! Colonel ! Vous avez failli sur tous les points : gestion du personnel, soumission de ce dernier et nous sommes en sous-effectif à cause de vous ?! Nous allons entrer en guerre, et nous n'avons même pas tous nos Alchimistes prêts ! Je vais vous envoyer, vous et votre équipe de branquignole sur le front ! Vous partez tous à Luton dans un premier temps, et vous attendrez mes ordres ! Compris ?
Oui, Généralissime !
Vous m'entendez, vous allez être utilisé en première ligne comme lors de la dernière guerre où vous avez obtenu vos médailles.
Oui, Généralissime !
Il sorti du bureau du Généralissime et retourna dans son aile. Un fois dans son bureau, il convoqua le reste de son équipe : Riza et Maes.
Je reviens du bureau du Généralissime. Sans vous donner les détails, nous partons tous pour Luton. Nous serons envoyés au front, tous. On récupère Havoc et Breda. On avisera dans un second temps…
Elle se rua sur son ordinateur, et réserva les tickets en question pour tous les trois. Le départ était dans deux jours, en business Class. Elle réserva toute la cabine, pour 5 personnes. Ainsi, ils seraient tranquilles pour discuter.
Deux jours plus tard, à midi pile, les 3 amis étaient prêts. Maes avait fait des adieux déchirants à sa famille qui l'avait accompagné à la gare avec toute la dramaturgie que cela impliquait, il avait encore les yeux rouges.
Quand je reviendrais ma fille rentrera à l'université !
Voyons, tu n'exagères pas un peu ? Demanda le Colonel
Ils avaient alors rejoint le lounge de la gare, un Whisky à la main, Maes continua :
Plus sérieusement, quel est le plan une fois sur place ? On va quand dans le sud ? Chuchota Maes
On aura plus d'information à Luton, en attendant on doit se préparer à tout type d'option ! Répondit le Colonel
Mais, ajoute Riza, quelle est notre position ? Est-ce qu'on dort là-bas ?
Je ne sais pas, je suppose qu'on y retrouvera le Généralissime et qu'on aura plus d'information à ce moment-là, conclut le Colonel
Après avoir patienté presque une heure dans ce lounge, ils prirent place dans la cabine réservée par Riza. La tension avait monté d'un cran, et personne ne voulait rompre le silence. Après 4 heures de trajet, Maes déclara :
Bon, déjà ce n'est la faute de personne, personne ne pouvait prévoir...
Mais si, mais si… C'est mon boulot, je n'ai pas anticipé, j'aurais dû aller le chercher moi-même ! Affirma le Colonel
COLONEL, le coupa Riza, on va le retrouver je vous promets !
Et puis, si ça se trouve, il a trouvé une solution, et est déjà en route pour Central, on l'a peut-être loupé ! Ajouter Maes
Le silence se réinstalla dans la cabine, et le sommeil emporta l'équipe jusqu'au Terminus du train. Ils sortirent de la gare de Luton. Il faisait déjà beaucoup plus chaud qu'a Central et le vent était sec. Depuis le taxi, la ville s'offrait à eux, tout était différent de Central. L'architecture était plus « solaire », les tuiles rouges brillaient, les murs n'était pas blancs ni gris comme dans la Capitale mais couleur pastel. Les rues étaient bondées, vivantes et bruyantes. Le style des habitants était plus décontracté, on voyait peu ou presque pas d'uniforme. Ou était tous les soldats mentionnés par Havoc et Breda ? Peut-être étaient-ils aux limites de la ville ? Les habitants n'avaient l'air ni effrayés, ni fatigués, ni agacés par l'arrivée soudaine de ces déplacés qui fuyaient leurs quotidiens. L'humeur général avait même l'air positive, les esprits avaient l'air légers. Savaient-ils ce qu'il se tramait ? Quel impact avait les déplacés sur cette ville ?
La ville était donc pittoresque en comparaison à la Capitale, elle semblait aussi touristique du fait des petits groupes qui suivaient ce qui s'apparentait à un guide. De loin, on apercevait une grande Cathédrale peut-être une Basilique, elle paraissait gigantesque. La ville était aussi traversée par un fleuve qui coupait littéralement la ville en deux. Historiquement, le nord était riche, c'était là où les marchands et nobles vivaient, et le sud plutôt industriel et ouvrier. Et cette division de la ville était toujours d'actualité, les écoles privées étaient d'un côté et pas de l'autre tout comme les hôpitaux. On ne comptait pas mois de 5 hôpitaux dans le Nord, et seulement un pour la partie Sud. Politiquement, le gouverneur de la région avait beaucoup de pouvoir, il avait bien sûr des ambitions mais les tensions avec les pays voisins empêchaient ses ambitions de se déployer. La population avait triplé en 50 ans, cela pouvait s'expliquer par l'afflux assez important de travailleurs extérieurs à la ville. Les raisons qui les poussaient à rester étaient multiples : climat, qualité de vie, etc.
Perdus dans ses pensées, le Colonel fut interpellé par Maes :
On est arrivés Roy, sors donc de ce taxi.
Tous les 3 se dirigèrent vers la porte de la Caserne, apparemment ils étaient attendus. Ils furent invités à retrouver le Généralissime dans son bureau, il était déjà à Polperro.
Voilà l'équipe de bras cassé ! Déclara-t-il
Généralissime ! Dirent-ils en choeur
Vous avez de la chance, nous ne lancerons l'offensive qu'à la fin de la semaine soit dans 3 jours. En attendant, vous serez logés dans un appartement aux frontières de la Caserne. Et ces 3 prochains jours, vous allez : vous entrainer et enquêter dans les quartiers des nouveaux déplacés. Oui, nous les appelons ainsi, les déplacés ! Est-ce bien clair les incapables?
Une voiture les attendait, et ils découvrirent l'appartement collectif.
Bon, ça s'est plutôt bien passé ! Commença Maes
TOC TOC
Havoc et Breda étaient sur le perron de la porte. L'équipe était maintenant au complet, le Colonel sentis son cœur se serrer, un sentiment étranger l'envahie, celui du soulagement et même un petit peu d'émotion. Havoc déclara d'un ton sec :
Bon, nous avons retrouvé Maximilian
Maximilian ? Qui est-ce ? Ajouta Maes
Le gérant du seul hôtel de la ville, nous on est toujours des commerciaux, mais on a dit que la disparition du chercheur Oskar...
Oskar ? Souleva Maes
C'est son nom d'emprunt… ajouta de manière agacée le Colonel
Bref, pour lui on est toujours des commerciaux, mais on a des amis dans l'armée, donc vous 3 ! On peut aller le voir et lui poser des questions. Il sait probablement des choses que le Fullmetal n'a pas mis dans le rapport. Qu'en pensez-vous ? Nous l'avons retrouvé alors qu'on se baladait en ville, il nous a tout de suite reconnu... !
Ça se tente effectivement, dit Riza, Colonel ?
Tous les regards se tournèrent vers le Colonel qui regardait par la fenêtre.
Colonel ! Insista Riza
On va faire ainsi ! Havoc et Breda vous êtes toujours les commerciaux, et vous vous êtes pris d'affection pour Oskar, et vous voulez le retrouver. C'est bien clair ? Nous, on est des soldats à la recherche de ce chercheur. On est d'accord ?
OUI ! Dirent ensemble l'équipe
Le reste de la soirée se passa dans cet appartement, entre jeux de carte et anecdotes, la bonne ambiance était au rendez-vous malgré la situation. Le plan était clair : demain ils iraient dans le quartier des déplacés à la recherche de Maximilian.
Le lendemain matin, vers 10h30, ils quittèrent leur quartier et marchèrent dans le quartier en question. Comme on pouvait s'y attendre, le quartier où vivait Maximilian n'était pas très alléchant, mais il restait propre et globalement vide ce qui signifiait que les déplacés étaient soit à l'école soit au travail. Havoc s'arrêta face à une porte, assez large, noire et imposante. Un jeune homme ouvra la porte, et sourit :
Havoc, bonjour, et… ?
Mes amis militaires sont là pour enquêter sur le chercheur qui a séjourné dans ton hôtel, tu peux leur faire confiance !
On verra, entrez, asseyez-vous, je vais préparer du thé. Donc, continua-t-il en posant les tasses sur la table, vous chercher Oskar ? Pourquoi vous intéresse-t-il ?
C'est un chercheur réputé, qui fait la gloire de notre pays, précisa le Colonel. Sa disparition inquiète son équipe et surtout…. Le gouvernement a beaucoup investi dans ses recherches. Et puis, nos amis, ont défendu son cas...
Quelle chance a-t-il d'attirer l'attention du gouvernement… !
Nous comprenons l'injustice que vous pouvez ressentir, mais une autre équipe est sur le cas des disparus de Polperro.
Vous ne pouvez pas comprendre, ce que c'est de vivre dans la peur, de ne plus sortir, de fermer les volets, d'être plus de 5 par lieux… !
Un silence suivit, un silence plein de respect.
Oskar était quelqu'un de bien. Alors si je peux aider d'une manière ou d'une autre…Que puis-je faire pour vous ?
Nous sommes juste là pour écouter votre rencontre avec Oskar, vos échanges, ce qui l'intéressait, tout ce qui vous vient à l'esprit.
Maximilian commença alors son récit : l'arrivée d'Oskar à Polperro, ses recherches, sa sensibilité pour la situation de la ville et les disparitions. Il faisait ses recherches et rentrait à l'hôtel pour rédiger. Des banalités. Rien de concret.
Est-ce qu'il a parlé de quelqu'un qui le…Est-ce qu'il se pensait suivi ? Parlait-il de quelqu'un ? Était-il contrarié par quelque chose, quelqu'un ? Demanda Riza
Non, pas que je sache. Il était discret, et un peu timide ! Je l'ai invité une fois dans un bar...
Vous l'avez invité dans un bar alors que les disparitions étaient quotidiennes ? Coupa Maes
Non, mais… la pression était trop forte, et puis il semblait que son supérieur l'appelait tout le temps...Alors c'était pour lui changer l'esprit ! Je ne pouvais pas savoir !
Bien sûr, le rassura Riza, on ne vous accuse de rien.
La conversation devint plus amicale, les langues se déliaient, et il y eu même quelques rires. Le groupe parti après deux heures avec Oskar. Ils n'avaient rien appris et étaient toujours au point mort. Maximilian n'avait même pas abordé le groupe « Gretchen » ni même l'enlèvement de sa cousine. Pour le Colonel, cette conversation avait été un supplice, il aurait voulu demander quel type de relation ils entretenaient, que s'était-il passé au Bar, etc. Mais il n'avait pas pu… ni même oser. Finalement, ils rentrèrent en silence. La rencontre ne les avait pas beaucoup avancés, ils n'avaient aucune piste, rien !
Je me demande quelle relation, ils entretenaient tous les deux, souffla Maes au Colonel
Apparemment amical
Moi, j'ai vu que tu étais jaloux…
Quoi ? Pas du tout ! Tu l'as bien regardé…
Il est jeune...Pas comme toi, beau...Au moins autant que toi !
Arrête ! Ils étaient amis…
Je pense qu'il y avait quelque chose d'autres…Tu veux qu'on y retourne ?
Maes… !
Le lendemain, le Colonel et son équipe commencèrent l'entrainement, et se retrouvèrent pour le repas.
Cette base militaire est étrange, ne trouvez-vous pas ?
Pas plus que Centrale Riza, répondit du tac au tac le Colonel
Mais si, aucun des soldats ne parlent entre eux, ils n'ont peut-être pas l'habitude d'avoir le Généralissime dans les parages !
Ce n'est pas faux…Comment se passe l'entrainement de votre côté ?
Les exercices sont similaires aux nôtres, et toi Maes ?
Idem, rien qui sort de l'ordinaire, je me demande comment l'offensive va être lancée…
En fin de journée, le Colonel, comme les 70 Colonels de l'Armée, fut convoqué pour la présentation du plan d'action. Il se ferait sur plusieurs semaines, le Généralissime s'attendait à beaucoup de perte. Le groupe Rebel, semblait entrainé et financé par un pays ennemi, il était sur suréquipé et avait même de l'artillerie lourde. Ils étaient maintenant aux portes des villes du Sud, dont celle de Polperro, et on estimait leurs troupes à plus de 50 milles soldats, l'ethnie de ces derniers étaient encore inconnues. Des postes de secours seraient aux points stratégiques, les médecins des villes environnantes avaient d'ailleurs été convoqué afin de pallier aux besoins urgents.
L'objectif de cette première offensive était de créer des premiers postes de surveillance afin de préparer le terrain pour la seconde vague : les soldats. Chaque Colonel enverrait dans un premier temps ses meilleurs éléments pour cette mission de reconnaissance. Cette histoire lui rappelait terriblement Ishvalan bien que l'espace-temps soit différent. « Décidément, l'histoire se répète » pensa très fort le Colonel. Encore et toujours.
A peine rentré, il faut assaillit sous les questions de son équipe « Que se passe-t-il ? Est-ce vrai que l'on va être envoyé au front Colonel ? » ou « Quand partons-nous ? ». Il se fit un café, et commença son monologue. Ils seraient tous envoyés au front avec une centaine d'autres soldats à différents points dans le sud mais ne seraient pas envoyés à Polperro. Cette décision révolta l'équipe, mais le Colonel pensa que c'était pour le meilleur. Ils seraient localisés à Thermutis, une ville aux abords de Polperro. Une ville plutôt résidentielle, qui était aussi traversée par un fleuve, pas de gros bâtiments, mais des petites résidences, pour la plupart secondaires donc vides. Ce serait donc un travail de longue haleine, puisqu'il faudra vérifier chacune des maisons une par une, ce qui multipliait le danger et le risque d'être attaqué. Ils seraient facilement à découvert dans ces petites rues et les jardins de la ville.
Cela faisait maintenant 15 jours que le Fullmetal avait disparu, ou plutôt qu'il avait été enlevé. La police de Polperro n'avait fait aucun retour, il ne semblait même pas s'en préoccuper. Il ne fallait surtout pas faiblir, il devait rester concentrer pour ses équipes, une seule erreur serait fatale.
La veille du départ pour Thermutis, les visages étaient fermés. Ils arrivèrent sur place, après 3 heures de voiture. A 2 voitures, il avec assez de munition et d'armes pour réussir cette mission. En quelques heures seulement, ils prirent possession de cette bourgade. Qui était vide de ces habitants depuis déjà quelques jours. C'était la cinquième ville prise par l'Armée depuis le lancement de l'offensive.
Ils se redigèrent donc vers Polperro afin d'apporter du soutien aux équipes de reconnaissance. La ville de Polperro était vide, et semblait abandonnée depuis plusieurs années. La ville était recouverte de portrait de disparus. Les habitants avaient barricadé leurs portes et fenêtres. Toute l'équipe se dirigea vers ce fameux hangar. Le Colonel était attentif au moindre détail, au moindre objet, la moindre tâche, bout de papier, au moindre bruit, etc. Comme prévu, ils ne trouvèrent rien sur place. Personne n'osait prendre la parole. L'équipe découvrait l'endroit, regardait le moindre détail et espérait trouver l'indice tant recherché ou un indice qui les mènerait au Fullmetal. Bien qu'ils aient patrouillé chaque millimètre du hangar, rien ne pouvait mener à un probable indice.
La première partie de l'offensive dont ils étaient les acteurs dura un mois. Un mois durant lequel ils allèrent de ville en ville mais surtout un mois durant lequel ils n'avaient aucune piste pour retrouver le Fullmetal. Finalement, ils furent démobilisés et renvoyés à Central.
De l'autre côté du pays, Alphonse était en route pour Central. Il n'allait pas bien, et avait du mal à contenir son émotion, sa colère mais surtout sa culpabilité. Winry et Pinako étaient dans un état second depuis la disparition d'Edward, elles lisaient le journal tous les jours, en quête d'indice, en quête d'espoir. Alphonse avait fait le déplacement seul, ce n'était pas la peine de les accabler plus qu'elles ne l'étaient déjà. Il arriva à la gare de la Capitale, et prit un taxi jusqu'à Central où il avait rendez-vous avec le Colonel pour des explications.
TOC TOC
Entrez, lança d'une voix lointaine le Colonel
Colonel, bonjour initia Alphonse
Alphonse, bonjour, comment vas-tu ?
Mal…
Le Colonel invita Riza à les rejoindre dans son bureau.
Bonjour Alphonse, dit Riza en souriant légèrement
Bonjour Riza, comment allez-vous ? Continua-t-il
Nous avons connu des jours meilleurs, la disparition de ton frère nous inquiète et est devenue notre priorité !
Ah bon ? Et que faites-vous exactement ? Cela fait presque 2 mois qu'il a « disparu » et il ne se passe rien ! J'ai lu que l'Armée était passée par Polperro, mais aucun de vous n'a trouvé la pertinence de poursuivre vos recherches sur place ? Vous êtes vraiment…
Nous collectons toutes les informations nécessaires, mais nous n'avons... Tenta Riza
Vous êtes donc inutiles, mon frère a dédié sa vie à vos côtés, et vous ne prenez même pas le temps de continuer les recherches sérieusement... Et vous Colonel, que pouvez-vous me dire ?
Nous mettons tout en œuvre pour retrouver ton frère !
En plus, c'est de votre faute !
Alphonse ! L'interpella Riza
Riza sorti Alphonse du bureau en le prenant par les épaules, il se dirigèrent vers la cafétéria pour un café.
Vous ne comprenez pas, c'est ma seule famille…
Si, nous comprenons
Mais alors pourquoi vous ne faites rien ?
Nous ne faisons pas « rien », nous mettons tout en œuvre pour le retrouver !
Quoi exactement ? Où est-il ? Quand je pense qu'il vous faisait confiance… Et le Colonel, il l'a tellement blessé par le passé…
Combien de temps restes-tu ? Tu as les clés de l'appartement de ton frère ?
Oui, je vais séjourner là-bas pendant quelques temps. Et ensuite je retourne à Rizembool...
Comment vont-elles ?
Mal …
Nous aussi !
Mais pourquoi était-il là-bas et seul ? Que s'est-il passé ?
Je ne peux pas te le dire exactement, tu restes manger avec nous ce midi, ça fera plaisir à tout le monde de te voir
D'accord, dit-il à contre cœur
Dans son bureau, la culpabilité rongeait le Colonel, la visite d'Alphonse le ramenait à sa triste réalité : la disparition de Fullmetal. Il ne pouvait expliquer l'absence d'indice ou de piste, il avait envoyé des soldats un peu partout à la recherche d'un fameux groupe « Gretchen », mais il semblerait qu'ils se soient volatilisés depuis les avancées de l'Armée dans le Sud. Il n'avait rien, rien. Et puis, malgré l'importance qu'avait le Fullmetal pour le Généralissime, la priorité était donnée aux incursions rebelles. Dans la région, les incursions ennemis étaient globalement contenues par l'Armée, mais les combats faisaient encore rage, les pertes étaient nombreuses mais pas aussi conséquentes que prévues. Quelques Alchimistes d'Etat étaient intervenus, ce qui avait donné un sacré avantage. Le soutien étranger semblait s'affaiblir au fur et à mesure des jours, et il y aurait même des rumeurs de pourparlers entre les deux Etats.
Le midi Roy Mustang rejoignit son équipe, et fut perturbé par la présence d'Alphonse, il lui ressemblait vraiment. C'était déroutant. L'équipe ne cachait pas sa joie de voir le plus jeune des frères Elric et il y eu même quelques rires. Il resta silencieux tout le repas, dans ses pensées. Oui, Alphonse avait raison, l'enquête n'avançait pas, il se sentait inutile. Comment un groupe aussi informel pouvait disparaitre, et surtout ne laissez aucune trace ? Peut-être avait-il quitté le pays ? Fallait-il attendre le Traité de Paix qui était en cours de discussion ? L'attente le tuait. Il avait été grandement affecté par la disparition du Fullmetal, heureusement que les missions de l'Armée l'avaient « occupé », mais depuis son retour à Central, il était en boucle « Pourquoi ? ». Il fut sorti de ses pensées par Maes :
Roy, tu manges pas ton dessert ?
Non, vas-y ! Dit-il en lui donnant la tarte Tatin
Tu rates quelque chose…Quel délice ! Bon, c'est moins bon que le gâteau de ma fabuleuse épouse mais c'est comme ça ! Tu n'as pas touché non plus ton plat ? Tu n'as pas faim ?
Pas trop, je pense...
Ah parce que ça t'arrive ?! Lança Maes, ce qui fit rire l'Assemblée
Le Colonel assassina du regard son ami, mais répondit :
Oui, et plus que toi !
Waouh ! Le Colonel est de retour ! A quoi tu pensais ?
Au Fullmetal
Le silence se fit, tout le monde était surpris que le Colonel fasse ce genre de commentaire en présence d'Alphonse. C'était osé, mais vrai. L'absence du Fullmetal affectait toute l'équipe.
Penser… ne vous amène nulle part, il faut agir Colonel ! affirma sèchement Alphonse
Sache que nous mettons tout en œuvre pour retrouver ton frère !
Ça n'a pas l'air de marcher... Quand il était à vos côtés, vous ne faisiez que de le blesser…
Alphonse se leva et parti de la cafétaria.
Excusez -le Colonel, la tristesse est plus forte que tout dans ces moments-là, commença Riza
Oui, je prends en compte la situation évidement.
Mais c'est vrai, que c'est bizarre, nous n'avons aucun indice, aucune avancée… chuchota Breda.
Que dit l'équipes envoyée surplace ? Ajouta Havoc
J'ai envoyé les 2 meilleurs enquêteurs de notre secteur, ils sont sur place mais ce n'est pas évident de refaire la chronologie des évènements ! N'oublions pas qu'il y a des combats, et que la population- donc les témoins- sont déplacés pour la grande majorité. La dernière information, c'est des rumeurs de trafique dans le Nord.
Des rumeurs, sur quoi
Riza…Je dois lire le rapport jusqu'au bout, mais il semblerait qu'il y ait les mêmes histoires dans le Nord. Donc, c'est notre piste. Malheureusement, en période de tension…
Mais c'est quand même un Alchimiste d'Etat ! Rugit Maes
C'est d'autant plus étranger …. pourquoi le Généralissime n'en fait pas l'une des priorités ? demanda Havoc
Il est en négociation pour le Traité de Paix, difficile à dire… Conclut le Colonel
Le petit groupe rejoignit son aile, et repris le travail. Havoc et Breda étaient aux archives, ou en tout cas ils faisaient semblant, ils passaient la plupart de leurs temps à discuter et à faire la sieste lorsqu'ils étaient tous les deux. Le tri des archives était leur mission pour les 6 prochains mois, il fallait faire de la place, et surtout c'était dans une dynamique d'accès au public des archives militaires. Il y avait une date de consultation actée à « +75 ans » afin d'être sûr que tous les acteurs n'étaient plus vivants.
N'empêche, on trouve sur des informations incroyables. Tu avais entendu parler de cette histoire de vente d'armée à un pays ennemis ? Selon les rapports, notre pays a failli y passer politiquement, on appartiendrait à un pays…Qui n'existe d'ailleurs plus... Conclut Havoc
Ah oui, tu penses que ça va intéresser des gens ? Demanda Breda
Les historiens, enfin ceux qui font les recherches…oui, je me dis que tout est utile dans une moindre mesure...
Et si on cherchait un dossier sur du trafique humain/kidnapping dans le Sud… On ne sait jamais !
Suite à ces mots, ils se penchèrent sur les dossiers à venir les heures à venir. Quant à Riza, elle était au stand de tir, et elle n'arrivait pas non plus à comprendre pourquoi cette enquête trainait. Ce n'était pas logique « Est-ce que le Colonel disait la vérité ? Mentait-il sur cette enquête ? Et si oui, pourquoi ? » pensa-t-elle en visa parfaitement le cœur de sa cible. Central s'était un peu vidé, suite aux combats, il n'y avait donc pas beaucoup la queue au stand de tir.
Bien jouée Riza, déclara Maes qui venait d'arriver, je ne sais pas à qui tu pensais…
Pas toi, je te rassure ! Sourit-elle
Je me doute, je voulais te parler de quelque chose. On va dehors ?
Ils sortirent sur le perron, dans le petit parc. C'était un bel espace vert au milieu de cette bétonisation. Le ciel était clair, bleu et sans nuage. Une journée comme une autre. Enfin presque
Il faut vraiment qu'on parle, commença Maes
Je me demande si le Colonel nous dit toute la vérité sur l'enquête…
C'est-à-dire ?
Je trouve bizarre que nous n'ayons aucune piste, j'ai dû mal à y croire… soit je suis dans le déni de notre insuffisance professionnelle soit je suis dans le déni de la situation tout court…
Je suis d'accord, je l'ai même trouvé étrange. Tu penses qu'il sait quelque chose, et qu'il ne veut pas le dire ? De peur qu'on soit trop optimiste ?
Ou alors, il attend des nouvelles, et ne veut pas s'avancer. La présence d'Alphonse a dû le perturber… Il était bizarre...
J'ai bien envie d'y croire, je ne peux pas penser qu'on ne le reverra jamais…
Moi non plus…
Sur ces paroles, ils retournèrent tous les deux à leurs postes. Riza auprès du Colonel et Maes était parti se planquer aux archives. Vers le milieu d'après-midi, Alphonse déboula, et demanda à voir le Colonel urgemment.
J'ai mon train ce soir, je veux le voir avant de partir. Est-il disponible ?
Elle composa le numéro :
Alphonse est là, il souhaiterait vous parler, je le laisse entrer ou... ?
Elle raccrocha au bout de quelques secondes. Et d'un geste, invita Alphonse à pénétrer dans le bureau du Colonel. Il s'avança jusqu'au bureau de ce dernier, et déclara :
Quand il s'agit de mon frère, vous êtes incapable de rester calme !
Un peu de respect Alphonse, je reste un haut gradé de l'Armée !
Je sais qu'il se passait quelque chose entre vous...Il me l'a dit
D'accord
Et c'est tout ce que vous avez à dire ?
Qu'attends-tu de moi ?
Vous le faisiez souffrir, et pour ça je ne vous pardonnerai jamais, vous n'avez fait que de jouer avec lui. Et je ne pouvais rien faire, et là il souffre et c'est encore de votre faute ! Ajouta-t-il en serrant les poings
Notre relation est complexe...
Non, vous êtes le seul à la rendre complexe, en le rendant fou, un jour oui un jour non. Quand je pense qu'il était prêt…
Prêt à quoi ? Être en couple ?
Et c'est vous qui dites cela…
S'il revient, j'ai bien dit si…Je veux que vous le mettiez à la retraite, je ne veux plus qu'il soit à vos côtés, c'est bien compris Colonel ?!
Ce n'est pas moi qui décide, je ne peux rien te promettre, dit-il furieux
Alphonse se dirigea vers la sortie et déclara « Vous êtes le pire des Colonels, je vous déteste ! »
Une petite heure après le départ d'Alphonse, et alors que Riza épluchait des rapports, elle vit deux ombres s'approchaient et entendit :
Bonjour. Nous sommes là pour voir le Colonel, il nous attend ! Dit sèchement Olivia
Il n'a pas de rendez-vous de prévu…je vais l'appeler
Il nous a oublié, je le savais, je te l'avais dit Alex, on aurait dû lui…
Olivia, voyons, on reste détendu. Il va bien nous faire de la place dans son agenda vide...
De son côté, Riza composa le numéro :
Colonel, vous avez un rendez-vous avec les Armstrong
Ah oui, j'avais totalement oublié, faites-les rentrer !
Voulez-vous que je participe aussi à la réunion ?
Non, ça ira
Vexée, elle raccrocha et les invita à rentrer dans le bureau du Colonel. Une fois la porte fermée, elle colla son oreille à la porte, mais n'entendit rien. Juste une musique classique en fond, et des bruits de pas. Ils devaient chuchotaient, mais pourquoi ? De quoi s'agissait-il ? Du Fullmetal ?
De l'autre côté de la porte, une conversation attendue depuis des jours étaient en train de se dérouler :
Nous revenons de mission, et nous avons eu quelques témoignages, commença Olivia
Enfin, quelques échanges musclés ! Compléta son frère en souriant de plus belle
Oui, effectivement, mais sinon nous n'avons rien…Il faut toujours menacer pour avoir des informations...
Oui, mais ce n'est pas comme si violenter nous avait fait plaisir, les carottes ne fonctionnaient pas…
Oui, rien n'avait l'air de fonctionner…
Et donc ? Interrompis le Colonel
Ah oui ! Repris Louis, tout d'abord ce gang Gretchen n'a rien à voir avec la révolte du Sud. Aussi improbable que cela puisse paraitre, ce sont même des ennemis puisque « Gretchen » a dû s'exiler dans le Nord, ce qui a apparemment n'arrangeait rien à leurs affaires, si vous voyez ce que vous je veux dire… Les agents de « Gretchen » aurait même tué plusieurs membres des acteurs de la révolte lors d'un règlement de compte ! Ils nous auraient presque facilité la tâche…
Tellement vrai, nous avons quand même essuyé plusieurs centaines de perte au sein de notre armée. Vous y avez participé, n'est-ce pas ?
Oui, lors des premières offensives...Mais
Ah d'accord, compléta Louis
Il a raison on s'égare de la raison de notre venue...
Le Colonel qui essayait de garder son calme depuis le début, eut la plus grande des difficultés à ne pas commenter la dernière phrase.
Colonel, repris Olivia, nous nous sommes proposés pour retrouver le Fullmetal suite aux demander de volontariat du Généralissime. Vous étiez évidement inéligible au vu de votre proximité avec l'Alchimiste, et de votre incompétence. Vos émotions vous auraient amené à votre perte, ce qui aurait mis en danger le Fullmetal. Nous sommes donc partis à sa recherche, ce qui nous a amené dans le Nord du pays…
Le Colonel retenait son souffle, et ne pouvait espérer que la hargne légendaire d'Olivia apporte des résultats. Elle continua,
Une fois dans le Nord, nous avons remonté le groupe « Gretchen » qui semblait affaiblit par son exil et quelques règlements de comptes comme évoqué auparavant. Nous avons rapidement identifié leur mode de fonctionnement, leurs lieux de prédilections et leur repère principal. Ils sont évidemment très dangereux, et c'était une erreur d'envoyer seul le Fullmetal dans le Sud.
Olivia ! le coupa son frère
Quoi ? Mais c'est vrai ! Bref, nous avons donc essayé d'enquêter en se faisant passer pour des mercenaires en quête de missions faciles…
Avec mon corps en particulier, c'était facile ! Déclara Louis en faisant des postures mettant en valeur ses muscles
En effet, nous avons été vite remarqués par plusieurs groupes malveillants, mais il nous a fallu plusieurs semaines avant d'être contacté par celui que nous voulions…
Le Colonel n'arrivait plus à respirer, le récit lui semblait interminable et le temps s'était arrêté sous ses pieds. Son cœur et son corps entier était en tension, tout était en pause.
Après, il nous a fallu être malins, et se faire désirer afin de ne pas attirer l'attention...
Et donc ? Demanda le Colonel
Colonel, nous venons du bureau du Généralissime, il nous a demandé de vous faire un rapport complet ! Je sais que vous préférez que l'on vous écoute, mais arrêtez votre égoïsme et écoutez-moi.
Olivia, peut-être pouvons-nous passer la partie négociation, et entrer dans le vif du sujet, non ? Ce n'est ni le moment, ni l'endroit de régler tes comptes …
Nous sommes tous les deux honorés et fiers de vous dire que nous avons localisé le Fullmetal ! Déclarèrent-ils
Le Colonel, sous le choc, ne réagit pas. Et seulement au bout de quelques minutes, il ouvrit la bouche et chuchota :
Ou est-il ?
Pourquoi chuchotez-vous Colonel ? demanda Olivia
Voyons, c'est plutôt clair, il n'arrive pas à y croire, ajouta son frère
Oui, il était crédule. Il ne pouvait y croire, n'arrivait pas à croire.
Mais nous allons devoir créer une brigade spéciale, et y retourner.
Comment ça, vous n'avez pas pu y aller…Pourquoi ?
Nous ne pouvons attaquer sans plan, nous risquerons de...
De... ? Demanda le Colonel
D'avoir des pertes humaines.
Vous parlez de qui Olivia ?
Du Fullmetal, nous ne pouvons vous dire plus de chose, mais faites-nous confiance !
Ils quittèrent son bureau ce qui fit sursauter Riza qui, à défaut d'entendre quelque chose, été retournée à son bureau. Le Colonel voulait tellement en savoir plus, mais ne pouvait bouger le petit doigt, Riza s'en apercevrait tout de suite et elle aurait des doutes. « Et puis… il ne fallait pas donner espoir à l'équipe » pensa-t-il. Il les aurait bien suivi ou même demandé à l'un de ses équipiers de les suivre, mais la mission aurait créé des questionnements. « Qu'allait-il pouvoir leur dire ? » Il valait mieux ne rien faire et surtout ne rien dire. Il devrait faire preuve d'une grande intelligence et garder sa posture surtout face à Riza qui les avait vus. Le Colonel passa le reste de la journée, à rédiger des rapports en retard, ce qui rendrait Riza heureuse mais suspicieuse par tant de professionnalisme. Vers 20h, il déposa les rapports demandés depuis des semaines sur le bureau. Il sorti, ses pensées le happèrent, et il se retrouva à l'autre bout de la ville. Face à ses vieux démons, face à sa solitude, face à ses erreurs.
Il était évidemment au courant du plan du Généralissime depuis le début, mais avait eu ordre ne pas ébruiter l'affaire. Cinq personnes tenaient le secret, dont le secrétaire du Généralissime. Il avait failli le dire à Alphonse, mais ne pouvait décemment pas le faire. Il ne pouvait pas se permettre de donner de l'espoir. Il ne pouvait pas faire ça à Alphonse. Après presque deux mois d'absence, il y avait enfin cette lueur d'espoir mais il devait le garder pour lui. Les seules questions qui l'importaient actuellement étaient : quand serait lancée ce plan d'action et surtout quand reviendrait le Fullmetal ? Et puis, il y eu un moment où ses pensées se perdirent « Et s'il y passait ? ». Il aurait voulu en savoir plus, mais les remarques d'Olivia quant à son professionnalisme l'avaient refroidi.
Sa balade nocturne l'amena dans un endroit qu'il connaissait bien, car sa tant y travaillait : Madame Christmas. Elle était la propriétaire d'un bar à hôtesse dans le centre-ville d'Amestrie. A la mort des parents du Colonel, elle l'avait pris sous son aile et l'avait éduqué du mieux qu'elle pouvait. Par la suite, c'était devenue une « espionne » du Colonel, c'était les yeux de son filleul ! Et surtout presque tout passait par elle ou son bar. Il n'était pas son fils biologique, mais cela ne changeait rien pour elle. Elle le considérait comme tel, elle l'acceptait avec ses qualités et ses défauts.
Elle fut surprise, sans l'être vraiment, de le voir entrer dans son fief. Il n'était pas venu depuis plusieurs semaines, voire un mois entier. Elle avait entendu parler de la disparition du Fullmetal, et avait rencontré ce dernier une seule et unique fois. Elle invita le Colonel à se changer dans un premier temps afin de ne pas attirer l'attention, une fois changé, il se mit au bar et elle engagea la conversation :
Bonjour, as-tu des nouvelles ?
Bonsoir, un Rhum
Un seul, tu en auras un seul ce soir, tu comprends j'espère ?
Oui
Elle lui servit un fond de Rhum, il sourit :
Heureusement que je suis invitée, sinon...
Roy, j'ai ouï dire pour Edward...
….
J'ai fait ma petite enquête...
….
Il est dans le Nord, mais je n'en sais pas plus. Il est vivant.
Le Colonel leva les yeux vers le seul membre de sa famille encore vivant, et écarquilla les yeux Il déglutit difficilement.
Que…Quoi ? Comment as-tu l'information ? Pourquoi n'es-tu pas venu me voir ?
Je l'ai appris ce matin, je suis même surprise de te voir… Je ne voulais pas te mettre dans l'embarras...
Chris…
Ça va aller, ça va aller ! Ils vont le retrouver ! Où en est l'armée ? Vont-ils aller le chercher ?
Nous sommes sur le coup
Tu sais, ce matin, je me suis souvenue de ma rencontre avec Edward.
Et ?
Eh bien, je me suis dit qu'il avait l'air d'être quelqu'un de bien.
Il avait l'air ? Souligna le Colonel, c'est un peu dramatique, non ?
Ecoute Roy, je te soutiens dans ta carrière militaire, même si tu sais que je ne suis pas fan de l'armée en général. Cependant, Edward était différent. Je sais qu'il se passait quelque chose entre vous...
Quoi ? S'étouffa presque le Colonel
Je suis peut-être un peu plus âgée de toi, mais je ne suis pas encore aveugle ! Vous n'arrêtiez pas de vous jeter des regards !
Quand même, tu exagères un peu, non ?
Pas tant, crois-moi ! Raconte-moi, parle-moi !
Pas grand-chose à dire, je suis maladroit et quelque peu poussif…
Ah bon, je n'avais jamais remarqué, ironisa-t-elle, c'est fou car tu sais complétement t'y prendre avec les autres, mais lui…
Mais parce que c'est lui ! Je n'ai pas envie d'en parler… Nous sommes sur le coup, mais toi, comment tu as eu les informations ?
D'après toi ?
Grumman ? Mais il est localisé à l'Est…
Oui, mais tu sais qu'il est toujours enclin à me rendre service, et puis il est au courant… Bref, revenons au sujet ! Que vas-tu faire lorsqu'il reviendra ?
Je ne sais pas…
Sur ces mots, il sorti du Bar de sa tante, il ne pouvait pas et ne voulait pas trop s'épancher sur le sujet. Il y avait trop de « si ». Il continua d'errer dans la ville, et fini par rentrer chez lui. La nuit était tombée depuis longtemps, et il était fatigué. Il se sentait hors de son corps. L'alcool était monté vite, car il n'avait pas beaucoup mangé. Il ne pouvait s'empêcher de se poser des millions de question. Il se demandait comment tout le monde était au courant de sa relation spéciale avec le Fullmetal. Arrivé chez lui, il prit un somnifère.
Le lendemain, il retourna à Central, prit par un étrange sentiment d'espérance, émotion qu'il n'avait pas ressentie depuis longtemps. Toujours à son bureau, il relut le rapport sur ce fameux Maximilian établi il y a quelque temps déjà. Leur rencontre avait eu lieu il y a quelque temps déjà, et elle n'avait rien apporté de concret. Cependant, les autres seraient suspects s'ils arrêtaient leurs recherches. Son équipe se réunit le matin pour faire le point sur les affaires actuelles : Havoc et Breda étaient en train de trier les archives, et n'étaient pas pressés Riza répondait aux commandes écrites du Généralissime et Maes était sur une affaire de pierre philosophale dans l'Est. La routine de la vie à l'armée.
Il est parti quand ? Demanda Maes
Qui ?
Alphonse, tu étais un peu dur avec lui…c'est un enfant !
Ce n'est plus un enfant depuis longtemps.
Le Colonel fit un geste de la main, et tous sortirent du bureau sauf Maes. Ce dernier brisa le silence au bout de quelques minutes
Tu es bizarre…Que se passe-t-il ? Tu as maigri…Viens manger à la maison ce soir
Encore, mais c'est...
La deuxième fois depuis qu'Edward a disparu…On t'attend, ma magnifique épouse t'attend avec impatience !
D'accord, je viens avec le vin…
…Et le bouquet de fleur !
Le soir même, Le Colonel était à la porte de la famille d'Maes, c'était une jolie maisonnette dans le quartier militaire. Les volets avaient été repeints en vert clair, les rideaux étaient brodés « surement à la main » pensa le Colonel. De taille modeste, cette maison respirait la vie et … l'espoir. L'espoir d'avoir une famille, ou du moins quelqu'un à ses côtés. Il sonna, et Maes lui ouvrit en quelques secondes :
A croire que tu étais derrière la porte, ironisa le Colonel
Roy ! Mais quel bonheur de te voir ! Grâce et Elysia, venez donc voir qui est là !
S'en suivit plusieurs minutes de politesses et d'autres mots de bienvenues. Une fois assis la conversation repris de plus belle :
Sers-moi donc un verre de ce vin, où l'as-tu pris celui-ci ?
La réserve du Généralissime, mais chut – dit le Colonel en mettant le doigt sur la bouche
Charmant, tu piques dans les caisses !
Le bouquet de fleur était déjà conséquent donc...
Bref, comment tu vas ?
Et toi ?
Ça va être comme ça toute la soirée ?
Je reste neutre, que puis-je faire d'autre ?
Tu n'es pas à Central, tu es avec moi. Ton ami.
Maes, je ne sais pas quoi te dire. Je ne vais pas bien, je me sens coupable. Et s'il était mort ? Ou pire... ?
Pire que mort ?
Je ne sais pas, on parle de trafique d'êtres humains…
On avisera le temps voulu, le rassura Maes.
Le repas se passa bien malgré le désarroi débordant du Colonel. Le repas était délicieux, et le dessert du même acabit. Au moment du café, Maes lui déclara :
Peut-être… N'as tu pas le droit de me le dire, mais rassure-moi il y a des vrais soldats sur le coup ? C'est quand même le Fullmetal !
Je n'en sais pas plus que toi, nous…On est sur le coup c'est pas mal !
Après ces échanges, la conversation devenue plus anodine, innocente. Cependant, au moment de partir, et alors que son ami était sur le perron de la porte, il déclara :
Je sais que tu me caches quelques ! Je le vois dans ton regard et ta démarche..
Le Colonel ne répondit pas, et regagna son appartement dans le même quartier. Sur le chemin du retour, il se maudit d'être un tel livre ouvert « heureusement que je n'ai pas cédé, il ne supporterait pas l'ascenseur émotionnel » pensa-t-il avant de se mettre dans son lit.
Malgré un retour chez lui relativement tôt, il ne put fermer les yeux avant 5heures du matin. Il avait épluché tous les scénarios possibles : le retour, la mort, le traumatisme, le déni, le suicide, etc. Chaque fin de scénarios amenait son lot de peur, colère, d'injustice et surtout le sentiment d'inutilité. Il ne put s'empêcher d'avoir le sentiment d'avoir perdu son temps avec le Fullmetal. D'avoir perdu son temps tout court. Tous ces mois où il lui a tourné autour en tentant des choses, sans vraiment les tenter ou en l'embrassant sans vraiment l'embrasser. En le rassurant, mais en continuant de jouer avec les dames sous ses yeux. Il retournait tous les scénarios et toutes les conversations dans sa tête, il finit cependant par s'endormir en même temps que le soleil se levait. « Je suis un minable » pensa-t-il en s'endormant.
Il arriva à son bureau, avec deux heures de sommeil, à peine rasé, et les yeux encore fermés. Riza entra et lui transmis une enveloppe à l'adresse de son bureau, il lut :
« Arrivés, nous lançons l'offensive ». Quelle étrange manière de communiquer pensa-t-il.
Colonel au lieu de regarder les oiseaux, commencer plutôt par rédiger le dernier rapport que j'attends depuis plusieurs jours... !
Oui, oui je m'y mets !
Très bien, je le veux pour midi
Ah oui quand même ! Vous n'exagérez pas un peu, là ?
Colonel, je ne veux que votre bien, n'oubliez pas
Il passa donc toute la matinée à rédiger ce fameux rapport, et ne sortir de son bureau que pour le repas du midi. Lorsque Riza pénétra dans son bureau et en récupérant le rapport sur le bureau, elle aperçut quelque chose dans la poubelle, un papier en boule où il était écrit « Arrivés, nous lançons l'offensive ». Elle n'en revenait pas ses yeux, et eu une soudaine douleur à la poitrine, qu'elle ne put expliquer.
