Chapitre 12 : Il pleure sur la ville comme il pleut dans mon cœur
La sortie de la caverne se trouve juste de l'autre côté de la salle où nous avons combattu Gisamark. Je m'attendais à retrouver l'atmosphère oppressante du Continent de la Brume, mais au brouillard inquiétant s'ajoute désormais une pluie incessante et glacée. Comment est-ce que c'est censé fonctionner, d'abord ? Je veux dire, s'il y a du brouillard, il ne peut pas en plus y avoir des nuages qui font tomber de la pluie au-dessus de nous, pas vrai ? Je sais bien que ce n'est pas vraiment du brouillard et que la Brume est composée des âmes de Terra plutôt que de fines gouttes d'eau, mais je trouve quand même injuste de devoir subir tout ça à la fois.
Guidés par une Freyja plus sombre que jamais, nous avançons d'un bon pas, et nous finissons par apercevoir sur notre droite la silhouette de l'Arc de Bloumécia, qui sépare Alexandrie du royaume des hommes-rats. Mais alors que nous nous en approchons, nous sentons une odeur de fumée âcre et nauséabonde, et nous nous rendons compte que l'attaque a laissé des traces là aussi. La muraille est largement détruite, et des corps sans vie jonchent le sol : tous appartiennent à l'armée de Bloumécia, et ils sont visiblement morts depuis longtemps. L'odeur de putréfaction me prend à la gorge et je dois faire un effort surhumain pour ne pas vomir, tandis que Kweena pousse un grognement dépité en constatant que ça ne se mange pas. Elle se tourne vers les fleurs qui parsèment les environs, et comme elles sentent bon, elle commence à les goûter, avec un plaisir évident, même si j'ai les plus grandes difficultés à le comprendre ou le partager.
Freyja murmure quelques mots d'hommages aux soldats tombés au combat, avant de regarder le Kwe avec un air étrange :
« Je devrais peut-être apprendre à apprécier la nature et me contenter de peu, comme elle, au lieu de me torturer pour des événements que je ne contrôle pas.
- J'ai plutôt l'impression qu'il vaut mieux ne pas trop l'imiter, commente Djidane en se grattant la tête. Je veux dire, tu as vraiment envie de manger des fleurs ?
- Sans doute que non. » soupire le chevalier-dragon en se redressant avec un effort de volonté.
Lorsqu'elle passe à côté de moi, je lui jette un regard que je veux rassurant et j'ouvre la bouche pour essayer de la réconforter, mais elle me répond d'un sourire triste, et reprend la route avec détermination. Djidane hausse les épaules en soupirant, et nous incite à la suivre.
À mesure que nous avançons vers le Nord, la pluie se fait de plus en plus abondante, et bientôt, nous sommes absolument transis. Aucun de nous n'est vraiment habillé pour faire face à ce type de temps, à part Freyja avec sa longue cape imperméable et son chapeau à larges bords. Mais son pas se ralentit aussi, et quand je m'approche d'elle en grelottant, je réalise pourquoi : ce n'est pas tant l'humidité ou le froid, auxquels elle doit être habituée. Elle a peur. J'essaie à nouveau de la réconforter, mais elle me répond d'un ton abattu :
« Cela fait des années que je ne suis pas revenue. Je rêvais de ce moment où je pourrais utiliser mes talents de chevalier-dragon au service de mon pays. Et maintenant, c'est dans ces conditions que je retourne dans ma patrie. Si je n'étais jamais partie... »
Elle pousse un long soupir et ne finit pas sa phrase. Je n'avais jamais réalisé la culpabilité qui pesait sur elle. Je veux dire, dans le jeu, j'ai l'impression qu'elle était beaucoup plus stoïque, mais c'est peut-être juste moi qui ne suis pas très observatrice.
« Tu n'y es pour rien, Freyja. Et tu cherchais l'amour de ta vie, ça me paraît une bonne raison, non ?
- Pour abandonner ma cité ? rétorque-t-elle d'un ton amer.
- Oh, arrête un peu, souffle Djidane en levant les yeux au ciel. Tu ne pouvais pas savoir que Bloumécia serait attaquée, et dès que tu l'as appris, tu es revenue au triple galop. Et en plus, on est tous là pour t'aider, donc les forces d'Alexandrie n'ont aucune chance ! Alors haut les cœurs ! »
Freyja lui répond qu'il est ridicule, mais elle le fait en souriant et son pas reprend un peu d'entrain.
Nous atteignons les portes de Bloumécia vers le milieu de la journée. Nous avons été plusieurs fois attaqués par des Kaïmahn, mais nous les avons repoussés sans difficulté. Ma réserve de flèche est désormais presque vide, mais je suis assez fière de moi : je ne suis plus paralysée par la peur et j'arrive à atteindre ma cible assez souvent pour aider mes amis. Je suis loin d'arriver à blesser les ennemis à chaque fois, et je ne dis pas qu'il n'y a eu aucun accident, mais à ma décharge, Kweena ne s'est aperçue que je l'avais blessée que quand Bibi lui a fait remarquer qu'elle avait une flèche plantée dans le dos.
Freyja aimerait continuer d'avancer, car il est clair que la ville a subi une attaque de grande ampleur, et malgré la pluie qui tombe, nous pouvons entendre le bruit des combats au loin. Mais je suis épuisée, et je la supplie de s'arrêter, au moins quelques minutes pour se restaurer. La femme-rat jette un regard empli d'angoisse et de regret à la ville qui se dresse devant elle, mais elle finit par céder, pour le plus grand plaisir de Kweena, qui s'apprêtait à protester qu'il était inacceptable de sauter un repas. Malgré ses hésitations, Freyja mange avec appétit, comme le reste d'entre nous, avant que nous ne nous relevions. Mes jambes commencent à me faire souffrir d'avoir tant marché au cours des derniers jours, mais je me force à suivre mes amis, une flèche encochée à mon arc avec prudence.
Alors que nous progressons dans les rues, le spectacle de la guerre se révèle à nous dans toute son horreur : les maisons sont éventrées et ont visiblement été pillées, les envahisseurs ont détruit tout ce qu'ils pouvaient, et les rues sont jonchées de cadavres. Je m'efforce d'ignorer le fait que parmi les corps inertes, il y a non seulement les uniformes de soldats, mais aussi des civils, y compris des enfants. Ce n'est pas un franc succès pour moi, et je sens la nausée me gagner, mais je parviens à garder le contrôle, jusqu'à ce que nous soyons pris en embuscade par deux Mages Jayrfos. Surprise, je lâche une flèche dans leur direction sans réfléchir, et j'en atteins un à la poitrine, pendant que Freyja se débarrasse du second. En voyant le cadavre de la créature que je viens d'abattre, mon esprit semble cesser de fonctionne.
Oh merde, je suis une meurtrière, je suis une meurtrière, je suis une meurtrière, je suis une meurtrière.
Je réalise que j'ai lâché mon arc et que je me suis mise à trembler quand Djidane me prend dans ses bras :
« Tu as fait ce qu'il fallait, Claire, me murmure-t-il doucement. Ils nous attaquaient, et tu t'es défendue. Tu as bien fait. »
Des larmes coulent sur mes joues sans que je puisse les retenir, et je serre les poings pour essayer de reprendre le contrôle, mais il me faut plusieurs minutes pour retrouver mes esprits, sous le regard inquiet de mes amis.
« Tout va bien, Claire ? me demande Bibi d'une voix tremblante.
- Ouais, désolée, je... C'est juste dur pour moi, je réponds en étouffant un sanglot. Je veux dire, ce n'est pas comme de blesser des monstres, c'est... Peu importe, ne t'en fais pas pour moi, je suis une petite nature, c'est tout.
- Je sais qu'ils ont l'air humains, ajoute le petit mage noir en me fixant de ses grands yeux jaunes pénétrants, mais Djidane a raison. Ils t'ont attaquée et tu t'es défendue. Et ce faisant, tu nous as aussi protégés, parce que tu es notre amie. Tu n'as pas à te sentir coupable. »
Il m'a parfaitement cernée : c'est encore un enfant, et c'est facile d'oublier qu'il est très observateur et qu'il a un esprit à la fois vif et curieux. Je le remercie en laissant échapper un bref sanglot, mais ses paroles m'ont fait du bien et j'arrive à me reprendre, plus ou moins. Freyja m'adresse un sourire d'encouragement et nous incite à continuer d'avancer
Alors que nous repartons, j'aperçois un chariot renversé que je reconnais : c'est là que devrait être la deuxième Pierre Stellaire du jeu. Je m'en approche, et j'arrive facilement à trouver l'objet rare, maintenant que je sais à quoi elles ressemblent. Mes camarades m'adressent des regards interrogateurs, mais j'élude leurs questions en expliquant que ça avait attiré mon regard et que ça avait l'air d'avoir de la valeur (ce qui est vrai, plus ou moins). Ils ne sont pas convaincus (à part Kweena, qui s'en fiche à partir du moment où c'est un caillou et où ça ne se mange pas), mais j'imagine qu'ils ont appris à ignorer mes bizarreries, à ce stade.
Après quelques minutes de marche sous la pluie battante à travers les rues désertes, nous arrivons face à une maison que je reconnais : la porte d'entrée est barrée par un amas de décombres à moitié carbonisés, mais on aperçoit deux balcons qui la surplombent. Et comme dans le jeu, les deux bouffons de Branet sont en train de se disputer (ce qui veut dire que nous avons avancé plus vite que ce que je craignais, heureusement). Les grelots de leur coiffe produisent un tintement qui est plus inquiétant qu'amusant ou comique, en tout cas pour moi, mais c'est peut-être parce que je sais ce qu'ils ont fait et ce qu'ils vont continuer de faire encore longtemps si personne ne les arrête.
Sans réfléchir, je prends la dernière flèche dans mon carquois, et je leur tire dessus, mais je manque ma cible. Ce n'est sans doute pas plus mal, vu l'état dans lequel je me mets quand je tue quelqu'un. Pile sursaute en sentant le projectile passer près de lui et il s'écrie :
« Qu'est-ce que c'est ? On nous attaque ?
- On est attaqués ! » renchérit Face, avant de lancer un ordre en direction de l'intérieur du bâtiment.
Deux mages noirs sortent de l'intérieur de la demeure et sautent au bas du balcon avant de commencer à nous expédier des sorts. Désarmée, je me planque derrière Bibi, qui bloque les sortilèges pendant que les trois guerriers achèvent nos ennemis. Une fois que le combat a pris fin, je m'assure que mon ami tient le coup, mais il me rassure en hochant la tête avec détermination :
« Tu as raison, je ne peux pas constamment douter de tout. Je ne sais pas qui je suis, mais si les Mages nous attaquent, je me défendrai. J'aimerais bien savoir pourquoi ils obéissent aux ordres comme ça, et discuter avec eux, mais... Je ne crois pas que ce soit possible... »
Je le serre dans mes bras brièvement, et Freyja essaie de nous inciter à partir en direction du palais, mais j'ai d'autres plans :
« Il faut qu'on essaie de retrouver ces deux salopards ! » je m'exclame.
En réalité, ce n'est qu'une partie de mes motivations : si possible, je souhaite effectivement à tout prix les empêcher de voler les Chimères de Dagga, de les utiliser pour attaquer Lindblum, et de se transformer en un immonde monstre qui tentera de tuer Eiko et permettra à Kuja de se sauver au Pic de Goulg. Ce sont deux petits gnomes maléfiques, et leur disparition ne peut avoir que des avantages. Je n'oublie pas non plus que ce sont eux qui ont lancés les Valseurs à nos trousses, et qu'ils sont responsables des souffrances que j'ai subies à cause des trois Mages. Cependant, j'ai aussi conscience qu'ils se sont sans doute déjà enfuis et qu'il y a peu de chances que nous les retrouvions. En réalité, ma motivation principale est que je sais qu'il y a pas mal d'objets intéressants à récupérer dans la maison où ils se planquaient, et me voir piller ainsi la propriété des gens après leur mort va sans doute encore ternir l'image que les autres ont de moi, mais à ce stade, je veux juste m'assurer qu'on est aussi préparés que possible pour le prochain combat qui nous attend. Parce que ce sera Beate. Et que si tout se passe comme dans le jeu, ce qui paraît vraisemblable, elle va nous détruire sans aucune difficulté. Et j'aimerais que cette défaite ne signifie pas notre mort à tous : cela n'arrive pas dans le jeu, mais je n'ai aucun moyen de savoir si cette réalité obéira aux mêmes règles, et je veux courir le moins de risques possible. J'aimerais dire que grâce à mes précautions, nous ne courrons aucun risque, mais je n'ai pas le cœur à plaisanter.
La femme-rat finit par céder et nous pénétrons avec prudence dans le bâtiment. Je suis agréablement surprise de voir que Djidane est aussi attentif que moi aux objets qu'il peut récupérer, et nous progressons lentement. J'insiste en particulier pour que nous soyons prudents en traversant certains des couloirs qui paraissent aussi peu solides que dans le jeu, et tout se passe étonnamment bien. Nous sommes tout de même surpris par un Mimic : du moins, mes amis sont surpris, mais pour ma part, je m'y attendais suffisamment pour me préparer à l'avance et avoir une planche à la main pour la lui briser sur le corps, l'étourdissant un moment. Bien entendu, à eux quatre, Djidane, Freyja, Bibi et Kweena n'en font qu'une bouchée (littéralement, dans le cas de la Kwe, qui se plaint ensuite du goût affreusement métallique du monstre), comme ils l'auraient fait sans mon aide.
À l'exception d'une paire de bottes Germina qu'enfile Djidane, nous trouvons moins que ce que je croyais, jusqu'à ce que nous arrivions dans une chambre avec un grand lit à baldaquin auquel est adossé un soldat qui respire laborieusement en se tenant le ventre. Une tache sombre s'étend sur ses vêtements et il pousse un gémissement avant de prendre la parole :
« S'il vous plaît... Le roi... Prenez la cloche qui est sous le lit et sauvez-le, je vous en prie... »
Il est pris d'une quinte de toux qui lui fait cracher du sang, et il doit s'interrompre. Freyja s'empresse à ses côtés et lui assure qu'il a rempli son devoir avec le plus grand honneur pendant que Djidane s'agenouille pour regarder sous le lit. Je m'approche à mon tour du soldat et je lui tends une potion, mais il me repousse sans énergie. Freyja m'adresse un regard désespéré en secouant lentement la tête. Quelques secondes plus tard, l'homme-rat expire dans ses bras. Elle murmure quelques paroles rituelles, puis se relève lentement. Elle me remercie pour ma sollicitude sur un ton sec que démentent les larmes qui perlent à ses yeux. Elle nous dit qu'il n'y a plus de temps à perdre et que nous devons gagner le palais royal sur-le-champ. Djidane lui tend la cloche qu'il a trouvée, et nous repartons en peinant à suivre le rythme forcené qu'adopte le chevalier-dragon.
Nous ressortons du bâtiment en courant à moitié et nous gravissons quatre à quatre une série de marches qui nous conduit à un portail ouvragé. J'ahane sous l'effort tellement nous avons grimpé rapidement, et je vois que Bibi est aussi à bout de souffle que moi, mais Freyja ne ralentit pas : nous avons juste le temps de reprendre notre respiration pendant qu'elle agite la clochette et que les portes s'ouvrent, et déjà, nous sommes repartis.
À mon grand regret, c'est un nouvel escalier qui se dresse face à nous, et nous recommençons à gravir des marches, et même Freyja semble commencer à ressentir la fatigue, car je la vois ralentir. Cependant, je pense que c'est aussi parce qu'elle est terrifiée de ce qu'elle trouvera plus loin. Alors que nous approchons du milieu de l'escalier, un bruit de course se fait entendre devant nous, et les guerriers se mettent en garde pour faire face à l'arrivée d'une menace. Mais ce n'est qu'une famille de Blouméciens, dont deux souriceaux, qui fuient la destruction visiblement paniqués. Quand le soldat qui ouvre la marche aperçoit Bibi, il saisit son arme et commence à menacer le petit mage :
« Si tu touches à ma famille, je te bute, sale monstre ! »
Je me place devant mon ami sans réfléchir tandis que celui-ci proteste :
« Je ne suis pas comme eux !
- C'est vrai, confirme Freyja en redressant sa lance et en s'avançant.
- Freyja, c'est... C'est toi ? demande le soldat, surpris. Où étais-tu passée ? Peu importe ! Il faut partir d'ici, rapidement !
- Attends, Dan ! l'interrompt le chevalier-dragon. Où est le Roi ?
- Je n'en sais rien, je ne l'ai pas vu ! Et honnêtement, je m'en fiche ! La seule chose qui compte maintenant, c'est la survie de ma famille. »
J'ouvre la bouche pour leur conseiller de ne pas aller à Clayra, car la ville sera entièrement rasée et qu'il n'y aura pas de survivants, mais outre le fait que je révèlerais à nouveau que j'en sais plus que je ne devrais, je réalise que je n'ai aucun autre conseil à leur donner : ils ne seront pas tellement plus en sécurité à Lindblum, en réalité. Peut-être que Tréno est encore raisonnablement sûr, mais c'est plutôt loin, et Alexandrie y exerce un pouvoir considérable. Je comprends le désespoir ressenti par les personnages au début du Disque 2, quand la mainmise de Branet sur le continent devient évidente et incontestable.
Je n'ai pas le temps de parvenir à une décision que Dan et sa famille sont déjà repartis. Nous nous remettons également en route, le pas lourd. Kweena et Bibi échangent quelques mots pendant que Djidane se rapproche de moi :
« Comment tu tiens le coup, Claire ? Tu faisais une drôle de tête, tout à l'heure.
- Je... Je me demandais juste où Dan et sa famille pourraient être en sécurité.
- Avec un peu de chance, ils arriveront à Lindblum et ça devrait aller pour eux, me répond le voleur avec un sourire faussement confiant. Mais c'est le problème, avec la guerre, plus personne n'est en sécurité, nulle part.
- Tu as déjà vécu ce genre de situation ? le l'interroge avec curiosité.
- Ouais, lors de la précédente guerre entre Lindblum et Alexandrie. Bien sûr, comme toi, j'étais tout môme, et je n'en ai pas beaucoup de souvenirs. Mais je me rappelle que j'ai passé pas mal de semaines à ne pas manger grand-chose, à part des rats quand j'avais de la chance. Tout le monde flippait autour de moi. Même le boss n'était plus vraiment lui-même, et il nous a racontés que la plupart de ses amis ne sont jamais revenus du front. Il n'en parle pas souvent, mais certains soirs, quand il boit beaucoup, il y a quelque chose dans son regard... Ce sont les seules fois où Cinna picole avec lui, et ils finissent en général tous les deux en larmes au fond d'un caniveau. Frank et Markus ont toujours refusé de m'en parler davantage, mais je sais que c'est à cette période-là que Frank a récupéré ses cicatrices. Mais quand j'ai essayé d'insister pour en savoir plus, je me suis pris une des pires roustes de toute ma vie, alors j'ai renoncé... Et toi, tu connais des gens qui ont vécu ça à Alexandrie ? »
Je me contente de secouer la tête en déglutissant : évidemment que je ne connais personne, je ne savais même pas qu'il y avait quelque chose comme ça qui s'était produit ! Je veux dire, oui, dans le jeu, on nous dit qu'il y a eu des conflits entre Alexandrie et Lindblum, mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit si récent. Quant à voir ce genre de choses se dérouler juste sous mes yeux... Je n'avais jamais pensé que de telles horreurs soient possibles, et encore moins que j'en sois témoin.
