Chapitre 13: Soupçons.
Il est quinze heures. Et Iruka trainasse à l'internat. Il n'est attendu dans son service que dans deux heures pour la contre visite. Les horaires de travail allégés de la Réanimation chirurgicale étaient initialement une véritable bouffée d'oxygène, après l'intensité de la chirurgie cardiaque. Mais le caractère du jeune interne refait à présent surface. S'il osait, il dirait qu'on s'ennuie en Réa chir. Il faut dire qu'il n'a pas la même motivation pour ce stage. Le fait de ne pas avoir accès au bloc opératoire est un vrai crève-cœur. Les patients de Réanimation ont un degré de communication proche du néant, compte tenu des complications graves dont ils sont pour la plupart victimes. Une partie des patients n'est quant à elle que de passage, furtif transit vers les lits de post-opératoire afin de veiller au bon réveil des patients.
La Réanimation est un service technique, les machines sophistiquées faisant le gros du boulot. Iruka se sent cantonné à un travail de surveillance, voire de cuistot. Tout en sirotant son café, il se prend à observer Teuchi et Ayame, qui préparent déjà le repas du soir. Un peu de sel, un peu de poivre, quelques épices. C'est exactement ce à quoi il joue avec les perfusions de ses patients en ce moment!
Son chef, le Docteur Hizashi Hyuga, est particulièrement aimable et formateur. Il a rapidement pris conscience que le jeune interne n'était pas passionné par la Réanimation. Il faut dire qu'il a l'habitude avec les internes de chirurgie, qui ne vivent pour la plupart que pour manipuler le bistouri. Iruka est un interne appliqué et consciencieux. Et à en croire les rumeurs, c'est aussi le nouveau petit protégé d'Hatake. Si Kakashi a jeté son dévolu sur lui, c'est que le petit a un potentiel certain. Mais Iruka est loin d'imaginer que les Professeurs parlent beaucoup de leurs internes entre eux. Pourtant c'est ainsi qu'ils déterminent quelles disciplines sont les mieux adaptées pour chacun, et qu'ils les poussent discrètement dans la voie idéale pour eux.
Iruka aperçoit Shizune qui vient juste d'entrer à l'internat. Elle a l'air exténuée.
«Hé Shizu! Ça va?» lui lance-t-il en lui faisant signe de venir à sa table.
La jeune femme traîne les pieds jusqu'à lui, et se laisse tomber sur une chaise.
«Salut» répond-elle d'une voix morne.
Iruka la dévisage d'un air compatissant avant de reprendre.
«C'est si dur que ça la cardio?»
Shizune lui lance un regard noir, qui l'aurait presque fait frémir, s'il ne savait pas déjà où se situe le problème.
«Je ne tiendrai jamais six mois, Ruka. C'est un grand malade ce type! Je viens de me taper une apologie de l'artère coronaire droite... Sans déconner, il faudra expliquer un jour à ce taré qu'une artère n'a rien de sensuel, ni de sexy, et encore moins d'érotique!»
Iruka ne peut s'empêcher d'éclater de rire.
«Maito a employé le mot «érotique», sérieusement, pour parler d'une artère?» réplique le jeune homme en manquant de s'étouffer de rire, sous le regard colérique de son amie.
«Arrête de rire, franchement c'est pas drôle!» souffle-telle tandis qu'Iruka tente de se contrôler.
«Qu'est ce qui vous fait marrer comme ça les jeunes?» intervient Kotetsu qui vient d'apparaître.
Il se penche vers Shizune pour l'embrasser, mais les flammes que lancent les yeux de la jeune femme le font se raidir sur place.
«Ok, toi tu as encore passé la matinée en coro avec Gai» murmure-t-il, en posant une main affectueuse sur l'épaule de sa petite amie.
Shizune s'enfonce dans son fauteuil et fronce les sourcils en fixant les deux garçons.
«Je dois y retourner à cinq heures pour faire la contre-visite. D'ici là, j'espère qu'il sera passé sous un bus.»
Kotetsu lui sourit, d'un sourire à la fois compatissant et amusé.
«J'ai une répét' ce soir, tu n'as qu'à venir, ça te changera un peu les idées.»
«Mouais» répond la jeune interne, «tant que le mot «coronaire» n'est pas prononcé, ça devrait le faire.»
Iruka ne peut s'empêcher de répondre en ricanant:
« coronaire sexy et sensuelle pour être précis!»
Shizune lui lance un regard noir et relance:
«Je t'émasculerais bien sur le champ toi, mais tu perdrais définitivement tout intérêt aux yeux d'un beau chirurgien, visiblement beaucoup plus sexy et sensuel qu'une coronaire droite!»
C'est au tour d'Iruka de prendre un air outré, tout en jetant un regard en coin à Kotetsu. Quand l'interne de Réanimation voit son ami hocher la tête d'un air entendu, Iruka lève les yeux au ciel agacé.
«Tu n'as pas pu t'empêcher de lui dire hein?» réplique le jeune homme énervé.
«Oh ça va Iruka! Ce n'est que Kotetsu.»
Le sus-nommé prend un air vexé et rétorque:
«Comment ça: que Kotetsu?»
«Mais vous avez décidé d'être chiants tous les deux aujourd'hui ou quoi? Je me tape une matinée de merde avec l'autre taré, et vous deux, vous me pourrissez la seule petite pause de la journée!»
Shizune se lève agacée pour aller chercher un café. Un silence gêné s'installe entre les deux autres internes.
«Tu veux venir à la répét' toi aussi?» demande timidement Kotetsu.
Iruka soupire.
«Je ne vois pas ce que j'irais foutre à votre répét'»
«Tu n'as pas recroisé Kakashi depuis ton retour il me semble.»
Cette fois, le ton de la voix d'Iruka marque clairement l'irritation.
«Écoute Ko', je vois bien ce que vous essayez de faire avec Shizune, mais mettez-vous bien ça dans le crâne: je ne sors pas avec Kakashi!»
«Tu as quand même couché avec lui» répond crânement Shizune qui les a rejoints. Iruka croise les bras et détourne la tête, ne voulant visiblement pas poursuivre la discussion.
Sous le regard insistant de ses deux amis, Iruka finit par lâcher:
«Oui, j'ai couché avec Kakashi. C'était cool, point barre. On va pas en faire une histoire si? Je vous rappelle qu'il a aussi couché avec la moitié de l'hôpital hein!»
«En tout cas, ça te met drôlement de mauvaise humeur de reparler de ça» balance Shizune en sirotant son café.
Iruka lève les yeux au ciel.
«C'est parler de ma vie privée avec vous qui me met de mauvaise humeur! Je pensais que tu serais capable de garder ça pour toi Shizune.»
«Iruka, ne t'énerve pas comme ça. Si on t'en parle, c'est parce qu'on te connait bien. Ça ne te ressemble pas de coucher avec un gars comme ça pour un soir. Même si, s'agissant de Kakashi, ça peut se concevoir» conclut l'interne de cardiologie comme pour elle même.
L'interne tourne un regard blasé vers ses deux amis.
«Et bien peut être que vous ne me connaissez pas si bien que ça après tout.»
Cette fois, c'est Shizune qui pousse un soupir.
«Je m'excuse Ruka. Je n'aurais pas du en parler à Kotetsu. Mais on va le garder pour nous c'est promis, hein Ko'?»
Le jeune homme hoche la tête énergiquement tandis que Shizune reprend.
«On s'inquiète juste un peu pour toi. Tu as changé depuis ton retour de Suna. Et cette histoire avec Kakashi, ça...»
Iruka se lève et fixe ses deux amis avant de répondre d'une voix ferme:
«Il n'y a pas d'histoire avec Kakashi. vous imaginez sûrement une grande histoire d'amour entre nous, mais je peux vous assurer que ça n'arrivera pas. Fin de la discussion.»
L'interne de Réanimation leur adresse un froid salut avant de repartir en direction de sa chambre.
Shizune et Kotetsu se lancent un regard attristé.
«J'ai l'impression que cette histoire l'affecte plus qu'il ne veut l'avouer.»
«Il a craqué Ko'. Pour la première fois de sa vie il a craqué. Il essaye de se convaincre que c'est une histoire sans lendemain. Mais il est amoureux, ça crève les yeux.»
«Et tu penses que Kakashi...»
«Je n'en sais rien Kotetsu. Kakashi est vraiment difficile à cerner. Mais je ne laisserai personne faire souffrir Iruka.»
«Si tu veux mon avis, Iruka s'est fourré lui même dans une situation compliquée. Je ne vois pas trop ce qu'on peut faire.»
«Juste être présents, Ko'. Et le forcer à admettre qu'il attend plus de Kakashi qu'une simple coucherie.»
Kotetsu s'étire et émet un long bâillement avant de répondre:
«Franchement, ils sont vraiment compliqués ces deux là!»
«Dit le mec qui a mis trois ans à déclarer sa flamme» rétorque Shizune en riant.
Kotetsu lui tire la langue d'un air vexé, avant de se précipiter sur la jeune femme pour la chatouiller.
Iruka les aperçoit alors qu'il redescend de sa chambre pour quitter l'internat. Il sent son cœur se serrer. Lui aussi aimerait avoir cette complicité, cette proximité affectueuse avec quelqu'un. Aussitôt le visage de Kakashi apparaît dans un coin de sa tête. L'interne ferme les yeux et serre les poings. Ce n'est vraiment pas le moment de penser à ça.
Sur le chemin du service, il se force à reprendre mentalement les dossiers de chacun de ses patients. A son arrivée, il est surpris de voir son chef dans le petit bureau réservé aux internes.
«Ah Iruka, te voilà! C'est parfait que tu arrives en avance, je voulais te parler.»
Iruka s'assoit en face du Professeur, attentif.
«Je sais que le service n'est pas très palpitant pour les internes en chirurgie. Mais j'ai quelque chose à te proposer. En général, je ne le propose qu'aux internes plus âgés, qui ont déjà fait au moins quatre stages. Mais comme vous n'êtes que deux ce semestre, et que ton collègue Jugo se destine à la Réanimation chirurgicale, voilà ce que je te propose. Tu vas pouvoir assister à des interventions chirurgicales de ton choix trois fois par semaine. Tu ne participeras pas physiquement aux opérations, mais cela te permettra de garder un pied dans la chirurgie proprement dite. Je te demande deux choses cependant: la première, que tu continues de faire ton travail correctement dans le service, et la deuxième que tu assistes à des interventions dans les différents blocs de l'hôpital. Pas que la chirurgie cardiaque, d'accord?»
Iruka acquiesce, trop content de l'aubaine.
Lorsqu'il quitte le service, une heure plus tard, il fait le point sur les différents blocs. Par quoi aimerait-il commencer? La neurochirurgie peut-être, ou bien l'orthopédie. Devant les ascenseurs, il croise Genma, qui semble accablé.
«Hé Genma, qu'est ce qui t'arrive?»
L'interne de chirurgie viscérale lève un regard apeuré vers son ami.
«Je vais au bloc demain.»
«Mais c'est plutôt cool ça, non?»
«Je vais au bloc demain... Avec Momochi...»
Iruka lève les yeux au ciel.
«Genma, il ne va pas te bouffer non plus! Arrête donc de croire tout ce qu'on te dit sur Momochi. Je suis sûr que ça va bien se passer.»
L'attitude de Genma est énervante. Déjà deux semaines que ça dure. Lui d'habitude si sûr de lui semble complètement paniqué à l'idée de devoir bosser avec Momochi. Bon, le chirurgien a une sale réputation d'accord. Mais Genma n'est plus un enfant! Iruka finit par pousser un soupir exaspéré.
«Bon écoute Gen', il va falloir que tu te reprennes. Sérieusement tu te comportes comme un gosse de quatre ans là! Tu ne veux pas que je prennes ta place au bloc quand même?»
«Tu crois que c'est possible?» demande l'interne d'une petite voix, semblant considérer sérieusement l'idée.
Par réflexe plus que par réel énervement, Iruka balance une tape à l'arrière du crâne de son ami.
«Genma!» répond l'interne de réanimation d'un ton ferme, «tu vas me faire le plaisir de retrouver rapidement ta paire de couilles. Non mais j'hallucine! Tu es un interne en chirurgie, pas une fillette à son premier bal de promo!»
Iruka pousse Genma à l'extérieur de l'ascenseur qui vient de s'ouvrir. Les gens qui attendent pour monter jettent un œil curieux vers les deux amis, tandis qu'Iruka traîne Genma vers l'internat.
«Bon elle est à quelle heure ton opération?»
«Quatorze heures.»
«Parfait! Hizashi m'autorise à aller voir des interventions l'après-midi. Si tu veux, j'assisterai à ton intervention avec Zabuza.»
Après avoir jeté un coup d'œil à son ami, Iruka ne peut s'empêcher de rajouter, moqueur:
«Comme ça je pourrai te ramasser à la petite cuillère si ça se passe mal.»
Genma, soulagé de savoir qu'une présence amicale sera là demain pour le soutenir, laisse couler la remarque. Iruka a raison et il le sait: les autres internes avant lui ont survécu, pas de raison qu'il n'en soit pas de même pour lui.
...
«Tu crois qu'il s'arrête de manger parfois?» murmure Tsunami à l'oreille de Kotetsu.
«Franchement, il doit se faire vomir trois fois par jour, un peu comme les Romains lors de leurs orgies» répond discrètement l'interne de première année sous l'œil dégouté de sa collègue.
Le staff d'endocrinologie touche enfin à son terme, et le jovial Professeur Choza Akimichi lève une main grasse pour attirer l'attention de son personnel.
«Je vous rappelle qu'un laboratoire vient nous faire la présentation de son dernier anti-diabétique oral ce midi. Cette présentation sera bien entendu suivie d'un buffet offert par ce même laboratoire. Je compte sur votre présence à tous.»
Tandis que chacun quitte la salle de réunion, Tsunami ne peut s'empêcher de soupirer.
«Je n'ai jamais vu un service autant centré sur la bouffe. C'est quand même ironique non?»
«Tu m'étonnes! On soigne des diabétiques et des obèses à longueur de journée, c'est peut-être une façon de nous sentir proches d'eux?» répond Kotetsu moqueur.
«Ouais enfin, à ce rythme là, je vais finir le stage avec une dizaine de kilos en plus sur la balance!»
«Ça va, tu as de la marge.»
Tsunami tourne un regard amusé vers son collègue.
«C'est gentil ça, Ko'!»
«Évite de le répéter à Shizune par contre.»
«Pourquoi? Elle n'a pas l'air particulièrement jalouse.»
«Je me méfierais si j'étais toi.»
Après avoir marqué une pause, Kotetsu reprend, sur un ton sentencieux:
«Toutes les filles sont jalouses.»
Devant l'affirmation, Tsunami prend une expression faussement choquée, qui ne tient cependant pas plus de deux secondes. Elle finit en effet par éclater de rire.
«Oui, je pense que tu as raison. Mais c'est parce que les garçons cachent leur jeu. Genma a parfois des flammes qui lui sortent des yeux quand on croise d'autres gars. Tu aurais dû voir sa tête quand je lui ai dit qu'on allait faire notre premier concert. Je m'attends à ce qu'il se pointe au Smooth avec un bazooka!»
Kotetsu se met à rire lui aussi. Pas de risque pour lui: le batteur, c'est le gars que personne ne remarque, dans l'ombre, au fond de la scène. D'ailleurs, il vient de se rendre compte qu'il n'a pas encore annoncé à sa belle que leur premier concert aura lieu ce weekend. Ils en parleront ce soir à la répétition de toute façon.
«J'ai invité Shizune à la répèt ce soir. Ça ne pose pas de problème hein?»
«Non aucun. Je crois que Kurenai vient elle aussi. Elles pourront papoter de pédiatrie au pire. J'aimerais bien que Gen' vienne aussi. Il flippe carrément pour son intervention avec Zabuza demain.»
Les deux internes d'endocrinologie sortent les dossiers de leurs patients et se tiennent prêts à débuter la visite. Ils aperçoivent leur chef au téléphone et en profitent donc pour poursuivre leur petite discussion.
«Et Iruka, il ne vient pas?»
Kotetsu se fige, et observe sa collègue. Serait-elle au courant? Après tout, elle est assez proche de Kakashi. Malgré une petite voix dans sa tête lui conseillant de changer de sujet, Kotetsu décide de tâter le terrain.
«Euh non. Pourquoi voudrais-tu qu'il vienne?»
Le sourire de Tsunami semble honnête quand elle répond:
«Bah entre toi à la batterie, Shizune et Genma en groupies, il pourrait avoir envie de passer du temps avec ses amis, non?»
«Moui, peut-être.»
«Et puis il apprécie Kakashi aussi, non?»
Ça, c'est carrément trop direct pour être honnête par contre. Kotetsu offre un sourire suspicieux à Tsunami, qui se met à glousser.
«Bon ok, arrêtons de jouer Kotetsu. Il y a un truc entre eux deux, non?»
«Je ne vois pas du tout de quoi tu parles» répond le jeune homme, d'une voix qu'il veut la plus neutre possible.
«Je connais assez bien Kakashi pour avoir remarqué qu'il n'est plus le même depuis qu'il est rentré de Suna. Il n'a absolument rien raconté de son petit voyage. D'habitude, il nous en rebat les oreilles pendant au moins une semaine. Et là, rien, nada, le désert total.»
Kotetsu commence à se dandiner sur place, mal à l'aise. Il n'a jamais su mentir de toute façon. Mais il sent aussi l'aura de Shizune et d'Iruka planer sur lui.
«Allez Ko, tu peux me le dire, il s'est passé un truc entre eux à Suna, non?»
Kotetsu regarde au loin et tente de faire diversion, mais il est déjà trop tard. La perfide ténacité des femmes semble s'être incarnée en Tsunami à ce moment même.
«Kotetsuuuu» reprend Tsunami d'une voix enjôleuse, «ils ont couché ensemble c'est ça?»
Devant le silence de son collègue, l'interne jubile.
«Je le savais! Roo, les petits cachotiers! C'est trop mignon! Ils vont tellement bien ensemble!»
Kotetsu se racle la gorge pour intimer l'ordre à Tsunami de se calmer un peu. A ce rythme, tout le service va être au courant. Plus question de nier maintenant, il ne ferait que s'enfoncer. Mais Kotetsu sent qu'il a le devoir de rattraper le coup, pour son ami (et un peu pour sa survie aussi).
«Écoute Tsunami,» reprend-t-il à voix basse, «ce qui s'est passé entre eux ne nous regarde pas. Iruka a été très clair: Kakashi et lui ne sont pas ensemble.»
«Mais...» reprend Tsunami d'un air contrit, rapidement interrompue par Kotetsu.
«Pas de mais. Tu n'es au courant de rien, et moi non plus. Et interdiction d'en parler à Genma.»
Tsunami fait la moue et répond:
«Pff, c'est vraiment dommage. Parfois, j'ai l'impression que Kakashi s'évertue à fuir le bonheur. C'est vraiment le roi des abrutis quand même!»
«Qui est le roi des abrutis?» demande une voix nonchalante derrière eux.
Tsunami se retourne, blême, car elle a reconnu la voix du chirurgien cardio-thoracique. Kotetsu pousse un soupir agacé.
«Elle parlait de Genma» lance-t-il d'un ton convaincant.
Kakashi sourit avant de rétorquer:
«Pas faux!» sous le regard outré de Tsunami.
«Hé ho, je ne te permets pas d'insulter mon petit ami toi!»
«Mais c'est toi qui l'as traité d'abruti! Moi je ne fais que confirmer» reprend Kakashi en rigolant. «Je suis venu voir un de vos patients, Monsieur...»
«Monsieur Nobotara, chambre 23, deuxième à droite» répond Kotetsu montrant la direction de la main.
Tandis que Kakashi s'éloigne, Tsunami chuchote:
«Tu crois qu'il nous a entendus?»
«Non, il était trop loin. Mais ça confirme ce que je te disais il y a deux minutes. On la boucle sur cette histoire c'est compris?»
Tsunami hoche la tête énergiquement, soulagée.
La visite du matin se déroule sans incident, comme la plupart du temps dans le service d'endocrinologie. Ce service offre des conditions de travail sereines, à la hauteur de l'attitude bon enfant du chef Akimichi. Ceci est d'ailleurs confirmé au buffet organisé par le laboratoire, qui suit la présentation soporifique du délégué médical.
Alors que Kotetsu s'approche timidement du buffet, un externe le bouscule en se retournant, avec une assiette remplie de divers toasts et verrines.
«Oula, tu es sûr que tu vas réussir à avaler tout ça, Naruto?»
L'externe marmonne la bouche pleine quelque chose devant s'apparenter à «pas de problème, j'ai un appétit de mammouth». Enfin c'est la traduction qu'imagine l'interne alors que le blondinet tente maladroitement d'éviter de renverser son assiette sur le chef de service.
Le Professeur Akimichi semble particulièrement affable aujourd'hui.
«Alors Naruto, il te plait notre service d'endocrinologie?»
L'externe hoche la tête tout en avalant rapidement une bouchée.
«Ne te prives pas surtout. On ne travaille bien que le ventre plein, haha!»
Et déjà le médecin s'éloigne sous l'œil désabusé des internes.
«Je crois que Naruto a trouvé son mentor» lance Tsunami en s'approchant de la troupe des externes.
«A sa mort, il faudra l'autopsier, je suis sûr que son estomac est plus gros que son cerveau!» répond Kiba moqueur.
Naruto fronce le nez, contrarié de la plaisanterie, mais incapable de se défendre verbalement, bouche pleine oblige.
«Ouais j'imagine bien le truc: découverte scientifique du siècle, l'homme qui possède le plus gros estomac du monde!» relance Kin.
«C'est direct le guiness book des records!» achève Tsunami en riant.
Tandis que la salle se vide peu à peu, Kotetsu s'approche de Naruto, qui s'est reclus dans un coin de la pièce, tournant le dos à tout le monde. L'interne pose une main amicale sur l'épaule du jeune homme et tente de le réconforter:
«Ne les écoute pas, Naruto. ils se moquent de toi mais au fond, tout le monde t'apprécie ici.»
Kotetsu voit les épaules de l'externe tressauter.
Ne me dites pas qu'il est en train de pleurer quand même!
«Naruto? Ça va? Allez remets-toi, ce n'est pas si grave que ça!» reprend Kotetsu d'un ton concerné.
«Hein?» est la réponse qu'il obtient alors que le jeune externe se retourne enfin, une boite en plastique remplie à raz-bord des restes du buffet dans les mains, qu'il a enfin réussie à fermer. Kotetsu reste interdit quelques secondes avant de s'exclamer:
«Nan mais j'hallucine! Ne me dis pas que tu es en train de te faire un doggy bag!»
«Ben quoi, il ne faut pas gâcher la nourriture. C'est très mal.» répond crânement Naruto en levant les yeux au ciel, comme si c'était l'évidence même.
L'externe finit par s'éloigner avec sa précieuse boite. Kotetsu secoue la tête incrédule, et se demande si Naruto mange bien à sa faim tous les jours. Il faudra qu'il vérifie à l'occasion quand même!
...
Iruka s'est confortablement installé dans la coursive afin d'assister à l'intervention du Professeur Momochi. Il aperçoit Genma, déjà en place, accompagné de son collègue interne. Ils ne seront probablement pas trop de deux pour subir le terrible, l'infâme, l'ignoble Zabuza Momochi! Iruka ne peut s'empêcher de ricaner en imaginant le chirurgien affublé d'un costume de pirate, avec une jambe de bois et un grand sabre tranchant. Zabuza l'étripeur. Ça sonne comme un nom de pirate sanguinaire non?
D'ailleurs lorsque le chirurgien pénètre dans le bloc, tout le personnel se fige. Iruka en est persuadé, si Kakashi avait été là, il aurait sorti un truc du genre...
«Zabuza Momochi, je connais sa légende. Il bombarde navires et campements depuis près de dix ans. Il ne laisse jamais de survivants. (1)»
Iruka vient de faire un bond sur sa chaise.
«Bordel! tu m'as fait une de ces peurs!»
Kakashi se met à rire, tout en observant l'équipe chirurgicale s'activer en bas.
«Tu ne trouves pas que Zaza ressemble à un pirate?» reprend nonchalamment le chirurgien cardio-thoracique.
«Zaza? tu appelles le Professeur Momochi Zaza?»
Kakashi tourne vers son ancien interne un visage empreint d'amusement.
«Oui pourquoi, ça t'étonne?»
«Ce qui m'étonne, c'est que tu aies toujours tes bijoux de famille en fait! Zaza, sérieusement?»
La remarque autant que l'air ahuri d'Iruka font éclater Kakashi de rire. Le chirurgien s'affale à côté de l'interne et rétorque:
«Il me semble que tu as eu l'occasion de vérifier.»
Et vlan, il ne l'a pas volée celle-là. C'est quoi déjà le proverbe, Ah oui, tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Mais Kakashi reprend déjà.
«Alors, ça se passe bien ton stage en Réa chir?»
«Pas mal» répond sobrement Iruka.
Kakashi se tourne vers Iruka et l'observe sans un mot. Sous le regard pesant, Iruka soupire et fixe le chirurgien à son tour.
«Quoi?»
«Rien, je me disais juste que tu étais beaucoup moins ronchon dans mon service» répond Kakashi, son fameux sourire angélique plaqué sur le visage.
«Je ne suis pas ronchon» ronchonne Iruka, ce qui semble beaucoup amuser Kakashi.
«J'étais venu t'apporter une bonne nouvelle pourtant» reprend le chirurgien en tendant une enveloppe à Iruka.
Celui-ci lève un regard interrogateur vers son ancien chef.
«Tu as été sélectionné pour un prix scientifique, qui récompense les meilleurs travaux des internes de première année, toutes disciplines confondues. Ce n'est pas encore gagné, mais tu as tes chances.»
Iruka parcourt rapidement les quelques lignes de la feuille contenue dans l'enveloppe. Il y a un prix de mille ryos à la clé en plus!
«Mais qu'est ce que je dois faire au juste?»
«Rien de particulier. Attendre sagement la délibération du jury. tout est expliqué sur le site internet, tu as l'adresse en bas de la feuille.»
"Mais c'est ton travail de recherche à la base."
"Et c'est tout l'intérêt d'y associer son interne préféré!" répond Kakashi en lui offrant un sourire charmeur. "Ce genre de prix a pour but d'encourager les moussaillons dans les travaux de recherche."
"Je vois."
Kakashi fait déjà mine de partir, mais Iruka l'intercepte en posant sa main sur son avant-bras:
«Kakashi, je...»
Mais leurs regards sont attirés au même moment par la scène étrange qui se déroule dans le bloc.
Le collègue de Genma, sous l'effet du stress, vient de renverser le plateau portant les instruments stériles.
Zabuza lève un regard mauvais vers le pauvre interne, et Iruka se fige tandis que Kakashi murmure:
«Oula, ça va barder!»
Sans le son, la scène semble surréaliste. On se croirait presque dans un film muet. Bien qu'il ne soit pas directement concerné, Iruka imagine très bien la terreur qui a du s'emparer de Genma. Il cherche son ami du regard, mais celui-ci semble plutôt serein. Et concentré. Alors que le bloc retrouve son calme, et que l'interne responsable quitte la salle d'opération tout penaud, Zabuza reprend son travail, aidé de Genma.
Iruka pousse un soupir de soulagement et se retourne vers Kakashi. Mais celui-ci a quitté discrètement la pièce. Iruka pousse un nouveau soupir, de frustration cette fois. Il range soigneusement l'enveloppe et son contenu dans la poche de sa blouse et se reconcentre sur l'intervention en cours.
Mais quand même, Kakashi s'est déplacé rien que pour lui donner cette lettre en main propre. Iruka ne peut s'empêcher de penser que ce n'est pas anodin. Ou alors il est juste en train de se faire un gros trip. Le visage du chirurgien, si expressif pendant leur nuit torride à Suna, lui revient instantanément en mémoire. Iruka secoue la tête, comme pour faire disparaitre ces pensées parasites.
Mais quand même...
...
Quelques minutes auparavant, dans le bloc de chirurgie viscérale. Genma ne peut réprimer un sursaut lorsque le bruit fracassant du plateau sur le sol vient frapper ses tympans.
Il ferme les yeux deux secondes, juste le temps d'assimiler les images qui viennent d'être imprimées par ses yeux. Depuis le début de l'intervention, son collègue et lui sont sous tension. Il fallait que ça arrive. La fatalité, un mauvais chakra, appelez ça comme vous voulez. Mais cette atmosphère saturée de mauvaises ondes ne pouvait qu'amener un drame. Genma se surprend à bénir le ciel que ce soit son pauvre collègue qui ait trébuché le premier sur le chemin miné de Zabuza. La réaction du chef ne se fait pas attendre. Pas d'accès de colère intempestif, aucun geste d'énervement. Le chirurgien lève lentement la tête, fixe l'interne malheureux et se fend d'un sourire carnassier.
«Je crois que l'on tient notre vainqueur du semestre. Jeune homme, vous allez ramasser votre merdier, prendre vos cliques et vos claques et virer de mon bloc immédiatement.»
L'interne reste pétrifié, et devient livide lorsque Zabuza lève lentement la tête pour le fixer d'un regard glacial.
«Es-tu sourd en plus d'être maladroit?»
L'interne secoue la tête négativement, et commence frénétiquement à ramasser les instruments tombés au sol.
Sans qu'il ait besoin de demander, un autre plateau stérile est tendu au chirurgien. Tandis que l'interne accablé prend la direction de la sortie, le Professeur Momochi lance sans se retourner:
«Tu viendras me voir dans mon bureau cet après-midi.»
Genma sent un frisson lui parcourir l'échine. Il est lui même terrorisé, ses mains tremblent. Zabuza lui tend alors l'aspiration.
«J'espère que tu es plus appliqué que ton petit camarade. Prends ça et nettoie-moi tout ce merdier. Je veux que ce soit aussi propre que dans la chambre à air pulsé d'un leucémique.»
Bien qu'il trouve la référence très déplacée, Genma s'exécute. La chirurgie viscérale est considérée comme une chirurgie «sale». Et la rupture intestinale dont est victime le patient endormi sur la table en est un parfait exemple. Avant de procéder à quelques suture que ce soit, il est vital d'aspirer entièrement le contenu des intestins qui s'est déversé dans la cavité abdominale, provoquant par la même occasion une septicémie brutale. Genma s'applique, et Zabuza s'impatiente. Le chirurgien souffle agacé, mais Genma tient bon. Il se répète comme un mantra les conseils que lui a donné Iruka juste avant d'entrer au bloc.
Ne te laisse pas déstabiliser. Fais ton travail, et fais-le bien. Prends ton temps, et applique-toi. Et surtout, surtout, ne panique pas. Tu es là pour apprendre.
«Alors, c'est bientôt fini?» demande le chirurgien impatient.
«Oui Professeur, un dernier passage dans les creux inguinaux et ce sera bon.»
«Et bien, entre un interne maladroit et un interne d'une lenteur affligeante, je suis servi moi!» rétorque Zabuza.
«Bon, voyons voir. Vu le temps que tu y as passé, ça doit briller là dedans!» relance le chirurgien en inspectant l'abdomen du patient.
Genma attend le verdict du chef, et jette un coup d'œil en haut dans la coursive. Iruka lui adresse un sourire d'encouragement.
Zabuza semble estimer que le travail de son interne est acceptable, et entreprend de suturer les intestins rompus. Il se met à siffloter tandis que Genma observe.
«Dis-moi, c'est quoi ton petit nom déjà?» demande-t-il au jeune homme.
«Genma.»
«Ah oui, Genma! Et bien dis-moi Genma, est-ce que tu as peur de moi?»
Le jeune homme, décontenancé, se demande quelle réponse attend le chirurgien. S'il dit oui, il va passer pour un trouillard, s'il dit non, Zabuza risque de se vexer. Le chirurgien semble en effet tenir particulièrement à sa réputation de tyran. Genma cherche un peu de soutien auprès du personnel qui l'entoure, mais tout le monde a bizarrement baissé le nez. Genma décide de jouer le tout pour le tout.
«J'ai surtout peur de ne pas être à la hauteur de vos attentes Professeur.»
Ok, très lèche-cul comme réponse, mais elle a visiblement fait mouche, puisque Zabuza éclate d'un rire tonitruant.
«Toi tu me plais petit! C'est bien la première fois qu'on me répond une telle ineptie! Mais tu as au moins le mérite de me faire rire. Et ce n'est pas donné à tout le monde crois-moi!»
Genma ne sait pas trop comment prendre la remarque, alors son naturel optimiste décide de la prendre positivement. Zabuza se met à siffloter en poursuivant son travail, et l'interne se détend un peu. Le jeune homme vient de marquer un point, et le spectre sombre de la chirurgie viscérale semble s'atténuer un peu. La fin de l'intervention se déroule sans encombre. Et même si Genma est resté cantonné aux basses besognes, il sort la tête haute de cette première confrontation directe avec l'étripeur.
Zabuza quitte le bloc en premier tandis que l'équipe s'affaire à ranger le matériel, et que le patient est emmené en salle de réveil. Genma ne sait pas trop s'il doit suivre son chef, ou le patient. Mais une infirmière bienveillante lui glisse à l'oreille:
«Genma, vas en salle de réveil avec ton patient, et demande aux infirmiers de te biper quand il sera prêt à remonter dans ton service. Dès que le patient sera en chambre, fais ton examen post-opératoire et consigne-le dans le dossier. Et sois présent lors de la contre-visite de ce soir, ok?»
Genma hoche la tête, heureux de tous ces renseignements. Car le petit jeu favori des chirurgiens, et particulièrement de Zabuza, c'est d'attendre les internes au tournant sur des choses qu'ils ne sont pas sensés savoir ou avoir fait. C'est nul, un peu puéril même, mais c'est comme ça.
Genma file en salle de réveil. Avec un peu de chance, l'infirmière en charge de son patient sera aussi gentille que celle du bloc, dont il regrette de ne pas avoir demandé le nom. Genma sait que son caractère enthousiaste le rend la plupart du temps sympathique auprès des équipes paramédicales. Et ce sera visiblement un atout durant son internat. A la sortie du bloc, il croise Iruka, qui l'attend patiemment.
«Alors?» demande l'interne de Réanimation avec une pointe d'inquiétude dans la voix.
«Ça va, je suis encore vivant» déclare Genma, «je crois même que j'ai fait bonne impression à Zabuza!»
«Super! J'étais sûr que tu allais assurer» répond Iruka, le pouce dressé en signe de félicitation. «Bon je dois te laisser. Une gentille infirmière m'a tuyauté pour la suite en plus! Avec ça, si j'entre pas dans les petits papiers de Momochi!» conclut Genma en filant vers la salle de réveil.
Iruka regarde son ami partir en souriant.
Tout ce que tu désires, fais en sorte de l'obtenir.
L'interne de réanimation ne sait pas trop pourquoi cette phrase lui revient en mémoire à cet instant précis. la motivation retrouvée de Genma peut-être. le fait d'avoir recroisé Kakashi aussi.
Kakashi.
Iruka soupire, et part retrouver son service les mains dans les poches. Ses doigts entrent en contact avec l'enveloppe reçue quelques temps plus tôt, et l'interne ne peut réprimer un sourire. Mais pour le moment, il décide de faire taire son abruti de cœur d'artichaut, comme il l'appelle lui-même.
«Laisse-toi porter par le vent, et vois où il a décidé de te mener» se murmure-t-il en regagnant la Réanimation.
...
Après un rapide dîner, la bande d'amis décide de s'attarder devant la télé. Genma a raconté ses exploits pendant tout le repas. Il va même jusqu'à mimer la tête ahurie de Zabuza Momochi quand, suivant les conseils de l'infirmière de bloc, il a assuré pour le suivi post-op de son patient. L'imitation vaut son pesant de cacahouètes, entraînant l'hilarité générale.
Iruka n'est pas mécontent de retrouver sa petite chambre cependant. Vivre en communauté, une communauté de médecins de surcroit, finit par être pesant à la longue. Surtout pour le jeune interne, de nature plutôt solitaire.
Iruka se laisse tomber sur son lit, les bras en croix, et admire le plafond pendant de longues minutes. Il lance un regard circulaire dans la pièce: toute sa vie est là, entre ces quatre murs. Ils sont loin ses tristes jours d'adolescence, où la cravache de son père tombait sur son dos au moindre écart de conduite. Iruka se demande ce qu'il penserait, ce père qui le méprisait, le rabaissait plus bas que terre à la moindre occasion, qui le frappait à lui en faire perdre connaissance. Que penserait-il en le voyant devenir chirurgien? Serait-il fier? Serait-il honteux de l'avoir maltraité durant toutes ses années?
Iruka pose les yeux sur l'unique photo qui orne le mur. Shizune, Kotetsu, Genma, Izumo et lui. Sa bande. Ses amis. C'est ce qu'il a de plus précieux. Son regard est attiré par un objet posé dans un coin, à côté du bureau. La valise de Kakashi. Il faudra qu'il pense à la lui rendre. Tout ce que tu désires, fais en sorte de l'obtenir.
Encore cette phrase. Encore ce visage illuminé de désir qui lui revient en mémoire. Iruka laisse échapper un petit rire, moqueur. Il a l'impression d'être l'un de ces adolescents idiots qui se pâment devant la star du lycée.
Il rapportera sa valise à Kakashi ce weekend, et il tirera un trait sur cette idylle une bonne fois pour toutes. Et Iruka finit par s'endormir sur cette bonne résolution.
(1) Pirates des Caraïbes
