Chapitre 16: Amours amères.
Alors que son biper retentit pour la troisième fois de la journée, Aoba pousse un long, très long soupir en voyant le numéro s'afficher.
«Je peux t'emprunter ton téléphone Ino?»
«Bien sûr!» répond la jeune femme en lui tendant le combiné. «Dure journée?» demande-t-elle d'un air concerné.
«Zetsu a décidé de me faire chier, comme d'habitude. C'est de la faute de Kakashi ça!» lance-t-il en faisant la moue, ce qui le rend très craquant aux yeux de la secrétaire de chirurgie cardio-thoracique.
«Qu'est ce qui est encore de ma faute?» lance le chef du service, qui passait justement par hasard.
Aoba se retourne et serre la main de son ancien chef et ami.
«Je sais pas ce que tu as fait à Zetsu pour qu'il t'en veuille à ce point. Mais il a décidé de se venger sur moi apparemment!»
Kakashi se met à rire.
«Bah on lui a juste fait une mauvaise blague avec un pote, quand on était externes. Il ne s'en ai jamais remis le pauvre. Mais qu'est ce qu'on s'était bien marrés!»
«Je ne préfère même pas imaginer!» relance Ino en levant les yeux aux ciel.
«Allez courage, plus que deux petits mois et tu seras débarrassé de lui. Tu aurais dû choisir la chirurgie de toute façon, je te l'ai toujours dit.» reprend Kakashi taquin.
«Non, sans façon. Ouvrir des bides toute la journée, très peu pour moi!»
Les deux médecins et la secrétaire se mettent à rire.
«Au fait, ça tient toujours la répét de samedi?»
«Ouep!» répond Kakashi avant de se tourner vers Ino. «Tu viens aussi Ino? On va avoir besoin de quelques choristes pour enregistrer notre dernier morceau.»
«Oula, mauvaise idée ça, je chante comme une casserole!»
«Mais non t'inquiète, c'est pas bien compliqué tu verras. Et puis ça fera plaisir à Aoba que tu viennes, n'est-ce-pas?» reprend Kakashi en adressant un clin d'œil malicieux à l'interne.
«Hum, pourquoi pas après tout. tu as recruté d'autres choristes dans le genre sinon?»
«J'y travaille» conclut Kakashi en quittant le petit bureau, après avoir finalement déposé une pile de courriers à envoyer.
Aoba attend d'avoir entendu le chirurgien s'éloigner dans le couloir pour réduire la distance entre la jeune secrétaire et lui. Il l'embrasse fougueusement avant de murmurer:
«J'ai trop envie d'être déjà à ce soir.»
«Moi aussi» répond la jeune femme, les yeux brillants.
Les deux jeunes gens se quittent à regret tandis que le biper se remet à sonner.
«Merde, j'ai oublié de rappeler. Zetsu va me tuer!»
«Allez courage, sois fort, tu es le meilleur!» lance Ino alors qu'Aoba se précipite dehors, après avoir déposé un rapide baiser sur les lèvres de la secrétaire.
A peine a-t-il mis les pieds dans le service de dermatologie qu'Aoba se fait alpaguer par Zetsu.
«Je peux savoir où tu étais? Ça fait trois fois que je te bipe! Heureusement qu'on n'a pas eu d'urgence!»
«Une urgence? En dermato?» lance l'interne ironique.
Zetsu, mains sur les hanches, fronce les sourcils.
«C'est nouveau ça, depuis quand les internes se permettent-ils de répondre à leurs chefs? Crois-moi, Aoba, ta position de chefaillon des internes te rend peut-être intouchable, mais je peux te pourrir encore plus les deux mois qu'il te reste à faire ici.»
Aoba pousse un soupir exaspéré. S'il se retrouve en dermatologie aujourd'hui, c'est qu'il veut se consacrer à la médecine interne. Une discipline très particulière, la crème des disciplines médicales parait-il. En effet la médecine interne traite les maladies auto-immunes, les maladies de système pouvant toucher plusieurs organes en même temps. La plupart du temps, le diagnostic n'est posé qu'après de longues recherches et de nombreux examens. Être interniste, c'est un peu comme être détective privé, à la recherche d'indices pouvant aboutir à un diagnostic et à un traitement. Le Professeur Gen Aburame a d'ores et déjà accepté qu'Aoba fasse son clinicat dans son service. L'interne a appris la bonne nouvelle à la fin de son dernier stage. Mais la condition était qu'il fasse le prochain stage en dermatologie. En effet de nombreuses affections systémiques se traduisent par des lésions cutanées, et il est essentiel pour un interniste de maîtriser la dermatologie. Aoba a pris sur lui, mais là il commence sérieusement à être à bout. Zetsu sait qu'il n'a pas vraiment les moyens de poser quelque problème que ce soit à cet interne. Aoba a trop de soutien auprès des médecins les plus influents de l'hôpital, au premier rang desquels ce connard de Kakashi Hatake.
Zetsu repense alors à cette fameuse journée.
Il aurait dû se méfier. La date déjà: premier avril. Et l'air narquois d'Hatake et de Uchiwa aussi. Ils venaient juste de terminer les partiels du premier semestre. Kakashi et Obito jouaient les stars comme d'habitude, et la moitié des filles de la promo étaient agglutinées autour d'eux.
C'était viscéral, déjà à l'époque: il ne pouvait pas les supporter. Tout le monde savait que Zetsu venait d'une famille aisée de médecins, pour la plupart dermatologues. Il s'en vantait d'ailleurs quasi quotidiennement. C'était maladroit et idiot, mais Zetsu n'avait pas grand chose d'autre pour se mettre en avant. Et il y avait cette fille qui lui plaisait tellement, gentille et souriante. Rin Nohara. Zetsu ne comprenait pas pourquoi elle traînait toujours avec les deux autres là. Kakashi, Obito et elle semblaient inséparables.
Alors quand il l'avait vue discuter avec eux à la sortie de l'amphi, il ne s'était pas méfié. Tout le monde était déjà dans la cour pour refaire le contrôle. Certains étaient abattus, d'autres roulaient des mécaniques. Et elle, elle avait l'air sereine, et elle riait. Elle riait, la main délicatement posée sur l'avant-bras de Kakashi.
Zetsu avait poussé la porte d'un seul coup et... Le monde s'était écroulé. Ou plutôt un pot de peinture noire venait d'asperger tout son côté droit. On aurait presque dit qu'il était coupé en deux: un côté blanc et un côté noir. Toute sa promo avait éclaté de rire, et il avait entendu Obito lui lancer:
«Mais voilà une bien étrange maladie de peau!»
«Voyons voir, mélanodermie unilatérale, ça sonne bien non?» avait renchéri Kakashi.
Et tout le monde était reparti dans un grand éclat de rire. Et elle, elle aussi s'était mise à rire. Kakashi et Obito venaient de l'humilier devant la fille dont il était amoureux depuis plus d'un an.
Zetsu avait vu rouge et s'était rué sur Kakashi. Il lui avait collé son poing dans la figure, Kakashi n'avait pas cherché à esquiver.
«Ouch! Ok, ok, je l'ai mérité, mais avoue que c'était marrant comme blague non? C'est le premier avril Zetsu, il faut bien rigoler un peu!» avait lancé le jeune homme en se frottant la joue.
Mais Zetsu était dans une rage folle. Il avait attrapé le col du jeune homme et s'apprêtait à frapper de nouveau, mais un bras était venu s'interposer.
«Arrête Zetsu! C'était une blague. Pas très maligne certes,» avait lancé Rin d'une voix douce avant de reprendre en le regardant dans les yeux. «Ne t'abaisse pas à leur niveau Zetsu.»
Puis elle s'était retournée vers Kakashi et Obito, qui étaient encore en train de rire.
«Franchement vous êtes vraiment des gamins tous les deux!»
Zetsu avait senti une bouffée de joie monter en lui quand il l'avait entendue leur faire la leçon. Mais tous ses espoirs furent réduits à néant la seconde suivante.
«Pour la peine vous serez de corvée toute la semaine, tous les deux» avait déclaré la jeune fille. Zetsu savait qu'ils habitaient tous les trois sur le même palier de leur résidence universitaire. Chaque palier possédait six chambres, et les étudiants se partageaient cuisine et salle de bain. Un genre de colocation en quelque sorte. Rin avait alors déposé un baiser sur la joue endolorie de Kakashi avant de reprendre:
«Allez, on rentre à la maison bande de sales garnements!»
Les trois amis avaient alors tourné les talons, laissant Zetsu en plan, couvert de peinture. Obito s'était discrètement retourné pour lui tirer la langue d'un air moqueur.
Zetsu n'avait jamais digéré cette mauvaise blague. Il n'avait jamais encaissé le fait que Rin semblait tout pardonner à ses deux amis.
Les années avaient passé et tous avaient fini par oublier cette blague potache. Tous sauf Zetsu.
Alors s'il pouvait à présent pourrir un tant soit peu la vie de Kakashi, quitte à utilise un innocent interne pour ça, il n'allait pas se gêner.
Tandis que le dermatologue se remémore ces souvenirs douloureux, Aoba commence à s'impatienter.
«Bon alors, qu'est ce qu'il y avait de si urgent?»
Zetsu tourne un regard mauvais vers son interne.
«Ablation de nævi. Salle d'intervention numéro une. Voici la liste.»
Aoba se retient mais à l'intérieur, il bout littéralement. Il est en dernière année d'internat, le semestre prochain, il commencera son clinicat de médecine interne, et il se retrouve à devoir brûler des grains de beauté à l'azote liquide toute la journée! Ses yeux se tournent vers la liste, et il se rend compte avec effroi qu'elle contient une bonne trentaine de noms. Ce connard de Zetsu lui a collé tous les patients de la semaine en une journée. bien sûr, pas moyen de déprogrammer certains patients au dernier moment. Aoba a intérêt à s'y mettre tout de suite, d'autant que le premier patient avait rendez-vous il y a une demi-heure déjà.
L'interne se dirige en ronchonnant vers la salle où il va rester enfermé toute la journée. Il jette un coup d'œil à la salle d'attente au passage, et pousse un soupir en la voyant déjà bondée de patients pestant sur le retard.
Vivement demain! Avec la répétition, qui se terminera sûrement en fiesta chez Kakashi, il pourra oublier ses tracas. Il faudra quand même qu'il demande à Kakashi pourquoi Zetsu semble tellement le détester.
...
«Tiens, voilà Iruka» dit Kotetsu avant d'élever la voix, pour tenter de couvrir le brouhaha de l'internat.
«Iruka! On est là!»
Shizune se renfrogne en voyant apparaître Karin juste derrière son ami. Kotetsu reprend innocemment:
«Il a l'air de drôlement bien s'entendre avec cette fille, Karin c'est ça?»
«Ouais» lâche Shizune visiblement agacée.
Kotetsu la regarde étonné. Devant le regard insistant de son petit ami, la jeune femme pousse un soupir.
«Je n'ai rien contre elle, mais je pense qu'elle a une mauvaise influence sur Iruka.»
«Pourquoi tu dis ça? Et Iruka est radieux depuis quelques temps.»
Kotetsu marque une pause, pensif, avant de reprendre;
«Dis-moi, tu ne serais pas un peu jalouse par hasard?»
«Jalouse?» s'exclame Shizune. «N'importe quoi, pourquoi voudrais-tu que je sois jalouse?»
«Iruka est ton meilleur ami. Et ça te fait chier de le voir s'entendre aussi bien avec une autre fille que toi.»
Shizune pose un regard courroucé sur l'interne d'endocrinologie.
«Iruka a le droit de fréquenter qui il veut. Mais cette fille va lui causer des problèmes, crois-moi!»
Kotetsu lui offre un sourire compréhensif, qui achève d'énerver la jeune femme.
«Mais arrête un peu avec ton petit air narquois là! Iruka se laisse embobiner par cette fille. Et je ne le reconnais plus. Et je m'inquiète pour lui. Beaucoup.»
«Bah Iruka est un grand garçon. Il a l'air de savoir ce qu'il fait» rétorque Kotetsu, qui commence lui aussi à être agacé par l'attitude de Shizune. «Tu n'es pas sa mère que je sache» finit-il par lâcher, bougon.
Le regard froid que lui lance Shizune fait prendre conscience à Kotetsu que la dernière phrase était probablement de trop. Lui qui pensait passer une petite soirée tranquille avec sa chérie! Il remballe mentalement les petits projets romantiques qu'il avait pour la soirée et tente de se rattraper.
«Allez, ne fais pas la tête Shizune. Tu devrais peut être lui proposer d'aller prendre un verre un de ces quatre. Juste tous les deux. Pour discuter entre meilleurs amis.»
Shizune lâche un soupir. Kotetsu a raison, elle n'aime pas voir Karin tourner autour d'Iruka. L'interne de psychiatrie, outre ses plans diaboliques concernant Kakashi, est petit à petit en train de prendre sa place de meilleure amie auprès d'Iruka. Et ça lui fait mal. Prise entre son travail, la vie à l'internat et Kotetsu, la jeune femme se dit qu'elle a négligé Iruka. Mais elle ne reconnait plus son ami. Où est passé le Iruka réservé et discret? Celui qui faisait consciencieusement son travail en évitant d'attirer l'attention? Est-ce sa pseudo idylle avec Kakashi qui lui aurait tourné la tête?
Shizune est inquiète, et les propos de Kurenai n'ont rien fait pour la rassurer. Elle sait qu'Iruka est fragile, sentimentalement parlant. Et Kakashi a beau être mignon, il n'en reste pas moins un homme visiblement très instable en matière de sentiments. Tout à ses pensées, Shizune ne fait pas attention à Iruka, qui vient de s'asseoir en face d'elle.
«Allo Shizune? Ici la terre!» lui lance le jeune homme en souriant.
La jeune femme sursaute et pose les yeux sur son ami. Iruka a l'air à la fois joyeux et serein. Alors elle repousse ses inquiétudes dans un coin de son esprit et lui renvoie un sourire chaleureux.
«Salut Iruka, tu as l'air de péter la forme!»
«Ouais, j'ai vu une super intervention de neurochir aujourd'hui. Mais j'ai quand même hâte que ce stage se termine. C'est vraiment frustrant de n'être que spectateur.»
«Tu m'étonnes!» répond Kotetsu. «Un chirurgien a besoin de faire couler le sang!» poursuit-il en prenant un air sadique.
Tout le monde éclate de rire.
«Et vous alors, ça se passe bien?»
«Bah, l'endocrinologie c'est cool. Naruto a encore fait des siennes aujourd'hui. Il a fait une énorme gaffe devant une patiente obèse, en lui demandant quand est-ce qu'elle devait accoucher.»
Shizune lance un 'ohhh' outré tandis qu'Iruka réplique en riant:
«Ah c'est un classique ça! Mais ça ne m'étonne pas de la part de Naruto. Il n'en rate jamais une celui-là.»
«Au moins il met de l'ambiance!»
«Bon, c'est pas tout ça mais il va falloir retourner bosser les amis. Shizu, tu n'oublies pas pour la répét' samedi chez Kakashi?»
«Oui oui, mais je ne te promet rien niveau chant hein!»
«T'inquiète, c'est juste pour des petits chœurs de rien du tout. Tiens au fait, tu ne veux pas venir Iruka? Je crois qu'une voix d'homme pourrait rendre un truc sympa.»
«Ouais pourquoi pas, j'ai rien de prévu samedi de toute façon.»
«Ok ça marche, à ce soir les enfants!» lance Kotetsu avant de quitter le réfectoire.
Dès que Kotetsu a le dos tourné, Shizune se met à fixer Iruka d'un regard entendu.
«Quoi?»
«Il me semblait que tu détestais chanter. Si ma mémoire est bonne, on devait toujours te trainer par les pieds pour que tu viennes au karaoké avec nous.»
«Et alors, tout le monde peut changer non?» rétorque Iruka d'un air malicieux.
«Iruka, ne me dis pas que tu as réellement l'intention de suivre le plan débile de Karin.»
«C'est loin d'être un plan débile. Et puis qui ne tente rien n'a rien» répond Iruka qui commence à bouder.
Shizune pousse un long soupir avant de reprendre.
«Vraiment, je pense que tu vas te planter en beauté avec Kakashi. Et que tu vas en souffrir...»
«Merci de ton soutien Shizu,» l'interrompt le jeune homme, «mais je crois être assez grand pour savoir ce que je fais.»
Iruka se radoucit finalement et poursuit:
«Écoute Shizune, je comprends que ça t'inquiète. Mais je ne suis plus le petit Iruka que tu avais besoin de protéger. J'ai tourné la page depuis longtemps. Et je ne suis pas aussi fragile que tu crois. Si ça ne marche pas avec Kakashi, je m'en remettrai. Mais je ne veux pas vivre dans le regret de n'avoir rien tenté avec lui.»
«Tu crois vraiment qu'il en vaut le coup?»
«Ouais, j'en suis certain.»
Shizune soupire à nouveau avant de saisir la main de son ami.
«Fais attention à toi, hein» murmure-t-elle, «et n'oublie pas que je suis ta meilleure amie.»
Iruka sait ce que cette phrase signifie: Shizune sera toujours présente pour lui, qu'il ait besoin d'une oreille attentive pour l'écouter exprimer son bonheur, ou au contraire d'une épaule pour pleurer.
Il lui adresse alors un sourire sincère, scellant leur complicité retrouvée.
...
Kakashi est à la bourre. Comme d'habitude. Il pensait avoir largement le temps de faire les courses avant que tout le monde ne débarque. Mais c'était sans compter la petite vieille qui vient outrageusement de lui piquer sa place à la caisse. Sans compter le petit con qui lui a chipé une place de parking sous le nez, l'obligeant à aller se garer au plus loin de l'entrée. Il a aussi mis trois plombes à trouver le rayon des produits ménagers (nécessité urgente de refaire les stocks dixit Inoue). Et quand il est enfin arrivé à sa voiture pour tout charger en vrac dans son coffre, il s'est rendu compte qu'il avait oublié les croquettes pour les chiens. Journée de merde. Kakashi déteste vraiment faire les courses le samedi.
Tandis qu'il peste au volant, derrière un vieux tacot qui monte la côte en deuxième, Kakashi se dit que rien de pire ne peut arriver maintenant de toute façon. A part peut-être si un certain interne avait décidé de venir jouer les choristes ce soir. Kakashi repense à cette semaine. Il lui a semblé voir Iruka partout. Il ne pouvait pas faire un pas sans tomber sur le jeune homme. Mauvais karma peut être. Toujours est-il que le chirurgien est bien décidé à se changer les idées ce soir, à faire la fête et à se sortir une bonne fois pour toutes Iruka de la tête.
Il aperçoit plusieurs voitures agglutinées devant son portail fermé, et sourit. Il va encore se faire engueuler parce qu'il est en retard. Il enclenche l'ouverture automatique du portail, tandis que ses invités remontent en voiture pour pénétrer dans la propriété. Les voitures se garent devant la maison, et Kakashi rentre la sienne directement au garage. Mia et Tyler l'accueillent avec joie, puis bloquent devant le coffre.
«Plus tard pour les croquettes. Allez zou, tout le monde dehors!»
Les deux chiens filent dans le jardin, et alors que Kakashi tend la main pour fermer la porte du garage, son regard se pose sur le petit groupe en train de décharger les instruments. Shizune et Genma sont là aussi, de même qu'Ino, en grande conversation avec... Et merde! Il ne manquait plus que ça. C'est fois, c'est définitif, les dieux ont décidé de le punir. Ou de jouer avec ses nerfs au choix.
Iruka regarde alors dans sa direction et lui offre un chaleureux sourire. Kakashi est perturbé, et ça se voit. Il ferme précipitamment la porte du garage, tandis qu'Iruka se reconcentre sur le babillage d'Ino.
Iruka:1, Kakashi:0.
Le chirurgien finit enfin par venir ouvrir sa porte d'entrée.
«Ah ben c'est pas trop tôt! On a cru que tu nous avais oublié.»
«Désolé, j'accumule les emmerdements aujourd'hui» réplique Kakashi en fixant Iruka. «Allez, rentrez tout votre bordel, et j'ai besoin d'un coup de main pour vider le coffre de ma caisse.»
«Parce que tu crois qu'on va te servir de larbins en plus?» balance Aoba en rigolant.
«Ouais mon pote. Parce que tout l'alcool pour ce soir est dans le garage.»
«Ah ben si tu nous prend par les sentiments aussi» relance Genma en emboitant le pas de Kakashi. «Iruka, tu viens nous aider?»
L'interne voit le chirurgien se raidir tandis qu'il s'éloigne dans le couloir. Karin a raison, Kakashi est très mal à l'aise en sa présence. Pour lutter contre l'attraction, ne faut-il pas garder ses distances en effet?
Un sourire narquois plaqué sur le visage, Iruka se décide à suivre les deux hommes, après avoir jeté un coup d'œil rapide à Shizune. La jeune femme lui adresse un signe du doigt, qui semble signifier «sois sage», et reçoit un clin d'œil taquin de son meilleur ami en retour.
Kakashi est déjà en train de charger les bras de Genma lorsqu'Iruka arrive à sa hauteur.
«Pose tout ça en vrac dans la cuisine. J'arrive» dit-il sobrement avant de se pencher une nouvelle fois dans le coffre.
Iruka prend le temps d'admirer le postérieur de son ancien chef. Leurs regards se croisent rapidement au moment où Kakashi se relève. Sans un mot, il colle un carton dans les bras d'Iruka, qui esquisse un pas en arrière, plus par surprise que pour le poids. Kakashi attrape un paquet de croquettes, dressé comme un rempart entre ce corps si désirable et lui.
Iruka jette un coup d'œil dans le coffre, et voit les deux autres sacs de nourriture pour chien. Il pose délicatement son carton, rempli de bouteilles, et se saisit de l'un des deux sacs.
«Laisse, je vais le faire. C'est lourd» lance Kakashi qui vient de se retourner.
«Ça va, je suis plus costaud qu'il n'y parait» répond Iruka en souriant, avant de passer devant le chirurgien les bras chargés d'un des sacs.
Iruka frôle à peine Kakashi quand il passe devant lui. Juste ce qu'il faut. Le chirurgien fronce les sourcils, conscient du petit jeu auquel a décidé de s'adonner l'interne. Il feint l'indifférence et s'empare du dernier sac tandis qu'Iruka récupère son carton.
«Allez, en route pour la cuisine!» lance Kakashi en refermant le coffre.
Lorsque les deux hommes réapparaissent dans le salon, les instruments sont déjà prêts à rugir. Shizune, Genma et Ino se sont confortablement installés dans les canapés, et sont rapidement rejoints par Iruka.
Les musiciens se lâchent rapidement. Les chansons s'enchainent, alternant rythmes rock et mélodies pop, avec une pointe électro qui donne des envies aux spectateurs. D'ailleurs Ino ne tarde pas à se lever pour se trémousser, bientôt suivie par les internes.
Chacun y va de son petit commentaire. Et Kakashi leur propose finalement d'écouter la chanson sur laquelle il aimerait que ses invités fassent les chœurs.
Alors qu'il débute la chanson, il sent de nouveau le poids du regard d'Iruka sur lui. Le jeune homme n'a cessé de le dévorer du regard depuis le début de la soirée. Et Kakashi est totalement perturbé par cette attention soutenue, et clairement non anodine. Persuadé que sa petite sortie avec le brancardier avait réussi à calmer les ardeurs de l'interne, le chirurgien se demande ce qu'il a loupé avec Iruka. D'habitude, cette attitude suffit à faire comprendre à ses prétendants qu'il faut lâcher l'affaire. Mais le regard carnassier d'Iruka ce soir lui fait prendre conscience que le jeune homme est tenace. Et provocateur.
Kakashi décide de se concentrer et lance l'enregistrement de la chanson qu'il a enregistrée en acoustique il y a quelques jours.
(We are golden - Mika)
Et il explique ce qu'il a en tête pour sa chanson.
«J'aimerais que ce soit joyeux, vivant, pétillant. Finalement les chœurs ne sont vraiment pas compliqués, vous n'avez même pas vraiment à chanter. Je veux que vous lanciez cette phrase avec conviction, comme si vous le balanciez à la figure des gens, positivement mais avec énergie. Je ne sais pas trop si je suis clair là en fait» conclut le chirurgien en voyant la tête des autres. Finalement, il décide de leur montrer l'exemple.
Tandis qu'il chante le début, tous les musiciens se lancent sur leurs instruments, et Tsunami prend en main son équipe de choristes débutants.
«We are not what you think we are. We are golden, we are golden» ânonnent-ils timidement. Mais le rythme entraînant de la musique, et les encouragements de Tsunami les aident peu à peu à se lâcher complètement.
Au bout de quelques minutes, les apprentis choristes se sont complètement pris au jeu, et le rendu est tout simplement génial. Kakashi propose alors de faire la chanson en entier, et lance discrètement l'enregistrement.
Iruka est happé par la chanson. Quand Kakashi monte dans les aigus, il trouve que c'est tout simplement divin. Et quand il se met à murmurer, leurs regards se croisent, partageant l'émotion. Kakashi détourne le regard mais Iruka l'a vue, cette petite étincelle de désir dans ses yeux noirs. Et l'interne sourit, un sourire attendri devant cet homme, essayant de toutes ses forces de passer pour quelqu'un de superficiel, mais qui se dévoile dès qu'il ouvre la bouche pour chanter.
Asuma propose de trinquer en réécoutant le morceau enregistré. L'ambiance est vraiment conviviale et festive. Aoba, qui commence à être sérieusement éméché, se lance dans une véritable ode à Mescaline. Genma ne peut résister au plaisir de le taquiner, en le mettant au défi de reprendre les grands standards de la musique actuelle. Tout le groupe se prend au jeu, et les noms de chansons célèbres fusent.
Quand vient le tour d'Iruka, celui-ci fait mine de réfléchir, puis sort crânement:
«J'adorerais que Kakashi me chante du Nirvana!»
Les autres semblent emballés.
«Et quelle chanson voudrais-tu que je te chante?» lance Kakashi sur un ton volontairement séducteur.
«Rape me».
Kakashi fixe Iruka, qui soutient son regard. Tous les autres, déjà bien imbibés, ne semblent pas ressentir la tension qui vient de s'installer entre les deux hommes. Tous les autres sauf Asuma et Shizune, qui a du mal à cacher sa gêne.
Kakashi rompt le premier le contact visuel, et se penche sur sa guitare pour chanter.
(«Rape me» - Nirvana)
Pendant toute la chanson, Iruka ne quitte pas le chirurgien des yeux. Au fur et à mesure des paroles, Kakashi semble se prendre lui aussi au jeu. Quand il se met à hurler «rape me» en boucle à la fin du morceau, Iruka ressent la puissance des mots. C'est exactement ce qu'il voulait, que Kakashi se lâche enfin. Le chirurgien finit par reposer sa guitare sous les applaudissements de l'assemblée. Il se laisse tomber dans le canapé et observe Iruka. Le regard qu'ils s'échangent à cet instant est chargé en tension et en désir. Et chacun d'eux en a parfaitement conscience.
Tandis que les autres continuent leur petit concours de reprises, Kakashi s'éclipse dans l'arrière-cuisine. Un bruit de verre cassé ne tarde pas à se faire entendre, mais personne ne le remarque, tant les rires et les discussions vont bon train.
Un «putain de bordel de merde!» retentit, figeant les invités sur place. Asuma et Iruka sont les premiers à se ruer dans l'arrière-cuisine. Ils découvrent Kakashi devant le lavabo, tenant sa main gauche ensanglantée sous le jet d'eau du robinet. La bouteille brisée au sol suffit à leur faire comprendre ce qui vient de se passer.
«Montre, c'est profond?»
Kakashi secoue la tête agacé.
«Non non, ça va.»
Mais le saignement ne semble pas vouloir s'arrêter. Iruka s'approche d'un pas décidé et coupe l'eau. Kakashi n'a pas le temps de broncher que l'interne a déjà saisi sa main pour examiner la coupure. Une profonde entaille partant de la base du pouce et rejoignant le poignet est visible.
«Tu as fait ça bien en tout cas. En plein dans l'éminence thénar. Aucun risque de lésion tendineuse.»
«Merci pour cette brillante analyse» rétorque le chirurgien ironique.
«Mais tu as besoin de points de suture.»
«Je suis sûr que quelques strips vont suffire.»
Asuma se penche à son tour sur la blessure.
«Tu rigoles ou quoi? Iruka a raison, il te faut des points de suture. Et tu as de la chance, ton salon est bourré de médecins dis donc!» reprend le neurochirurgien ironique.
Kakashi lève les yeux au ciel.
«Je ne sais même pas si j'ai le matos de toute façon.»
«Si, tu as un kit de suture dans la buanderie.»
Kakashi et Asuma fixent le jeune interne. Avant que le neurochirurgien n'aie le temps de commenter, Kakashi saisit Iruka par le bras pour l'entraîner derrière lui. Ils traversent à grands pas le salon pour s'engouffrer dans le couloir. Asuma explique aux autres ce qu'il vient de se produire et les encourage à poursuivre la fête, le temps que Kakashi soit remis à neuf par Iruka.
Arrivés dans la buanderie, Iruka se dirige directement vers le placard renfermant le kit de suture. Il ne peut s'empêcher de sourire en voyant la bouteille d'alcool à 90°, qui a été remise à sa place. Quand il se retourne, le regard pesant de Kakashi tombe sur lui comme une chape de plomb.
«Je peux savoir à quoi tu joues Iruka?»
L'interne tente de feindre l'incompréhension, ce qui entraîne un soupir exaspéré du chirurgien.
Sans prendre la peine de répondre, l'interne commence à désinfecter la plaie et sort les instruments du kit. Kakashi se laisse faire, sans perdre Iruka du regard.
«Pose ta main à plat, je pense que trois points devraient suffire. tu n'as pas d'anesthésiant je suppose?»
«Pour trois points, je devais survivre.»
Iruka plante son aiguille d'un geste sûr dans les berges de la plaie, et Kakashi ne peut réprimer une grimace de douleur.
Iruka travaille vite, et bien.
«Tu es devenu un pro des sutures Iruka» lance le chirurgien tandis que l'interne termine son dernier point. Iruka lève les yeux vers son ancien chef et soutient son regard de longues secondes. Puis il se fend d'un large sourire, et déclare moqueur, comme s'il s'adressait à un enfant:
«Je suis fier de toi, tu as été très courageux Kakashi!»
Et l'interne brise les quelques centimètres qui le séparent du visage du chirurgien pour venir plaquer un baiser sur sa joue, à la limite de ses lèvres.
Alors que l'interne se recule déjà, Kakashi bloque son mouvement en le retenant par le bras. Il lui murmure d'une voix grave:
«Tu ne m'as pas répondu, à quoi joues-tu Iruka?»
L'interne plante ses yeux bruns dans ceux de Kakashi et répond d'un ton ferme:
«Je ne joue pas.»
«A force de t'approcher trop près du feu, tu vas finir par te brûler les ailes» reprend le chirurgien en lâchant le bras d'Iruka. «Merci pour les points.»
Et Kakashi quitte la buanderie sans se retourner.
Iruka repense à l'avertissement de Karin.
Ton attitude va le mettre en colère. Il cherchera à te faire peur, il se montrera peut être même violent. Si c'est le cas, c'est que tu es sur la bonne voie.
La soirée bat son plein et les verres se vident à une vitesse fulgurante. Tandis que les rires et les chants se poursuivent, Asuma part fumer une cigarette dans la véranda, et Kakashi décide de l'accompagner.
Un silence confortable s'installe entre les deux amis. Affalés dans les chaises longues, ils commencent à discuter de l'avancée des morceaux de Mescaline.
«J'aime bien le côté pop que tu apportes à notre répertoire en ce moment» lâche Asuma en laissant s'envoler des volutes de fumée en petits cercles au dessus de lui.
«Ouais, je sais pas trop d'où ça me vient, mais ça change un peu» répond Kakashi.
Asuma se fend d'un sourire que Kakashi ne peut percevoir, dans la pénombre de la véranda faiblement éclairée. Il laisse passer quelques secondes avant de sortir sur un ton volontairement neutre:
«Finalement tu l'as aussi ta groupie maintenant.»
Kakashi tourne lentement son visage vers Asuma, et le toise d'un air blasé.
«Je ne vois pas de quoi tu parles.»
Asuma pousse un soupir qui semble signifier «pas à moi» et plante son regard dans celui de son ami.
«Kakashi, si tu essayais de ne pas tout gâcher pour une fois? Laisse lui une chance au moins.»
Le chirurgien lève les yeux au ciel avant de se saisir de la cigarette d'Asuma pour tirer une bouffée. La fumée lui pique les yeux, le goût est acre, pour ne pas dire dégueulasse.
«Je sais vraiment pas comment tu fais pour fumer cette merde» répond-t-il.
«C'est ça, change de sujet. Mais il faudra bien que tu admettes qu'Iruka te perturbe.»
Kakashi pousse un nouveau soupir agacé. Asuma a visiblement décidé de ne pas lâcher le morceau ce soir. Et quand le neurochirurgien, habituellement peu bavard, se focalise sur un sujet, impossible de le faire taire. Il dira ce qu'il a à dire. Alors Kakashi décide de jouer franc-jeu avec son vieil ami:
«Oui, il me perturbe. Parce que j'arrive pas à le cerner.»
«Je crois que son message était clair tout à l'heure pourtant.»
Asuma se met à siffler les premières notes de la chanson de Nirvana. Kakashi sent la colère monter, et il a tout à fait conscience que ce sentiment est disproportionné par rapport à la petite allusion d'Asuma. Iruka fait plus que le perturber, il l'obsède. Et Kakashi sait que si l'occasion se représente, il finira par céder, encore et encore. Alors il préfère se murer dans un silence borné. C'est au tour d'Asuma de soupirer.
«Kakashi, à force de ressasser le passé, tu vas encore une fois passer à côté d'une belle histoire. Tu devrais lui laisser une chance. Parce qu'il ne t'attendra pas toute la vie, et tu finiras par le regretter. »
«Bah un regret de plus ou de moins.»
«T'es vraiment qu'un con Kakashi!» finit par lancer Asuma en écrasant son mégot dans le cendrier. «Il serait temps de te réveiller mon ami.»
Sur ces dernières et dures paroles, le neurochirurgien se lève pour rejoindre les autres dans le salon. Kakashi le regarde reprendre part à la conversation joyeusement animée. Son regard dérive sur Iruka, qui rit aux éclats avec Shizune, Genma et les autres. Le jeune homme est rayonnant, flamboyant même. Et Kakashi se dit que finalement, c'est peut être bien lui qui risque de se brûler les ailes.
les jeunes gens finissent par aller se coucher petit à petit. Genma et Tsunami squattent l'une des deux chambres d'amis. Et Kotetsu et Shizune se sont appropriés la deuxième. Aoba et Ino semblent avoir décidé de s'installer dans la salle où Kakashi compose ses chansons. Le chirurgien leur a installé un matelas à même le sol, après avoir poussé un peu son bordel.
Asuma a décrété qu'il squattait l'un des canapés du salon, et commence déjà à roupiller.
Et Kakashi se demande où peut bien se cacher Iruka. Il finit par le retrouver dans la véranda, dont l'interne a entrouvert l'une des baies pour respirer le parfum de la nuit. Kakashi avance à pas de velours vers lui. Lorsqu'il ne se trouve qu'à quelques centimètres derrière lui, il murmure:
«Tu devrais aller te coucher Iruka.»
L'interne se retourne lentement et plante son regard dans celui de Kakashi. Instant de silence. Brillant d'un désir partagé. Kakashi sait qu'il doit bouger, dire quelque chose. Mais les mots d'Asuma résonnent en lui. Tu devrais lui laisser une chance.
Ses yeux s'attardent sur la bouche du jeune homme, et dérivent vers le creux de son cou. A cet instant, Kakashi ne rêve que de le toucher, de respirer ses cheveux bruns, de sentir sa peau colorée frémir sous ses doigts. Et Iruka le sait. Et Kakashi sait qu'Iruka le sait.
D'un geste presque automatique, Kakashi tend le bras pour remettre en place une mèche de cheveux derrière l'oreille de l'interne, qu'un courant d'air vient de faire voleter. Iruka n'esquisse pas un geste. Il ferme les yeux et lui sourit. Cette simple attention, cette caresse du bout des doigts semble le contenter. Mais Kakashi en veut plus, veut lui en donner plus. Il comble en une seconde l'espace entre eux et lui impose un baiser brutal. Les bouches s'entrouvrent et les langues s'enlacent dans un ballet frénétique. Alors que le baiser s'intensifie et que les mains commencent à se faire baladeuses d'un côté comme de l'autre, Kakashi prend la main d'Iruka et lui murmure un silencieux «suis-moi».
Sans bruit, ils rentrent dans la maison, et gagnent discrètement le couloir. Asuma lève un œil alors que les deux hommes disparaissent juste à l'angle du salon. Il referme les yeux en esquissant un sourire.
Kakashi fait pénétrer en silence Iruka dans sa chambre. L'interne s'avance vers le lit et se retourne tranquillement. Kakashi le pousse alors violemment en arrière. Le jeune homme sent le contact moelleux du matelas amortir sa chute, mais Kakashi est déjà sur lui. Il frémit. D'impatience, et un peu d'anxiété, car le sourire carnassier de Kakashi est explicite.
Le chirurgien ne prononce pas un mot quand il arrache sans délicatesse le pantalon d'Iruka. Quand celui-ci tente maladroitement de se redresser, il se retrouve de nouveau sauvagement repoussé en arrière. Kakashi se redresse et entreprend de déboutonner lentement son propre pantalon, laissant apparaître son excitation, qui semble déjà à son maximum.
Les yeux brillants de désir, le chirurgien se jette littéralement sur l'interne et commence à embrasser, lécher et même mordre le corps du jeune homme. Il descend progressivement vers l'entrejambe d'Iruka, qui sent des frissons l'assaillir de toutes parts lorsqu'une bouche vient s'emparer de son sexe. Le jeune homme se cambre sous les vagues de plaisir que lui procure Kakashi. Il commence à passer ses doigts dans les cheveux argentés du chirurgien, mais deux mains viennent fermement saisir ses poignets, immobilisant ses bras le long de son corps. Iruka jette un regard en direction de Kakashi, et se sent happé par le regard du chirurgien. Il y semble lire une palette de sentiments totalement contradictoires: un mélange d'animalité, de désir et de souffrance. Kakashi ne lâche pas Iruka du regard, tout en poursuivant ses va-et-vients délicieux, laissant sa langue s'enrouler tout autour du membre d'Iruka, tantôt caressante, tantôt insistante. Iruka ne contrôle plus rien. Il se laisse envahir par le plaisir brut, physique. Alors qu'il est à deux doigts de venir, le contact s'interrompt brutalement, et il ne peut réprimer un grognement de frustration. Il n'a pas le temps de réagir plus, Kakashi passant un bras ferme autour de ses hanches, et l'obligeant à se retourner dans un mouvement brutal. La tête à présent plongée dans l'oreiller, Iruka sent une pression sur son épaule gauche. Kakashi, prenant appui sur l'omoplate d'Iruka, et immobilisant par la même le jeune interne, l'oblige de sa main droite à soulever son bassin. La position pourrait être humiliante, mais Iruka n'en a que faire à cet instant. Il sait ce qui va se passer. Et il ne demande que ça. Quand Kakashi le pénètre avec violence, Iruka laisse échapper un cri rauque. Et puis c'est une succession de râles courts et étouffés qu'il entend s'échapper de sa gorge, à chaque coup de butoir. Plus fort, plus vite. Sa tête se met à tourner. Dans un mélange de douleur et de plaisir, il s'offre à Kakashi, qui a à présent placé ses deux mains sur les hanches du jeune homme, imprimant un rythme totalement erratique à ses mouvements. Alors que Kakashi se sent proche de la jouissance, il ralentit le rythme, afin de faire durer le plaisir. Il laisse courir ses doigts fins sur le dos d'Iruka, et sourit en voyant la peau mate se mettre à frissonner encore et encore. Il recommence à accélérer le rythme et saisit sans prévenir le sexe de l'interne. Sa main droit entame un va-et-vient au même rythme que ses coups de bassin qui ont repris de plus belle.
Kakashi commence à laisser lui aussi échapper des râles courts à chaque fois qu'il s'enfonce profondément dans le corps de l'interne. Le cri étouffé d'Iruka lorsqu'il jouit enfin dans sa main achève de l'exciter, et il s'épand en lui, en quelques soubresauts saccadés. Lui aussi laisse échapper un cri rauque à l'instant où l'orgasme le submerge.
Kakashi s'écroule sur le dos, à côté d'Iruka.
«T'es vraiment un bon coup au pieu, Iruka.»
Quelques secondes s'écoulent avant que le chirurgien ne reprenne, d'une voix ferme:
«Mais c'est juste une histoire de sexe entre nous. Ne vas pas t'imaginer autre chose.»
La tête enfouie dans l'oreiller, Iruka sourit. Le chirurgien tient à remettre les choses au point. Mais la sentence lui semble trop hâtive pour être honnête.
«Ça me va» répond laconiquement l'interne, «bonne nuit Kakashi.»
Le chirurgien tourne le dos à Iruka sans prendre la peine de répondre.
...
Quand Iruka ouvre les yeux le lendemain, il est seul dans la chambre. Il est courbaturé, et une douleur lancinante lui brûle l'épaule. Il se force cependant à se lever et à rassembler ses vêtements. Dans miroir fixé sur l'un des murs, il constate une belle trace de morsure, peu profonde mais suffisamment visible sur son épaule.
Avant de sortir de la pièce, il prend le temps de jeter un regard circulaire dans la chambre de Kakashi. Elle est sobre: un lit, une table de chevet, un fauteuil confortable accompagné d'une lampe sur pied moderne. Sur une petite desserte, quelques photos sur lesquelles Iruka reconnait des visages: Asuma, Kurenai, la directrice Tsunade. il y a aussi une jeune femme châtain souriante, entourée de Kakashi plus jeune et d'un jeune homme aux cheveux d'ébène et au regard rieur. Le ukulélé est posé sur une petite table, devant la fenêtre, au milieu de feuilles recouvertes de l'écriture fine de Kakashi.
Iruka entend du bruit provenant vraisemblablement de la véranda. Il ne s'attarde pas dans la chambre et sort après avoir vérifié que personne ne traine dans le couloir. Après avoir fait un tour rapide par la salle de bain, il gagne le salon. Shizune est seule, assise sur l'un des canapés.
Quand elle lève les yeux vers son ami, Iruka sait qu'il ne va pas échapper à l'interrogatoire en règle.
That's all for tonight! La suite au prochain épisode. N'oubliez pas de laisser un commentaire si vous aimez cette histoire. Ca prend juste deux minutes, et ça fait très plaisir à l'auteur ^^
