Merci d'avoir patienté pour ce chapitre. Le grand final de ce 2e arc se met peu à peu en place.
Merci à tous les lecteurs qui prennent le temps de laisser un commentaire.
Ah oui, j'oubliais. Mon amie Eire a réalisé une playlist sur Youtube reprenant toutes les chansons citées dans cette fic, pour que vous n'ayez pas trop à chercher. Le lien est disponible sur ma page de profil (à la fin de ma présentation). Enjoy!
Bonne lecture à tous!
Chapitre 20: récupération.
Aujourd'hui c'est Jeudi. Et c'est le jour du transfert de Kakashi en chirurgie orthopédique. Iruka semble bien pensif, devant son bol de café. Shizune pose une main affectueuse sur l'épaule de son ami avant de s'asseoir à côté de lui.
«C'est aujourd'hui qu'il quitte la Réa?»
L'interne hoche la tête sans arriver à réprimer un soupir de frustration. Et Shizune se met à sourire, taquine.
«Ce n'est pas comme si tu n'allais plus jamais le revoir non plus hein! Tu pourras aller lui rendre visite de temps en temps. Je suis sûre qu'il en sera très content.»
«Moui» répond laconiquement Iruka.
Shizune pousse un soupir exaspéré.
«Je me demande si je ne préférais pas le Iruka décomplexé et aguicheur. Parce qu'en amoureux transi, tu deviendrais presque chiant en fait!»
Tandis que l'interne de réanimation lui lance un regard outré, la jeune femme éclate de rire avant de reprendre.
«Allez, dépêche-toi d'y aller pour profiter de lui encore un peu.»
Iruka avale son bol d'un trait, puis le repose en soupirant de nouveau. Shizune lui lance d'une voix tendre, juste au moment où l'interne se lève:
«Tu sais, Iru, je pense que cet accident l'a sérieusement chamboulé, et pas que physiquement. Avec sa rééducation, il va avoir le temps de réfléchir, et je suis persuadée qu'il va se rendre compte qu'il est temps de vous laisser une chance à tous les deux.»
«J'aimerais vraiment que tu aies raison Shizune» répond le jeune homme d'une voix triste avant de tourner les talons pour prendre la direction de son service.
A son arrivée, Iruka est immédiatement alpagué par l'une des infirmières du service.
«Iruka, il faut que tu prépares le courrier de transfert du Professeur Hatake! Hizashi a demandé que tu t'en occupes dès que tu arrives.»
L'interne pousse un soupir.
«Ça va, on est pas aux pièces non plus. Pourquoi ça presse autant?»
«Parce que Ka... Enfin je veux dire le Professeur Hatake est transféré dès ce matin en fait. On a besoin d'une place pour un patient du bloc de chirurgie viscérale.»
Iruka reste stoïque, mais à l'intérieur, il est complètement affolé. Il avait l'intention de passer un petit moment avec Kakashi ce matin, histoire de discuter un peu. Mais son plan tombe irrémédiablement à l'eau, d'autant qu'il va se coltiner un courrier inutile, Shikaku Nara connaissant déjà toutes les mésaventures de Kakashi depuis son hospitalisation.
Et puis ça l'énerve au plus haut point que toutes les infirmières appellent Kakashi par son petit nom. Ça ne parle que de Kakashi, euh pardon du Professeur Hatake (à associer à des petits rires de greluches) dans la salle de soins. Iruka est... Oui, il est jaloux, voilà c'est dit!
Alors qu'Iruka se dirige vers le bureau des internes, histoire d'expédier le courrier, il entend son chef de service l'appeler. Il réprime un geste d'agacement et se retourne, un sourire crispé sur le visage.
«Tu peux t'occuper des papiers de sortie de Kakashi, Iruka? On le descend en chirurgie ortho dans deux heures et ... Quelque chose ne va pas?» demande Hizashi, étonné de la mine passablement énervée de son interne.
«Je m'en occupe immédiatement» répond sèchement le jeune homme, qui tourne les talons sans plus de commentaire.
«Attends Iruka! Kakashi voudrait te voir avant de partir. Il a quelque chose à te demander apparemment.»
Iruka se raidit, et hoche la tête, avant de poursuivre sa route vers le bureau des internes. D'abord les papiers, ensuite il ira voir Kakashi, le temps de faire retomber sa frustration de le voir partir.
Hizashi ne peut réprimer un sourire en voyant son interne visiblement de mauvaise humeur ce matin. Tous les membres de son équipe sont déçus de voir partir si vite leur patient préféré. Mais pour Iruka, cela semble aller bien au delà de la déception. Sûr qu'il se trame quelque chose entre ces deux-là.
Iruka met un point final au dossier de Kakashi. Il a été rapide, rien de bien particulier ne s'étant passé pour le chirurgien durant son court passage en réanimation. L'interne dépose le dossier dans la salle de soins, et prend la direction de la chambre de Kakashi.
Le chirurgien a la jambe fixée à un petit treuil qui permet de la maintenir dans la bonne position. Et c'est apparemment assez douloureux, car le visage de Kakashi est un peu tendu.
«Salut,» lance laconiquement Iruka, «tu devrais utiliser ta pompe à morphine.»
Kakashi, un sourire crispé sur les lèvres, répond:
«J'en ai marre d'être shooté en permanence. Je préfère avoir mal, plutôt que de planer à longueur de journée.»
Le chirurgien marque une pause avant de reprendre malicieusement:
«Et je préfère avoir toutes mes facultés pour me défendre en cas d'agression physique. Les infirmières de ton service sont particulièrement coriaces!»
Le trait d'humour ne fait pas vraiment rire Iruka. Ce n'est pas le jour.
«Bon, tu voulais me voir?» répond l'interne d'un ton sec.
Kakashi lève un sourcil interrogateur. Où est passé le gentil et souriant Iruka?
«Quelque chose ne va pas?» demande donc le chirurgien.
Iruka lève les yeux au ciel.
«Mais qu'est ce que vous avez tous à me demander ça aujourd'hui? Je n'ai pas le droit d'être de mauvaise humeur de temps en temps?»
Kakashi se met à sourire, en prenant une voix volontairement féminisante.
«Oh, là, là, là, là ! Il est de mauvaise humeur, le petit maître blanc ! Je lui ai demandé s'il a bien dormi, il me répond "tu t'habilles comme une pute"(1)»
«Pardon?» répond Iruka interloqué.
«Tu n'as jamais vu la cage aux folles?»
Iruka fait non de la tête, et Kakashi lève les yeux au ciel.
«C'est décevant, vraiment décevant jeune homme. Bon, je t'ai fait venir pour te demander un truc. Mais t'es pas obligé de dire oui. Je peux trouver quelqu'un d'autre pour le faire si ça t'embête...»
Iruka pousse un soupir agacé et répond d'un ton sec:
«Arrête de tourner autour du pot Kakashi. Que veux-tu que je fasse pour toi?»
Le chirurgien offre un sourire amusé au jeune homme et reprend d'une voix douce:
«Je cherche quelqu'un pour passer voir mes chiens, leur donner à manger, et passer un peu de temps avec eux. Inoue s'en occupait jusqu'à présent, mais elle a pris un congé de deux semaines, vu que je suis coincé à l'hosto pour un moment. J'ai pensé à toi parce qu'ils ont l'air de bien t'aimer. Surtout Jack.»
Iruka ne s'attendait pas à une telle demande. D'un côté, il est heureux que Kakashi ait assez confiance en lui pour lui faire une telle demande. Il sait à quel point Kakashi accorde une grande importance à ses compagnons à quatre pattes. Mais l'interne se demande aussi comment il va gérer, avec son emploi du temps déjà surchargé. Le voyant en train de réfléchir, Kakashi reprend:
«Nan mais si ça t'embête, je peux trouver quelqu'un d'autre! Tu es très occupé et ...»
«J'accepte.»
Kakashi marque un temps d'arrêt. Il espérait bien sûr que l'interne dise oui, mais vu sa mauvaise humeur du jour, il s'attendait à ce que le jeune homme le prenne comme une corvée et râle un peu, pour le principe.
«Je passerai le soir, un jour sur deux, ça te convient?»
Kakashi acquiesce avant de reprendre:
«Les croquettes sont dans...»
«Le garage je sais. Je devrais m'en sortir ne t'inquiète pas. J'avais un chien quand j'étais petit.»
Kakashi offre un sourire rassuré à l'interne, avant de se pencher pour atteindre le tiroir de la petite table de nuit jouxtant son lit. Ce simple geste lui tire une grimace de douleur. Iruka se précipite par réflexe pour le redresser. Il ne demande pas la permission du chirurgien pour presser le bouton de la pompe à morphine. Le produit diffuse rapidement par la perfusion, et la douleur diminue progressivement, tandis que le chirurgien lance d'une voix encore marquée par la douleur:
«Merci. Tu peux ouvrir le tiroir s'il te plait? Les clés de la maison sont dedans. Prends aussi les clés de voiture, je te la prête. Comme ça tu pourras aller facilement chez moi.»
Iruka hésite. Il se voit mal au volant du coupé sport de Kakashi, mais il doit reconnaître que ce sera plus pratique en effet. Pas besoin d'emprunter la voiture d'un de ses amis à chaque fois. Tandis qu'il saisit les deux clés, Kakashi reprend:
«Tu peux utiliser la voiture autant que tu veux. Évite de la rayer, c'est tout ce que je te demande. Pareil pour la maison, tu fais comme chez toi.»
Iruka hoche la tête. La douleur semble avoir totalement cédé à présent, et Kakashi retrouve son charmant sourire au moment où il lance:
«La seule chose interdite, c'est d'utiliser ma maison pour une fête d'internat. Je les connais les loustics, s'ils apprennent que la maison est vide et que tu as les clés, ils vont forcément vouloir en profiter!»
Iruka se met à sourire maintenant.
«Pas de problème. Secret bien gardé.»
L'attention de l'interne est attirée par des bruits dans le couloir. Il pousse un soupir et se retourne vers Kakashi, en lui souriant d'un air triste.
«Je crois que votre brancard est avancé votre altesse.»
Tandis que les brancardiers entrent déjà dans la pièce, Kakashi pose discrètement sa main sur celle d'Iruka et lui murmure:
«Tu viendras me voir en chir ortho hein?»
Il laisse passer quelques secondes avant de reprendre:
«Pour me donner des nouvelles des chiens.»
Cela sonne comme une justification aux oreilles d'Iruka. Mais l'interne n'est pas dupe. Son désir de continuer à le voir durant son hospitalisation semble sincère.
Alors Iruka hoche la tête en lui offrant son si chaleureux sourire. Tandis que Kakashi quitte sa chambre de réanimation, Iruka serre les clés dans son poing. Il a une place particulière pour Kakashi. Et il vient de retrouver sa bonne humeur.
...
«Alors Kakashi, comment te sens-tu?» demande le Professeur Nara en s'asseyant à côté du lit de son patient.
«J'ai la tête dans le gaz à cause de la morphine. Mais sinon ça peut aller.»
«Ta jambe a l'air bien en place. La traction est supportable?»
«Moui» répond le chirurgien en grimaçant.
Shikaku lui offre un sourire entendu.
«Je sais que c'est douloureux. Surtout avec des fixateurs externes. Mais j'ai choisi la solution qui t'offrait les meilleures chances de remarcher.»
«Pas la peine de te justifier Shikaku. Je sais que tu as fais l'impossible pour sauver ma jambe. D'ailleurs je ne te remercierai jamais assez pour ça!»
Le chirurgien orthopédiste pose une main amicale sur le bras de Kakashi, avant de murmurer: «Tu nous as fait une sacrée peur quand même Kakashi.»
Le chirurgien laisse son regard se perdre sur le paysage derrière la fenêtre.
«Je suis désolé. C'était un accident.»
Shikaku pousse un soupir et reprend:
«Je sais. Bon, ça fait déjà une bonne semaine que le treuil est en place. Notre meilleur kiné va venir tester ta jambe pour savoir quand il pourra commencer ta rééducation. Plus tôt on commence, et moins de séquelles il y aura.»
Kakashi hoche la tête au moment où un externe entre dans la chambre.
«Ah Neji!» lance le Professeur Nara, «tu connais le Professeur Hatake bien sûr. Je veux que tu me fasses un compte-rendu de ses progrès en rééducation tous les jours avec l'aide du kiné. Vu que tu passes le concours d'internat en juin prochain, je ne te confie que Kakashi comme patient. Comme ça tu auras le temps de bosser ton concours à côté. Ca te va?»
L'externe acquiesce, trop content de l'aubaine. En gros, il va passer une petite heure à l'hôpital tous les matins, au lieu de perdre toute sa matinée. Et ça c'est du grand luxe quand on doit passer dans quelques mois le concours de sa vie, qui déterminera sa spécialité future.
Le jeune homme pose ses yeux clairs sur le patient.
«Professeur Hatake, je m'appelle...»
«Neji Huyga, je sais,» répond Kakashi en souriant. «Tu es le fiston de Hizashi. C'est dingue, j'ai l'impression de voir des Huyga partout en ce moment!»
Neji lève un sourcil interrogateur tandis que Kakashi reprend:
«Et bien ton oncle Hiashi est l'anesthésiste de mon bloc, sa fille Hinata est exerne dans mon service. Je viens de passer une semaine en Réa chir chez ton père, et maintenant je tombe sur toi. Ça fait un peu clan des siciliens votre truc.»
Shikaku se met à rire, alors que Neji, fidèle à lui-même, se contente d'esquisser un sourire discret.
«Bon allez, je vous laisse les enfants. Kakashi, sois raisonnable et utilise ta pompe à morphine si tu en as besoin.»
Shikaku sort de la chambre et Neji se tourne alors vers le chirurgien.
«Profes..»
«Neji, appelle-moi Kakashi s'il te plait.»
L'externe est un peu gêné, lui qui a toujours accordé beaucoup d'importance au respect de la hiérarchie. Mais devant le regard franc de son aîné, il finit par hocher la tête et reprendre:
«Kakashi, on va faire le premier bilan moteur avec le kiné, qui ne devrait pas tarder. En attendant, je vais tester la sensibilité de votre jambe. Ça vous va?»
«C'est toi le chef Neji. Je suis tout à toi!» lance Kakashi taquin.
L'externe examine d'abord la cicatrice qui court le long de la jambe gauche du chirurgien. Il dénombre une vingtaine de points de suture, parfaitement posés par Kankuro. La peau est encore inflammatoire mais la cicatrisation semble se dérouler correctement. Neji utilise un petit fil de nylon épais pour tester la sensibilité de la jambe. Il part de la cuisse et applique de légères pressions, Kakashi devant dire s'il sent la pression ou pas.
Le chirurgien ne peut retenir une grimace de douleur lorsque Neji arrive à la hauteur de la cicatrice. L'externe hésite à poursuivre. Mais Kakashi lui ordonne par un regard ferme de continuer. Neji teste encore le pied, puis pose son fil de nylon en déclarant:
«Niveau sensibilité, il n'y a aucun problème. C'est très bon signe à seulement une semaine de l'intervention.»
Kakashi pousse un soupir de soulagement discret. Il sait que le plus dur reste à venir, mais la moindre bonne nouvelle sur son état lui remonte le moral.
La porte de la chambre s'ouvre pour laisser apparaitre un jeune homme brun portant une cicatrice de brûlure sur la joue gauche.
«Bonjour!» lance l'homme en chantonnant, «je suis Raido, votre kiné. Je suis sûr qu'on va faire un très bon boulot ensemble!»
L'enthousiasme du jeune homme fait sourire Kakashi. Il semble avoir de la motivation à revendre.
Neji s'écarte un peu du lit pour laisser passer Raido. Le kiné examine consciencieusement la jambe d'un air pensif. Au bout de quelques secondes, Kakashi finit par demander:
«Euh, il y a un problème?»
Raido lève un regard amusé vers le chirurgien et répond:
«Non, je me disais juste que les fixateurs vont vous laisser une cicatrice marrante, en forme de patte de chien.»
Kakashi fixe le kiné avant d'éclater de rire, ce qui déclenche immédiatement une douleur violente dans sa jambe. Des larmes de douleur perlent à ses yeux tandis qu'il tente de maîtriser la douleur. Neji est tétanisé, mais déjà Raido se précipite pour envoyer une dose de morphine à Kakashi via la pompe.
Le kiné pousse gentiment le chirurgien pour qu'il se rallonge dans son lit, et commence à masser doucement ses épaules en remontant vers le cou et les tempes. La douleur s'estompe et Kakashi pousse un soupir de soulagement. Raido reprend sur un ton très professionnel, tranchant avec le ton joyeux qu'il avait jusqu'à présent:
«On va prendre notre temps pour cette rééducation. Le but est de vous faire remarcher, pas de vous torturer. Aujourd'hui je vais me contenter d'évaluer votre motricité de base. Cela me permettra de vous concocter un programme de rééducation personnalisé. Il va falloir bosser, Kakashi, mais je vous garantis que vous allez remarcher.»
L'assurance du kiné remonte encore le moral de Kakashi d'un cran. Il apprécie vraiment la sollicitude de chacun depuis son accident. Le chirurgien sait que les semaines à venir vont être éprouvantes. Il ferme les yeux quelques secondes. Quand il les rouvre, la volonté est la seule chose que l'on peut lire dans ses yeux sombres.
...
A l'internat, les conversations vont bon train dans le réfectoire. Pour les internes, les choix de stage arrivent à grands pas. Et pour les externes les plus âgés, c'est le concours d'internat qui se profile à l'horizon.
Shikamaru et Choji arrivent enfin à atteindre une table vide. Les externes s'affalent tous les deux dans un soupir. La chirurgie cardio-thoracique sans le chef de service, c'est un peu comme un zoo dont on aurait ouvert les cages. Yamato est sensé assurer la chefferie le temps que Kakashi revienne. Mais il n'a pas le charisme, ni l'envie de s'investir dans ce rôle. Il se contente de faire la paperasse et d'organiser les plannings du bloc. Du coup, le service est un joyeux bordel, et les externes passent leur temps à chercher les dossiers perdus, à courir après les bilans biologiques, tout en tentant d'assister à des interventions au bloc. Les externes de chirurgie cardio-thoracique sont un peu abandonnés à leur sort pour ainsi dire.
Shikamaru et Choji, qui se sont assurés la validation de leur stage, se la coulent douce, tandis que Sai et Hinata tentent de ne pas céder à la panique dans le service.
Shikamaru lève les yeux vers Choji, qui a déjà dévoré la moitié de son assiette, puis lance un regard circulaire dans le réfectoire.
Une vraie fourmilière.
L'externe saisit négligemment le journal du jour, et parcourt les premières pages rapidement. Il s'apprête à refermer le journal quand son attention est attirée par un tout petit article.
Il est question de l'ouverture d'un laboratoire de recherche dans le Nord du pays. Rien de bien palpitant. Mais une simple phrase fait frémir l'externe.
«Le petit laboratoire privé assure être à l'orée de découvertes prometteuses pour la médecine, notamment dans le domaine de la génétique.»
Shikamaru approche son visage au plus près de la petite photo qui accompagne d'article. Sur le fronton du bâtiment, perdu au milieu des champs, il distingue un logo qui semble représenter un serpent enroulé autour d'un tube à essais. L'externe note soigneusement les informations, avec la ferme intention de faire quelques recherches sur ce laboratoire. Il a depuis bien longtemps appris à se méfier des coïncidences.
...
En ce premier jour de Septembre, voici de nouveau les internes réunis dans le grand amphithéâtre de l'hôpital. Iruka n'a pas vu le temps passer. Il y a un an, il était comme ces nouveaux internes, tremblant de peur à l'idée de débuter son internat, terrorisé par les paroles de la directrice.
Aujourd'hui, il est plus serein, d'autant que Tsunade leur ressort, à quelques mots près, le même discours succinct que l'année précédente. Iruka se laisse porter par la voix du chef de l'hôpital et se remémore ce même jour, il y a un an.
«Je suis Iruka Umino, première année. Et toi, comment tu t'appelles?»
«Ca, je peux pas te le dire. Si je te le dis, tu vas le répéter à tes copains et je vais tout le temps les avoir au téléphone» (2)
Kakashi Hatake. Le grand absent aujourd'hui. Si on lui avait dit que, un an plus tard, il en serait là avec le chirurgien. Où en sont-ils tous les deux d'ailleurs? Incapables de communiquer, fonctionnant uniquement à l'instinct. Iruka envisage sérieusement de prendre le stage de chirurgie orthopédique. Outre le fait qu'il doive faire un deuxième stage dans un autre service que la cardio-tho, il a du mal à accepter d'être loin de Kakashi, alors que celui-ci est hospitalisé.
Tout à ses pensées, il n'entend pas Genma lui murmurer:
«Iruka, allez on doit descendre.»
L'interne réagit finalement lorsque son ami lui envoie un coup de coude dans les côtes.
Tandis que les deux internes suivent le mouvement des internes de chirurgie, Genma glisse à son oreille:
«Bon, je suppose que tu prends la cardio-tho, Iruka.»
L'interne tourne un regard blasé vers son ami.
«Je sais pas, je peux aussi me débarrasser de mon deuxième stage de chir aussi.»
Genma fronce les sourcils.
«D'habitude, on le garde pour plus tard celui-là. Tu risques de ne pas pouvoir faire tes trois dernières années complètes en cardio-tho. Tu sais comment ça se passe non?»
«Techniquement, pour faire cardio-tho, je n'ai besoin de faire que trois ans et demi dans le service. Donc même si je suis obligé de faire un troisième stage hors cardio-tho, c'est envisageable.»
Genma finit par secouer la tête, d'un air pensif.
«Iruka,» reprend-t-il d'une voix ferme, «ne choisis pas la chir ortho pour être avec Kakashi. Tu dois d'abord penser à toi, à ta carrière. Tu as la chance de savoir depuis le début quelle spécialité tu veux faire. Regarde Izumo, il va devoir choisir un troisième stage différent ce semestre. S'il ne se décide pas vite, il ne pourra pas vraiment choisir sa spécialité.»
Iruka soupire. Il sait que son ami a raison.
«Et toi, Genma, tu vas choisir quoi?»
«Je crois que j'ai trouvé ma voie. Je reprends chirurgie viscérale.»
«Sans déconner?»
«Ouais, j'ai découvert ma vocation!» répond l'interne, un large sourire lui barrant le visage.
«Quand je pense qu'i peine six mois, tu tremblais de peur devant Zabuza!» rétorque Iruka en levant les yeux au ciel.
Genma se met à rire en s'installant dans la salle de choix.
Iruka voit Kankuro choisir de nouveau la cardio-tho. Il sait que sont aîné veut faire cette spécialité. Il a respecté à la lettre le schéma pour accéder à la chirurgie cardio-thoracique. Et à la fin de l'année, il aura probablement le poste de chef de clinique dans le service. Iruka a encore quatre ans d'internat à faire. Et Kankuro finira son clinicat dans trois ans. Si un interne décide de choisir également la cardio-tho avant Iruka, il prendra la suite de Kankuro, et lui se retrouvera sur le carreau, à devoir faire son clinicat dans un autre hôpital.
Hors de question. Genma a totalement raison. C'est son avenir à l'hôpital central de Konoha qu'il joue là. Son avenir auprès de Kakashi aussi finalement.
Genma pousse un soupir de soulagement lorsqu'il entend Iruka prendre le stage de chirurgie cardio-thoracique. Lui-même choisit la chirurgie viscérale, tandis qu'Izumo s'oriente vers la chirurgie orthopédique.
Iruka réprime un tressaillement lorsqu'il entend son ami choisir. Non, il a fait le bon choix.
Les internes quittent la salle et rejoignent leurs services pour reprendre leur travail.
La semaine prochaine, Iruka retrouvera l'équipe de chirurgie cardio-thoracique avec plaisir.
Kankuro s'approche de l'interne et pose une main amicale sur son épaule.
«On se retrouve alors, Iruka?» lance-t-il dans un sourire.
«Il faut croire oui» répond sobrement le jeune homme.
«Écoute Iruka,» reprend l'interne en chuchotant, «je suis le seul de ma promo à vouloir faire cardio-tho, mais ça va être un peu plus compliqué pour toi. Tu vois les deux gars là -bas? Ils vont être avec nous en stage, et ils veulent tous les deux faire cardio-tho. Ils sont dans la même année que toi, donc vous allez être en concurrence directe.»
Iruka jette un coup d'œil aux deux internes qu'il ne connait que de vue. Il ne comprend pas trop où Kankuro veut en venir en fait, et lève un regard interrogateur vers son collègue. Kankuro le pousse vers la sortie en continuant de murmurer:
«Je te dis ça pour te prévenir. Je les sens pas ces gars. Je pense qu'ils vont essayer de te faire des coups de pute pendant le stage. Alors méfie-toi ok?»
Iruka hoche la tête. Alors voilà, on y est. Deuxième année d'internat qui commence, et la guerre des internes débute déjà.
Iruka est bien décidé à ne pas se laisser faire.
...
«Naruto, viens manger!»
Allongé sur son lit, le jeune homme pousse un soupir. Il tient à bout de bras la photo qu'il a montrée au Professeur Hatake il y a une bonne semaine, juste avant son accident. Celle où le chirurgien porte le bracelet qu'il a lui même au poignet à présent. Naruto n'est pas idiot. Et la réaction de Kakashi à la vue de la photo a été plus qu'explicite.
Le jeune homme n'en veut à personne. Il a toujours eu cette capacité de se mettre à la place des autres avant de porter un jugement. Il sait depuis bien longtemps déjà que ses parents n'étaient pas ce que l'on peut considérer comme un couple idéal. Mais la haine que sa mère porte à l'ensemble de l'hôpital ne semble absolument pas s'être atténuée. Plus de vingt ans se sont écoulés, mais sa rancoeur est toujours aussi tenace.
Ce qui gêne Naruto, au fond, c'est cette colère justement. Pas de la tristesse, de la colère. Le jeune homme a compris, avec la photo, et avec la réaction du Professeur Hatake. Les yeux du chirurgien lui ont renvoyé une telle détresse quand il lui a montré le cliché, qu'il s'en est presque voulu d'avoir ravivé des souvenirs a priori très douloureux.
Naruto ne peut s'empêcher de penser que cette réaction, c'est sa mère qui aurait dû l'avoir. Au lieu de cela, elle ne semble éprouver que de la colère. Même après vingt ans.
Et quelque part, Naruto se sent un peu coupable aussi. L'accident de Kakashi est survenu quelques heures à peine après leur conversation. La coïncidence est un peu grosse quand même.
Le jeune homme se redresse, la détermination se lisant dans ses yeux.
Il descend dans la cuisine. Sa mère chantonne en faisant revenir des petits légumes dans une poêle. Elle se retourne et pose un regard affectueux sur son fils. Mais elle se raidit instantanément en voyant le regard dur de son fils.
«Quelque chose ne va pas mon chéri?» demande-t-elle.
Le blondinet se contente de lui tendre la photo qu'il tient encore en main.
Et Kushina sent un frisson de colère parcourir son dos. Encore cette histoire! Mais Naruto ne lui laisse pas le temps de s'énerver. Pour la première fois, il attaque en premier:
«Maman, je suppose que tu es au courant que le Professeur Hatake a eu un grave accident de moto la semaine dernière?»
La mère de Naruto hausse les épaules avec dédain.
«Oui, et alors?»
«Il l'a eu juste après que je lui montre cette photo» reprend Naruto d'une voix glaciale.
«Mais qu'est ce que tu racontes? Il roulait probablement trop vite c'est tout. Ne va pas t'imaginer que tu es responsable de cet accident mon chéri. Le Professeur Hatake est un imbécile, qui se croit supérieur aux autres, comme la plupart des chirurgiens de cet hôpital d'ailleurs. Il n'a pas mérité sa place de chef crois-moi. Ton père doit se retourner dans sa tombe à l'heure actuelle, en voyant ce minable à la tête de son service.»
«Je ne crois pas» murmure sobrement Naruto avant de se lever.
Il s'attendait à cette réaction de la part de sa mère. Il aurait aimé qu'elle crache enfin ce qu'elle avait sur le cœur, mais elle se mure dans cette rancœur contre l'hôpital, contre Kakashi.
Naruto peut comprendre la réaction de cette femme bafouée. Mais il souffre de la voir se complaire ainsi dans sa haine. Il aimerait tant aider sa mère à tirer un trait sur ce passé douloureux. Les pièces du puzzle s'assemblent petit à petit devant les yeux de Naruto. Les non dits, les secrets, les sentiments inavoués gangrènent la situation depuis plus de vingt ans.
Naruto n'a pas dit son dernier mot cependant. Il est bien décidé à crever l'abcès, coûte que coûte.
Tandis que l'externe fait mine de remonter dans sa chambre, sans avoir mangé, Kushina s'assoit en soupirant. Elle sait que sa colère est disproportionnée, mais elle n'a jamais digéré cette histoire. Malgré sa part de responsabilité, elle a préféré rejeter la faute entière sur l'hôpital, et sur Kakashi Hatake. Tout en cet homme la dégoûte: sa beauté, sa réussite, son statut au sein de l'hôpital, sa popularité. Elle avait tout cela avant, elle aussi. Grâce à la notoriété de son mari défunt. Elle a tout perdu, par sa faute. Elle s'est entièrement reconstruite, avec un gamin sur les bras en plus. Minato lui a laissé de l'argent certes. Mais elle aurait voulu plus, elle aurait voulu une revanche, une punition pour cet homme.
Kushina sent de nouveau la colère monter en elle. Saisissant son téléphone, elle compose un numéro, et sourit lorsqu'elle entend la voix étonnée d'un homme lui répondre au bout du fil.
«Allo?»
«Salut, c'est Kushina.»
«Et bien en voilà une surprise!»
«Je voulais juste te tenir informé d'une chose. Kakashi Hatake a eu un grave accident de moto. Il est hospitalisé depuis une semaine.»
Silence à l'autre bout du combiné.
«Et tu m'as appelé juste pour me dire ça?»
«Je pensais que tu serais content de le savoir.»
Kushina raccroche après avoir prononcé ces derniers mots. Elle sait que son interlocuteur ne résistera pas. La meilleure façon de faire s'écrouler le petit monde idyllique de Kakashi Hatake, c'est de le faire intervenir lui, qui est d'une certaine façon à l'origine de tout. Le chirurgien est particulièrement vulnérable en ce moment.
Soigner le mal par le mal.
Un sourire mauvais barre le visage de Kushina. Elle tient enfin sa vengeance. La vie de son pire ennemi va s'écrouler. Elle n'en sera pas directement responsable, mais elle savoure déjà sa victoire prochaine.
...
Kakashi s'ennuie. Entre ses séances de rééducation, particulièrement douloureuses, il ne se passe rien. Il a l'impression de perdre son temps. Les nouveaux internes de son service sont venus se présenter. Enfin, nouveaux pour deux d'entre eux seulement. Le chirurgien est content que Kankuro et Iruka aient de nouveau choisi la chirurgie cardio-thoracique.
Il a aussi reçu la visite des membres de Mescaline. Et cela a ravivé son besoin de composer.
Après avoir littéralement imploré Shikaku, Kakashi a obtenu le droit de jouer un peu de guitare, mais à certaines heures seulement, et pas trop fort, de manière à ne pas déranger les autres patients.
Asuma lui a également apporté une tablette grâce à laquelle il peut composer des morceaux au piano. Le rendu est forcément peu satisfaisant, mais c'est mieux que rien.
Tandis qu'il laisse ses doigts courir sur le piano virtuel de sa tablette, le chirurgien commence à chantonner. Ces paroles, cela fait longtemps qu'il essaye de les mettre en musique. Elles sont tristes. Et personnelles. Et quand il les accompagne au piano, il ne peut s'empêcher de penser à Iruka.
Le chirurgien fredonne le début de la chanson à voix basse :
«I want to take you somewhere so you know I care, but it's so cold and I don't know where...»
La chanson murmurée emplit la chambre d'une douce mélancolie.
Kakashi finit par s'arrêter, et lève les yeux vers la porte. Il a juste le temps d'apercevoir une ombre se dissimuler derrière le mur. Le chirurgien lève un sourcil interrogateur et se replonge dans sa chanson.
A plusieurs reprises, il lève les yeux vers la porte. Il sait que quelqu'un l'écoute, discrètement, et cela le fait sourire. Il s'interrompt et lance:
«Hé! Entrez au lieu de vous cacher! Je ne vais pas vous manger!»
Il perçoit une hésitation dans l'ombre qui commence à bouger. Et finalement, il voit apparaitre un jeune homme malingre, une perfusion sur pied branchée dans son avant-bras. La pâleur de sa peau est accentuée par le noir de ses cheveux, qui retombent mollement sur ses épaules.
«Dé...Désolé, je ne voulais pas vous espionner. C'est une très belle chanson» murmure-t-il en guise d'excuse, d'une voix éraillée, avant de tourner précipitamment les talons.
«Attendez!» reprend Kakashi. «Pas la peine de vous excuser, c'est quoi votre nom?»
Le jeune homme pivote de nouveau, avant de répondre dans un souffle:
«Nagato.»
Kakashi lui offre un sourire lumineux avant de faire un geste de la main pour l'encourager à entrer. Le jeune homme pénètre dans la chambre d'un pas incertain et prend place sur l'unique chaise. Un silence un peu gêné s'installe, bientôt rompu par le chirurgien.
«Je m'appelle Kakashi.»
Nagato hoche la tête, le regard fixé sur la jambe du chirurgien.
«Accident de moto» déclare sobrement Kakashi.
Le jeune homme lui offre un sourire compatissant, presque gênant au regard de son propre état général. Kakashi n'a pas besoin d'explication pour comprendre que Nagato est atteint d'un cancer. Et s'il est en chirurgie orthopédique, cela signifie probablement que c'est un ostéosarcome. Vu son état actuel, il a du subir une chimiothérapie intensive avant l'exérèse prochaine de la tumeur. Ses chances de survie sont minces, malgré ce lourd traitement. Et Nagato semble parfaitement conscient de tout cela.
«C'est vous le chirurgien?» demande-t-il, interrompant par la même les pensées de Kakashi.
«Euh oui.»
Kakashi s'apprête à poursuivre mais le jeune patient le devance.
«C'est très beau ce que vous chantez. C'est vous qui l'avez écrit?»
Le chirurgien hoche la tête.
«Le rendu n'est pas terrible, à cause de la tablette. Ce serait bien mieux avec un vrai piano.»
Nagato semble perdu dans ses pensées, et regarde distraitement par la fenêtre.
«Il y a un piano à queue dans le hall de l'hôpital.»
Kakashi observe le jeune homme. La fatalité qui se dégage de cet être fatigué et décharné est difficilement supportable. Kakashi répond en désignant sa jambe:
«Pour l'instant, je suis un peu coincé dans ce lit.»
Lui qui râlait de sa situation il y a quelques heures à peine, se sent particulièrement gêné. Que sont quelques semaines immobilisé dans un lit, quand on sait qu'on a le reste de la vie devant soi?
Nagato n'a pas le reste de la vie devant lui. Et il le sait.
Il tourne un regard brillant vers le chirurgien. Un regard plein d'espoir.
«Quand vous irez mieux, que vous pourrez prendre un fauteuil roulant, on pourra peut être descendre dans le hall. J'aimerais beaucoup vous écouter au piano.»
Le sourire triste de Nagato entraîne un pincement au cœur de Kakashi. Le problème n'est pas vraiment sa jambe au fond, c'est de savoir si le jeune homme tiendra jusque là. Kakashi demande doucement:
«Tu as de la famille Nagato?»
Il n'est pas étonné lorsque le jeune homme secoue la tête négativement.
«Je suis orphelin. Je devais quitter l'orphelinat cette année de toute façon, parce que je serai majeur dans trois mois.»
Nagato marque une pause avant de reprendre.
«On a découvert mon cancer il y a quelques mois. J'attends mon opération maintenant.»
Kakashi hoche la tête en signe de soutien, et reprend d'une voix décidée.
«Et bien, Nagato, je te promets que je vais faire tout mon possible pour récupérer rapidement ma locomotion. Et on ira ensemble jouer du piano d'accord?»
Le visage de Nagato s'éclaire d'un franc sourire. Dans sa situation, ce sont ce genre de petits bonheurs qui font tenir les patients. Et Kakashi est particulièrement touché par ce jeune homme qui se bat malgré l'issue prévisible.
Alors que Nagato le salue et quitte la chambre, Kakashi se dit que le jeune homme a probablement cent fois plus de courage que lui, qui se morfond depuis tant d'années dans sa tristesse, sans rien faire pour s'en sortir.
Kakashi pousse un soupir las avant de reposer la tablette. Il ferme les yeux et essaye de ne plus penser à rien. Dans son esprit, une mélodie se construit peu à peu. La fin de cette chanson qui lui donnait tant de fil à retordre. Grâce à cette rencontre improbable.
...
Raido est particulièrement fier d'annoncer à Kakashi qu'ils vont enfin pouvoir le libérer de son petit treuil. En ce début de deuxième semaine d'hospitalisation dans le service de chirurgie orthopédique, Kakashi en sauterait presque au plafond de joie. Enfin s'il le pouvait. Parce que libéré de la contention ne signifie pas libéré des fixateurs externes, loin de là! Cela signifie même encore plus de rééducation, et donc encore plus de douleur.
La verticalisation progressive ainsi que la remusculation de sa jambe vont être les prochaines étapes de la rééducation.
Tandis que le kiné annonce le programme des prochaines semaines, Kakashi voit passer son nouvel ami dans le couloir d'un pas trainant. Nagato est revenu à plusieurs reprises discuter avec Kakashi. Le chirurgien lui a appris quelques trucs au piano sur la tablette, au grand plaisir du jeune homme.
Kakashi se tourne vers Raido et lui demande avec impatience:
«Bon, je peux avoir un fauteuil roulant pour quitter ce satané lit maintenant?»
Raido fronce les sourcils.
«Ce n'est pas très prudent. Ta jambe est encore fragile. Le moindre choc risque de...»
«Raido, j'en ai trop marre là. Je vais péter un plomb si je reste plus longtemps enfermé ici. S'il te plait!» rétorque le chirurgien en lui adressant un regard larmoyant des plus touchants.
Le kiné, qui a appris à connaître Kakashi, se met à rire.
«Bon d'accord, je vais voir ce que je peux faire. Mais je ne veux pas que tu passes plus de trois heures par jour sur ce fauteuil c'est compris?»
Kakashi hoche la tête, ravi d'avoir obtenu gain de cause.
L'après-midi même, le chirurgien est installé dans son fauteuil roulant. Raido a installé un système qui permet à Kakashi de maintenir la jambe gauche tendue.
«Youhou!» se met-il à crier dans le couloir sous le regard amusé des infirmières.
«Pas trop vite Professeur! Vous allez vous faire mal!»
Le chirurgien s'amuse comme un petit fou jusqu'à ce que Shikaku intervienne.
«Kakashi, arrête un peu ton cirque, tu veux? Tu vas finir pas casser l'un de tes fixateurs!»
Tandis que le chirurgien orthopédique poursuit son chemin en soupirant, Kakashi lui tire la langue comme un gosse, ce qui entraîne l'hilarité de l'équipe soignante.
Nagato s'approche de son ami et pose une main amicale sur son épaule.
«Alors ça y est, tu peux te déplacer?»
«Ouep, tu es prêt à aller jouer du piano?»
Le jeune malade hoche vigoureusement la tête, enthousiaste.
Les deux amis prennent la direction des ascenseurs.
«Tu sais, c'est grâce à toi que j'ai enfin réussi à finir cette chanson.»
«C'est vrai?» demande Nagato à la fois surpris et flatté.
Kakashi hoche la tête en souriant tandis que la porte de l'ascenseur s'ouvre sur le hall.
Les visiteurs vont bientôt arriver pour voir leurs proches dans les services. Mais à cette heure, le hall n'est pas encore très animé.
Kakashi et Nagato se dirigent vers l'entrée, où a été installé un grand piano à queue. Celui-ci a été mis en place à la demande de Tsunade. Elle invite régulièrement des artistes à venir se produire pour animer un peu l'hôpital. Les gens aiment ces petits intermèdes musicaux imprévus. Parfois, mais cela reste très rare, un patient ou un visiteur anonyme se met au piano et joue un petit morceau, puis repart tout aussi anonymement.
Quelques minutes de douceur qui font oublier leurs peines aux patients, et qui redonnent de la motivation aux soignants.
Kakashi se penche en avant et tire le tabouret du piano pour que Nagato puisse s'asseoir à côté de lui. Il s'avance avec son fauteuil et caresse les touches noires et blanches.
Il se tourne alors vers le jeune homme et lui murmure un simple:
«On y va?»
Le garçon hoche la tête, et Kakashi fait résonner les premières notes.
(Another love - Tom O'Dell)
La chanson est empreinte de cette mélancolie qui correspond si bien à Nagato. Les deux hommes semblent être seuls au monde dans ce grand hall, qui se remplit peu à peu.
Ils n'ont pas remarqué qu'une petite foule s'était amassée pour écouter Kakashi chanter.
Pris dans l'émotion, Kakashi hausse la voix, et vit sa musique.
Lorsqu'il finit le morceau, les applaudissements le font sursauter. il vient de se couper du monde avec sa chanson, et le retour sur terre le rend un peu groggy. Nagato pose une main sur son avant-bras et murmure un simple merci.
Alors que le jeune homme se lève, il est pris de vertiges et manque de tomber.
Kakashi le rattrape de justesse.
«Je crois qu'il est temps de remonter Nagato. Tu es épuisé, il faut que tu te reposes» dit le chirurgien d'une voix concernée.
Kakashi n'a pas vu, dans la foule, un jeune interne le fixer de ses yeux noisette, pendant toute la chanson. Encore bouleversé par les paroles, Iruka se demande si Kakashi a écrit ce texte en pensant à eux. Le chirurgien ne semble pas encore prêt à tourner la page de ce mystérieux Minato. Mais sera-t-il prêt un jour? Iruka pousse un soupir en voyant Kakashi s'éloigner avec ce jeune patient.
Les deux hommes remontent dans leur service et Kakashi raccompagne Nagato jusqu'à sa chambre. Juste avant de partir, il lance au jeune homme qui s'est recouché:
«Il faudra qu'on remette ça Nagato! Dès que tu seras bien en forme, on y retournera et je t'apprendrai à jouer!»
Nagato lève une main fatiguée en guise d'assentiment.
Plus tard, quand il sera en forme. Kakashi et son éternel optimisme. Cela lui fait du bien, il a envie d'y croire. Et il ferme les yeux en souriant.
...
L'équipe de nuit vient juste d'arriver dans le service. Après des transmissions rapides, les infirmières de jour filent regagner leurs pénates. Elles se retrouvent donc à deux, une infirmière et une aide-soignante, pour veiller sur les patients endormis.
les deux femmes s'installent confortablement et commencent à papoter. La première partie de la nuit est tranquille. Elles font une première tournée des chambres, pour effectuer les changes de nuit pour les patients âgés le nécessitant. Elles jettent un coup d'oeil rapide dans les autres chambres.
Kakashi, profondément endormi, n'a même pas entendu la porte s'ouvrir.
Tandis que les deux femmes rejoignent la salle de soin pour finir tranquillement la nuit, plusieurs ombres se glissent sans bruit dans le couloir de la chirurgie orthopédique. Quelques chuchotements discrets se font entendre. Le plan semble bien huilé. Si chacun respecte les ordres, la mission devrait être un succès. Deux des ombres s'approchent silencieusement de l'une des chambres, tandis que la troisième se glisse tout au fond du couloir, en prenant bien soin de passer à quatre pattes sous la vitre de la salle de soin.
Chaque service étant construit de la même façon, il a été facile de monter ce plan, en s'assurant une retraite facile.
Alors que la troisième ombre se glisse dans la salle de douche et enclenche l'eau à fond, les deux autres se postent dans un angle, en attendant la réaction des deux femmes.
Pour l'instant rien ne bouge. Les deux ombres voient leur acolyte sortir de la salle de bain et filer par la porte menant à l'escalier de secours. Tout se déroule sans accroc.
Les deux femmes n'ont pas encore entendu le bruit de l'eau, et continuent de discuter tranquillement.
Les deux ombres commencent à s'impatienter, d'autant que leur objectif se trouve dans une chambre proche de la salle de soins.
Finalement, l'une des femmes tend l'oreille et finit par se lever pour jeter un coup d'oeil dans le couloir. Elle pousse un cri affolé en voyant l'eau ruisseler dans le couloir. Sa collègue alertée la rejoint et elles filent toutes les deux vers la salle de bain.
Les ombres en profitent pour foncer. Tandis que l'une débloque les roues du lit, l'autre pose une main sur la bouche du patient avant de le secouer pour le réveiller.
l'homme se réveille en sursaut et ouvre des yeux affolés. Il reconnait immédiatement le visage de la femme qui lui maintient une main sur la bouche, tout en posant un index sur sa propre bouche, dans une demande implicite de silence. La deuxième femme jette un coup d'œil dans le couloir et voit que l'équipe de nuit est toujours occupée dans la salle de bain.
«La voie est libre!» chuchote-t-elle.
«Mais qu'est ce que vous foutez là?» finit par demander le patient, qui s'est libéré de la main de la femme.
«c'est un enlèvement!» répond la jeune femme en poussant un produit dans la perfusion de l'homme. Il a à peine le temps d'écarquiller les yeux qu'il sent l'effet de l'hypnotique agir dans ses veines.
Les deux ombres font sortir le lit et filent vers les ascenseurs. Elles ont juste le temps de disparaître avec leur victime que l'équipe de nuit revient, trempée et passablement énervée.
Elles ont perdu beaucoup de temps avec cette histoire, et se demandent encore comment la douche a pu s'allumer toute seule. Du coup, elles décident de ne passer voir que les patients ayant besoin de soins ou d'un autre change.
Alors qu'elles passent devant la chambre du Professeur Hatake, elles sont loin de se douter que leur patient vient d'être enlevé.
...
(1) la cage aux folles
(2) Beetlejuice
Une petite review? ^^
