Salut salut! Je dois vous avouer que j'ai eu énormément de mal à écrire ce chapitre, surtout la fin. Lorsque j'écris, je me mets en empathie totale avec mes héros, je fais miens leurs sentiments les plus noirs. Ce chapitre a été épuisant à écrire, j'espère sincèrement qu'il sera à la hauteur de vos attentes.

Je suis donc à la fois impatient et anxieux de connaître vos impressions.

Les trois chapitres qui viennent vont être durs psychologiquement pour vos personnages préférés. Je préfère vous prévenir.

Une dernière chose: il y aura probablement plus de fautes que d'habitude. J'ai relu le chapitre en diagonale, j'avoue. Mais je n'ai pas le courage de faire face à une relecture intensive ce soir, tant ce chapitre m'a demandé des efforts. Désolé!

Chapitre 22: Ondes de choc.

Sept heures du matin à l'internat. Devant son bol de café, Iruka essaye de se concentrer sur ce que lui raconte Izumo. Mais son esprit ailleurs. Qui est ce type? L'interne est persuadé de l'avoir déjà vu quelque part. Mais il n'arrive pas à remettre le doigt dessus. Et ça l'énerve au plus haut point. D'autant que ce connard vient de briser ses rêves. Et Kakashi, qui lui compte fleurette depuis des semaines, pour finalement tomber dans les bras d'un autre comme ça, dans un claquement de doigts. N'a-t-il décidément aucun respect pour autrui? Plus il y pense, et plus Iruka sent la colère monter.

«Hé ho, tu m'écoutes?»

Le jeune homme tourne la tête vers son ami, qui semble lui aussi passablement irrité.

«Tu disais, Izumo?»

L'interne d'orthopédie pousse un soupir fâché.

«Ça fait cinq minutes que je te dis que j'ai l'impression qu'Hana me trompe, et toi tu n'as rien écouté?»

Izumo croise les bras, visiblement vexé.

Iruka le fixe, et hausse les épaules, semblant indifférent à l'inquiétude de son ami.

«Bah tu sais ce que c'est, l'amour ça va ça vient.»

Izumo marque un temps d'arrêt, avant d'exploser.

«Comment peux-tu dire ça Iruka? Ça me rend malade cette histoire, parce que je l'aime comme un fou moi!»

«Ouais ben apparemment, c'est pas réciproque. Alors tu ferais mieux de laisser tomber tout de suite. De toute façon, l'amour c'est de la connerie en barre.»

«Mais peut être que je me fais des idées. Elle est juste distante en ce moment. Ouais c'est ça, je dois me faire des idées.»

Iruka pose un regard blasé vers son ami. Il n'est pas d'humeur à remonter le moral des troupes aujourd'hui. Encore moins si ça concerne des histoires de cœur. Et il n'a plus envie de prendre des pincettes. Alors il se lève et déclare froidement:

«Izumo, connaissant ta naïveté, si tu as des doutes juste maintenant, c'est qu'Hana doit te tromper depuis un moment. Un conseil: plaque-la avant qu'elle ne le fasse.»

Et l'interne quitte le réfectoire pour se rendre dans son service, laissant Izumo abasourdi par la violence, la méchanceté même, des propos de son ami.

Il sursaute quand Shizune pose une main amicale sur son épaule.

«Salut Izu, ça va?»

Lorsqu'il tourne un visage affligé vers elle, la jeune femme s'assied immédiatement à côté de lui et poursuit sur un ton inquiet.

«Qu'est ce qui t'arrive Izumo? Tu as parlé à Hana c'est ça?»

Le jeune homme doit se retenir de ne pas fondre en larmes. Il finit par bredouiller en hochant négativement la tête:

«Non, je... je viens de parler à Iruka de mes doutes pour Hana...»

La jeune femme hoche la tête pour l'encourager à poursuivre. Quand il lui a fait part de ses doutes au sujet de sa petite amie, Shizune l'a encouragé à en parler directement avec elle. Mais elle comprend tout à fait qu'Izumo ait pu vouloir avoir un avis masculin.

«Il... Il m'a dit qu'Hana devait me tromper depuis déjà bien longtemps.»

«Quoi?» répond Shizune interloquée. «Attends on parle bien d'Iruka là?»

«Ouais, il a dit que j'étais naïf, et que je devais la plaquer avant qu'elle ne le fasse.»

«Mais... Mais c'est odieux! Pourquoi a-t-il réagi comme ça?»

«J'en sais rien, mais c'était vraiment pas sympa. Pour lui, qu'Hana me trompe est l'évidence même apparemment.»

Shizune passe un bras autour des épaules de son ami pour tenter de le réconforter. Elle est sans voix devant la cruauté dont a fait part Iruka. L'interne paraissait joyeux ces derniers temps, il lui avait même confié que tout semblait s'arranger avec Kakashi, qu'ils étaient de plus en plus proches. La jeune femme se demande si le comportement de son ami ne cache pas une nouvelle déconvenue avec le chirurgien. Toujours est-il que ce n'est pas une raison d'être aussi méchant avec ses amis. Iruka doit faire la part des choses, sinon il risque de se retrouver rapidement isolé. Et Shizune n'est pas prête à accepter un tel comportement dans leur groupe d'amis. Ils ont toujours été, tous les cinq, aussi soudés que les doigts de la main. Ils ont tous tenu Iruka à bout de bras assez longtemps pour attendre en retour un minimum de reconnaissance. Et sûrement pas de la méchanceté gratuite comme il vient de faire preuve. La jeune femme se jure intérieurement d'avoir une bonne conversation avec son ami dès ce soir. Mais pour l'instant, elle préfère se concentrer sur ce pauvre Izumo.

A l'autre bout de la grande table, Hinata, discrète comme à son habitude, finit son petit déjeuner après une garde aux urgences. Elle se lève en silence et quitte à petits pas le réfectoire, qui commence à se remplir. Elle n'a cependant pas perdu une miette de la conversation des trois internes.

...

«Alors, vous avez lu ce que je vous ai donné?»

Kakashi quitte la fenêtre des yeux pour fixer Shikamaru. L'externe est seul, Izumo n'ayant pas voulu se déplacer jusqu'à la chirurgie cardio-thoracique aujourd'hui.

«Oui je l'ai lu» répond laconiquement le chirurgien.

«Et?» demande le jeune homme, une pointe d'impatience dans la voix.

«Et quoi?» rétorque Kakashi agacé.

«Ça sent Orochimaru à plein nez, non?»

«Probablement.»

«Probablement? C'est tout ce que vous avez à répondre? Ça ne vous inquiète pas plus que ça qu'il ait monté un laboratoire, a priori officiel, dans le Nord du pays?»

«Qu'est ce que tu veux que j'y fasse, Shikamaru? Ce n'est plus mon problème.»

«Plus votre problème?» reprend l'interne outré. «Vous savez très bien qu'il va reprendre ses horribles expérimentations, et ça ne vous fait ni chaud ni froid? Vous les avez vues, vous aussi, ces monstruosités en bocal, non!»

Cette fois, l'externe est en colère. Comment le chirurgien peut-il refuser de voir l'évidence, et surtout montrer tant d'indifférence.

«Écoute Shikamaru, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je suis un peu coincé ici, à l'hôpital, avec des broches dans la jambe. J'admire ta perspicacité, mais cette affaire a été réglée, et ne nous... Ne te concerne plus. Si tu as envie de jouer les détectives Conan, libre à toi, mais laisse-moi en dehors de ça, ok?» crache Kakashi, visiblement excédé lui aussi.

«Jusqu'à présent, j'avais beaucoup d'estime pour vous, Professeur. Mais vous me décevez beaucoup sur ce coup-là...»

Kakashi lève les yeux au ciel avant de répondre:

«Shikamaru, je ne peux rien faire! Ce laboratoire est tout ce qu'il y a de plus légal, financé par des fonds privés! Tu n'as aucune preuve qu'Orochimaru dirige quelque recherche que ce soit là bas! Tu n'as que des soupçons, et on ne condamne pas un homme sur des soupçons!»

«Pourtant, vous en aviez des preuves, mais vous avez choisi de le laisser filer, pour préserver l'hôpital et Tsunade» rétorque l'externe.

«Écoute petit, dans la vie, on fait parfois obligé de s'asseoir sur ses principes pour éviter des cataclysmes. Si on avait dénoncé Orochimaru à la police, tu ne serais peut être toi-même plus là pour poursuivre tes études dans cet hôpital, parce qu'il aurait fermé ses portes après avoir été ruiné, financièrement et de réputation. Alors tu vas bien gentiment remballer ton intégrité à deux balles, et arrêter de fouiner dans cette histoire, avant de te prendre une retour de flamme que tu n'auras pas vu venir.»

«J'ai tout à fait conscience des risques Professeur, mais je ne laisserai pas ce gars poursuivre ses horreurs. On doit bien pouvoir faire quelque chose pour l'arrêter non?»

«A part engager une bande de mercenaires pour buter Orochimaru dans une ruelle sombre, je vois pas trop non...»

Shikamaru se renfrogne. Au fond, il sait que Kakashi a raison, mais son manque de bonne volonté l'énerve.

«Allez Shikamaru, arrête de te miner pour ça. Les pourris finissent toujours par être démasqués crois-moi.»

L'externe hoche la tête, peu convaincu et quitte la chambre après avoir salué le chirurgien. Kakashi laisse sa tête reposer sur son oreiller. Mais ils ne peuvent pas lui foutre la paix pour une fois, tous autant qu'ils sont? Il a juste envie d'être peinard, de faire sa rééducation tranquille et de rentrer chez lui. Pas trop demandé, si?

Parce qu'avant que Shikamaru ne débarque, c'est Koharu qui est venue se plaindre. Toujours le même discours: manque de personnel, trop d'interventions prévues, les filles à bout de nerfs à cause des heures sup' qui s'accumulent. Qu'est ce qu'il y peut lui? C'est pas lui qui embauche après tout. Il est hospitalisé, après un grave accident, et on vient l'emmerder avec des trucs que Yamato devraient gérer.

D'ailleurs, en parlant de lui, le chirurgien vient d'entrer dans sa chambre.

«Salut Kakashi, dis-moi, ça t'embêterait de m'aider à faire le planning de bloc pour la semaine? Il y a plusieurs infirmières en arrêt maladie, et les internes ne rendent pas les choses faciles non plus...»

Kakashi lève un regard blasé vers son collègue.

«C'est ton boulot de chef suppléant ça Yamato» soupire-t-il.

«Je sais, mais là, ça me saoule. J'y arrive pas. Je sais pas comment tu fais d'habitude, mais moi, ça m'épuise!» répond Yamato, inconscient de l'état d'énervement de son supérieur.

Le chirurgien se fige sur place quand Kakashi se met à hurler:

«Mais bordel, vous pouvez pas vous démerder sans moi pour une fois! Franchement vous commencez sérieusement à me faire chier! Et puis...»

Mais le chirurgien ne finit pas sa phrase, pris par une douleur fulgurante dans la jambe gauche, qu'il vient malencontreusement de cogner dans le montant du lit.

Yamato se précipite mais Kakashi le repousse du bras.

«Va t'occuper de ce putain de service Yamato. C'est quand même pas la mer à boire. Et dis à Sasame de m'apporter un antalgique.»

Le chirurgien reste immobile, encore sous le choc de la crise de Kakashi. Celui-ci lui lance un «Allez bouge!» en agitant la main vers la porte, mais le ton de sa voix semble déjà s'être radouci.

Yamato s'éclipse en s'excusant du dérangement. En y réfléchissant, la réaction de son collègue et ami ne l'étonne pas. Il fallait bien qu'il craque à un moment. Sa position de patient, en mobilité réduite de surcroit, était vouée à lui taper sur les ners. Et finalement, ce n'est pas plus mal que Kakashi arrive à exprimer sa colère et sa frustration. Aujourd'hui, c'est un mauvais jour, et Yamato préfère aller prévenir l'équipe que leur chef adoré est de sale humeur aujourd'hui.

...

Comme tous les midis, c'est l'effervescence à l'internat. Shizune se faufile jusqu'à ses amis. Iruka manque à l'appel.

«Quelqu'un a vu Iruka?» demande-t-elle.

Aussitôt, Kotetsu réplique:

«Tu peux pas le lâcher deux minutes. Personne ne l'a vu, et de toute façon, on n'a pas envie de le voir.»

Izumo baisse le nez dans son assiette. Il a visiblement raconté sa mésaventure de ce matin.

Shizune fronce les sourcils.

«Il a sûrement une bonne explication pour ce matin, il était énervé, et Izumo est mal tombé...»

«Mal tombé? Parce que pour lui parler, maintenant, il faut choisir un moment où il est de bonne humeur c'est çà? Il y a deux jours, il était tout sourire, et aujourd'hui il est odieux. Franchement, il commence à me gonfler.»

Shizune regarde son petit ami, outrée.

«Comment peux-tu dire ça d'Iruka?»

Mais Kotetsu ne lui laisse pas finir sa phrase.

«Et toi, quand arrêteras-tu de toujours prendre sa défense? Ça devient vraiment chiant à la fin.»

Le jeune homme se lève et quitte la table en pestant, pour rejoindre ses collègues de pneumologie.

«Mais qu'est ce que vous avez tous aujourd'hui?» lance Shizune en levant les yeux au ciel.

«Mauvais karma général sur l'hôpital je pense» lance Genma qui vient d'arriver.

«Ah bon, toi aussi tu es de mauvaise humeur?»

«Je viens de passer un savon monumental à mon externe. Cette petite conne a interverti deux dossiers. On a failli ôter un rein à un gars qui venait pour une appendicite!»

Shizune et Izumo regardent leur ami incrédules, et finissent par éclater de rire. Non pas que la situation soit particulièrement cocasse, mais l'atmosphère électrique provoque parfois des réactions bizarres.

Genma se fend lui aussi d'un large sourire avant de reprendre:

«C'est dommage, elle est mignonne cette petite TenTen. Mais je pense que Zabuza la terrorise, vraiment. Elle passe son temps à regarder derrière elle, de peur qu'il ne surgisse.»

«Ah ben tu peux te moquer, tu étais comme ça aussi il n'y a pas si longtemps!»

«Ouais c'est vrai» reconnait l'interne de chirurgie viscérale. «Mais c'est fini ça, je vais jouer au poker avec lui ce soir d'ailleurs.»

«Oh!» lance Shizune dont les yeux viennent de s'illuminer. «Je peux venir?»

«Même pas en rêve» déclare Genma en grimaçant, ce qui tire un nouvel éclat de rire de la part d'Izumo.

«Pff, trouillard!» rétorque Shizune en tirant la langue mutine.

«Prends-le comme tu veux, mais ce soir, c'est une soirée entre hommes. D'ailleurs je t'emprunte Kotetsu.»

«Pas de problème, ça lui fera du bien de ne pas me voir je pense.»

Genma lève un regard interrogatif, mais sa question silencieuse est éludée par Shizune qui reprend déjà:

«Tu devrais y aller aussi Izumo, ça te changera les idées.»

L'interne hoche la tête.

«Et Iruka...»

Mais le regard noir de son ami fait comprendre à Genma que le sujet est toujours aussi sensible que ce matin.

Les amis décident de changer de sujet. Personne ne verra Iruka ce midi, l'interne ayant décidé de manger sur le pouce à la cafétéria de l'hôpital. Lui aussi est de mauvaise humeur, ça tout le monde l'a compris. A commencer par ses collègues internes, et surtout Neji, qui s'est vu confier l'ingrate tache de classer tous les dossiers de son interne avant la fin de la matinée.

Il y a des jours, comme ça, où tout le monde ferait mieux de rester couché!

...

Iruka s'étire avant de se lever de sa chaise. Pas qu'il ait eu spécialement envie de rester traîner dans le service de chirurgie cardio-thoracique si longtemps pourtant. Mais il espère qu'à cette heure, il ne croisera aucun de ses amis et pourra filer directement dans sa chambre. Aujourd'hui, il a revu l'homme qui a embrassé Kakashi. Le type est arrivé juste avant que Kakashi ne remonte de sa rééducation, et est resté jusque tard après l'heure des visites. Tandis qu'Iruka se décide enfin à quitter le petit bureau des internes, il tombe sur Sasame, de service ce soir.

«Tiens, tu es encore là Iruka? Les chefs ne vous épargnent pas hein?»

«Ouais, de vrais esclavagistes» répond Iruka en souriant, avant de prendre la direction de la sortie.

Mais comme mû par un instinct de combattivité, il se retourne juste avant que la jeune femme ne disparaisse de sa vue.

«Sasame!» appelle-t-il, «Tu connais le nom du gars qui vient voir Kakashi depuis deux jours?»

«Bien sûr! C'est Obito Uchiwa. Il était interne ici, en même temps que Kakashi je crois. Ce sont des amis d'enfance d'ailleurs.»

«Ah ok» répond l'interne, tandis que Sasame reprend:

«Obito est chirurgien cardio-thoracique lui aussi. Dans la clinique privée qui se trouve sur les bords des quais en ville. Il n'y avait qu'une seule place de chef de clinique à l'époque, et comme Kakashi l'a eue, Obito a du partir. Mais ils ont l'air de toujours aussi bien s'entendre ces deux-là.»

Tu m'en diras tant! dit la petite voix qui résonne dans la tête d'Iruka.

«Bon allez, je me sauve, bonne soirée Sasame!»

Iruka quitte finalement le service en se demandant comment il a pu passer à côté de ça. Deux jours qu'il cherche où il a bien pu croiser ce type. En fait, il l'a sous le nez à chaque fois qu'il va chez Kakashi. La photo sur le piano: Kakashi, une jeune femme et ce fameux Obito. Les trois amis d'enfance.

Enfin, plus qu'amis a priori, pour ce qui est de Kakashi et d'Obito.

Iruka secoue la tête. L'affaire est close, Kakashi a visiblement fait son choix. Il va devoir passer à autre chose, et vite. Se concentrer sur son travail par exemple. Et s'il a le malheur de croiser Kakashi, il l'ignorera, comme il aurait toujours du le faire. Il continuera à s'occuper des chiens de Kakashi, parce qu'il s'y est engagé. Mais ça s'arrêtera là.

...

Dans le hall, une petite troupe s'est formée autour de Kakashi et de Nagato. Depuis plusieurs jours, les deux amis passent quasi quotidiennement jouer un peu de piano ou de guitare.

C'est même devenu une sorte de petite attraction pour quelques patients des autres services.

Tandis que Kakashi accorde sa guitare, Nagato laisse courir ses mains sur le piano, avant de lancer d'un air innocent:

«Tu ne me parles plus trop d'Iruka en ce moment.»

Kakashi fronce les sourcils.

«Bah, ya rien à dire c'est tout.»

«Pourtant ça avait l'air de bien avancer entre vous deux non?»

Le chirurgien arrête de manipuler l'une des clés de son instrument pour fixer son jeune ami.

«J'ai lâché l'affaire avec Iruka. Trop compliqué. Et puis je dois me concentrer sur ma rééducation, pas le temps pour ces conneries d'adolescent.»

Nagato hoche la tête, et laisse passer quelques secondes, avant de reprendre:

«C'est dommage.»

Kakashi pousse alors un long soupir d'agacement.

«Tu veux bien arrêter de parler de ça Nagato! On est là pour jouer, oui ou non?»

Le malade hoche de nouveau la tête, et offre un charmant sourire à son ami.

«Ok j'arrête. Mais je trouve que tu t'emportes rapidement depuis quelques temps.»

Kakashi baisse la tête, et semble réfléchir à ce qu'il va répondre.

«La rééducation me fait un mal de chien. Et j'en ai marre d'être à l'hôpital. J'en ai marre de ces broches, j'en ai marre de voir du monde tous les jours défiler dans ma chambre. J'en ai marre de cette situation de merde, voilà. Content?»

Nagato lui offre un nouveau sourire, compatissant cette fois.

«Alors jouons, ça te changera un peu les idées» se contente-t-il de répondre.

Kakashi semble satisfait de pouvoir enfin clore cette discussion. Il place sa guitare sur son genou et commence à faire vibrer les cordes.

(Circles - Passenger)

La chanson est mélancolique, à l'image de l'humeur du chirurgien. Nagato ne sait pas à qui elle est adressée, mais l'émotion émanant de Kakashi semble ne laisser personne indifférent. Le silence s'est installé dans le hall, malgré les allers et venues des visiteurs et des patients. Le chirurgien ferme les yeux, se laisse emporter par sa chanson. Il rouvre les paupières quand il entend résonner quelques notes de violon. Une jeune femme se tient debout devant lui et improvise sur la chanson. Et l'ensemble est magnifique. Le guitariste et la violoniste s'observent, reconnaissant la même lueur de tristesse dans leurs regards. Ils se sourient, communiquent à travers ce merveilleux langage qu'est la musique. Quand ils s'arrêtent, les applaudissements sont discrets, comme pour ne pas briser la magie de cette petite parenthèse d'émotion. Quelques personnes, assises en tailleur devant Kakashi et Nagato, réclament déjà une autre chanson. Kakashi sourit et fait signe à la violoniste de s'approcher. Il lui murmure une mélodie et l'invite à jouer. La jeune femme lui sourit, et fait lentement glisser son archet.

(Things that stop you dreaming - Passenger)

Kakashi laisse la violoniste anonyme faire une jolie introduction avant de se mettre à chanter. Il est dans son monde, dans sa bulle, dans son univers. Chaque pore de sa peau semble laisser transpirer le mélange d'impressions contradictoires qui ne le quittent plus depuis le retour d'Obito. Son plus vieil ami. Il a tout partagé avec lui, des joies, des peines et des tempêtes. Obito a toujours été là, jusqu'à la mort de Minato. Il a alors disparu, sans un mot, sans un geste, sans un adieu. Mais il était toujours là, dans un coin de sa tête, cet ami à qui il confiait tous ses secrets, cet ami qui trouvait toujours le mot pour le remettre sur les rails, pour le pousser vers ses rêves. Aujourd'hui, alors que tout semble vouloir s'effondrer, Obito est réapparu, comme par magie. Kakashi se plait à croire qu'Obito a senti sa souffrance, qu'il a entendu ses cris de détresse. On lui a déjà dit qu'Obito était malsain, que sous son sourire charmeur se cachait un monstre. Mais lui n'en croit pas un mot. Parce qu'Obito a toujours répondu présent. Au diable ses collègues de l'hôpital, au diable la raison et au diable Iruka. Obito lui a encore dit hier: «fais ce que tu veux, quand tu veux, avec qui tu veux. Peu importe les conséquences, brûle ta vie. Nous n'avons pas changé, nous sommes deux jeunes loups et nous mettrons le monde à nos pieds.»

Et Kakashi a besoin de ça. A cet instant, il a besoin de se sentir vivant. De se sentir aimé aussi. L'affection n'est pas suffisante, c'est de la passion dont il a vraiment besoin.

Au moment où il termine sa chanson, il a une pensée pour Iruka. Il l'a désiré, il l'a eu. Point barre. Ne pas s'enchaîner. Jamais. Encore un leitmotiv d'Obito.

Kakashi lève les yeux vers son petit public et sourit. Sous les apparences, de la souffrance. Encore et toujours. Les relations humaines sont tellement compliquées. Le seul moyen de survivre, c'est de ne jamais s'attacher. Jamais.

Et Kakashi sourit quand il repose sa guitare, parce que les gens laissent échapper des murmures de frustration. Donner juste ce qu'il faut pour leur donner envie de revenir. encore un précepte d'Obito.

«C'est fini pour aujourd'hui» annonce-t-il d'une voix malicieuse. «Mais on reviendra vite, n'est-ce-pas Nagato?»

Le jeune homme acquiesce mais son regard est triste. Son nouvel ami est en train de partir sur un mauvais chemin. Il aimerait l'aider, car il sait que Kakashi est une belle personne, mais il sait aussi que le chirurgien ne pourra remonter que lorsqu'il sera vraiment au fond. Nagato espère juste être encore de ce monde pour pouvoir tendre la main à Kakashi, lorsque le moment sera venu.

...

Une petite bombe vient de tomber sur l'hôpital. C'est LE sujet du moment à l'internat. Sur toutes les lèvres, on ne parle que de ça. Certains avec peur, la plupart avec malice, et d'autres enfin avec déférence.

Un blog. Qui parle de l'hôpital central de Konoha. Ou plutôt des employés de l'hôpital. les réflexions dans le dos, les coups bas, les relations extra couples-officiels, ce blog semble se placer en garant de la moralité de l'établissement. Certaines révélations sont particulièrement croustillantes, comme cette partie de jambes en l'air entre un médecin des urgences et une infirmière de dermatologie, mariée de surcroit. A voir la tête de l'urgentiste à l'internat, l'information semble véridique. On rit de ces révélations, mais le malaise est également palpable. En effet, rien ne semble pouvoir échapper aux auteurs de ce blog. Les chevaliers de l'ombre de la probité et de la morale apparemment.

Sakura ne tient pas en place, les yeux fixés sur son écran de portable.

«Mais c'est énoooorme! Tu te rends compte Hinata? Les auteurs de ce blog vont se faire tuer s'ils sont découverts! Regarde ça, apparemment Yugito, qui était avec Kimimaru, le trompe depuis plusieurs semaines avec un médecin de rhumatologie. Et la réflexion de Tsunami, l'interne de cardio, qui aurait traité les chirurgiens viscéraux de barbares pires que des bouchers! Elle ne sort pas avec un interne de chir visc justement?»

Hinata se contente de hocher la tête, peu sensible à ce genre de potins.

«Ah et là!» poursuit l'externe de gynécologie, «Les auteurs auraient les preuves d'une relation entre Temari, c'est mon interne! avec Hana Inuzuka. Je le savais!»

«Tu savais quoi?» demande Kiba d'un air blasé.

«Que Temari préférait les filles!» couine Sakura en poursuivant sa lecture.

«Je ne vois pas trop l'intérêt de ce blog» lâche Shino, le collègue de Sakura en gynéco. «Balancer des ragots sur la place publique, je ne trouve pas ça très noble.»

«Ce qui n'est pas très noble, c'est de se comporter comme le font les internes et les médecins de cet hôpital» rétorque Sai.

Les regards se tournent vers lui, et le jeune homme se sent obligé d'ajouter:

«On récolte ce que l'on sème.»

«Mais si ça tombe, rien de ce qui est raconté n'est vrai.»

«Les auteurs affirment avoir vérifié toutes les infos. Et vues les réactions,» poursuit Sakura en jetant un regard circulaire dans le réfectoire, «je pense qu'ils disent vrai.»

«Je... Je pense que ça fera peut être réfléchir les gens, avant de faire n'importe quoi» murmure Hinata d'une voix timide.

Kiba fait la moue.

«Pas sûr, ça va sûrement provoquer des belles bastons à mon avis!»

«Je suis d'accord avec Hinata» répond Sai, «Les gens seront plus respectueux les uns envers les autres s'ils savent qu'ils peuvent être pris la main dans le sac.»

«Mouais, je crois surtout qu'ils vont mieux se planquer pour faire leurs saloperies» rétorque Kiba.

«Toujours est-il que ce blog fait déjà des victimes» reprend Shino en pointant le petit salon d'où s'élève une dispute, dont chaque personne de l'internat peut profiter.

«Comment as-tu pu me faire ça, Hana?»

«Mais, mais... Je suis désolée Izumo! C'est arrivé comme ça. Ça ne signifie rien!»

«Peut-être que ça ne signifie rien pour toi, mais pas pour moi! je t'aimais moi, vraiment! Tu... Tu me dégoûtes!»

«Ola, tout doux, pas la peine de s'énerver comme ça!»

«Toi la bouffeuse de chatte, on t'a pas sonné, ok? Dégage de là avant que je te colle mon poing dans la gueule!»

«Écoute Izu...»

«Ne m'appelle pas Izu!»

«Izumo, je suis désolée. On était saoules... Oui je sais, ce n'est pas une excuse mais...»

«Tu sais quoi, j'espère que tu seras très heureuse avec ta nouvelle copine, mais ne t'avise plus jamais de m'adresser la parole.»

Izumo, rouge de colère, traverse le réfectoire et monte dans les étages pour s'enfermer dans sa chambre. Le bruit de sa porte qui claque résonne encore dans la pièce lorsque les visages se tournent de nouveau vers Hana, que Temari tente maladroitement de consoler. Mais la main de l'interne de gynécologie est violemment balayée par celle d'Hana, qui pleure maintenant à chaudes larmes.

«Toi non plus, ne t'approche plus de moi!» lance la toute nouvelle chef de clinique de Neurochirurgie en poussant sa partenaire d'un soir pour s'enfuir elle aussi vers sa chambre.

Le groupe d'externes regarde la scène sans oser broncher, tandis que des murmures s'élèvent déjà dans la salle. Hinata a de la peine pour Hana. Elle avait l'air très malheureuse. Mais la jeune Hyuga ne peut s'empêcher de penser que la jeune femme n'a fait que récolter les fruits de sa conduite déplacée.

Le plus à plaindre finalement, c'est ce pauvre Izumo. Ses soupçons se sont donc avérés justifiés. Mais il aurait vraiment aimé l'apprendre autrement que par le biais d'un blog. Et il aurait aussi aimé ne pas laver son linge sale en public. C'était plus fort que lui. Quand il a vu Hana débarquer tout sourire aux côtés de Temari, il n'a pas pu se retenir, malgré les tentatives de Shizune et Genma.

Et maintenant il pleure toutes les larmes de son corps, la tête enfouie dans son oreiller. Iruka avait raison finalement. Il est bien naïf. Comment a-t-il pu croire un instant que la chef de clinique de neurochirurgie pourrait sortir avec un looser comme lui?

Quand quelqu'un frappe à sa porte, il fait le mort. Pas envie de parler, encore moins de se faire consoler.

Izumo est l'une des premières victimes de ce blog diabolique. Et sûrement pas le dernier.

...

Iruka pousse un soupir devant la porte. Rester courtois et ne pas s'attarder. Il frappe et entre dans la chambre de Kakashi. Celui-ci semble pensif, les yeux rivés sur la fenêtre.

«Salut» lance sobrement Iruka.

Le chirurgien tourne lentement la tête, et lui sourit tristement.

«Salut» répond-t-il simplement.

Difficile de trouver quelque chose à dire, l'ambiance est bizarre en fait. Iruka se décide finalement, n'ayant pas envie de rester trop longtemps en présence de Kakashi.

«Je venais te donner des nouvelles des chiens. Ils vont bien, et n'ont pas fait d'autres bêtises.»

«Cool! C'est vraiment gentil de t'en occuper. Il reste encore des croquettes?»

«Oui, mais il faudra que j'aille en racheter à la fin de la semaine je pense.»

«Ok, je vais te donner ce qu'il faut.»

Kakashi se penche vers sa petite table de nuit pour saisir son portefeuille. Il le fait cependant maladroitement tomber aux pieds d'Iruka. L'interne le ramasse et lui tend. Leurs doigts se frôlent.

«Iruka, écoute, je...»

Le chirurgien est malheureusement interrompu par l'arrivée d'Obito. Juste au moment où Kakashi s'apprêtait visiblement à lui donner une explication sur son comportement distant de ces derniers jours. L'homme dépasse l'interne sans lui prêter la moindre attention et s'approche de Kakashi. Il lui offre une accolade, et ébouriffe les cheveux argentés d'un geste affectueux. Il commence à demander des nouvelles du patient mais Iruka se racle la gorge, pour lui rappeler sa présence.

«Les visites ne sont pas autorisées le matin, Monsieur» déclare-t-il fermement.

Obito ne peut s'empêcher de sourire. Ce gamin a de l'audace, et il aime ça. Mais c'est Kakashi qui répond finalement:

«Obito a des passe-droits ici, Iruka. Il a fait son internat de cardio-tho dans le service. Donc il est un peu comme chez lui.»

Le ton est doux, comme pour apaiser la tension silencieuse qu'il a vu naître entre les deux hommes. Son meilleur ami, son ancien amant. Cocktail explosif, à désamorcer avec prudence. Mais Obito, en parfait pacificateur, se lève et tend une main à Iruka en disant:

«Salut Iruka, je m'appelle Obito Uchiwa. Je suis ravi de faire ta connaissance!»

Iruka hésite, il se sait observé par Kakashi. Il finit par serrer la main tendue.

«Et bien, et bien, ils ont l'air de moins s'amuser que nous les internes actuels. Tu ne serais pas trop dur avec eux quand même Kashi?»

Le chirurgien se met à rire.

«Non, ils sont juste concentrés sur leur travail. Surtout Iruka. C'est un très bon interne, il fera un remarquable chirurgien cardio-thoracique.»

Allez, Kakashi a décidé de lui envoyer des fleurs gratuitement aujourd'hui. Si c'est pour se faire pardonner d'avoir de nouveau mis de la distance entre eux, c'est peine perdue. Iruka lui en veut toujours, et la présence d'Obito n'arrange rien.

«Justement, je dois retourner travailler.»

«Tiens, prends ça pour les chiens" a juste le temps de répondre Kakashi en lui tendant quelques billets.

Iruka hoche la tête en se saisissant de l'argent et quitte la chambre, sans rien ajouter de plus.

Obito se tourne alors vers Kakashi et demande:

«Les chiens?»

«Oui, j'ai demandé à Iruka de s'en occuper pendant que je suis à l'hôpital» répond laconiquement Kakashi, qui se doute cependant qu'Obito ne va pas en rester là.

D'ailleurs, ceci est immédiatement confirmé par le sourire malicieux qui barre à présent le visage du chirurgien.

«Tiens donc! Ça n'a pas l'air de l'enchanter vraiment de te rendre ce service par contre.»

Kakashi laisse son regard se perdre à nouveau sur le paysage, pour masquer sa gêne. Obito a beau lui répéter que les sentiments sont comme un boulet au pied, il ne peut s'empêcher d'être triste de laisser Iruka s'éloigner. Obito, loin de se douter de la peine de son ami, reprend déjà:

«Laisse-moi deviner Kashi. Tu l'as baisé une fois, et il a cru que c'était pour la vie entre vous, c'est ça?"

Obito éclate d'un rire tonitruant avant de poursuivre:

«En même temps, je reconnais qu'il est plutôt sexy. Je pourrais peut être lui remonter le moral maintenant que tu es hors course pour quelques semaines encore.»

Le chirurgien fait un bond de surprise quand Kakashi lui empoigne le bras avant de gronder:

«N'emmerde pas Iruka.»

Puis il lâche un peu sa prise tandis que sa voix se radoucit:

«Franchement il ne mérite pas que tu t'y attardes.»

Obito fixe Kakashi qui évite de nouveau de croiser ses yeux.

«Ok, c'était plus sérieux qu'un simple coup d'un soir si je comprends bien. Ah Kakashi, quand est-ce que tu vas enfin comprendre? Tu as déjà bien assez donné avec Minato, non? Il était vraiment temps que j'arrive pour que tu ressaisisses hein!» conclut Obito en ébouriffant les cheveux de son ami.

Kakashi a tressailli à la mention de Minato. Et Obito l'a bien évidemment noté. Cette clé semble toujours fonctionner, malgré tout le temps passé. Kakashi a toujours eu un petit côté idéaliste, surtout quand Rin était encore avec eux. Et le chirurgien sait qu'il va encore une fois obtenir ce qu'il veut grâce à ce biais.

Obito décide de changer de conversation, et Kakashi semble se détendre. Parlant de tout et de rien, le chirurgien se dit qu'il va falloir mettre cet Iruka définitivement sur la touche dès que l'occasion se présentera. Kakashi est à lui, l'a toujours été, et le sera toujours.

...

En salle de rééducation, Raido jette un œil à Kakashi, tout en continuant son travail avec un autre patient. Le chirurgien a fait d'indéniables progrès depuis quelques jours. Il peut à présent se lever seul, et marcher sur une distance très satisfaisante à l'aide d'un déambulateur. Même s'il a vigoureusement protesté quand Raido lui a imposé l'objet, le chirurgien semble ravi de pouvoir sans peine traverser la salle sans s'arrêter.

«Pense à bien plier ton genou gauche, Kakashi!» lance le kiné.

«Ouais ouais» marmonne Kakashi, concentré.

Le chirurgien pousse un soupir de soulagement quand il arrive enfin au bout de la salle. Il va pouvoir se reposer un peu avant de débuter le parcours que lui a concocté Raido. Avec des virages, plein de trucs à enjamber, des demi-tours et des accroupis. Ces derniers sont la bête noire de Kakashi, entrainant quasi-systématiquement une douleur dans sa jambe, aux muscles affaiblis par la longue immobilisation. Les broches ne l'aident pas non plus. Kakashi a sacrifié deux jeans pour éviter de rester en pyjama toute la journée. Il a défait la couture latérale de la jambe gauche de son pantalon, qui laisse entrevoir les bouts de métal. Shikamaru a parlé de lui enlever le matériel dans quelques jours, ce qui a donné un regain de motivation à Kakashi.

La liberté bientôt, enfin!

Mais la pause est déjà finie et Raido arrive d'un pas sautillant.

«Allez Kakashi, on passe à ta partie préférée!»

Le chirurgien lui lance un regard noir, pour le principe, ce qui entraîne un rire de la part du kiné.

«Hé, on fait la course Kakashi?» lance alors Onoki, qui attend lui aussi de débuter le parcours.

Kakashi regarde le vieil homme, dont l'équilibre semble toujours un peu précaire, d'un air blasé.

«Euh, comment dire, ce n'est pas très équitable vous savez.»

«Ouais, t'as raison petit con. Je vais te foutre une raclée! tu ne verras que mon c...»

«Onoki! Il y a des enfants dans la salle!» l'interrompt Raido avant que le vieux patient ne finisse sa phrase.

Kakashi se met à rire. Il aime bien le papi en fait.

«C'est d'accord. Celui qui perd paye sa tournée, vieux croulant!»

«Ça marche petit con!»

Les deux hommes se mettent sur la ligne de départ tandis que Raido lève les yeux au ciel.

«Je préfèrerais que vous fassiez ça calmem...»

«Go!» hurle Onoki, tandis que Raido soupire en haussant les épaules. Ces deux là sont vraiment les pires gamins qu'il n'ait jamais eu à traiter. Il observe les deux hommes du coin de l'œil, pour vérifier qu'ils ne font pas de folie sur le parcours et repart vers un autre patient.

«Alors Kakashi, on lambine?» lance Onoki tandis que le chirurgien peine à se relever de cette satanée position accroupie. Il peste un peu mais se remet finalement debout, pour constater que le vieil homme se retrouve en difficulté au niveau du slalom entre les plots. Le chirurgien tient là l'occasion de rattraper le papi et de lui clouer le bec. Quand il le dépasse, Kakashi lui tire la langue et lance à son tour:

«Suce mes roues arrière Minie! (1)»

«Kakashi!» lance Raido outré, mais Onoki reprend déjà, en grimaçant:

«Va chier la schtroumphette! (1)».

Raido lève les yeux au ciel, exaspéré, tandis que les deux hommes éclatent de rire.

Kakashi finit le parcours avec une courte tête, mais complètement essoufflé. Onoki le rejoint rapidement.

«Bon, t'as gagné petit con. Pour cette fois!»

Kakashi et Onoki s'affalent dans leurs fauteuils respectifs en soupirant. Raido se rapproche d'eux l'air fâché.

«On va se faire engueuler» lâche Kakashi en souriant.

«C'est pas un minot qui va me faire la leçon, t'inquiète!» répond Onoki en rigolant.

Les deux hommes tournent un visage angélique à leur kiné, qui décide de laisser tomber. De toute façon, il sait pertinemment que les deux patients continueront à n'en faire qu'à leur tête. Et puis il est assez fier de leurs progrès à tous les deux. Alors il se contente de leur dire:

«Allez ouste, c'est fini pour aujourd'hui. Déguerpissez avant que je ne change d'avis.»

Les deux hommes ne se font pas prier et partent à toute vitesse vers la porte.

«Et ne faites pas la course dans le couloir avec vos fauteuils!» crie Raido tandis que les deux hommes disparaissent déjà.

A l'extérieur, une petite dame aux cheveux blancs semble un peu perdue. Elle se retourne quand Onoki appelle:

«Ma colombe, qu'est ce que tu fais là?»

La vieille femme aux traits fatigués se retourne et offre un tendre sourire à son époux.

«Je sais que je ne devais passer que demain, mais j'avais une bonne nouvelle à t'annoncer. Ta petite fille vient de donner naissance à un petit garçon cette nuit.»

Les yeux d'Onoki s'illuminent de joie.

«Formidable! On peut aller les voir tu crois?»

«Bien sûr, je passais te chercher justement.»

Le vieil homme se tourne vers Kakashi et prend un air désolé, mais le chirurgien prend les devants:

«Pas de souci Onoki, on prendra notre verre plus tard.»

Les deux hommes font rouler leurs fauteuils jusque dans le hall, suivis par la femme d'Onoki, tout en poursuivant leur conversation.

«Au fait Kakashi, tu ne m'as jamais dit si tu étais marié.»

«Non, je suis un vieux garçon» répond le chirurgien sur un ton malicieux.

«C'est étonnant ça, vous êtes joli garçon pourtant. Et vous avez une bonne situation,» reprend l'épouse d'Onoki. «On vous imagine facilement avec une jolie petite femme et de beaux enfants.»

«J'ai un contentieux avec l'amour je crois» répond laconiquement Kakashi, mais la pointe d'amertume est perceptible dans sa voix.

«Peut être que tu es trop exigeant, c'est tout. L'amour est quelque chose qui prend du temps, mais c'est si agréable de vieillir avec la personne que l'on aime à ses côtés.»

Kakashi jette un regard en coin au petit couple, qui semble toujours très amoureux après toutes ces années de vie commune. La femme d'Onoki les abandonne quelques minutes dans le hall pour aller acheter des fleurs, et Kakashi se tourne alors vers Onoki:

«Vous êtes ensemble depuis combien de temps?»

Le vieil homme lui sourit.

«Cela va bientôt faire soixante ans.»

Kakashi écarquille les yeux, tandis qu'Onoki se met à rire doucement.

«Ça t'étonne qu'on puisse rester aussi longtemps avec la même personne non?»

Kakashi hoche la tête en toute honnêteté, avant de demander:

«Comment avez-vous fait pour ne pas vous lasser l'un de l'autre?»

Onoki pose un regard affectueux sur son jeune ami. Il aime la franchise du chirurgien. Alors il répond:

«J'ai eu des moments de doutes, comme tout le monde je pense. Je te mentirais si je te disais que je n'ai jamais eu envie d'aller voir ailleurs. Mais à chaque fois, j'ai repensé aux raisons pour lesquelles je suis tombé amoureux de Yoko. Et cela m'a suffi à comprendre que Yoko est mon âme sœur.»

«Tu penses qu'on n'a qu'une seule âme sœur dans la vie?»

«Si ta question est: peut-on tomber amoureux plusieurs fois. La réponse est évidemment oui. Ce serait horrible d'imaginer qu'une seule personne est réellement faite pour soi dans le monde.»

«Ça pourrait expliquer le nombre de divorces pourtant.»

Onoki pose sa main sur l'avant-bras de Kakashi et après avoir réfléchi quelques secondes, lui répond:

«Les gens confondent passion et amour. La passion du début ne dure pas, mais l'amour lui, dure toujours. Parce que tu n'es pas maître de la passion, elle te prend comme ça sans prévenir. Mais l'amour, tu choisis de le construire, petit à petit. Si tu es trop égoïste pour t'arrêter à la passion, pour vivre non plus individuellement mais comme moitié d'un tout, alors tu ne connaîtras jamais le vrai amour. Et ça, c'est la pire chose qui peut arriver dans une vie. Ne jamais connaître l'amour.»

La discussion est interrompue par Yoko qui revient déjà.

«Bon, et bien profitez bien de votre petit fils. A demain Onoki, Madame j'ai été ravi de faire votre connaissance!» conclut Kakashi de manière courtoise.

Tandis que le petit couple file vers les ascenseurs, Kakashi jette un coup d'œil autour de lui, dans le hall. Il y a des couples partout, des jeunes, des vieux, des qui rient et d'autres qui se disputent. Onoki a parlé avec expérience, et Kakashi aimerait bien croire en ces sages paroles. Le chirurgien ne peut s'empêcher de mettre les propos du vieil homme en lien avec sa relation avec Minato. La passion était là, brûlante et dévorante, mais les circonstances ne leur ont pas laissé le temps de construire quelque chose de durable. Et de toute façon, qu'auraient-ils pu construire, vu la situation?

Kakashi secoue la tête pour chasser ses tristes souvenirs, et repart vers le service de chirurgie cardio-thoracique. Obito traiterait sûrement Onoki de vieux gâteux, mais le chirurgien ne peut s'empêcher de trouver sa théorie sur l'amour foncièrement belle et attrayante.

...

«Dis Obito, vous avez si peu de boulot à la clinique, pour que tu passes me voir tous les jours?» lâche Kakashi en voyant débarquer son ami.

«Quoi? Tu te lasses déjà de moi?» rétorque Obito d'un air outré, avant d'éclater de rire. «Non, j'avais pas mal de congés en retard à poser. Du coup, j'ai tout le temps disponible pour venir m'occuper de mon petit Kashi d'amour!» reprend-t-il en frottant son nez dans le cou de Kakashi, comme le ferait un chien en manque de caresses.

«Arrête, tu me chatouilles!» lance Kakashi qui commence à se tortiller, tandis que les mains d'Obito se sont glissées sous le T shirt de son ami, à la recherche des points sensibles qu'ils semble bien connaître.

Obito se met à rire et s'écarte en déclarant:

«Toujours aussi chatouilleux apparemment! Tiens regarde, je t'ai apporté un cadeau!»

Obito brandit alors le livre d'un photographe de renom. Kakashi ne peut réprimer un frisson. Devant son hésitation à le saisir, Obito prend un air faussement agacé.

«Tu es encore sur cette vieille histoire, Kashi? Ça va bientôt faire vingt-trois ans, il serait temps que tu passes à autre chose non?»

Le chirurgien offre un regard perdu à son ami avant de tourner la tête.

«Kashi,» murmure Obito en se rapprochant de l'homme pour l'enlacer, «tu méritais mieux que cette relation sans lendemain, et tu le sais. Minato a joué avec toi. Il t'a baisé avant d'être complètement enchaîné avec sa femme et son gosse. Il t'a fait des promesses qu'il n'aurait jamais tenues. J'arrête pas de te le dire, l'amour c'est des conneries. Regarde-toi un peu, il est où le brillant chirurgien qui mordait la vie à pleines dents?»

«Pourquoi es-tu parti?» murmure Kakashi, qui sent à présent ses yeux s'embuer.

Obito reste silencieux quelques secondes, avant de répondre:

«Je suis parti parce que j'en pouvais plus de vous voir tous vous morfondre après sa mort. J'avais ma propre carrière à mener, comme on se l'était promis. Et puis je ne supportais plus de te voir dans cet état, incapable de réagir. Tu t'es engouffré dans le travail, tu as voulu faire aussi bien que Minato, mieux même. J'ai pensé que tu avais besoin d'un peu de temps pour refaire surface, pour redevenir celui que tu étais vraiment.»

«J'avais besoin de toi.»

Obito pousse un soupir en plaquant son front contre celui de son ami.

«Je suis là maintenant. C'est tout ce qui compte.»

Kakashi hoche la tête et ne repousse pas le chirurgien quand celui-ci s'empare de ses lèvres. C'est un baiser passionné, mais dénué de sentiments. Leur part animale comme dit Obito. Le désir charnel à l'état pur, qui se dédouane de toutes ces foutaises: amour, sentiments, affection, fidélité éternelle. Que des choses qui semblent belles sur le papier, mais qui te font souffrir comme un chien quand tu les perds. Parce que, quoi qu'il arrive, tu finis toujours par les perdre.

Alors Kakashi arrête de penser, il laisse Obito explorer sa bouche avec avidité, il oublie la voix ténue qui lui murmure de ne pas perdre espoir.

Quand il rouvre les yeux, il croise le regard brillant de son ami, carnassier, dominateur et déterminé. Il n'a plus la force de lutter, alors il laisse le flot de ses larmes baigner ses joues une dernière fois. Sa seule et unique histoire d'amour a été un fiasco. Et Obito a raison, il est temps qu'il redevienne celui qu'il était avant.

...

Iruka tend le reste de l'argent à Kakashi.

«Tiens, c'est la monnaie des croquettes.»

«Merci.»

Le ton est froid, et le regard indifférent, ce qui déroute Iruka. Bien qu'il ne se fasse plus guère d'illusions sur une éventuelle réconciliation, l'interne aimerait que leurs relations redeviennent cordiales. Après tout, ils seront amenés à se côtoyer souvent, en tant que collègues. Mais les mots que Kakashi vient de prononcer lui laissent un goût très amer dans la bouche.

«Je te remercie de m'avoir rendu ce service Iruka. Mais j'ai déjà bien assez abusé de ta gentillesse. De toute façon, je devrais quitter l'hôpital d'ici quelques jours. En attendant, Obito se chargera des chiens.»

«O...Ok» bégaye Iruka, surpris. «Mais ça ne me dérangeait pas plus que ça tu sais...»

L'interne se fige en voyant Kakashi montrer un petit signe d'agacement. Il ne comprend pas ce brusque virement de situation, mais le chirurgien a visiblement décidé de l'écarter définitivement. D'ailleurs, il reprend déjà:

«Tu pourras déposer les clés sur la commode en partant?»

Iruka hoche la tête, un peu abasourdi. Il vient purement et simplement de se faire mettre sur la touche comme un malpropre!

Iruka ne sait pas s'il doit en rire ou en pleurer. Il préfère se contenter d'acquiescer et quitte la chambre, dépité.

Toute la journée, l'interne ressasse les mots de Kakashi. Sous l'apparente politesse, la froideur. Et Iruka sait que cet Obito n'est pas étranger à cette attitude qui ne sied pas, mais alors pas du tout à Kakashi.

Alors qu'Iruka s'apprête à quitte le bureau des internes, il sursaute quand Obito rentre sans frapper. Le chirurgien lui offre un sourire d'apparence amicale, une sorte de drapeau blanc, de trêve dans leur petite guéguerre dont l'enjeu serait Kakashi. Iruka reste sur ses gardes cependant. Obito referme la porte derrière lui. Quand il se retourne, le visage fermé, la tension est à présent palpable dans la pièce.

«Iruka, j'aimerais qu'on parle tous les deux.»

S'il y a bien une chose dont l'interne aimerait se passer, c'est bien une discussion avec le nouvel amant du mec dont il est amoureux. Alors il fronce les sourcils en prétextant un rendez-vous important. La réponse d'Obito le fige cependant sur place.

«Je crois qu'il est temps qu'on ait une petite conversation tous les deux, entre hommes.»

Le chirurgien fait signe autoritaire à Iruka, lui intimant silencieusement l'ordre de s'asseoir. Et il commence à jouer avec le fameux trousseau de clés de Kakashi.

«Je serai bref, alors écoute attentivement, ok? Tu as sûrement déjà entendu plein de choses sur Kakashi, même si je doute que lui-même t'ai raconté quoi que ce soit, malgré la ... proximité que vous avez pu avoir.»

Obito a prononcé le mot «proximité» comme si l'idée même lui procurait la nausée. Iruka s'apprête à répondre, n'appréciant pas du tout d'être provoqué de la sorte, mais le regard impitoyable d'Obito le réduit une nouvelle fois au silence.

«Kakashi n'est pas du genre à s'encombrer de gars dans ton genre. Estime-toi heureux d'avoir eu l'honneur d'être baisé par lui. Je ne comprends pas ce qu'il t'a trouvé de si extraordinaire d'ailleurs» poursuit Obito en toisant l'interne d'un regard dédaigneux.

«Enfin bref, le joli rêve est fini maintenant. Alors tu va gentiment de réveiller et retourner jouer dans ton bac à sable. Kakashi n'a jamais aimé personne à part lui, et ce n'est pas ta belle gueule d'ange, ni ton petit cul qui changeront la donne.»

Iruka fulmine. Passe encore qu'il l'insulte, mais comment ce soi-disant meilleur ami peut-il bafouer Kakashi de la sorte? L'interne, furieux, lui crache alors:

«Je ne sais pas pour qui vous vous prenez, mais Kakashi n'est pas comme ça! Il a souffert dans le passé, et...»

«Et que crois-tu savoir du passé de Kakashi hein?» se met à crier Obito. «Ce que ses pseudo-amis du grand hôpital de Konoha t'ont raconté c'est ça? La fameuse histoire d'amour passionnée entre Minato et lui, qui s'est finie dans un drame, et qui le ronge depuis? Haha, elle me fait bien rire celle-là! Tu veux savoir la vérité? Et bien la voilà: Kakashi a couché avec son patron pour avoir le poste de chef de clinique. Tu crois qu'il a eu des remords quand Minato lui a annoncé qu'il allait avoir un enfant? Et bien non, Kakashi a continué à coucher avec lui, sans se soucier des dommages collatéraux. A-t-il eu des remords quand Minato s'est tué, alors qu'il le rejoignait après avoir annoncé à sa femme qu'il la quittait? Encore une fois non. Il n'a même pas assisté à son enterrement! Kakashi fonctionne comme ça. Il ne pense qu'à lui. Il utilise les gens et les jette quand il n'a plus besoin, ou plus envie d'eux.»

Obito marque une pause, le temps de jauger l'interne, dont le visage s'est décomposé. La voix blanche d'Iruka lui répond:

«Si Kakashi est le monstre que vous décrivez, pourquoi restez-vous...»

Mais encore une fois Obito ne le laisse pas finir.

«Pourquoi je reste avec lui? Tout simplement parce que je suis comme lui. Nous sommes faits de glace et de feu, nous sommes inséparables. A la différence de toi, de Minato et tous les autres, quand je veux Kakashi, il se donne à moi volontiers. Tout simplement parce que je ne demande rien d'autre en échange. Vous me faites tous vomir avec vos sentiments, cette guimauve dégoulinante qui coule dans vos veines. Vous êtes tous les mêmes au fond, des hypocrites. Kakashi et moi osons dire et faire ce que vous tous refusez d'admettre. Les hommes sont des êtres individualistes et égocentriques, qui cherchent uniquement à dominer les autres. C'est à ce seul prix qu'on arrive au sommet, qu'on devient une légende. Je te le dis une dernière fois, tu n'es pas de taille pour quelqu'un comme Kakashi, tu ne le seras jamais.»

Sur ces dernières paroles, Obito plonge les clés de la maison et de la voiture de Kakashi dans sa poche et quitte le bureau en laissant Iruka comme assommé sur sa chaise.

L'interne sent des larmes de rage monter dans ses yeux. Ce type est odieux, manipulateur et pervers. Et Iruka ne peut pas croire que Kakashi soit comme ça. Il n'a pas pu se tromper à ce point. Les regards échangés à Suna, les paroles et les gestes tendres, cette lueur dans ses yeux quand ils ont mêlé leurs corps. Iruka ne peut se résoudre à croire un seul mot d'Obito. Et pourtant, il y a aussi ces mots durs, ces attitudes dédaigneuses. Kakashi peut-il vraiment être ce monstre qu'Obito a décrit, froid et insensible? Ino, Asuma, Kurenai, Yugao et tous les autres ont-ils pu se tromper à ce point sur Kakashi?

Iruka est perdu et effondré. Il n'a plus la force de bouger. Les larmes qui coulent à présent sur ses joues sont amères de déception et de douloureuse tristesse.

...

(1) Fast and furious

Voilà, j'espère que vous n'êtes pas trop secoués par ce chapitre (Les deux prochains seront du même ordre, voire pire lol). En tout cas, félicitations d'être arrivés jusqu'au bout, il était super long, mais impossible à couper!

A bientôt pour la suite... Et n'oubliez pas de laisser un petit commentaire en partant (l'auteur en a bien besoin là!).