Hello! Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont laissé des commentaires. Je n'excuse auprès de ceux à qui je n'ai pas pu renvoyé de réponde personnelle (faute de compte je pense). Après ce difficile chapitre, vos impressions et vos compliments m'ont donné une motivation énorme pour écrire la suite.

Ce chapitre est un peu moins long, mais tout aussi intense je pense. J'espère qu'il vous plaira tout autant que le précédent.

Bonne lecture à tous!

Chapitre 23: Deuxième secousse.

«Tu passes chez moi ce soir?» demande discrètement Kurenai à Asuma.

Celui-ci se contente de hocher la tête en souriant.

Les deux médecins suivent le flot de leurs collègues jusqu'à l'internat: petit rituel du midi où une marée de blouses blanches semble former une ligne ininterrompue entre le hall de l'hôpital et le bâtiment un peu excentré de l'internat.

Il fait beau aujourd'hui, et la tension due au blog anonyme semble être un peu retombée. Aucune nouvelle «exclusivité» n'est apparue depuis plusieurs jours. A croire que c'était un feu de paille. Ou bien que tout le monde se tient à carreau, de peur d'être dénoncé, comme le pensait Kiba.

Asuma et Kurenai aiment ces petits moments, où leurs mains se frôlent discrètement, tandis qu'ils poursuivent innocemment leur conversation tout en marchant. L'attention d'Asuma est cependant attirée par un rire sonore, qu'il connait bien.

«Tiens, Kakashi est de sortie on dirait!» lance-t-il à Kurenai en pointant le chirurgien, stationné sur son fauteuil dans le petit parc qui se trouve devant l'hôpital.

«Il a l'air d'avoir le moral. Moi qui pensais qu'il allait être particulièrement grognon en fauteuil!»

«Je me demande avec qui il discute. En tout cas, leur conversation a l'air d'être animée!» répond Asuma en souriant.

Kakashi semble en effet en grande conversation avec quelqu'un qui reste masqué par un petit arbuste. Et le chirurgien rit à gorge déployée.

Le regard tendre que pose Asuma sur son ami se transforme en un rictus de colère au moment même où Obito apparait enfin dans son champ de vision.

«Merde! C'est pas possible! Depuis quand ce connard est-il revenu dans la vie de Kakashi?»

Kurenai semble elle aussi bouleversée.

«Quelqu'un a du le prévenir de l'accident. Et l'occasion était trop belle.»

«Je vais leur parler. Pas question de laisser Obito tourner autour de Kakashi. Surtout en ce moment. Il ne va lui attirer que des ennuis.»

Tandis qu'Asuma amorce un pas en direction des deux chirurgiens, Kurenai le retient par le bras.

«Attends Asuma, tu sais très bien que si tu prends Obito de front, Kakashi va se braquer. Tu devrais plutôt attendre d'être seul avec Kakashi pour lui en parler, tu ne crois pas?»

Asuma pousse un soupir de frustration. Il semble prêt à en découdre, mais il sait que la pédiatre a raison.

Alors il serre les poings en marmonnant:

«Chaque minute, chaque seconde que Kakashi passe avec Obito le pousse un peu plus vers le fond. Ce type est une calamité, une ordure. Je n'ai jamais compris pourquoi Kakashi lui vouait une telle confiance!»

Kurenai prend la main de son homme dans un geste apaisant.

«Je sais que tu te fais beaucoup de souci pour Kakashi. Mais il n'est pas idiot, il finira bien par se rendre compte qu'Obito n'est qu'un pervers manipulateur.»

«En attendant, dans quel état va-t-on encore récupérer Kakashi hein? je ne laisserai pas ce salopard faire du mal à mon ami!»

«Quel salopard?» demande une voix derrière eux.

Asuma et Kurenai se retournent pour apercevoir Itachi, qui accélère le pas pour arriver à leur hauteur. Déjà l'ophtalmologue reprend:

«C'est rare de te voir aussi énervé Asuma.»

Sans prévenir, le neurochirurgien saisit Itachi par l'épaule et le tourne en direction des deux chirurgiens cardio-thoraciques.

«Tu savais que ton cousin était de retour dans le quartier?»

Itachi se raidit immédiatement à la vue d'Obito et murmure:

«Qu'est ce qu'il fout là lui?» répondant indirectement à la question d'Asuma.

L'ophtalmologue se retourne alors avec ses amis, une lueur d'inquiétude dans les yeux.

«On ne peut pas le laisser approcher de Kakashi. Obito va encore...»

«On sait» répondent en chœur Asuma et Kurenai.

«Mais on doit aussi la jouer fine avec Obito. Tu es bien placé pour savoir comment il fonctionne. On va donc éviter de s'emballer, et réfléchir à la situation. Tant que Kakashi reste à l'hôpital, Obito n'a qu'une emprise limitée sur lui. Je pense qu'il va falloir qu'on informe Tsunade rapidement, elle devrait pouvoir nous aider non?»

Les deux hommes hochent la tête, tandis que Kakashi et Obito reprennent la direction du hall, inconscients d'avoir été observés.

...

«Bon je te laisse Obito, je dois aller à ma rééduc.»

«Ok, je vais aller squatter un peu chez toi, m'occuper des clébards, et je reviens ce soir.»

«Ça marche!» lance Kakashi en commençant à s'éloigner.

«Kashi attends!»

Obito saisit la poignée du fauteuil pour stopper son avancée. Kakashi tourne la tête en arrière, interrogatif, et Obito en profite pour déposer un baiser bruyant sur les lèvres du chirurgien.

«Travaille bien!» reprend-t-il en s'écartant, comme si de rien n'était.

Kakashi fronce les sourcils.

«J'aimerais bien que tu arrêtes de faire ça en public Obito» lâche le chirurgien gêné.

Obito prend un air peiné.

«Oh il est timide! J'adore quand tu joues les mijaurées Kashi» répond l'homme en lançant un clin d'œil à son ami, juste avant de se baisser pour lui murmurer à l'oreille:

«Ça m'excite, tu peux pas savoir à quel point!»

Obito n'attend pas de réponse et s'éloigne déjà, laissant Kakashi au milieu du hall. Le chirurgien pousse un soupir. Il a toujours aimé l'enthousiasme d'Obito, son absence totale de barrières, mais il le trouve parfois un peu «too much» quand même. Son ami semble avoir gardé la frénésie de ses vingt ans, et Kakashi à côté se sentirait presque vieux. Et en y réfléchissant, il n'est pas sûr que cette vie folle et trépidante qu'ils ont vécue à l'époque lui manque tant que ça. C'était chouette, ils en ont bien profité, mais le chirurgien ne peut s'empêcher de penser aux dernières paroles d'Onoki. Sa vision de l'amour est peut-être un peu idéaliste et édulcorée, mais le bonheur qu'il affiche avec Yoko n'est pas feint.

D'ailleurs, en parlant du vieux ronchon, Kakashi a intérêt de se dépêcher s'il ne veut pas être en retard à sa séance de torture.

Laissant de côté ses interrogations, le chirurgien part en direction de la salle de rééducation.

Dans la pièce, Raido s'entretient avec un petit groupe de patients. Alors que Kakashi s'apprête à les rejoindre, il est hélé par son vieil ami.

«Hé Kakashi, regarde! J'ai customisé mon fauteuil!»

Le chirurgien tourne un regard curieux vers le papi et éclate de rire. Onoki a collé des autocollants en forme de flammes sur les côtés de son fauteuil. Il a même poussé le vice jusqu'à rajouter des bouquets de lanières de cuir aux deux poignées. Il ne manque plus que le casque et les lunettes, et on se croirait dans un mauvais film de bikers. Kakashi finit par retrouver son sérieux.

«Encore un peu, et on se croirait dans 'Sons of Anarchy'!»

«Ah ouais, j'adore cette série!» rétorque Onoki, sous l'œil incrédule de Kakashi.

«Sans déconner?»

«Sans déconner ouais. Tu crois quoi, petit con, que je passe mes dimanches après midi devant Derrick ou Monk, pendant que Yoko tricote tranquillement de la layette pour ses petits enfants? Je vis avec mon temps moi, Monsieur le jeune chirurgien!»

La tirade d'Onoki tire un nouvel éclat de rire de la part de Kakashi, dont les yeux commencent même à laisser échapper des larmes.

«Hé, les deux dissipés là bas, il va falloir penser à vous mettre au travail!» lance Raido du fond de la pièce.

Les deux hommes soupirent de manière synchrone, avant de se rapprocher de leur kiné.

La séance se déroule dans une ambiance détendue. Kakashi maitrise maintenant parfaitement ses déplacements et semble avoir retrouvé une bonne partie de son équilibre, grâce à un gros travail de remusculation de sa jambe. Raido le soupçonne même d'avoir poursuivi les exercices dans sa chambre afin de gagner du temps. Le chirurgien semble de plus en plus impatient de retrouver enfin assez de mobilité pour rentrer chez lui. Raido est assez fier des progrès accomplis, même s'il vivra probablement le départ de Kakashi avec peine. Le chirurgien est très attachant, et apportait jusqu'à présent la bonne humeur dès qu'il franchissait le seuil de la salle.

Mais le jeune kiné a aussi noté un changement récent dans l'attitude du chirurgien, une sorte de distance qu'il n'avait pas avant. Kakashi sourit toujours autant, mais quelque chose a indéniablement changé. L'ennui peut-être, ou bien est-ce la lassitude? Ils ont parlé du cas de Kakashi ce matin au staff d'orthopédie: Shikaku Nara envisage de retirer les broches de la jambe du chirurgien dès la semaine prochaine. A une condition: que Kakashi soit mobile en béquilles. Raido pose un regard amical sur l'homme, qui est de nouveau en grande discussion avec le vieil Onoki.

«Hé Kakashi, on va essayer un truc aujourd'hui!» lance Raido en brandissant des béquilles. Le visage de Kakashi s'illumine instantanément. Onoki ne peut s'empêcher de grimacer, taquin:

«On dirait que tu vas abandonner ta bécane plus rapidement que moi!»

«Ouep vieux crouton! C'est la force de la jeunesse ça!» réplique aussitôt le chirurgien en tirant la langue d'un air malicieux.

Kakashi lance son fauteuil vers Raido et, après un dérapage un peu acrobatique, s'immobilise juste à côté du kiné.

«On y va, on y va?» lance-t-il impatient.

«Toux doux l'ami, on va prendre notre temps hein! Pas question que tu te vautres pour avoir été trop vite.»

Kakashi pousse un soupir de frustration. Il se saisit des deux béquilles tandis que Raido replie les repose-pieds du fauteuil.

«Voilà, prends le temps de te stabiliser, et pousse sur les bras. Maintenant prends appui sur ta jambe droite et essaye de faire quelques pas.»

Kakashi plisse le front sous la concentration. Ne pas tomber, surtout ne pas tomber. Après quelques pas hésitants, il prend de l'assurance. Petit à petit, il arrive à dérouler le pied pour obtenir une démarche quasi-normale. Il appuie doucement sur sa jambe gauche, qui semble cependant bien tenir le choc.

Après avoir fait plusieurs fois la longueur de la pièce, Kakashi lance un regard triomphant vers Raido et Onoki.

«Bon ben je crois que je vais pouvoir me passer du fauteuil!»

«Kakashi, pour l'instant on va limiter les béquilles ok? Mais tu vas pouvoir t'en servir pour de courtes distances. Je t'autorise à les utiliser pour faire quelques longueurs de couloir dans ton service, mais pas plus de trois heures par jour c'est compris?»

Kakashi hoche la tête, trop heureux de pouvoir enfin retrouver une certaine forme de liberté.

A la fin de la séance, il retrouve son fauteuil, mais les béquilles qu'il sert précieusement sur ses genoux sont comme un trésor à ses yeux.

Le lendemain matin, Kakashi est surpris de voir débarquer Asuma.

«Tiens, tu n'es pas au bloc, toi?» lance-t-il joyeusement.

«Je passais juste te faire un petit coucou. Tu as l'air en pleine forme!»

«Ouais! Je marche avec des béquilles maintenant! Je devrais pouvoir rentrer à la maison très bientôt, dès que Shikaku se décidera à me virer ces foutues broches.»

Kakashi n'a pas vu le tressaillement de son ami à l'évocation de son départ prochain. Le temps est compté, le neurochirurgien doit trouver le moyen d'aborder le sujet «Obito» le plus vite possible.

Alors qu'il cherche un moyen d'approche subtil, la porte s'ouvre bruyamment.

«Salut la compagnie!» lance un chantonnant Obito. «Tiens tiens, Asuma Sarutobi, ça faisait une paye mon vieux!»

Asuma se raidit instantanément. Et merde, il ne manquait plus que ça! Tandis qu'Obito s'approche du lit, ignorant royalement le neurochirurgien, Kakashi demande déjà:

«Alors, comment vont mes chiens?»

«Ahh, je sais pas comment tu fais pour vivre avec tous ces clébards. Korben a pris ma jambe d'affection. Et Jack ne semble pas trop m'apprécier. Il a grogné pendant tout le temps que je suis resté, et a commencé à bouffer une de mes chaussures.»

Les deux hommes se mettent à rire, mais l'intervention innocente d'Asuma jette un froid.

«C'est bizarre, ils aiment tout le monde ces chiens d'habitude. Iruka n'a jamais eu de problème de ce genre avec eux il me semble.»

Les deux chirurgiens cardio-thoraciques se tournent vers Asuma, conscients du sous-entendu manifeste. Kakashi sait pertinemment que ses amis n'ont jamais compris le lien profond qui l'unit à Obito. Et il n'est pas loin de croire que la visite d'Asuma n'est pas si anodine qu'elle n'y parait. Il s'apprête à répondre mais Obito est plus rapide que lui.

«C'est une question de dominance. Ils ont juste senti que je ne les laisserai pas faire n'importe quoi, à la différence du gentil Iruka qui leur passait tout. D'ailleurs, j'ai retrouvé les restes de ta plante verte dans le garage, Kakashi. Déchiquetée dans les règles de l'art, paix à son âme.»

Kakashi regarde d'un œil inquiet la réaction du neurochirurgien. Si ça continue, les deux hommes vont en venir aux mains. Alors le chirurgien tente la carte de l'apaisement.

«Allez, allez, les chiens vont s'habituer à Obito. Ils vont vite comprendre que c'est toi qui remplis les gamelles. Bon et à part ça, vous en êtes où avec les morceaux que je vous ai filés Asuma?»

Le neurochirurgien comprend la manœuvre de Kakashi, et préfère battre en retraite pour l'instant. Kurenai a raison. S'il prend Obito de front devant Kakashi, il n'obtiendra que l'effet inverse de celui recherché.

«On a une répèt en fin de semaine. Mais c'est plutôt tendu en ce moment. Il nous manque notre leader!» tente Asuma en signe d'apaisement.

«Tu ne m'avais pas dit que tu avais un groupe Kashi! Ça m'étonne pas, une âme de rock star sommeille en toi, je l'ai toujours su!» répond Obito en commençant à chatouiller Kakashi. L'apparente complicité des deux hommes exaspère Asuma. Obito le provoque, c'est certain.

Et quand son biper sonne, le neurochirurgien se maudit de ne l'avoir pas confié à un de ses collègues. Il sait qu'Obito va commencer son travail de sape dès qu'il aura quitté la pièce.

«Tu devrais répondre» lance innocemment Kakashi.

Asuma pousse un soupir et répond:

«Bon il faut que j'y aille en effet. Repose-toi bien Kakashi, et pas de bêtise d'accord?»

Il jette un dernier regard à Obito, qui lui offre un sourire narquois, et quitte la chambre à regret.

Après un instant d'hésitation, il se dirige vers l'équipe de chirurgie cardio-thoracique qui a commencé la visite.

«Yamato, je peux te parler deux minutes?»

Tandis que les deux hommes s'éloignent, Iruka ne peut s'empêcher de les fixer. Asuma vient de sortir de la chambre de Kakashi, et a l'air préoccupé. L'interne se force à reprendre le cours de la visite menée maintenant par Hidan. Il s'est juré d'arrêter de penser à Kakashi, de passer à autre chose. Cela ne le concerne plus, il a rendu les armes.

«J'aimerais que tu gardes un œil sur Kakashi. Il file un mauvais coton en ce moment.»

«Je sais, cet Obito a une mauvaise influence sur lui.»

«Tu n'as pas moyen de limiter un peu ses visites?»

Yamato secoue la tête d'un air désolé.

«C'est très difficile. Obito a travaillé ici, toute l'équipe le connait. Et puis il sait parfaitement user de ses charmes. Je ne vois vraiment pas ce que je peux faire.»

Asuma lève les yeux au ciel, irrité, avant de murmurer:

«Tout ça va mal finir, je le sens.»

«Je garderai un œil sur Kakashi, c'est promis, et je demanderai aussi à Koharu de veiller sur lui.»

Asuma hoche la tête et quitte le chirurgien. Au passage, il jette un œil sur Iruka. L'interne a le visage fermé des mauvais jours. Obito a déjà du régler ses comptes avec le jeune homme. Comment Kakashi peut-il être aussi aveugle? Il ne semble plus voir qu'à travers l'œil d'Obito. Comme si sa propre conscience avait été refoulée au loin, dans un lieu inaccessible.

Asuma se sent impuissant.

...

Alors que la visite se termine, Obito sort de la chambre de Kakashi tout sourire.

«Hé Docteur Uchiwa, ça vous dirait de venir manger avec nous à l'internat ce midi?» lance Yoroi. «Vous pourrez nous raconter plein de trucs du temps où vous étiez interne ici non?»

Obito se met à rire, et répond:

«Ouais, du temps où je faisais les quatre cent coups avec votre chef de service! Si vous saviez les enfants!»

L'air malicieux que le chirurgien vient de prendre ne fait rire que Yoroi et Misumi. Les deux internes ont rapidement sympathisé avec le chirurgien. Iruka quant à lui est défait. Pas question qu'il passe ne serait-ce qu'une minute en présence de se sale type! Kankuro et Yamato n'ont pas l'air enchantés non plus du reste. Et Hidan s'en fout royalement.

«Bon ben c'est décidé, on vous invite!»

«Ah les bons petits plats de l'internat, je peux pas dire que ça me manque mais bon. Ça me rappellera le bon vieux temps!» conclut Obito en prenant soin de bien fixer Iruka.

Arrivés à l'internat, Iruka ne demande pas son reste et part rejoindre ses amis.

«Tu ne restes pas avec nous Iruka?» demande Obito d'une voix mielleuse. «Tu n'es pas curieux d'en savoir plus sur ton chef de service?»

Iruka sent le rouge de la colère lui monter aux joues. Mais Obito ne lui laisse pas le temps de répondre. Il lui tourne tout simplement le dos en prenant Yoroi et Misumi par les épaules.

«Allez venez les jeunes, on va rigoler un peu. Que disait Hertel sur l'humour déjà? Ah oui: L'humour, c'est la faculté de rire des nigauds, dans un pays où le nigaud est légion! Haha!»

Alors que les trois acolytes s'éloignent, Iruka reste debout, crispé par la rage. Il saisit son plateau avec violence et se dirige vers la table de Shizune, qui déjeune tranquillement avec ses deux externes de Pédiatrie, Sasuke et Naruto.

Quand Iruka laisse tomber son plateau avec bruit sur la table, les trois autres le regardent dubitatifs.

«Sale matinée?» demande Naruto.

«Quel pauvre type» marmonne Iruka en fixant le groupe de ses collègues, qui semblent bien rire en effet.

Sasuke suit le regard d'Iruka et fronce les sourcils.

«Si c'est Obito qui te met dans cet état, ça ne m'étonne pas. Mon cousin est un connard fini.»

Shizune, Naruto et Iruka fixent maintenant l'externe, incrédules.

«Obito est ton... cousin?» balbutie Iruka.

Shizune reste elle aussi sans voix.

«Et ben merde alors, mais...»

Les deux internes et Sasuke n'ont pas le temps d'engager plus la conversation. Naruto vient de se lever d'un bond.

«Tu dis que ce type, c'est Obito Uchiwa? Il faut que je lui parle.»

«Naruto, attends!»

Mais l'externe n'écoute déjà plus Sasuke, prenant la direction de l'équipe de chirurgie cardio-thoracique.

«Hé toi, Obito Uchiwa, j'aimerais te parler!» lance Naruto d'une voix forte.

Obito lève un œil curieux vers le blondinet.

«Et je peux savoir à qui ai-je l'honneur?» demande le chirurgien, en souriant innocemment.

«Je suis Naruto Uzumaki. Je voudrais vous parler de mon père, Minato Namikaze.»

Obito semble figé dans le temps. Après quelques secondes, il répond d'une voix bouleversée:

«Tu... Tu es le fils de Minato? Mon Dieu, tu ne peux pas savoir ce que... Ton père... C'était il y a si longtemps!»

Obito est à deux doigts de verser une petite larme. Il se lève d'un bond et entraine le jeune externe vers le petit salon, à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes.

Asuma et Kurenai se jettent un regard effaré.

«Mais qu'est ce qui a pris à cet abruti de Naruto?» chuchote la pédiatre dépitée.

«Lui aussi cherche des réponses» répond Asuma. «Qui sait ce que va lui raconter Obito, c'est le pire des scénarios possibles là! On doit intervenir Kurenai.»

Asuma se lève déjà, suivi de près par la jeune femme. Quand il voit les deux médecins prendre la direction du salon, Itachi décide de leur emboiter le pas. La carte familiale sera peut être un atout dans l'échange houleux qui risque d'avoir lieu.

Mais le salon est vide.

«Merde!» lance Asuma. «Où ont-il filé?»

A l'arrière du bâtiment, Naruto fixe Obito de son regard azur intense et brillant.

«Vous avez connu mon père n'est-ce-pas? quand vous étiez interne, avec Kakashi Hatake. Je vous ai reconnus sur une photo. Que s'est-il passé entre eux? J'ai besoin de savoir! Je n'en peux plus de tous ces secrets. J'ai besoin de savoir qui était vraiment mon père!»

Obito pose un regard affectueux sur le jeune homme. Ainsi donc, voici le rejeton de Minato Namikaze. Le seul homme qui a réussi à éloigner Kakashi de lui. Et ce petit imbécile vient se jeter directement dans la gueule du loup.

«Je ne suis pas sûr que tu aies les épaules assez larges pour supporter le poids de la vérité, Naruto» murmure Obito d'une voix douce.

«Oh arrêtez vos salades ok? Je ne suis plus un enfant! J'en ai marre de me faire balader par ma mère, par Hatake, par tout le monde!»

Obito lève une main autoritaire pour demander au jeune homme de se calmer. Le regard qu'il arbore à présent n'a plus rien d'amical. Naruto s'immobilise instantanément, écrasé par l'intensité du regard d'Obito.

«Ton père a entretenu une relation avec Kakashi alors même que ta mère était enceinte de toi. Il a abusé de son poste de chef pour obtenir les faveurs de Kakashi, en lui faisant miroiter le poste de chef de clinique. Quand ta mère l'a appris, elle a tenté de lui pardonner. Elle lui a proposé de tout recommencer à zéro, et de reconstruire cette famille qui allait bientôt s'agrandir. Minato a accepté, mais il a continué de voir Kakashi en secret. C'est en se rendant chez son jeune amant que ton père a eu son tragique accident, laissant une veuve éplorée, et un fils à naître. Voilà qui était ton père Naruto. On a du te dire que c'était une chirurgien formidable, un mari aimant et dévoué. Mais la vérité, celle que personne n'a jamais eu le courage de t'avouer, c'est celle-ci: ton père était une ordure, égoïste et sans pitié. Il a fait souffrir ta mère, il a fait souffrir Kakashi. Et à présent il te fait souffrir toi. tu voulais la vérité Naruto? Je te souhaite maintenant bien du courage pour la digérer.»

Sur ces dernières paroles abruptes, Obito s'éclipse, au moment même où Asuma, Kurenai et Itachi apparaissent enfin au coin du bâtiment.

Ils ont juste le temps de voir Naruto tomber à genoux dans l'herbe, hébété.

Kurenai se précipite et passe un bras autour de ses épaules en lui murmurant:

«Naruto ça va?»

Mais le jeune homme se détache de la pédiatre d'un geste brusque et s'enfuit en courant. Asuma amorce un mouvement pour partir à sa poursuite mais Itachi le retient.

«Non laisse. Il est incapable d'écouter quoi que ce soit maintenant. Obito a encore une fois réussi à lâcher son venin.»

Asuma, dans un accès de rage, envoie son poing cogner contre le mur, entrainant un petit cri de la part de Kurenai.

«Bordel de merde! Je vais le buter ce gars!» s'écrie-t-il tandis que ses phalanges commencent à saigner.

Naruto a quant à lui récupéré sa voiture et foncé en ville. Ses yeux embués de larmes rendent sa conduite approximative. Il évite de justesse l'accrochage en traversant un imposant carrefour à grande vitesse. L'externe atteint enfin l'une des tours centrales de Konoha, les bureaux du Konoha Daily Express.

La jeune femme de l'accueil ne voit passer qu'une tornade blonde. Naruto se rue sur les ascenseurs pour atteindre le dernier étage. Il ne prend pas le temps de frapper à la porte du bureau, et se précipite à l'intérieur de la pièce.

«Naruto?»

Kushina Uzumaki lève un regard étonné vers son fils, et pâlit en voyant son état de rage.

«Qu'est ce qui t'...»

«Comment as-tu pu me cacher ça?» hurle l'externe en se ruant sur le bureau. Il plaque avec force ses deux mains à plat sur le bureau, faisant trembler tout ce qui se trouve dessus. Kushina ne peut réprimer un frisson de peur.

«Mais de quoi parles-tu?»

«De mon père! Obito Uchiwa m'a tout raconté! Mais ce n'est pas vrai hein? Dis-moi que ce n'est pas vrai! Mon père ne peut pas être le salaud qu'il m'a décrit! Je suis sûr qu'il m'a menti! C'est pour ça que tu détestes tant l'hôpital hein! Parce que papa aimait quelqu'un d'autre! Kakashi Hatake, il...»

«Ne prononce jamais ce nom devant moi» gronde Kushina, qui vient de se lever à son tour.

Elle jette un regard mauvais à son fils avant de le gifler violemment. Le coup est tellement puissant que Naruto se retrouve projeté dans le fauteuil juste derrière lui, sonné. Kushina est alors prise d'un rire hystérique.

«Alors comme ça tu as rencontré Obito? Ah, Obito, je lui dois une fière chandelle. C'est lui qui m'a appris l'infidélité de ton père, oui. Ton cher papa m'a trompée avec un homme, alors que j'étais enceinte de toi! Ce Kakashi Hatake, que tu sembles porter en haute estime, n'a pas hésité à séduire mon mari pour obtenir le poste de chef de clinique! Et ton père, cet abruti, est tombé dans le panneau! Quand je lui ai dit que j'étais au courant de tout, que Kakashi le menait en bateau depuis le début, il n'a rien trouvé de mieux à dire que je mentais! Non mais tu imagines, c'était moi la menteuse! Il est parti ce soir-là pour le rejoindre. Mais il n'est jamais arrivé, haha! Tu veux savoir pourquoi je hais tant cet hôpital? Parce que tout le monde savait, tout le monde! Obito est le seul à avoir eu le cran de venir tout me raconter! A sa mort, ils sont tous venus pleurer sur sa tombe. Quelle hypocrisie! Et après ça, Tsunade, cette sale garce, a encore eu le culot de donner la chefferie à Hatake! C'est Obito qui aurait du avoir ce poste tu m'entends! Le seul qui ait jamais été loyal et honnête!»

Tout se bouscule dans la tête de Naruto, qui ne maitrise plus les tremblements de ses mains. Il ne sait plus qui croire. Aucune version ne concorde, tout semble dicté par la haine. Sa mère semble comme possédée par le mal à cet instant. D'un côté Obito décrit un Minato qui aurait abusé de sa position pour coucher avec Kakashi. De l'autre sa mère semble persuadée que c'est Kakashi qui est à l'origine de tout. Comment démêler le vrai du faux?

Naruto bout, à la fois de rage et de peine. Il ne sait plus qui croire, il ne sait plus quoi penser.

Alors il se lève sans un mot et s'enfuit. Kushina ne cherche pas à le retenir.

...

Loin d'imaginer la tempête qui est en train de s'abattre tout autour de lui, Kakashi soupire. Il vient de faire un aller-retour dans le couloir en béquilles, après avoir un peu joué à la console. Mais le jeu l'a vite ennuyé. Et la marche l'a fatigué. Il n'a même pas le courage de prendre sa guitare. Le chirurgien est en train d'envisager sérieusement de faire le mur ce soir pour aller rejoindre les autres, pour la répèt. Après tout, l'internat n'est pas très loin. Il allume son ordinateur pour écouter quelques-unes des toutes premières chansons de Mescaline. Laissant les chansons en fond sonore, il se connecte à son forum de musiciens préférés. Kakashi ne participe jamais aux discussions en direct sur le chat associé au site, mais il aime bien lire les conversations souvent enflammées des internautes. Et ce soir, ça parle encore une fois de ce site internet, où les groupes amateurs peuvent créer une page pour faire découvrir leur musique. Les internautes semblent persuadés que ce site est une vitrine pour les professionnels, qui viennent régulièrement repérer les jeunes talents. Mais bien sûr!

«Tu crois qu'ils n'ont que ça à foutre, les producteurs, d'aller surfer sur les pages de groupes locaux pour trouver la perle rare?» marmonne Kakashi.

Lui, il fait de la musique pour le plaisir avant tout. Pas besoin de s'étaler sur le net. En même temps, les mots d'Asuma lui reviennent en tête.

La musique est avant tout un partage. Si tu la gardes pour toi, au fond ça n'a pas grand intérêt.

Pas faux. Sans réfléchir, Kakashi clique sur l'onglet «créer une page». Au pire, ça pourra être rigolo de lire les commentaires. Si ça tombe, les gens vont trouver qu'ils font de la merde! Cette pensée fait sourire Kakashi. Il imagine déjà la tête de ses camarades s'ils se prennent des réflexions incendiaires. Trop tard de toute façon, la page est créée. Alors autant s'amuser.

Kakashi décide de jouer la carte de l'anonymat. Pas question de dévoiler le nom des membres, ni aucune photo. Garder une part de mystère est probablement plus judicieux. Le chirurgien se contente donc d'une présentation laissant volontairement planer de nombreuses questions, et ajoute leurs titres phares. En un clic, il envoie le tout. Voilà, Mescaline a maintenant une existence propre sur la toile. Kakashi referme son ordinateur alors que la porte s'ouvre pour laisser apparaitre Obito.

«Salut Salut!» chantonne le chirurgien.

«Hey!» répond Kakashi d'une voix morne.

«Oula, une petite baisse de moral on dirait!»

«Mouais, j'en ai marre d'être ici.»

«Tu m'en diras tant. Tu veux un câlin pour te consoler?» reprend Obito d'une voix enjôleuse et taquine.

Kakashi sourit et tend les bras, comme un enfant. Obito ne se fait pas prier pour répondre à l'invitation. Kakashi laisse son front reposer gentiment sur l'épaule de son ami. Il a juste besoin d'un peu de réconfort. Le chirurgien se laisse aller doucement à la somnolence, sous l'œil attendri de son ami. Obito commence à déposer de petits baisers sur la tempe de Kakashi, comme des caresses, en imprimant un mouvement en cercle dans son dos pour qu'il se détende. Puis il imprime une légère pression sur le torse nu de son ami pour que celui-ci s'allonge complètement, et y laisse courir des mains aventureuses.

Kakashi, qui commence à se tortiller sous les chatouilles, murmure:

«Obito, qu'est ce que tu...»

Mais Le chirurgien vient de poser un doigt sur la bouche de son ami, lui imposant le silence.

Dans ses yeux brille une lueur d'excitation.

«Dis-moi Kashi» lui chuchote-t-il à l'oreille, en faisant descendre doucement sa main droite vers le bas ventre du chirurgien, «ça doit faire un bail que tu n'as pas...»

Obito laisse sa phrase en suspens, mais la position de sa main est univoque.

Kakashi sent l'excitation le gagner rapidement. Il commence à protester:

«Obito, arrête, je peux très bien me débrouiller tout seul tu sais!»

La détermination dans le regard d'Obito le fait frémir. Il n'a jamais pu lui dire non, il le sait. Il tente alors maladroitement de repousser son ami. Il n'a pas envie de ça, pas ce soir.

Obito pousse un soupir frustré avant d'offrir un regard angélique à son ami.

«Il y a quand même une chose que tu ne peux pas faire tout seul» lui lance-t-il taquin.

Kakashi n'a pas le temps de réagir. Une vague de plaisir l'envahit immédiatement lorsqu'il sent une langue chaude s'enrouler autour de son sexe.

Il se retient de pousser un long râle tandis qu'Obito continue son travail d'expert. Kakashi crispe sa main dans les cheveux d'Obito. Un instant, le brun se demande si son ami ne va pas le repousser. Mais au contraire, Kakashi imprime une pression supplémentaire pour faire comprendre à Obito qu'il en veut plus.

Lorsqu'Obito se redresse en s'essuyant le coin de la bouche, Kakashi détourne les yeux. Il ne peut s'empêcher d'éprouver un étrange sentiment de honte. Voire même de dégoût envers lui-même. son regard se porte sur le réveil. C'est raté pour la répétition de Mescaline en tout cas.

Obito se redresse complètement et lance innocemment:

«J'ai fait la connaissance de Naruto aujourd'hui, un brave garçon!»

Kakashi lance un regard suspicieux à son ami.

«Laisse moi deviner, il t'a demandé de lui parler de son père, non?»

«Oui.»

«Et?»

«Et je lui ai dit la vérité, que son père avait couché avec toi en te faisant miroiter le poste de chef. Qu'il avait joué avec Kushina, et avec toi.»

«Arrête Obito, Minato m'aimait! Il voulait quitter Kushina!»

«Il te l'a dit?»

Kakashi reste muet. Non, Minato ne lui a jamais clairement dit qu'il allait quitter sa femme, il se faisait même plus distant depuis l'annonce de la grossesse de Kushina. Minato semblait perdu en fait.

«Mais bon sang Kakashi, quand vas-tu te décider à ouvrir les yeux? Minato t'a mené en bateau, bordel! Je vais te dire un truc, que je ne t'ai jamais dit avant parce que je voulais te préserver. Mais il est temps que tu saches la vérité, pour que tu puisses enfin tirer un trait sur tout ça! Quand Minato a eu son accident...»

Kakashi détourne la tête, il ne veut pas entendre la suite. Il ne veut pas revivre ça. Pourquoi Obito lui fait-il subir ce calvaire à nouveau? Mais le chirurgien reprend déjà:

«Quand Minato est mort, il venait t'annoncer qu'il allait te quitter Kakashi, juste après avoir avoué votre relation à Kushina. Ils venaient de prendre la décision de se laisser une seconde chance, pour leur enfant, et pour leur couple. Il t'a peut être aimé, à un moment, mais il avait fait son choix. Et c'est Kushina qu'il avait choisie, pas toi.»

Le ton dur d'Obito est aussitôt balayé par une étreinte, laissant à peine à Kakashi le temps de réagir.

«Kashi, oublie le passé. Oublie Minato. Il t'a donné ce poste de chef comme lot de consolation, pour se faire pardonner peut-être. Mais il n'aurait jamais quitté Kushina. Il t'a menti Kakashi.»

Le ton s'est fait beaucoup plus doux, et Kakashi ne peut retenir un flot de larmes amères. Il se hait, à cet instant précis il se hait d'avoir pu être aussi naïf, si crédule. Alors il s'accroche à Obito, son ami de toujours, et il finit par s'endormir épuisé, après tant d'années de lutte.

Obito attend que Kakashi soit profondément endormi pour quitter la chambre sans bruit.

Il vient de semer la dernière graine de son plan machiavélique.

Il a apporté le chaos à l'hôpital central de Konoha, et l'emprise qu'il vient de poser sur Kakashi semble à présent indestructible.

...

Le soir même à l'internat, salle de répétition derrière le billard.

«C'était pas terrible» lance Aoba blasé.

«Ouais, désolé les gars, je suis pas dedans» répond Asuma en s'allumant une cigarette.

«Moi non plus» reprend Tsunami en soupirant.

«Sans Kakashi, c'est pas pareil de toute façon.»

«Ouep.»

«Bon allez, on arrête les frais pour ce soir. On se prend un dernier pot avant de partir?»

«Carrément. Tsunami, Kotetsu, allez donc cherchez vos moitiés, ça leur fera plaisir.»

«Pas sûr» lance Kotetsu d'un air renfrogné.

Tsunami hoche la tête tristement.

« Quoi? Encore cette histoire de blog? Mais c'est pas possible ça! Deux ou trois abrutis s'amusent à foutre le bordel, et tout le monde tombe dans le panneau. Bon, je vais les chercher moi, on va régler ça une bonne fois pour toutes.»

Tandis qu'Asuma s'en va dans les étages pour récupérer les deux internes, Tsunami lance un regard interrogateur vers Kotetsu.

«Vous aussi vous avez été victimes du blog alors?»

«Non,» répond l'interne, «c'est juste que Shizune ne supporte pas qu'on touche à son petit Iruka chéri, même quand celui-ci se comporte comme le pire des salauds.»

«Attends, on parle bien d'Iruka là? qu'est-ce qu'il a fait?»

«Tu vois!» lance Kotetsu à Tsunami, en ignorant Aoba qui vient de réagir, «tout le monde lui donne le bon dieu sans confession à Iruka. A croire que c'est le type parfait! Et quand il pourrit Izumo, tout le monde lui cherche encore des excuses. Ça me gave franchement!»

«Tu ne serais pas tout simplement jaloux?» lance timidement Tsunami.

«Oh et puis merde tiens! Allez je me casse, prenez-le tous seuls votre verre!»

Kotetsu se lève brutalement et part en direction de sa chambre. Dans l'escalier, il croise Shizune et Genma, penauds, devant un Asuma qui semble remonté comme une pendule.

«Qu'est ce que tu fous Kotetsu?»

«je monte me coucher» répond l'interne sur un ton blasé.

«Que dalle, ramène tes fesses immédiatement!» déclare le neurochirurgien en le saisissant par l'épaule pur le faire tourner dans l'autre sens.

«Pas la peine de lutter, crois-moi» lance Genma en soupirant.

Une fois tout ce petit monde réuni dans le réfectoire, Asuma prend la parole. Il exige que chacun mette cartes sur table.

Devoir s'expliquer devant tout le monde est un exercice difficile. Mais il a l'avantage de faire prendre conscience du ridicule de certaines situations. Ainsi, après quelques minutes de discussion, et d'excuses, Tsunami et Genma sont réconciliés.

«Je ne le pensais pas vraiment tu sais» murmure la jeune femme à l'oreille de son amoureux.

«Je sais, je sais. Allez on n'en parle plus ok?»

Pour Shizune et Kotetsu, c'est un peu plus compliqué en revanche. Le jeune homme se mure dans un mutisme qui tend à exaspérer la jeune femme.

«Bon, tu te décides Kotetsu? On va pas y passer la nuit hein!» lance Asuma.

Le jeune homme détourne le regard, mais sursaute lorsque le poing du neurochirurgien frappe la table.

«Kotetsu! Maintenant! Crache!»

L'interne de pneumologie déclare alors d'une toute petite voix:

«Je trouve que Shizune prend trop la défense d'Iruka.»

«Tu pourrais au moins avoir l'obligeance de me le dire en face» assène la jeune femme. Mais C'est au tour d'Aoba d'intervenir.

«Hé ho, tout doux. Pas la peine de gueuler direct non plus. Shizune, c'est vrai que tu es très proche d'Iruka. Je me mets à la place de Kotetsu, ça me ferait chier autant que lui je crois.»

Shizune croise les bras d'un air buté. Et Asuma pousse un soupir.

«Je crois savoir ce qui se passe avec Iruka» lâche-t-il. «Il t'a parlé de quelque chose?»

«Non, et c'est bien ça qui m'inquiète. Il se renferme dans son silence, il est de sale humeur en permanence. Et en tant que meilleure amie, je dois l'aider. Tu comprends Kotetsu?»

Le jeune homme hoche la tête, conscient que sa petite amie est vraiment inquiète.

«Je suis désolé, je me suis emporté, mais après ce qu'il a dit à Izumo.»

«Justement! Jamais le Iruka que l'on connait n'aurait sorti un truc pareil! Il y a un truc qui cloche, un truc grave, et je pense que ça concerne...»

«Kakashi.»

Le prénom a été prononcé de manière synchrone par tous les membres du groupe.

«Écoutez, je ne peux pas trop entrer dans les détails, mais je pense qu'il vaut mieux éloigner Iruka de Kakashi le plus possible pour le moment. Le temps que la situation se tasse» reprend Asuma.

«Pas facile, ils sont dans le même service!»

«Kakashi devrait quitter l'hôpital la semaine prochaine. Débrouillez-vous pour qu'Iruka prenne quelques jours de vacances en attendant, ok? Moi je me charge de Kakashi.»

Les autres acquiescent, sans vraiment chercher à comprendre plus loin.

La tension de ces derniers jours est juste en train de retomber doucement. Pas la peine de se torturer le cerveau en essayant de comprendre ce qui se trame entre Kakashi et Iruka.

Alors que certains se lèvent déjà, Shizune attrape le bras d'Asuma et lui murmure:

«C'est cet Obito Uchiwa qui vient foutre le bordel, non?»

Asuma hoche la tête.

«Tu devrais garder un œil sur Naruto, Shizune. Lui non plus ne va pas être épargné. Si ce n'est déjà fait.»

...

Quand Shikaku vient annoncer à Kakashi que l'ablation des broches est prévue pour le lendemain, le chirurgien saute de joie. Enfin intérieurement seulement, parce que là, il est toujours en équilibre sur ses béquilles, en plein milieu du couloir de chirurgie cardio-thoracique.

«Ne force pas trop quand même hein!» lance le chirurgien orthopédiste avant de repartir.

Kakashi se tourne vers son équipe, qui l'attend pour commencer la visite. Clopin clopant, il rejoint ses collègues, tout fier de lui. Yamato l'aide à passer sa blouse de chef. Bien sûr, le chirurgien reste chef suppléant, et doit notamment s'occuper de toute la paperasse. Mais Kakashi a besoin de se sentir chirurgien avant que patient à présent. Et cela permet aussi à Yamato de limiter un peu les visites d'Obito, qui ne passe à présent que l'après-midi, comme n'importe quel visiteur.

«Tiens, Iruka n'est pas là?» demande Kakashi.

«Il a pris quelques jours de vacances.»

Kakashi ne relève pas. De toute façon, c'est une affaire classée, même s'il sait que ce qu'il ressent au fond ressemble fortement à du regret.

Le chirurgien semble ravi de pouvoir diriger la visite. Il plaisante avec Kankuro et Hidan, taquine les deux internes qu'il ne connait pas encore très bien. Il passe un bon moment en fait.

A quelques kilomètres de là, à la gare routière de Konoha.

«Fais un bon voyage Iruka. Reviens-nous en forme ok?»

Le jeune homme hoche la tête.

Ses quatre meilleurs amis lui sont tombés dessus un soir, il y a quelques jours.

Shizune, Genma, Izumo, Kotetsu.

En un rien de temps, ils l'ont fait craqué. Entre deux sanglots, il a vidé son sac. Il a tout balancé: l'attitude contradictoire de Kakashi, la discussion avec Obito, le petit jeu de manipulation qu'il subit depuis que ce type est dans le service.

Ses amis l'ont écouté sans l'interrompre, lui apportant réconfort et soutien. Et puis Shizune a parlé, pour tous les quatre:

«Écoute Iruka, tu vas laisser tomber toute cette histoire, et essayer d'oublier un peu Kakashi. Je ne dis pas que tu dois tirer définitivement un trait sur lui, mais ce n'est pas le bon moment. Tu as besoin de reprendre un peu d'air, de te reconcentrer sur ton internat, sur toi aussi. Tu vas prendre quelques jours de congés, aller voir ta maman, et quand tu reviendras, on ne parlera plus de cette sombre histoire d'accord?»

Le jeune homme hoche la tête. Il est épuisé, tant physiquement que moralement.

Quand il monte dans le bus et jette un par dessus son épaule, il voit Kotetsu, qui a passé un bras aimant autour des épaules d'une Shizune souriante. Il voit Genma et Izumo qui lui font de grands signes de la main en se chamaillant. Alors il sourit lui aussi.

L'air de la mer lui fera du bien.

...

Voilà, Iruka a décidé de s'éloigner. C'est sûrement mieux comme ça.

Si vous avec l'impression d'être perdus, avec toutes les versions différentes que donne Obito, c'est normal. Je crois bien qu'il est essaye de vous manipuler vous aussi!

Alors, qui dit vrai dans tout ce bazar?

Suite au prochain chapitre!