Et, le chapitre tant attendu qui vient clore le 2e arc!

Préparez les petits gâteaux et les boissons énergisantes, il est super long!

J'attends vos commentaires avec un mélange d'impatience et d'anxiété.

Bonne lecture!

Chapitre 24: Cataclysme.

«Regardez, on a reçu une carte d'Iruka!» s'écrie Shizune en brandissant le petit morceau de carton.

«Alors qu'est ce qu'il raconte?» demande impatiemment Izumo.

«Ben ça a l'air d'aller. Il profite du beau temps apparemment. Et il s'est remis au dessin.»

«Cool, il va nous revenir en pleine forme et tout bronzé!» reprend Genma.

«Tant mieux, il en avait bien besoin! Et si ça tombe, il va se trouver un beau petit surfeur en prime!»

«Je pense qu'il serait plus judicieux qu'il fasse un break niveau cœur» lance Shizune en fronçant les sourcils. «Qu'il se remette déjà de cette sombre histoire avec Kakashi, après on verra.»

«Il a quand même le chic pour tomber amoureux des pires idiots de la planète» rétorque Kotetsu.

«Clair! Enfin bref, il faudra quand même qu'on soit attentif à son retour. Parce que s'il veut toujours être chirurgien cardio-thoracique, il devra fatalement travailler avec Kakashi.»

«On n'en est pas encore là, Genma. Attendons de voir comment les choses vont se tasser ici déjà, ok?»

Tout le monde acquiesce à la remarque de Shizune, et prend la direction du réfectoire de l'internat pour entamer une nouvelle journée de travail.

...

Kakashi est impatient ce matin. Qui aurait imaginé qu'il puisse sauter de joie à l'idée de passer au bloc? Dans la salle d'intervention, il regarde le personnel s'activer. Dans moins de dix minutes, il sera endormi, entre les mains expertes de Skikaku.

Adieu ces satanées broches! Adieu l'hôpital, et bonjour la liberté retrouvée!

«Alors Kakashi, tu es prêt?» demande Hiashi qui vient d'apparaitre au dessus de sa tête.

Le chirurgien lui sourit, le regard brillant d'impatience.

«Ouep!»

«Alors fais de beaux rêves» lui murmure l'anesthésiste en poussant le produit dans la perfusion.

Les yeux de Kakashi se ferment immédiatement sous l'effet du puissant anesthésique.

Shikaku entre alors en scène. Rien de bien compliqué, juste faire attention à ne pas fragiliser l'os en retirant les broches. Izumo regarde son chef opérer en douceur. Dire que cet homme, allongé là, a tant fait souffrir son meilleur ami. C'est vrai qu'il a un visage angélique, endormi là, le sourire au lèvres.

Izumo est tiré de ses pensées par Shikaku.

«Hé Izumo, tu es avec nous?»

Le jeune homme sursaute un peu, avant de hocher la tête.

«Tu veux retirer la dernière broche?»

Izumo est ravi. En professionnel, il enlève précautionneusement la dernière entrave de la jambe du chirurgien cardio-thoracique. Il s'applique, même s'il ne peut s'empêcher de penser que Kakashi ne mérite sûrement pas toute l'attention et le soin qu'on lui porte.

Tandis que les chirurgiens orthopédistes quittent déjà la salle de bloc, les infirmières s'attèlent à la confection des pansements sur les petites plaies de la peau laissées par les broches.

Hiashi contrôle une dernière fois les constantes de Kakashi avant de lui injecter un produit que va dissiper peu à peu les effets de l'anesthésie. Il pose une main affectueuse sur la tête du chirurgien, avant de le confier aux brancardiers.

Lorsqu'il ouvre enfin les yeux, la première chose que Kakashi fait est de mobiliser sa jambe.

Il est encore fatigué par l'intervention mais sourit de toutes ses dents. Sa jambe n'est plus entravée, enfin!

Dès demain, il sera chez lui, au milieu de ses chiens adorés. Il aura encore un peu de rééducation à faire, mais le plus dur est maintenant passé. La vie s'ouvre à nouveau devant lui. Obito a raison: oublier le passé une bonne fois pour toutes, mordre la vie à pleines dents, s'éclater et faire tout ce dont il a envie. Voilà le programme!

...

Le blog semble encore avoir frappé ce weekend. A l'internat, les discussions vont bon train. A peine a-t-il posé un pied dans le réfectoire que tous les regards se braquent sur Zetsu. Une vidéo a été diffusée sur le blog, le montrant en train de visionner un film porno à l'hôpital! Quelques rires moqueurs discrets montent dans la salle, mais le regard meurtrier du dermatologue les fait taire instantanément. Il n'est pas la seule victime du weekend d'ailleurs. Les infirmières de cardiologie en ont pris pour leur grade elles aussi. Une deuxième vidéo les montre en train de parodier leur chef de service. Elles sont particulièrement cruelles. Cette vidéo là ne fait pas vraiment rire les médecins et internes. Elle vient alimenter la rubrique «ce que pensent vraiment vos collègues», celle là même qui avait failli provoquer la rupture de Genma et Tsunami.

Le petit jeu des blogueurs anonymes commence sérieusement à agacer tout le monde.

«Putain, ça devient lourd là! Si je choppe les auteurs de ce blog, je leur fais bouffer leurs caméras!» lance un interne, qui vient de se prendre une baffe monumentale de la part d'une de ses collègues, dont il avait moqué l'embonpoint.

Un peu à l'écart, Hinata et Sai mangent en silence. Le malaise est palpable.

«On devrait peut-être arrêter, non?»

«C'était ton idée à la base» rétorque Sai.

«Oui, mais... Je ne pensais pas que ça irait si loin» chuchote la jeune femme, en jetant des coups d'œil inquiets autour d'elle.

«Tu regrettes?» demande l'externe.

«Un peu» répond Hinata.

Sai pousse un soupir en s'étirant sur sa chaise.

«Ils l'ont bien cherché, tous autant qu'ils sont. 'on récolte ce que l'on sème', c'est bien ce que dit le proverbe non?»

Hinata lève les yeux vers son ami, et pâlit instantanément. Sai lui lance un regard interrogatif, mais se raidit à la seconde où il entend une voix murmurer derrière eux.

«Vous allez finir par avoir de gros problèmes tous les deux.»

La femme s'installe à côté d'eux, comme si de rien n'était et poursuit à voix basse, sans même un regard vers les deux externes:

«Je suis étonnée Hinata. Je ne t'imaginais pas faire ce genre de choses. Ça me déçoit beaucoup.»

La jeune femme baisse le nez dans son assiette. Elle a toujours eu un profond respect pour Kurenai Yohi. Elle aimerait devenir pédiatre comme elle. La jeune externe ne sait quoi répondre, mais Sai décide de s'en charger pour elle.

«Les gens doivent assumer les conséquences de leurs actes» lance-t-il sèchement. Plus la peine de nier de toute façon, Kurenai les a démasqués. Mais si la pédiatre avait voulu les dénoncer, ce serait déjà probablement fait.

Kurenai pose un regard empreint d'un mélange de douceur et de fermeté sur les deux externes.

«Croyez-vous vraiment que dévoiler toutes ces choses sert réellement votre but? Regardez autour de vous: ça chuchote, ça se moque, ça se dispute. N'est ce pas tout ce que vous vouliez dénoncer?»

Hinata et Sai se regardent, gênés. Kurenai a raison: leur blog est en train de provoquer plus de mal qu'autre chose.

«Les enfants,» reprend la pédiatre, «vous ne pourrez pas obliger les gens à mieux se comporter entre eux comme ça. Vous n'allez apporter que plus de suspicion et défiance.»

«Oui mais...»

Kurenai lève une main autoritaire, signifiant qu'elle n'en a pas terminé, alors Sai se tait.

«Vous allez mettre fin à ce blog dès aujourd'hui, c'est compris? je ne vous dénoncerai pas, mais je veux que vous me promettiez de ne plus jamais refaire ce genre de choses.»

Hinata jette un coup d'œil à Sai, qui prend un air braqué. Elle déclare alors d'une petite voix: «Sai, je crois que le Professeur Yohi a raison. Il faut qu'on arrête, avant que ça ne dégénère.»

Comme pour lui donner raison, un éclat de voix se fait entendre au fond de la salle.

«Espèce de connard! Tu m'avais juré que tu ne la voyais plus!»

«Mais c'est vrai!»

«Et cette photo alors?»

«C'est justement le jour où j'ai annoncé à Yumi que c'était toi que j'aimais! Et qu'elle devait arrêter de nous harceler!»

«Mais bien sûr! Tu me prends pour une truffe ou quoi?»

«Mais je te jure que c'est vrai!»

Tandis que la dispute se poursuit, Kurenai pose un regard sévère sur les deux externes:

«Vous voyez, les choses sont parfois trompeuses. Je ne mets pas en doute votre volonté de bien faire au départ, mais votre blog est en train d'entraîner des ravages dont il vous faudra assumer les conséquences.»

«Ça va, on a compris» lâche Sai en poussant un soupir de frustration. «Mais avouez quand même que tout se passerait mieux si les gens se respectaient un peu plus!»

Kurenai sourit à l'externe avant de répondre:

«Les relations humaines sont compliquées, Sai. Rien n'est jamais tout noir, ou tout blanc. Et personne n'est infaillible. Vous êtes intelligents tous les deux, mais vous êtes encore jeunes. Je peux comprendre votre intransigeance, mais lorsque la vie vous aura envoyé quelques coups, vous apprendrez que la souplesse est parfois plus judicieuse.»

Sur ce, la pédiatre abandonne les deux externes pour rejoindre Asuma qui vient d'arriver à l'internat.

Hinata observe Sai. Son visage, habituellement imperturbable, révèle l'intense réflexion qui se déroule à cet instant même dans son esprit. L'externe finit par lever la tête pour fixer la jeune femme:

«Bon, on arrête?»

Hinata hoche la tête, presque soulagée.

«J'irai retirer une partie des caméras ce soir. Tu pourras t'occuper du site?»

De nouveau, la jeune femme acquiesce. Le Professeur Yohi a parfaitement raison, et la jeune femme vient juste de le comprendre. A exiger des comportements exemplaires, on n'entraîne qu'un peu plus le chaos.

...

Koharu marque un temps d'arrêt en entrant dans la chambre de Kakashi.

«Qu'est ce que tu fais?»

«Et bien je range mes affaires!» lance joyeusement Kakashi en entassant ses vêtements dans un sac de sport.

«Tu as le temps, tu ne sors que demain après-midi.»

Kakashi ne répond rien, mais le sourire qu'il arbore de dit rien qui vaille à la vieille infirmière.

«Kakashi,» lance-t-elle d'un ton ferme, «tu pars demain, on est bien d'accord?»

«Oui, oui!» rétorque le chirurgien agacé.

Bon, pour être tout à fait honnête, il avait effectivement l'intention de se faire la malle dès ce soir. Il sait que ce n'est pas bien, il a subi une anesthésie ce matin même. Mais l'idée de devoir passer encore une nuit à l'hôpital, malgré l'affection que lui porte toute l'équipe, l'horripile au plus haut point.

Sauf que, maintenant qu'il s'est fait grillé par Koharu, il est clair que son plan tombe à l'eau. Elle est capable de flanquer deux matons devant la porte de sa chambre toute la nuit.

Kakashi pousse un soupir de frustration en refermant la fermeture éclair de son sac. Au moins, ça lui laissera le temps d'aller dire au revoir à Onoki, et à Nagato. Ca fait quelques jours qu'il n'a pas vu le jeune homme, et il aimerait lui laisser un petit cadeau avant de partir.

«Bon, je dois aller faire mes adieux à mes petits camarades de rééducation» déclare Kakashi en saisissant sa guitare sèche, après avoir balancé son sac dans un coin. «Je serai de retour dans deux heures.»

«Promis?» répond Koharu.

«Promis.»

Le ton est franc, Koharu laisse donc partir son chef l'esprit tranquille.

En entrant dans la salle de rééducation, Kakashi se met à sourire. Onoki est encore en train de faire des siennes.

«Hé vieux crouton! La forme?»

Le vieil homme se retourne et agite la main en guise de bonjour. Il semble ravi de voir son ami marcher sans peine pour venir le rejoindre.

«Alors ça y est, ils ont fini par t'enlever ton appareillage de Terminator?»

«Ouais, regarde ça, une jambe comme neuve!»

«Vas-y doucement quand même hein!» répond Raido. «Et tu n'oublieras pas de faire ta rééducation tous les jours à la maison, comme je t'ai montré!»

«Oui papa!» répond Kakashi en levant les yeux au ciel, avant d'éclater de rire.

«Je suis vraiment heureux pour toi Kakashi. Tu as retrouvé le sourire en plus, c'est bien» reprend Onoki sur un ton affectueux. «Je te souhaite beaucoup de réussite pour la suite. Ah tiens, avant que j'oublie, voici mon adresse!»

Le vieil homme tend un morceau de papier au chirurgien, qui lève un regard interrogateur.

«Tu pourras passer me voir à l'occasion, pour me montrer ta nouvelle moto!»

«Quoi? tu as l'intention de racheter une moto? Je ne sais pas si...»

«Tu sais ce qu'on dit Raido, il faut vite remonter en selle quand on est tombé» l'interrompt Kakashi. Devant le visage inquiet du kiné, il ajoute: «Je te promets que je serai prudent.»

«Tu as plutôt intérêt! Et pas de moto avant...»

«Pas de moto avant la fin de la rééducation, je sais» soupire le chirurgien, ce qui entraine de nouveau les rires.

Tandis que Kakashi et Onoki se dirigent vers la porte, le vieil homme déclare, sur un ton paternaliste qui fait sourire Kakashi:

«Tu as intérêt à me donner des nouvelles, petit con! J'attends aussi avec impatience que tu viennes me présenter ta dulcinée.»

Kakashi pose un regard étonné sur son ami.

«Ma dulcinée?»

Onoki se met à rire doucement.

«Et bien oui, il ne te manque que l'amour à présent, pour avoir une vie comblée. Alors tu vas me faire le plaisir de te mettre sérieusement à la recherche de ton âme sœur, c'est compris?»

Kakashi préfère ne pas entrer à nouveau dans ce débat compliqué avec Onoki. Alors il se contente de hocher la tête.

«Merci Onoki, j'ai passé de supers moments avec toi. J'espère que tu rentreras vite à la maison toi aussi!»

Les deux hommes se serrent la main chaleureusement, avant qu'Onoki ne décide de donner une accolade à son jeune ami. Il en profite pour lui murmurer ces derniers mots:

«Kakashi, j'aurais été très fier d'avoir un fils comme toi. Portes-toi bien.»

Le chirurgien se racle la gorge, essayant de masquer son émotion à ces touchants propos. Il salue une dernière fois son vieil ami et quitte la salle de rééducation. Voilà, la première page est tournée.

Kakashi se dirige à présent vers le service d'orthopédie. Mais les infirmières l'informent que Nagato n'est plus hospitalisé dans le service. Il a rejoint le service d'oncologie pour une nouvelle cure de chimiothérapie. C'est d'un pas inquiet que Kakashi rejoint le service. Comme il le craignait, les visites ne sont pas autorisées dans ce service sous haute surveillance, aux patients particulièrement fragiles. Une gentille infirmière lui propose de laisser un message au jeune malade, en lui promettant de lui remettre le jour même. Kakashi s'assied un peu à l'écart, et après quelques secondes de réflexion, commence à écrire.

«Nagato,

Je quitte l'hôpital demain. J'aurais vraiment aimé pouvoir te dire au revoir de vive voix. Je suis vraiment heureux d'avoir eu la chance de faire ta connaissance. Tu es un garçon formidable et courageux. Alors, quoi qu'il arrive, ne baisse jamais les bras, d'accord?

J'essayerai de passer te voir dès que tu seras sorti du service d'oncologie. Alors tiens-moi au courant ok? Je te laisse mon numéro de téléphone.

Je te laisse aussi ma guitare, pour que tu puisses t'entrainer un peu. Quand on se reverra, on pourra jouer ensemble, comme dans le hall. Ce serait super de remettre ça hein?

Je ne te souhaite pas bon courage, parce que je sais que du courage, tu en as à revendre. Prends bien soin de toi, et n'hésite pas à m'appeler si tu as besoin de quoi que ce soit.

A très bientôt.

Kakashi.»

Le chirurgien dépose sa feuille ainsi que sa guitare entre les mains de l'infirmière et quitte le service d'oncologie pour remonter en chirurgie cardio-thoracique.

Il est surpris de ne pas voir Obito quand il rentre dans sa chambre. Son ami lui avait pourtant dit qu'il passerait. Kakashi espère qu'il n'y a pas eu de problème avec les chiens. Apparemment, la situation est toujours compliquée entre Jack et Obito. Le chirurgien repense aux derniers propos de son ami. Ses souvenirs de Minato se sont faits plus flous au fil des ans, mais Obito a sûrement raison. Il n'était qu'un pauvre interne, prêt à tout pour faire carrière. Et Minato en a profité. Le coeur de Kakashi se serre à cette idée, mais il sent aussi le poids de la honte. Finalement, il s'est comporté exactement de la même façon que Minato avec Iruka. Il n'est pas mieux en fait. Kakashi décide de repousser ces sombres pensées au plus profond de son être.

Il allume son ordinateur, histoire de se changer les idées. Un petit tour sur la page de Mescaline en attendant le diner. Kakashi n'a pas consulté la page depuis plusieurs jours. Et à son grand étonnement, il voit que les commentaires se sont accumulés. La plupart très positifs d'ailleurs! Le mystère engendré par le peu d'informations données semble avoir fait son petit effet. Kakashi décide de poursuivre le petit jeu, et s'amuse alors à bidouiller une photo du groupe, de manière à ce qu'aucun visage ne soit reconnaissable. Il faudra qu'il pense à en parler aux membres du groupe au passage. Il a quelques idées sympas à leur soumettre, pour alimenter encore plus le mystère. Et pourquoi pas faire un clip?

Obito débarque enfin, pour trouver Kakashi complètement plongé dans son site.

«Qu'est ce que tu fais?» demande le chirurgien en se penchant par dessus l'épaule de son ami.

«J'ai créé un site pour Mescaline. On commence à devenir populaire regarde!»

Obito sourit devant l'enthousiasme de Kakashi. Mais au fond, il fulmine. Ce groupe, c'est à présent le seul lien qui relie encore Kakashi à ses autres amis. Et Obito est bien décidé à le rompre définitivement. Alors sournoisement, il décide de passer à l'offensive:

«C'est pas mal en effet, mais vous ne faites jamais de concert. C'est dommage.»

«Bah tu sais, c'est compliqué avec les emplois du temps de tout le monde. Et puis brasser tout le matos c'est chiant aussi. C'est clair que plus il y a de monde dans un groupe, plus c'est compliqué.»

Obito sourit tandis que Kakashi poste une nouvelle chanson. Son ami est en train d'aller dans l'exacte direction qu'il souhaite. Le chirurgien reprend:

«En plus, c'est toi qui fais tout finalement dans le groupe. Tu composes la musique, tu écris les textes, tu chantes.»

«Ouais, mais les autres sont importants aussi. Ca forme un tout tu vois? Par exemple dans cette chanson,» poursuit Kakashi en lançant la chanson «In your Hands», «sans le tambourin, la basse et la batterie, elle perd tout son charme.»

Obito fait la moue, et laisse passer quelques secondes avant de reprendre innocemment:

«Ouais, mais je suis persuadé que tu aurais autant de succès, voire plus, si tu étais tout seul. Je trouve que c'est dommage de partager le succès quand on en est à l'origine.»

Kakashi lève un regard suspicieux vers Obito.

«Alors là, je suis pas d'accord avec toi, Tobi! La musique, c'est avant tout un partage...»

«Oula, t'énerve pas, j'y connais rien moi de toute façon» répond Obito en prenant un air innocent. «Ca faisait longtemps que tu ne m'avais pas appelé Tobi dis-donc!» conclut-il, histoire de changer de sujet.

Obito a en effet senti que la partie était loin d'être jouée concernant ce problème. Il a été absent bien trop longtemps auprès de Kakashi. Les autres ont insinué cette sale petite graine d'optimisme et d'espoir qu'il va devoir rapidement étouffer.

...

A quelques kilomètres de là, dans les bureaux de la chaine de tv KonohaSky, une voix se met à retentir, faisant trembler les vitres.

«Haaaaaaaaaa! C'est pas trop tôt! J'en pouvais plus d'attendre des news moi!»

Tandis que la plupart du personnel préfère faire comme si de rien n'était, la collègue la plus proche de la jeune femme qui vient de s'exprimer bruyamment se sent obligée de demander:

«Qu'est ce qui t'arrive, Anko?»

«C'est ce petit groupe là, Mescaline, qui vient de débarquer sur la toile. Ils sont très prometteurs, mais n'avaient rien publié depuis plusieurs jours. Ils feraient un très bon sujet pour la rubrique «jeunes talents du net», mais ils ne donnent que peu d'infos. Regarde la photo qu'ils ont publiée, on voit même pas leurs têtes!»

«Ils ne veulent pas être reconnus c'est tout» lâche laconiquement la collègue.

«Mais c'est trop dommmmmagggge! Ils sont bons! J'adore la voix du chanteur en plus. Pour une fois que je repère un truc potable dans toute cette merde musicale, ces abrutis jouent la carte du mystère!»

«Et bien justement, ça pourrait faire un très bon sujet alors!» reprend une voix derrière les deux jeunes femmes.

La collègue d'Anko se redresse immédiatement pour reprendre son travail, ce qui tire un sourire au directeur de la chaine. Anko, quant à elle, s'étire sur sa chaise, peu impressionnée par son big boss. Le directeur est habitué aux mauvaises manières légendaires de la jeune femme. Il aime son originalité et son arrogance. Anko a un côté hyper, hyper-motivée, hyper-excitée, hyper-vulgaire, hyper-tout quoi! Sa culture musicale en ferait pâlir plus d'un, et c'est d'ailleurs pour ça que le directeur lui a confié une émission entièrement consacrée à la scène actuelle. Anko se donne toujours à fond dans son boulot. Quand elle aime, elle le dit, quand elle déteste, elle le dit aussi. Il lui est déjà arrivé de lyncher des groupes en direct, la soupe commerciale comme elle appelle ça. Passer en live dans son émission est un gage de talent, une référence.

Le directeur se penche au dessus de l'épaule de la jeune femme et lit tout haut:

«Mescaline... Bizarre comme nom, ça signifie quoi?»

«La Mescaline est un alcaloïde, proche de l'adrénaline, utilisé comme hallucinogène» récite Anko, preuve qu'elle a déjà commencé à se renseigner.

«Et bien, ça promet! Et alors, c'est si bon que ça?»

«Génial. Vous voulez qu'on fasse un test?»

Le directeur hoche la tête, curieux de voir ce que la jeune femme va encore inventer.

Anko lance la playlist et monte un peu le son. «Hello alone» résonne dans tout le bureau, provoquant d'abord des soupirs agacés de la part des collègues d'Anko, qui aimeraient bien travailler tranquilles pour une fois. Mais rapidement, les têtes commencent à s'agiter timidement au rythme de la musique, certains posent leurs stylos, arrêtent de taper sur leurs claviers, pour profiter de la chanson. Au bout du compte, Anko a réussi à capter l'attention de la plupart de ses collègues, chacun y allant de son petit commentaire. Tandis que la chanson suivante débute, sur un ton plus gai, Anko se fend d'un sourire narquois. Les deux collègues préposées à la photocopieuse commencent à se trémousser au son de «We are golden». Les pieds tapent maintenant en rythme sur le sol et tout le monde a arrêté de travaillé. Anko se tourne vers son boss:

«Alors, convaincu?»

«Ok, je pense que tu devrais continuer dans leur idée, en entretenant le mystère qu'ils semblent vouloir conserver.»

«Ouais, ça va titiller les spectateurs. Ils vont vouloir en avoir plus. Ça pourrait devenir le petit fil conducteur de la rubrique en plus. Mais qui est donc Mescaline?»

Anko accompagne sa question d'un grand geste pour mimer l'impression de mystère.

«Ok, tu as mon feu vert.»

...

Bien loin du tumulte de Konoha, Iruka profite des derniers rayons du soleil, qui se couche déjà à l'horizon. La mer prend une magnifique couleur rose orangée. Iruka est bien, apaisé.

Shizune et les autres avaient raison, revenir ici lui a fait un bien fou. Bien sûr, sa mère a toujours une santé fragile, mais elle semble heureuse. Elle a enfin décidé de se débarrasser des affaires de son père. Plus une trace de l'homme à la maison, en dehors des photos collées dans l'album familial.

Laisser le passé là où il est. Et bientôt, son aventure avec Kakashi sera aussi complètement enterrée. Il a promis à Shizune de ne plus penser au chirurgien, mais il avait aussi besoin de remettre ses idées au clair.

Il y a réfléchi, pendant des heures, tandis qu'il tentait de rendre au jardin de sa mère une apparence organisée. Et il en est arrivé à une conclusion: quoi qu'ait pu faire Kakashi par le passé, il ne peut pas être la personne cruelle qu'Obito lui a décrite.

Certaines paroles, certains regards n'étaient pas feints. Il est impossible de simuler ses sentiments à ce point. Iruka ne peut s'empêcher de repenser à leurs nuits torrides. Il a l'impression d'entendre encore Kakashi soupirer son prénom, de sentir ses mains caresser sa peau. Mais ce n'est que le vent du large qui lui murmure ces souvenirs, la brise du soir qui fait frémir son épiderme.

Iruka secoue la tête. Il ne doit plus penser à Kakashi. Pas comme ça en tout cas. Le temps viendra où ils se recroiseront, se reparleront. Mais Iruka saura faire face, il en est à présent convaincu.

Tandis que le soleil a maintenant presque disparu à l'horizon, Iruka entend sa mère l'appeler doucement, comme quand il était petit. Il se tourne pour la voir, souriante, dans l'encadrement de la porte d'entrée. Il prend le temps d'admirer la façade de sa maison d'enfance, et puis se dirige d'un pas tranquille vers sa mère. La sérénité se lit à présent sur son visage. L'interne passe affectueusement un bras autour des épaules de sa maman et ils rentrent diner tous les deux. Il ne lui a rien raconté, elle n'en a pas eu besoin. Elle connait bien son fils, avec son cœur de guimauve. Encore une histoire de cœur qui a mal tourné. En feuilletant distraitement le carnet à dessins de son fils, elle a reconnu ses amis: la gentille Shizune, Kotetsu et Izumo les deux inséparables, et Genma le trublion. Certains visages lui étaient inconnus, sûrement des collègues de l'hôpital. Iruka parle peu de son travail, pour ne pas l'inquiéter probablement. Elle sait qu'il travaille dur. Sur l'une des pages du carnet, un visage a été consciencieusement gommé. On distingue encore les traits d'un homme au physique semble-t-il fort agréable. Elle trouve étrange qu'Iruka ait pris le soin de gommer ce portrait, au lieu de le rayer ou d'arracher la page, tout simplement. Mais elle n'en parlera pas pour préserver l'intimité du jeune homme. Car Iruka sait très bien qu'il peut se confier à sa mère s'il le souhaite.

Mais elle trouve aussi son fils unique changé. Il a pris de l'assurance, il a mûri. C'est un adulte maintenant. Alors elle sourit. Elle sait que l'avenir de son petit est assuré, et qu'il finira bien par trouver l'amour. Parce qu'Iruka est une belle personne, malgré les épreuves difficiles de son enfance, malgré des conditions de vie précaires à la mort de son père, il a toujours su relever la tête et aller de l'avant. C'est Iruka, son fils. Sa plus grande fierté.

...

Lorsqu'il passe enfin la porte, Kakashi pousse un long soupir de soulagement, qui fait sourire Obito. A peine a-t-il fait un pas dans sa maison que Jack lui saute dessus.

«Ola tout doux mon vieux! Qu'est ce que tu fais à l'intérieur en plus hein?» dit Kakashi en repoussant gentiment le dalmatien, qui a décidé d'attaquer son oreille gauche à coups de langue.

«Aahh, j'ai renoncé à le faire sortir. Tu sais qu'il a failli me mordre ton cabot!»

Comme pour répondre à Obito, Jack se met à grogner, en s'interposant entre Kakashi et le chirurgien. Kakashi murmure alors à son chien:

«Doucement Jack, Obito est un ami. Sois gentil avec lui, tu veux?»

Si à cet instant, Jack avait pu parler, il aurait sûrement mis son maître en garde. Mais il se contente de lui offrir un regard brillant, avant de lui lécher la moitié du visage d'un gros coup de langue.

«Tu vas te retrouver avec des vieux furoncles sur la gueule sérieux!» lance Obito en faisant une mine dégoûtée, ce qui entraine l'hilarité de Kakashi.

«Mais non! Allez viens, Monsieur-je-n'aime-pas-les-animaux, on va se mater un film avant le dîner.»

Les deux amis s'installent dans le canapé, devant la télé, et Kakashi laisse choisir Obito. Le chirurgien choisit «Intouchables» en lançant à Kakashi:

«Tiens, ça te rappellera des souvenirs!»

«Haha très drôle!» rétorque Kakashi. «Je te signale que dorénavant, je peux de nouveau te flanquer un coup de pied au cul, alors méfie-toi!»

Tandis qu'Obito se lève en riant pour introduire le dvd dans le lecteur, il lance d'un ton qu'il veut le plus innocent possible:

«Il y a bien une chose que j'aimerais que tu me mettes au cul!»

Kakashi reste silencieux deux secondes, comme pour digérer le sous-entendu, avant de s'exclamer:

«Ah ben ça c'est la grande classe, vraiment! T'es un vrai poète Tobi!»

Obito éclate de rire et s'affale à côté de son ami. Mais il se redresse aussitôt.

«Au fait, j'ai fait des courses avant que tu rentres, pour que tu aies de quoi manger pour la semaine.»

«Oh, il est trop mignon!» lance Kakashi moqueur. Mais au fond, il est touché par l'attention de son ami.

Obito attrape un paquet de chips et deux canettes de bière, ce qui entraîne immédiatement une réflexion de Kakashi:

«Ok, je vois, quand tu dis que tu as fait les courses, en fait tu n'as acheté que des biscuits apéro et de la bière. Rappelle-moi quel métier tu fais déjà?»

Obito lui tire la langue d'un air malicieux.

«Je te signale, Monsieur-le-râleur, que ton frigo est également rempli de fruits frais, de yaourts, de viandes maigres et de légumes. Tout ce qu'il faut pour ne pas altérer ta silhouette de dieu grec!»

Kakashi éclate de rire avant de répondre:

«OK, va pour les chips et la bière pour ce soir!»

Cette fois c'est Obito qui se fend d'un rire franc.

«Tu vois, je te connais bien au fond» déclare-t-il en se rasseyant près de son ami. «Je pense même pouvoir dire que je suis celui qui te connais le mieux.»

«Probable» répond distraitement Kakashi, déjà focalisé sur le film. Le chirurgien ne bronche pas quand Obito passe un bras autour de ses épaules pour l'attirer vers lui. Leur complicité est manifeste, et elle a manqué à Kakashi.

Au bout d'une petite heure, alors que le soir tombe lentement, Kakashi se lève, victime de l'effet diurétique de la bière. Tandis qu'il entend la porte des toilettes se refermer, Obito sent quelque chose vibrer sous ses fesses. Le portable de Kakashi.

«Allo?»

«Kakashi?» demande une voix étonnée, ne reconnaissant pas la voix habituelle de celui qu'il cherche à joindre.

«Kakashi est occupé. Je peux prendre un message?»

«Euh oui. C'était pour dire qu'on fait une répèt improvisée avec Mescaline, pour fêter le retour de Kakashi à la maison. A l'internat, dans une heure.»

«Ah, et bien je vais lui transmettre le message, mais je ne suis pas sûr qu'il vienne. Il est encore fatigué par l'anesthésie de ce matin. Enfin, je lui en parle, c'est promis!» répond Obito d'une voix qui semble fiable à Aoba.

Le jeune homme raccroche et se tourne vers les autres.

«Bon ben il a l'air fatigué, pas sûr qu'il vienne.»

«Ça m'étonne de Kakashi, même à l'article de la mort, il viendrait jouer!» lance Asuma en fronçant les sourcils.

«Attendez, je n'ai pas eu Kakashi directement au téléphone. Peut-être qu'il va...»

«C'était qui?» gronde immédiatement Asuma.

«J'en sais rien,» répond Aoba étonné de la réaction agressive du neurochirurgien. «Une voix d'homme.»

«Obito» marmonne Asuma. «File moi ton portable Kotetsu!»

Le jeune homme tend l'objet à Asuma sans poser de questions. Asuma compose le numéro de son ami mais tombe directement sur la messagerie.

«Enfoiré!» lance-t-il en se levant furieux.

«Mais qu'est ce qui se passe?» demande timidement Tsunami.

«Il se passe que cet enculé d'Obito a décidé de passer à la vitesse supérieure» crache Asuma en prenant la direction de la porte.

«Pas la peine d'attendre Kakashi, il ne viendra pas» conclut Asuma en quittant la salle de répétition, sous les yeux éberlués des autres membres.

«Mais c'est qui cet Obito à la fin?» demande Kotetsu.

Les autres secouent la tête pour signifier qu'ils n'en savent pas plus que lui.

Sur la colline qui surplombe Konoha, Obito, bien calé dans le canapé, voit revenir Kakashi. Intérieurement, il jubile. Il a éteint le portable de son ami et l'a glissé sous le coussin du canapé. Et le chirurgien a bien l'intention de garder Kakashi assez occupé pour qu'il ne se rende compte que bien plus tard de sa disparition.

...

Cinq jours! Ça fait maintenant cinq jours que Kakashi n'a pas daigné donner signe de vie! Asuma est foncièrement inquiet. Il a essayé à plusieurs reprises de téléphoner à son ami, mais son portable semble être éteint en permanence. Asuma est même allé jusqu'à passer directement chez Kakashi. Mais il a eu beau sonner, personne n'a ouvert. A croire que le chirurgien cardio-thoracique a décidé de faire le mort. Et Asuma sait pertinemment qu'Obito est derrière tout ça. Il a tenté d'escalader le mur d'enceinte de la propriété, mais n'a réussi qu'à s'écorcher les mains. Et Asuma ne sait plus quoi faire maintenant. Les deux chirurgiens doivent bien sortir de temps en temps, ne serait-ce que pour faire des courses! Mais avec son travail à l'hôpital, le neurochirurgien ne peut passer sa journée à planquer devant chez Kakashi. L'idée l'a effleuré d'organiser des tours de garde avec les membres de Mescaline. Mais Kurenai lui a gentiment faire comprendre qu'il était en train de devenir complètement paranoïaque, et que Kakashi finirait bien par refaire surface un jour.

Alors que le neurochirurgien fulmine d'être une nouvelle fois tombé sur le répondeur, il voit arriver Kurenai en panique. La jeune femme ne prend pas le temps de saluer les rares personnes qui trainent encore dans le réfectoire de l'internat à cette heure tardive. Elle se précipite vers le petit salon où Asuma l'attend.

«Qu'est ce qui t'arrive ma belle?» demande Asuma intrigué.

«Avant toute chose, promets-moi de ne pas t'énerver Asuma» déclare la pédiatre en s'asseyant en face de son compagnon.

«Tu commences à me faire flipper là» répond Asuma en fronçant les sourcils. Kurenai prend une profonde inspiration avant de parler.

«J'ai eu une discussion avec Naruto aujourd'hui.»

Asuma se redresse, l'inquiétude qu'il lit dans les yeux de Kurenai lui fait craindre le pire. Il hoche la tête pour l'encourager à continuer. La jeune femme prend le temps de se remémorer cette conversation improbable qu'elle a eu avec le rejeton de Minato il y a quelques heures à peine...

«Ça n'a pas l'air d'aller très fort aujourd'hui Naruto. Tu ne te sens pas bien?» demande le docteur Tsume Inuzuka à l'externe, d'une particulière pâleur ce matin.

Le jeune homme lève un regard terne vers la pédiatre. Des yeux d'un bleu fané, qui laissent transparaître une tristesse à fendre l'âme.

«Histoires de famille» répond l'externe sobrement. «Pas envie d'en parler.»

Le Professeur Yohi pose un regard inquiet sur le jeune homme. Sa discussion avec Obito a laissé des traces.

La visite en Pédiatrie se déroule comme à l'accoutumée, si ce n'est le manque d'enthousiasme flagrant de l'externe le plus turbulent de la bande. Sasuke trouverait presque cela reposant s'il n'était pas lui aussi un peu inquiet pour son ami. Autant le voir sauter et hurler partout est exaspérant, autant le voir complètement abattu est perturbant, pour ne pas dire flippant. A la fin de la visite, Naruto repart d'un pas traînant vers la salle des externes. Quand Sasuke tente maladroitement d'engager la conversation, histoire de redonner un peu de baume au cœur à son camarade, il se fait sèchement rabrouer par le blondinet. Décidément, Naruto est dans un mauvais jour. Sasuke décide donc de laisser tomber, au moment même où l'une des infirmières entre dans le petit bureau.

«Naruto, le Professeur Yohi voudrait te voir. Elle t'attend dans son bureau.»

Le jeune homme lève un regard intrigué vers l'infirmière, dont l'expression semble indiquer qu'elle n'en sait pas plus.

«Tu devrais y aller» murmure Sasuke sur un ton amical. Le regard glacial que lui lance Naruto le fait lever les yeux au ciel.

«Pas la peine de me regarder comme ça, espèce d'abruti! Bouge tes fesses, elle va pas t'attendre trois plombes hein!»

Naruto ne répond pas à la provocation, ce qui achève d'inquiéter son collègue. Il se lève avec lenteur, et part d'une démarche abattue en direction du bureau du chef de service. A le voir comme ça, on pourrait croire que Naruto porte le poids du monde sur ses épaules.

Quand le jeune homme entre dans son bureau, Kurenai pose un regard attentif sur lui. Elle le fait asseoir dans l'un des fauteuils qui fait face à son bureau, et laisse passer quelques secondes avant de demander d'une voix douce:

«Naruto, je voudrais que tu me dises ce qui t'arrive.»

Le jeune homme fuit le regard de la pédiatre, en marmonne quelque chose d'inaudible. Kurenai pousse un soupir et croise ses mains sous son menton en fixant l'externe.

«Naruto,» reprend-t-elle sur un ton plus ferme, «je sais que tu as parlé avec Obito Uchiwa. Quoi qu'il t'ait raconté, n'en crois pas un mot...»

«Quoi? Vous allez encore me dire que mon père était quelqu'un d'exceptionnel c'est ça? Et si Obito avait raison finalement? Si mon père n'était qu'un salaud prêt à user de sa position pour coucher avec ses internes? Qui peut me regarder en face et me dire la vérité, une bonne fois pour toutes?» se met à hurler Naruto, après s'être levé brusquement.

Kurenai n'a pu retenir un mouvement en arrière. Elle reprend cependant rapidement contenance et intime l'ordre à Naruto de se rasseoir en haussant le ton. Mais elle se radoucit aussitôt.

«C'est donc ce que t'a dit ce sale type. Écoute moi bien, ton père n'a exploité personne, il a aimé une autre personne que ta mère, c'est vrai. Mais il n'a jamais utilisé sa fonction pour abuser qui que ce soit.»

Naruto croise les bras, et fixe la pédiatre.

«Cette autre personne, c'était Kakashi Hatake?»

Mais le ton employé est plus proche de l'affirmation que de la question. Kurenai décide de jouer cartes sur table. Elle hoche la tête, en soutenant le regard de l'externe.

«Ma mère a toujours eu une haine profonde pour le Professeur Hatake. Je comprends mieux pourquoi à présent. Elle est persuadée que Hatake a séduit mon père pour avoir le poste de chef, alors que pour elle c'est Obito qui aurait du l'avoir.»

«Ta mère t'a dit qu'Obito méritait le poste de chef?» répète Kurenai étonnée.

«Oui, c'est grâce à Obito que ma mère a su pour la liaison de mon père.»

«Qu... Quoi?» s'exclame la pédiatre en se levant d'un bond.

Naruto, surpris par ce brusque accès de nervosité de la part de la chef de pédiatrie, reprend sur un ton mal assuré.

«Obito Uchiwa a annoncé à ma mère que mon père la trompait avec Kakashi Hatake depuis plusieurs mois. Le jour même de l'accident de mon père.»

Kurenai semble sonnée par cette révélation. Comment cet enfoiré d'Obito peut-il encore oser approcher Kakashi après l'avoir trahi de la sorte? Et que cherche-t-il à faire après toutes ces années?

Kurenai est complètement perdue et en a presque oublié Naruto, qui demande:

«Professeur Yuhi, ça va?»

La pédiatre lève un regard inquiet vers le jeune homme, mais se reprend rapidement:

«Écoute moi bien Naruto, oublie ce que t'a raconté Obito. Ce type est une ordure qui joue avec les gens, dans le seul but de les faire souffrir. Oui, ton père a trompé ta mère, il n'est pas le premier et sûrement pas le dernier. Et ta mère se trompe sur Kakashi, il aimait profondément ton père. Je sais que ce n'est sûrement pas ce que tu aimerais entendre, mais c'est comme ça. Ton père et Kakashi s'aimaient, c'est ça la vérité.»

L'externe hoche la tête, incapable d'analyser correctement les émotions qui l'assaillent à cet instant. Mais la pédiatre poursuit déjà:

«Naruto, je te promet que bientôt, Kakashi te racontera son histoire, mais laisse-lui un peu de temps d'accord? Je me charge de le convaincre.»

Le jeune homme acquiesce et se relève, prêt à quitter le bureau.

«Une dernière chose, Naruto! Quoi qu'il arrive, ne te laisse plus embobiner par Obito Uchiwa, ce type est malsain et pervers. Il détruit tout ce qu'il touche.»

«Quoi? C'est Obito qui aurait tout balancé à Kushina?»

«C'est ce que Naruto m'a dit en effet.»

Asuma se frappe la main contre le front, et ferme les yeux. C'est pire qu'il ne le croyait. Obito est vraiment une ordure finie.

«Mais pourquoi a-t-il fait ça? Par jalousie?»

«Probablement, il n'a pas du supporter de voir Kakashi aussi amoureux d'un autre homme.»

«Je pense qu'il y a autre chose» lance une voix qui fait sursauter Kurenai et Asuma.

«Docteur Tsunade!» lancent-ils en chœur en voyant la directrice apparaitre dans la pièce.

Celle-ci s'avance d'un pas décidé et prend place à côté de Kurenai.

«Je vous cherchais tous les deux, pour parler de Kakashi justement. J'ai eu vent du retour d'Obito Uchiwa.»

Un silence inconfortable s'installe dans le petit salon, rapidement brisé par Tsunade.

«Des nouvelles de Kakashi?»

«Pas depuis presque une semaine» gronde Asuma.

Tsunade le fixe, interrogative, et le neurochirurgien reprend.

«Je pense qu'Obito est chez lui.»

«Tsunade, vous disiez qu'Obito avait une autre raison de dénoncer Kakashi et Minato à Kushina?» demande Kurenai d'une voix timide.

La directrice pousse un long soupir.

«Obito visait lui aussi le poste de chef de clinique. Quand il a découvert la relation entre Minato et Kakashi, il y a vu un moyen d'arriver à ses fins. Il a essayé de faire chanter Minato en le menaçant de tout dévoiler à Kushina.»

«Quoi?» s'écrient le neurochirurgien et la pédiatre.

Tsunade baisse les yeux et poursuit:

«Minato m'a informé de sa décision de nommer Kakashi. Il voulait que les choses soient actées avant de révéler la vérité à sa femme. Il est tout à fait possible qu'Obito ne lui en ait pas laissé le temps. Ce salopard d'Uchiwa espérait que Minato n'oserait plus donner le poste à Kakashi, afin d'éviter un scandale. Il pensait sûrement que Kushina n'hésiterait pas à jouer les femmes bafouées aux yeux de tout l'hôpital. Et la carrière de Kakashi se serait arrêtée net.»

«C'est horrible» murmure Kurenai encore sous le choc de ces révélations.

«De toute façon, Kakashi ne croira jamais qu'Obito ait pu le trahir, et encore moins qu'il ait fait chanter Minato.»

«J'ai une preuve» lâche Tsunade.

Les deux médecins se tournent vers elle, incrédules.

La directrice pousse alors un soupir.

«Ne bougez pas de là tous les deux. Je reviens, et après nous irons chez Kakashi.»

«A cette heure?»

«Il n'y a pas d'heure pour sauver l'un de mes chirurgiens des griffes d'Obito Uchiwa.»

...

Kakashi est assis dans sa véranda. Dehors, la nuit commence à tomber, il pleut des cordes. Il entend Obito siffloter en préparant le dîner. Le chirurgien se dit qu'il serait temps de donner des nouvelles à ses amis. Ils doivent s'inquiéter. Mais impossible de remettre la main sur ce foutu portable. Et puis il est bien là, dans sa bulle, avec Obito.

Kakashi attrape sa guitare et pose quelques accords. Il commence à chantonner en cherchant les notes idéales:

«Wake me up when ...»

Le chirurgien hésite. Il s'arrête, porte son crayon à sa bouche et réfléchit quelques secondes. Et puis il se met à sourire tristement. Il se remet à écrire: wake me up when it's all over, when i'm wiser and i'm older.

Il repose son crayon et reprend sa guitare. Il tient enfin la fin de cette chanson. Et sa voix claire s'élève dans la véranda, mélancolique.

(Wake me up - Aloe Blacc)

Le rythme de la chanson tranche avec les paroles profondément tristes. Kakashi semble ne plus vouloir lutter. Il exprime son besoin de laisser couler, de se laisser vivre, exactement ce qu'Obito voulait. Dans la cuisine, le chirurgien se fend d'un sourire narquois. Kakashi a enfin décidé de rendre les armes. Un dernier petit effort, et Obito se sera rendu définitivement indispensable au chirurgien.

Obito prépare deux verres de coca, et sourit en vidant le contenu d'un petit flacon dans celui de Kakashi.

Il se dirige tranquillement vers la véranda, tandis que Kakashi finit son morceau.

«Pas très gaie cette chanson, Kashi!» lance le chirurgien en s'asseyant à côté de lui.

«Je sais, disons que c'est mon humeur du moment. Au fait, tu n'as pas vu mon portable?» demande Kakashi innocemment.

Obito fronce les sourcils, comme s'il réfléchissait sérieusement à la question, avant de déclarer:

«Non je ne crois pas. Tu a essayé de le faire sonner avec le mien?»

«Oui, mais il doit être déchargé. Je tombe sur le répondeur direct.»

«Bah, on finira bien par remettre la main dessus. Au pire on t'en achètera un autre! Allez, on trinque?»

Kakashi pose un regard amusé à son ami.

«Et à quoi veux-tu qu'on trinque Tobi?»

«A l'amitié! Et au succès futur de Mescaline!»

Les deux chirurgiens entrechoquent leurs verres. Kakashi sent rapidement les effets de son coca arrangé. Sa vision de trouble progressivement, et sa tête devient lourde. Il distingue encore le visage d'Obito, qui arbore un sourire narquois, et arrive difficilement à articuler:

«O... Obito, qu'est ce que t'as mis dans mon... coca?»

«Bah, je me suis dit que ça te ferait du bien de planer un peu. Et puis j'ai voulu rendre hommage à ton groupe. Tu es en train de te faire un petit trip à la Mescaline mon pote!»

Kakashi ne répond pas, il ne peut déjà plus. Il repose sa tête en arrière car la pièce commence déjà à tourner.

Il a déjà testé la Mescaline, juste pour voir. Quand il était interne, avec Obito bien sûr, et quelques autres. Mais l'effet est beaucoup plus puissant cette fois. Obito a du mettre la dose.

Il entend Obito lui murmurer «ne t'inquiète pas, je veille sur toi, fais un beau voyage Kashi!» tout en prenant soin de l'allonger sur le canapé.

Et tout part alors en live dans la tête de Kakashi. Il voit d'abord des cercles lumineux et colorés envahir la pièce. Il trouve ça joli. Les hallucinations se poursuivent, il se trouve maintenant dans un champ de fleurs, il peut même sentir la brise légère sur sa peau. Quand les fleurs se mettent à chanter d'une voie criarde, il ne s'étonne même pas. Il est bientôt rejoint par des centaures au torse musclé, qui l'invitent à les suivre dans une course folle. Et Kakashi se met à courir en riant. Il se sent libre, et euphorique. Rien ne semble pouvoir l'arrêter. Il a presque l'impression de voler.

Il se jette nu dans un lac d'un bleu scintillant, dans lequel tombe une cascade de fleurs. Il nage au milieu des nymphes qui l'entourent en riant.

Mais lorsqu'il lève les yeux vers la colline dorée qui surplombe le lac, il voit de gros nuages gris s'amonceler. Les éclairs zèbrent à présent le ciel, et la peur s'empare de lui. Il se met à trembler.

Une silhouette imposante apparait alors au loin. Kakashi plisse les yeux pour tenter de reconnaitre la personne qui se dresse maintenant de manière inquiétante devant lui. Son sang se glace quand il reconnait enfin Minato. Son visage est fermé, son regard azur est glacial. Il ne prononce pas un mot et s'approche, menaçant. Kakashi tente de bredouiller le nom de l'homme qu'il a aimé, mais sa tentative est vaine.

A l'instant même où il ouvre la bouche, il voit Minato tendre la main et appuyer de toutes ses forces sur sa tête. Kakashi tente de se débattre, mais la pression de l'homme est trop forte. Ses poumons commencent à brûler, il manque d'air. Minato va finir par le tuer! La panique commence à le gagner. Il sent tout à coup la pression disparaitre et refait surface, la respiration courte. Il entend Minato partir dans un rire diabolique. Il ne comprend plus rien.

«Pauvre, pauvre Kakashi!» entend-t-il dire. «Tu es vraiment pitoyable! Regarde-toi, regarde ta misérable vie. N'est-il pas misérable?»

La question est adressée à un autre homme qui se dresse à présent à côté de Minato. Kakashi croit d'abord reconnaitre Obito. Mais au fur et à mesure que sa vision de rétablit, il reconnait Iruka. Les deux hommes semblent en grande conversation. Iruka tourne alors un regard mauvais vers le chirurgien, et lance à Minato:

«Laissons le donc se complaire dans sa souffrance et dans les plaisirs futiles. C'est un idiot, qui ne comprendra jamais la vraie valeur de l'amour.»

Minato hoche la tête et les deux hommes tournent les talons, laissant Kakashi au milieu du lac, qui a maintenant pris une couleur rouge sombre. Les nymphes s'approchent du chirurgien, en larmes au milieu de l'eau.

«A... Attendez-moi! Ne me laissez pas tout seul!» crie-t-il aux deux hommes. Mais ceux-ci ne se retournent pas et disparaissent à l'horizon.

Kakashi tend une main implorante mais se sent attiré vers l'arrière par le groupe des nymphes, qui s'accrochent à ses bras, ses jambes, son torse. Elles lui murmurent:

«Reste avec nous Kakashi. Viens t'amuser, danser et chanter avec nous. Nous allons te combler. Viens Kakashi.»

Le chirurgien se sent tiré vers le fond du lac, mais n'a plus la force de lutter. Il sent de nouveau le manque d'air faire son œuvre. Sa vue se trouble, son esprit se brouille. Il garde en tête l'image de Minato et d'Iruka, qui lui tournent le dos et s'en vont, qui l'abandonnent. Définitivement.

Il pousse alors un long cri de douleur.

A l'extérieur de la maison, Tsunade, Kurenai et Asuma se figent en entendant le cri. Asuma n'hésite pas à donner un coup d'épaule dans la porte d'entrée, n'arrivant qu'à se faire mal au passage.

«On devrait faire le tour» déclare Kurenai.

Mais une deuxième plainte se fait entendre, et Tsunade lance alors:

«Pas le temps!»

Elle assène un brutal coup de pied à la porte, dont le verrou cède sous la violence du coup. Asuma et Kurenai se jettent un coup d'œil dubitatif, avant d'emboiter le pas de Tsunade, qui est déjà entrée dans la maison.

Obito, qui s'apprêtait à rejoindre Kakashi en entendant les cris de son ami, se retourne, mais n'a pas le temps de réagir. Tsunade est déjà sur lui.

«Où est-il?» crache la directrice en saisissant Obito par le col.

Le chirurgien se contente de désigner la véranda, un rictus mauvais sur les lèvres.

Tsunade et Kurenai se précipitent, tandis qu'Asuma, bien décidé à régler ses comptes avec le chirurgien, s'apprête à lui envoyer son poing en travers de la face.

Mais il suspend son geste quand il entend Kurenai l'appeler.

«Asuma, viens tout de suite! Et amène Obito!»

Quand il pénètre dans la véranda, Asuma voit tout d'abord Tsunade et Kurenai accroupies devant le canapé. Il entend aussi Kakashi, son ami, geindre comme s'il était en proie à une grande souffrance. Par moments, le chirurgien se contracte et émet une plainte plus profonde, accompagnée de geste erratiques.

Tsunade tourne un regard dur vers Obito.

«Qu'est ce que tu lui as fait prendre, espèce d'ordure?»

Obito se met à ricaner, mais lève le bras dans un geste défensif quand il voit Asuma lever le poing de nouveau.

«Doucement, doucement, notre ami a pris un peu de Mescaline, c'est tout. Il a sûrement un peu trop forcé la dose.»

«Tu vois pas qu'il est en plein bad trip, sombre crétin! Tu voulais le tuer ou quoi?» s'écrie Asuma, rouge de colère.

Obito lève les yeux au ciel et répond sur un ton arrogant:

«Oh ça va hein, vous devriez apprendre à vous détendre un peu. Il n'y a pas de mal à s'amuser.»

«Parce que tu as l'impression que Kakashi s'amuse là?» se met à hurler Tsunade tandis que le chirurgien commence à s'agiter, les hallucinations semblant de plus en plus fortes.

«Kurenai, retourne à la voiture et ramène-moi la valise d'urgence qui est dans le coffre. Je dois avoir des poches de glucosé. Ça l'aidera un peu. Asuma, débarrasse-nous de ce chien galeux.»

Tandis que Kurenai se rue vers la porte, Asuma répond:

«Avec grand plaisir!» avant d'empoigner Obito et de le trainer jusqu'au salon. Le chirurgien cardio-thoracique ne cherche pas à se défendre. Il part dans un rire hystérique. Lui aussi est sous l'effet de la drogue visiblement. Ses pupilles sont complètement dilatées.

«Tu vas dégager de là, Obito, et ne plus jamais remettre les pieds dans cette maison. On sait ce que tu as fait, c'est toi qui a dénoncé Kakashi. Quand il le saura, il ne voudra plus jamais te voir. C'est fini Obito, tu as perdu.»

Le chirurgien lève la tête vers Asuma et prend une expression faussement triste, avant d'éclater de rire:

«C'est votre parole contre la mienne non? Et il me semble que jusqu'à présent, c'est à moi que Kakashi a accordé sa confiance. Vous verrez, la première chose qu'il vous demandera en se réveillant, c'est où je suis passé. Et il reviendra vers moi, crois-moi Sarutobi. Kakashi revient toujours vers moi!»

Le rire diabolique qui sort de la bouche d'Obito achève de mettre le neurochirurgien en rage. Il décoche un monumental coup de tête à Obito. Il veut juste que ce chacal se taise, bordel!

Obito, à moitié sonné par le choc, se laisse trainer dehors. Asuma le jette sur la pelouse qui devance la porte d'entrée sans ménagement. Obito se relève en titubant, et tente de garder contenance. Mais il doit bien avouer qu'il ne s'attendait pas à un tel débarquement de force. Il estime donc plus sage de battre en retraite pour le moment. Après avoir adressé un dernier sourire narquois à Asuma, il quitte la propriété de Kakashi.

Dans la véranda, Tsunade a déjà posé la perfusion. Kurenai éponge le front en sueur de Kakashi, qui semble toujours en proie à de fortes hallucinations.

«Comment va-t-il?» demande Asuma d'une voix inquiète.

«On a vu mieux. Les effets peuvent durer plusieurs heures. Je vais rester auprès de lui cette nuit. Vous devriez rentrer vous reposer tous les deux.»

«Pas question» répond Kurenai. «Je veux être là quand il se réveillera.»

Asuma hoche la tête. La conversation qu'ils vont devoir avoir avec Kakashi demain risque d'être particulièrement douloureuse. Et il n'est pas question que Tsunade s'en charge seule.

La directrice acquiesce et demande à Asuma de porter Kakashi jusqu'à sa chambre. Il sera mieux dans son lit que sur le canapé de la véranda.

Le chirurgien se pelotonne par réflexe dans les bras de son ami lorsque celui-ci le prend dans ses bras. Asuma n'est pas étonné de l'entendre prononcer le nom de Minato. Le neurochirurgien est cependant plus surpris d'entendre également le nom d'Iruka murmuré faiblement par les lèvres de son ami.

...

A son réveil, Kakashi sent une douleur atroce lui vriller le crâne. C'est un peu comme si un orchestre de marteaux-piqueurs avait décidé de s'installer dans sa tête. Le chirurgien grimace et tente de se redresser, mais tout se met à tourner. Il pousse un long soupir et se recouche, essayant de se rappeler les événements de la veille.

Il était assis dans la véranda, Obito faisait à manger. Ils ont bu un coca. Ah oui, le coca, Obito avait mis quoi dedans déjà?

Kurenai frappe doucement à la porte de la chambre et entre, un plateau de petit déjeuner à la main. Kakashi lui offre un sourire fatigué, avant de lui demander étonné:

«Tiens, qu'est ce que tu fais là toi? J'ai du louper un sacré épisode encore!»

Kurenai pose un regard peiné sur son ami, avant de déposer le plateau sur ses genoux. Elle s'assied alors sur le bord du lit et saisit la main de Kakashi.

«Comment te sens-tu? Tu nous a vraiment fait peur hier soir tu sais.»

Kakashi se renfrogne immédiatement et répond négligemment:

«Bah, c'était juste un bad trip. Rien de bien méchant. Où est Obito d'ailleurs?»

A la mention du chirurgien, Kurenai se raidit. Elle se lève brusquement et lance d'une voix dure:

«Kakashi, il va vraiment falloir que tu arrêtes tes conneries, et que tu acceptes la vérité à propos d'Obito, une bonne fois pour toutes.»

Kakashi pousse un soupir agacé.

«Toujours le même refrain, mais vous pouvez pas lui lâcher la grappe un peu...»

«Kakashi!» se met à hurler la pédiatre, «Obito t'a drogué, il aurait pu te tuer avec ça! Ouvre les yeux bon sang!»

Le chirurgien n'a jamais vu Kurenai s'énerver de la sorte. La surprise le rend muet. Et Kurenai reprend d'un ton autoritaire:

«Prends ton petit-déjeuner, et habille-toi. Tsunade, Asuma et moi t'attendons dans le salon.»

La jeune femme se lève et quitte la chambre sans un mot de plus. Kakashi sait qu'il est allé trop loin hier, il va se prendre un savon de la part de ses amis. Mais bon, il n'est plus un gosse non plus quoi! Par contre, la présence de Tsunade l'intrigue. Que mijotent-ils tous les trois? Vont-ils encore le bassiner avec le soi-disant côté diabolique et manipulateur d'Obito? Il lui a fait prendre de la Mescaline, c'était pas malin, ok. Mais il n'en est pas mort non plus.

Kakashi s'empresse d'engloutir son repas et se s'habiller. Plus vite il aura écouté, et plus vite il sera débarrassé d'eux.

Quand il arrive dans le salon, la première chose qu'il voit, c'est sa porte d'entrée fracassée. Il lève un regard interrogateur vers les trois personnes qui lui font face.

«Je peux savoir ce qui s'est passé?» demande-t-il, une pointe d'énervement dans la voix.

Le ton qu'utilise Asuma pour lui répondre l'empêche cependant de se mettre en colère.

«On t'en entendu hurler à la mort de l'extérieur. On n'a pas réfléchi. Un ami, ça se remplace pas aussi facilement qu'une porte.»

Ok, un point pour Asuma. Kakashi s'assied en face de ses amis et croise ses jambes dans une position relaxée.

«Alors, de quoi voulez-vous qu'on parle, de si bon matin?» lance-t-il, masquant à peine le ton ironique.

«Kakashi, on s'inquiète beaucoup pour toi. Tu ne réponds plus au téléphone, tu ne sors plus de chez toi. Tu te drogues. Tu es en train de faire n'importe quoi là!»

Kakashi lève les yeux au ciel.

«Je prends le temps de vivre c'est tout. Je viens juste de sortir d'un grave accident, vous vous rappelez? J'ai besoin de prendre du temps pour moi, de m'amuser un peu.»

L'apparente nonchalance du chirurgien achève de faire sortir Asuma de ses gonds. Il bouillait déjà depuis un moment, mais là il ne peut plus se taire.

«Kakashi!» hurle le neurochirurgien, «t'es complètement à côté de la plaque mon vieux! Que se serait-il passé si on n'était pas arrivé hier soir hein?»

«Bah, Obito aurait géré. Il est où d'ailleurs...»

Kakashi est surpris quand Asuma l'empoigne par le col de sa chemise et le soulève de son fauteuil.

«Espèce d'abruti! Obito est une ordure de première. C'est lui qui a dit à Kushina que Minato couchait avec toi! Et il ose se prétendre ton ami. Mais ouvre les yeux Kakashi! Ouvre les yeux!»

Asuma n'a pas de mal a projeter Kakashi au fond de son fauteuil. Le chirurgien cardio-thoracique est comme tétanisé. Non, il a du mal comprendre. C'est absurde.

«Pourquoi Obito aurait-il fait ça?» murmure Kakashi, plus pour lui même finalement.

Tsunade regarde Kurenai tenter de calmer Asuma et décide de prendre la suite.

«Kakashi, regarde-moi. Obito t'en menti, depuis toujours il t'a menti. Il était jaloux de ta relation avec Minato, et il savait que tu aurais le poste de chef. Il n'a pas hésité à te dénoncer pour servir ses propres intérêts.»

Kakashi répond alors, comme un cri du cœur:

«Ce n'est pas vrai, vous mentez! Minato avait décidé de retourner avec Kushina. C'est lui qui a tout avoué à sa femme, ils voulait repartir à zéro, en me laissant sur la touche. Il m'a donné le poste pour que je ferme ma gueule c'est tout!»

«Comment peux-tu croire une telle chose, espèce d'idiot? Comment peux-tu mettre en doute l'amour que Minato te portait? Kakashi bon sang!»

«Et même si c'est vrai, même si Obito m'a dénoncé, qu'est ce que ça change au fond hein?» crache Kakashi, qui semble perdre ses moyens. «Je ne serais toujours resté que l'amant de l'ombre, je l'aurais regarder pouponner et jouer à la famille heureuse avec Kushina! Et...»

«Assez!» hurle Tsunade, ce qui impose immédiatement le silence à Kakashi. Elle reprend cependant d'une voix douce mêlée de tristesse.

«J'aurais vraiment aimé t'épargner ça, Kakashi. Mais je crois que le moment est venu de t'ouvrir les yeux, sur Obito et sur Minato. Après cela, tu seras seul maître pour décider de ce que tu veux faire de ta vie.»

Tsunade tend alors un dictaphone à Kakashi, contenant une petite cassette.

«Cet enregistrement remonte à plus de vingt ans. Lorsque Minato est venu m'annoncer son choix pour le poste de chef de clinique.»

Tsunade fait signe à Kurenai et Asuma de la suivre dans la véranda, afin de laisser Kakashi écouter seul la cassette.

Le chirurgien reste immobile quelques minutes avant de presser le bouton «play». Dès les premières secondes, ses yeux s'embuent de larmes. C'est bien le son de sa voix. La voix de Minato.

...

«J'ai décidé de nommer Kakashi au poste de chef de clinique.»

«Tu es sûr de toi, Minato?»

«Oui, il est le plus qualifié pour tenir ce poste, et prendre ma succession à la tête du service.»

«Tu as conscience que si quelqu'un découvre ta liaison avec...»

Minato émet un petit rire triste.

«C'est déjà trop tard, Tsunade. Obito vient de m'annoncer qu'il savait tout. Il m'a menacé de tout raconté à Kushina si je ne lui donnais pas le poste de chef de clinique.»

«Quoi? Mais qu'est ce que tu vas faire? Tu ne peux pas le laisser...»

«Je vais faire ce que j'aurais du faire depuis longtemps déjà. Je vais annoncer à Kushina que je la quitte. Ce mariage n'a toujours été qu'une mascarade de toute façon. Kakashi sera nommé chef de clinique, et moi je prendrai un congé sabbatique le temps que le divorce soit prononcé et que les choses se tassent.»

«Et pour le bébé?»

«Ce n'est pas le premier enfant qui grandira avec des parents divorcés. Mais j'assumerai mes responsabilités de père. Cet enfant est aussi le mien, même s'il m'a été imposé. Il n'est pas responsable de cette situation.»

«Et Kakashi?»

«Kakashi est intelligent, il comprendra. Et je suis persuadé qu'il m'attendra avec patience. Nous nous aimons vraiment, Tsunade, tu comprends? Il me rend heureux à un point que je n'aurais jamais cru concevable.»

«Je comprends oui. Mais si Kushina apprend votre liaison, elle s'en servira contre toi pour le divorce.»

«Je sais, mais c'est un risque que je prends. Elle pourra me prendre tout l'argent qu'elle veut, de toute façon c'est la seule chose qui compte à ses yeux. Mais elle ne pourra jamais m'enlever l'amour que j'ai pour Kakashi, et qu'il me porte en retour. Et puis tu la connais, elle tient trop à sa réputation pour aller crier sur les toits que son mari est en fait homosexuel, et qu'il la trompe depuis des mois.»

«Si tu crois que c'est la bonne décision, alors vas-y. Mais j'ai quand même peur des conséquences de tout ça.»

«Tout ce que je te demande Tsunade, c'est d'acter dès ce soir, officiellement, que Kakashi Hatake est le nouveau chef de clinique de chirurgie cardio-thoracique. Tu peux faire ça?»

«Bien sûr. Et pour Obito?»

«Obito, j'en fais mon affaire. Je lui ferai une recommandation pour un autre hôpital. Il n'aura pas le choix. Il est malsain et pervers, il faut que je l'éloigne de Kakashi au plus vite.»

«D'accord, je m'occupe de la nomination de Kakashi. Elle sera effective demain. Quand vas-tu annoncer la nouvelle à Kushina?»

«Dès ce soir, je ne veux pas qu'elle l'apprenne par Obito.»

«Très bien. Avant de partir, laisse-moi te dire une dernière chose Minato: ce que tu fais est très courageux. Kakashi et toi aurez toujours mon soutien, quoi qu'il arrive. Vous méritez l'un comme l'autre d'être heureux.»

Et la cassette se termine dans un grésillement.

...

Dans la véranda règne un silence de plomb. Asuma tient Kurenai dans ses bras. La jeune femme tremble un peu.

«Ça va ma belle?» lui murmure-t-il d'une voix douce.

La pédiatre hoche la tête, mais l'inquiétude se lit sur son visage. Asuma dépose un baiser léger sur son front, avant de se retourner vers Tsunade.

La directrice a les yeux clos et le front plissé par la nervosité.

«Tsunade, j'aimerais comprendre, pourquoi n'en avez-vous...»

«Pourquoi je n'en ai pas parlé avant à Kakashi? Par manque de courage probablement. Des centaines de fois j'ai eu envie, et à chaque fois j'ai renoncé. J'avais peur de remuer ce passé.»

Après un court silence, la femme reprend, en fixant les deux médecins:

«Ce que je vais dire est horrible, mais la mort soudaine de Minato a rendu les choses plus faciles. Comme il l'avait prédit, Kushina n'a pas souhaité rendre publique sa liaison avec Kakashi. J'ai eu une violente dispute avec elle, au sujet du choix du chef de clinique. Elle vivait la nomination de Kakashi comme un affront de plus. Mais elle n'avait pas son mot à dire, et de toute façon, la décision avait déjà été validée par le conseil.»

«Et Obito?»

«Obito est parti dans un hôpital très réputé de l'Ouest du pays. On n'a plus entendu parler de lui pendant des années. J'ai appris qu'il était revenu à Konoha il y a quatre ans. Mais comme il n'a pas cherché à recontacter Kakashi, je ne m'en suis pas inquiétée.»

Asuma pousse un long soupir tandis que Kurenai resserre son étreinte.

«J'ai quand même peur de la réaction de Kakashi. On aurait peut être dû...»

Un long cri de de détresse résonne dans le salon, pétrifiant les trois médecins. Pendant quelques secondes, le temps semble suspendu. Un bruit de verre brisé se fait entendre, bientôt suivi d'autres sons, plus sourds.

Les trois amis se précipitent dans le salon. Asuma est le premier à constater le cataclysme.

Kakashi, à coup de poings et à coups de tête, s'acharne contre l'un des murs du salon. L'écran de la télévision a volé en éclat, probablement du à l'impact du dictaphone qui git par terre.

Asuma tente d'appeler Kakashi, mais celui-ci semble mû par une rage mêlée de désespoir. Ses poings et son front sont en sang, mais il continue à frapper. Il a mal, il entend les os craquer sous les chocs répétés. Mais rien n'est comparable à la douleur qui lui transperce les entrailles.

Trahi. Obito l'a trahi. Depuis le début. Minato l'aimait, il avait décidé de tout quitter pour lui, pour eux. Ce n'était pas un mensonge, c'était juste un rêve à portée de main. Son rêve, ou plutôt leur rêve commun. Pourquoi la vie a-t -elle choisi de les séparer alors? Pourquoi a-t-il fallu qu'il meure? Pourquoi l'a-t-il abandonné?

Injuste. Voilà me mot qui résonne dans sa tête. Il ne sait plus s'il doit en vouloir à Minato, à Obito, à Kushina, ou à lui-même. Pourquoi Tsunade lui a-t-elle caché tout cela, si longtemps? Il avait le droit de savoir! Il aurait aimé savoir. Il aurait dû savoir!

Savoir que ce n'était pas sa faute. Que si Minato s'était précipité chez lui ce soir-là, c'était pour lui annoncer non pas leur rupture, mais le début d'une nouvelle vie, ensemble. S'il avait su, il lui aurait dit de prendre son temps sur la route, qu'ils avaient tout le temps devant eux maintenant.

«Allo Minato, c'est Kashi. J'ai trop envie de te voir.»

«Ça tombe bien, je suis en chemin pour l'internat!»

«C'est vrai? Mais je croyais que...»

«Kakashi, j'ai quelque chose d'important à t'annoncer...»

«Ah ouais? Et bien moi aussi, je suis nu dans mon lit, et je n'attends que toi!»

Il s'était alors mis à rire, et avait entendu Minato rire lui aussi. Les derniers mots que lui a dit son amant, il s'en souvient encore, murmurés avec tant de désir:

«J'arrive Kakashi.»

Et puis plus rien. Il avait attendu, toute la nuit, avait essayé de rappeler Minato. Mais il était systématiquement tombé sur le répondeur. Minato avait-il changé d'avis? Avait-il été appelé pour une urgence? Pas un instant, Kakashi n'avait pensé à un accident. Il l'avait appris le lendemain, dans le réfectoire de l'internat. Et son monde s'était effondré une première fois.

Aujourd'hui, alors qu'il vient de comprendre que son plus vieil ami l'a en fait trahi, et que les doutes qu'Obito avait réussi a insinuer en lui à propos de Minato étaient totalement faux, son monde s'écroule une seconde fois.

Et Kakashi s'écroule avec lui. Physiquement. Un mélange de larmes et de sang baigne ses joues à présent. Il ne peut réprimer des soubresauts à mesure qu'il pleure toutes les larmes de son corps.

Il a envie de hurler, de frapper. Encore et encore. Asuma tente de retenir ses bras mais il le repousse violemment.

«Dégage Asuma! Dégagez tous de chez moi! Je vous déteste! Tous!»

Alors qu'il se prend la tête entre les mains, Kurenai et Tsunade se sentent désemparées. Le cataclysme qui s'est abattu sur cette maison est sans commune mesure. Kakashi est dévasté, et incontrôlable.

Kurenai et Tsunade voient alors Asuma se précipiter dehors.

«Où vas-tu?» lui lance la pédiatre, apeurée de devoir rester seule avec Tsunade et un Kakashi ingérable.

«Je reviens!» crie le neurochirurgien en s'enfonçant dans le jardin.

Kakashi semble à présent plus calme, mais en apparence seulement. A genoux sur le sol, il se balance d'avant en arrière comme un aliéné, les yeux exorbités, comme s'il attendait une étincelle pour exploser. La panique commence à gagner Kurenai et Tsunade.

Mais Asuma revient déjà, avec la meute au complet.

C'est Jack qui arrive le premier auprès de son maitre.

«Tu es sûr que...» murmure Tsunade à Asuma, mais celui-ci se contente de pointer l'homme et l'animal du doigt.

Jack pousse des petits geignements et commence à lécher les mains abimées de son maitre. Puis il s'attaque affectueusement à son visage baigné de larmes. Les autres chiens ont rejoint Kakashi. Mia se roule en boule juste devant lui, tandis que Korben et Tyler posent chacun leur tête sur l'un des genoux de Kakashi. Le chirurgien pose ses mains sur la tête de ses animaux, dont le regard ne trompe pas.

Néo et Wayne se pelotonnent contre le dos de Kakashi, qui se retrouve ainsi totalement entouré par ses fidèles compagnons. Cocon d'affection et d'indéfectible amour.

Kakashi semble peu à peu s'apaiser. Il reste de longues minutes à genoux, à caresser ses chiens. Pas un des animaux ne bouge tant que Kakashi n'a cessé de pleurer.

Kakashi finit par se redresser, et sans un regard pour ses amis, se dirige vers sa chambre. Arrivé à l'entrée du couloir, il s'immobilise et lance un faible:

«Je suis désolé» avant de prendre la direction de sa chambre en titubant.

Kurenai et Asuma se regardent, incertains de la décision à prendre. Tsunade prend alors l'initiative de commencer à ranger le salon dévasté.

«Laissons-le se reposer un peu. Il a besoin d'être seul maintenant. Kurenai, va nous préparer du café. On va ranger tout ce bazar et attendre qu'il soit prêt à nous parler. On va lui faire sortir toute cette merde qu'il a dans le cœur une bonne fois pour toutes, et on tirera un trait sur toute cette histoire.»

Les deux autres acquiescent en silence. La journée risque d'être longue en effet.

...

je sais, c'est un peu dégueulasse de finir l'arc comme ça. Mais c'était important ^^

Le prochain arc sera centré sur la remise en ordre de la vie de Kakashi. Et on peut dire qu'il y a du boulot!

L'histoire de Minato et Kakashi n'est pas encore tout à fait limpide, mais vous avez quand même pu comprendre l'essentiel. Vous saurez tout si vous décidez de continuer à lire cette histoire ^^

Je vais m'atteler au 3e arc rapidement, mais je voudrais avant cela reprendre un peu "Otoosan". Donc il faudra être patient pour une fois ^^

A tout bientôt adorables (et adorés) lecteurs! (fleurs en promo aujourd'hui ^^)