Hello! J'espère que vous allez tous bien amis lecteurs! Voici donc le nouveau chapitre de Broken Hearts, tout beau tout chaud. Je suis assez satisfait de ce chapitre, qui apporte un peu de corps à ce début d'arc.

Mais ça devient de plus en plus compliqué de gérer tout ce petit monde, croyez-moi!

Je vous souhaite une bonne lecture, et attends vos commentaires avec impatience.

(message perso à mebi: bien sûr que tu peux publier tes dessins! J'ai hâte de les voir du coup! Tu peux éventuellement y insérer un petit lien vers l'histoire ;) Tiens moi au courant en tout cas! D'ailleurs si d'autres personnes sont inspirées, qu'elles n'hésitent surtout pas! A vos crayons les artistes!)

Chapitre 27: guerre et paix.

(Better Together - Jack Johnson)

Le faible son d'une guitare la réveille doucement. Elle prend le temps de s'étirer, comme un chat, et se redresse lentement. Elle sourit en voyant sa silhouette, à travers le léger rideau qui vole sous la brise de la fin de l'été.

Il a pris place sur une simple chaise en bois, sur le petit balcon qui fait face à la mer. Et il chante en souriant. Il est beau, son visage témoigne de sa sérénité.

Yakumo penche la tête et tente de se concentrer sur les paroles. Elle se met à sourire de plus belle. Toujours beaucoup d'interrogations dans son esprit, mais une petite pointe d'optimisme aussi. Depuis quelques temps, Kakashi écrit des chansons pleines d'espoir. Ce n'est pas encore le plein bonheur, mais pas après pas, il semble avoir changé sa façon de voir la vie. Encore un peu, et il sera prêt à affronter de nouveau les tumultes de Konoha, et les tumultes de l'amour.

Yakumo se laisse bercer par la musique avant de se lever. Elle passe l'une des chemises du chirurgien et en retrousse les manches. Puis elle se dirige d'un pas de velours vers la terrasse.

Kakashi ne sursaute pas lorsque la jeune femme passe ses bras autour de son cou. Yakumo laisse ses mains caresser le torse nu du chirurgien et enfouit son nez dans son cou. Ses mèches brunes lui chatouillent l'oreille et Kakashi s'arrête de chanter.

«Oh non! Continue, c'était très beau!» proteste Yakumo.

Kakashi se met à sourire.

«Bien dormi?» lui demande-t-il en posant quelques doux accords sur sa guitare.

Yakumo hoche la tête et dépose un baiser sur son épaule, tandis que Kakashi entonne une courte chansonnette.

(Belle - Jack Johnson)

Et puis Kakashi se redresse, faisant lâcher sa prise à Yakumo, et range sa guitare dans son étui.

«Bon, et si on allait surfer un peu?» lance-t-il gaiement.

Yakumo lui offre un sourire entendu, qui fait froncer les sourcils du chirurgien.

«C'est quoi cette tête?»

«Rien, rien» chantonne la jeune femme. «Tu as l'air de très bonne humeur aujourd'hui!»

Kakashi saisit Yakumo par la taille et la soulève en riant, pour la faire tournoyer sur la petite terrasse.

«Ça c'est parce qu'on a fait l'amour toute la nuit. Ça met un homme de bonne humeur ces choses-là!»

Yakumo se met à rire elle aussi, tandis que Kakashi la repose doucement au sol. Elle fait un pas pour retourner à l'intérieur et lance d'une voix mystérieuse:

«Moi je pense que c'est surtout dû au beau rêve que tu as fais ensuite!»

«Qu'est ce que tu racontes encore, tu lis les rêves des gens quand ils sont endormis toi maintenant?» la taquine le chirurgien en la suivant dans la chambre.

«Pourquoi, ça t'étonnerait que j'en sois capable?»

Kakashi fait mine de réfléchir quelques secondes, et finit par répondre:

«Nan, pas vraiment en fait!»

Les deux amants éclatent de rire tandis qu'ils quittent la chambre d'hôtel pour prendre la direction de la plage. Dans le hall, il saluent Luci, qui tente d'apporter un peu de gaieté à son comptoir en arrangeant quelques fleurs dans un vase.

«Bonne journée les amoureux!» leur lance-t-elle au moment où ils sortent de l'hôtel.

Kakashi et Yakumo se regardent en souriant. Ils ne sont pas amoureux l'un de l'autre, quoi que laissent supposer les apparences. Mais ils s'aiment profondément, c'est un fait. Kakashi a trouvé en la jeune femme une oreille attentive et empathique. Il lui a raconté Minato, Obito et lui a même parlé de Naruto. Il a aussi évoqué Iruka, sans le nommer cependant. Yakumo trouve d'ailleurs que Kakashi reste très évasif au sujet de cet amoureux secret. Mais cette nuit, Kakashi lui a offert sans le vouloir un point de départ, pour creuser ce dernier petit point avant de le laisser filer retrouver sa vie de chirurgien. Quand Kakashi aura enfin réussi à mettre ses sentiments au clair, il sera prêt à prendre le chemin du retour. Une petite semaine, c'est le temps qu'il leur reste pour profiter de cette parenthèse ensoleillée.

Alors qu'ils s'engagent sur le petit chemin sablonneux menant à la plage, Kakashi demande:

«Nan mais sans rire, Yakumo, c'est quoi cette histoire de rêve?»

La jeune femme sourit et fixe l'horizon en poursuivant sa route. Après quelques secondes, elle répond:

«Alors il s'appelle Iruka ce bel amoureux secret.»

Kakashi lève un regard interrogatif vers la jeune femme.

«Comment tu...»

«Tu as prononcé ce nom en dormant. C'était trop mignon d'ailleurs!» le taquine Yakumo, tandis que le front de Kakashi semble s'embrunir. Mais déjà la jeune femme se met à gémir, en faisant semblant d'imiter Kakashi:

«Oh Iruka! Iruka!»

Kakashi sent ses joues s'empourprer, et prend un air vexé.

«C'est pas drôle ça, Yakumo» marmonne-t-il en accélérant le pas.

«Oh Kakashi, arrête un peu de bougonner! C'était pour rire!» lance la jeune femme en rattrapant le chirurgien.

«Il en a de la chance cet Iruka en tout cas. Il est médecin lui aussi?»

Kakashi hoche la tête, en espérant que l'arrivée sur la plage mettra fn à cette conversation gênante. Mais Yakumo ne semble pas de cet avis.

«C'est à cause de cet Obito que vous vous êtes séparés?»

Kakashi pousse un long soupir et s'immobilise.

«On n'a jamais vraiment été ensemble.»

Le chirurgien marque une courte pause avant de reprendre.

«Mais je préfèrerais qu'on change de sujet. Ça me fait bizarre de parler de ça... Avec toi» conclut-il en évitant de croiser le regard de la jeune femme.

Yakumo penche la tête et fait la moue, puis reprend d'une voix mutine:

«Quoi, c'est parce qu'on fait l'amour presque tous les jours que tu es gêné? Pourtant tu viens de le dire toi-même: vous n'êtes pas ensemble. Et je ne vois pas le mal à ce que tu prennes un peu de bon temps, avant de partir à sa reconquête.»

C'est au tour de Kakashi de faire la moue.

«Mouais, je sais pas. C'est vis-à-vis de toi aussi. J'ai l'impression de profiter de ta ...»

«De ma quoi Kakashi?» le coupe Yakumo en posant une main ferme sur l'avant-bras du chirurgien. «Écoute, les choses sont claires entre nous: on prend du bon temps parce qu'on est bien ensemble. Mais c'est juste une parenthèse dans nos vies, une belle parenthèse qui nous fera un beau souvenir. Moi aussi je profite de toi, d'une certaine façon. J'use et j'abuse de ta compagnie, de ta gentillesse, de ta musique, de ton adorable minois et de ton divin corps."

Kakashi se met à sourire tandis que Yakumo poursuit:

«Mais tu es amoureux de cet Iruka, Kakashi. Et si tu ne fais pas tout pour le récupérer, crois-moi je viendrai te botter moi-même les fesses à Konoha!»

Kakashi reste silencieux quelques secondes et finit par éclater de rire. Yakumo a entièrement raison, comme toujours. Et elle lui fait un bien fou cette fille, à l'esprit et au cœur.

Le chirurgien saisit la main de la jeune femme et l'entraine à courir sur la plage.

«T'as raison Yakumo, ne gâchons pas nos derniers jours ensemble. J'espère juste qu'il n'est pas trop tard... Pour Iruka.»

«Il n'est jamais trop tard Kakashi» répond Yakumo, juste avant qu'ils rejoignent leurs trois amis, déjà parés pour une journée entière de surf.

...

Hidan commence maintenant sérieusement à s'impatienter. Mais que fout cet abruti d'interne? S'il n'est même pas capable d'être à l'heure au bloc, il n'est pas prêt à devenir chirurgien dans ce service.

Hidan pousse un soupir de colère et décide de commencer sans lui. Il se prépare aussi mentalement à passer une belle engueulade à celui qui voudra bien montrer le bout de son nez.

Tandis que le chirurgien se fait habiller par l'un des aides-soignants dans la salle de bloc, Iruka déboule dans le vestiaire.

«Tiens, c'est toi qui opère avec Hidan aujourd'hui?» demande Kankuro en nouant les liens de son bonnet.

«Oui!» répond l'interne essoufflé, en déliant fébrilement ses lacets. «Cet enfoiré de Yoroi m'a refilé son intervention hier soir. Sauf qu'il m'a dit qu'Hidan commençait à huit heures trente aujourd'hui.»

Kankuro fronce les sourcils.

«Hidan ne commence jamais après huit heures, je pensais que tu le savais. Tu vas te...»

«Me faire pourrir, oui je sais sais, merci!» rétorque Iruka agacé. «Putain, je te jure, je vais me le faire un de ces jours ce connard de Yoroi!»

«Allez allez, t'inquiète pas. Au pire tu vas te prendre une bonne soufflante de la part d'Hidan. Mais si tu fais ton boulot correctement, ça devrait bien se passer.»

Tandis qu'Iruka achève de s'habiller, Kankuro ouvre la porte menant au bloc. Mais il se ravise et se retourne vers Iruka.

«Je t'avais prévenu pour Yoroi. Tu as tout intérêt à répliquer, sinon tu passeras pour un faible.»

Kankuro repart et lance une dernière phrase, plus pour lui-même que pour Iruka:

«Il me tarde d'être à la semaine prochaine. A mon avis, Kakashi ne va pas trainer pour remettre un peu d'ordre dans le service!»

Tandis que le chef de clinique disparait, Iruka prend quelques secondes pour digérer l'info. Kakashi revient la semaine prochaine. L'interne secoue la tête comme pour chasser cette information de sa tête. Ce n'est vraiment pas le moment de se déconcentrer. Le jeune homme prend une profonde inspiration, et entre d'un pas décidé dans le bloc, prêt à faire le dos rond auprès d'Hidan.

Le bloc est parfaitement silencieux. Personne n'ose broncher. Hidan est déjà penché sur son patient endormi quand Iruka se place face à lui. Hidan ne prend pas la peine de lever le nez. Il lance, sarcastique:

«Bien dormi Iruka?»

L'interne préfère ne pas répondre, faisant mine de se concentrer sur l'intervention en cours. Mais Hidan reprend déjà:

«Enfin c'est normal aussi. Une petit remplacement valvulaire est vraiment une opération sans intérêt pour un interne ayant déjà une prestigieuse embolectomie sur une femme enceinte à son actif. Sans compter une greffe cardiaque. Excusez du peu!»

Hidan lève un regard empreint de férocité vers Iruka et achève en disant:

«Je comprendrais que tu ne veuilles pas rester Iruka...»

«Professeur Hidan» répond l'interne sur un ton volontairement révérencieux, «soyez certain que mon retard n'est pas dû à un manque d'intérêt. J'étais justement en train de réviser la théorie de cette intervention pour être sûr d'être à la hauteur et ne pas vous décevoir. Du coup je n'ai pas vu l'heure passer.»

Tandis qu'il se justifie, Iruka poursuit son travail d'aide opératoire en plaçant les écarteurs afin qu'Hidan puisse travailler. Mais le chirurgien s'est arrêté, le sourire aux lèvres. Il aime bien Iruka, comme tout le monde dans le service il faut bien l'avouer. L'interne a su faire son petit trou, et il est très talentueux, c'est certain. Il manque encore un peu de pratique, mais du point de vue strictement professionnel, il a un brillant avenir tout tracé. La seule chose qu'Hidan lui reprochait, jusqu'à présent, c'était sa trop grande gentillesse, sa droiture poussée à outrance. Il n'est pas étonné de voir le jeune homme ne pas balancer Yoroi. Car Hidan sait très bien que c'est Yoroi qui aurait du être au bloc aujourd'hui. Et il imagine sans peine que l'interne a refilé le bébé à Iruka en prenant soin de ne pas lui donner la bonne heure. Mais Hidan n'est pas du genre à se mêler des petites guéguerres entre les internes. Dans un hôpital universitaire de cette envergure, on soit se défoncer pour gagner sa place. Et Iruka ne déroge pas à la règle. Il devra parfois mettre son intégrité dans sa poche s'il veut arriver à quelque chose. Son talent seul est une très bonne aide, mais ne suffira pas.

Mais la réponse d'Iruka, bien que mielleuse à souhait, vient de montrer au chirurgien qu'il n'est pas si candide qu'il en a l'air. Hidan décide donc de jouer le jeu, afin de pousser l'interne dans ses retranchements.

«Très bien, je te laisse faire alors!» lance joyeusement Hidan en tendant son bistouri à Iruka.

L'interne sursaute et une petite lueur d'inquiétude s'allume immédiatement dans ses yeux.

Hidan, imperturbable devant les murmures qui viennent de s'élever dans le bloc, agite l'instrument sous le nez d'Iruka et reprend:

«Montre-nous donc ce que tu sais faire Iruka.»

L'interne tente de contrôler le tremblement de sa main lorsqu'il saisit le scalpel. Il ne doit pas flancher maintenant. Le jeune homme tente de se rassurer en se répétant qu'Hidan interviendra s'il fait une connerie.

Son regard croise celui de Yugao, qui fait un petit mouvement de tête en guise d'encouragement. Iruka sait qu'il joue là une partie de son avenir. S'il réussit, il pourra s'enorgueillir de rejoindre le cercle très fermé des internes ayant réalisé leur première intervention dès la deuxième année. Pas question de se dégonfler maintenant.

Alors l'interne prend une grande inspiration et commence à opérer.

La tension est palpable dans le bloc. Iruka sent la sueur couler sur ses tempes, mais il reste concentré. Hidan semble satisfait du travail de son interne. Quand il tend la valve mécanique à mettre en place, la main d'Iruka ne tremble plus. Leurs regards se croisent, et Hidan apprécie de lire à présent de la détermination dans les yeux d'Iruka.

L'interne poursuit son travail, et Hidan le guide, sous les yeux amusés de Yugao. Le chirurgien vient de reconnaitre, d'admettre, qu'Iruka est à la hauteur. L'infirmière a une petite pensée pour Kakashi: il sera probablement déçu qu'Hidan lui ait damé le pion pour offrir sa première intervention à Iruka. Mais il sera aussi probablement très fier de son poulain.

Quand Iruka se redresse enfin, après son dernier point, le personnel de bloc commence à applaudir timidement. Hidan lance alors d'une voix forte:

«Bon travail Iruka!»

Un compliment sobre mais d'une valeur inestimable pour l'interne, surtout de la part d'Hidan.

Le chirurgien a remarqué que Yoroi et Misumi se tenaient derrière la vitre de la salle d'intervention depuis quelques minutes. Ils ont assisté au premier succès de leur collègue, et la mine dépitée de Yoroi est impayable. Hidan, d'un caractère joueur, décide d'en rajouter une couche.

«Tsubaki, va me chercher Yoroi. On va le laisser refermer tout ce bordel, pendant qu'Iruka et moi allons fêter son premier succès solo.»

Iruka ne bronche pas, mais ses yeux parlent pour lui. Sa vengeance vient de lui être servie sur un plateau. Yoroi réduit par Hidan à faire les petites mains derrière lui, une vraie jubilation.

Le jeune homme décide de pousser le bouchon jusqu'au bout. A sa sortie de la salle, il se tourne vers Yoroi, en train de se laver les mains, et lui balance la phrase fétiche d'Hidan:

«Applique-toi à faire une belle cicatrice à mon patient.»

Cette phrase, c'est la façon d'Hidan de remettre les internes à leur juste place, surtout les plus jeunes.

Yoroi devient blême et serre les poings. Iruka lui offre un petit sourire narquois et rejoint Hidan pour prendre le chemin de l'internat.

...

«Hinata, tu voudrais pas faire mon entrée?»

La jeune femme pousse un soupir. Kiba est bien gentil, mais il a un peu tendance à lui refiler son boulot. Elle repense à sa dernière conversation avec Sai.

«Tu es trop gentille Hinata. Tu te laisses trop marcher sur les pieds.»

Sakura, qui a séché les cours de l'après-midi pour aller au cinéma, vient de lui demander ses notes, et la jeune fille n'a bien sûr pas osé refuser, alors même qu'elle était en train de bosser sur ces cours.

Hinata baisse les yeux et sent le rouge monter à ses joues. Elle ne compte plus le nombre de fois où on lui a dit ça. Mais étrangement, venant de Sai, cela la touche plus que d'habitude. Elle tente malgré tout de se justifier.

«Moi je trouve que la gentillesse, ce n'est pas un défaut. C'est quand même plus agréable de se rendre service que de se pourrir la vie non?»

Sai lui lance un regard en biais. Il ne veut pas froisser la jeune fille, mais vraiment, elle a besoin que quelqu'un lui remette les idées en place. Et il sait qu'Hinata ne lui en voudra pas de sa franchise. Elle semble être incapable d'en vouloir à qui que ce soit de toute façon.

«Hinata, tu dois comprendre une chose. La plupart des gens ne sont pas gentilles, elles ne cherchent qu'à profiter des autres. Tu l'as bien vu avec le blog. Il faut vraiment que tu arrêtes de croire qu'on vit dans un monde tout rose, avec des petits poneys qui gambadent joyeusement dans l'herbe, et un bel arc-en-ciel en fond de décor!»

Hinata pousse un soupir agacé.

«Ça va, j'ai compris. Mais c'est mon caractère, je n'y peux rien...»

«Hinata, tu vas me faire une promesse. La prochaine fois que quelqu'un te demande un service, qui que ce soit, tu dis non. Juste une fois, sans te justifier. Tu dis non, tout simplement. Ok?»

«Je vais essayer» murmure Hinata.

Cette fois c'est Sai qui pousse un soupir et répond fermement:

«Non, pas essayer, tu vas le faire.»

Sai se radoucit et pose une main affectueuse sur l'épaule de son amie avant d'ajouter:

« C'est important de savoir dire non parfois.»

Hinata hoche la tête, même si elle n'est pas totalement convaincue.

Sai décide de changer de sujet et propose à la jeune femme de reprendre leurs révisions. Hinata aime la compagnie discrète de Sai, sa rigueur aussi. Même si elle le trouve un peu trop rigide parfois. Lui aurait besoin d'apprendre à parfois dire oui pour le coup. La jeune femme laisse dériver ses pensées et se met à sourire. Finalement, Sai et elles sont un peu comme le yin et le yang. Ils sont très éloignés au niveau du caractère, mais se complètent très bien.

«Non.»

Kiba lève un regard étonné vers sa collègue. Il a du mal entendre, mais Hinata se lève et marche jusqu'à la porte pour sortir de la salle réservée aux externes.

«Hé Hinata, attends! Quelque chose ne va pas? Tu es malade?» demande naïvement l'externe. La jeune femme se retourne, ses yeux clairs renvoyant un sentiment que Kiba ne lui a jamais vu manifester, malgré leurs nombreuses années d'amitié.

Hinata semble énervée.

«Non, Kiba, je ne ferai pas ton entrée. J'ai moi aussi mon travail à faire.»

«Mais je voulais aller au bloc, et je sais que toi...»

«Moi quoi?» le coupe la jeune femme.

Kiba reste muet. Mais qu'est-ce qu'elle a mangé ce matin sérieux? Devant son silence, Hinata tourne les talons et repart en direction du service pour commencer la visite, tandis que Kiba se dirige d'un pas trainant vers la chambre du patient qui vient juste d'arriver.

Hinata jette un coup d'œil vers son ami, et ne peut réprimer un sourire. Sai avait raison, ça fait un bien fou de dire non parfois. La mine dépitée de Kiba est assez marrante, sans compter le fait qu'elle va pouvoir, pour une fois, finir à l'heure et prendre le temps de manger correctement avant de filer en cours. Sans avoir à faire le travail des autres en plus du sien.

La jeune femme arbore à présent un sourire satisfait et se plonge avec sérieux dans la visite d'orthopédie. Sai sera fier d'elle, elle a hâte de lui raconter son petit exploit. Parce que pour Hinata Hyuga, dire non reste un petit exploit.

Tandis que la visite se termine, Izumo lance un regard intéressé vers la plus jeune des internes du service. TenTen est concentrée, particulièrement studieuse. Et très jolie quand elle fronce son petit nez pour tenter de retenir le flot d'informations données par l'équipe de soins à propos des patients. Mais la jeune femme est aussi réservée, se retranchant derrière son professionnalisme pour masquer sa timidité.

«Hé TenTen, tu viens à la soirée d'internat vendredi soir?»

La jeune femme hoche la tête tout en continuant de consulter le dossier d'un de ses patients.

«Ça va être super sympa, tu vas voir! On va organiser un truc sensass pour accueillir les petits nouveaux!»

L'enthousiasme d'Izumo fait sourire la jeune fille. Elle voit bien où il veut en venir. Pas très subtil son plan drague. Depuis qu'ils ont débuté ce stage, il ne cesse de tâter le terrain, sans pour autant oser aller plus loin. Et TenTen trouve ça mignon. Il est loin le temps où les jeunes hommes comptaient fleurette à leur belle pendant des jours, avant d'obtenir leurs faveurs. Les femmes ont pris de l'assurance, des responsabilités, ont acquis un statut égal à celui des hommes. Et cela a fini par bouleverser les codes de la séduction. TenTen a souvent l'impression qu'une partie de la gent masculine est maintenant terrorisée à l'idée de devoir séduire une jeune femme. Et Izumo semble entrer parfaitement dans ce schéma. Pourtant il n'aurait qu'un mot à dire, qu'une petite question à poser pour qu'elle lui réponde par l'affirmative. Mais cette fameuse question ne semble pas vouloir franchir le seuil des lèvres du bel interne. TenTen se met à sourire, et décide de tendre une perche à son collègue. S'il est suffisamment perspicace, il ne laissera pas passer sa chance.

«Tu sais Izumo, elle me fait un peu flipper cette soirée. Il parait qu'ils organisent des petits jeux pour ridiculiser les nouveaux. Et puis je ne connais pas grand-monde, à part toi...»

Le visage d'Izumo s'illumine d'un coup.

«Ne t'inquiète pas!» lance-t-il, en gonflant la poitrine, «on peut y aller ensemble si tu veux. Comme ça je te présenterai mes amis. Et je connais bien Mozuku, le nouveau président des internes. Je lui glisserai un mot pour que tu ne sois pas embêtée par les jeux.»

«Oh c'est super gentil ça Izumo! Je viendrai volontiers avec toi alors!» répond la jeune fille, en tentant de cacher son amusement.

La jeune femme espère que cette soirée laissera à Izumo l'opportunité d'être un peu plus entreprenant. Parce qu'elle ne va pas faire tout le travail non plus hein!

Les deux internes se dirigent ensemble vers le bloc de chirurgie orthopédique, et Izumo entreprend de décrire quelques uns de ses amis, en caricaturant un peu pour faire rire TenTen. Celle-ci se prend au jeu et rit de bon cœur, laissant Izumo plus qu'impatient d'être à la soirée d'internat. Parce que TenTen est tellement jolie quand elle rit aux éclats.

...

Naruto gravit les marches du perron d'un pas décidé. Il est venu exprès en plein après-midi, espérant que sa mère serait au travail. Mais sa voiture est dans l'allée. Pas question de reculer cependant. Le blondinet profitera de son passage pour faire d'une pierre deux coups: récupérer ses affaires, et informer sa mère qu'il quitte définitivement la maison.

Quand il pénètre dans le hall de la grande maison, il l'entend chantonner dans la cuisine. Il ne peut réprimer une sombre pensée: sa propre mère ne semble pas particulièrement affectée par sa disparition de deux jours. Naruto tente de rejoindre les escaliers sans bruit, mais une voix s'élève alors dans la cuisine.

«Naruto, viens ici.»

Le ton est ferme, mais sans animosité. Le jeune homme entre d'un pas trainant dans la cuisine, le nez baissé. Il ne voit pas sa mère sourire.

«Naruto, mon chéri» reprend Kushina, «j'étais inquiète, tu aurais du m'appeler pour me prévenir.»

Naruto ne perçoit pas de colère, plutôt une véritable inquiétude. Mais il a la connait bien, et sait qu'elle peut masquer à la perfection sa mauvaise humeur. Alors il répond prudemment:

«J'étais chez des amis, pour réviser.»

«Des amis?» répond sa mère d'un ton taquin. «Tu ne voudrais pas plutôt dire 'une amie'?»

Naruto lève un œil interrogateur vers sa mère, et finit par percuter. Elle croit qu'il a découché pour sortir avec une fille!

Naruto s'apprête à répondre par l'affirmative, histoire de noyer le poisson, mais il se reprend. Il doit se conduire en homme, et annoncer la vérité à sa mère.

«Maman, j'ai pris une grande décision...»

«Quoi? Ne me dis pas que tu vas te marier quand même! Je ne la connais même pas cette fille et...»

Devant l'emballement de sa mère, Naruto pousse un soupir. Beaucoup de personnes voient Kushina Uzumaki comme quelqu'un de dur, d'autoritaire. Mais Naruto sait qu'elle peut aussi être très joviale, voire même fofolle et excentrique. Et apparemment, elle est en train de se faire un bon vieux film à son sujet! Naruto doit couper court immédiatement. Il désigne une chaise à sa mère, et sa mine grave fait cesser rapidement l'enthousiasme de la femme.

«Maman, j'ai décidé de prendre un appartement en ville.»

«Quoi?» demande Kushina, pas sûre d'avoir compris.

«Je venais chercher mes affaires, je déménage. Écoute, j'ai bientôt vingt-trois ans, j'ai envie d'un peu d'indépendance tu comprends?»

Kushina hoche la tête, même si son cœur vient de se serrer. Son petit garçon a tellement grandi. Il est arrivé, ce moment fatidique, où il va enfin quitter le nid. La journaliste sent ses yeux s'embuer mais elle résiste. C'était inéluctable. Et les événements récents, le besoin de Naruto d'en apprendre plus sur son père, ont sûrement accéléré les choses. Kushina répond alors d'une voix faible:

«Je comprends Naruto. Je comprends. Mais tu aurais du m'en parler avant, on aurait pu chercher un appartement ensemble, j'ai beaucoup de contacts. Et organiser ton départ aussi...»

«Maman, j'avais envie de me débrouiller tout seul, pour une fois. Sans passe-droit, sans piston. Et puis j'avais peur que tu le prennes mal aussi.»

Kushina pose un regard à la fois attendri et triste sur son fils. Elle sait qu'il lui en veut, d'être si dure avec son défunt père, d'être si dure avec l'hôpital. Elle n'a jamais trouvé le courage de lui raconter cette histoire, cette épreuve qui a marqué sa vie. Finalement, l'éloignement d'avec son fils permettra peut être qu'ils se retrouvent plus tard, dans un climat serein. Mais son statut de mère reprend rapidement le dessus et elle déclare:

«Bon, voilà ce qu'on va faire. Je vais te donner un petit budget tous les mois, pour ton appart, les courses et tout ça.»

«Mais...»

«Pas de mais, je suis ta mère, et bien que tu sois majeur, tu n'es encore indépendant financièrement. C'est mon rôle de parent de te donner tout ce dont tu as besoin.»

Naruto préfère ne pas contredire sa mère. Et il doit bien le reconnaitre, l'idée de devoir trouver un petit boulot pour subvenir à ses besoins ne le bottait pas des masses. Mais Kushina poursuit déjà:

«Si tu as le moindre souci, tu m'appelles, et on gèrera ensemble d'accord? Ah, et j'aimerais bien que tu viennes déjeuner le dimanche. Ça me ferait vraiment plaisir.»

Naruto acquiesce.

«Il est où ce fameux appart que tu as trouvé?» demande Kushina sur un ton doux.

Naruto avale sa salive. Annoncer qu'il déménage est une chose. Annoncer qu'il a pris une colocation avec un garçon en est une autre. Sa mère va encore se faire des idées c'est sûr. Alors le blondinet décide d'avancer prudemment.

«Euh... Il est en ville, dans un petit immeuble juste en face du magasin de décorations, tu sais dans la rue piétonne.»

Kushina hoche la tête. Quartier jeune mais tranquille, en plein centre, arrêt de bus à proximité, et faculté à deux pas. Son fils s'est bien débrouillé à n'en pas douter. Naruto se racle la gorge et poursuit:

«Je... Je suis en colocation en fait, avec un ami de la fac.»

Kushina fronce un sourcil, et fixe son fils.

«Un ami...»

«Oui, il s'appelle Sasuke, il est dans la même promo que moi. Tu sais, mes potes sont quasiment tous en coloc. Ça coute moins cher et on peut réviser ensemble en plus.»

«Réviser...»

Naruto laisse passer quelques secondes et observe sa mère. L'idée a l'air de faire son chemin dans sa tête.

«Ok, je vois. Et tu le connais depuis longtemps ce Sasuke?»

«Bah depuis la deuxième année. C'est l'un des meilleurs de la promo» tente Naruto, histoire d'amadouer sa mère.

«Je vois.»

Kushina se lève et se retourne pour surveiller la cuisson des petits gâteaux qu'elle a mis au four. Elle lance alors innocemment:

«Ce Sasuke... C'est juste... un ami?»

Naruto prend une mine dépitée. Si même sa mère s'y met, il n'est pas sorti de l'auberge.

«Maman,» reprend-t-il d'un ton ferme, «si ta question est 'est-ce que mon fils est gay?', je te rassure tout de suite, la réponse est définitivement non.»

Le soupir de soulagement que pousse Kushina interpelle cependant Naruto. Sa mère n'est pas particulièrement rétrograde, et il ne l'a jamais entendue prononcer une seule parole homophobe de sa vie. Mais sa réaction est un peu bizarre. Le jeune homme préfère cependant ne pas insister et reprend:

«Bon, je vais aller chercher le reste de mes affaires.»

Kushina hoche la tête tandis que Naruto se lève.

«Tu pourras emporter quelques petits gâteaux. Ce sont tes préférés!»

Lorsque Naruto redescend avec deux valises, Kushina prend conscience que son fils est à présent un jeune adulte, survolté et un peu étourdi des fois, mais un adulte quand même. Et elle sait qu'il lui faudra très bientôt lui parler.

De son père.

«N'hésite pas à amener ce Sasuke à déjeuner dimanche prochain. Je suis curieuse de voir sa bouille.»

«Ouais, je lui demanderai. Mais il est assez réservé, je ne sais pas s'il osera.»

«Bon et bien tâche d'être prudent. Et si tu as besoin de quoi que ce soit...»

«Je sais maman, je t'appelle!» répond Naruto en feignant l'agacement.

Mais au fond, il est soulagé et ravi de sa petite discussion avec sa mère. Leurs relations semblent de nouveau apaisées. Le jeune homme quitte la maison rassuré, et le cœur plus léger.

...

«Hé Sasuke! Je suis rentré!» lance Naruto en trainant ses deux grosses valises dans son nouvel appartement.

Pas de réponse.

«Héééé, Sasukeeeeee!»

Naruto entend alors un gros bruit de chute dans le bureau. Il se précipite pour voir Sasuke, les quatre fers en l'air, un gros carton renversé à côté de lui. Le jeune homme se frotte la tempe droite, en poussant un grognement de douleur. Et Naruto ne trouve rien de mieux que d'éclater de rire. Mais le regard glacial de son camarade le ramène bien vite à une attitude plus raisonnable.

«Putain, tu m'as fais peur espèce d'abruti! Je me suis fait mal à cause de toi!» râle Sasuke en tentant de se relever, malgré l'enchevêtrement d'objets à ses pieds.

Naruto lui tend la main pour l'aider. Sasuke hésite une seconde avant de saisir la main de son camarade. Enfin, son colocataire à présent. L'externe a passé toute la nuit à repenser à sa décision. A-t-il fait le bon choix?

Il sait que les Uchiwa sont réputés pour toujours bien peser le pour et le contre avant de prendre une décision. Certains les traitent d'indécis, d'autres de besogneux. Mais Sasuke a plutôt agi sur un coup de tête cette fois. Et cela ne lui ressemble pas.

Mais il est content. Content que Naruto soit son colocataire, content de ne plus être seul.

Même si le babillage incessant de son camarade risque de vite lui porter sur les nerfs.

D'ailleurs, Naruto a déjà commencé. Il s'est penché sur les divers objets au sol. Et il brandit une photo de famille en rigolant.

«Haha! T'as vu ta tronche la dessus! La tête du mioche premier de la classe. Et c'est ton frère Itachi là non? Et eux ce sont tes parents? Ya un air de famille...»

«Rends-moi ça idiot» crache Sasuke en arrachant la photo des mains de Naruto. Ce dernier est un peu surpris de la réaction de Sasuke, un peu disproportionnée à son goût.

Sasuke entreprend de remplir le carton en silence, en prenant soin de placer la photo tout au fond.

«Hé Sasuke, ils font quoi tes parents?»

Le brun pousse un soupir. Il sait que Naruto ne lâchera pas l'affaire tant qu'il n'aura pas eu de réponse. Le blondinet est incapable de percevoir quand un sujet est délicat. Il a le don de mettre les pieds dans le plat. C'est un peu sa marque de fabrique en fait.

Sasuke évite de croiser le regard de son ami et répond laconiquement:

«Ils sont morts.»

«Ah...» répond Naruto, mais Sasuke reprend déjà:

«Assassinés.»

Naruto se fige sur place. S'il pouvait, il creuserait un trou bien profond pour s'enterrer. Il tente comme il peut de rattraper le coup, si tant est que ce soit possible:

«Désolé vieux, je ne savais pas. Ça doit être dur pour toi.»

Sasuke finit par se retourner, le regard froid ayant laissé la place à un autre plus mélancolique.

«Ça fait longtemps, je n'avais que sept ans. J'ai quelques souvenirs heureux avec eux, et il me reste mon frère.»

Naruto hoche la tête, pas certain de désirer continuer cette conversation. Mais Sasuke se lève déjà et quitte le bureau pour rejoindre le salon. Il se dirige vers la cuisine et ouvre le réfrigérateur pour en sortir deux canettes de soda. Alors qu'il en lance une à Naruto, il reprend:

«Toi tu n'as jamais eu la chance de connaitre ton père. J'imagine que ça doit être encore plus dur.»

Naruto, resté planté au milieu de la pièce, semble réfléchir. Puis il se frotte l'arrière de la tête en rigolant, mais son rire est un peu crispé.

«Bah on fait avec. On n'a pas trop le choix en même temps hein!»

Sasuke se contente d'acquiescer. Ils n'ont pas trop le choix en effet, de grandir, de devenir des adultes seuls. Ils sont entourés bien sûr. Naruto a sa mère, et Sasuke son grand frère. Mais ils ont tous les deux perdu l'innocence de l'enfance un peu trop tôt. C'est un point commun qu'ils ont, une point commun douloureux.

Sasuke se rapproche de son camarade et désigne les deux valises.

«Ça s'est bien passé finalement avec ta mère?»

Naruto hoche la tête.

«Ouais, elle va me filer du fric tous les mois, pour le loyer et les courses. Pas besoin de trouver un petit boulot du coup! Ah, et elle nous a invités à déjeuner dimanche prochain.»

«Nous?» reprend Sasuke étonné.

«Ouais, elle veut savoir avec qui je vis, normal non?»

Sasuke reste silencieux, et Naruto se sent obligé de demander:

«Tu viendras hein?»

Sasuke tourne les talons en trainant l'une des valises, et répond laconiquement:

«Peut être. On verra.»

...

Quand Iruka débarque dans le réfectoire, il surprend Izumo et Kotetsu en grande conversation. Mais ils se taisent dès qu'il s'approche.

«Qu'est ce que vous complotez tous les deux?» demande l'interne en fronçant les sourcils.

«Rien rien» répond Izumo tandis que Kotetsu se fend d'un large sourire. Taquin, l'interne de pneumologie répond d'un ton nonchalant:

«Izumo a une touche avec sa collègue d'ortho. Il lui a juré de la protéger contre les méchants internes lors de la soirée d'internat de samedi.»

Kotetsu et Iruka se mettent à ricaner devant l'air outré d'Izumo. Celui-ci enserre son ami par le col et commence à frotter un poing contre le crâne de son ami.

«Aïe, aïe! Arrête Izumo, ça fait mal!» lance Kotetsu en continuant de rire.

«Et bien je vois qu'on s'amuse bien!» déclare Shizune qui vient d'apparaître derrière le petit groupe.

«Salut les amis!» rajoute Tsunami, qui vient elle aussi d'arriver. «Genma n'est pas avec vous?»

«Il doit trainer devant la télé comme d'hab'» répond Iruka, qui se tourne vers Shizune et Izumo. «Ça vous tente un billard?»

Les deux autres acquiescent tandis que Kotetsu et Tsunami se dirigent déjà vers la salle de répétition.

Au bout d'une petite heure, la porte de la salle s'ouvre brutalement et fait sursauter Iruka, qui s'apprêtait à jouer la boule noire.

«Venez, on a un truc super à vous montrer!» lance Tsunami le regard brillant.

Les trois amis, qui ont été rejoints par Genma, lui emboitent le pas, intrigués.

Les membres de Mescaline semblent tous en effervescence. Le seul à rester de marbre est Asuma, même s'il arbore un sourire malicieux sur le visage.

Aoba et Kotetsu sont collés devant un ordinateur, alors que Tsunami sautille partout en chantonnant:

«Le début de la gloire, le début de la gloire!»

Devant l'air interrogatif des nouveaux arrivants, Asuma explique succinctement:

«Kakashi a créé une page pour Mescaline sur un site de musique. Et apparemment, on a notre petit succès.»

Maintenant tout le monde veut voir de quoi il retourne. Ça se bouscule devant l'écran, et ça commence à se chamailler.

«Mais laissez moi voir!»

«Putain mais arrête de pousser, attends ton tour!»

«Mais clique sur les commentaires bordel!»

Devant l'agitation, Shizune et Iruka se replient vers le fond de la salle, en attendant que les autres se calment. Ils sont rejoints par Asuma, qui semble bien amusé par la situation.

«Kakashi a fait fort sur ce coup-là. J'adore le concept qu'il a mis en place pour le groupe.»

Shizune et Iruka, intrigués, l'encouragent à poursuivre.

«Bah il est parti dans un délire genre 'Mescaline est un groupe venu d'ailleurs', aucun visuel des membres, des photos floues ou des symboles seulement. Et le mystère semble faire parler pas mal. Ça intrigue les gens, du coup ils vont écouter notre musique. Très malin.»

«Et les commentaires, ils sont positifs alors?» demande Iruka.

«Plutôt oui. On a déjà un petit fan-club apparemment. Il y a même une nana de KonohaSky qui a laissé un petit mot d'encouragement.»

Shizune et Iruka ont enfin accès à l'ordinateur. Les commentaires sont en effet assez positifs pour la plupart. Mais le dernier avis interpelle l'interne de cardio-tho.

«Celui-là semble se plaindre du manque de nouveautés. C'est dommage, la réactivité est importante sur ce genre de site. Il faut sans cesse publier des choses nouvelles pour rester dans le top."

«Et vous n'avez rien en stock à publier?» demande innocemment Shizune.

«Bah on a bien quelques chansons enregistrées. Mais c'est Kakashi qui a le code d'accès au compte.»

«Dommage» répond laconiquement Iruka.

Asuma fixe l'interne, qui semble avoir pris ses distances vis-à-vis du chirurgien. Pour le coup, c'est le neurochirurgien qui trouve cela dommage. Mais rien n'est jamais joué d'avance parait-il.

Le neurochirurgien regarde négligemment l'heure sur son téléphone, et sans rien dire compose un numéro, tout en enclenchant le haut-parleur.

«Allo?» dit une voix à l'autre bout du fil, étonnée de cet appel tardif.

Iruka n'a pas pu réprimer un sursaut en entendant la voix de Kakashi. Sursaut qui n'est passé inaperçu ni aux yeux de Shizune, ni à ceux d'Asuma.

Les deux médecins s'échangent un sourire discret. Ils se sont compris.

Iruka tente de s'éloigner un peu, mais sa fuite est bloquée par Shizune, qui laisse Asuma débuter la conversation.

«Hé Kakashi, quoi de neuf?»

«Ah ben, je suis encore sur la plage. J'allais rentrer à l'hôtel là.»

Tu as eu l'occasion d'aller faire un tour sur la page de Mescaline que tu as créée avant de partir?»

«Euh nan, j'avais complètement zappé. Pourquoi?»

«Et bien on commence à avoir notre petit succès en fait. Et Shizune et Iruka pensent qu'il faudrait qu'on publie rapidement de nouvelles chansons. Parce qu'on est en train de retomber dans l'oubli.»

Kakashi ne répond pas immédiatement, comme s'il digérait l'information. Yakumo, qui a collé son oreille près de celle de Kakashi, a vu Kakashi se raidir instantanément en entendant le nom de son fameux amoureux. Elle se détache du chirurgien pour lui laisser un peu d'air, mais le sourire entendu qu'elle arbore maintenant fait lever les yeux au ciel à Kakashi.

Le chirurgien se reprend cependant rapidement.

«Je vais y regarder ce soir. Il me semble que j'ai deux ou trois chansons enregistrées sur mon pc. Ce serait bien que vous commenciez à réfléchir sur des idées de visuels.»

«Ouais, je vais voir ça avec le groupe... Et avec nos groupies officielles. Ils ont tous l'air d'avoir de bonnes idées.»

Asuma entend Kakashi se mettre à rire avant de répondre:

«Il va falloir qu'on pense à leur créer un petit statut spécial à nos groupies de la première heure, pour quand on sera des stars internationales. On devrait peut être les transformer en roadies en fait!»

Cette fois c'est Asuma qui se met à rire, en voyant l'air interrogatif des deux internes face à lui. Il décide alors de leur expliquer, tout en gardant Kakashi en ligne:

«Les roadies, ce sont les personnes qui trimballent tout le matos, qui montent et démontent toute la scène.»

«Tu peux oublier Kakashi!» lance Shizune d'une voix forte pour que le chirurgien puisse l'entendre. On vous sert déjà bien assez de sous-fifres comme ça à l'hôpital!»

Le rire clair de Kakashi résonne de nouveau, et Iruka ne peut s'empêcher de penser:

Il a l'air d'aller bien.

Et Iruka ne peut également pas s'empêcher d'être soulagé. Et content.

«Bon je dois vous laisser les enfants! Asuma, tu fais un gros bisou bien baveux à tout le monde de ma part, ok?»

«Ouais, je vais me contenter d'un bonjour de loin hein! Tu leur feras toi-même des bisous baveux la semaine prochaine!»

«Ça marche, allez bonne nuit les enfants! Et ne vous couchez pas trop tard hein! Ya du boulot qui vous attend demain haha!»

«Mais quel enfoiré» marmonne Asuma avant de reprendre: «Bonne nuit à toi Kashi, et sois sage. On t'attend de pied ferme!»

Une fois la communication terminée, Asuma se tourne vers les membres du groupe et lance:

«Vous avez tous le bonjour de Kakashi. Il voudrait qu'on réfléchisse à des idées de photos ou de dessins pour le groupe.»

Shizune se retourne vers Iruka et lui murmure de manière à ce que seul l'interne de chirurgie puisse l'entendre:

«Tu pourrais faire des dessins pour Mescaline toi!»

«Mouais, mais à la base je fais surtout des portraits.»

«Et bien réfléchis-y. Je suis sûre que tu vas trouver une idée sympa.»

Les deux internes interrompent leur conversation car les membres du groupe décident d'arrêter la répétition pour ce soir. Excepté Asuma, ils sont tous trop euphoriques pour poursuivre de toute façon.

Iruka regagne sa chambre et se branche sur le site de Mescaline. Il lance la courte playlist et s'allonge sur son lit, les yeux fixés au plafond. La voix de Kakashi emplit la pièce, et son esprit dérive sur ses souvenirs avec le chirurgien. Les bons moments, l'intense désir, suivi du plaisir, les regards, les taquineries. Les moments plus durs aussi, les mots blessants, les gestes malheureux et les décisions assassines.

L'interne finit par s'endormir tout habillé, alors que la voix de Kakashi s'est tue.

...

Kakashi ouvre un œil et constate que le soleil est déjà haut dans le ciel. Il tente de bouger un peu mais Yakumo resserre son étreinte, le bras enroulé autour de son torse. Kakashi lui offre un regard attendri et remet en place une mèche de cheveux bruns qui barre son visage d'ange.

Yakumo finit par battre des cils et se réveiller peu à peu. Trop craquant.

Kakashi, conscient que cette petite parenthèse de bonheur va bientôt s'achever, referme ses bras sur le corps nu de la jeune femme. Il respire l'odeur de ses cheveux, comme pour mémoriser ce doux parfum pour toujours.

Yakumo pousse un soupir d'aise, puis s'étire, gardant cependant le contact avec la peau du chirurgien. Ce simple contact physique, comme une communication impossible à interrompre. Un lien sacré.

«Bonjour» dit Yakumo d'une voix encore ensommeillée.

«Salut ma belle» murmure tendrement Kakashi, en déposant un baiser sur le front de la jeune femme.

«Quelle heure est-il?»

«Tard» répond le chirurgien en souriant. Il se retourne vers le réveil et ajoute:

«Très tard en fait! Les autres nous attendent pour le déjeuner non?»

Yakumo hoche la tête, mais replonge immédiatement contre le torse de Kakashi. Elle marmonne:

«Je suis trop bien là. Ils attendront.»

Kakashi se met à rire franchement, et commence à chatouiller la jeune femme. Il connait à présent les endroits les plus sensibles de son corps, et Yakumo ne résiste pas longtemps.

Elle se tortille et commence à protester. S'ensuit une bataille d'oreillers en règle, dans les rires. Kakashi finit par réclamer une trêve, acceptée par Yakumo. Après une rapide douche commune, ils prennent le chemin de la plage, pour rejoindre leurs amis. Sumaru les gronde pour le principe.

«Ah ben on se demandait si vous alliez venir. Vous avez vu l'heure?»

Mais la pseudo-engueulade tombe à l'eau quand un bruit étrange s'élève de la banquette.

«Vous êtes en train d'écorcher un chat ou quoi?» lance Kakashi taquin.

Sumaru pousse un long soupir et répond:

«C'est de ta faute Kashi. Sora fait les exercices que tu lui a montrés à la guitare depuis ce matin. Franchement, je te maudis sur cent générations pour ça!»

Kakashi et Yakumo éclatent de rire, et le chirurgien décide de prendre les choses en main. Tandis que Yakumo donne un coup de main à Sumaru pour le repas, Kakashi rejoint Sora.

«Hé Kakashi, t'as vu je bosse ma guitare. Regarde ce que j'arrive à faire!»

Le jeune homme enchaine alors avec difficulté et hésitation quelques accords, et Kakashi sourit.

«Tu fais des progrès Sora, c'est indéniable» répond le chirurgien en tentant d'être le plus convaincant possible. L'apprentissage d'un instrument demande beaucoup d'entraînement et de persévérance. Pas question de démoraliser le débutant.

Kakashi prend place sur la banquette, à côté de Sora, et devant le regard implorant de Sumaru, il saisit sa propre guitare et propose au groupe de leur faire écouter sa dernière compo.

(Wonderboy - The Kinks)

Les quatre surfers agitent la tête sur la musique entrainante. Yakumo ne peut s'empêcher de sourire. Kakashi a retrouvé foi en la vie apparemment. Ces paroles semblent pleines d'espoir. La sérénité qui s'échappe du chirurgien remplit Yakumo de joie. Mais la jeune femme sait aussi que cette paix intérieure enfin retrouvée signe également le départ imminent de Kakashi. Il lui manquera. Tellement. Mais sa vie est là bas, à Konoha, auprès de cet Iruka qui n'imagine sûrement pas, à cet instant, la chance qu'il a d'être aimé par cet homme formidable qu'est Kakashi. Yakumo sent les larmes monter alors que Kakashi entonne la fin de sa chanson. Un drôle de mélange, de bonheur et de peine. Son petit chat est à présent sevré de tout ce malheur qui lui collait à la peau. Elle a rempli sa mission, et elle doit le laisser partir maintenant.

La jeune femme secoue la tête pour laisser s'envoler ces idées noires. Il lui reste encore une longue semaine pour profiter de son chirurgien. Et Yakumo est bien décidée à ne pas en perdre une seule seconde.

Après un rapide repas, les amis se rendent sur la plage. Aujourd'hui, ils ont délaissé leurs planches de surf pour faire un peu de kayak de mer. Ils longent la plage un moment, avant d'arriver dans une zone plus rocailleuse. Ils stationnent dans une petite crique et entreprennent d'escalader un petit piton rocheux. Menma ne met pas longtemps avant de plonger dans la mer. les autres le suivent volontiers, et les sauts s'enchainent dans les rires et les éclaboussures.

Alors qu'ils remontent dans leurs kayaks, Kakashi remarque une barque de pêcheurs stationnée un peu en retrait. un jeune homme semble avoir quelques difficultés à remonter son filet. Le chirurgien jette un coup d'œil à Yakumo, qui est déjà partie en direction de la barque. Kakashi sourit, amusé. La jeune femme ne manque jamais une occasion de rencontrer de nouvelles personnes. Si on demandait à Kakashi de décrire Yakumo en un seul mot, il dirait sans hésiter: «ultra-sociable».

Le chirurgien décide de rejoindre son amie, qui a déjà engagé la conversation avec le pêcheur. «Ça doit être dur de pêcher en pleine mer. Mais tu as vraiment de la chance d'habiter dans un si bel endroit!» lance la jeune femme enthousiaste.

Le garçon, visiblement réservé, balbutie une réponse à peine audible. Ses joues, rosies à la fois par l'effort et par la timidité, sont adorables aux yeux de la jeune femme.

Elle se retourne vers Kakashi et lui dit:

«Hé Kakashi, je te présente Idate!»

«Salut!» lance joyeusement le chirurgien au jeune homme, qui lui répond par un sourire muet. «Ça te dirait de venir nous rejoindre ce soir, Idate? On se fait une petite soirée sur la plage.»

«Hum, c'est que je travaille tôt demain. Mais c'est gentil de proposer...»

Yakumo fronce les sourcils, ce qui amuse beaucoup Kakashi. Il sait que la jeune femme, quoi qu'il arrive, obtiendra ce qu'elle veut. D'ailleurs Yakumo reprend déjà:

«Bah il faut bien que tu t'amuses un peu quand même, de temps en temps!»

«Mais...»

«Laisse tomber, Idate. Quand Yakumo a une idée en tête, ya rien à faire. Si tu ne viens pas, elle est capable de venir te chercher elle-même!» lance Kakashi en riant.

Idate pousse un petit soupir. Il doit bien avouer que la proposition est très tentante. Il a déjà remarqué le petit groupe d'amis depuis un moment. Ils ont l'air de tellement bien s'amuser. Il n'a que peu d'amis de son âge au village, ils sont quasiment tous partis à la ville. Kakashi et Yakumo semblent profiter de la vie à pleines dents. Alors Idate finit par marmonner qu'il passera peut-être. Yakumo lui offre un sourire satisfait et Kakashi lui fait un signe amical de la main en lui lançant un «à ce soir alors!».

Idate regarde les deux kayaks s'éloigner en souriant. Il ne sait pas encore s'il aura le courage de rejoindre la petite troupe ce soir, mais il en a très envie en tout cas.

Les cinq amis ont à présent rejoint leur petit campement, et tandis que Sumaru et Sora se chamaillent, Yakumo tente elle aussi de faire quelques accords sur la guitare de Kakashi.

Le chirurgien, quant à lui, est penché sur son cahier et semble très concentré.

«Hé Kashi, tu fais quoi?»

Le chirurgien relève la tête et prend un air mystérieux pour répondre:

«Je vous prépare une petite surprise.»

«Ah cool!» reprend Menma. «Tu nous écris une chanson?»

«Tu verras.»

Yakumo sourit. L'inspiration de Kakashi semble être sans limite en ce moment. Il a rempli quasiment la totalité de son cahier, et a même rajouté des feuilles volantes où sont griffonnées des morceaux de chansons, des idées en vrac, des portées de notes. Son joyeux bordel musical comme il l'appelle lui même.

Alors que le soir commence à tomber, les cinq surfeurs rejoignent la plage et entreprennent d'allumer un petit feu. Yakumo et Sora ont étalé des couvertures sur le sable, et Sumaru prépare des brochettes de chamalows. Une belle petite soirée en perspective.

Kakashi a cette fois pris son ukulélé. Et les notes exotiques résonnent sous les étoiles tandis que les amis reprennent en chœur leurs chansons préférées.

Alors que la petite fête bat son plein, une ombre se dessine dans la nuit. Yakumo reconnait immédiatement Idate et se lève d'un bond pour partir à sa rencontre, ne laissant pas l'occasion au jeune homme de changer d'avis.

Lorsqu'elle ramène Idate auprès du groupe, celui-ci est surpris par l'accueil chaleureux que lui font les quatre garçons. Comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Kakashi sourit, il a eu la même impression quand il a rencontré le sympathique petit groupe. Un petit chaton perdu semblerait bien en remplacer un autre.

Tandis que Sumaru propose une brochette sucrée à Idate, que Yakumo a installé à côté d'elle, Kakashi se penche sur la jeune femme et lui murmure à l'oreille, sur un ton taquin:

«Tu lui réserves le même sort qu'à moi?»

Yakumo fixe son regard dans celui du chirurgien et lui répond crânement:

«Et bien monsieur le chirurgien, on devient jaloux?»

Kakashi se met à rire avant de dire:

«Non, pas du tout. Mais je pense que tu vas avoir plus de fil à retordre avec lui. Il m'a l'air bien timide ce petit pêcheur.»

Yakumo tire une langue mutine à Kakashi, avant de se retourner vers le jeune homme.

«Alors Idate, parle-nous un peu de toi!»

La discussion s'engage et les amis ne voient pas le temps filer.

Malgré l'heure à présent avancée, les six amis continuent de chanter, danser et faire la fête.

Idate semble s'être complètement détendu, d'autant que Sumaru a sorti une bouteille de vieux rhum, qui a échauffé les esprits et les corps. Kakashi chante à tue-tête avec Sora, et Yakumo entame une petite danse avec Menma. Idate se surprend lui-même à rire et à taper dans ses mains. Cela fait longtemps qu'il n'a pas passé une aussi bonne soirée.

Le jeune homme observe ses nouveaux amis. Ils sont très attachants. Le seul qui l'impressionne toujours autant, c'est Kakashi. Déjà, il est chirurgien. Et puis il est très beau. Il émane de cet homme un charisme impressionnant. Alors quand Idate le voit venir s'installer près de lui, le jeune homme ne peut s'empêcher de rougir. Kakashi perçoit la gêne du jeune homme et décide de détendre l'atmosphère.

«J'espère que tu t'amuses bien Idate! Il faudra vraiment que tu reviennes nous voir tu sais!»

Le jeune pêcheur hoche la tête, mais Kakashi reprend déjà:

«Enfin, moi je pars dans une petite semaine, mais je crois que les autres vont rester encore un peu.»

«Tu habites à Konoha c'est ça?» demande Idate, une petite lueur de curiosité dans les yeux. «Ça doit être génial de vivre là-bas.»

Kakashi tourne la tête pour observer le jeune homme, et sourit.

«Ah tu sais, on trouve toujours que c'est mieux ailleurs. La ville a ses avantages, mais aussi beaucoup d'inconvénients.»

«Quelqu'un m'a dit ça aussi il n'y a pas très longtemps.»

«Ah oui?» l'encourage Kakashi pour qu'Idate poursuive.

«Oui, j'ai un... ami, qui est médecin comme toi d'ailleurs. A Konoha. Il est persuadé que je ne survivrai pas deux jours en ville.»

Kakashi se fend d'un large sourire.

«Bah, moi je pense que tu t'habituerais sans problème. On s'habitue à tout. mais la mer te manquerait sans doute.»

«Ah ça, sûrement! Mais pas la pêche je t'assure! J'en ai ma claque parfois, de devoir me lever à l'aube, et surtout de sentir le poisson toute la journée!»

Kakashi laisse passer quelques secondes avant d'éclater de rire.

«Tu m'étonnes! Mais je te rassure, tu ne sens pas le poisson ce soir!»

Les deux hommes se mettent à rire. Et Idate, qui s'est à présent totalement détendu, demande avec curiosité:

«Mais tu es en couple avec Yakumo non? Qu'est ce que vous allez faire si tu pars?»

Kakashi pose un regard attendri sur la jeune femme, qui est toujours en train de se chamailler avec Sora et Menma.

«Ce qui s'est passé entre Yakumo et moi restera à Shiba, comme une beau souvenir.»

«Ah» répond Idate, un peu surpris, «un amour de vacances en quelque sorte.»

Kakashi hoche la tête. Un silence confortable s'installe entre les deux hommes. Kakashi n'est pas sûr qu'Idate soit à même de comprendre la relation particulière qu'il entretient avec Yakumo, et préfère faire dévier la conversation sur le jeune homme:

«Et toi, Idate, tu as une amoureuse?»

Le pêcheur se met à rougir instantanément, ce qui fait sourire Kakashi. Le chirurgien se retient de taquiner le jeune homme, mais celui-ci, grisé par l'alcool, se sent bizarrement pleinement en confiance, au point de se livrer à des confidences:

«J'aime une personne, mais elle habite à Konoha justement.»

«Ah, et cette personne sait que tu l'aimes?»

«Je crois.»

«Je vois. Et tu attends qu'elle revienne alors?»

Le jeune homme secoue la tête d'un air triste.

«Je ne pense pas que ce soit dans ses intentions de revenir un jour.»

Kakashi se sent peiné pour le jeune homme. Idate a l'air vraiment amoureux.

«Et si toi tu allais la rejoindre alors?»

«Moi? Mais... Je ne peux pas... Toute ma vie est ici. Et mon père a besoin de moi pour la pêche. Et...»

Kakashi pose une main amicale sur l'épaule d'Idate et répond:

«Je comprends que tu puisses avoir peur. De tout quitter, de partir vers l'inconnu. Mais crois-moi, si tu aimes vraiment cette personne, tu dois tout tenter pour être avec elle. Sinon tu le regretteras toute ta vie.»

«Mais s'il me rejette?» demande Idate, en levant un regard presque désespéré vers Kakashi.

Le chirurgien ne relève pas le «il» qui a échappé à Idate, mais cela le fait sourire intérieurement. Le chirurgien reprend alors d'une voix douce:

«Tout ce que tu désires, fais en sorte de l'obtenir.»

Kakashi marque une pause avant de poursuivre:

«Il n'y a rien de pire que de vivre dans le doute, Idate. Si ça tombe, cette personne n'attend qu'une chose: que tu prennes ton courage à deux mains et que tu la rejoignes. Et puis même si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours revenir ici. Tu souffriras d'être rejeté, mais au moins tu ne vivras pas toute ta vie en te disant que tu es peut être passé à côté de quelque chose.»

Dans le regard d'Idate, Kakashi peut à présent lire un mélange d'espoir et d'inquiétude.

«Tu n'as qu'une vie Idate. Tu dois la vivre pleinement, et ne jamais rien regretter. Toujours aller de l'avant!» conclut Kakashi en se levant. Il se tourne vers Idate et lui tend une main pour l'aider à se relever. Le jeune homme la saisit fermement, laissant les dernières paroles de Kakashi faire leur chemin dans son esprit.

Idate avait besoin de ça. Il avait besoin de ce genre d'encouragements pour prendre la décision à laquelle il réfléchit depuis plusieurs semaines déjà. En cette belle nuit de la fin de l'été, le jeune pêcheur comprend enfin qu'il ne tient qu'à lui de prendre son destin en main.

Tandis que les deux hommes ont rejoint les garçons au bord de l'eau, Yakumo se rapproche discrètement de Kakashi.

«Joli discours» murmure-t-elle à l'oreille du chirurgien.

«Tu nous as écoutés?»

«Entendu plutôt. Je suppose que tu vas t'appliquer à toi-même tes judicieux conseils!» reprend la jeune femme en souriant.

Kakashi répond à son sourire, et lui chuchote:

«Moi aussi j'ai peur qu'il me rejette.»

Yakumo pose une main tendre sur la joue de Kakashi et plonge son regard dans les yeux sombres du chirurgien.

«Ça se passera bien, j'en suis sûre.»

Kakashi ferme les yeux. Il a tiré un trait sur le passé, enfin. Il garde de Minato un merveilleux souvenir. Mais son avenir, c'est avec Iruka qu'il a envie de l'écrire. Alors il va lui aussi prendre son courage à deux mains, repartir pour Konoha et tenter de reconquérir son bel interne.

Une page vient de se tourner dans la vie du chirurgien, et une nouvelle page, vierge, ne demande qu'à être remplie d'amour.

...

Voila voila ^^ Je sens que je vais entendre parler de ces fameux conseils de Kakashi à Idate dans les commentaires moi! Mais c'est pas ma faute à moi, c'est cet abruti de Kakashi qui s'enfonce tout seul lol! Avouez quand même que ça n'aurait pas été drôle autrement haha! (et puis j'ai un petit côté "sadique" à assumer aussi parait-il ^^).

N'oubliez pas de laisser un petit commentaire avant de partir ^^