Un merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire le chapitre précédent.

Un grand merci à tous ceux qui ont laissé un commentaire.

Et un immense merci pour tous vos encouragements pour la reprise de cette histoire.

Bonne lecture!

Chapitre 34: Départ.

"Alors tu es prêt?" demande Kakashi à son jeune ami.

Un grand sourire barre le visage de Nagato. Kakashi lui a proposé d'aller voir la mer. Alors même si le temps est exécrable, si la maladie rend chacun de ses mouvements douloureux, il ne manquerait cette sortie pour rien au monde.

Tandis que Chiyo l'aide à enfiler un manteau épais, en pestant sur cette idée saugrenue et déraisonnable du chirurgien, Nagato chantonne:

"on va à la mer, on va à la mer!"

Kakashi s'affaire dans le garage. Il a réussi à fixer un brancard emprunté à l'hôpital à l'arrière de sa petite camionnette. Le chirurgien a passé une bonne partie de la matinée à nettoyer l'engin, qui sert habituellement à transporter ses chiens. Il sait que voir la mer est l'un des rêves de Nagato. Il sait aussi que son état se dégrade, inexorablement.

Alors il a posé un jour de congé, le premier depuis son retour de Shiba. Parce qu'aujourd'hui, on annonce du beau temps sur la côte, malgré le froid de l'hiver. Parce que c'est sûrement la dernière opportunité qui se présentera.

Alors au diable les réticences de Chiyo, aujourd'hui il emmène Nagato à la mer. Il va consacrer sa journée au jeune homme, sans penser au travail, ni à son groupe de musique. Il ne va pas penser à Iruka, à cette boule qu'il sent peser sur son estomac à chaque fois qu'il croise le regard perdu du jeune homme.

Kakashi revoit encore le regard exaspéré de Nagato lorsqu'il lui a raconté son unique contact avec Iruka lors du gala. Cela fait sourire le chirurgien. Nagato semble tellement convaincu que Kakashi ne peut être heureux qu'avec Iruka. Et il n'est pas le seul apparemment. A croire que la terre entière (entendez pas là tous ses amis proches) s'est liguée pour faire en sorte qu'il entretienne enfin une relation amoureuse sereine avec l'interne.

Mais aujourd'hui, il n'y a que Nagato qui compte. Alors Kakashi entre d'un pas décidé dans la chambre du jeune homme, lance un sourire taquin à une Chiyo encore un brin récalcitrante et prend délicatement Nagato dans ses bras.

"Allez, c'est parti pour la mer!" lance-t-il joyeusement en se dirigeant vers le garage.

Une fois Nagato installé, Kakashi laisse monter Jack à côté du jeune patient et referme la porte du van.

Dans quelques heures, Nagato aura la joie d'admirer l'océan, de respirer les embruns salés. D'oublier la douleur. Et la mort.

...

A l'internat, il flotte une douce morosité. La pluie bat les fenêtres, et le temps semble s'être arrêté. La plupart des internes sont dans leurs services respectifs. Iruka machouille pensivement un crayon. Il est ailleurs. Loin.

"Allo Iruka? Ici la Terre!" lance Shizune, qui est assise face à lui depuis plusieurs minutes, sans que le jeune homme l'ai remarquée.

L'interne pose un regard vide sur son amie. Il a peu parlé depuis la fameuse soirée de gala. On pourrait même dire qu'il est éteint. Ses quatre amis se sont réunis à son insu la veille, se demandant quelle attitude adopter vis-à-vis de lui.

Lui rentrer dedans, frontalement?

L'encourager à parler?

Le laisser se morfondre jusqu'à ce qu'il refasse surface?

Aucun scénario ne leur a semblé idéal. En gros, ils ne savent plus quoi faire pour aider leur ami. A-t-il seulement envie d'être aidé?

Alors Shizune préfère faire comme si de rien n'était, même si la situation actuelle ramène forcément au coeur du problème: Kakashi.

"Alors, tu as avancé dans tes dessins?"

Iruka regarde ailleurs, l'écoute à peine.

"Iruka?"

Le jeune homme tourne enfin la tête vers elle. Pas de larme, rien de lisible dans ses yeux. Il est éteint.

"J'ai fait ça, j'espère que ça suffira."

Le ton est neutre, sans enthousiasme. Mais le travail est propre et soigné.

"Dis donc t'as bien avancé Iruka!" lance Tsunami, qui vient de débarquer, accompagnée de Genma et de deux autres personnes, qui semblent un peu gênées d'être là. L'internat fait cet effet là aux personnes totalement étrangères à la médecine.

Une jeune femme brune, très sobre, toute de noir vêtue, s'installe nonchalamment à la table. Ses gestes semblent millimétrés. Elle offre un bref salut de la tête et, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, allume son ordinateur portable et lance un logiciel complexe.

"Je vous présente Konan, une amie. Et voici Yahiko" reprend Tsunami en guise de présentation.

"Salut! Ravi d'être là" poursuit Le jeune homme. "Alors, prêts pour un petit cours de numérisation 3D?"

Konan et Yahiko ont accepté de participer au projet de clip de Mescaline pour deux raisons: la première est qu'ils doivent rendre un projet pour valider leur dernière année d'études. Et réaliser un clip animé en images de synthèse est exactement ce qu'il leur faut.

La deuxième raison, c'est que ce clip est censé servir de support média pour le groupe. Et Tsunami leur a fait miroiter la possibilité que leur clip passe à la télé. Excusez du peu. Bon, la jeune femme ne leur a pas dit que rien n'était encore fait. Mais l'engouement que semble porter une certaine présentatrice télé à leur groupe est plutôt encourageant.

Tandis que Kotetsu et Izumo on rejoint le petit groupe, Konan se penche sur les dessins d'Iruka.

"Tu as un bon coup de crayon. Il y a pas mal de détails sur tes persos, ça risque de corser les choses pour l'animation, mais le rendu devrait être sympa."

Iruka se met à sourire. Il est heureux de participer à ce projet. Ses yeux se posent sur un dessin représentant Kakashi. Le pauvre, il n'a rien dû comprendre sur le moment. Mais maintenant il sait. Il sait, comme tout l'hôpital d'ailleurs, qu'Idate est parti.

Iruka se sent seul. Malgré ses amis, présents une nouvelle fois autour de lui. Il veut Kakashi. Il a toujours voulu Kakashi. Mais il a besoin d'un peu de temps avant de pouvoir ne serait-ce qu'envisager de se rapprocher à nouveau du chirurgien. Temps qu'il a décidé de consacrer à sa passion: le dessin. Et tant mieux si ça le raccroche inexorablement à Kakashi. Leurs destins semblent faits pour être liés. Et comme tout son entourage semble s'acharner à les pousser l'un vers l'autre, autant se laisser porter.

Alors Iruka sourit, et prend pleinement part au projet de Mescaline, sous l'oeil bienveillant de Shizune, qui voit à cet instant dans ce sourire, comme une lueur de renaissance.

...

"C'est magnifique!" murmure Nagato, blotti dans les bras de Kakashi. Les deux hommes sont assis sur la plage, caressés par les timides rayons du soleil.

"Tu n'as pas froid?" demande Kakashi.

Mais Nagato secoue immédiatement la tête. Pas question de bouger d'ici. Même s'il commence effectivement à avoir un peu froid, il veut encore profiter de ce spectacle. Les vagues roulent lentement, déposant un voile délicat d'écume sur le sable, avant de se retirer au large. Jack semble lui aussi beaucoup apprécier le paysage. La plage déserte est un immense terrain de jeu.

"Je suis heureux d'avoir pu voir l'océan. Merci Kakashi." murmure le jeune homme en caressant le sable du bout des doigts.

"On reviendra quand il fera beau, tu verras, la mer aura changé de couleur."

"Kakashi, je ne crois pas que je reviendrai" répond Nagato. Il lève un regard fatigué vers son ami avant de reprendre:

"Je ne veux pas que tu sois triste après ma... après mon départ. Je veux que tu me promettes d'aller de l'avant, et de tout faire pour être heureux."

Nagato laisse passer quelques secondes avant de reprendre:

"Tu sais, moi je verrai tout de là haut. Et si commences à faire n'importe quoi, je trouverai un moyen de te remettre les idées en place."

Kakashi hésite avant d'éclater de rire.

"Ah me voilà bien. Je vais me retrouver avec un esprit vengeur aux trousses!"

Nagato se met à rire lui aussi, avant de reprendre sur un ton plus sérieux:

"Disons plutôt une bonne étoile. J'aime bien cette idée: je serai ta bonne étoile là haut."

"Moi aussi j'aime bien cette idée" murmure Kakashi à l'oreille de son jeune ami. "Allez, il est temps de rentrer maintenant. Sinon on va vraiment geler sur place tous les deux."

Kakashi jette un oeil dans le rétroviseur. Nagato et Jack se sont endormis. Le chirurgien a conscience que Nagato ne verra pas la nouvelle année. C'est une question de jours à présent.

...

Quand Kakashi arrive à l'internat, il est surpris de trouver la salle quasiment vide. Quelques internes trainassent mollement ici et là. D'autres sont affalés devant la télévision, qui rediffuse un vieux film en noir et blanc. C'est une triste soirée de novembre, grise, pluvieuse et morose, qui semble déteindre sur l'ambiance générale. On a connu mieux à l'internat. Le chirurgien se dit qu'il serait temps d'organiser une petite soirée pour redonner un peu de vie à tous ces zombies. Une soirée sur le thème des zombies, ça c'est une idée! Il faudra qu'il en parle à Mozuku, le nouveau chef des internes.

En attendant, Kakashi décide de s'installer au piano, dans la salle de répétition. Il a un peu lâché le groupe ces dernières semaines, préférant se consacrer à Nagato. D'ailleurs, si le jeune homme n'avait pas insisté, Kakashi ne se serait sûrement pas déplacé jusqu'à l'internat ce soir. Même s'il est curieux de voir ce que donne ce fameux clip. Pour une fois, il a laissé le groupe gérer. Sans lui. Et il se rend compte que ça lui fait du bien à lui aussi de passer la main parfois.

Se laisser porter par une douce apesanteur, au gré de la vie. Etre le spectateur de la vie qui défile. S'asseoir un instant devant un piano et laisser ses idées vagabonder au rythme de son humeur. Exprimer ses sentiments, ses émotions, comme un instantané.

Kakashi improvise quelques notes, fredonne un air empreint de la mélancolie du lieu et du moment.

(Un soleil mal luné – Mika)

Asuma s'arrête au seuil de la porte. Il intime silencieusement aux internes, qui viennent de le rejoindre, l'ordre de ne pas se manifester. Kakashi continue de chanter sans remarquer la présence de ses amis.

Iruka a senti un frisson le parcourir dès que la voix de Kakashi s'est élevée. Il croise le regard de Shizune, puis celui d'Asuma. Tous ses amis s'écartent en silence, l'interne se sent irrésistiblement porté vers le chirurgien. Asuma passe un bras bienveillant autour des épaules de l'interne, qui contemple Kakashi. Le chirurgien utilise une fois de plus sa musique pour s'exprimer. Mais cette fois, c'est différent. A la mélancolie semble s'ajouter une pointe de maturité, de conscience.

Iruka a juste envie de se ruer dans ses bras, mais il sait que ce n'est pas encore le bon moment.

Pas encore.

Kakashi s'arrête quelques secondes et secoue la tête, comme pour chasser la mélancolie, et enchaine sur l'une de ses chansons préférées de Mescaline: You and I, le tube qui va les rendre célèbres comme dit Tsunami. D'autant que s'il est là ce soir, c'est pour voir ce que donne ce fameux clip. Après avoir fait quelques mesures au piano, le chirurgien s'arrête pour saisir sa guitare.

"Ah, vous êtes là depuis longtemps?" demande Kakashi d'un air qui se veut innocent. Il prie intérieurement pour qu'Iruka, qui se tient juste là devant lui, n'ait pas entendu sa dernière chanson. Il sait que seule une discussion franche et honnête pourra les sortir de cette situation compliquée, et ce quelle que soit l'issue de cette conversation.

"On vient tout juste d'arriver. Alors, prêt à voir ce qu'on a fait pendant ton absence?"

Kakashi tire la langue d'un air mutin.

"Ya pas de raison que je sois le seul à bosser hein!"

"Et bien je peux te dire qu'on a bossé justement. Et a mon avis, tu vas être étonné du résultat!" renchérit Kotetsu.

Tsunami brandit la clé usb sur laquelle se trouve le petit chef d'oeuvre.

Konan et Yahiko ont bossé pendant plusieurs jours sur le clip, et Tsunami est la seule à avoir vu le résultat. Mais vu son niveau d'excitation, le rendu doit être à la hauteur.

Les internes s'installent par terre, face à l'ordinateur qui a été posé sur un ampli. Asuma fait signe à Kakashi de se pousser un peu pour prendre place à côté de lui, sur le banc du piano.

"Comment va Nagato?" demande le neurochirurgien.

"Pas terrible" répond Kakashi, "c'est pour bientôt".

Asuma ne répond pas. Que peut-on répondre de toute façon? Il passe simplement un bras bienveillant autour des épaules de son ami.

Les premières notes de la chanson s'élèvent, et tous ont les yeux rivés sur l'écran. Le clip est, comme promis, tout simplement génial.

Les petits personnages d'Iruka prennent vie au rythme de la musique. Petits personnages qui s'amusent comme des enfants dans un décor buccolique, où tout s'anime: fleurs, cailloux, animaux. Comme une ode à la joie, à la vie. Les jeux de lumière sont magnifiques. Le clip se finit sur les cinq membres du groupe qui s'éloignent vers le soleil couchant, tandis que la tête de Jack vient bousculer la caméra fictive, mettant fin à la vidéo.

Après un instant de flottement, tout le monde se met à applaudir.

"Tout simplement génial!" lance Kotestu.

"j'adore, ça rend vraiment bien" renchérit Tsunami.

Tout le monde y va de son petit commentaire. Iruka est félicité pour ses dessins, même s'il tente de minimiser son travail.

Asuma lance à Kakashi:

"Alors, monsieur le leader, ton avis?"

Tout le monde se tourne vers le chirurgien, attendant son verdict.

Kakashi pose son regard sur chacun d'eux, s'attardant un peu sur Iruka. Le jeune homme soutient son regard, attentif.

Kakashi se met à sourire.

"C'est ... plutôt pas mal."

"Plutôt pas mal? C'est tout ce que tu trouves à dire?" réplique Tsunami.

Kakashi éclate de rire avant de répondre:

"En toute honnêteté, je ne m'attendais pas à un résultat si... chouette. C'est vraiment du bon travail. Les dessins, l'animation, je valide tout. Et puis j'adore la fin avec Jack. C'était bien trouvé. Il va être ravi!"

Kakashi se lève d'un bond et slalome entre les internes pour atteindre l'ordinateur.

"Bon, est-ce que ton fichier est publiable sur internet Tsunami?" demande-t-il en commençant à bidouiller sur le pc.

"Attends, tu veux le publier comme ça direct? Tu crois pas qu'on devrait le revoir tranquillement, voir s'il y a besoin de corrections..."

"Bah je le trouve très bien comme ça. Et puis on n'est pas censés être des pros. Je veux juste vérifier un truc avant."

Kakashi fait passer le clip en mode rapide avant de figer l'image sur les crédits.

"paroles, musique : Mescaline

dessins: Iruka Umino

animation: Konan, Yahiko"

"Bon c'est parfait. Allez zou, c'est sur la toile!"

Kakashi clique sur "envoi", se tourne vers la petite troupe et lance:

"Parfois toute une vie se résume à un geste fou." (1)

"Tu parles d'un geste fou, t'as justé publié une vidéo sur le net" répond Aoba d'un ton moqueur.

Kakashi s'apprête à répondre mais il est interrompu pas la sonnerie de son portable. Aussitôt le chirurgien se fige, mais ce n'est pas le numéro de sa maison qui s'affiche. Il pousse un petit soupir rassuré et décroche:

"Allo?... Que, quoi? Non, je... C'est une blague? ... Bon ok j'arrive."

Kakashi raccroche en ronchonnant.

"Un problème?" demande Asuma.

Kakashi lui lance un regard dépité.

"Tu me crois si je te dis que je dois aller récupérer deux abrutis d'externes au poste de police?"

Asuma laisse passer quelques secondes avant d'éclater de rire.

"Mais dans quoi tu t'es fouré encore?" lâche-t-il entre deux rires.

"Mais dans rien du tout! C'est le petit Nara qui a donné mon nom aux flics. Je sais pas ce qu'il a fait, mais s'il croit que je vais être plus cool que son père, il se plante le gamin!" réplique Kakashi en saisissant son manteau.

"Tu veux que je viennes avec toi?" reprend le neurochirurgien.

"Nan, je vais régler ça. Ne m'attendez pas".

Kakashi abandonne ses amis et file à sa voiture, direction Nagoya.

Le chirurgien fulmine pendant tout le trajet. Non mais sans déconner, qu'est ce qu'il a dans la tête ce morveux? Kakashi a beau être sympa, il y a quand même des limites. Et puis Nagoya, c'est loin d'être la porte d'à côté. Remarque, il aurait pu dire non et le laisser se démerder. Shikamaru n'avait qu'à appeler son père. C'est vrai quoi, entre être un professeur cool et aller récupérer ses étudiants au poste, ya quand même de la marge! Il va lui passer un savon monumental ça c'est certain.

A peine a-t-il mis un pied dans le poste de police que Kakashi est accueilli par un officier peu aimable, qui lui demande une pièce d'identité.

Il parcourt les quelques lignes du document avant de rendre la carte au chirurgien.

"Une patrouille a récupéré votre neveu et son copain, qui rôdaient dans la zone industrielle au Nord de la ville."

Kakashi préfère ne pas relever, mais il en connait un qui va passer un sale quart d'heure.

Son neveu? Et puis quoi encore? Manquerait plus qu'il doive payer une caution pour faire sortir ces deux idiots de là!

"Ils n'ont pas voulu nous dire ce qu'ils fabriquaient là."

Tu m'en diras tant!

"Nous n'avons rien de particulier à leur reprocher, ils n'ont commis aucun délit. Et ils ont été assez malins pour balancer leur sac dans un lac avant qu'on les interpelle. Je suppose qu'ils avaient l'intention de s'introduire dans un des bâtiments de la zone."

Des externes qui font dans le cambriolage nocturne maintenant, qui dit mieux?

"Bref, ils n'ont rien voulu dire à part votre nom. Je vais classer cette affaire sans suite. Mais si je peux vous donner un conseil..."

Vas-y, donne toujours...

"Ces jeunes ont besoin d'un sérieux recadrage si vous ne voulez pas qu'ils deviennent des délinquants notables. Tenez, prenez ça et lisez-le, le temps que j'aille les chercher."

Le policier tend une brochure à Kakashi, avant de tourner les talons pour se diriger vers les cellules.

La brochure en question propose des stages pour apprendre aux parents à reprendre en main l'éducation de leurs enfants. Tout un programme! Kakashi s'apprête à balancer le document dans une poubelle mais se ravise, en voyant la mine accusatrice des deux agents qui l'observent en silence depuis son arrivée dans le poste. Il se sentirait presque en faute dis-donc!

Quand il voit Shikamaru et Saï débarquer, la mine basse, Kakashi se dit que ces quelques heures en cellule ont peut-être été suffisantes pour leur remettre les idées en place.

Alors le chirurgien préfère ne pas en rajouter immédiatement, remercie l'officier pour son indulgence et emboite le pas des deux éudiants, sans un mot.

Shikamaru s'installe sur le siège passager tandis que Saï monte à l'arrière.

"Merci Professeur."

Kakashi laisse passer volontairement quelques secondes, cruelles secondes d'attente pour les deux jeunes hommes, avant d'éclater:

"Merci! C'est tout ce que tu trouves à dire? Sans déconner les gars, je sais pas ce qui me retient de vous flanquer une raclée! Je peux savoir ce qui vous a pris?"

"Je peux tout vous expliquer..." tente de répondre Shikamaru.

Mais Kakashi n'en a visiblement pas fini.

"Ah ça, je me doute que tu vas encore me sortir une explication bien fumeuse. Non mais j'te jure. Mon neveu! Et puis quoi encore? T'as intérêt à être convaincant parce que je suis pas loin de tout balancer à ton père!"

Shikamaru croise les mains et ferme les yeux, comme s'il réfléchissait, et finit par dire, d'un ton laconique:

"On a réussi à entrer dans le nouveau labo d'Orochimaru."

Kakashi se fige sur son volant.

"C'est une blague?"

"Non."

"Vous êtes... Mais vous êtes complètement cinglés ma parole!"

Kakashi prend quelques secondes pour se calmer avant de reprendre.

"Je croyais t'avoir dit de laisser tomber cette affaire Shikamaru."

L'externe préfère ne pas répondre. Il sait qu'il a fait mouche.

Kakashi pousse un long soupir.

"Bon, vous allez me raconter votre petite aventure dans le détail" lâche le chirurgien, fataliste.

...

Deux jours plus tôt, à la gare de Konoha.

"Youhouuuuu! Road trip to Nagoya! Road trip to Nagoya!"

Sasuke lève les yeux au ciel. Dieu que ce week end va être long! Ils ne sont même pas dans le train que Naruto est déjà surexcité.

D'ailleurs, en parlant du train, le voilà qui arrive dans la gare.

"Le traiinnnnnnn!" se remet à hurler le blondinet, au grand désespoir de son colocataire.

"Putain mais tu vas la fermer!" dit le brun en assénant un coup de poing sur la tête de son camarade.

Shikamaru n'est pas étonné de voir les autres voyageurs éviter soigneusement leur wagon. Au final, ça peut avoir du bon de voyager avec Naruto: de la place dans le train par exemple.

Sakura et Hinata se sont déjà installées confortablement sur l'une des banquettes, tandis que Choji et Shikamaru tentent de calmer Naruto.

Mais le petit blond semble être branché sur 20 000 volts. Il court à présent d'une banquette à l'autre, tout à sa joie de partir enfin pour Nagoya.

"Ca va être géniaaaaalll!" dit-il en sautillant entre les travées.

Sasuke s'affale sur un siège, à côté de Saï.

"Il m'épuise" lâche -t-il laconiquement, tirant un sourire à son camarade.

"Naruto est... comment dire?"

"Bruyant, énervant, pénible, urticant?"

Saï se met à rire.

"J'allais dire attachant. Mais urticant ça marche aussi!"

"Je vois pas ce que tu lui trouves d'attachant. Je sais pas comment il fait pour avoir toujours autant d'énergie."

"C'est une question de caractère probablement."

"Mouais, on va dire ça" répond Sasuke en glissant ses écouteurs dans ses oreilles.

Saï comprend que Sasuke ne désire pas poursuivre la conversation pendant tout le trajet. Dommage, c'était une occasion d'en apprendre un peu plus sur le jeune homme, peu enclin à se dévoiler.

L'externe sort un livre de son sac et se plonge dans la lecture, tandis que les filles papotent de choses et d'autres.

Shikamaru quant à lui semble déjà somnoler. Mais en vérité, il repasse en boucle dans sa tête le plan qu'il a échafaudé. Tant et si bien qu'il ne voit pas le temps passer.

Une voix annonce l'arrivée imminente à Nagoya. Il n'en faut pas plus à Naruto pour se remettre à courir partout.

Tandis qu'il fait les cent pas dans la travée centrale, Sasuke se lève et manque de s'affaler sur Saï, alors que le train amorce son freinage.

"Désolé" lance le brun en tentant de se redresser.

"Pas de quoi" répond Saï, feignant l"indifférence.

Tout le petit monde est déjà sur le quai lorsque Naruto se rend compte qu'il a oublié son sac à l'intérieur du train.

"Mais c'est pas possible. Il en rate pas une!" lance Kiba en voyant le blondinet remonter en quatrième vitesse.

"Allez en route pour l'hôtel" lance Sasuke, entraînant la petite troupe derrière lui.

"On n'attend pas Naruto?" demande Hinata.

Sasuke hésite, pousse un soupir, et ralentit le rythme afin que Naruto puisse les rejoindre. Avouez que c'était tentant quand même!

Une fois installés à l'hôtel, ils décident d'aller manger dans le fameux petit resto de bord de mer qui faisait tant saliver Naruto. Et ils ne sont pas déçus. La nourriture est excellente, le service irréprochable. Les étudiants savourent ces instants de camaraderie, se taquinent en oubliant pour quelques temps leurs études, l'hôpital et les examens qui approchent.

Ils décident d'aller visiter l'aquarium, l'une des attractions phares de la ville.

Et bien sûr Naruto ne peut pas s'empêcher de faire le pitre pour amuser la galerie.

"Hé regardez ces méduses! Elles ne vous rappellent personne?"

Devant le regard dubitatif de ses amis, Naruto poursuit:

"On dirait le Profeseur Maito, avec sa coupe au bol!"

Les filles se mettent à rire.

"Ouais, et cette murène là, elle me fait penser au Professeur Momochi" ajoute Kiba.

"Grave!" répond Shikamaru.

Sasuke, qui s'est un peu éloigné du groupe, lance sur un ton placide:

"Cette rascasse a l'air aussi aimable que Zetsu."

Les autres le regardent incrédules, avant d'éclater de rire.

"Mais c'est qu'il commencerait presque à faire de l'humour!" répond Shikamaru en s'approchant de l'aquarium. "En tout cas t'as pas tort Sasuke, il a vraiment une sale gueule ce poisson."

"Celui-là est super joli" déclare Hinata en pointant un poisson chirurgien jaune.

"Tout en finesse, ajoute Sakura, il me fait penser au Professeur Sarutobi."

"Haha, regardez la tronche de celui-là, le poisson ballon pintade! Choji, il ressemble à ton père!"

Choji marque un temps d'arrêt, avant de se mettre à rigoler, entraînant une fois de plus l'hilarité générale. Naruto a bien failli plomber l'ambiance, mais les étudiants sont suffisamment détendus à présent.

"Les hippocampes sont trop mignons" dit Saï.

Les filles s'approchent et après un regard entendu, déclarent en choeur:

"Le professeur Hatake."

Les garçons lèvent les yeux au ciel., tandis que les filles poursuivent vers le bassin des tortues en gloussant.

La visite se termine dans la bonne humeur, et les externes décident d'aller prendre un peu de repos dans le spa de l'hôtel, avant d'entamer la soirée (entendez par là la tournée des bars de la ville).

Tandis que les filles ont pris leurs aises dans le jacuzzi, Naruto et Kiba préfèrent faire les fous dans la grande piscine chauffée.

Choji a élu domicile sur l'un des transat longeant le bassin, et Sasuke bouquine à l'écart.

Shikamaru fait discrètement signe à Saï de le suivre. Les deux étudiants se retrouvent, dans l'intimité du sauna. Une vapeur blanche brûlante s'échappent des pierres noires alors que Shikamaru déverse une louche d'eau.

Saï, déjà installé sur l'un des bancs, pose un regard sur son ami, qui semble soucieux. Aurait-il des doutes, des craintes?

"Ca va Shikamaru?"

L'externe pose un regard profond sur son ami.

"Oui, ça va."

Le ton est ferme, et serein. Saï sait alors que ce qu'il a pris pour des doutes n'étaient que les signes de la concentration extrême de son ami. Alors il se contente de hocher la tête, geste suffisant pour signifier qu'il est prêt, lui aussi.

Pas le temps de s'étendre plus longtemps, Naruto a décidé de rameuter les troupes pour leur sortie nocturne.

En attendant les filles qui sont parties se pomponner, les garçons chahutent dans le hall. Enfin, disons plutôt que Naruto et Kiba chahutent, sous le regard placide de Choji, Saï et Sasuke. Shikamaru est resté l'écart, pensif.

Sasuke, sans quitter ses deux amis expansifs des yeux, lâche:

"Je serais curieux de savoir ce que Shikamaru mijote."

Saï ne bronche pas, conscient que le moindre geste de sa part pourrait corroborer l'intuition de son ami. Il hésite avant de répondre:

"Il a l'air un peu préoccupé en effet."

Sasuke, pensant que ses deux amis étaient de mèche, est un peu surpris, ce qui n'échappe pas à Saï.

"Tu étais avec lui tout à l'heure, il ne t'a rien dit?"

"Non" répond sobrement Saï.

Sasuke lâche un petit soupir de frustration, mais semble accepter cette réponse simple et efficace.

Saï n'est pas dupe: le petit brun a été ferré, il ne lâchera pas le morceau si facilement.

Pour l'instant, l'externe préfère jouer la carte de l'indifférence, même si ce n'est vraiment pas sur ce terrain qu'il aimerait aller avec Sasuke.

Alors que les filles apparaissent enfin, Naruto explose:

"c'est partiiiiiii!"

Tout à sa joie, il entame une espèce de petite danse ridicule dans le hall de l'hôtel, rapidement interrompue par Shikamaru, qui l'a saisi par le col pour le tirer vers l'extérieur.

Ils prennent à pied le chemin de la rue la plus animée de Nagoya, et les filles sont rapidement attirées par un bar à l'ambiance chaleureuse.

Alors que la première tournée de cocktails est servie, les conversations vont bon train.

"Vous pensez que les exams seront plus faciles ce semestre?" lance Sakura en sirotant son mojito.

"Ah nan, on avait dit qu'on parlait pas du boulot!" répond Kiba.

"Bah vous voulez qu'on parle de quoi alors? On passe notre vie à bosser, sur les cours ou à l'hôpital. Ca limite les sujets de conversation" rétorque la jeune femme un peu vexée.

"Et si on changeait de bar?" lance Hinata, histoire de détendre l'atmosphère. "J'ai vu qu'il y en a un qui fait karaoké un peu plus loin."

"oh non, pitié pas un karaoké" répond Choji.

"Mais si, c'est une super idée un karaoké! Allezzzz, on y va, on y va" rétorque Naruto en se levant. Alors que le blondinet commence déjà à sautiller sur place d'impatience, Sasuke marmonne que c'était bien la peine de faire tous ces kilomètres pour se taper un karaoké.

Kiba se met à sourire devant l'air renfrogné de son camarade.

"Allez Sasuke, ça va être marrant"

Sasuke lance un regard à la Uchiwa qui en dit long sur son enthousiasme. Kiba passe un bras amical autour des épaules du jeune homme pour l'entraîner à la suite de leurs amis. Sasuke soupire pour le principe mais suit le mouvement.

"Hinata a pris de l'assurance depuis quelques temps" déclare discrètement Shikamaru à Saï, tandis que la jeune femme propose un duo à Naruto, qui ne se fait pas prier pour l'accompagner.

"Elle s'épanouit comme une jolie fleur de Printemps" répond Saï avec une pointe de fierté. C'est un peu grâce à lui, au fond, si la jeune femme a enfin décidé de prendre les choses en main avec Naruto.

Tandis que les amis passent un bon moment, Sasuke se surprend lui même à apprécier la soirée. Encore un peu, et il accepterait d'aller chanter avec Saï. Mais bon, faut pas pousser quand même.

Le petit brun prend son air buté en croisant les bras, mais Kiba, qui commence à être un peu éméché, le pousse vers la scène, sous le regard amusé de Saï. Les trois garçons entonnent une chanson à la mode.

"Je ne savais pas que tu chantais aussi bien Sasuke" minaude Sakura tandis que les trois externes descendent de la petite scène. Le jeune homme hausse les épaules, mais au fond, il doit bien avouer que ça fait du bien, de temps en temps, de se lâcher un peu.

La petite troupe décide de quiter les lieux pour un endroit un peu plus animé. Naruto et Kiba veulent aller danser, et Sakura ne se fait pas prier pour les suivre. Hinata hésite un peu, mais Naruto lui crie:

"Allez viens Hinata, on va s'éclaterrrrr!"

Il n'en faut pas plus à la jeune femme pour retrouver sa détermination.

Shikamaru sent que c'est le bon moment. Il lève les yeux au ciel: les nuages épais cachent la lune et les étoiles. Idéal pour leur projet nocturne.

"Bon, moi je crois que je vais rentrer à l'hôtel. Je suis crevé, et j'aime pas danser" lance-t-il laconiquement.

Kiba et Choji tentent de le convaincre de rester, mais Saï vient à son secours.

"Allez-y les gars, je vais rentrer avec Shika. Il m'a promis une partie d'échecs, et j'ai bien l'intention de lui mettre une raclée."

Sasuke lève un regard suspicieux vers ses deux amis, mais n'a pas le temps de réagir. Kiba lui a saisi le bras pour l'entraîner vers le reste du groupe.

"Nan mais attends, je veux pas aller danser moi!" tente-t-il.

Mais c'est peine perdue: Shikmaru et Saï se sont déjà éloignés et Kiba na pas l'intention de le lâcher.

"On va avoir besoin de quelqu'un de sobre et de rationnel pour nous ramener à l'hôtel" déclare Kiba.

Sasuke jette un dernier regard à ses deux camarades et laisse échapper un soupir. Ces deux-là cachent quelque chose, c'est sûr. Mais il n'a pas envie de se prendre la tête ce soir. Alors il laisse sans regret filer Shikamaru et Saï. Il aura tout le temps d'asticoter Saï sur le trajet du retour.

Alors que les externes partent danser jusqu'au bout de la nuit, Shikamaru et Saï se rejoignent dans le hall de l'accueil. Tous deux vêtus de noir de la tête aux pieds, ils quittent l'hôtel en silence.

Shikamaru indique d'un signe de tête la direction à prendre et les deux camarades s'enfoncent dans la nuit, d'un pas soutenu. Ils atteignent rapidement les faubourgs de la petite ville côtière.

Les deux jeunes hommes ne ralentissent pas et s'enfoncent encore plus dans la nuit, laissant derrière eux les lumières de la ville.

La zone industrielle est à peine éclairée, les longs bâtiments gris se dessinant tels de gigantesques fantômes gris. Shikamaru s'immobilise quelques instants, scrutant les lieux, concentré. Il a mémorisé les plans de la zone, afin de se repérer sans avoir à utiliser autre chose que sa tête. Il désigne un bâtiment isolé à Saï, qui hoche la tête.

De l'extérieur, rien ne pourrait indiquer que la structure abrite un laboratoire de recherches. Le bâtiment ressemble à une grosse boite de tôles, un vulgaire entrepôt. Cependant, à l'arrière, Shikamaru repère un système de ventilation et des conduits d'évacuation, signes d'une activité dépassant le simple stockage de matériel. Les longues grilles de protection qui entourent le complexe, ainsi que les chiens de garde sont un indice de plus.

Shikamaru ne laisse pas le temps aux molosses de se manifester: quelques boulettes de viande assaisonnées de kétamine plus tard, ils entament le grillage à l'aide de pinces coupantes, que Shikamaru a sorties de son sac.

"Bon, tu te rappelles du plan? On trouve un ordinateur, on pose le mouchard et on repart, ok?"

Saï acquiesce. Shikamaru a été clair: ils ne sont pas là pour récupérer des preuves directes, trop dangereux. L'une des parties cruciales du plan de Shikamaru tient dans le talent de Saï à pirater à distance les données informatiques du laboratoire.

Alors qu'ils s'approchent discrètement d'une des portes à l'arrière du bâtiment, un grognement les fige sur place. Les deux amis se retournent lentement pour faire face à l'un des chiens, qui continue de grogner.

"Tout doux" murmure Shikamaru à l'animal qui s'avance à pas lents, en continuant de grogner. Mais alors qu'il n'est plus qu'à quelques mètres des deux garçons, le chien commence à chanceler, pour finalement s'effondrer.

Les deux amis poussent un soupir de soulagement synchrone avant de retourner vers la porte.

Saï sort deux petites baguettes en métal et commence à crocheter la serrure, qui cède rapidement.

"Un peu facile" chuchote l'externe.

"Ils doivent penser que les clébards sont suffisants" répond Shikamaru en posant la main sur la poignée de la porte. Mais Saï interrompt son geste. Il désigne un petit boitier en bas de la porte.

"Il y a une alarme"

Shikamaru lâche un "merde" rageur.

"Laisse moi cinq minutes" répond son camarade en inspectant les alentours. Son visage s'illumine lorsqu'il repère un câble discret rejoignant un autre boitier sur la paroi du bâtiment. Deux minutes plus tard, il rejoint Shikamaru.

"On n'a pas beaucoup de temps. Je pense que le système doit lancer une alerte lorsqu'il est déconnecté."

"Combien de temps?" demande Shikamaru

"Une minute, deux peut-être."

"Ok" répond l'externe en se ruant à l'intérieur.

"Attends Shika, il y a peut-être d'autres..."

"Pas le temps" répond le jeune homme, déjà à l'intérieur.

Shikamaru progresse vite dans le bâtiment. Il s'arrête dans le hall d'entrée et désigne l'ordinateur de ce qui ressemble au secrétariat. Mais Saï secoue la tête. En toute logique, les infos qu'ils recherchent doivent être sécurisées, et accessibles uniquement aux ordinateurs des chercheurs. Ils décident donc de pénétrer dans l'un des bureaux, sur lequel une affichette anonce "Docteur Ozuki".

Saï se rue sur le poste et installe rapidement son logiciel tandis que Shikamaru monte la garde.

Les deux amis quittent rapidement les lieux en prenant soin de ne laisser aucune trace derrière eux.

Alors qu'ils reprennent leur souffle le long d'un talus, Shikamaru déclare:

"C'était plutôt facile".

A peine a-t-il prononcé ces quelques mots qu'ils sont aveuglés par le phares d'une voiture. Dans un geste réflexe, Shikamaru arrache le sac à dos des épaules de Saï et le balance loin derrière lui. Par chance, le sac atterrit en plein dans le lac artificel qui jouxte la zone industrielle.

"Qu'est ce que vous foutez ici tous les deux?" demande l'un des deux policiers qui vient de descendre du véhicule.

"On se promène?" lance ironiquement Shikamaru, sous l'oeil médusé de Saï.

Les deux jeunes hommes se font embarquer illico.

"Mais qu'est ce qui t'as pris de dire ça?" murmure Saï tandis que les policiers avertissent le poste qu'ils ont cueilli deux rôdeurs.

"C'était le meilleur moyen de quitter les lieux rapidement. Je préfère avoir à faire à la police plutôt qu'au service d'ordre d'Orochimaru."

"Et comment comptes-tu nous sortir de là maintenant?"

"J'ai tout prévu. Quelqu'un va venir nous chercher."

"Qui?"

"Tu verras" répond Shikamaru le sourire aux lèvres.

Le lendemain, tandis que le petit groupe tente d'émerger autour d'un bon petit déjeuner, Sasuke demande:

"Où sont Saï et Shikamaru?"

Mais les amis n'ont pas le temps de s'interroger sur l'absence des deux garçons. Le portier de l'hôtel les a en effet rejoint et ler dit:

"Vos amis m'ont demandé de vous dire de ne pas les attendre. Ils rentrent pas leurs propres moyens."

"Mais qu'est ce qu'ils ont fabriqué cette nuit?" demande Kiba tandis que Sakura remercie le portier.

"De toute façon on n'a pas le temps de les attendre" déclare Sasuke en se levant. "On doit partir maintenant si on ne veut pas louper le train."

"Mais on ne peut pas partir sans eux" répond Hinata.

"T'as entendu le portier, non? Si Shika a dit de ne pas les attendre, c'est qu'il a un plan pour rentrer."

Choji et Kiba acquiescent vigoureusement avant de se lever pour rejoindre Sasuke.

"T'inquiètes pas pour Shika et Saï" glisse Naruto à la jeune fille avant de lui saisir la main pour rejoindre le groupe.

"Si ça tombe, ils sont juste en train de fricoter tous les deux" conclut-il en rigolant.

"Tu ... Tu crois?" répond Hinata, qui sent ses joues rosir en imaginant les deux garçons.

"Il ne manquerait plus que ça!" lance Sakura derrière eux.

"Ben quoi, c'est possible non?" répond le blondinet.

"Saï et Shikamaru? Nan mais tu débloques mon pauvre Naruto" rétorque l'externe en saisissant l'autre main d'Hinata.

La jeune femme lâche à regret la main du blondinet, entraînée par son amie.

"Je vois pas ce qu'il y aurait de mal à ça" marmonne Naruto.

Tandis que le petit groupe rejoint la gare et s'installe déjà dans le train, Shikamaru et Saï se réveillent difficilement de leur courte nuit sur les bancs durs de leur cellule.

Lorsque le policier qui les a arrêtés la veiller vient l'informer que son oncle arrive pour les récupérer, un sourire narquois apparait sur son visage. Son plan a fonctionné finalement.

...

L'hôpital s'éveille à peine mais le bloc opératoire, lui, et déjà en pleine effervescence. La fameuse intervention du situs inversus a attiré nombre d'internes dans la coursive.

Kakashi est assis sur le banc dans le vestaire, la tête entre les mains. Les yeux fermés, il se concentre et répète mentalement les gestes qu'il va devoir accomplir dans quelques minutes. Kisame est déjà en train d'opérer.

Mais seul sur son banc, Kakashi a du mal à mettre de côté les évènements de l'avant-veille. Il n'en revient toujours pas d'avoir dû aller chercher Shikamaru et Saï au beau milieu de la nuit, et à Nagoya en plus!

Le chirurgien secoue la tête, mais un sourire s'esquisse sur son visage. On peut dire qu'il en a dans le froc le petit Nara. Bon, il a quand même bien fallu leur passer un savon à ces deux crétins. Mais au fond, c'est l'intégrité, le sens exacerbé de la justice qui a poussé Shikamaru à agir. Quelque part, Kakashi est assez fier des deux externes. Mais pour le moment, il doit se concentrer sur son opération.

Yoroi semble fébrile. Il sait que face à Iruka, il n'a droit à aucune erreur, surtout au bloc.

Une infirmière sort du bloc opératoire et annonce à Kakashi que Kisame a presque fini. Le chirurgien se lève, s'étire et se tourne vers son interne.

"Allez Yoroi, on y va."

Dans le bloc, l'humeur est plutôt joyeuse. Iwashi pose les derniers points au niveau du cou du patient.

"Allez c'est à toi de jouer Kakashi!" lance Kisame qui a déjà commencé à se déshabiller.

Kakashi perçoit la nervosité de son interne.

"Ca va Yoroi?"

L'interne hoche la tête mais le léger tremblement de ses mains parle pour lui. Il sait qu'il doit se reprendre: Kakashi ne prendra aucun risque sur une intervention, et le virera du bloc s'il sent qu'il n'est pas capable d'assurer.

Mais le chirurgien cardio-thoracique, loin de s'énerver, fait signe à Yoroi de s'approcher tandis qu'il commence déjà à opérer.

"Détends-toi Yoroi. Ferme les yeux une minute, contrôle ta respiration."

Le chirurgien laisse passer quelques secondes avant de reprendre:

"Maintenant, repasse-toi mentalement les étapes de l'intervention. Tu y es?"

Yoroi, les yeux toujours clos, hoche la tête.

"Ok, maintenant, inspire profondément. Et quand tu te sens prêt, ouvre les yeux."

Après quelques secondes, l'interne ouvre les yeux et croise le regard de son chef. Kakashi le dévisage, et sourit sous son masque.

"Allez approche-toi et tiens les écarteurs."

Yoroi murmure un "merci" en saisissant le matériel. Kakashi est un bon instructeur, et pas uniquement d'un point de vue technique.

L'intervention se déroule dans le calme. Le chirurgien lève une dernière fois les yeux vers la coursive alors que Yoroi finit les sutures.

Iruka n'est pas venu.

...

Kakashi remonte dans le service juste avant midi. Il fait un arrêt au secrétariat, pour récupérer la montagne de paperasse qu'il a laissée le matin même: des courriers à rédiger, des prescriptions de sortie, un vrai bonheur quoi!

"Ah Kakashi, alors ça s'est bien passé?"

Kakashi hoche la tête en se dirigeant vers son casier. Il se retourne vers la jeune femme, un peu étonné.

"Ino, où est passée la pile monstrueuse de papiers qui était dans mon casier?" demande-t-il en secouant les quelques feuilles restées en place.

La jeune femme esquisse un sourire.

"C'est Iruka qui a fait le tri. Il a fait tes courriers et tes prescriptions. Il ne te reste que les plannings du mois prochain à faire. Il m'a dit qu'il avait tout laissé sur ton bureau pour que tu contre-signes son travail."

Ok, donc l'interne n'a pas perdu son temps ce matin. Une bonne façon de montrer que, même écarté d'une intervention, il sait se rendre utile et efficace. Il a visiblement décidé de se battre pour la place de chef de clinique, et de manière intelligente.

Après être passé par son bureau pour jeter un coup d'oeil au travail de son interne préféré, Kakashi prend le chemin de l'internat.

Dans le hall, une nouvelle affiche a fait son apparition, annonçant la prochaine soirée d'internat. De quoi égayer un peu l'ambiance morose de ces derniers temps.

Tsunami et Kotetsu sont en grande conversation.

"Fais chier, on va encore devoir reporter" lâche le jeune homme visiblement agacé.

"Qu'est ce qui se passe les jeunes?" demande le chirurgien cardio thoracique.

"Un nouveau groupe veut répéter dans la salle ce soir. Et comme cet abruti d'Aoba a oublié de réserver le créneau, on peut pas répéter ce soir" répond Tsunami blasée.

Kakashi se met à sourire. Les membres de Mescaline se sentent pousser des ailes depuis le clip.

Le chirurgien regarde Kotestu, puis Tsunami avant de répondre:

"Ca va, j'ai compris. Vingt heures chez moi, ça vous va?"

Tsunami sautille jusqu'à Kakashi et dépose un bisou sur sa joue.

"Merci!" dit-elle en riant.

"Je m'occupe de prévenir les autres" ajoute Kotetsu d'un air satisfait.

Kakashi pousse un petit soupir pour la forme. Il préfère éviter les répétitions à la maison depuis que Nagato habite avec lui. Mais le jeune malade lui a fait comprendre qu'il aimerait beaucoup entendre Mescaline. Alors ce soir, il aura droit à un petit concert privé.

Avant de prendre place dans la queue du self, Kakashi balaye la salle du regard. Il repère rapidement Iruka, qui mange en compagnie de Shizune, de Genma et d'Izumo.

"Iruka, merci pour ton travail de ce matin. Du très bon travail."

Kakashi n'attend pas de réponse et commence déjà à s'éloigner, mais prend cependant le temps d'ajouter:

"C'était une très bonne initiative."

Iruka regarde le chirurgien s'éloigner, pensif.

"Hé bien, tu viens de marquer un bon point là!" lance Genma.

Iruka se contente de sourire. En attendant que la situation s'éclaircisse avec Kakashi, l'interne a décidé de se consacrer à son travail et à son objectif: le poste de chef de clinique. Il a encore deux ans pour faire ses preuves, mais il veut le faire de belle manière. Il ne rentrera plus dans le jeu de la guerre des internes. Il se défendra si besoin, mais il veut gagner ses lettres de noblesse avec classe, et grâce à son travail. Iruka veut retrouver la dignité qu'il a toujours brandie comme fer de lance.

Et visiblement, cela commence déjà à payer. Au delà de la qualité de son travail, il est heureux que Kakashi soit venu le féliciter, en face. Le chirurgien semble lui aussi vouloir adopter une conduite digne et respectable. Et c'est probablement sur ce terrain qu'ils pourront enfin se retrouver.

...

les amis pénètrent dans la maison en traînant le lourd matériel de musique. L'ambiance est joyeuse et décontractée. Shizune et Genma ont réussi à convaincre Iruka de se joindre à eux. Argument avancé: il pourra dessiner les musiciens en train de jouer.

De toute façon, Iruka doit bien s'avouer qu'il avait envie de venir. D'ailleurs personne n'a l'air d'avoir réalisé, mais Kakashi n'est toujours pas apparu, malgré le bruit conséquent qu'ils font tous dans son propre salon.

"Où est Kakashi?" lance le jeune homme.

Asuma s'interroge lui aussi depuis quelques minutes.

"Je vais voir."

Tsunami commence à échauffer sa voix et Kotetsu se lance dans un petit solo de batterie. Aoba se bat avec un amas de câbles. Shizune et Genma sont affalés dans l'un des canapés, et Iruka a déjà étalé ses crayons sur la table basse.

Quand Kakashi pénètre dans le salon, suivi de près par Asuma, les autres perçoivent immédiatement son trouble. Il semble marqué et à la vue de ses yeux rougis, Iruka se demande même s'il n'a pas pleuré.

Kakashi s'asseoit dans le canapé à côté d'Iruka, et dit d'une voix sourde:

"Nagato... Je pense que ce n'est plus qu'une question d'heures maintenant."

Iruka hésite avant de poser une main réconfortante dans le dos du chirurgien, qui a placé sa tête entre ses mains.

"On devrait annuler la répèt'. On va ranger" répond Aoba.

"Non" lance Asuma. "Nagato a demandé à ce que l'on joue pour lui ce soir. Alors c'est ce qu'on va faire. Kakashi?"

Le chirurgien ne répond pas mais hoche la tête en signe d'assentiment. Il se lève en offrant un sourire triste à Iruka, signe qu'il apprécie sa tentative de réconfort. Puis il se dirige vers la chambre de son ami mourant.

Juste avant de disparaître dans le couloir, Kakashi lance:

"Jouez nos chansons les plus gaies. Je laisse les portes ouvertes pour que Nagato puisse vous entendre. Moi je vais chanter près de lui."

Les autres hochent la tête, tandis qu'Iruka range discrètement son matériel à dessin.

Les premières notes de musqiue s'élèvent dans le salon, et Nagato réussit à offrir un sourire à Kakashi.

"Merci" tente-t-il de dire, mais même les mots n'arrivent plus à sortir de sa bouche. Il est au bout de sa route, il le sait. Il n'a pas peur.

Kakashi se glisse à côté de lui et commence à chantonner juste au creux de son oreille. Alors il ferme les yeux et se laisse porter par la musique. Sa respiration se fait de plus en plus erratique.

Nagato trouve une dernière fois la force d'ouvrir les yeux et de sourire à Kakashi, qui cette fois ne retient plus ses larmes. Le chirurgien continue cependant de chanter, même si sa voix tremble un peu.

Nagato referme les yeux tandis que Kakashi resserre son étreinte. Le jeune homme serre un peu plus fort la main qui ne l'a pas lâché depuis le début de la soirée, puis les doigts fins se raidissent tandis qu'il rend son dernier souffle.

Kakashi le regarde de longues minutes, en silence. Il essuye les larmes sur ses joues et pose ses lèvres sur le front de son ami. Il entend encore le son des musiciens dans le salon et sourit tristement. Nagato est parti comme il l'avait souhaité. C'est cela le plus important.

Kakashi croise les mains de Nagato et prend le temps de se recueillir, seul, auprès de son ami.

Il laisse passer une, puis deux, puis trois chansons, avant de se lever et de rejoindre les autres.

Il n'a pas la force de parler en entrant dans le salon. Et de toute façon, il n'a pas besoin de le faire.

Il se dirige vers le petit meuble qui jouxte la porte fenêtre menant à la véranda, et récupère un formulaire que tous reconnaissent.

Tout le monde s'est tu, et Kakashi, qui a rejoint le comptoir de la cuisine, lève enfin un regard vers eux. Il leur sourit tristement avant de leur demander:

"Vous pouvez continuer à jouer s'il vous plait?"

Alors Aoba, Kotetsu, Asuma et Tsunami s'exécutent et commencent à entonner "You and I", la chanson préférée de Nagato.

Kakashi et Nagato avaient déjà parlé des démarches, et le chirurgien exécute les consignes que son ami lui avaient données. Il appelle la société de pompes funèbres qui se chargera du corps de Nagato avant son enterrement, rédige le certificat de décès et retourne s'asseoir à côté d'Iruka.

"Kakashi ça va aller?" demande doucement Shizune.

Le chirurgien hoche la tête en souriant.

"On a beau savoir que cela va arriver, ça reste toujours une épreuve" murmure-t-il avant se d'enfoncer dans le canapé, alors que les musiciens rejoignent les autres.

C'est Kakashi qui finit par briser le silence pesant qui vient de s'installer.

"Nagato est parti en souriant. C'était le premier, et le plus grand fan de Mescaline. Il m'a dit juste hier qu'il suivrait notre carrière de là-haut."

Cette déclaration fait sourire le groupe et Asuma reprend:

"Nagato était un garçon formidable, et plein de courage. Il ne voudrait pas qu'on se morfonde comme ça. Alors on va boire un coup à sa mémoire" déclare le neurochirurgien en se levant pour aller ouvrir le petit bar de son ami.

"A Nagato!" lance Kakashi en levant son verre. Les verres s'entrechoquent, tandis que Kakashi commence à raconter les petites anecdotes qui ont émaillé son court séjour chez lui.

L'atmosphère se détend un peu, mais l'arrivée des pompes funèbres replonge immédiatement le petit groupe dans la dure réalité de la situation.

Kakashi guide les employés vers la chambre, et le silence s'abat sur le salon alors que le corps de Nagato enveloppé dans une housse de transport traverse la pièce. Kakashi accompagne les hommes jusqu'au fourgon et leur remet les papiers. Les formalités accomplies, Kakashi reste quelques instant dehors, et regarde le véhicule emmener son ami. Il sursaute quand Iruka lui murmure à l'oreille:

"Nagato est parti exactement comme il le désirait, grâce à toi. Je suis sûr qu'il est heureux maintenant, où qu'il soit."

Kakashi se retourne et plonge son regard dans celui de son interne. Il se souvient des paroles de Nagato.

Quand je serai parti, je veux que tu mettes toute ton énergie pour récupérer Iruka, c'est compris? Vous êtes faits l'un pour l'autre, c'est évident. Alors tâche de ne pas tout faire foirer, ok?

Sur le moment, Kakashi avait ri. La détermination de Nagato à le convaincre avait été à la fois touchante et amusante.

Mais là, face à Iruka, Kakashi comprend que son jeune ami avait complètement raison. Alors le chirurgien sourit, pose un bras autour des épaules du jeune homme et ils rentrent tous les deux à l'intérieur de la maison.

Le geste n'a pas échappé aux autres, mais Kakashi rompt rapidement le contact avec son interne en le poussant gentiment vers le canapé, tandis qu'il prend la direction du piano.

Il s'asseoit et laisse ses mains en suspens, le temps d'annoncer:

"J'ai écrit ça pour Nagato il y a quelques temps. J'espère qu'il va l'entendre de là haut."

(Paradise – Coldplay)

Tandis que Kakashi chante, Tsunami se permet de rajouter quelques mesures de violon.

La chanson prend forme, chacun compose autour de la mélodie de base.

Au bout de quelques heures de travail, la chanson a pris une tournure plus aboutie, avec une pointe de lyrisme que semble vraiment apprécier Kakashi.

Shizune et Genma se sont endormis dans le canapé. Iruka a ressorti ses crayons. Et Mescaline entame une nouvelle fois la chanson, maintenant aboutie.

Personne n'a fait attention à l'heure. Et tandis que les dernières notes de piano s'élèvent, le soleil fait son apparition à travers la baie vitrée.

Kakashi se lève en silence, et fait signe aux autres d'aller dans le jardin pour contempler le lever du jour. Iruka ne veut pas briser ce petit moment de communion entre les membres du groupe, qui viennent de passer la nuit à composer une nouvelle chanson, magnifique. Il se penche sur son dessin, Mais Kakashi saisit délicatement le crayon qu'il tient en main, le pose sur la table et attrape sa main pour l'entraîner dehors. Sans un mot, mais avec une petite étincelle dans le regard, suffisamment explicite.

Alors que tous contemplent le ciel qui semble s'embraser, une petite brise vient les frôler. Ils restent muets pendant de longues minutes. Et d'un mouvement naturel, le groupe se resserre, dans une accolade générale.

Iruka se sent bien, au sein du groupe. Kakashi vient de lui signifier qu'il y a de nouveau sa place, s'il le désire, et les autres semblent d'accord.

Alors Iruka sourit lui aussi. Un nouveau jour se lève, et avec lui de nouveaux espoirs pour le futur. Nagato semble avoir emmené avec lui les doutes, les craintes et les rancoeurs.

Nagato était un garçon admirable. Vraiment.

...

Iruka a un peu la tête ailleurs. Il se trouve une nouvelle fois au choix de stage. Kakashi a laissé sa place à Yamato aujourd'hui. Peu importe, Iruka sait qu'il a sa place en chirurgie cardio-thoracique réservée pour ce quatrième stage. Sa maquette de stage de déroule parfaitement pour l'instant.

Il en est de même pour Genma, qui a décidé de se consacrer à la chirurgie viscérale, avec l'aval de Zabuza.

Contre toute attente, Izumo s'est enfin décidé: ce sera l'ophtalmologie pour lui. Choix approuvé par Itachi.

A quelques exceptions faites, tous les internes de chirurgie de deuxième année semblent avoir choisi leur voie. Ils devraient tous pouvoir atteindre leur objectif. La seule interrogation pour certains, et parmi eux Iruka, est de savoir s'ils auront le poste de chef de clinique à l'hôpital central de Konoha, ou bien s'ils devront aller faire leur clinicat dans un autre hôpital. Et cette décision revient aux Professeurs.

Mais pour l'instant, Iruka ne veut pas y penser. Il poursuit son chemin professionnel. Et au niveau personnel, il a décidé de faire confiance au destin.

La réunion terminée, c'est d'un pas assuré qu'il rejoint son service de prédilection, accompagné de Yamato et de Yoroi.

Rien ne change pour ce nouveau semestre en chirurgie cardio-thoracique. Et pourtant tout a changé. Le Printemps s'annonce ensoleillé.

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Pour le prochain chapitre, il va falloir être un peu plus patient (ça ne durera pas deux ans quand même, rassurez-vous ^^)

Un petit commentaire me ferait bien plaisir!

A bientôt amis lecteurs.