Yo les jeunes! (réplique volée).
Et bien voilà, Broken Hearts a décidé de s'imposer à son auteur pour avoir une fin...
Je suis navré, désolé, affligé de vous avoir tant fait patienter.
Pour la peine, j'ai une bonne nouvelle: afin de ne plus vous faire subir cette attente insoutenable, j'ai attendu d'avoir rédigé les trois prochains chapitres avant de publier ce message.
Ils seront donc publiés à la suite, à raison d'un chapitre toutes les deux semaines (cela me laissera le temps de corriger certaines choses ou d'enrichir le contenu, vos reviews étant une source d'inspiration non négligeable, et surtout de rédiger la suite pour qu'il n'y ait plus d'arrêt).
J'hésite encore entre deux options pour le chapitre final (le 48e quand même!): je me laisse donc encore un peu de temps de réflexion pour choisir la fin (qui sera heureuse c'est promis).
Merci à vous, irréductibles lecteurs de Broken Hearts, qui avez décidé de poursuivre la lecture de cette histoire malgré ce long silence, et qui vous retrouvez donc devant ces lignes à cet instant.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre 39: Un court week end de fiancailles.
Iruka se change sereinement dans le vestiaire du bloc de chirurgie vasculaire. Malgré la tension permanente qui règne dans chaque bloc opératoire, il arrive maintenant à gérer ce stress pour le transformer en énergie positive. Il améliore de jour en jour ses techniques opératoires, notamment grâce à tout le temps qu'il peut passer au bloc.
Kakuzu a tenu parole: Misumi et Iruka passent le plus clair de leur temps à opérer. Et quand ils n'opèrent pas, ils s'attèlent à étudier les dossiers des prochaines interventions. Ils ne sont bien sûr pas dédouanés de quelques corvées administratives, comme les courriers et les contre-visites. Mais dans l'ensemble, le stage de chirurgie vasculaire est très enrichissant.
Kakashi avait raison, ce stage est essentiel pour un futur chirurgien cardio-thoracique. Tandis qu'Iruka se coiffe de son bonnet de bloc personnalisé, le jeune homme se remémorre les dernières heures passées avec son compagnon. Il s'est installé entre eux un doux climat de confiance, agrémenté de beaucoup d'affection. Quelques gestes ont été plus osés parfois, mais ils semblent finalement apprécier tous les deux la chaste langueur de cette relation encore balbutiante.
En un mot, Iruka dirait qu'ils sont très complices. Et c'est particulièrement agréable en fait.
Kakuzu lève un oeil vers Iruka, qui vient de s'installer face à lui.
"Chouette bonnet de bloc."
Iruka sourit sous son masque.
"Un cadeau?" poursuit le Professeur de chirurgie vasculaire.
Iruka se contente de hocher la tête.
"Tu as l'air d'y tenir en tout cas. Tu es un artiste Iruka?"
"J'aime bien dessiner" répond sobrement l'interne.
Leur travail à quatre mains commence, mais Kakuzu semble d'humeur curieuse aujourd'hui.
"Il parait que les chirurgiens ont tous une âme d'artiste. La mienne doit être bien enfouie en tout cas."
Toute l'équipe se met à rire. L'auto dérision est une carte maitresse dans le jeu de Kakuzu. Cela a tendance à déstabiliser les gens qui ne le connaissent pas, car au premier abord, le chirurgien est plutôt froid.
"Ce sont tes collègues de chirurgie cardio-thoracique qui t'ont offert ça non? Parce que ce genre de cadeau, ça ne peut venir que de gens qui fréquentent un bloc opératoire."
Iruka hésite. Il sent bien que le terrain devient glissant. Et ce n'est pas la première fois qu'on tente subtilement de le faire parler. Les rumeurs qui circulent concernent essentiellement Kakashi, qui se serait enfin casé. Mais elles ne l'ont jamais impliqué directement. Iruka ne sait pas pourquoi, mais leurs collègues semblent persuadés que Kakashi fréquente quelqu'un du monde musical ou télévisuel. Certains ont même avancé qu'il était en couple avec Anko Mitarashi. Cela a plutôt fait rigoler Iruka au début. Mais l'interne doit bien avouer que ça devient un petit peu agaçant maintenant. Il se rend compte que finalement, il aimerait bien que les autres sachent que c'est lui, Iruka Umino, qui a réussi à mettre le grappin sur le si convoité Kakashi Hatake.
"Oui, c'était mon cadeau d'anniversaire" répond Iruka d'une voix neutre.
L'interne se tient sur ses gardes mais Kakuzu semble avoir contenté sa curiosité pour la matinée. Il replonge dans la concentration maximale pour finir l'intervention.
Iruka pousse un ouf de soulagement intérieur. Aucune question indiscrète ne sera à déplorer durant le reste de l'intervention.
L'équipe de chirurgie vasculaire finit par rejoindre l'internat au moment du rush. Le réfectoire est déjà bondé. Les chirurgiens se faufilent entre les tables et les chaises mais doivent se rendre à l'évidence: ils vont devoir aller manger chacun de leur côté s'ils veulent avoir chacun une place assise. Kakuzu s'installe avec Ebisu et fait signe à ses internes de se débrouiller. Il leur octroye quartier libre jusqu'à seize heures pour la peine. Misumi et Iruka, trop contents de l'aubaine, partent en quête d'une place. Kakuzu les regarde s'éloigner, et note qu'instinctivement, Iruka se dirige vers l'équipe de chirurgie cardio-thoracique.
Et instinctivement, Kakashi lève une main dans sa direction pour lui faire signe de venir s'installer à côté de lui.
Cela pourrait paraître complètement naturel, tant tout le monde sait qu'Iruka est un futur chirurgien cardio-thoracique. Mais cela pourrait aussi paraitre fortement suspect.
Oh et puis merde, Iruka se fraye une place à côté de son amoureux, et entame la discussion avec son ancienne équipe, comme si de rien n'était. Les autres peuvent bien penser ce qu'ils veulent. A un moment, de toute façon, il faudra bien que tout le monde le sache.
Mais au final, personne ne prête réellement attention à Iruka. Sa présence au sein de l'équipe de chirurgie cardio-thoracique est simplement une évidence.
Après une courte pause déjeuner, tandis que l'équipe de Kakashi repart d'un bon pas vers l'hôpital, le chef du service ralentit discrètement son allure afin de se laisser distancer, tout en discutant avec Iruka. L'interne a compris le petit jeu de son amoureux et sourit, en laissant le dos de sa main entrer négligemment en contact avec celle de Kakashi. Et cela semble beaucoup amuser Kakashi.
Ils traversent tranquillement le petit parc qui jouxte l'entrée de l'hôpital. Kakashi jette un coup d'oeil en arrière. Constatant que personne ne les suit, il saisit brusquement le poignet d'Iruka et l'entraîne derrière une haie d'aubépine, à l'abri des regards. Le chirurgien s'attaque immédiatement au cou d'Iruka qui se met à rire.
"Tu me chatouilles!" murmure l'interne en laissant courir ses mains sur le dos de son amoureux.
Kakashi se contente de marmonner quelque chose d'inaudible, tout en continuant à explorer le cou puis la joue d'Iruka. Il s'écarte un peu pour plonger ses yeux noirs dans ceux d'Iruka. Le jeune homme se surprend à frissonner devant l'intense émotion qui se dégage du chirurgien.
Kakashi lui sourit et se penche pour s'emparer de ses lèvres. L'échange est long et savoureux. Et c'est à regret qu'ils se séparent.
"Tu me rends fou" murmure Kakashi en serrant simplement Iruka contre lui.
L'interne se laisse bercer par le souffle de son amoureux, bien câlé contre son torse. Il se sent... en sécurité. Comme enveloppé dans une bulle d'amour protectrice et indestructible. Il aimerait que ce moment, déroutant de simplicité et de sincérité, dure toujours.
Mais le flot des internes et médecins qui commencent à arriver de l'internat leur signale qu'il est temps de se séparer. Pour mieux se retrouver plus tard.
Kakashi et Iruka attendent un peu, et profitent du passage de l'équipe de pédiatrie pour se joindre à eux, l'air de rien. Kakashi engage la conversation avec Kurenaï, tandis qu'Iruka emboite le pas de Shizune, sans un mot. La jeune femme lui lance un regard entendu en souriant.
"C'est trop mignon" se contente-t-elle de dire joyeusement.
Iruka ne répond pas, mais son sourire en dit long.
...
Kakashi s'est enfermé dans son bureau pour être au calme. Il a un coup de fil important à passer.
"Kakashi, mon ami. Que me vaut le plaisir? Tu vas bien?" lance une voix enjouée.
"Salut Tazuna, je vais bien merci."
Les deux amis parlent de tout et de rien pendant quelques minutes. Puis Kakashi se râcle la gorge avant d'aborder le sujet qui le préoccupe.
"Tazuna, j'ai un service à te demander" déclare le chirurgien d'une voix grave.
Son collègue sent immédiatement que la situation est extrêmement sérieuse.
"Je t'écoute Kakashi."
"Bon, j'aurais besoin que tu envoyes des documents pour moi. Des documents... compromettants."
Tazuna laisse passer quelques secondes.
"Compromettants pour qui?"
"Pour un ancien médecin de l'hôpital central de Konoha. Ecoute Tazuna, je préfère te donner le moins de détails possible. Il pourrait y avoir des retombées, et je ne veux pas que quiconque en subisse les conséquences. Je te demande juste de faire parvenir ces documents au journal local de Nagoya. J'aimerais que ce soit remis en main propre, sans passer par la voie postale."
"Je comprends, aucune trace."
"C'est ça. Tu m'as parlé des échanges que ton hôpital fait régulièrement avec le petit dispensaire de Nagoya. Connais-tu quelqu'un en qui tu as entièrement confiance, et qui serait d'accord pour transmettre une clé usb à son destinataire en toute discrétion?"
Tazuna semble réfléchir à l'autre bout du fil. Quelques secondes passent.
"Je pense que j'ai ton homme. Sa naïveté n'a d'égal que sa loyauté envers moi. J'ai sauvé son père, et c'est un gentil garçon, très honnête. Je lui fais confiance."
"Très bien. Je vais te faire parvenir un fixateur pour les interventions de pontage sans CEC, par le biais du système d'échange de produit médicaux inter-hospitalier. Il te sera donc personnellement adressé. Et la clé usb sera cachée dedans. Tu devrais le recevoir d'ici demain ou après-demain. Si c'est possible, j'aimerais que la clé arrive à destination dès cette semaine."
"Pas de problème, je t'avertis dès que c'est fait."
Kakashi laisse passer quelques secondes avant de reprendre, sobrement:
"Merci Tazuna."
"Pas de quoi, Kakashi. J'espère que tu m'expliqueras tout ça plus tard."
"Ne t'inquiète pas, je pense que tu en entendras parler d'ici peu."
Les deux amis concluent leur conversation et Kakashi pousse un soupir en s'enfonçant dans son fauteuil. Il a essayé de ne rien négliger, mais il est obligé de faire intervenir des tiers dans cette histoire. Et cela créée immanquablement des failles. Il ne peut pas tout contrôler, il le sait. Mais si tout se passe comme prévu, si les journaux font leur travail, personne ne devrait pouvoir remonter jusqu'à lui.
Kakashi jette un oeil par la fenêtre. Le temps s'est couvert, de gros et sombres nuages s'amoncellent déjà au loin, comme un funeste présage. Le chirurgien secoue la tête, comme pour chasser ces idées noires. Il emballe soigneusement le fixateur et referme le paquet. Il s'applique à écrire l'adresse de Tazuna et confie le précieux colis à Ino. Son travail est terminé, pour l'instant. Il n'y a plus qu'à attendre.
...
Kushina s'active en cuisine. Ce soir Naruto, son petit garçon, son bébé, ramène une fille à la maison. Oui, une fille! C'est la première fois, et Kushina est à la fois impatiente et anxieuse. Elle connaît juste son prénom: Hinata.
Sera-t-elle jolie? Aimable? Intelligente?
Kushina secoue la tête, tout en remuant le contenu de sa casserole. Naruto est suffisamment intelligent pour faire les bons choix, notamment sur le plan sentimental. Et elle a elle même assez souffert des décisions imposées par d'autres pour ne pas reproduire les mêmes erreurs avec son propre fils.
Kushina a donc décidé de mettre le petits plats dans les grands. Elle a sorti sa plus belle vaisselle, et a entrepris de faire un dîner somptueux. La journaliste se dit que c'est à elle de faire ses preuves. Si cette Hinata a conquis le coeur de Naruto, elle aussi se doit d'assurer.
Toute à ses pensées, Kushina n'entend pas les deux jeunes amoureux entrer dans la maison. Naruto lance un "bonjour" un peu gêné, tandis qu'Hinata ose à peine lever les yeux vers Kushina.
La femme pose un regard affectueux sur son fils, et curieux sur la jeune femme qui l'accompagne.
Plutôt jolie.
Ce sont les premiers mots qui lui viennent à l'esprit. Après quelques secondes de flottement, Kushina lance joyeusement:
"Bonsoir les enfants. Allez-y, entrez! Ce sera prêt dans quelques minutes!"
Naruto pousse Hinata vers sa mère et déclare sobrement:
"Maman, je te présente Hinata, ma... copine."
Kushina ne peut s'empêcher de sourire. Ils sont très mignons tous les deux. Un peu gauches mais adorables.
"Je... euh... Je suis ravie de vous rencontrer" déclare Hinata d'une toute petite voix, en tendant une magnifique orchidée mauve en pot.
Kushina observe la jeune fille, avant de se saisir du pot, un large sourire barrant son visage:
"Merci Hinata, j'adore les orchidées. Et la couleur de celle-ci est magnifique!"
Tandis qu'elle s'éloigne pour installer la plante à la lumière de la fenêtre de la cuisine, la femme ajoute:
"On peut exprimer beaucoup de choses avec les fleurs."
Naruto lève les yeux au ciel.
"Ca y est, elle va encore nous faire tout un laïus sur le langage des fleurs."
Kushina s'apprête à répondre mais c'est Hinata qui est la plus rapide. D'une voix timide mais ferme, elle rétorque:
"Moi j'aime le langage des fleurs. Cela permet de dire des choses sans avoir besoin de mots."
"Encore faudrait-il que les gens connaissent la symbolique" grommelle Naruto. "S'il faut aller chercher un dico des fleurs à chaque fois qu'on t'offre un bouquet..."
La moue de son fils fait sourire Kushina.
"Sais-tu ce que signifie une orchidée mauve Naruto?"
Le jeune homme secoue la tête négativement. Kushina pose alors un regard affectueux sur Hinata et reprend:
"L'orchidée mauve symbolise le respect et l'admiration."
Quelques secondes silencieuses s'écoulent. Naruto se remémorre le temps passé chez le fleuriste avec Hinata quelques heures plus tôt, la jeune femme ayant mis énormément de temps à se décider. Il comprend à présent. Et il est plutôt impressionné par son amoureuse, même s'il semble rester imperméable au langage botanique.
Devant la moue dubitative de son fils, Kushina se met à rire en prenant une expression exagérément affligée:
"Alala, tu es bien le digne représentant de la gent masculine mon pauvre chéri. Tu serais capable d'offrir des chrysanthèmes à un mariage!"
Hinata ne peut réprimer un petit rire. La jeune femme constate que le côté très expressif de Naruto lui vient indéniablement de sa mère.
L'atmosphère se détend complètement et les deux femmes engagent la conversation.
Naruto est heureux. Hinata et sa mère ont l'air de s'entendre à merveille.
Et puis sa mère semble avoir retrouvé ce qu'il chérissait tant: sa joie de vivre. Elle semble avoir enfin laissé son passé douloureux derrière elle. Ses démons aussi. Elle est tellement belle quand elle rit comme cela.
Naruto est heureux. Hinata semble épanouie et sereine. Sans ses efforts considérables pour vaincre sa timidité, il n'aurait probablement compris que bien plus tard ses propres sentiments envers la jeune femme.
Naruto est heureux. Et le sourire qui barre son visage, tandis qu'il contemple les deux femmes de sa vie discuter en riant, en est le témoin.
...
Iruka n'a pas vu la fin de semaine arriver. Il n'a pas eu une minute à consacrer à autre chose que son travail. Mais il a obtenu de Kakuzu de pouvoir partir un peu plus tôt aujourd'hui. Il prend la direction du service de chirurgie cardio-thoracique. Kakashi lui a demandé de venir le chercher dès qu'il aurait fini sa journée.
Iruka fait un crochet par le secrétariat pour saluer Ino. La jeune femme est ravie de revoir l'interne.
"Iruka! Comment vas-tu? Ca faisait un moment qu'on ne t'avait pas vu par ici!" lance la secrétaire.
"Bah je n'avais pas vraiment de raison de venir" répond laconiquement Iruka.
Ino penche la tête en grignotant son crayon, et reprend d'un air taquin.
"Ah bon? Ce n'est pas ce que j'avais cru comprendre."
Iruka fixe la jeune femme en souriant.
"Je vois que les nouvelles vont vite."
"Tu parles d'une nouvelle! Depuis le temps que vous nous faites mariner tous les deux! En tout cas, je n'ai jamais vu Kakashi aussi joyeux. Je ne sais pas ce que vous fricotez tous les deux, mais ça a l'air drôlement efficace."
"Si tu savais!"
Ino éclate de rire, car Kakashi, qui vient d'apparaître dans la pièce, a fait écho à Iruka.
"Parfait timing!" lance la jeune secrétaire en riant. La complicité des deux hommes est patente à présent.
Kakashi s'approche de son amoureux et dépose un furtif baiser sur sa tempe, avant de tendre une liasse de papiers à Ino. Celle-ci laisse échapper un soupir.
"Je te préviens, hors de question que je fasse des heures sup' ce soir. Aoba m'emmène au théâtre."
"Pas de panique, ce n'est pas urgent. Je voulais juste partir sereinement en week end. Tout ça peut attendre lundi. Et comme je suis particulièrement joyeux aujourd'hui, tu peux même filer plus tôt ce soir."
"Ah ça c'est gentil, tu n'imagines pas le temps que ça prend de se faire belle pour son homme" répond Ino, déclenchant par la même un éclat de rire de la part de Kakashi et d'Iruka. Quand je pense à tout ce temps perdu à se pomponner, s'habiller, se coiffer. Tout ça pour vous plaire!"
"Oh j'imagine bien! C'est pour ça que je préfère les garçons. Au moins, ma salle de bains n'est pas prise d'assaut pendant des heures" rétorque Kakashi en faisant un clin d'oeil à Iruka.
"Oui, et du coup elle peut servir à autre chose" ajoute Iruka taquin.
"Stop! Je ne veux pas en entendre plus!" rétorque Ino en plaquant ses mains sur ses oreilles, ce qui déclenche un nouvel éclat de rire de la part des deux garçons.
"Bon allez, on a de la route à faire nous" reprend Kakashi en posant une main sur l'épaule d'Iruka pour le pousser vers la sortie. "Bon week end Ino, et passe le bonjour à Aoba."
"Je n'y manquerai pas. C'est quand même dommage qu'Aoba doive travailler ce WE. J'aurais bien aimé venir à Shiba moi aussi. Et vous, soyez sages hein!" rétorque la jeune femme en tirant une langue mutine aux deux garçons.
A l'autre bout du couloir, Yoroï a juste le temps de reconnaître la silhouette de son principal rival à côté de son chef. Très proche. Trop proche.
...
"C'est bon, les chiens sont au chenil. Tu es prêt?" demande Kakashi en entrant dans le salon.
Iruka fait la moue, assis en tailleur devant sa valise, un tas de vêtements entassé à côté de lui.
Kakashi ne peut s'empêcher de sourire. Son amoureux est trop craquant quand il fronce le nez de cette façon.
"Tu as l'air ennuyé."
Iruka pousse un soupir.
"Je ne sais pas quoi prendre. Un costume, c'est trop guindé. Et en plus je n'en ai pas. Mais si j'y vais en jeans et baskets, ça va pas trop le faire, non?"
Kakashi lève les yeux au ciel, avant de répondre d'un ton taquin:
"T'es pire qu'Ino en fait!"
Le chirurgien esquive de justesse un tee shirt roulé en boule.
"Dis donc, tu cherches la bagarre ou quoi?" lance Kakashi en se ruant sur son amoureux avec l'un des coussins du canapé.
"Nan, nan arrête Kakashi, arrête!" se met à hurler Iruka en riant. "On n'a pas le temps! On va être en retard!"
"Mais moi je suis prêt!" chantonne Kakashi en pointant du doigt la petite valise posée à côté de la porte d'entrée.
Iruka lève un regard interdit vers son chéri.
"Tu n'emmènes que cette petite valise? C'est pas possible, t'as juste mis un caleçon et une paire de chaussettes."
"Ben ouais, l'essentiel quoi!"
Iruka se retourne vers son tas informe et pousse un soupir.
"Allez, viens avec moi, je vais t'aider" lance Kakashi en se dirigeant vers sa chambre. "Et range-moi tout ton bordel aussi."
Cette fois, il ne peut éviter la paire de chaussettes pliée qui lui arrive en plein occiput.
Iruka éclate de rire avant de se lever pour rejoindre son amoureux.
"Désolé, c'était trop tentant."
Kakashi lâche un soupir, feignant l'exaspération, mais il n'est pas très crédible.
"Bon, je pense que ce ne sera pas trop guindé, mais il faut quand même marquer un peu le coup. Donc..."
Kakashi ouvre le deuxime tiroir de sa commode, et en sort un jeans bleu marine de qualité.
"Essaye ça" dit-il en lançant le pantalon à Iruka.
"Un jeans, tu es sûr?"
"Essayes" répond Kakashi sur un ton autoritaire, en continuant de farfouiller dans les tiroirs.
Iruka lâche un soupir et commence à se déshabiller. Le regard que lui jette discrètement Kakashi ne lui échappe pas.
Kakashi a quand même un don en matière vestimentaire. Ce jeans, bien que classique, est d'une très belle facture et sied parfaitement au jeune homme. Kakashi lui tend une belle ceinture de marque ainsi qu'une chemise blanche de très bonne qualité.
Iruka passe le tout et tourne sur lui-même.
"Alors?"
"Parfait!" lance Kakashi. "Il ne manque que les chaussures."
Le chirurgien lui tend alors une paire de chaussures italiennes en cuir noir. Tandis que le jeune homme se chausse, il lâche un soupir:
"J'ai l'impression que ma garde robe est vraiment désastreuse. A chaque fois qu'on doit être un peu classe, tu m'habilles de la tête aux pieds."
Kakashi se met à sourire.
"Ouais, va falloir qu'on aille faire un peu de shopping ensemble un de ces quatre. Tu verras, c'est pas très compliqué."
"Mouais, si tu le dis."
"Et puis, ça me donnera l'occasion de te faire un peu de place dans un de ces tiroirs" ajoute Kakashi d'un ton innocent.
Le chirurgien lève un oeil discret vers son amoureux. Iruka ne répond pas, mais le regard affectueux qu'il offre à Kakashi suffit à faire comprendre à son aîné qu'il a compris l'implicite allusion. Et qu'il y adhère.
Kakashi ferme le tiroir de la commode, se relève et admire Iruka en fredonnant l'air de Pretty Woman.
Iruka lui tire la langue, ce qui déclenche un accès de rire de la part du plus âgé.
"Bon ça te va comme tenue?" demande Kakashi.
"Oui, c'est parfait. Et toi, tu as pris quoi?"
"Bah à peu près la même chose en fait."
Quelques minutes plus tard, la valise d'Iruka est enfin bouclée.
Kakashi prend le volant de son coupé, et les deux garçons partent en direction de Shiba.
Le trajet est agréable, l'air frais du printemps caresse gentiment les cheveux des deux garçons. La discussion finit fatalement par dériver sur l'hôpital et leurs services respectifs. Kakashi est heureux de voir qu'Iruka semble très à l'aise en chirurgie vasculaire. Il a fait d'indéniables progrès, il se comporte de plus en plus comme un vrai chirurgien, à la fois confiant et sérieux.
La circulation modeste leur permet d'atteindre rapidement Shiba. Tandis que Kakashi se dirige vers le petit centre ville, Iruka lui lance:
"Tu dois prendre à droite au prochain croisement. Maman habite un peu en dehors de la ville."
"Je sais" répond laconiquement Kakashi.
C'est vrai, Kakashi est déjà allé chez lui. Iruka se demande quelle va être la réaction de sa mère. Il est à la fois impatient et anxieux.
Mais Kakashi poursuit sa route. Devant le regard interrogatif de son amoureux, il s'explique:
"On va chez le fleuriste. Je vais quand même pas arriver les mains vides!"
Iruka sourit. Kakashi sait être un gentleman quand il veut.
La sonnette tinte lorsque les deux garçons pénètrent dans la petite boutique, située sur la place du village.
"Bonjour messieurs!" lance une voix qu'Iruka connait bien. "Oh mais c'est Iruka! Ca fait très longtemps qu'on ne t'a pas vu à Shiba!"
"Bonjour Matsuri. Moi aussi ça me fait plaisir de te voir."
Tandis qu'Iruka entame la conversation avec Matsuri, Kakashi fait un tour rapide du magasin. La fleuriste et l'interne s'approchent du chirurgien, qui s'est arrêté devant un présentoir de fleurs coupées.
"Vous avez choisi? Je peux peut-être vous aider? C'est pour une occasion particulière?" demande Matsuri.
Kakashi tourne vers la fleuriste un visage souriant, quoiqu'un peu taquin.
"C'est pour offrir à ma belle-maman" lance-t-il d'un ton enjoué.
Matsuri regarde Kakashi, puis Iruka, et ses yeux s'écarquillent lorsqu'elle comprend l'allusion. La gêne d'Iruka est palpable, mais la fleuriste renchérit:
"Les freesias sont un très bon choix. Si je peux me permettre, on pourrait y ajouter quelques lys jaunes. Ce sont les fleurs préférées d'Akuri."
Kakashi hoche la tête en signe d'assentiment tandis que Matsuri commence à composer le bouquet.
La fleuriste part dans l'arrière boutique pour emballer les fleurs dans un joli papier de soie, et les deux garçons rejoignent le comptoir.
"Tu n'as pas pu t'en empêcher hein" marmonne Iruka, feignant l'agacement.
"J'avoue, c'était trop tentant. De toute façon, on n'a pas l'intention de se cacher, si?" répond Kakashi.
Iruka observe Matsuri qui revient avec la belle composition florale. Il a juste le temps de répondre d'un ton ferme:
"Non."
Kakashi paye le bouquet, salue Masturi et commence à s'éloigner, suivi par Iruka. La fleuriste se glisse devant le comptoir pour raccompagner l'interne jusqu'à la porte du magasin.
"Tu as un bien joli amoureux" chantonne-t-elle à voix basse.
"Merci" répond sobrement Iruka.
"Je vous souhaite un bon week end. Et à bientôt j'espère!" reprend Matsuri d'une voix plus forte, à l'intention des deux garçons.
Ils reprennent rapidement la route vers la maison d'Akuri, en longeant la côte. Kakashi est particulièrement silencieux à présent.
"Tu es stressé?" demande Iruka.
"Un peu."
"Ma mère t'adore déjà" répond l'interne d'un ton blasé.
Kakashi se met à sourire, avant de répondre:
"Et toi, tu es stressé?"
"Un peu" répond Iruka tandis que la maison d'Akuri est en vue.
Kakashi se gare et pose une main sur la cuisse d'Iruka, avant que celui-ci ne descende de la voiture.
"Ca va bien se passer" murmure le chirurgien en offrant un sourire confiant à son amoureux.
A peine ont-ils franchi le petit portillon du jardin que la porte d'entrée s'ouvre en grand.
"Ah vous voilà enfin! J'étais tellement impatiente!" lance Akuri, un grand sourire barrant son visage.
Akuri prend son fils dans ses bras et le serre un long moment contre elle. Puis elle se tourne vers Kakashi.
"Je suis ravie de vous revoir Kakashi!"
"Moi aussi!" répond le chirurgien en lui tendant le bouquet de fleurs.
"Oh c'est adorable! Elles sentent très bon!" reprend Akuri en inspirant le doux parfum des freesias, "
et les lys jaunes sont mes fleurs préférées. Je crois que nous sommes faits pour nous entendre tous les deux" conclut-elle en riant.
Iruka lance un regard en coin à son compagnon, qui lui tire la langue d'un air mutin. Le charme de Kakashi est vraiment une arme fatale.
"Mais ne restez pas là, entrez donc. Vous devez être un peu fatigués."
Iruka et Kakashi s'installent dans le salon et Akuri ne tarde pas à revenir avec un plateau.
"J'ai fait des sablés et du café."
Akuri ne laisse pas le silence s'installer. Elle semble particulièrement affable aujourd'hui. Ou plutôt heureuse: heureuse de voir son fils, heureuse de le voir épanoui, heureuse qu'il ait décidé de lui présenter officiellement son amoureux. Même si techniquement Iruka n'a encore rien confirmé.
Les regards que s'échangent les deux garçons ne laissent cependant aucun doute à Akuri. Et la gêne palpable d'Iruka est touchante. Alors qu'ils finissent leur petit goûter, Akuri lance à Kakashi:
"J'ai préparé la chambre d'amis. Iruka va vous montrer."
Kakashi hoche la tête et suit Iruka à l'étage. Le jeune homme ouvre la première porte du couloir:
"Là c'est la salle de bains, et là les toilettes" poursuit-il en désignant la porte d'en face.
Puis il se dirige au fond du couloir et ouvre une deuxième porte.
"Et voilà ta chambre."
La pièce est petite mais joliment décorée. Un grand lit prend une grande partie de la pièce, et des serviettes propres ont été déposées dessus. Kakashi pose sa valise dans un coin tandis qu'Iruka repart déjà dans le couloir.
"Et ça c'est ma ... chambre."
Mais sa phrase finit sur un ton désappointé tandis qu'il constate que la pièce a été transformée en atelier d'artiste.
Iruka fronce les sourcils et redescend, Kakashi sur ses talons.
"Maman, tu as débarrassé ma chambre?"
Akuri se retourne et sourit à son fils.
"Oui, comme tu ne rentres pas souvent, j'ai décidé de me créer un atelier. Tu sais, je fais des choses quand tu n'es pas là" répond Akuri. "Toutes tes affaires sont soigneusement rangées dans des cartons, dans le grenier" ajoute-t-elle en continuant à préparer le dîner.
"Et bien je sais maintenant de qui Iruka tient ses talents de dessinateur" dit Kakashi en s'approchant pour proposer son aide à la mère de son chéri.
Akuri lui sourit en lui tendant un couteau.
"J'ai toujours aimé dessiner et peindre. Et Iruka a hérité de cette passion en effet. Et vous, vous avez une passion Kakashi?"
Mais avant que le chirurgien n'ait le temps de répondre, Iruka lance:
"Du coup je dors où maintenant?"
Akuri et Kakashi lèvent tous les deux un regard incrédule au jeune homme. N'a-t-il pas encore compris que sa mère n'est pas dupe?
Sa naïveté est affligeante parfois pense Kakashi.
"Iruka, j'ai préparé la chambre d'amis pour vous deux."
Gros blanc. Kakashi trouve soudain un très grand intérêt à l'émincage des carottes, tandis qu'Iruka sent ses joues s'empourprer. Akuri pose un regard maternel sur son fils avant de reprendre sur un ton amusé:
"Iruka Umino, tu es prié de ne pas prendre ta mère pour une idiote. Je suis peut-être âgée, mais je ne suis pas née de la dernière pluie. Et je te connais comme si je t'avais fait. Vous ne faites pas chambre à part à Konoha je me trompe?"
"Non" répond Iruka en se grattant le nez, signe de sa gêne. Kakashi ne peut réprimer un petit rire. Décidément, il aime beaucoup la maman d'Iruka.
"Allez, va me chercher un pot de purée de tomates dans le cellier au lieu de rester planté là" ajoute Akuri en riant.
Iruka hésite, mais choisit finalement de s'exécuter sans un mot. Pas la peine de s'enfoncer un peu plus.
Akuri revient à la préparation de son repas, et lance d'un ton tendre:
"Ah mon Iruka. Je suis sûre qu'il se demande depuis des jours comment il va m'annoncer votre relation."
Kakashi, toujours concentré sur ses carottes, répond en souriant:
"Ca fait partie de son charme."
Akuri se remet à rire. Un rire à la fois pur et chaleureux, qui ressemble beaucoup à celui d'Iruka. La mère du jeune interne et le chirurgien engagent alors une discussion, au cours de laquelle Akuri semble décidée à en apprendre le plus possible sur l'homme qui a ravi le coeur de son petit garçon. La discussion finit par dériver sur les amis d'Iruka, et surtout sur les deux fiancés.
"J'espère que tu m'inviteras à danser demain. Mes amies vont être vertes de jalousie en me voyant au bras d'un si beau jeune homme."
Kakashi se met à rire, mais Akuri reprend déjà:
"Tu sais, Iruka a beaucoup souffert du regard des autres à Shiba. Je suis heureuse qu'il ait enfin franchi le pas aujourd'hui. Demain est un grand jour pour Shizune et Kotetsu. Mais quelque part, c'est aussi un grand jour pour lui. Le jour où il assume enfin ce qu'il est, auprès de tous ceux qui l'ont vu grandir."
Kakashi se contente de hocher la tête. Le chirurgien a conscience de l'appréhension qui assaille Iruka depuis que ce WE à Shiba est programmé. Mais il est convaincu que son amoureux sortira grandi de cette confrontation avec ses connaissances de Shiba. Et puis il sera là, lui aussi. A ses côtés pour l'aider à affronter les regards désapprobateurs.
Tandis qu'Akuri commence à mettre le couvert, Kakashi part à la recherche d'Iruka, qui n'a pas jugé bon de prendre part à la conversation. Le chirurgien retrouve le jeune homme dans le jardin, assis sur la vieille balançoire. Il semble pensif.
Iruka lève un regard impénétrable sur son chéri, et Kakashi marque un temps d'arrêt. Le chirurgien n'a pas le temps d'ouvrir la bouche.
"En fait, je crois que le problème vient de moi" lâche le jeune homme d'un air absent.
Kakashi s'approche doucement et tend la main vers son compagnon. Iruka apprécie le simple contact de la main du chirurgien sur sa joue, et se met à sourire tristement. Kakashi sent son coeur se serrer. Iruka ne va pas bien, et lui n'est pas sûr de bien comprendre ce qui se passe.
"Iruka, de quel problème veux-tu parler?"
Le jeune homme laisse passer des longues secondes, avant de répondre, en laissant son regard dériver vers l'horizon.
"Je crois que je ne m'aime pas."
Cette phrase laisse Kakashi sans voix. Il savait qu'Iruka n'était pas au top de l'estime de soi. Mais la violence de la dernière affirmation de son amoureux l'emplit d'un profond chagrin. Il lui serait facile de l'asséner des poncifs qu'Iruka a déjà dû entendre de nombreuses fois.
Tu es un jeune homme formidable.
Tu as plein de qualités.
Tu as tout pour être heureux.
Tout le monde t'aime.
Mais Kakashi connait suffisamment Iruka pour savoir que ce n'est pas ce qu'il a besoin d'entendre. Il y a quelque chose de plus profond caché dans les propos d'Iruka. Une plaie dont Iruka ne lui a jamais parlé. Et qui vient de se réveiller ici, à Shiba.
Alors le chirurgien bloque les deux cordes de la balançoire d'une main ferme, immobilisant Iruka.
"Iruka,regarde-moi."
L'interne lève un regard d'une tristesse infinie sur Kakashi.
"Peut-être que tu ne t'aimes pas. Mais moi, je t'aime. Je t'aime pour deux, pour trois, pour dix mille même. Alors je vais attendre que tu sois prêt à me parler de ce qui te rend si triste. Et en attendant, je continuerai à t'aimer."
Les yeux d'Iruka s'embuent de larmes, qu'il tente maladroitement de retenir. Un faible sourire apparait sur ses lèvres, et le jeune homme commence à murmurer:
"C'est la première fois."
Devant le regard interrogateur de Kakashi, Iruka poursuit d'un ton plus assuré:
"C'est la première fois que tu me dis que tu m'aimes."
Kakashi prend un faux air boudeur.
"Tu peux être fier de toi. Je n'ai pas dit ça à beaucoup de monde."
Iruka passe ses bras autour du cou de Kakashi et se love contre lui.
"Je sais. On ne peut pas dire que ça a été facile de conquérir ton petit coeur de pierre."
Kakashi se met à rire, même s'il garde en tête les propos alarmants d'Iruka dans un coin de sa tête.
Le jeune homme semble avoir chassé en quelques minutes les sombres pensées qui le hantaient. Mais Kakashi n'est pas dupe. Il a trop pratiqué lui-même ce petit jeu. Les deux hommes savourent cependant ces quelques instants dans les bras l'un de l'autre. Iruka hésite, et finit par murmurer:
"Revenir à Shiba, ça me rappelle toujours la mort de mon père."
"C'est pour ça que tu ne t'aimes pas? Parce que tu n'as pas pu le sauver?" demande doucement Kakashi.
"Ce n'est pas aussi simple... Kakashi, il faut que tu saches..."
Mais la voix d'Akuri met fin à ce début de confidence.
"Les garçons, à table!"
Kakashi tente de retenir Iruka, mais le jeune homme se lève d'un bond, comme si sa tristesse soudaine s'était envolée d'un coup. Kakashi connait ce mécanisme de défense par coeur. Et il sait qu'Iruka n'est pas encore prêt à se dévoiler. Alors il prend la main de son amoureux sans un mot, et l'entraîne à l'intérieur de la maison, où les attend Akuri.
Le dîner est simple mais délicieux. Kakashi se régale, au sens propre comme au figuré. Akuri leur a préparé un vrai festin, et ses anecdotes sur Iruka enfant sont tout aussi délectables. Lorsque la tarte au citron fait son apparition, Kakashi se met littéralement à frétiller sur sa chaise. Iruka éclate de rire:
"Tu me fais penser à Korben et Tyler!"
Devant le regard interrogatif d'Akuri, Kakashi pousse un soupir faussement vexé.
"Ce sont deux de mes chiens. Ils sont particulièrement gloutons."
Akuri se met elle aussi à rire, tout en servant une part de tarte énorme au chirurgien.
Après le repas, les deux garçons décident d'aller faire un tour sur la plage. Ils promettent à Akuri de ne pas rentrer trop tard. Ils se doivent d'être en forme demain.
"Ouah elle est froide!"
Kakashi se met à rire.
"Rhoo la chochotte!" déclare le chirurgien en tentant d'attirer Iruka un peu plus dans l'eau.
"Nan mais sérieusement, on va attraper la crève avec tes conneries" ronchonne le jeune homme.
Kakashi s'est déjà retourné vers le large. Il parcourt quelques mètres dans l'eau de mer fraîche, écarte les bras et se met à crier:
" le meilleur moyen de réaliser l'impossible est de croire que c'est possible!" (1)
Iruka lève les yeux au ciel et continue de ronchonner.
"Tu parles de l'impossible. Marcher dans de l'eau glacée."
Mais à voir Kakashi jouer comme un gosse, l'eau à mi-mollet, Iruka ne peut s'empêcher de sourire.
"T'es vraiment irrécupérable" lâche le jeune homme en tirant son amoureux par le bras. "Allez viens, on rentre. Maman va finir par s'inquiéter."
Les deux hommes remontent la petite colline en courant et se chamaillant, inconscients d'être observés.
"Bonne nuit les amoureux!" lance Akuri tandis qu'Iruka referme la porte de la chambre d'amis.
"Je suis crevé!" déclare Kakashi en se laissant tomber sur le lit les bras en croix. "Je crois que j'ai trop mangé!"
Iruka se met à rire et s'installe à califourchon sur Kakashi. D'un geste assuré, il déboutonne un à un les boutons de la chemise du chirurgien.
"Qu'est ce que tu fais Iruka?" demande Kakashi, pour le principe.
Car le jeune homme ne laisse aucune place au doute en ce qui concerne ses intentions.
Il laisse courir sensuellement ses doigts sur le torse mis à nu de son aîné, et sourit en le sentant frissonner.
"Iruka" soupire Kakashi. Mais le jeune homme poursuit déjà ses explorations, plus intimes.
"Iru...ka" tente de répéter Kakashi.
Le plus jeune se penche pour glisser à l'oreille de son aîné un simple "j'ai envie de toi", qu'il conclut d'un lent coup de langue dans son cou.
Kakashi sent le désir monter en lui. Désir qui retombe instantanément lorsqu'il entend quelqu'un tousser tout près. Trop près.
Il se redresse sur les coudes, en poussant involontairement Iruka qui bascule en arrière.
Kakashi rattrape le jeune homme au vol en passant ses bras autour de sa taille. Le jeune homme fronce les sourcils avant d'offrir un sourire carnassier à son amoureux. En effet, cette nouvelle position lui permet de resserrer son étreinte. Mais une deuxième quinte de toux achève de briser ce moment.
"Iruka, t'as conscience que ta mère dort juste derrière ce mur?"
Le jeune homme lève les yeux au ciel et répond d'un air taquin.
"Et alors, t'as peur qu'elle nous entende?"
Kakashi laisse passer quelques secondes avant de lancer un "oui" horrifié.
Iruka roule sur le côté en riant.
"Je pensais pas dire ça un jour mais... Qu'est ce que tu peux être coincé!"
Kakashi lui jette un faux regard outré.
"T'as pas honte de te moquer de moi?" répond-t-il en se pelotonnant contre son amoureux.
Iruka passe un bras autour des épaules de Kakashi, qui murmure:
"Honnêtement, même avec toute la bonne volonté du monde, avec ta mère dans la chambre d'à côté ça va pas être possible."
Iruka se met à rire en resserrant son étreinte. Il dépose un doux baiser sur le front de son compagnon en lui murmurant:
"Bonne nuit Kakashi"
Et les deux hommes s'endorment rapidement.
C'est une bonne odeur de café frais qui réveille les deux garçons le lendemain. La table du petit déjeuner est déjà dressée. Kakashi fait rapidement main basse sur le reste de tarte au citron de la veille, sous le regard amusé d'Iruka.
"Ne trainez pas" lance Akuri. "Tout le monde doit se retrouver au petit restaurant de la plage à onze heures."
Iruka acquiesce tandis que Kakashi fait défiler distraitement les différents articles du journal régional sur son portable.
"Qu'est ce qui t'arrive" demande Iruka.
Kakashi vient de se redresser d'un coup. Abssorbé par la lecture d'un article, il ne prend même pas la peine de répondre au jeune homme.
"Kakashi. Kakashi! Allo la terre!" reprend Iruka.
Le chirurgien finit par lever un regard impénétrable sur son amoureux.
"Ce... Nan c'est rien. Je t'expliquerai plus tard."
"Rien de grave?"
"Non, rassure-toi. Rien de grave."
Cela suffit à rassurer Iruka. Il a appris à composer avec la part de mystère de Kakashi.
Alors voilà, on y est. Les infos relayées par Tazuna ont attiré l'attention des médias locaux. Il n'y a plus qu'à attendre que ça remonte un peu plus haut.
L'impatience d'Akuri semble avoir gagné Iruka. Et Kakashi a juste le temps d'attraper son ukulele avant que la porte de la maison ne claque, direction le centre ville de Shiba.
Shizune et Kotetsu ont décidé d'organiser un brunch de fiancailles, à la fois simple et chic, dans le petit jardin d'un restaurant, privatisé pour l'occasion et attenant la plage. L'on y accède par un petit chemin ensablé qui longe les habitations.
Avant de s'engager sur le chemin, Akuri tourne un visage angélique vers Kakashi.
"Veux-tu bien me prêter ton bras Kakashi? Et toi aussi Iruka!" conclut-elle, en tendant son autre bras d'un mouvement autoritaire.
Et c'est rayonnante et fière qu'Akuri fait une entrée remarquée dans le petit jardin, déjà bondé.
Shizune accourt vers eux dès qu'elle les aperçoit.
"Ah vous voilà enfin! Je commençais à m'inquiéter!" lance la jeune femme visiblement un peu dépassée par les sollicitations qui viennent de toutes parts.
La jeune femme est resplendissante dans sa robe couleur prune, qui virevolte dans l'air frais du printemps.
Les familles respectives de Shizune et Kotetsu se connaissant déjà très bien, les deux amoureux ont décidé d'organiser un brunch, en toute simplicité.
Iruka a à peine le temps d'embrasser son amie que Kotetsu surgit, fier comme un pape, accompagné de son oncle et sa tante.
"Shizune ma chérie, tu te rappelles d'oncle Kenzo et de tante Kagami?"
"Oh mais bien sûr" répond Shizune d'un ton enjoué, "comment allez vous?"
Tandis que la conversation s'engage, Iruka et Kakashi s'empressent d'aller rejoindre leurs amis, tandis qu'Akuri part à la rencontre des parents de Shizune afin de leur présenter ses félicitations pour les jeunes fiancés.
Tandis qu'Iruka a rejoint Genma et Izumo, Kakashi retrouve Kurenaï et Asuma.
"Alors cette première nuit chez belle-maman?" ne peut s'empêcher de lancer la jeune femme, taquine.
Kakashi se met à rire.
"Et bien je crois que j'ai passé l'épreuve de la belle-maman haut la main!" fanfaronne le chirurgien.
"Tu ne crois pas si bien dire, jeune homme!" chantonne une voix derrière lui.
Kakashi ne sait plus où se mettre tandis qu'Akuri tend une main amicale vers le couple.
"Iruka vous ressemble beaucoup" déclare Asuma en serrant la main d'Akuri.
"Il parait oui. Je suppose que vous êtes des collègues de mon fils. Je suis heureuse de vous rencontrer. Nous sommes éloignés de tout ici à Shiba. Et pouvoir mettre un visage sur les personnes qui entourent mon fils à Konoha est appréciable."
Leur conversation est interrompue par le tintement d'un verre. Kotetsu, une flûte de champagne à la main, réclame l'attention de tous:
"Chers parents, chères familles et chers amis, Shizune et moi sommes très honorés que vous ayez répondu présents à notre invitation. Nous sommes très heureux de pouvoir partager ce moment avec vous. Car oui, Shizune et moi avons décidé de nous marier."
Genma et Izumo ne peuvent se retenir de crier et siffler, comme des garnements. Kotetsu et Shizune lèvent les yeux au ciel de manière synchrone, ce qui déclenche un rire généralisé dans l'assemblée. Mais loin de briser l'instant émouvant, la foule se tait dès lors que les deux amoureux se tournent l'un vers l'autre.
"Shizune, commence Kotetsu, je suis intensément heureux dès que tu es près de moi. A tes côtés, la vie m'apparaît belle et pleine d'espoir. Je ne peux m'imaginer un monde sans toi. Et c'est pour cela que je te demande solennellement, devant nos familles et nos amis, d'accepter d'être mon épouse pour la vie".
Shizune, les larmes aux yeux, reprend:
"Kotetsu, c'est avec une joie sans réserve que j'accepte de devenir ton épouse. Je m'engage à rendre chaque instant de notre future vie commune unique et empreint de l'amour illimité que je te porte."
Tandis que les deux fiancés s'enlacent pour s'embrasser, une volée d'applaudissements et de cris monte de l'assemblée.
Shizune et Kotetsu sont assaillis par la plupart des invités qui les félicitent chacun à leur tour. Les convives sont ensuite gentiment guidés vers le buffet par Genma et Izumo.
Un peu à l'écart, Iruka semble pensif. Il sursaute quand une main vient de poser sur son épaule.
"Ils étaients très touchants hein?" murmure une voix douce à son oreille.
Le jeune homme se laisse enlacer par les bras forts de Kakashi en souriant.
"Oui, c'est tellement beau tout cet amour. C'était un instant très romantique."
Kakashi semble déceler une pointe d'amertume dans la voix de son compagnon. Mais Iruka ne lui laisse pas le temps de s'appesantir.
"Allez viens mon chéri d'amour, reprend le jeune homme sur un ton emphatique, allons faire honneur à ce buffet!"
Kakashi emboîte le pas d'Iruka en lançant, sur un ton incrédule:
"mon chéri d'amour?"
Iruka se met à rire, d'un rire clair et sincère.
"Ouais, je trouvais que ça allait bien avec l'ambiance."
Devant la tête de Kakashi, il éclate de rire à nouveau.
"Mais à voir ta tête, je me dis que ça ne nous ressemble pas du tout en fait!"
Et il se remet à rire de plus belle, entraînant Kakashi avec lui.
Shizune ne sait plus où donner de la tête. Elle s'accroche à Kotetsu, et tente de répondre aux sollicitations de chacun. La jeune femme s'ennivre du bonheur d'être avec l'homme qu'elle aime, entourée des personnes qui comptent le plus pour elle.
Alors que le buffet se désemplit progressivement, la musique remplit le petit jardin. Kotetsu entraîne Shizune dans une valse, et ils sont bientôt rejoints par quelques invités.
Iruka regarde ses amis danser, un brin envieux. Il a toujours aimé danser, comme sa mère. Mais compte tenu de la personne avec qui il aimerait danser à cet instant même, cela semble un peu... compromis. D'autant que Kakashi semble avoir, comme à son habitude, déjà attiré les regards de la gent féminine, qui se pâme en espérant une invitation. Pour une fois, note cependant Iruka, Kakashi ne semble pas disposé à coopérer. Le chirurgien néglige volontairement les appels silencieux des demoiselles qui gravitent autour de lui, tout à sa discussion avec Asuma et Kurenaï. Après avoir poliment refusé une enième invitation à danser, Kakashi déclare:
"Bon, je vais vous abandonner quelques minutes, j'ai promis à belle-maman de l'inviter à danser!"
Kurenaï et Asuma restent muets avant de se mettre à rire.
"Et bien va remplir tes devoirs de gendre idéal alors!" chantonne Kurenaï, tandis qu'Asuma ajoute:
"Il nous aura vraiment tout fait!"
Kakash tire une langune mutine à son ami et prend la direction des quelques chaises où semblent s'être rassemblées toutes les femmes d'âge mûr de Shiba.
"Mais qui est ce beau jeune homme qui se dirige vers nous?" lance l'une des femmes.
"Lui, il n'est pas de Shiba, ça se voit tout de suite!" répond une autre.
"En tout cas il ne laisse pas nos petites dindes indifférentes" déclare une troisième femme en désignant un petit groupe de jeunes filles, qui semblent toutes prises d'un certain émoi lorsque Kakashi approche des jeunes filles mais passe sa route, focalisé sur son objectif qui sourit déjà.
"C'est le petit ami de mon fils" déclare Akuri d'un ton qu'elle voudrait le plus neutre possible.
La maman d'Iruka savoure avec délectation le silence qui s'installe dans le groupe, tandis que les autres femmes la dévisagent. Et elle jubile intérieurement lorsque Kakashi, tout sourire, tend une main vers elle et l'invite galamment à danser.
"M'accorderez-vous cette danse, Madame Umino?" lance-t-il d'un air pompeux, qui fait glousser Akuri.
"Mais certainement mon cher" répond Akuri en saisissant le bras de son cavalier.
Elle donnerait cher pour voir leurs têtes à cet instant, mais elle ne se retourne pas. Pas question de briser ce moment mémorable.
Kakashi et Akuri entrent dans la valse sous l'oeil médusé d'Iruka.
"Tu es un peu jaloux, avoue!" lui murumure Shizune, bien contente d'avoir réussi à s'extirper quelques minutes de la piste de danse. Iruka reste quelques secondes silencieux avant de lancer, sur un ton faussement outré:
"Mais grave! Ma mère s'accapare mon mec, tu le crois ça!"
Les deux amis se regardent impassibles avant d'exploser de rire.
"Ils ont l'air de bien s'entendre" reprend Shizune, entourant affectueusement les épaules d'Iruka. Le jeune homme hoche la tête.
"Maman a toujours eu du flair pour nos petits copains..."
"Je sais... Elle nous a toujours dit franchement ce qu'elle pensait. Et pas une fois elle ne s'est trompée. Je ne te l'avais jamais raconté mais... Ta mère m'avait dit que je serai avec Kotetsu un jour."
"Vraiment?" répond Iruka incrédule.
Shizune fait la moue en hochant la tête.
"Oui enfin, pas si directement que ça, mais elle m'a fait comprendre que, des garçons de la bande, c'est Kotetsu qui me correspondait le mieux."
"C'est dingue ça. Elle aurait dû monter une agence matrimoniale!" rétorque Iruka en riant.
"Ouais, enfin tout ça pour dire que si ta maman apprécie tant Kakashi, cela ne peut être que de bon augure" ajoute Shizune en lançant un clin d'oeil à son ami.
"Sûrement. En tout cas, je suis vraiment heureux pour Kotetsu et toi" répond Iruka.
Sur la piste de danse, Akuri semble beaucoup s'amuser. Tandis que Kakashi la fait tourner sur le rythme entraînant d'une valse, elle se réjouit de voir les regards interrogateurs de la vieille garde de Shiba, comme elle aime à appeler les femmes de sa génération. Celles-là même qui ont vu grandir Genma, Izumo, Kotetsu, Shizune et Iruka. Qui les ont grondés quand ils faisaient les quatre cent coups dans le village. Qui les ont consolés, les ont soignés quand ils s'étaient blessés sur les rochers de la plage. Shiba est un petit village, ancré dans ses traditions. Un village à l'ancienne, où la parole de l'adulte, quel qu'il soit, compte. Un village peu enclin à voir la modernité venir écailler leurs solides convictions. Iruka en a souffert, et Akuri en a souffert avec lui. Son fils, si semblable aux autres, mais avec cette petite différence qui fait tout. Cette petite différence qui lui a attiré les foudres (et les coups) de son père. Elle se souvient des regards désapprobateurs que tous ont posé sur son fils quand cela a fini par se savoir. Et elle sait combien ces regards, même s'ils sont empreints d'une certaine déférence compte tenu de son statut de chirurgien, sont encore lourds à porter pour lui.
Alors aujourd'hui, Akuri a décidé que cela devait cesser. Et qui mieux que Kakashi, le si beau compagnon de son fils, pour l'y aider?
"Tu as vu leurs têtes là bas, à toutes ces vieilles peaux Kakashi?
Le chirurgien ne peut réprimer un rire à la mention "vieilles peaux" mais tente de prendre un air faussement scandalisé.
"Ce n'est pas très gentil ça, Mme Umino!"
La maman d'Iruka hausse les épaules, tout en suivant le rythme de la danse.
"Elles se demandaient qui tu étais. Je me devais de satisfaire leur curiosité" reprend la vieille femme d'un ton taquin.
Petit à petit, les invités quittent les festivités, laissant les plus jeunes poursuivre la fête jusqu'au petit matin.
Kakashi et Iruka font partie des derniers à partir, non sans avoir une dernière fois étreint les deux fiancés.
Tandis que le reflet de la lune semble se mouvoir au gré des vagues, Iruka prend tendrement la main de Kakashi, laissant le silence de la nuit les envelopper dans une douce torpeur. Il ne faudra pas plus de quelques minutes pour que, une fois arrivés à la maison, les deux amoureux s'endorment profondément.
Kakashi tente d'ouvrir un oeil, mais la lumière de ce joli matin de printemps est un peu trop agressive à son goût. Quelques bisous légers viennent parsemer son cou, entraînant une vague de frissons pas désagréable du tout. Le chirurgien lève les mains à la recherche de l'auteur de ces tendres messages, mais Iruka a déjà basculé à califourchon sur lui. Le jeune homme poursuit son exploration, laissant glisser ses lèvres sur le torse de son chirurgien, qui grogne de satisfaction. Quand les mains de l'interne se font plus aventureuses, Kakashi déclare d'une voix badine, les yeux toujours fermés:
"Je te rappelle que ta maman est toujours dans cette maison".
Il ne peut réprimer un frisson lorsque la voix suave d'Iruka lui susurre à l'oreille.
"Plus pour très longtemps".
Kakashi finit par ouvrir les yeux et lever un regard interrogateur vers son amoureux. Mais Iruka pose un doigt contre la bouche du chirurgien, tout en reprenant ses baisers, plus appuyés sur son torse.
"Sais-tu quel jour nous sommes Kakashi?"
"On est dimanche..." répond le chirurgien, qui commence à sentir la chaleur monter un peu partout dans son corps.
"Et sais-tu ce qui se passe à Shiba le dimanche?" renchérit Iruka d'une voix lascive.
"N...Non" tente de répondre Kakashi, qui sent la moindre parcelle de volonté le quitter, tandis qu'Iruka se rapproche dangereusement de ses hanches.
"Et bien le dimanche à Shiba" répond Iruka en laissant courir sa langue le long de l'aine de son compagnon, "il y a le marché aux poissons."
Kakashi tente de se concentrer sur ce que raconte Iruka, mais cela devient vraiment difficile, d'autant qu'il ne voit pas trop où Iruka veut en venir. Il est parcouru d'intenses frissons lorsqu'Iruka s'attaque à l'intérieur de l'une de ses cuisses.
"Iruka, s'il te plait. Ta mère... Elle pourrait..."
"Ma mère" l'interrompt Iruka d'une voix ferme "ne manque jamais le marché aux poissons."
Ses doigts remontent lentement le long de la cuisse blanche pour frôler le scrotum. Kakashi s'accroche aux draps et lance un regard imporant vers Iruka. Mais le sourire presque machiavélique de son amoureux lui fait comprendre qu'il est totalement vain de résister cette fois.
D'autant que la porte d'entrée vient de claquer.
"Et voilà! Chantonne Iruka victorieux. Nous avons deux bonnes heures devant nous maintenant."
Et sans attendre de réponse, sa bouche s'empare du sexe déjà dressé de Kakashi, qui cette fois ne peut retenir un long soupir de plaisir.
Kakashi savoure ces instants avec délectation avant de se redresser complètement, et déclare
"C'est bon, t'as gagné!"
Iruka s'apprête à répondre mais Kakashi vient de fondre sur lui afin de saisir ses cheville et le tirer vers le haut. Les deux hommes se retrouvent tête bêche au moment où Iruka comprend la manoeuvre. Sans un mot de plus, les deux amants commencent l'exploration simultanée de leur intimité respective. Les soupirs s'accentuent à mesure que leur respiration se fait plus courte. Les peaux sont moites, plus brûlantes à chaque caresse. Chacun accélère le rythme, comme entraîné dans une course frénétique. Les coups de langues deviennent erratiques. Iruka vient le premier, suivi de près par Kakashi, qui émet un cri rauque au moment de la délivrance.
"Une très bonne idée, ce marché au poissons le dimanche" déclare Kakashi, les joues encore rosies par l'effort.
Iruka, qui s'est remis à l'endroit dans le lit pour se lover dans les bras de son chirurgien, se met à rire doucement.
"Ca valait le coup d'attendre un peu en tout cas" répond le jeune homme.
Cette fois c'est Kakashi qui se met à rire. Un rire franc et doux à la fois.
"Faudra penser à mettre les draps dans la machine avant de partir" reprend le chirurgien, pragmatique.
"Rooo, t'as peur que belle-maman s'aperçoive de quelque chose?"
Kakashi laisse passer quelques secondes avant de rétorquer:
"Je pense que ta maman est une femme particulièrement clairvoyante. C'est marrant, elle me rappelle un peu quelqu'un: innocent en apparence, mais loin d'être si candide que ça au fond!"
Iruka se met à chatouiller Kakashi en guise de vengeance, et les deux hommes partent dans un grand éclat de rire, ponctués de baisers et caresses.
La complicité retrouvée. L'intimité partagée. Le bonheur à portée de main.
Tandis qu'Iruka fait ses dernières recommandations médicales à sa mère, Kakashi consulte discrètement son téléphone. L'article de presse local parlant du laboratoire semble avoir eu son petit effet, et les médias nationaux s'intéressent déjà à l'affaire. Cela va vite. Peut être trop vite. Mais il est trop tard pour regretter quoi que ce soit. La bombe est lancée. L'explosion ne saurait tarder.
(1) Alice au pays des merveilles.
Une petite review pour fêter la reprise de Broken Hearts?
