Happy birthday Rim !


Ramer - 168 mots

Avec cette jeune fille, Naoya avait fait les choses les plus niaises possibles. Ça incluait louer une barque, la pousser au milieu de ce petit plan d'eau enchanteur, niché entre les bosquets et les buissons de ce parc fleuri. Bien sûr, Naoya s'était occupé de ramer et à la fin de la journée, cette fille et lui avaient échangé un baiser. Alors qu'il avait été certain que personne, jamais, à l'exception de son frère, ne pourrait le toucher de toute sa vie. Malheureusement, la jeune fille mourut à l'hôpital quelques jours plus tard. Et son frère, qu'il avait délaissé pour elle pendant tout ce temps, se trouva à ses côtés comme toujours. Il fit glisser ses mains sur ses épaules, posa sa tête contre la sienne, lui fit lâcher les doigts froids et raides de la fille. Alors, Naoya se retourna et se jeta dans ses bras. La seule réalité tangible, rassurante et immuable, c'était Naoto… Le seul qui serait toujours là… Le seul qui savait le consoler…

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Clé plate/Spaghetti/Fuite - 161 mots

Naoya plongea sa fourchette au fin fond de la boîte de spaghettis pour les enrouler correctement autour de l'ustensile. Il avait demandé à sa nièce, Naomi, la troisième enfant de son frère, si elle avait fait, mais la jeune fille n'avait plus, depuis deux heures et jusqu'à ce que son opération soit terminée, qu'un seul besoin dans sa vie : continuer de tripoter la voiture de son père avec sa clé plate porte-bonheur qui dépassait de sa poche. Elle avait un don incroyable avec les machines. À croire que c'était un vrai pouvoir et non pas une aptitude normale… Le cadet des frères Kirihara baissa de nouveau les yeux vers ses pâtes et se figea.

« Naomi, j'ai vu quelque chose dans la pasta box… Nous devons prendre la fuite immédiatement.

-Tu lis dans la bolognaise, maintenant ? s'enquit la jeune fille en haussant un sourcil comme Naoto le ferait, mais elle ne se le fit pas dire deux fois. »

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Comète/Lunettes/Atterrissage - 140 mots

Naoya retraversa en sens inverse l'espace immense, qui était matériel, et les plans d'existence, qui étaient métaphysiques, qu'il avait franchis lorsque ses pouvoirs l'avaient emporté très loin, auprès de Shouko dans cette réalité qui était à la fois passée, présente et future. Il eut le temps d'admirer pendant quelques secondes les comètes qui croisaient dans le ciel, puis ce fut l'atterrissage, brusque et violent. Son corps et son esprit qui avaient disparus de la Terre reprirent leur consistance et, la première chose qu'il réalisa, ce fut qu'il n'y voyait plus grand-chose. Il craignit que cette disparition incroyable ne l'ait rendu complètement paralysé et impuissant, mais, heureusement, il parvint à se redresser. Première chose à faire, dénicher une paire de lunettes. Il pouvait retrouver l'énergie vitale de son frère et la suivre sans problème, mais c'était mieux s'il voyait les voitures.

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Menottes - 168 mots

Naoto ne se défendit même pas quand le métal des menottes se referma sur ses poignets. Il avait le regard dans le vide et, si Naoya en croyait les émotions qui arrivaient à vague vers lui, il était même presque soulagé par son arrestation. La culpabilité qu'il ressentait à avoir tué ces trois personnes pour défendre sa vie et celle de son frère ne s'était pas adoucie une seule seconde. Il se sentait si mal d'être devenu un "monstre".

« Grand frère ! s'écria Naoya, désespéré, en essayant de le rejoindre. Non, attendez !

-Je suis navré, monsieur, s'interposa un policier, mais vous n'êtes pas autorisé à revoir votre frère avant son procès.

-Mais vous ne pouvez pas faire ça ! »

Le jeune homme avait l'impression que l'univers entier se brisait en morceaux. Il n'avait jamais été éloigné de Naoto. Il ne savait pas comment vivre sans lui. Et il ne voulait pas penser au fait que la peine de mort existait encore, dans leur pays !

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Cuisine/Silence/Métro - 190 mots

Le silence qui régnait entre les murs de béton de la bouche de métro déserte était si assourdissant que Naoto n'osait même pas se mettre à invectiver les gens qui l'entouraient. Pourtant, il était bien remonté contre eux et il n'avait qu'une seule envie, savoir ce qu'ils avaient fait de son petit frère. Il se moquait bien qu'ils soient dotés de pouvoirs psychiques comme eux. Ça n'en faisait pas des amis.

« Grand frère ! l'appela soudain une voix. »

Naoto faussa aussitôt compagnie à ses "guides" et se précipita vers son cadet.

« Tu vas bien ? s'inquiéta-t-il immédiatement en foudroyant leurs ravisseurs du regard. »

Naoya posa une main sur son bras pour le calmer. Il plongea ses yeux marron dans ses prunelles noires et Naoto compris instantanément, comme il l'avait toujours fait, les avertissements de son frère. Naoya lui demandait d'observer… et l'aîné des deux frères remarqua effectivement les couchettes, les salles de bain, les cuisines qui occupaient, spectacle à peine croyable, les rames de métro abandonnées. Ces gens étaient chez eux ici… et les deux frères se méfiaient des groupes. Ils pouvaient très vite devenir violents.