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~Interlude~
Une simple histoire de vengeance.
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Quand Harry rouvrit les yeux, la nuit était tombée. Il s'était affaissé dans son sommeil sur Tom et ce dernier l'avait laissé dormir ainsi, sans bouger. Il semblait s'être calmé mais, quand Harry croisa son regard, il n'y lut qu'une fureur froide.
« Je vais le tuer. » la voix gronda, doucement. Harry se redressa pour mieux dévisager Tom. « Je sais où ce chien loge. Je vais le trouver et je vais le tuer. Je vais le tuer lentement. Je vais le faire souffrir. Je vais le faire supplier. Je vais lui faire regretter d'être venu au monde. Je vais graver dans sa peau tout ce qu'il lui a fait subir. Et puis, quand il n'aura plus le moindre espoir, je l'achèverai. »
Harry ne comprit pas tout de suite de qui il parlait, qui pouvait mériter autant de haine et quel rapport cela avait avec la mort de Maddy. Tom le regardait, semblant attendre son accord pour lancer son projet d'assassinat. Harry murmura : « Je croyais que tu voulais aller en Albanie ? »
« Oui. Nous irons. Mais il reste un peu de temps avant pour faire cela. Tu viens avec moi ? »
Harry laissa échapper un soupir : « Qui souhaites tu tuer, exactement ? »
Tom grimaça de colère : « Cet homme. Ce foutu Cracmol. Celui qui a fait de la vie de Miss Davidson un enfer. Billy Thompson. »
Harry secoua la tête : « Maddy ne cherchait pas la vengeance et encore moins que tu tues quelqu'un pour elle. Ça ne lui aurait pas plu. »
Tom plissa son nez avec mauvaise humeur : « Je n'ai jamais compris pourquoi elle refusait que je lui rende justice. Je lui avais dit que je ne le toucherai pas de son vivant. Mais maintenant qu'elle est morte, je suppose que cette promesse est caduque. »
Tom semblait déjà avoir pris sa décision et Harry ne possédait pas sur lui le petit manuel de 'l'anti-meurtre perpétré par un psychopathe'. Il ne voulait pas que Tom tue à nouveau quelqu'un, mais il partageait aussi son avis de ne pas laisser cet homme courir en toute impunité dans l'Angleterre (et peut-être ruiner d'autres vies).
Une idée atroce commença à germer dans l'esprit d'Harry : un plan bien plus Serpentard que Gryffondor. Si l'homme s'était repenti, alors il ne risquait rien. Si au contraire, il avait continué dans sa vie de vices, alors il en subirait les conséquences.
Harry se retourna brusquement vers Tom, lui saisissant les mains : « Je crois que tu as une vision trop simpliste de la vengeance. »
Tom plissa les yeux avec malveillance : « Tu trouves que la torture et la mort sont trop simplistes pour une vengeance ? »
« Oui. - Répondit Harry sans détour. - Ça manque d'intérêt. Ce n'est pas amusant. »
Un sourire sinistre naquit sur les lèvres de Tom : « Je crois que tu n'as jamais essayé pour dire cela. »
Harry secoua la tête : « Écoute-moi avant et tu me diras ce que tu penses de mon idée. Comment as-tu dit qu'il s'appelait ce type ? » Harry refusait d'employer les termes « époux » ou « mari de Maddy » . Il trouvait que cela aurait été trop insultant pour elle.
« Billy Thompson. »
« Bien. Il existe, chez les moldus, des mythes et des légendes très anciennes relatant toutes les punitions données par les dieux par vengeance. » commença Harry.
Tom sembla s'impatienter : « Je ne vois pas ce que cela a à voir avec lui. »
Harry rapprocha un peu son visage : « Laisse-moi finir, tu vas comprendre. Il y avait un roi qui, comme punition, transformait tout ce qu'il touchait en or pur. »
Tom fronça les sourcils : « Ce n'est pas une punition... »
Harry sourit : « C'est aussi ce qu'il a cru, au début. Et puis il a touché sa fille chérie. »
Tom haussa un sourcil, soudainement intéressé.
Harry continua : « Un autre récit raconte l'histoire d'un homme condamné à pousser une lourde pierre au sommet d'une montagne, pour la voir chuter inlassablement chaque fois qu'elle atteignait le sommet. Un dieu voyait un aigle dévorer son foie et, chaque fois qu'il pensait en mourir, son organe repoussait. Un autre, constamment tenaillé par la faim et la soif, voyait l'eau et la nourriture s'éloigner de lui tout autant qu'il s'en approchait. Comprends-tu où je veux en venir ? »
Tom esquissa une moue dubitative : « Et ce sont des moldus qui ont écrit cela ? C'est moins... inintéressant que ce que je ne pensais. »
Harry sourit à nouveau : « Oui, je te prêterai le livre si tu veux. Ce que je veux te dire, c'est que tous ces types sont restés en vie. Nous n'avons pas besoin de les tuer pour les punir. »
« Tu ne veux pas le tuer ? »
« Oh que non. Au contraire, je veux que Billy Thompson vive le plus longtemps possible. »
Tom sentit un incontrôlable frisson d'excitation remonter le long de sa colonne vertébrale et ses pupilles se dilatèrent soudainement alors qu'il rapprochait un peu plus son visage de celui d'Harry : « Je t'écoute. »
Harry prit un air grave : « As-tu déjà assisté à une pièce de théâtre ? »
« Oui, je vais régulièrement à l'opéra. » , répondit Tom.
Harry acquiesça : « Bien. Et maintiens-tu toujours des relations avec les familles de sang pur en Angleterre ? »
Tom émit un souffle méprisant : « Évidemment. »
« Parfait. Alors, si elles sont d'accord, nous allons jouer la plus grande pièce en trois actes que l'Angleterre n'ait jamais connue. Et cela pour un seul spectateur. »
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