Chapitre 1 : la requête de Dumbledore

La nuit était calme en ce début de soirée d'été dans le parc de Poudlard. Les vacances scolaires avaient débuté depuis quelques semaines déjà, vidant le château de ses élèves et de son agitation habituelle. Tout était silencieux, baigné par les derniers rayons de soleil de la journée. Un individu pour le moins imposant s'avançait tranquillement vers l'entrée principale de l'école, précédent une jeune femme de taille moyenne qui arborait une chevelure blonde où se distinguaient à ses pointes quelques reflets de mèches violettes : le tout dernier pied de nez face à l'éducation stricte de sa sorcière de mère. Non pas que son enfance soit malheureuse, loin de là, mais l'idée de contrarier sa génitrice était toujours aussi plaisant à ses yeux. Relevant la tête, son regard couleur azur se perdait sur l'immense bâtisse : lieu de tant de souvenirs heureux et de tragédies. A cette vue elle ne pouvait contenir tous ces souvenirs qui lui revenaient par vagues: le premier jour passé entre ces murs, sa répartition, la difficulté à se faire accepter à cause de la réputation de son frère ou encore la rencontre avec ceux qui deviendraient ses amis et camarades de classe… Et bien entendu l'instant de la première confrontation avec sa rivale de toujours : Merula Viperyn. D'emblée cette Serpentarde n'avait jamais caché son mépris envers elle et de tous ceux qu'elle considérait comme inférieur en général… Soit la presque totalité des autres élèves. Arrogante, horripilante, la jeune sorcière ne comptait plus le nombre de fois où elles s'étaient confrontées l'une à l'autre durant leur scolarité aussi bien verbalement que physiquement par l'intermédiaire de leurs baguettes. Combien de duels avaient-elles engagé ? Elle ne comptait même plus. L'ancienne Poufsouffle soupira, écartant la verte et argent de ses pensées tout en rattrapant le demi-géant qui avait pris un peu d'avance.

- J'suis content de t'revoir Alexandria, dit ce dernier en souriant sous sa grosse barbe tout en pénétrant dans l'école.

- Moi aussi Hagrid, très contente. Mais je te l'ai déjà dit… Je préfère Lexa, dit-elle du bout des lèvres en lui rappelant son aversion pour son prénom qu'elle trouvait bien trop solennel à son goût.

- Oh, oui pardon j'avais oublié. Alors, ça fait quoi ? Quatre ans ?

- Cinq… Le temps passe trop vite… Poudlard me manque énormément.

- J'imagine ! Il faut dire que tu n'as pas été une élève discrète. Un vrai aimant à problèmes ! Comme ton frère d'ailleurs, se remémora le garde-chasse. Vous les Griffin, toujours à vous faire remarquer !

- D'autres ont sûrement pris le relais depuis, plaisanta-t-elle. Lors de ma dernière année les jumeaux Weasley commençaient déjà à éclipser tous les autres fauteurs de troubles de Poudlard !

- Ah ça… On peut dire qu'ils ont donné quelques cheveux blancs supplémentaires à Rusard ces dernières années.

- J'ai eu quelques échos par leur frère Bill.

- C'est vrai que vous étiez plutôt proche à l'époque, c'est chouette que vous ayez gardé contact. L'amitié, c'est quelque chose de précieux. Surtout en ce moment.

- Hé bien on essaie ! Et sinon comment tu vas ?

- Comme l'époque le permet. Avec le retour de Tu-sais-qui…

Alexandria hocha la tête, mal à l'aise sur le sujet.

- Alors c'est bien vrai ? Il est de retour ? demanda-t-elle d'une petite voix en le suivant dans le couloir qui menait aux escaliers changeants.

- Oui… Le professeur Dumbledore est inquiet… Nous le sommes tous. C'est pour ça que tu es là ? lui demanda-t-il.

La sorcière haussa les épaules, incertaine. La question était légitime et elle-même se la posait depuis qu'elle avait reçu le hibou de son ancien directeur d'école. L'ancienne Poufsouffle n'était pas une idiote et encore moins naïve. Bien que son travail lui prenne tout son temps et la tienne éloigner du pays, elle restait à l'affût des dernières actualités, souvent par l'intermédiaire de sa mère, des journaux ou de ses amis restés sur place.

- Je pensais que tu le savais ?

- Oh non, mais je suis content de t'accueillir toi et ton amie. Elle est arrivée il y a quelques minutes déjà.

- Mon amie ? Qui ? Demanda-t-elle curieuse.

- Tu verras, dit-il en retenant un sourire. En tout cas, si Dumbledore a besoin de vous c'est que ça doit être important.

- Je ne compte pas m'attarder par ici, admit-elle en rougissant.

- Ah oui ? Pourquoi ? s'étonna un Hadrid un peu déçu.

- L'Angleterre n'est plus très sûre en ce moment, dit-elle un peu honteuse de son manque de courage face à la situation… Sans compte mon travail qui me prend tout mon temps. J'ai tellement de projets en chantier que je ne sais plus où donner de la tête ! Alors je vais sans doute en profiter pour passer voir ma mère à Glasgow et puis repartir aussitôt.

- Je vois… Mais… Lexa ?

L'attention de la jeune femme venait d'être accaparée par leur passage devant les portes de la Grande Salle. La Griffin ne pût s'empêcher d'y entrer, observant l'immense pièce vide. Les quatre tables des Maisons étaient là, inhabituellement nues et au fond celle des professeurs trônait sur son estrade, elle aussi exempt de tout objet ou nourriture. Les bougies autrefois étincelantes étaient absentes et le plafond magique dépourvu de sortilège : exposant les hautes voûtes normalement cachées aux yeux des élèves. Un élan de nostalgie la submergea. Elle ferma les yeux, se remémorant comme si c'était hier de sa première journée dans ce château.

XXX

FLASH BACK - Répartition

La jeune Alexandria Griffin était toute tremblante lorsque les grandes portes les laissèrent pénétrer dans la Grande Salle. Tous les élèves de la deuxième à la septième année se trouvaient déjà là : détaillant les nouveaux qui allaient se faire répartir. Son amie Rowan était tout comme elle autant excitée qu'apeurée. La marche jusqu'au tabouret où se trouvait le Choixpeau lui paraissait interminable et sentir les multiples regards posés sur eux n'arrangeaient rien. Une fois arrivée au bord de l'estrade professorale, l'étrange artéfact s'anima et commença à réciter des paroles en vers détaillant l'histoire des Quatre Grands et des différentes Maisons. A l'inverse de plusieurs de ses camarades la petite fille n'avait pas trop d'apriori sur laquelle allait pouvoir lui convenir. Son frère Jacob avait été envoyé à Serpentard et il était donc tout à fait possible qu'elle s'y retrouve, bien qu'elle en doute en son for intérieur.

La Directrice de Gryffondor, Minerva Mcgonagall, appela un à un les enfants dans l'ordre alphabétique à s'assoir sur le tabouret de répartition. Chaque annonce de Maison était précédée d'applaudissements, ce qui rassurait un peu les nouveaux qui rejoignaient leurs tables d'être ainsi accueillis. Enfin arriva son nom. Lexa s'approcha comme les autres puis grimpa sur le tabouret. La professeur de métamorphose posa le Choixpeau sur sa tête et s'écarta afin de le laisser délibérer.

- Tiens, la sœur de Jacob Griffin, susurra la voix du Répartiteur dans sa tête. J'espère que tu causeras moins de troubles à cette école que lui mais j'en doute. Alors… Je vois un désir d'être utile, une grande curiosité naturelle aussi et de la loyauté avec un fort esprit de camaraderie aussi. Oui, je crois que tu seras parfaitement à l'aise chez… POUFSOUFFLE !

XXX

- Comment va ton chat au fait ? Crockdur aimerait sans doute le revoir ! Après tout le mal que l'on s'est donné pour qu'ils s'entendent !

La voix d'Hagrid l'extirpa de ses souvenirs et la sorcière pouffa, ayant encore à l'esprit toutes les péripéties et l'ingéniosité qu'ils avaient dû déployer pour arriver à leur fin : soulager le jeune molosse de l'époque de sa peur des félins. La jeune femme se revoyait encore avec son amie Penny Haywood élaborer en secret la potion qu'elles envisageaient de faire prendre à Crockdur… Et que son chat avait fini par engloutir par erreur, lui occasionnant l'une des plus belles frayeurs de l'époque.

- Pourquoi pas demain ? Improvisa la Griffin sans vraiment y réfléchir tout en reprenant sa marche vers leur destination. De toute façon j'ai réservé une chambre aux Trois Balais, autant en profiter !

- Très bien ! On fait comme ça alors, se réjouit-il.

Le duo continua sa route et emprunta les escaliers changeants tout en se remémorant quelques souvenirs communs au détour des couloirs.

- Il faudra aussi qu'on… QUOI ?! Qu'est-ce qu'elle fait là ?! S'exclama-t-elle une fois arrivée à l'étage où se trouvait le passage vers le bureau du Directeur.

Hagrid bougonna quelques mots dans sa barbe tout en continuant à marcher, laissant la jeune femme derrière lui sans réponse. La Pousouffle n'en revenait pas de LA trouver ici. Par Merlin, pourquoi Dumbledore l'avait appelé elle aussi ?! La blonde sentait son cœur s'emballer tandis qu'elle dévisageait l'intruse qui se tenait debout, bras croisés, arborant ce sourire si agaçant qui la caractérisait. Elle portait une cape noire dont le capuchon baissé dévoilait l'éternelle tignasse en bataille de sa détentrice.

- Contente de te voir aussi Griffin, salua Merula Viperyn sur un ton ironique. Ça faisait longtemps. Enfin non pas tant que ça finalement, dit-elle avec un sourire.

La blonde serra les poings, se retenant de dégainer sa baguette et lui envoyer un sort. Longtemps ? Elle plaisantait ?

- Pas assez visiblement, constata l'ancienne collégienne. Tu m'en veux encore ?

- T'en vouloir ? déclara tout haut la Griffin. Pourquoi je t'en voudrai ? Ah oui, peut-être parce que tu as voulu me doubler en Egypte ?

Merula haussa les épaules comme si tout ça n'avait aucune importance.

- Nous sommes des Briseuses de Sort toutes les deux. Désolée si la concurrence te fait peur.

- Me faire peur ?! Tu te moques des règles et ne fait que piller les trésors nationaux sans aucune…

- Pour toute réclamation adresse un hibou au service concerné, tempéra avec humour l'ancienne Serpentarde.

Hagrid se racla la gorge pour se rappeler à leur bon souvenir avant de prononcer le mot de passe au gardien de l'escalier en colimaçon qui menait au bureau du Directeur afin de couper court à la dispute.

Lexa soupira une énième fois, ravalant son venin, avant de le rejoindre lui et sa rivale. Le trio nouvellement constitué monta les marches dans un silence de plomb. Le demi-géant était en tête, suivi de Merula et pour finir de l'ancienne Poufsouffle qui fusillait du regard le dos de la Viperyn. C'était épidermique : à chaque fois qu'elles se rencontraient, la Griffin ne pouvait pas s'empêcher de sentir son cœur faire un bond dans sa poitrine. Un bond mêlé de colère, de rancœur et pour finir, elle ne pouvait plus se le cacher, d'affection malgré elle : ce qui l'énervait encore plus. Arrogante, narcissique, hautaine, Merula était l'exact opposé de Lexa mais les années et les aventures qu'elles avaient vécues ensemble avaient transformé une relation quasi-conflictuelle en une des plus ambigus. Toujours sur le fil du rasoir, à mi-chemin entre rivalité et respect, Alexandria s'était souvent interrogée sur ses réelles sentiments envers la Serpentarde. Était-elle une ennemie ? Une amie ? Ou quelqu'un qui se trouvait entre les deux ? Même si elle lui trouvait tous les défauts du monde, une part de la Poufsouffle trouvait en Merula une personne forte, combattive et… D'une certaine manière attirante. Une attirance étrange et dont elle s'était refusé à vouloir essayer de comprendre jusqu'à ce moment si spécial lors du Ball de Noël qui s'était déroulé lors de leur cinquième année… Elle chassa ce souvenir de sa tête. Ce n'était ni le moment, ni le lieu d'y penser.

L'ascension terminée, ils étaient arrivés devant la porte. Le garde-chasse toqua deux fois avant d'actionner la poignée et d'entrer. Les deux anciennes collégiennes suivirent. Encore une fois cet endroit rappelait une foule de souvenirs à la Poufsouffle. Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle s'était retrouvée ici, souvent suite à ses entorses aux règlements de l'école et à sa quête sur les Caves Maudites. Elle soupçonnait d'ailleurs que ces dernières aient un rapport avec sa venue avec Merula. Après tout, si un nouveau danger semblable menaçait l'école, qui de mieux qu'elles pour aider ? Elle aurait bientôt la réponse à sa question. Le regard de la Poufsouffle rencontra enfin celui d'Albus Dumbledore. Ce dernier se trouvait à son bureau, le sourire bienveillant. A ses yeux le vieux directeur restait intemporel et lui paraissait figé dans le temps. Quel âge pouvait-il avoir pour garder toujours cette même énergie ?

- Ah, Miss Griffin et Miss Viperyn. Heureux de vous revoir, les salua-t-il en se levant pour venir serrer leurs mains à chacune.

Sincèrement heureuse, Mina le remercia.

- Merci professeur. Contente de vous revoir aussi.

- C'est très aimable à vous d'avoir répondu si vite à ma demande. Je sais que votre temps à toutes les deux est précieux.

- Nous savons que ça doit être important, affirma Lexa en se permettant de parler également au nom d'une Merula qui gardait le silence.

- Bien entendu, bien entendu.

Le sorcier se tourna vers Hagrid, le remerciant de les avoir accompagnés. Visiblement cette entrevue allait se passer en comité restreint. Une fois le demi-géant parti, Albus invita les deux jeunes femmes à prendre place sur un des fauteuils pour être plus à l'aise pour poursuivre la discussion.

- Veuillez pardonner cette sensiblerie, mais je tenais à commencer par vous faire mes plus chaleureuses félicitations pour l'évolution de vos carrières respectives. C'est toujours une grande satisfaction pour un professeur de constater la réussite de ses anciens élèves Aussi perturbateurs furent-ils, ajouta-t-il avec malice.

Alexandria avait du mal à contenir un sourire de satisfaction, heureuse de ce témoignage de reconnaissance venant d'un si illustre sorcier que lui. Il est vrai que les deux étudiantes n'avaient pas été des modèles de sagesses durant leur scolarité. Dumbledore toussota, semblant un peu gêné par la suite qui allait venir.

- Vous vous demandez sans doute ce qui m'a amené à solliciter votre venue. Je n'irai pas par quatre chemins, il se trouve que j'ai besoin de votre assistance.

La Griffin fronça les sourcils, un peu déboussolée. Comment pourraient-elles aider un homme aussi sage et puissant qu'Albus Dumbledore ?

- Vous parlez des Caves Maudites ? Intervint une Merula un peu distante.

- En parti, approuva le directeur. Outre vos aptitudes naturelles, ce sont également vos domaines de compétences actuels qui me poussent à me tourner vers vous.

Devant l'air d'incompréhension de ses deux anciennes étudiantes, il précisa à chacune:

- Vous êtes toutes deux devenues des Briseuses de Sorts talentueuses et reconnues par vos pairs. Vos découvertes, souvent communes, deviennent des références dans le monde de l'archéologie sorcière moderne.

Albus garda un instant le silence avant de reprendre :

- Ces succès aussi soudains m'ont poussé à émettre quelques hypothèses sur une part de leurs explications.

- Explication ? répéta l'ancienne Serpentarde. Je ne sais pas pour Griffin, mais en ce qui me concerne j'ai travaillé dur pour en arriver là !

- Oh ne vous méprenez pas, je suis bien conscient de ça. La réussite ne vient pas sans un dur labeur, précisa-t-il pour éviter qu'elles ne pensent qu'il les dénigrait.

Devant l'air moribond de la verte et argent, le professeur préféra jouer la carte de la franchise afin de préciser sa pensée.

- Je pense que votre talent commun pour trouver les failles des sortilèges et les briser ne se soit accentué par votre expérience avec les Caves.

Lexa ne voyait pas trop où son ancien directeur voulait en venir. Il était vrai qu'elle s'était trouvée au fil du temps un instinct naturel pour tout ce qui touchait aux sorts et contre-sorts. Son propre maitre de stage de l'époque ne tarissait pas d'éloges à son propos lorsqu'il était question de détecter les maléfices et les briser. Merula avait de son côté également bénéficié de ce don si particulier que beaucoup lui enviait chez Gringotts.

- Je suppose que vous avez une théorie dans ce cas ? interrogea une Griffin un peux vexée qu'on mette en doute ses talents magiques.

- Ne le prenez pas comme un critique, surtout pas. Encore une fois je suis convaincu que vos réussites sont amplement méritées mais mes réflexions m'ont amené à penser depuis la découverte du Mexique, car oui je suis avec attention les hauts faits de mes anciens élèves, que suite à votre exposition répétée à la magie des Caves Maudites, une partie d'elle s'est comme « attachée » à vous. Cet attachement qui crée entre vous ce que l'on peut appeler une « dyade magique ». Selon les écrits il s'agit d'un duo de sorciers qui, ensemble, permet à leurs pouvoirs de se combiner et être bien plus puissants. Il s'agit d'une concordance très rare et très ancienne, tout comme celle des Caves et d'après mon expérience il n'est pas inhabituel qu'une magie aussi puissante… Laisse des traces, termina-t-il très sérieusement en observant les deux jeunes femmes par-dessus ses lunettes en demi-lune.

Les deux anciennes étudiantes se regardèrent, à moitié-convaincue de la chose. Mais après tout, Dumbledore était une personne doté d'une grande connaissance du monde, alors pourquoi pas ? Il n'était pas invraisemblable qu'une part de cette magie ne vive pas en elles… De là à former cette fameuse dyade il ne fallait pas pousser Morgane au feu.

- Que voudriez-vous que l'on fasse dans ce cas ? finit par demander la Serpentarde.

- Ce que vous faites de mieux : briser ensemble un sortilège puissant et ancien qui semble tirer sa source d'une forme de magie similaire à celle qui animait les Caves.

- C'est à Poudlard ? L'école est en danger ? s'inquiéta la Poufsouffle.

- Pas à Poudlard mais dans une maisonnette anonyme cachée dans un village, précisa-t-il. Cependant si vous acceptez de m'aider, il me faudra votre promesse de ne jamais dévoiler ce que vous pourrez trouver là-bas.

Au vu de l'importance que ça revêtait Alexandria soupçonnait que cette demande n'était pas étrangère au retour d'un certain mage noir.

- Ça concerne Voldemort ? demanda de but en blanc Merula qui semblait lire dans ses pensées.

Lexa grimaça, peu habituée à entendre le nom tabou, tout en dévisageant sa camarade. Ce n'était pas la première fois que la Viperyn appelait le Mage Noir par son véritable patronyme et à chaque fois elle en éprouvait à son encontre un sentiment de peur mêlé d'admiration de cette force de caractère qui habitait la verte et argent.

- Je ne peux rien vous dire malheureusement. Moins vous en saurez, moins vous serez impliquée.

- Si accomplir ce travail le concerne, ça nous désignes comme des cibles auprès de ses partisans.

- Personne n'en saura rien, je peux vous l'assurer.

- Je...

L'ancienne Pousouffle posa sa main sur le bras de sa compagne pour l'arrêter dans sa phrase. Cette dernière l'observa, étonnée d'une telle familiarité.

- Nous allons y réfléchir professeur. Laissez-nous un peu de temps et nous vous donnerons notre réponse. Ce n'est pas une décision que nous devons prendre à la légère.

Albus hocha la tête, un peu déçu mais comprenant parfaitement l'hésitation des deux jeunes femmes. Encore une fois il demandait à des innocents de risquer leurs vies sur ses simples paroles.

- Je comprends, mais je ne saurai que trop insister sur l'importance de ma demande.

Il se releva, décidé à ne pas argumenter plus pour ce soir. Si elles devaient l'aider il fallait qu'elles le fassent en toute connaissance de cause.

- J'attendrai donc votre hibou mesdemoiselles.

Alexandria et Merula saluèrent le directeur avant d'emprunter les escaliers en colimaçon pour descendre du bureau, chacune plongée dans ses pensées.