- Ça guérit bien, constata Derek. Tu ne garderas que peu de marques.
À peine une heure qu'ils s'étaient levés et voilà que, directement après le petit-déjeuner, le loup avait insisté pour voir où en étaient les brûlures de Stiles. Pour lui, c'était important. L'hyperactif avait un peu refusé au début, pour la forme, mais n'avait pu résister plus longtemps devant la sollicitude adorable du lycan. C'est qu'il était très mignon quand il s'inquiétait. Stiles ne fit même pas attention au tournant que prenaient ses pensées, puisqu'elles ne le surprenaient pas vraiment. Un frisson agréable le parcourut lorsqu'il sentit les doigts de Derek passer sur sa peau rendue encore plus sensible à cause des brûlures. Pour autant, c'était loin de le déranger.
- Ça te fait mal ? S'enquit le loup, inquiet.
D'un regard, Stiles le rassura. Il ne souffrait pas, c'était juste… Très sensible.
- On va remettre les bandages pour éviter les frottements, expliqua l'aîné.
Stiles hocha la tête et le laissa faire. L'adolescent avait entièrement confiance en lui et même s'il avait toujours un peu honte de se montrer torse nu devant lui, il savait qu'il ne se moquerait ni de sa finesse, ni de ses blessures. Parce qu'il le lui avait prouvé à de nombreuses reprises.
Derek s'attela à la tâche avec une patience et une délicatesse qui surprenaient toujours autant Stiles. Il allait doucement, faisait attention à l'hyperactif et lui demandait régulièrement si ça allait. Adorable. Derek était tout simplement adorable, parfait. Pas étonnant qu'il soit son ancrage. Il le détendait avec une aisance folle qui l'aidait parfois à oublier ses problèmes actuels et passés. Pourtant, quelques années plus tôt, il n'y aurait jamais cru. C'était dans ce genre de moments que Stiles se disait qu'il pouvait tout dire au loup et que celui-ci accepterait tout, sans se moquer. Il le croirait. Peu à peu, la peur de se voir rejeté et accusé de mensonge s'effilochait.
Lorsque Derek lui fit renfiler son t-shirt puis sa veste, Stiles le remercia en souriant doucement et se leva. À ce sourire, le loup sembla marquer un temps d'arrêt, avant de le lui retourner en plus petit. Puis, il se détourna et se dirigea vers la porte. Une petite main douce l'arrêta en attrapant son poignet. Sans demander quoi que ce soit, Derek se retourna et lança un regard interrogateur au plus jeune qui se mordit la lèvre inférieure en détournant le regard vers le sol. Ses joues légèrement rosies lui donnaient un air encore plus adorable que d'ordinaire, faisant fondre Derek qui passa une main dans le dos de Stiles, face à lui. À ce geste, l'adolescent céda, sourit doucement et se colla à lui pour une étreinte délicate. Les bras du loup se refermèrent sur Stiles dont le rythme cardiaque s'emballa délicieusement. Le front contre l'épaule de Derek, il ferma les yeux, tandis que la main du Hale s'engouffrait dans ses cheveux soyeux.
Au bout d'un petit moment, Stiles releva un regard apaisé et moucheté d'étincelles dorées vers Derek. Il se sentait si bien que c'en était presque indécent. En cet instant, il avait oublié tous ses soucis et ne pensait plus qu'à l'homme qui le tenait dans ses bras, comme si lui seul avait de l'importance à ses yeux. Il esquissa un nouveau sourire, tout aussi doux que le précédent. Il ne saurait sans doute pas mettre de mot sur ce qu'il ressentait actuellement mais ce qui était certain, c'est qu'il aimait ça et pas seulement parce que ça lui permettait d'oublier. C'était doux, agréable, presque magique. Même ces mots ne semblaient pas assez pour décrire ce sentiment de plénitude qui prenait de plus en plus de place… Lorsqu'il était avec Derek.
Derek sentit son propre cœur s'affoler tandis qu'il avait descendu ses mains jusqu'aux hanches de l'hyperactif. En lui, les braises d'un sentiment oublié se ravivaient doucement et le pire c'est que ce n'était pas déplaisant, bien au contraire. C'était doux… Comme le regard couleur miel de Stiles. Comme cette peau lisse, ces cheveux soyeux et ces petites taches dorées dans ses iris. Cette douceur fit oublier à Derek tout le reste les blessures physiques et morales de Stiles ainsi que les siennes, le monde surnaturel, la menace qui planait sur l'adolescent et même la présence de Peter et la petite au rez-de-chaussée du loft. Il ne voyait que Stiles. Plus rien d'autre n'existait autour de lui.
Juste Stiles.
Le pire était qu'il ne se posait même pas de question. C'était comme lorsqu'il s'autorisait un geste affectif à son encontre : c'était juste naturel, à tel point que rien ne lui paraissait anormal, comme si, avec l'adolescent, il avait juste à être lui-même. Tout paraissait si simple en sa présence et pourtant, rien ne l'était en réalité.
Tout était si naturel pour lui que Derek ne s'était même pas rendu compte qu'il avait rapproché sa tête de celle de Stiles, si bien que leurs fronts se touchaient désormais. Et Stiles… Stiles se perdait volontairement dans le regard de Derek. Avait-il les yeux bleus, gris, ou vert ? Ou bien était-ce un mélange des trois ? À bien y regarder, l'on pouvait discerner une timide couleur rouille par endroits, très discrète. En tous les cas, c'était tout un monde, que Stiles admirait avec grand plaisir.
- J'aime tes yeux, ils sont magnifiques… Souffla Stiles sans réellement s'en rendre compte.
Quand Derek avait-il remonté sa main jusqu'à la nuque de Stiles ? Aucune idée mais elle était sacrément douce et il n'aurait même pas besoin de forcer pour rapprocher un peu plus sa tête de celle de Stiles. Il ne manquait pas grand-chose entre leurs lèvres, juste quelques petits centimètres. Et autant dire que le murmure de Stiles le remuait, le poussait à franchir une limite. Parce qu'il aimait aussi ses yeux, ce délicieux mélange entre une couleur whisky et miel. Parce qu'ils le faisaient se perdre dans un monde qui n'était pas le sien. Il n'avait qu'une envie, rallumer les étincelles qui les éclairaient autrefois… Et qui semblaient renaître, partiellement. Néanmoins, il se retint, refusant de faire quelque chose qui pourrait déplaire à cet adolescent peu épargné par la vie. Il lui restait assez de lucidité pour s'empêcher de réduire à néant les quelques centimètres qui les séparaient. Faire du mal à Stiles était la dernière chose qu'il voulait. Mais en même temps, l'envie de l'embrasser et la tentation de lui faire connaître un monde empli de douceur étaient si fortes… Que lui avait donc fait l'adolescent pour le mettre dans cet état-là ?
Presque l'un contre l'autre, les deux hommes se dévoraient du regard, tout en restant purs dans leur action. En réalité, ils s'observaient avec une douceur particulière, chacun voyant en l'autre quelque chose de précieux et d'important. Ils auraient pu s'embrasser, là maintenant, se sauter dessus et peut-être même que Stiles aurait été capable de beaucoup de choses malgré ses traumatismes. Parce qu'en cet instant, il se sentait à sa place et particulièrement serein. Derek avait un tel pouvoir sur lui qu'il en aurait eu un peu peur s'il avait été moins apaisé.
- Pourquoi je me sens si bien avec toi ? Demanda-t-il dans un murmure, les joues rougies.
Derek ferma les yeux pour s'obliger à ne pas foncer sur ces lèvres offertes, à quelques centimètres seulement des siennes.
- Dis pas ça, le supplia-t-il en le serrant contre lui, l'air désespéré.
- Pourquoi ? S'étonna Stiles, sans s'éloigner pour autant.
Il aimait bien sentir son front contre celui de Derek et étrangement, cette proximité ne lui faisait pas peur le moins du monde. Elle le rassurait et lui donnait l'impression qu'une marée de papillons voletaient par milliers dans son ventre. Et même si sa question donnait l'impression qu'il jouait, ce n'était pas du tout le cas. Stiles n'avait pas du tout envie de jouer. Il avait juste envie de partager le même souffle que Derek et à cet instant, leur connexion était tellement forte qu'il n'avait aucunement peur. Pourtant, le loup recula légèrement la tête et leurs fronts se décollèrent.
- Parce que je ne veux pas te faire de mal, avoua douloureusement Derek, les yeux toujours fermés.
- Tu ne m'en feras pas, lui assura Stiles, sûr de lui.
À cet instant, Derek lui parut fragile et c'était tout simplement adorable. Il était indéniable que l'attraction qu'ils ressentaient était forte et le loup était sans doute la seule personne qu'il avait envie d'avoir près de lui à cet instant. Contre lui. Et puis à force, il commençait sérieusement à avoir l'habitude d'être dans ses bras. Doucement et sans réellement hésiter, Stiles posa sa main sur la joue de Derek qui frémit sous le toucher délicat. Les paupières du loup s'ouvrirent sur un regard perdu, perdu entre ses envies et sa morale. Oui, il avait envie de montrer à Stiles tout ce qu'il voulait lui donner mais il ne le pouvait pas. Peu à peu, sa mémoire le rappelait à l'ordre et l'empêchait de franchir le pas. Pourtant, son loup lui hurlait qu'il le pouvait. Son côté humain le retenait, trop effrayé à l'idée de faire quelque chose que Stiles ne désirait peut-être pas, même s'il avait l'air de lui laisser le champ libre.
Derek ne pouvait pas faire ça, hors de question de prendre le risque de le briser un peu plus.
Et pourtant… Stiles le rassura sans un mot. Sa main sur sa joue effectua de légères caresses, flattant sa barbe de trois jours. Il sourit doucement et tenta de lui transmettre tout son calme à travers son regard. C'est même l'adolescent qui fit le premier pas, se rapprochant drastiquement de Derek…
… Jusqu'à effleurer ses lèvres.
Comme ça, simplement. Elles se touchaient sans s'embrasser, comme si s'effleurer suffisait et si les deux hommes semblaient plus ou moins calme en apparence, gardant les yeux fermés pour apprécier le moment, ce n'était qu'une façade. Un torrent de chaleur déferlait à l'intérieur de Stiles, une chaleur nouvelle qui avait le don de l'apaiser, au même titre que les étreintes et la présence de Derek. Aucune peur ni aucune réminiscence de ses traumatismes ne refaisaient surface, pas juste avec un pseudo-baiser. Et puis il se sentait trop bien actuellement pour penser à cela. Il avait vraiment l'impression d'être à sa place et que Derek… Ses mains réchauffant ses hanches le faisaient fondre. Il sentait son hésitation et ses doutes, sans même être un loup-garou et il voulait les étouffer, comme Derek étouffait ses peurs.
Et cela sembla marcher puisque ce fut au tour de Derek d'effleurer avec retenue les lèvres de Stiles. Ce contact électrisant lui donna bien sûr envie d'aller plus loin et plus vite, mais il se maîtrisa et l'une de ses mains partit se perdre dans les cheveux de l'hyperactif qui se laissait progressivement aller contre lui, dans une forme d'abandon qui trahissait sa grande confiance en lui. Parce que c'était ça. Il avait confiance en lui. Et juste pour ça, Derek n'approfondit pas malgré ses envies de le faire. La seule chose qu'il s'autorisa fut de maintenir l'adolescent contre lui en lui faisant toutefois comprendre par la manière dont il appuyait sa main sur le bas de son dos qu'il pouvait s'éloigner quand il le voulait. Stiles n'était nullement en cage et il voulait le lui signifier.
- M'abandonne pas…
Ces mots n'étaient qu'un souffle contre les lèvres de Derek et pourtant, ce dernier les entendit distinctement grâce à son ouïe lupine, même si ce contact sensuel le transportait dans un autre monde. Dans ces simples mots, le loup-garou perçut toute sa fébrilité et sa peur de finir seul avec ses démons. La terreur de se retrouver à nouveau seul détenteur de la vérité, obligé de se taire parce qu'on le lui a imposé. Resserrant son étreinte sur Stiles et sans éloigner leurs lèvres, le loup lui répondit d'une voix profonde :
- Jamais.
Ça tenait plus du grognement que de la parole, mais Stiles dut en comprendre le sens puisque Derek sentit le petit sourire de l'adolescent contre ses lèvres tout autant que ses mains serrant son haut.
- Tu me le jures ? Murmura-t-il.
Derek dut faire appel à tout son sang-froid et à son amour pour Stiles – son amour pour Stiles ? – pour se retenir de lui sauter dessus, de l'embrasser à pleine bouche comme le voudrait son loup. Quelle torture que de sentir les lèvres de l'hyperactif frôler les siennes et son souffle chaud les titiller, sans pouvoir les embrasser réellement… Mais en même temps, c'était si agréable, délicieux… Libérateur. Comme si Derek en avait envie depuis longtemps et s'il était surpris, ce n'était pas le cas de son loup, qui était simplement heureux et avait l'air de s'y attendre.
- Évidemment idiot, grogna Derek.
La réaction de Stiles ne se fit pas attendre et pour la première fois, ses lèvres se pressèrent franchement contre celles, torturées, de Derek, l'embarquant dans un baiser bref et timide mais aussi tendre, délicat à souhait. S'ils avaient été sur un lit, le loup se serait bien laissé aller, détendant complètement ses jambes et le reste de son corps mais comme c'était lui qui tenait Stiles dans ses bras, le serrant comme s'il allait disparaitre du jour au lendemain. Le baiser sembla durer des heures au loup tant il était bon. Pourtant, Stiles n'approfondissait rien du tout, c'était juste leurs lèvres qui se touchaient réellement, s'épousaient à la perfection sans même bouger. C'était si simple et pourtant, cela suffit à donner l'impression au lycan qu'il était entier. Pour la première fois de sa vie. Sentiment étrange mais bénéfique à tel point que toutes ses envies furent satisfaites alors qu'il n'avait rien fait de concret. Apparemment, juste embrasser Stiles suffisait à calmer son feu intérieur.
Lorsque Stiles se recula, décollant finalement leurs lèvres, Derek mit un peu de temps à s'y faire et n'ouvrit les yeux qu'après quelques secondes. L'hyperactif avait beau être grand, il devait tout de même lever la tête pour pouvoir regarder le loup. Son visage fit fondre le lycan avec ses joues complètement rouges et son regard incertain. Lui aussi avait apprécié, semblait-il et Derek le discernait clairement dans son odeur. De l'envie, un soupçon d'excitation mais surtout, surtout… De la joie. Stiles était heureux de ce qu'il venait de se passer et cela conforta le loup dans cette idée que ce qu'il avait fait n'était pas mal, dans le sens où il n'avait rien fait contre sa volonté. Il aurait beaucoup trop peur de lui rappeler certaines choses et maintenant qu'il savait ce que c'était, Derek faisait d'autant plus attention. C'était dans ce genre de moments qu'il remerciait sa nature de loup qui lui permettait de sentir les émotions de Stiles. Ainsi, il savait qu'il ne lui faisait pas de mal, même inconsciemment.
Sans qu'un mot soit échangé, ils se serrèrent simplement l'un contre l'autre, complètement apaisés, puis descendirent retrouver Peter qui surveillait le petit-déjeuner d'Amelia.
- Enfin, je commençais à croire que vous ne vous lèveriez jamais, lâcha le loup avant d'écarquiller légèrement les yeux.
Rêvait-il ou son neveu venait de prendre la main de Stiles dans la sienne, marchant ainsi comme si de rien n'était ? Ses yeux bleus n'eurent pas de mal à capter certains détails comme les cheveux décoiffés de Stiles, son regard comblé. Celui de Derek semblait être dans le même état et le plus parlant, c'était sans doute leurs odeurs. Que des émotions positives et – ah ! – une once d'excitation. Peter grimaça légèrement parfois, il enviait le statut d'humain de Stiles. Ne pas sentir les odeurs, c'était tout aussi bien.
- Et comment va ma princesse ? Demanda Stiles en s'accroupissant devant Amelia, ignorant superbement la remarque acerbe de Peter.
Alors que la petite fonçait dans les bras de l'hyperactif, le regard de l'oncle s'ancra dans celui du neveu, l'air de dire « mais qu'est-ce que tu fais ? ». L'air à la fois posé et déterminé de Derek fit comprendre à Peter qu'il savait plus ou moins ce qu'il faisait. Mais ce qui fit tilter Peter fut le regard que l'ancien alpha posa sur Stiles qui câlinait timidement la petite. Doux, tendre et protecteur. Avait-il déjà vu cet air-là collé au visage de Derek auparavant ? Oui, plus ou moins, lorsqu'il était amoureux de Paige et encore, là l'effet était décuplé. Mais de toute manière, Derek n'était pas amoureux, n'est-ce pas ? Pourtant, cette odeur…
- Elle a mangé correctement ? Demanda l'autre loup pour couper court à ses réflexions.
- Évidemment, pour qui me prends-tu, neveu indigne ? S'offusqua Peter.
- Pour ce que tu es, répondit tout naturellement Derek.
Stiles rit doucement face à l'air outré de l'ancien alpha et partit dans le salon passer un peu de temps avec la petite. C'était lui qui devait s'en occuper et pourtant, il était sans doute celui qui s'en était le moins approché pour le moment. Étrangement, Derek le rejoignit assez vite et accepta de se dérider un peu, souriant devant la petite boule d'énergie qu'était Amelia sous le regard effaré de Peter. Que s'était-il passé entre eux deux pour qu'ils agissent de cette manière ? Stiles était-il un sorcier pour faire sourire aussi facilement son neveu qu'il trouvait aussi aimable qu'une porte de prison ? Parole de Hale, Peter percerait son secret. Bien sûr, il se doutait déjà de certaine chose, leur proximité grandissante ne trompait personne et puis ce dévouement de Derek… Il n'était vraiment pas discret.
Lorsqu'Amelia demanda à Stiles de lui « prêter » sa tête, c'est tout naturellement qu'il accepta de la laisser accéder à sa chevelure en bataille qui commençait à être longue de quelques centimètres. Selon la petite, c'était amplement suffisant pour lui faire des couettes. Derek lança un regard à Stiles en grimaçant, lui faisant comprendre qu'il ne voulait pas subir la même chose que lui. Il se déridait, mais ce n'était pas pour autant qu'il acceptait tout. Et Stiles rit, de ce rire qui faisait de plus en plus chavirer son cœur.
- Rassure-toi Sourwolf, tes cheveux ne sont pas assez longs, lui dit-il de manière espiègle.
Et Derek passa un bras autour des épaules de Stiles, dont les yeux recommençaient doucement à pétiller lorsqu'il se rapprocha de lui tout en jouant avec la petite. Quel bonheur pour le loup de le voir doucement remonter la pente ! Bien sûr, le chemin était encore long et semé d'embuches mais il savait que le fils du shérif y arriverait. Il était fort, beaucoup plus qu'il ne l'imaginait. Supporter son calvaire intérieur en silence sans jamais en parler à personne était quelque chose que peu de gens arriveraient à faire, du moins pas forcément aussi longtemps. Et encore, Derek était fier de lui. Parce qu'en plus de cela, Stiles lui glissait quelques indices de temps à autres et lui faisait confiance. Tout cela rappela au loup qu'il devait lui parler de ce qu'il avait appris. Il le fallait et pourtant, il avait peur. Peur de voir ces étincelles disparaître dès qu'il amorcerait le sujet. Peur de perdre le Stiles qui recommençait à émerger. Peur de lui faire du mal. Ils devaient aussi discuter de ce qu'il s'était passé dans la salle de bain et de ce qu'ils étaient l'un pour l'autre. Et le fait qu'ils ne soient pas de simples amis ne dérangeait pas Derek le moins du monde. C'était même presque normal à ses yeux, comme si ça devait se dérouler de cette façon.
Ils discuteraient de tout ça plus tard. Stiles avait besoin d'un peu de répit.
Et Derek voulait continuer de le voir sourire.
Tandis que quelques kilomètres plus loin, un être sans cœur se préparait à le briser, encore.
