Stiles était au paradis. Embrasser Derek, c'était vraiment quelque chose et sentir ses mains sur lui était un délice. Une évidence, quelque chose qu'il ne voulait pas voir disparaître. Parce que ce qu'il y avait entre eux, ce n'était vraiment pas une méprise et Stiles commençait à peine à s'en rendre compte. C'était réel, intime, amoureux. Il fallait oser poser les mots là-dessus, ces mots auxquels il avait eu peur de penser. Une main dans le dos de Derek, l'autre toujours fourrée dans ses cheveux, il s'abandonnait complètement à lui avec une confiance folle. Derek était là pour lui, il ne lui ferait jamais de mal. Il connaissait ses faiblesses et si cela pouvait lui donner un quelconque ascendant sur lui, Stiles savait qu'il ne le ferait pas. Il n'était pas comme ça.
Et puis ces mots… Stiles réalisa enfin. Derek lui avait répondu, lui avait dit qu'il l'aimait aussi… Pardon ? Alors qu'il aurait voulu stopper ce magnifique baiser pour lui demander confirmation sur ses paroles, sa conscience l'arrêta. Au fond, Stiles ne voulait pas briser cet instant, ce baiser qui avait une saveur différente des autres. Il était spécial. Intense. Partageait tant de sentiments que ça pouvait faire peur et Stiles en était d'ailleurs terrifié. Il se mettait totalement à nu et ne retenait absolument pas ses sentiments, arrêtait d'être dans ce stupide déni. Pour la première fois, les sensations déferlèrent en lui avec une force inouïe. Les yeux fermés, il crut voir des couleurs dans l'obscurité et plus précisément, une sorte de filament doré dont il ne pouvait voir les extrémités. Mais il s'en foutait et se noyait dans les sensations que lui offrait Derek avec une dévotion sans limite. Ses jambes se mirent à flageoler et nul doute qu'il serait déjà à terre si le loup ne le maintenait pas avec force contre lui.
Malheureusement, les deux jeunes hommes finirent par se séparer, par manque d'air. Ils ne s'éloignèrent pas pour autant. Pour preuve, Derek colla son front à celui de Stiles et reprit sa respiration lentement, sans se presser. Ses mains, elles, maintenaient ferment le jeune homme contre lui. Il avait senti sa faiblesse, savait que ses jambes le portaient à peine, mais ça ne l'alarmait pas. Parce que dans son odeur régnait une douce joie. Pas une joie éclatante qui le pousserait à sauter partout, non. C'était quelque chose de plus ténu, de plus calme, qui irradiait avec autant de puissance. Stiles était fébrile, c'était sûr, mais pas parce qu'il se sentait mal. Parce que le loup lui avait roulé la pelle de sa vie après une première déclaration d'amour.
Si Derek s'était lancé, c'était parce que Stiles lui avait tendu la perche sans le vouloir. Même sans ça, il l'aurait fait, tôt ou tard, mais pas tout de suite. Avec ce qu'il s'était passé durant la réunion, il avait eu peur de l'embêter avec ça et s'était dit qu'il valait mieux attendre un moment plus calme, plus propice. Cependant, dans la vie qui était la leur, il n'y avait pas de bon ou de mauvais moment. Il fallait simplement se décider. A aucun moment Derek ne regrettait son aveu. Il savait au plus profond de lui que l'hyperactif ne subirait pas le même destin que Paige et il n'était ni Kate, ni Jennifer. Stiles était Stiles, le seul, l'unique, personne ne lui arrivait à la cheville. Il était une évidence qui méritait que l'on se batte pour lui. Et après toutes ces années fades des deux côtés, Derek considérait qu'ils avaient tous deux droit au bonheur. Pourquoi s'en priver ? Tout n'était pas encore réglé et une épée de Damoclès planait toujours au-dessus de Stiles, certes, mais entre eux, c'était possible. Et puis l'hyperactif avait besoin de quelques moments de bonheur dans sa vie, pour tenir encore un peu. Tenir pour s'en sortir.
Très honnêtement, Derek ne pensait pas que Stiles partageait ses sentiments. Il sentait à son odeur que leurs étreintes et baisers lui étaient bénéfiques, mais n'allais jamais jusqu'à se douter que c'était de l'amour que l'hyperactif ressentait envers lui. Un énorme attachement, certes, mais… Lui aussi était dans le déni, pensant ses sentiments à sens unique. Force était de constater qu'il s'était trompé. C'était la plus belle erreur de sa vie.
- T'as bien fait de me retenir, je crois que c'était la plus belle pelle de ma vie, souffla Stiles en passant ses bras autour du cou de Derek.
Il avait les yeux entrouverts et le doré était de retour dans ses iris ambrés. Ses prunelles semblaient rieuses alors que ses lèvres ne s'étaient pas étirées. Son sourire était dans ses yeux. Le cœur de Derek rata un battement à cette vision et ses mains se pressèrent sur les hanches de Stiles. Dans une lenteur tout sauf calculée, il se pencha et lui souffla, ses lèvres frôlant son oreille :
- La plus belle viendra, je t'en réserve des bien meilleures que celle-là.
De délicieux frissons parcoururent l'épiderme de Stiles qui, cette fois, s'autorisa un petit sourire.
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En bas, l'on s'affairait. Il était dix-neuf heures et dans l'optique de ne pas manger trop tard parce qu'après tout, il n'avait pas que ça à faire, Peter avait commencé à préparer à manger. Heureusement qu'il avait fait les courses quelques temps plus tôt parce que cette bande d'adolescents s'était invitée d'office au repas du soir. Seuls quelques membres de la meute avaient décidé de s'en aller à la fin de la réunion mais une bonne partie était restée. Lydia ne cessait de s'occuper de la petite Amelia, Malia la supportait de temps en temps, Mason et Corey se bécotaient dans un coin du salon, Liam mettait la table, Jackson surfait sur son téléphone à côté des trois filles et Isaac l'aidait à cuisiner. Il était gentil, Isaac. Mais surtout, il savait des choses. Comme Lydia le lui avait dit un jour, « l'information fait le pouvoir », qu'importait la nature de l'information en question. Le problème était qu'Isaac ne voulait rien lâcher et son sourire espiègle l'énervait ou plutôt, lui donnait envie de lui faire regretter son impertinence et son silence. Son esprit fleurissait d'idées.
- Tu sais que je te ferai parler, le prévint l'oncle Hale.
- Je pense que tu n'en auras pas besoin, rit Isaac. Je pense que ce que je sais ne gardera pas le statut de secret longtemps.
Le rire d'Isaac poussa Peter à faire quelque chose qu'il n'aurait pas fait en temps normal. Puisque la cuisine était ouverte d'un côté sur le salon, la pièce de vie, Peter se décala de telle manière à ce que l'on ne voit pas sa main, qui claqua gentiment la fesse du bouclé. Ce dernier sursauta devant le geste inattendu. En présence même lointaine des membres de la meute, jamais l'oncle de Derek ne se laissait aller à cela, attendant toujours qu'ils se retrouvent chez Isaac. Son air ahuri fit naître un rictus sur le visage mutin de Peter, qui lui parut à cet instant plus jeune qu'il ne l'était en réalité.
- Epluche les patates au lieu de te… Disperser, s'amusa Peter.
- La faute à qui, maugréa-t-il.
Peter ne se départit pas de son fidèle rictus et eut la soudaine envie de gêner Isaac au possible tout en prenant le risque que la meute ne crame leur petit jeu. Ce n'était pas que l'oncle de Derek était particulièrement gêné à l'idée qu'on ne découvre leur idylle particulière, il aimait juste jouer avec le feu. Isaac aussi apparemment, puisqu'il avait toujours fait semblant de rien devant les autres. Entre eux, c'était si récent et tourné vers le sexe uniquement que leurs odeurs n'avaient même pas commencé à se mélanger et puis de toute manière, personne ne faisait attention à eux. Isaac était le loup qui ne faisait pas de vague et Peter, l'adorable oncle détestable par excellence.
Cependant, l'envie de gêner Isaac jusqu'à ce que celui-ci rougisse de honte disparut lorsqu'il entendit les escaliers grincer. On descendait et les seules personnes qui se trouvaient à l'étage depuis près de deux heures étaient Stiles et Derek. Peter avait été, pour une fois, bien respectueux : malgré la forte odeur de peine que lui et les autres loups avaient ressentie une bonne heure et demi plus tôt, il n'avait pas cherché à déployer ses sens lupins et n'avait donc aucune idée des mots qui avaient pu être échangés entre son neveu et Stiles. Stiles… Ce jeune homme le surprenait de jour en jour, ça c'était certain. Il avait bien changé depuis le début de cette histoire. Il se souvenait encore de ce matin-là où il avait ouvert à un Stiles épuisé qui n'avait qu'une demande : voir Derek car il avait besoin d'un service. A ce moment-là déjà, sa mystérieuse tristesse lui avait sauté aux yeux, car c'était la première fois qu'il ne prenait pas part à leurs fameuses joutes verbales, ce qui ne manquait jamais autrefois. Depuis, Stiles n'avait plus cherché à le provoquer, ni à le critiquer avec humour comme il le faisait auparavant. Il était éteint et le peu dont lui avait parlé Derek avait suffi à lui faire comprendre que Stiles allait tout sauf bien et que sa vie était actuellement un cauchemar. Les épisodes des cigarettes et de la réunion n'avaient fait que confirmer ce fait.
Alors lorsqu'il le vit descendre, tout sourire et portant un des pulls de Derek en guise de haut et d'un jean gris qui lui allait plutôt bien, Peter commença à se dire qu'en fait, Stiles semblait de bien meilleure humeur que précédemment. Un peu trop, même. Depuis la cuisine ouverte, Peter vit clairement ses cheveux en bataille, ses joues légèrement rougies et surtout, la manière dont le tissu rouge dénudait partiellement l'épaule gauche du jeune homme était diablement excitant. Un appel à la luxure. Si Derek n'avait pas mis le grapin sur Stiles et si Isaac avait été d'accord, Peter aurait bien mis l'hyperactif dans son lit. Après tout, il avait ce charme étrange, particulier, et cette manière de incisive de répondre qui lui plaisait beaucoup. Moins en ce moment puisque Stiles semblait mesurer ses paroles à cause de son état mental, mais tout de même. Peter savait donc que cela n'arriverait pas, d'une part parce que Derek n'était pas du genre à laisser ses conquêtes s'en aller si facilement, d'autre part parce qu'Isaac n'était pas partageur. Leur relation avait beau être centrée uniquement sur le sexe, l'ancien alpha respectait son avis. Tant qu'ils seraient sexfriends, Peter n'irait voir personne d'autre. Il laissa tout de même ses yeux bleus détailler la courbure de l'épaule à moitié nue de Stiles et faillit s'amuser à compter ses grains de beauté. Le regard froid de Derek qui apparut, juste derrière l'hyperactif, l'en dissuada. Isaac, lui, n'avait pas remarqué l'intérêt soudain de Peter mais avait tout de suite notifié la présence de son ami et de son ancien alpha. Il sourit sincèrement.
Dans le salon, tout le monde avait relevé la tête vers les deux nouveaux arrivants et une fois qu'il eut passé la dernière marche, Stiles arrêta de sourire. En fait, il eut soudainement l'air gêné, ce qui était compréhensible puisque tous les yeux étaient rivés sur lui et il n'aimait pas ça. Il se souvenait fort bien de son attitude pendant la réunion et de son détachement apparent. Il était sûr que personne n'avait oublié non plus la manière dont il s'était éclipsé avant même que la fin de leur entrevue n'ait été décrétée. L'anxiété ternit alors son odeur de piquant alors qu'elle était si douce quelques secondes auparavant. Derek, arrivé à son niveau et dans un geste de soutien, posa sa main dans son dos et le contact détendit légèrement Stiles. Isaac sortit de la cuisine et s'en alla saluer son ami.
- Stiles, je suis content que tu descendes ! Tu as l'air d'aller mieux, ça fait plaisir, sourit Isaac en tapotant son épaule droite, complètement recouverte par le tissu.
- J'imagine, répliqua l'hyperactif sans conviction.
Si Stiles fut gêné par cette familiarité à son encontre, il n'en montra rien et esquissa un sourire crispé. Isaac se recula et repartit épauler Peter à la cuisine, d'où il pouvait tout de même discuter avec tout le monde.
- Qu'est-ce que vous faites tous encore là ? Demanda Derek alors que Lydia se levait et que Jackson se redressait sur le canapé.
- On voulait pas partir, répondit nonchalamment Malia en prenant Amelia sur ses genoux.
Lydia s'avança et se plaça devant Stiles. Elle sourit doucement et dit, sans lâcher son ami hyperactif du regard :
- On voulait être là pour toi.
Tout de suite, Stiles essaya d'enfiler un masque et leva ses mains devant lui :
- C'est gentil de votre part mais y a pas besoin, je vais très bien ! C'est pas… C'est pas mon nom sur une liste qui va me niquer le moral, haha…
Même sans être une louve, Lydia vit aisément son mensonge. Les autres, eux, avaient parfaitement perçu le raté que fit son cœur. Stiles aurait bien tenté l'honnêteté, si tous les regards n'étaient pas braqués sur lui. Se concentrer était difficile et son premier réflexe était de jouer la comédie, comme il l'avait très souvent fait ces dernières années. Mentir pouvait être une bonne échappatoire, à condition d'être crédible. A force d'épreuves, Stiles devenait de plus en plus mauvais dans ce domaine. Sa dernière crise de larme très récente ne l'aidait pas. En outre, il n'était pas encore assez remis être convaincant. Et puis mentir alors qu'il apprenait à être honnête avec Derek, c'était difficile. Ce dernier vint à son secours :
- Ce qu'essaie de dire Stiles, c'est qu'il est heureux de votre sollicitude mais que ça fait beaucoup d'un coup.
Sa main glissa sur la hanche du jeune homme sous les regards de la partie de la meute présente. L'air de rien, il chercha à détourner l'attention des jeunes gens :
- Peter ? Isaac ? Vous avez besoin d'aide de votre côté ?
- Oh oui, ramenez-vous, cuisiner pour une dizaine de personnes, c'est sacrément énergivore, un peu d'aide ne serait pas de refus, soupira théâtralement Peter.
Derek allait pousser Stiles vers la cuisine, lorsque la petite voix fluette d'Amelia se fit entendre. La fillette sauta des genoux de Malia et accourut vers celui qu'elle avait désormais l'habitude d'appeler « tonton Stiles ». Stiles eut à peine le temps de s'accroupir pour se mettre à sa hauteur qu'elle se jeta dans ses bras.
- Tonton Derek m'a dit tout à l'heure que quand t'irais mieux, tu me ferais des gros câlins d'amour.
Stiles esquissa alors un sourire dont la douceur n'échappa à personne et retroussa ses manches jusqu'à ses avant-bras avant d'étreindre la petite fille. Il avait chaud et les manches retombaient sans arrêt, ce n'était pas pratique. Il n'y avait pas fait attention, mais une partie de ses brûlures était désormais à découvert et ceux qui n'étaient pas au courant écarquillèrent les yeux avant d'essayer de reprendre un air normal. Il fallait éviter de mettre Stiles plus mal à l'aise qu'il ne l'était déjà. « Il faut qu'on le ménage », leur avait dit Lydia alors que les deux tourtereaux étaient encore à l'étage. L'air de rien, Stiles souleva Amelia et la porta comme si elle ne pesait rien. Il se tourna vers Derek et lui dit doucement :
- Je te laisse t'occuper du repas avec les deux autres, moi, j'ai du temps à rattraper avec ma petite princesse.
Dans ses bras, Amelia lui fit un sourire d'ange. Stiles lui avait manqué et elle ne passait pas autant de temps avec lui qu'elle le voudrait. Derek hocha la tête et lui caressa distraitement le dos avant de le laisser partir en direction d'une pièce à côté du salon, dont il ferma la porte après être entré à l'intérieur. Une bibliothèque donc Derek était passablement fier et dont il ne parlait pas à grand-monde. Pour éviter les discussions inutiles, le bêta s'en alla voir directement Isaac et Peter pour les aider.
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Le repas avait été délicieux et tout le monde avait bien mangé, la petite Amelia comprise. Chacun s'était servi selon ses envies et l'ambiance avait été meilleure que Stiles n'aurait pu l'espérer. Il fallait être honnête, il avait eu peur d'avoir sans cesse tous ces regards braqués sur lui, comme s'il était le centre de l'attention. En soi, c'était toujours le cas, mais il le ressentait moins. Chacun discutait avec qui il voulait et Stiles était parfois inclus dans certaines conversations mais il restait toutefois en retrait. Ce détail fut remarqué par la majorité qui prenait enfin conscience des changements chez Stiles. Il s'effaçait pour laisser les autres parler, s'effaçait parce qu'il n'avait pas grand-chose à dire, s'effaçait pour se faire oublier. Derek, à sa gauche, avait très souvent posé sa main sur sa cuisse. Quand Stiles semblait dériver vers des pensées peu joyeuses, Derek liait leurs doigts entre eux, sous la table et c'était diablement adorable pour Lydia, qui ne cessait de les scruter en toute discrétion.
Honnêtement, Stiles avait été déçu d'une chose dont il n'avait pas parlé à Derek. En fait, Scott lui manquait. Il savait qu'il était parti à la fin de la réunion et c'était bien dommage parce qu'il aurait bien aimé lui parler. Discuter, voir s'il y avait moyen qu'ils oublient tous deux ce qu'il s'était passé au lycée. Scott avait beau avoir foutu la trouille de sa vie à Stiles, ce dernier ne lui en voulait pas. En fait, son meilleur ami lui manquait et il commençait à se rendre compte qu'il aurait besoin de beaucoup de soutien et même s'il était énorme, il ne savait pas si le soutien de Derek serait suffisant. C'était un peu pour cette raison qu'il essayait de ne pas se montrer trop fermé avec ses amis, même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Son réflexe en temps normal aurait été de réunir toutes ses ressources mentales pour mentir et s'isoler. Là, il avait fait un effort en restant jusqu'à la fin du repas, en restant avec les autres pour débarrasser, sans flancher réellement. Lorsqu'il sentit toutefois la nervosité le gagner un peu trop, il prévint Derek qu'il allait prendre un peu l'air sur le balcon. La présence de ses amis avait beau lui faire du bien, il ne fallait pas dépasser une certaine dose dans son état.
L'air frais de ce début de soirée le fit frissonner et il se frictionna faiblement les bras. Cet après-midi avait été particulièrement éprouvant pour lui. La longue discussion qu'il avait eue avec Derek avait achevé de l'éreinter. Mentalement, il était épuisé. Chaque jour semblait être une épreuve durant laquelle il devait sans cesse se battre pour ne pas s'écrouler et chacune des batailles qu'il menait le fatiguait un peu plus. Quand son cauchemar allait-il prendre fin ? Au moins, il avait Derek qui le soutenait depuis des semaines autrefois en tant que membre de la meute, désormais en tant que… Que quoi ? Le fait qu'ils s'étaient déclarés l'un à l'autre faisait-il d'eux des petits-amis ? Techniquement, oui. En tout cas, Derek était là pour lui d'une toute autre manière, bien plus forte et intime. Il le croyait et c'était sans doute ce qui lui importait le plus.
Stiles soupira et laissa le froid le gagner. Son épaule à moitié nue montrait sa chair de poule, ses poils hérissés par la fraîcheur de ce début de soirée. Le jeune homme s'accouda à la rambarde et ses yeux se perdirent dans le vague. Non, il ne contempla pas la ville de nuit, les constellations de lumières, les étoiles qu'on ne voyait qu'à moitié à cause de la pollution lumineuse. Il se perdit juste avec lui-même et le vide. Songea à tout ce qu'il n'avait pas encore fait dans sa vie, tous ces cours qu'il avait en retard, son trimestre qui lui passait sous le nez, sa vie, aussi. Pensa à tout ce que cet enfoiré avait gâché en le détruisant de la sorte. Réfléchit également à la liste, aux victimes passées et futures, et il faisait parties des deux catégories, quand il y faisait attention.
Dès demain, il devait prendre contact avec Brice et Spencer, même s'il craignait leur réaction. En fait, ils s'étaient perdus de vue sans être en très bons termes. Comme Stiles l'avait dit à Derek, Emile avait tout fait pour les monter les uns contre les autres. Ce qu'il ne lui avait pas dit, c'est qu'il avait en partie réussi. Seule Meadow avait gardé la même amitié avec lui. Brice et lui étaient en froid, aux dernières nouvelles mais le pire, c'était Spencer. Ses derniers mots, sept ans plus tôt, resteraient gravés à jamais dans sa mémoire : « Je te hais. Tu sers à rien. Ce qui t'arrive, c'est entièrement de ta faute. T'aurais jamais dû porter plainte. » En soi, il avait raison, prendre cette initiative était une erreur qu'il regrettait amèrement. Une erreur qui avait détruit les liens avec son père. La douleur provoquée par les mots de Spencer resterait dans sa mémoire à jamais. Parce que même si c'était une faute qu'il ne pourrait jamais réparer, Stiles n'avait pas fait ça que pour lui. Il l'avait fait aussi pour eux, pour leur montrer qu'ils pouvaient se rebeller, faire entendre leurs voix. L'échec de cette tentative les avait plombés autant que lui et Stiles s'en voulait. En plus de perdre son père, il avait également perdu deux des seules personnes qui le comprenaient.
D'autres douloureuses paroles lui revinrent en tête.
« Toi, il te frappe pas parce que t'es son préféré, alors t'as pas le droit de te plaindre. » Sur le coup, Stiles n'avait rien rétorqué à Brice, parce qu'il ne savait pas quoi dire. Lui aussi y était allé de ses reproches et quolibets, ce n'était pas parce qu'il était plus doux que Spencer qu'il lui avait parlé avec moins de virulence. Après tout, ils n'étaient que des enfants à cette époque-là. Des enfants perdus, en colère, qui ne comprenaient pas ce qui leur arrivait. Maintenant qu'il avait grandi, Stiles se demandait s'il avait le droit de se plaindre. Il était vrai que Spencer, Brice et Meadow avaient pris des coups, la jeune femme avait même fini le nez en sang, une fois. Stiles n'avait jamais eu à souffrir de réels châtiments corporels. Non, il avait juste été violé plus fort, plus longtemps et plus douloureusement que ses congénères. Sans compter toutes ces fois où Emile s'était introduit dans sa chambre, chez lui, toutes ces nuits où il l'avait touché sans aller jusqu'à exécuter l'acte en lui-même… Non, ils ne le savaient pas, celui qui était hyperactif ne leur avait jamais dit. Alors il n'avait peut-être pas été frappé à proprement parler, mais il en avait quand même pris pour son grade. Si Stiles était le septième de la liste, ce n'était pas pour rien. Spencer était le quatrième, Brice le cinquième. Il connaissait le nombre de dates de chacun. En fait, la liste était gravée dans sa mémoire et Stiles aurait aimé qu'ils discutent de tout ça, bien avant de découvrir ces photos. Il avait leurs numéros à tous les deux et espérait qu'ils n'en avaient pas changé. Il pouvait leur envoyer un message. Allaient-ils seulement le prendre au sérieux ? Ou allaient-ils le lyncher, encore ? Parce que Stiles les appréciait encore, il ne leur en voulait même pas pour leurs paroles. Ça lui faisait mal, mais il comprenait.
- Tu m'as l'air bien pensif., fit une voix claire derrière lui.
Stiles sursauta et tourna la tête vers sa droite. Lydia s'accouda sur la rambarde, à ses côtés.
- Désolé, je… Je t'avais pas entendue arriver, s'excusa-t-il en détournant le regard.
- J'ai vu ça, rit-elle doucement. Je venais voir comment tu allais.
Stiles rabaissa ses manches qui s'en allèrent cacher jusqu'à ses poignets et serra les doigts autour de la rambarde. Son réflexe nul d'auto-défense était toujours là, prêt à le pousser à se cacher, à mentir. Mais cette fois, Stiles n'en avait pas envie, il voulait croire que Derek n'était pas le seul à avoir foi en lui. Alors il fallait qu'il fasse un effort, le plus dur, mais le plus important. Tout dire à Lydia n'était toutefois pas son intention : ce qu'il voulait, c'était juste être honnête avec elle. Pour une fois. Elle était son amie, la meilleure, avec Scott. Elle ne méritait pas qu'on lui raconte des mensonges, bien au contraire. Il lui devait la vérité. Rien que se dire ça et penser de cette façon, c'était nouveau. Ses jointures devinrent blanches. Allez Stiles, tu peux y arriver, se répéta-t-il en boucle.
- Ça va… Pas vraiment, réussit-il à dire après quelques secondes de blanc.
- C'est à cause d'aujourd'hui ? Demanda seulement Lydia.
Intérieurement, il la remercia de ne pas avoir posé la question bateau « tu veux en parler ? » qui était beaucoup trop vague et trop personnelle en même temps. Elle menait le dialogue et ça l'arrangeait. Avoir fait un premier pas vers l'honnêteté lui permit d'un peu moins se sentir oppressé à l'idée de répondre. Toutefois, son regard resta fixé sur l'immensité de la ville qui s'étendait à l'horizon.
- Un peu, mais pas seulement. Y a… Beaucoup de trucs qui se passent dans ma vie en ce moment et je crois que je… Que je commence à fatiguer.
Sa manière de parler était la même que lors du repas. Il hésitait sur ses mots, bégayait un peu mais la différence était qu'il essayait de dire les choses, tout en tentant de rester sur le chemin de la sincérité. Il espérait simplement que Lydia ne le jugerait pas. Le pire serait que sa comparse humaine le trouve faible. Dans un sens, elle aurait raison, mais l'entendre de sa bouche serait difficile à supporter pour Stiles, qui se mettrait immanquablement à rejeter la faute sur son absence totale de faculté surnaturelle et sa faiblesse d'esprit.
- Tu peux te reposer sur l'épaule de Derek, je crois que cette idée lui plaît bien, gloussa la jeune femme.
Stiles esquissa un léger rictus mais ne réussit pas à rire. Son cœur était lourd.
- C'est vrai qu'il m'aide beaucoup, avoua-t-il à demi-mots. Je dois dire que je l'ai beaucoup sollicité ces dernières semaines et qu'il a toujours répondu présent. C'est un peu grâce à lui que… Que je suis honnête avec toi, ce soir.
- Ah oui ? S'étonna Lydia.
- Ouais, il m'apprend… A utiliser une autre voie que celle du mensonge.
- Je suppose que je peux le remercier.
Stiles hocha la tête. Lydia était bienveillante et il n'avait décelé aucune trace de moquerie dans sa voix. Pourtant, il n'arrivait pas à discuter avec elle en la regardant dans les yeux, il n'en n'était pas encore capable. L'hyperactif se battait déjà contre lui-même pour ne pas céder à la facilité : mentir. De toute manière, même s'il le faisait, il ne serait pas crédible pour un sou. Il avait tellement donné qu'il n'avait plus l'énergie pour se rendre convaincant. Et puis… Ses amis étaient là pour lui. Méritaient-ils que chaque mot qui sortait de sa bouche soit un mensonge ? Comme pour Lydia et Derek, Stiles se devait de commencer à être sincère, d'arrêter de faire semblant, de minimiser ce qui lui arrivait.
Une vibration le sortit de ses pensées et détourna son attention. Il sortit son téléphone portable de sa poche et le déverrouilla. Le message qui s'afficha à l'écran lui arracha un sourire niais. Mais tendre et surtout, sincère. Lydia, qui s'était rapprochée de lui, lut par-dessus son épaule et son regard se teinta de surprise.
[De : Sourwolf]
Si tu as besoin de moi, tu sais quoi faire. Je t'aime.
La chaleur qui déferla dans son ventre était bienvenue. Elle apaisa un peu ses tourments et fit disparaître ses doutes pendant un temps. Même maintenant, il peinait à réaliser. Derek l'aimait vraiment, ses mots n'étaient pas des paroles en l'air, des choses qu'il aurait interprétées dans le mauvais sens. En fait, voir ces mots écrits rendait la chose plus tangible, rassurante, véridique. Ça le soulageait.
- Alors si je m'attendais à ça… Souffla Lydia.
Ce ne fut qu'à cet instant que Stiles remarqua sa présence proche et son regard posé sur l'écran un peu trop lumineux de son téléphone.
- Hé, ça se fait pas ! S'insurgea-t-il, un peu en se reculant.
Mais Lydia, elle souriait. Pas de cette manière un peu mesquine et espiègle dont elle avait l'habitude. Non. Son sourire était large et sincère. Elle était heureuse.
- Réponds-lui, lui dit-elle simplement.
Stiles la regarda sans comprendre mais s'exécuta sans attendre. De toute manière, c'était ce qu'il comptait faire avant de surprendre Lydia en plein délit de stalking. Il était hors de question pour lui de laisser son loup sans réponse.
[A : Sourwolf]
T'inquiète pas pour moi. Je t'aime aussi.
Sa réponse pouvait paraître stérile, mais chaque mot avait son importance et son sens. Il se doutait que ne pas l'avoir près de lui n'était pas habituel, pour Derek. Pour Stiles non plus, remarque. Au moins, il l'avait sans doute à l'œil, puisque l'arrière du balcon était une immense vitre donnant sur le salon, et inversement. Après avoir à nouveau souri comme un idiot en imaginant son loup le chercher du regard, Stiles rangea son téléphone et reporta son attention sur Lydia, qui ne l'avait pas quitté des yeux et souriait toujours. Elle et Derek s'étaient-ils passé le mot ?
- Stiles, sache que je suis heureuse pour toi, commença-t-elle.
Cette fois, l'hyperactif osa la regarder alors qu'elle s'accoudait à nouveau à la rambarde, à sa droite. Ce fut elle qui coupa leur échange visuel pour le tourner vers l'horizon nocturne.
- Ces derniers temps, j'étais très inquiète pour toi et je n'étais pas la seule. Tu étais souvent absent et les seules fois où tu revenais, tu n'avais pas l'air d'être toi-même. On a tous remarqué ta peur, tu sais.
- Je suis si transparent que ça ? Demanda Stiles en grimaçant.
Néanmoins, les paroles de son ami le touchaient. Elle avait remarqué. Les autres aussi. Et elle lui en parlait. Lydia lui jeta un regard de côté et rit légèrement.
- Oui, confirma-t-elle. Du moins, en partie. Parfois, ta carapace est infranchissable, d'autre fois, elle laisse tout transparaître.
Il ne dit rien, même si ce fait ne lui plaisait pas. Il n'aimait pas inquiéter les gens et avoir que son masque n'avait pas été parfait avait beau être prévisible, il n'imaginait pas que c'était si évident.
Lydia baissa les yeux, sembla se perdre dans ses pensées.
- Chaque jour qui passe, tu sembles aller moins bien que le précédent et je pense que ce n'est pas qu'une impression, au vu de ce que tu m'as dit tout à l'heure, je peux légitimement me dire que je suis dans le vrai. Et puis, la réunion d'aujourd'hui a été un fiasco et apprendre que tu fais partie de la liste de ce taré, ça a été un choc. Je veux que tu saches… Qu'on se battra pour toi, quoi qu'il arrive. Tu es des nôtres et on ne te laissera pas tomber.
Les yeux de Stiles commencèrent à s'embuer lentement. La honte d'avoir tant menti le submergea. Alors qu'il s'accommodait de son mur de mensonges, les paroles de Lydia lui allaient droit au cœur et lui faisaient prendre conscience de sa stupidité.
- Je ne sais pas ce que tu traverses ou ce que tu as traversé par le passé, reprit-elle, mais je veux que tu saches que je suis là, on est tous là.
Avec une douceur toute féminine, Lydia posa sa main sur l'avant-bras droit de Stiles et ses longs doigts vernis tirèrent la manche. L'hyperactif eut envie de protester, de dégager son bras, de l'empêcher de voir ce qui se trouvait sous la laine. Tout à l'heure, lorsqu'il avait retroussé ses manches pour prendre Amelia dans ses bras, il n'avait juste pas fait attention et s'était rendu compte de son erreur avec honte. Là, il s'efforça à ne pas réagir, à la laisser faire. Même à la lueur de la lune, les traces brunes étaient visibles, parfaitement rondes, des cicatrices presque complètes. Avec le temps, elles s'éclairciraient, deviendraient presque invisible, mais ce n'était pas pour tout de suite. Stiles essaya de ne pas réagir, de rester de marbre, mais c'était impossible. Il se tendit, tout son corps se crispa alors qu'il luttait contre lui-même pour laisser Lydia regarder sans chercher à s'enfuir. Elle finit par relever la tête, une lueur qu'il connaissait bien dansant dans ses yeux gris-vert qui lui évoquait une forêt de sapins traversée par des nuages. Cette chose qu'il percevait, c'était de la détermination.
- Quoi qu'il t'ait fait, il paiera.
Stiles se mentalisa, fit tout pour ne pas pleurer. Il tourna d'ailleurs la tête, pour éviter que Lydia ne voie ses larmes naissantes, sauf que c'était trop tard. La banshee, en fine observatrice, avait vu le visage de son ami changer et ses yeux briller sous l'émotion. Ses mots le touchaient, parce qu'ils étaient juste. Elle avait bien visé, touchant son cœur. Et ce n'était pas fini.
- On le fera tous payer et je pense que Scott participera avec plaisir, continua-t-elle.
- Tu parles, cracha faiblement Stiles en ravalant ses larmes qui ne coulaient pas.
- Non, Stiles, je suis sérieuse.
Elle rabaissa alors sa manche et d'un seul coup, Stiles se détendit un peu.
- Il m'en veut.
- Pourquoi il t'en voudrait ? Il s'inquiète pour toi.
- Il était si en colère, se rappela douloureusement Stiles.
- Contre Derek, précisa-t-elle. Il pensait qu'il t'avait fait du mal.
Stiles hocha la tête. Il le savait, bien sûr, mais c'était encore difficile de l'accepter, surtout en repensant à tout ce que Derek faisait pour lui.
- Quand il a senti l'odeur de Derek sur toi, il a vrillé, parce qu'il avait peur pour toi. Au fond, il était terrifié à l'idée qu'il te soit arrivé malheur. Il sait quelque chose à propos de toi, de tout ça et ça l'a rendu fou. Tu lui manques, tu sais.
- Il me manque aussi, répondit douloureusement Stiles en croisant ses bras sur son torse pour se réchauffer un peu. Si c'est vrai… Pourquoi il ne me l'a pas dit quand il était là ?
- Il avait peur. Peur que tu le rejettes, que tu ne veuilles plus de son amitié. Il sait qu'il a mal agi et il n'attend qu'une chose, pouvoir se racheter.
Stiles soupira de soulagement et son corps se détendit tellement qu'il faillit perdre l'équilibre. Il s'accrocha à la rambarde pour ne pas tomber et, ayant remarqué son trouble, Lydia posa une main sur son bras, lui demanda également s'il avait besoin de s'assoir ou autre. Stiles répondit en souriant faiblement que ce n'était pas la peine, il était juste… Abasourdi. Bien sûr, il se doutait que Scott avait fini par savoir, pour lui. Et Derek lui avait vite fait sous-entendu que le basané s'en voulait pour ce qu'il avait fait. Pour autant, entendre tout cela de la bouche de Lydia, c'était différent. Au moins, il se rendait compte qu'il n'était pas le seul à vouloir réparer leur amitié et ça le soulageait vraiment. Scott lui manquait, vraiment. Il avait besoin de lui aussi pour traverser tout ça. En attendant, Lydia était là et il fallait avouer que son soutien et sa bienveillance lui faisaient du bien.
- Ce pull te va bien, notifia-t-elle en souriant doucement.
- Il est à Derek et il est trop grand, grimaça-t-il doucement.
- C'est justement ce qui fait qu'il te va bien. Il te met en valeur.
Stiles eut une impression de déjà-vu et se rappela que Derek lui avait plus ou moins dit la même chose.
- Stiles, dit-elle en reprenant un ton sérieux. Je sais que, comparé à Scott, ça ne fait pas longtemps qu'on se connait, mais… Tu peux me parler, tu sais, n'importe quand. Quel que soit ton problème, je serai là. Et s'il faut que tu me réserves pour que je garde des minis Stiles et des minis Derek à l'avenir, sache que je le ferai avec plaisir.
Stiles éclata de rire. Pour la première fois, il riait sincèrement en compagnie d'une autre personne que Derek. Et ça faisait du bien. Ses épaules semblèrent s'alléger d'un coup, comme si le poids qui les écrasait s'était allégé. Lydia rit avec lui et c'est tout naturellement qu'ils finirent par s'arrêter. Ils se regardèrent dans les yeux et cette fois, Stiles ne détourna pas le regard.
- Lydia, commença-t-il d'un ton peu assuré, merci d'être là pour moi.
- On l'est tous, lui répondit-elle en haussant les épaules.
Et là, sans prévenir, Stiles s'avança et la prit dans ses bras. Elle hoqueta de surprise mais passa bien vite ses bras autour de lui et laissa son front reposer contre son épaule. Son ami était là, contre elle, en chair et en os et elle pouvait affirmer sans honte qu'il lui avait manqué.
- Tu vois, j'aime pas les câlins. Je supporte pas qu'on m'en fasse. Mais Derek est une exception et toi… Avec toi, ça va.
Lydia comprit tout de suite que cet aveu qui pouvait paraître anodin ne l'était en réalité pas du tout. Stiles commençait à lui lâcher de maigres indices par-ci par-là, des petits cailloux, comme le petit Poucet. Et elle réalisa que par cette confession déguisée, Stiles lui laissait entendre à demi-mots qu'il lui accordait sa confiance.
