Merci pour les follow et pardon pour le retard...
Athina: Voilà la suite et bon on va dire que les deux semaines sont largement dépassées je suis désolée je manque d'inspi en ce moment ' bonne lecture tout de même !
CHAPITRE 15:
- Je dois vraiment monter toute seule ? Argua Giselle en avisant le cheval qu'on lui avait octroyé.
- Quel est le problème ? Demanda doucement le prince, perché sur sa monture. N'avez-vous jamais monté à cheval ?
- Et bien si, mais seulement quand j'étais petite, je ne suis plus remontée depuis. Avoua-t-elle.
Les quelques elfes alentour la regardaient d'une curieuse façon, cette elleth ne cessait de les surprendre, et pas forcément dans le bon sens. Elle fronça les sourcils envers toutes ces paires d'yeux rivées sur elle. Et ben quoi ? Elle n'avait pas le nez au milieu de la figure ? C'était si étonnant que ça de ne pas être à l'aise à cheval ? Qu'ils essayent de conduire une voiture eux, ils verraient.
- Legolas, argua une voix au timbre de velours que Giselle reconnaitrait entre mille, pourquoi n'avançons nous pas ? Je ne souhaite pas être en retard.
- Père, notre amie est plutôt réticente au fait de monter seule à cheval, peut-être devrais-je la prendre avec moi ? S'essaya le prince.
- Il en est hors de question, il n'y a rien a faire Giselle, vous n'avez qu'à laisser votre cheval se laisser guider, il avancera seul, arrêtez de faire l'enfant. S'époumona le roi, ce qui valut des sourires moqueurs de la part de certains.
Alors il la vouvoyait en public ? Il ne fallait surtout pas qu'il montre son attachement envers une elleth, tous pourraient croire qu'il avait un coeur. Pensa-t-elle, amère.
Elle lui lança un regard des plus noir lorsqu'il se détourna d'elle et s'éloigna à l'avant de la troupe, perché sur son cerf. Legolas aida l'elleth a monter sur son cheval et ils prirent finalement la route. Giselle porta son regard derrière elle en direction du royaume, il allait grandement lui manquer, ainsi qu'Edwen qui était l'un de ses seuls piliers. Heureusement que le prince était du voyage, elle n'aurait pas fait long feu sinon.
Voilà des heures qu'ils avaient entamé leur voyage, Giselle n'en pouvait plus, elle avait mal aux fesses et était épuisée, et elle semblait bien être la seule. "Ils se fatiguent jamais ces elfes ou quoi ?" Elle en venait presque à s'endormir sur sa monture, Legolas avait dù la secouer légèrement afin qu'elle ne bascule pas.
Ce dernier s'était avancé en tête de file pour rejoindre le roi.
- Aran nîn, si je peux me permettre, certains sont fatigués et la nuit commence à tomber, ne devrions nous pas établir le campement ?
- "Certains" dis tu ? Argua Thranduil, relevant un de ses épais sourcils.
- Vous connaissez la réponse. Elle se fatigue plus vite que nous père, vous le savez. Continua-t-il sans ciller.
Le roi soutenait le regard de son fils un instant avant de donner l'ordre de s'arrêter et d'établir le campement.
Giselle était ravie de voir que le pas s'était arrêté, elle allait enfin pouvoir se dégourdir les jambes, encore fallait-il qu'elle puisse les bouger. Après avoir attaché sa monture, le prince vint la rejoindre afin de l'aider à descendre.
- Merci beaucoup, fit-elle, donnant au prince un de ses sourires plus que sincères et chaleureux. Je ne sais pas combien de petites minutes j'aurais encore pu tenir sur ce canasson, de quoi êtes-vous fait vous les elfes pour tenir autant sans manger ni dormir ?
Legolas ricana.
- Quand allez-vous intégrer que vous êtes vous aussi une elfe, dame Giselle ?
- Jamais ! S'amusa-t-elle. Vous m'avez bien vu ? Je suis la seule morte de fatigue ici, personne n'a la moindre trace, même infime, de fatigue. J'ai le postérieur en feu, je ne rêve que d'une chose c'est de tremper mon derrière dans ce lac froid là-bas.
Le prince rougit légèrement, il n'avait pas l'habitude d'entendre de telles paroles venant d'une elleth.
- Au fait, le coupa-t-elle malgré elle, de ses pensées, où se trouve ma tente ?
Il fronça légèrement les sourcils d'incompréhension.
- Que voulez-vous dire ? Elle n'est pas assez visible selon vous ? Se moqua-t-il légèrement. Vous dormirez sous la tente de mon père bien sûr.
"Bien sûr" ? Ah oui c'était tellement évident.. il ne lui avait pas adressé la parole de la journée sauf pour la rabrouer, pas même un regard échangé, mais bien sûr elle dormait sous sa tente.
- Venez, fit-il en lui tendant son bras, je vais vous y accompagner.
Elle prit son bras sans rechigner, pas franchement enthousiaste de se retrouver seule avec le roi ce soir, le bas de son corps baignant dans le lac était une perspective bien plus réjouissante présentement.
- Je vous laisse ici Giselle, nous nous reverrons demain. Fit gentiment le prince, la main sur le coeur.
- Attendez ! Où dormez-vous ? S'inquiéta-t-elle.
- Ma tente princière n'est pas loin, ne vous en faite pas. Mais je vais d'abord marcher et écouter la nature.
- Et moi ? Pourquoi je ne peux pas vous accompagner ?
- Parce que tu es conviée par le roi et que l'on ne fait pas attendre le roi. Coupa Thranduil, se tenant derrière elle dans l'entrée de sa propre tente.
Elle leva les yeux au ciel. Elle n'avait pas envie de lui parler ce soir, pourquoi ne lui avait-il pas donné une tente ? Même toute petite..
- Bonne nuit Giselle, ada. Fit poliment le prince avant de s'éloigner.
L'elleth passa devant Thranduil sans un regard pour ce dernier et entra dans la tente. Celui-ci entra à son tour et servit deux coupes de vin. Il en tendit une à Giselle qui refusa.
- Que t'arrive-t-il, ma dame ?
- Oh mais rien, roi Thranduil. Le taquina-t-elle.
Il fronça légèrement les sourcils d'incompréhension.
- Que me voulez-vous, mon seigneur ? Et que fais-je en ces lieux, votre sainte seigneurie ? Continua-t-elle, mordante.
- Cesse cela tout de suite Giselle. S'impatienta-t-il.
- Ç'a n'a été que des "vous" de la journée et encore lorsque vous daignez m'adresser la parole, et maintenant on repasse au tutoiement ? Je ne comprends plus rien.
- Que me chantes-tu là ? Je croyais avoir été clair. Tu peux me tutoyer dans l'intimité, mais seulement dans l'intimité.
- Donc se tutoyer ça fait trop formel devant tous tes sujets mais moi qui dort dans TON lit sous TA tente c'est rien ? Tu parles d'une connerie.
- Corriges ton langage Giselle ! S'énerva-t-il. Je ne vais pas passer mon temps à te le dire.
- Encore faudrait-il que tu m'adresses la parole. Elle croisa les bras sur sa poitrine et s'asseya bruyamment sur le lit.
- Je n'ai adressé la parole à personne aujourd'hui, nous n'avons fait que marcher, que voulais-tu qu'il se passe exactement ?
- Je ne sais pas. Bouda-t-elle.
Mais elle savait parfaitement. Elle ne voulait pas qu'il la néglige ou ne la rabaisse autant devant tout le monde tout ça pour feindre son désintérêt aux yeux des autres. Elle n'était pas un espèce d'objet dont on se servait seulement en cas de besoin. Il lui avait terriblement manqué même s'il n'était qu'à quelques mêtres plus loin devant elle. Le simple fait de voir qu'il pouvait ne pas la calculer une seule seconde de toute la journée la terrifia. Elle n'avait voulu qu'une seule chose: être au creux de ses bras et profiter de l'environnement avec lui, blotti contre son torse. Mais lui visiblement s'en fichait royalement.
Une suivante arriva avec un plateau. Thranduil la remercia et la congédia. Giselle vint s'affaler en face de lui, toujours cet air boudeur accroché au visage. Elle jeta son regard sur le plateau qui venait d'être apporté.
- Encore du lembas ? Vous mangez autre chose des fois ? Râla-t-elle.
- Nous sommes en déplacement, il ne s'agit que d'un court voyage, nous n'avons pas besoin de nous sustenter autant. Il n'était pas nécessaire de faire venir plus de nourriture, grogna-t-il, agacé.
- Daeron me manque... laissa-t-elle échapper.
Thranduil tapa du poing sur le plateau, ce qui provoqua un bruit sourd et renversa sa coupe de vin.
- Ça suffit Giselle ! Tu es insupportable, je ne veux plus t'entendre de la nuit, manges et vas te coucher.
- J'ai pas faim ! Fit-elle en se levant brusquement. Et je ne veux pas dormir avec toi !
Elle attrapa une couverture et se posa sur la desserte se trouvant à deux mètres du lit du roi.
- Profites de cette nuit, ce sera la seule où nous nous arrêterons, puisque tu n'es qu'une ingrate, tu dormiras sur ta monture les prochaines nuits à venir. Argua-t-il.
Le roi bu sa coupe d'une traite et s'en servit une nouvelle avant de sortir de la tente et prendre l'air. Il s'approcha du lac et respira l'air frais. Il ne comprit pas le comportement de Giselle. Que lui reprochait-elle exactement ? Cela ne lui faisait pas spécialement plaisir non plus de devoir se montrer si détaché. Mais il était marié et ne pouvait se permettre ce genre de frivolités avec une elleth aux yeux de tous. Évidemment il l'avait gardé à l'oeil tout au long de la journée, à son insu. Il ne pouvait pas faire plus. Il était heureux de voir que Legolas prenait soin d'elle également, lui aussi tenait visiblement à elle. Son fils avait l'air de se réjouir de sa relation avec Giselle, ce qui restait un mystère pour le roi, il trahissait pourtant son mariage, sa famille.. Mais le prince voyait cette relation d'un autre oeil. Il haussa les épaules et reprit le chemin de sa tente, il allait essayer de trouver le sommeil dans cette nuit déjà agitée.
Giselle fut réveillée par les bruits alentour. Les elfes levaient le camp et elle se trouvait seule dans le lit. Elle entendait le roi donner des ordres en dehors. Elle s'était réveillée en pleine nuit et avait rejoint Thranduil endormi dans son lit. Son contact lui manquait, elle avait voulu lui subtiliser ces quelques heures de tendresse avant de l'avoir loin d'elle une nouvelle fois pour elle ne savait combien de temps. Elle avait mangé deux petits morceaux de lembas histoire d'avoir quelque chose dans l'estomac.
L'elleth sortit de la tente et vit le roi préparer sa monture, il lui adressa un bref regard avant de donner ordre de replier sa tente. Giselle leva les yeux au ciel, il n'avait vraiment pas envie de lui parler, tant pis elle irait parler avec quelqu'un d'autre. Elle passa un coup d'eau sur son visage et prit, elle aussi, sa monture.
- Bonjour Giselle, avez vous bien dormi ? S'enquit le prince de sa douce voix.
Elle sourit à sa vue et remercia le ciel qu'il fasse partie du voyage.
- Bonjour Legolas, une nuit un peu agitée mais bon, au moins je me suis reposée.. et vous ?
- Oui merci. J'imagine que votre dispute avec le roi ne vous a pas aidé. Osa-t-il.
Elle le regarda, surprise.
- Vous nous écoutiez ?!
Il gloussa légèrement.
- Disons que vous n'avez pas été bien discrets, ada a une voix qui porte et je ne pense pas être le seul a avoir entendu... Fit-il, gêné.
- Oh... Les joues de l'elleth prirent une teinte rosée.
- Je suis désolé, ajouta-t-il, je ne voulais pas vous mettre dans l'embarras, mais n'en veuillez pas à mon père, vous devez comprendre qu'il se doit d'avoir un certain comportement devant ses sujets.
- Ça va je sais je sais.. il m'a déjà servit ce refrain hier soir, fit-elle en balayant l'air de la main. Sans vouloir vous offenser Legolas, je ne suis pas à l'aise à l'idée de parler de ceci avec vous... et je ne me sens pas en super forme. Grommela-t-elle.
Il ne dit rien et acquiesça. Il comprenait son mécontentement mais trouvait que Giselle devait faire preuve de souplesse. Il se garda bien de le lui dire de peur de la vexer.
"Quand est-ce qu'on arrive ?" C'était ce que l'esprit de Giselle lui répétait en boucle depuis des heures. Non pas qu'elle ait spécialement envie d'arriver mais elle voulait surtout mettre un terme à sa torture.. elle était malade et avait vomit le peu qu'elle avait mangé en chemin. Legolas s'était inquiété de son état mais elle l'avait rassuré en lui disant que c'était le lembas qu'elle ne supportait plus et ne digérait plus. Il en était étonné mais n'avait rien ajouté après l'avoir vu remonter sur son cheval.
- J'ai mal.. se plaignit finalement Giselle. Ce qui lui valut des regards réprobateurs de la part des elfes les plus proches. Elle les entendait marmonner dans leur langue, ce qui ajouta davantage à son agacement déjà bien présent.
- Faites preuve de patience Giselle... chuchota Legolas. Nous y sommes presque, vous verrez que la destination vaut ces heures qui vous sont pénibles.. Giselle ??
Il voyait l'elleth se tortiller et se tenir le bas du dos. Sa monture sentit l'agitation de l'elleth et se cambra avant de s'éloigner, faisant tomber l'elleth au passage.
Legolas se précipita vers elle, l'entendant hurler de douleur.
- Giselle, allez vous bien ? S'inquiéta le prince.
- Non !! cria-t-elle. J'ai une douleur dans le bas du dos..
- Allez chercher le roi ! Cria le prince.
- Tout de suite, ernil.
Legolas examina l'elleth avant d'apercevoir du sang sur sa robe à l'entrejambe. Ses yeux s'agrandirent un instant de surprise et il se recula lorsque le roi s'était approché.
- Que s'est-il passé Legolas ? S'enquit le roi d'une voix forte.
- Je ne sais pas père, elle s'est plainte de douleur, est tombée de sa monture et elle perd un peu de sang, il nous faut la soigner. S'inquiéta-t-il.
Thranduil l'examina un instant, la prit dans ses bras et la mit sur sa monture.
- Je pars devant, nous sommes presque en Lothlorien, je te laisse les commandes, je dois la conduire d'urgence, nous nous retrouverons là-bas d'ici quelques heures.
Le prince fit un hochement de tête et regarda son père partir, Giselle dans ses bras.
Ce dernier partit à toute vitesse, son cerf ayant la capacité de se mouvoir plus habilement.
- Ne t'inquiètes pas mell nîn, je suis là. Lui susurra-t-il.
Giselle se réveilla dans un lit qu'elle ne connaissait pas, dans une chambre qu'elle ne connaissait pas non plus, dans un endroit qu'elle ne connaissait définitement pas. Elle se leva et admira un instant le lieu dans lequel elle se trouvait. Le décor n'était pas celui d'eryn lasgalen, c'était un style totalement différent. Cet endroit avait l'air magique, elle se croyait dans un rêve. Elle laissa balader son regard par la fenêtre et pu constater qu'elle était perchée dans un arbre. Elle se demandait bien comment un appartement entier pouvait tenir dans un arbre. Elle fut interrompue dans sa contemplation par des coups à la porte.
- Dame Giselle ? demanda une voix qu'elle ne connaissait pas.
- Oui ? S'enquit l'elleth brune.
Une elleth entra avec du linge propre, accompagnée d'un ellon. Ils étaient vêtus de tuniques claires tous les deux. L'elleth était blonde et l'ellon d'un châtain clair. Ce dernier avait les cheveux plus longs que sa compagne, cela fit sourire Giselle pour une raison qui lui était inconnue.
- Ma dame, je devais attendre votre réveil pour vous faire prendre votre bain, votre journée a été épuisante et pleine d'émotions, je suis peinée de votre perte. Fit l'elleth une main sur le coeur.
Giselle ne comprit pas pourquoi cette elleth la prit en pitié et fronça légèrement les sourcils.
- Que voulez-vous dire ?
- Ma dame, si je puis me permettre, intervint l'ellon qui n'avait pas encore parlé, je suis le guérisseur qui a pris soin de vous, je me nomme Lelion. Se présenta-t-il avec courtoisie.
- Guérisseur ? S'enquit-elle. Ce mot la stressa, elle ne savait pas ce qu'il s'était passé en forêt mais espérait que ce n'était rien de grave et qu'elle n'était pas gravement malade.
- Alyariel, va préparer le bain de dame Giselle, il me faut lui parler.
- Bien, acquiesça l'elleth blonde, toujours ce regard de pitié envers Giselle.
Giselle sortait de son bain chaud, elle ne savait pas ce que la servante avait mis mais cela lui avait fait un bien fou, elle avait mis du lait d'elle ne savait quoi, un parfum relaxant et des bougies. Giselle était même sûre de s'être endormie quelques minutes. Elle prit les vêtements mis à disposition par Alyariel et coiffa sa chevelure, son regard se perdant dans le miroir. Elle pensa à ce que le guérisseur le lui avait appris. Elle n'était même pas triste, seulement en colère. Des coups à la porte se firent entendre. Elle invita la personne, quel qu'elle soit, à entrer. Elle vit la silhouette de Thranduil se dessiner dans le miroir À mesure que ses pas foulaient le sol. Il s'arrêta derrière elle, un regard indéchiffrable à son égard.
- Mell nîn, commença-t-il.
- Non, le coupa-t-elle. Elle se tourna vers lui, les sourcils froncés. Tu m'as menti.
Il pencha la tête sur le coté, visiblement troublé par cette accusation.
- Je ne risquais pas de tomber enceinte hein ? "Les elfes mettent des centaines, voire des milliers d'années à avoir un enfant" ? Hein !? Ce sont tes propres mots.
- Je t'ai dis qu'il y avait peu de chances... osa-t-il, une tristesse dans la voix.
- Je me fous du peu de chances ! Tu m'as menti ! Elle se leva brusquement. Tu te rends compte que si il ne s'était pas passé ce qu'il s'est passé, j'aurais dû mettre au monde un gosse que je ne voulais même pas ? Et qui n'aurait même pas eu de père ? Tu te rends compte de ça ? Tu aurais vecu ta petite vie tranquille avec ta femme en Valinor et moi j'aurait été coincé avec cette chose toute seule. Explosa-t-elle.
- Jamais je ne t'aurai laissée toute seule dans cette situation ! Tonna-t-il, vexé de la vision que l'elleth avait de lui.
- Ah oui ? Et tu te serais débrouillé comment ? Salut chérie ça fait un baille, au fait j'ai engrossé une autre pendant que tu étais absente, je te présente ma putain et mon bâtard ! Fit-elle moqueuse.
- Il suffit Giselle ! Hurla-t-il en s'approchant. Tu n'as pas le droit de parler ainsi, je n'ai jamais tenu de tels propos-
- Tu sais quoi, le coupa-t-elle, ça n'a plus d'importance, cette chose s'est évacuée de moi naturellement, fort heureusement. Je t'en aurai voulu toute ma vie sinon.
Il renversa la petite table qui les séparait et s'approcha davantage.
- Comment oses-tu appeler ce petit être ainsi ?! N'as tu donc aucune peine ? Ne ressens-tu rien concernant ce tragique incident ?
Son ton était froid et terrifiant, mais elle sentit également une surprise dans sa voix ainsi qu'une pointe de déception. Elle baissa les yeux et s'asseya sur le lit.
- Tu ne supporterais pas de savoir ce que j'en penses. Affirma l'elleth.
- Cela ne peut pas être pire que ce que tu me montres présentement. Thranduil croisa les bras sur sa poitrine, dominant Giselle de toute sa hauteur, attendant qu'elle s'exprime.
Elle hésita quelques secondes, jouant avec les manches de sa robe et se lança finalement.
- Au risque de subir ton courroux, commença-t-elle, je ne suis pas triste d'avoir perdu ce foetus. Je ne savais même pas qu'il était là . Tu connais mon opinion envers tout ça, nous en avons déjà parlé. Je ne veux pas d'enfants, je ne changerai pas d'avis, même pour tes magnifiques yeux.
Elle leva finalement les yeux vers lui. Il paraissait encore plus immense que d'ordinaire. Comment un être pouvait dégager une aura aussi protectrice que terrifiante ?
- Je ne souhaite pas que ça se reproduise, confia-t-elle.
Il leva un de ses épais sourcils, l'invitant silencieusement à continuer.
- J'ai longuement réfléchis et il n'y a que deux solutions à ce problème.
Le souverain tiqua au mot "problème". Il n'aimait pas ce qualificatif.
- Soit nous.. arrêtons ce qu'il se passe entre nous.. fit-elle, tremblante. Soit je prends les mesures qui s'imposent pour éviter que cela ne se reproduise.
Il fronça les sourcils.
- Des mesures ? Sa voix grave trahissait son mécontentement.
- Le guérisseur m'a dit que vous aviez une espèce de médicament, un peu comme la pilule chez moi, mais sous forme de liquide, qu'il faut prendre tous les soirs pour éviter de tomber enceinte..
Les yeux du roi s'agrandirent sous la surprise.
- Tu n'y pense pas une seule seconde ! Tonna-t-il. Ce poison se trouve principalement au marché noir, les elfes n'en n'utilisent pas.
- Ah oui ? Fit-elle suspicieuse. Et pour les ellith qui ont tendance à faire trop de fausses couches ? Ou sont trop fragiles pour mettre au monde des enfants ? Lelion m'a dit que ce médicament est plus courant que ce que l'on croit mais que c'était tabou chez vous.. en tout cas chez les elfes.
- C'est de la barbarie, empêcher la nature de faire son travail, voilà bien une invention d'humains. Argua-t-il, mechant.
Elle le voyait dans ses yeux, il n'appréciait pas du tout ce qu'il se passait, la discussion qu'ils avaient, et elle avait peur de subir sa colère qui semblait imminente.
- Enlève toi de suite cette idée de la tête, il n'est pas question que tu empoisonnes ton corps de la sorte. Cet ellon n'aurait jamais dû te parler de ceci, il va falloir que je lui en touche un mot.
Elle lui attrapa le bras lorsqu'il avait entamé sa marche vers la sortie.
- Il en est hors de question ! Laisse le tranquille il n'a fait que répondre à mes questions. Elle posa les mains sur ses hanches. Et puis tu vas lui dire quoi ? "Ne dites plus jamais à ma servante ce qu'elle doit faire de sa vie sexuelle ?"
Il sembla réfléchir à sa remarque.
- Tu te doutes bien que je ne lui ait pas dit qui était le.. le.. le géniteur, osa-t-elle, timide. Il va trouver ça vraiment bizarre que tu t'occupes des affaires intimes de ta servante.
Il fronça légèrement les sourcils. Ainsi elle n'avait pas révélé leur relation ? Il ne savait pas si cela l'impressionnait ou le froissait.. N'importe quelle elleth aurait sauté sur l'opportunité de dire à tous qu'elle avait attendu l'enfant du souverain.. mais pas Giselle. N'était-il pas assez important pour qu'elle dévoile cette relation ? Ou avait-elle simplement voulu protéger sa réputation ? Il était trop énervé pour lui poser la question. Il devait d'abord lui enlever cette idé saugrenue de la tête: s'empoisonner afin d'éviter de tomber une nouvelle fois enceinte de lui.
- Je ne peux pas laisser passer cela. Il n'aurait jamais dû te proposer une telle chose, j'ai honte pour notre espèce, il en subira les conséquences.
- Je m'en fous ! Hurla-t-elle, il a était honnête LUI au moins, et à moins que tu ne mette un terme à tout ceci, fit-elle en les désignant tous les deux, c'est la solution que je choisis. Ce ne sera pas différent de ce que je faisais sur ma terre à moi. Je prendrais cette potion, peu importe ce que tu peux bien penser. Affirma-t-elle, déterminée.
Il lui attrapa fermement la mâchoire d'une seule main, son index et son pouce exerçant une légère pression.
- À qui crois-tu avoir affaire ? Je suis ton roi, si je décide que ce poison n'a pas sa place dans mon royaume, tu n'en utiliseras pas et ma volonté sera respectée.
Elle le regardait, profondément choquée par ses paroles et son attitude. L'elleth réalisa que le ton menaçant du roi et son attitude, l'effrayait. Mais elle reprit rapidement ses esprits et se dit que si elle n'agissait pas de suite, ce serait un engrenage et qu'il essaierait d'avoir le dessus sur elle constamment. Elle serra les dents et se dégagea de sa prise en reculant violemment la tête.
- Alors je ne reviendrai pas dans ton royaume, retorqua-t-elle.
Il accusa le coup. Alors ainsi elle préférait choisir cette solution ? Était-il une si mauvaise personne pour qu'elle choisisse ce poison.. à lui ? Il ne pensait pas, en entrant dans ce talan, que la discussion prendrait un tel tournant. Il savait Giselle réticente à la maternité, mais avait espéré que cet épisode fâcheux lui aurait fait changer d'avis, c'était plutôt le contraire. Sans voix face à cette déclaration, il tourna les talons vers la sortie et s'arrêta dans l'embrasure de la porte.
- Si tu crois avoir le choix, tu vis dans l'illusion. Tu m'appartiens depuis le jour où tu as posé un pied dans ma forêt. Fit-il d'un ton calme et posé avant de passer la porte. Il avait décidé de ne pas poursuivre la discussion ce soir, laissant l'elleth encaisser ce qu'elle avait traversé, et lui aussi par la même occasion.
La dernière phrase du souverain glaça le sang de Giselle, elle se demandait alors si elle avait toujours son libre arbitre dans ce monde de fou.
A suivre..
