Hey, ça fait un moment, pas vrai? Je suis plus active sur ao3 (x_manga_Bleach_x) en ce moment mais cette histoire ne sera posté qu'ici pour le moment. Petit avertissement: cette fic n'a que quatre chapitres! Je ne sais pas si je la finirai ou pas mais elle ne fait pour l'instant pas partie de mes priorités donc si vous comptez lire les quatre chapitres, je voulais vous prévenir.

Univers : T4

Pairings : Polymorous ~ Male Slytherins Upperclassmen/Harry (NO Drarry - Désolé!)

Side Pairings : pré - Bill/Fleur

→ pré - Remus Lupin/Tonks

→ pré - Hermione Granger/Ronald Weasley.

→ pré - Amelia Bones/Sirius Black (?)

→ Charles Higgs/Gabriel Higgs (OMC/OMC)

Tags : Incubus Harry – Ginny Weasley Bashing – What Could Have Been – Male Harem/Harry – BAMF Luna – Good Dolohov – Good Rookwood – Deity – Evil Ginny – Dark Dumbles – Grey Harry – Non Epilogue compliant – Protective Ron - Mild Molly Weasley Bashing - Good Hermione - Good Ron - Protective Slytherins - Creature Harry

Dans le livre DH (qui est lu) quelque chose est arrivé et Harry n'a pas éveillé ses gênes d'Incube.

PS : Contrairement à la version canon, certains mangemorts ne suivent pas volontairement Voldemort. Comme Dolohov par exemple ( je l'adore ).

→ Les deux articles présents dans le chapitre 2 ne sont pas insérés dans le texte mais il est dit qu'ils sont lus.

Au début, cette fic devait être un extra Bashing!Hermione mais j'ai changé pour Ginny car j'aime vraiment le trio d'or même si j'ai du mal à ne pas partir dans du bashing. Bref, je suis en train de corriger les passages où Hermione était montrée dans un angle négatif, mais il restera peut-être des erreurs.

passages livres – passages changés ou ajoutés

On commence directement au chapitre 2!

Mots : ~ 8,100


Great Hall T4 – Hogwarts reads the Deathly Hallows

.

Harry revint lentement à lui, seulement pour voir une dizaine de têtes floutées penchées au-dessus de lui.

''Huh ?

_ Harry !''

Il reconnut instinctivement la voix de Fred. Ça n'était pas bien difficile. Fred avait une voix légèrement plus aiguë que George. Une paire de bras le souleva et l'aida à s'asseoir. Il cligna des yeux, l'air adorablement endormi puis regarda autour de lui. Une vingtaine d'élèves – majoritairement Gryffondors ( Ron, les jumeaux, Hermione et quelques autres ) et Durmstrangois l'entouraient, bien que quelques Serpentards et Serdaigles se soient mêlés dans le tas. Huh ?

'' - ce qui s'est passé ?'' marmotta-t-il après être parvenu à étouffer un bâillement.

Il avisa les regards anxieux qu'on lui adressa et pencha la tête sur le côté avant de geindre faiblement et de porter la main à son crâne. George l'arrêta aussitôt.

« Un Serdaigle de troisième année pratiquait un sort de charme dans la Grande Salle un peu avant l'arrivée de tout le monde, mais l'a mal prononcé. Le sort t'a touché en pleine poitrine et en t'effondrant, ta tête a cogné assez violemment le sol. »

Harry grimaça. Ah, ça expliquait la douleur qui irradiait dans sa tête.

_ Mme Pomfrey t'a guéri, poursuivit George. Elle voulait te transporter à l'infirmerie mais... quelque chose est arrivé...

Harry fronça les sourcils devant l'air anxieux des jumeaux – et toute personne les entourant.

Ron l'aida à se relever, peut-être un peu trop vite car il tangua et tituba avant que son meilleur-ami ne le rattrape. Il marmonna un remerciement et balaya la salle d'un regard intrigué. Tout le monde le regardait – rien de nouveau, ça arrivait malheureusement bien trop souvent à son goût-, mais cette fois-ci, il y avait un mélange d'appréhension, d'inquiétude et de curiosité dans leurs regards et ça... ça Harry ne comprenait pas vraiment.

Que se passait-il bon sang ?

La première tâche s'était déroulée le matin-même et beaucoup d'invités ayant acheté un ticket pour assister à l'épreuve, avaient été invités à rester le week-end. Aussi, beaucoup plus de monde était présent dans la Grande Salle, pas seulement des employés haut-placés au ministère, non, mais aussi toute personne ayant les moyens de se payer la place, qu'ils viennent de Grande Bretagne ou d'ailleurs. Les Weasley étaient eux aussi présents – apparemment, Mr Weasley avait reçu des places en prime grâce à son travail exemplaire ces derniers mois.

Il y avait aussi de nouveaux visages. Des gens en uniforme, mais pas des Aurors ( il avait déjà remarqué les Aurors plus tôt dans la journée ), non. Des langues-de-plombs et des Hit-Wizards. Dumbledore n'avait pas été très heureux en apprenant leur prochaine visite ( un point bonus pour eux, selon Harry, Ron & les jumeaux ).

« Fred, que se passe-t-il ?

_ Et bien... »

Fred grimaça et afficha un air penaud. Harry sentit la bile remonter dans sa gorge.

_ Le sort a... a eu un certain effet. Le sort qu'il a accidentellement jeté est censé projeté les mémoires de la victime que ce soit dans un format err...

_ Livre ou film, expliqua Lisa Turpin, qui était une née-moldue de la année à Serdaigle.

_ C'est ça, approuva nerveusement Fred.

Harry afficha un air horrifié et le rouquin s'empressa de le rassurer du mieux qu'il put :

« Mais ce n'est pas ce qui est arrivé. Err... Quelque chose... ou quelqu'un a interféré et, continua-t-il face au regard confus et intrigué de Harry.

_ Et au lieu de montrer le passé, on va lire le futur. » le coupa Jason Urquhart de Serpentard.

Il n'avait pas la patience d'attendre que le rouquin crache le morceau. Les jumeaux Weasley, qui étaient d'habitude si francs et directs, semblaient avoir bien du mal à expliquer la situation au petit Survivant.

Puis, sachant qu'ils devraient donner sans doute davantage d'informations au brunet avant de démarrer la lecture ( les mêmes informations qu'ils avaient reçu pendant que Mrs Pomfrey soignait le Gryffondor inconscient ), il reprit :

« Apparemment, ce qu'on va lire c'est un ''Futur qui aurait pu arriver'' et qui aurait dû arriver si tu n'avais pas découvert quelque chose d'important l'année dernière. »

Harry cligna des yeux quand il vit Urquhart regarder fixement dans une direction et, quand il suivit son regard, il découvrit avec stupeur que Ginny était encadrée par deux Aurors a l'air particulièrement ronchons. Ginny, qui était devenue particulièrement proche du Trio depuis qu'elle avait été sauvée par Harry dans la Chambre des Secrets.

Il n'eut pas l'occasion de demander des détails sur la raison pour laquelle Ginn, la petite sœur de Ron et des jumeaux, était escortée par des Aurors, comme une prisonnière attendant la pénitence car George lui expliqua aussitôt :

« Apparemment dans ce ''Futur Qui Aurait Pu Arriver'' tu es mort parce que Ginny t'a tué. Dans le dos.

_ Oh. »

Il n'y avait pas grand chose à répondre. Bien que surpris, il n'était pas vraiment choqué. Pas après ce qu'il avait appris l'année passée et honnêtement, il était encore un peu sonné même si tout indiquait que Mrs Pomfrey l'avait guéri. C'était peut-être en partie parce qu'il était affamé ( et pas le genre de faim qu'on puisse calmer en mangeant de la nourriture humaine ). Il savait qu'il n'était pas tout à fait dans son état normal, ça c'était clair. Il était néanmoins reconnaissant envers madame Pomfrey pour s'en tenir au secret médical et n'avoir alerté personne de son problème... ou de sa véritable nature. Ça avait été un choc quand il avait... changé au cours de l'été. Sûr, il avait déjà constaté au cours des dernières années qu'il y avait parfois des fois où il ne se sentait pas rassasié, peu importe qu'il mange à sa faim. Il était juste... affamé. Il n'avait jamais pensé que c'était un différent genre de famine dont il souffrait.

« Tu n'es pas surpris. » remarqua Cassius Warrington, les lèvres pressées en une fine ligne.

Harry était un peu surpris de voir l'inquiétude dans le regard du sixième année. Il s'entendait bien avec quelques uns des Serpentards les plus âgés et ce, depuis l'année passée justement, mais ça ne voulait pas dire qu'il s'attendait à ce que ceux-ci se montrent aussi concernés à son égard.

C'était... C'était bien. Ses joues rosirent légèrement.

_ Non, je ne le suis pas.

Il ne leur offrit pas davantage d'explication mais sentit bien les regards brûlant de curiosité des autres élèves et Dumrstrangois rassemblés autour de lui.

« Ce n'est pas tout. La... l'entité qui a interféré a aussi dit que ce qu'on allait lire s'était produit avant... et bien avant ta mort, reprit George en s'éclaircissant la gorge.

_ Je sens que tu ne me dis pas quelque chose, George, fit Harry, le regard plat.

_ Zut. » jura doucement Ron.

Fred affichait une tête de chiot battu et Harry se sentit presque mal pour lui demander des détails mais il avait le sentiment que c'était important aussi ne se laissa-t-il pas attendrir par l'expression de l'autre jumeau.

« L'entité a aussi dit que Weas – Gin... que la Ginny du Future Qui Aurait Pu Arriver' était aussi responsable de la mort des jumeaux et de l'état comateux de Ron. » l'informa Susan Bones, qui s'était faufilée dans le groupe de Gryff-Serp-Serd, et Durmstrangois.

Harry se figea.

''Oh non...'' marmonna Fred en voyant les jolis yeux verts de Harry s'assombrir et briller d'un éclat surnaturel alors qu'une partie de sa magie irradiait autour de lui.

Personne ne manqua cette soudaine manifestation de pouvoir. C'était puissant, intense, presque oppressant mais c'était aussi... pur d'une certaine manière... protecteur... bienveillant.

Ils n'eurent aucun mal à en trouver la provenance alors que faisceaux lumineux enveloppaient doucement Harry et, dans une moindre mesure, le groupe de personnes autour de lui.

Fred réagit à temps pour arrêter Harry quand celui-ci pivota brutalement vers Ginny et il enveloppa le petit brun dans une étreinte chaleureuse tout en lui chuchotant des mots rassurants à l'oreille. Harry se débattit faiblement mais il n'avait jamais été de ceux qui esquivaient les étreintes et autres PDA, aussi ne mit-il pas longtemps à déposer les armes et à reposer mollement contre son ami et frère de cœur. Il aurait sa vengeance plus tard. À l'abri des regards.

Fred hocha la tête à son jumeau puis guida doucement Harry jusqu'à la table des Serpentards où il entreprit de le faire asseoir en ignorant royalement le cri d'indignation de Malfoy.

George, Ron, Hermione, Neville, Luna et les autres Serpentards ( ceux qui avaient été présents au centre de la pièce depuis le réveil de Harry ) suivirent à leur suite et Susan Bones jeta un bref regard à la table des Poufsouffles et à sa meilleure-amie Hannah, avant de suivre leur exemple et de s'asseoir à la table des vert et argent après un bref hochement de tête au Leader des Serpentards qui, contrairement aux idées reçues, n'était pas Malfoy mais bien Marcus Flint.

Si tout le monde était curieux vis à vis de la longue queue noire de Harry ( une queue qui bifurquait en deux bouts à la fin ), ou ses canines plus aiguisées, personne n'osa faire de remarque à ce sujet, probablement parce que Harry n'avait pas remarqué que les glamours avaient disparu et qu'ils ne tenaient pas à le voir plonger dans une crise de panique ( certains avaient déjà vu le garçon dans un tel état et ça n'était pas joli à voir aussi avaient-ils promis une belle vengeance si d'autres osaient interroger Harry là-dessus ).

Les adultes bien entendu, n'en crurent pas leurs yeux quand ils virent ce mélange hétéroclite ( un mélange des quatre maisons rassemblé à la table des SERPENTARDS ! ) mais, fort heureusement, un des adultes présents – Madame Bones, s'éclaircit la gorge et amena le calme alors qu'elle expliquait aux retardataires – Fudge et son escorte-, ce qui s'était produit et ce qu'ils allaient lire.

Puis elle décida d'être la première à lire :

« Harry Potter et les Reliques de la Mort. »

Dumbledore se redressa brutalement alors qu'une explosion de murmures se propageait déjà dans la salle. Vu le nombre de personnes présentes, Harry n'était pas surpris par le bruit mais c'était tout de même... écrasant. Harry laissa tomber sa tête contre la personne assise à sa gauche et qui s'avéra être Urquhart ( l'un des Serpentards avec qui il s'entendait très bien ).

''Harry ?

_ C'est quoi les Reliques de la Mort ?'' Demanda-t-il d'une voix douce.

Jason (Urquhart) avisa son teint rougissant et posa sa main sur le front de Harry avant de toucher la joue du petit brun.

_ Tu as un peu de fièvre, je pense, déclara-il.

_ Non, ma température corporelle est naturellement plus élevée, rétorqua-t-il, malgré l'air confus du Serpentard. C'est juste qu'il y a beaucoup de bruit. Mes sens s'agitent.

Jason jeta un regard à la queue de Harry et hocha la tête. Il ignorait ce qu'était le Gryffondor, mais il supposait que s'il était une créature à fourrure ( ça n'était pas le cas ), alors ça ne l'étonnerait sans doute pas si le garçon avait une température corporelle plus élevée que celles des autres humains.

Un papier tomba dans les mains de Harry et quand il avisa les regards curieux, il haussa les épaules :

''Ça dit que le livre expliquera plus tard ce que sont les Reliques de la Mort pour tous ceux qui n'en ont jamais entendu parler ou ne savent pas ce de quoi il s'agit.'' déclara-t-il timidement.

_ Chapitre 2, reprit Madame Bones. In Memoriam.

''Attendez, pourquoi 'chapitre 2' ? s'étonna Megan Jones, de Poufsouffle. On vient juste de commencer.

_ Je suppose que le livre ne souhaite pas dévoiler tout de suite certaines informations pour des raisons quelconques.''

Cette théorie sembla suffire puisque le niveau de bruit retourna à la normale.

Harry saignait.

''Oh non, déjà ?!'' s'exclama Fred, horrifié.

Il ignora les regards interrogateurs qu'on lui lança et tourna la tête vers Harry.

''Harry, ce n'est que la première phrase du premier chapitre et tu es déjà en danger mortel !

_ Hey ! Protesta faiblement Harry en se redressant un peu pour adresser un regard ensommeillé au rouquin. Rien ne dit que je suis en danger mortel. Il est juste dit que je saigne.

_ Je t'en prie, toi et moi savons parfaitement que quand ça arrive, c'est toujours dans une situation de vie ou de mort !'' rétorqua George.

Leur petit débat inquiéta autant les adultes que les enfants. Que diable s'était-il passé ici, hein ?

Le petit brun leur lança un regard noir puis regarda Ron et Hermione mais ceux-ci se contentèrent de hausser un sourcil.

_ Tu dois avouer que c'est vrai, fit Ron en haussant les épaules.

Harry leur adressa un regard trahi, qui ne rassurant pas davantage les nombreux adultes présents.

Se tenant la main droite avec la gauche, jurant à mi-voix,

''Harry, ne jure pas.'' l'admonesta Mrs Weasley.

Harry roula des yeux, tout comme bon nombre de personnes présentes ( ainsi que Ron & les jumeaux ).

il ouvrit la porte de sa chambre d'un coup d'épaule et entendit un bruit de porcelaine brisée: il venait de marcher sur une tasse de thé froid posée sur le sol, à l'entrée de sa chambre.

''Qu'est-ce que ça faisait là au juste ? S'enquit Justin en fronçant les sourcils.

_ Probablement un piège de Dudley,'' répondit nonchalamment Harry en reposant sa tête contre l'épaule d'Urquhart.

Justin n'eut pas l'occasion de demander qui était Dudley. Peut-être son petit-frère ? Harry avait-il un petit frère ? À bien y réfléchir, il ne parlait pas vraiment de sa vie en dehors de Poudlard et ça n'était pas comme s'il avait eu beaucoup d'occasions pour parler avec le Survivant.

_ Qu'est-ce que… ?

Il regarda autour de lui. Le palier du 4, Privet Drive était désert. Peut-être la tasse de thé avait-elle été placée là par Dudley qui pensait que ce serait un bon piège.

Harry hocha la tête, en accord avec lui-même alors que Fred sentait un sourire étirer ses lèvres.

_ On devient gâteux, Harry ? Demanda-t-il en utilisant une expression moldue qu'il avait appris au cours de l'été. C'est qu'on prend de l'âge, pas vrai ?

Harry grogna faiblement mais refusa d'ouvrir les yeux.

Tenant levée sa main qui saignait, Harry ramassa de son autre main les débris de porcelaine et les jeta dans la corbeille déjà pleine, tout juste visible derrière la porte de sa chambre. Puis il se précipita dans la salle de bains pour passer son doigt sous l'eau.

Malfoy roula des yeux. Honnêtement, il avait autre chose à faire que de rester dans la grande salle à écouter les déboires de Potter. Il n'était pas curieux. Absolument pas. Non madame.

Il ne tenait pas à connaître le futur de Potter.

Il était stupide, injustifié, extraordinairement agaçant, qu'il doive encore attendre quatre jours avant d'avoir le droit de faire usage de magie…

''Oh, donc tu vas avoir dix-sept ans ici.

_ Vous ne le saviez pas ?

_ Non, l'entité a juste laissé entendre que ça se passait un an avant ta... et bien.. mort.

_ Oh.''

Attendez... cela voulait donc dire que Harry Potter avait à peine dix-huit ans quand il avait été assassiné ?!

Par Weaslette en plus de ça !

Mais de toute façon, il devait bien admettre que cette entaille aurait résisté à ses talents de sorcier. Il n'avait jamais appris à soigner les blessures et maintenant qu'il y pensait – surtout compte tenu de ses projets immédiats –, il lui sembla qu'il s'agissait d'une grave lacune dans son éducation magique.

''Quels projets immédiats ? Demanda Mrs Weasley, les sourcils froncés en une sévère grimace.

Harry, Ron et Hermione échangèrent un regard et grimacèrent. Ils auraient tous trois préféré que Mrs Weasley ne soit pas présente pour cette lecture. Vu la [mal]chance des Potter, Harry ne serait pas surpris si ce qu'ils allaient lire suivait une ou plusieurs quêtes mortelles.

Bah ! Il avait quelques notions de premiers soins non magiques, ça ferait l'affaire pour le moment, songea-t-il alors qu'il attrapait une bande de papier hygiénique pour essuyer au mieux le thé répandu à terre. Il retourna dans sa chambre en claquant la porte derrière lui.

''Oh non, Harry est de mauvais poil.

_ - moi dormir.'' ronchonna celui-ci.

_ Tu ne veux pas écouter ?''

Harry fit un effort sur humain pour ouvrir les yeux puis il hocha la tête. Il pouvait écouter, tant qu'on ne le forçait pas à interagir ou à donner un avis constructif sur quoi que ce soit. Son cerveau était plus mou qu'une limace pour le moment.

Harry avait passé la matinée à vider entièrement sa grosse valise pour la première fois depuis qu'il l'avait remplie, six ans auparavant. Au début de chaque année scolaire, il s'était contenté d'enlever aux trois quarts la partie supérieure de son contenu qu'il remplaçait ou adaptait en fonction des besoins, laissant au fond les affaires dont il se servait le moins.

Ginny roula des yeux et secoua la tête d'un air exaspéré, ignorant aisément les regards noirs que lui adressèrent les deux Aurors l'encadrant. Le professeur Dumbledore viendrait la sortir de ce mauvais pas dès qu'il le pourrait. Il le ferait. Il réglait toujours les problèmes que Ginny rencontrait. Elle ne comprenait pas pourquoi ils devaient lire ça. Peut-être que ça allait parler de leur mariage ! … Mais alors... pourquoi quelqu'un – un idiot, assurément!-, insistait qu'elle avait tué/allait tuer Harry ? Son Harry. C'était insensé, voyons !

Quelques minutes plus tôt, il avait plongé le bras dans ce fouillis et avait ressenti une douleur fulgurante à l'annulaire droit. Quand il avait retiré sa main, son doigt ruisselait de sang.

Harry n'eut aucun mal à entendre le ''Fais plus attention, Harry.'' réprobateur de Mrs Weasley mais c'était peut-être à cause de ses sens exacerbés. Il fronça les sourcils. Peut-être devrait-il être moins sévère sur ses sentiments vis à vis de la mère de Ron et des jumeaux. Non ! Non de non ! Il ne le ferait pas. La femme avait essayé de forcer un contrat de mariage entre lui et sa fille et ça, il en était hors de question. Déjà, Harry n'aimait pas vraiment les filles. Ensuite, il n'aimait pas Ginny. Et enfin, Ginny était... Et bien, il n'y avait pas vraiment d'autres moyens de l'annoncer : Ginny était une catin (et il ne disait pas ça parce qu'elle s'était fait un quart des garçons de l'école, non. Il disait ça parce qu'elle flirtait intentionnellement avec des garçons en couple et certes, il y avait deux fautifs dans ces cas-là, mais tout de même). Et apparemment son futur assassin.

Il était surpris que Mrs Weasley ne soit pas en train de hurler pour faire libérer sa fille, qui était gardée par deux Aurors baraqués et grognons.

Il procéda alors avec un peu plus de prudence. S'agenouillant à nouveau à côté de la grosse valise, il tâtonna dans le fond et, après en avoir extrait un vieux badge dont l'inscription luisait faiblement en passant de VIVE CEDRIC DIGGORY À BAS POTTER

À cela, bon nombre de personnes gesticulèrent nerveusement ou avec culpabilité et les adultes froncèrent les sourcils alors que certains secouaient la tête. Visiblement les problèmes de persécutions n'avaient pas cessé de faire parler d'eux à Poudlard et les professeurs ne sévissaient toujours pas dans ces cas-là. Cedric, lui aussi, fronça les sourcils. Certes, il n'avait pas vraiment apprécié que l'autre garçon soit aussi nommé champion, mais il n'avait pas voulu que ses camarades portent ces ridicules badges.

un Scrutoscope usé et un médaillon d'or dans lequel se trouvait un message signé R.A.B.,

''Un message ?

_ Un médaillon ?''

Étudiants, invités et professeurs dévisagèrent les deux adolescents qui venaient de prendre la parole, en l'occurrence : Harry et George. Fred et George haussèrent un sourcil alors que Harry haussait les épaules.

''Aucune idée.'' dit-il avant de reporter son attention sur Madame Bones, qui prit cela comme une incitation à reprendre la lecture.

il finit par découvrir l'objet tranchant responsable de sa blessure. Il le reconnut aussitôt. C'était un fragment de cinq centimètres de longueur provenant du miroir magique que Sirius, son parrain disparu, lui avait offert.

Un remous agita les rangs avant que la compagne de Fudge – une horrible femme vêtue d'un cardigan rose ne dise d'une voix geignarde :

« Vous êtes en contact avec un criminel Mr Potter ? »

Harry se hérissa aussitôt et darda un regard hautain sur la femme :

« Je ne me souviens pas avoir dit une telle chose. C'est un futur qui n'est pas arrivé, Miss. Mais pour répondre à votre question, non, je ne suis pas en contact avec un criminel. »

À présent, tous ceux qui n'étaient pas au courant du fait que Sirius Black soit le parrain de Harry, savaient – merci aux chuchotis et avaient les yeux grands ouverts.

« Pour l'amour de Merlin, pas encore ces sottises ! S'exclama Fudge, exaspéré.

_ Mon parrain est innocent et vous l'auriez su si vous aviez pris la peine de lui accorder un procès au lieu de l'envoyer directement à Azkaban. » siffla Harry, la mâchoire serrée.

Madame Bones cligna des yeux puis fronça les sourcils au-dessus des sons incrédules des autres sorciers et sorcières présents.

''Restez assuré, Mr Potter, que si votre parrain n'a effectivement pas reçu de procès, il en recevra un au plus tôt.'' déclara-t-elle par-dessus les protestations du ministre.

Harry lui jeta un regard perçant, l'évaluant avec sérieux, puis hocha la tête avec approbation et reconnaissance.

Il refusait de se faire avoir une nouvelle fois.

Remus et Padfoot, qui n'avaient eu d'autre choix que de s'asseoir à la table des lions, affichèrent un léger sourire ( ou ce qui aurait pu être un sourire dans le cas de Padfoot ) en guise de reconnaissance, au petit brun.

Harry se réinstalla confortablement contre Urquhart, ignorant les regards scrutateurs des autres Serpentards et Durmstrangois.

Harry le mit de côté et continua de fouiller précautionneusement au fond de sa valise pour chercher les autres morceaux, mais il ne restait plus rien du dernier cadeau de son parrain, à part du verre broyé qui s'était collé à la dernière couche de débris comme un gravier scintillant.

'Dernier ?' songea Padfoot, la gueule entre les pattes, allongé sur le sol froid. Il comptait offrir ceci pour le quinzième Noël de Harry.

Si c'était le cas, cela voulait dire qu'il était mort dans l'autre futur et qu'il avait laissé Harry bien trop tôt.

Ça ne pouvait pas arriver. Pas cette fois-ci. Si cela arrivait, il ne se le pardonnerait jamais. Il n'était peut-être pas la personne la plus responsable au monde, loin de là, mais il était sérieux au sujet de prendre soin de Harry.

Harry se redressa et examina le morceau de miroir responsable de sa coupure mais n'y vit rien d'autre que le reflet de son œil vert et brillant qui lui rendait son regard. Il posa le fragment sur La Gazette du sorcier, arrivée le matin même, qu'il avait laissée sur le lit sans l'avoir lue. Essayant de refouler la vague soudaine de souvenirs douloureux,

Des souvenirs douloureux ?

Harry avait lui aussi lu entre les lignes. Il était certain que Sirius était mort dans l'autre futur. Et vu que Harry n'avait pas encore dix-sept ans dans l'autre futur, cela voulait dire qu'il avait dû mourir bien avant. Stop, Harry ne voulait plus perdre des figures familiales. Perdre Sirius, ça serait trop douloureux, même s'il ne le connaissait pas encore très bien. Savoir que Sirius s'était évadé d'Azkaban pour le protéger de Wormtail (et, okay, pour se venger également), ça faisait chaud au cœur.

les regrets et la nostalgie que la découverte du miroir brisé avait fait naître, il s'attaqua au reste du bric-à-brac amassé dans la valise.

Molly ouvrit la bouche pour réprimander Harry mais la referma aussitôt quand elle vit le bout de la baguette d'un des Aurors qui gardait sa fille, s'enfoncer contre le bras de cette dernière.

Pourquoi Dumbledore ne disait-il rien ? Ils étaient clairement en train de la menacer ! Pourquoi ne faisait-il rien ?

Molly reporta son attention sur l'Auror en question pour le réprimander bruyamment mais se trouva incapable de parler. Ah oui... elle avait été rendue muette par l'un des Aurors présents, un peu plus tôt quand elle avait hurlé dessus pour qu'ils laissent Ginny tranquille. Elle ne pouvait plus crier, seulement parler normalement jusqu'à l'effet du charme s'estompe.

Tout ça n'était qu'une terrible erreur ! Ginny n'allait pas tuer Harry, enfin ! Elle allait l'épouser !

Il lui fallut une heure de plus pour la vider entièrement, jeter les objets inutiles et trier les autres en piles séparées selon qu'il en aurait ou non besoin désormais. Les robes de Quidditch et celles qu'il portait à l'école, son chaudron, ses parchemins, ses plumes et la plupart de ses livres de classe furent entassés dans un coin où il comptait les abandonner.

''Quoi ?!'' s'exclamèrent adultes et adolescents.

Harry ne dit rien mais il affichait un regard curieux. Pourquoi abandonner ses affaires de cours ? Ne comptait-il pas retourner à Poudlard pour sa dernière année ?

''Harry tu ne peux pas abandonner ton éducation comme ça !'' s'exclama Mrs Weasley.

Harry refoula la vague d'agacement qui remonta quand il entendit le ton désapprobateur de Molly Weasley et il poussa un soupir.

''Je ne sais pas ce qui se passe Mrs Weasley mais je suis certain que je n'abandonnerai pas mon éducation sans avoir une bonne raison.'' déclara-t-il d'un ton ferme.

Sa réponse sembla suffire à la plupart, mais certains, comme Mrs Weasley, Hermione et quelques autres adultes étaient toujours réprobateurs.

Il se demandait ce que son oncle et sa tante pourraient bien en faire. Sans doute les brûler en pleine nuit, comme les traces d'un crime effroyable.

Des froncements de sourcils apparurent ça et là alors qu'au moins la moitié des personnes présentes tournaient la tête vers Harry, intrigués et appréhensifs.

Harry refusa d'y prêter attention et ignora les questions muettes, son sourcil droit tressautant avec irritation.

''Ça ne m'étonnerait pas qu'ils le fassent.'' marmonna Fred Weasley, ses yeux lançant des éclairs.

Personne n'osa de poser de question face à son regard orageux mais un sentiment de malaise prit place et certains commencèrent à se dire que, peut-être Harry Potter ne vivait pas dans un château luxueux, heureux et chéri par sa famille.

Ses vêtements moldus, sa cape d'invisibilité,

''Sa quoi ?

_ Sa cape d'invisibilité. Tu as une cape d'invisibilité ?!''

Harry réprima un gémissement. Zut ! Il ne voulait pas que ça se sache. C'était son secret à lui (et à quelques parts dans le savoir).

Il ronchonna sombrement et fit la moue, sous le regard amusé de ceux qui l'observaient avec attention.

son nécessaire à potions, certains livres, l'album de photos que Hagrid lui avait un jour donné, une liasse de lettres et sa baguette magique étaient à présent rangés dans un vieux sac à dos. La carte du Maraudeur et le médaillon contenant le mot signé R.A.B. se trouvaient dans sa poche de poitrine.

« La carte du Maraudeur ? Qu'est-ce que c'est ?

_ Un objet ayant appartenant à mon père et ses amis, » répondit Harry.

Les jumeaux savaient déjà cela – Harry le leur avait dit cet été-, ça ne les empêcha pas de ressembler à des chiots excités en entendant cela.

Sirius, lui, était davantage intéressé par le mot signé R. A. B. Était-ce... était-ce un mot laissé par son mangemort de frère ? Sirius savait qu'il était mort. La tapisserie familiale l'indiquait comme telle et, même si Sirius était un peu triste, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il serait encore vivant s'il n'avait pas rejoint Voldemort. Il refusa d'écouter la petite voix dans sa tête qui disaient que James et Lily avaient rejoint Dumbledore et que eux aussi étaient morts malgré tout.

Cette place d'honneur avait été accordée au médaillon non en raison de sa valeur – dans tous les sens du terme, il n'en possédait aucune – mais à cause du prix qu'il avait fallu payer pour le découvrir.

''Un prix ?

_ Quel prix ? C'était si cher que ça ?

_ D'une certaine façon, je ne pense pas que c'était un prix monétaire.'' marmonna Cassius Warrington.

Il n'y avait plus qu'une pile de journaux posée sur son bureau, à côté d'Hedwige, sa chouette des neiges : un pour chaque jour que Harry avait passé à Privet Drive au cours de cet été.

Toujours assis par terre, il se releva, s'étira et s'avança vers son bureau. Hedwige ne bougea pas tandis qu'il feuilletait les journaux, les jetant un à un sur la pile de détritus. La chouette dormait, ou faisait semblant. Elle était en colère contre Harry qui ne la laissait pas sortir de sa cage assez souvent à son goût.

''Pourquoi ne la laisse-tu pas sortir ?'' demanda Hannah Abbott.

Harry se hérissa à nouveau face à son ton désapprobateur et lui jeta un regard noir. Hannah ne s'était pas excusée en seconde année ni cette année et il était certain qu'elle pensait toujours qu'il avait mis son nom.

''Oh excuse-moi tu crois que c'est volontaire peut-être ?''

Ses yeux s'assombrirent (ça n'était pas qu'une image). Il ne savait pas pourquoi il était aussi en colère. Il s'étonna cependant que personne ne le reprenne sur son ton.

Fred, qui avait vu son regard curieux, se chargea de lui expliquer pourquoi :

''L'entité nous a prévenu que ça pourrait arriver; la victime du sort va être assez lunatique au cours de la lecture. Apparemment, l'un des effets secondaires du sort est qu'il exacerbe les sentiments négatifs de la victime – toi, vis à vis de la lecture du livre. Puisque ce sera majoritairement de ton point de vue, ça veut dire que ton intimité va être... violée en quelques sortes.''

Oh.

Il n'avait même pas pris la peine de penser à ça. En fait son esprit était encore un peu brumeux et il ne savait pas quoi penser de toute cette histoire. C'était irréel.

Finalement, il décida malgré tout que sa réponse avait été trop sèche (même si Hannah le méritait complètement) et rajouta :

« Je ne l'aurais pas enfermé dans sa cage si ça ne tenait qu'à moi. »

Susan Bones, assise à côté de son amie Hannah, lui adressa un sourire reconnaissant.

À mesure qu'il approchait des derniers journaux de la pile, Harry prit son temps. Il cherchait en particulier un numéro arrivé peu après son retour à Privet Drive, au début de l'été. Il se souvenait d'avoir lu en première page une brève annonce de la démission de Charity Burbage, le professeur d'étude des Moldus à Poudlard. Il trouva enfin le journal. L'ouvrant à la page 10, il s'enfonça dans le fauteuil de son bureau et relut l'article qui l'intéressait.

Amelia Bones s'interrompit un instant, autant pour reprendre son souffle que à cause du choc. La surprise peignit ses traits mais elle se hâta de reprendre une expression impassible et un ton calme.

EN SOUVENIR D'ALBUS DUMBLEDORE par Elphias Doge

Il y eut une explosion de chuchotements dans la salle et Harry réprima une grimace. Ça n'était même pas à cause de ses sens aiguisés, non. C'était à cause de ce qu'il avait récemment appris. Ce que lui et les autres avaient récemment appris.

Les Serpentards les plus proches échangèrent des regards confus quand ils virent les jumeaux Weasley rouler des yeux, Longbottom, Lovegood et Ron Weasley marmonner dans leurs barbes et Harry Potter fusiller la table du regard. Au vu des mots échangés entre Weasley & Weasley, ils n'avaient aucun amour pour Dumbledore. Granger était davantage pensive, semblant tanguer entre deux avis, comme si elle n'était pas encore tout à fait certaine de ce qu'elle était censée croire.

Et c'était louche, parce que même si aucun d'eux n'avait jamais particulièrement eu l'air d'idolâtrer le vieux fou, ils n'avaient jamais donné non plus l'impression de le détester. En fait, jusqu'à l'année dernière, ils semblaient encore beaucoup le respecter.

Quelque chose était arrivé pour sûr, parce que, au début de cette année-ci, ils avaient semblé... différents. Et pas juste parce qu'ils s'étaient rapprochés d'eux malgré les protestations de Weaslette, non. Ils étaient juste... et bien... différents, quoi.

Plus loin, Mrs Weasley avait l'air dévastée et refusait de croire qu'il viendrait un jour où le bon professeur Dumbledore disparaîtrait.

Il fallut de nombreuses minutes avant que Madame Bones n'ait pu rétablir le calme et poursuivi sa route.


''Ouais, c'est ça...'' marmonna sombrement Harry quand Mrs Bones eut terminé la lecture de l'article rédigé par Elphias Doge lequel, justement, affichait un air ébahi.

Jason (Urquhart) lui jeta un regard de biais.

''Qu'est-ce qu'il y a, Harry ? Vous êtes tous bizarres depuis la rentrée... et je ne dis pas ça parce que vous avez commencé à nous parler.'' rajouta-t-il après coup, un sourire espiègle aux lèvres.

Harry sembla le considérer un instant puis haussa les épaules.

''La seule raison pour laquelle on maintenait nos distance avec Serpentard était parce que Ron et Ginny ne supportaient rien en rapport avec votre maison. Mais Ron a travaillé là-dessus, dit-il en indiquant un Ron rougissant d'embarras face à son comportement passé. Et Ginny... ( il s'interrompit, grimaça et reprit ) et nous ne sommes plus en bons termes avec Ginny.''

Un des Serpentard renifla. 'plus en bons termes'. Oui c'était la bonne phrase. C'était pas du tout comme si Weaslette avait prévu d'assassiner Potter et ce, depuis des années, pas vrai ? L'entité avait laissé glisser que ce meurtre était prémédité et prémédité depuis plusieurs années. Peut-être avait-elle déjà commencé à prévoir le coup. Mais... L'entité n'avait-elle pas dit que la lionne n'avait pas agi seule ?

Qui d'autre était dans le coup ?

Lorsqu'il eut terminé sa lecture, Harry s'attarda sur l'image qui accompagnait la nécrologie. Dumbledore arborait son habituel sourire bienveillant mais, même sur une photo de journal, son regard, par-dessus ses lunettes en demi-lune, donnait à Harry l'impression qu'il le passait aux rayons X et il grimaça.

Mrs Weasley ravala ses larmes. Pauvre Harry; perdre son mentor aussi tôt. Il avait dû être si triste. Le pauvre garçon méritait un câlin mais quand elle l'avisa en compagnie de Serpentards elle se ravisa. Elle attendrait la première opportunité pour le sortir des griffes de ces maudits sorciers sombres puis le rapatrierait – lui, Hermione et ses enfants de sang-, à côté d'elle et d'Arthur, loin, très loin de ces maudits mages noirs. Ensuite, elle ferait asseoir Ginny avec Harry, comme ça ils prendront le temps d'apprendre à se bien connaître.

Oui, c'était une excellente idée. Enfin, une fois qu'elle serait parvenue à libérer sa petite princesse, sa petite fille chérie.

Jamais il n'avait songé à ce qu'avait pu être son enfance ou sa jeunesse, toutes ces fois où le directeur l'avait convoqué pour parler. C'était comme s'il était soudain né à la vie tel qu'il l'avait toujours vu, âgé, vénérable, les cheveux argentés. L'idée d'un Dumbledore adolescent lui paraissait une bizarrerie, comme imaginer une Hermione stupide ou un Scroutt à pétard affectueux.

''J'aime beaucoup ta comparaison Harry, rit Justin Finch-Fletchley, à la table des Poufsouffles.

_ Merci, Justin.''

Ron pouffa de rire et secoua la tête avec amusement alors que lui et Astoria échangeaient une conversation muette.

Hermione s'indigna d'être utilisée ainsi mais l'ombre d'un sourire étira ses lèvres malgré tout.

_ Honnêtement, Harry, dit-elle tout de même.

Harry lui adressa un sourire espiègle qui fit rire tous les Gryffondors assis avec les vert et argent, tandis que Luna souriait rêveusement.

Il ne lui était jamais venu à l'esprit d'interroger Dumbledore sur son passé. Cela eût paru étrange, sans nul doute, impertinent même, mais après tout, il était de notoriété publique que Dumbledore avait pris part au duel légendaire contre Grindelwald. Harry, pourtant, n'avait pas pensé à lui demander d'en parler ni d'ailleurs d'évoquer aucun des autres exploits célèbres qu'il avait accomplis.

Harry haussa les épaules.

''J'ai déjà fait mes recherches.'' contra-t-il, avec un sourcil élevé et l'autre froncé.

Jason lui caressa distraitement sa chevelure de jais et Harry se rencogna contre lui sous les regards jaloux de plusieurs autres Serpentards.

Ça n'était pas comme s'il aurait pu. Dumbledore insistait toujours pour qu'ils parlent de Harry : son passé, son avenir, ses projets, même quand Harry ne voulait pas parler. Il y avait juste... quelque chose qui le forçait à répondre aux questions du directeur.

Amelia s'interrompit à nouveau et fronça les sourcils. Dumbledore n'avait tout de même pas.. elle prit une inspiration et la relâcha après quelques secondes, calme une fois de plus. Dumbledore n'avait tout de même pas drogué son étudiant afin de l'interroger ?

Elle savait que peu avaient cette théorie en tête mais Amelia se souvenait que, deux décades plus tôt, Dumbledore avait dû payer une grosse amande ( il avait de la chance d'être haut placé et d'avoir des amis haut-placés parce qu'il avait échappé à Azkaban ) pour avoir drogué un élève de Serdaigle avec du veritaserum.

Elle s'en souvenait parfaitement. Elle était encore étudiante à Poudlard à cette époque, mais elle avait entendu ses parents parler de cette affaire – ils bossaient dessus-, et elle avait réussi à lire le dossier que son père avait ramené à la maison afin de l'étudier dans le calme.

Donc la question était : est-ce que Dumbledore avait drogué Harry Potter afin de le forcer à répondre à ses questions ? Mais dans quel but ?

Elle avait toujours su que son ancien directeur avait une obsession malsaine envers le Survivant.

Elle n'était pas la seule à se poser des questions quant à cette dernière phrase.

Et quels que soient les dangers et les incertitudes qui pesaient sur cet avenir, Harry sentait à présent qu'il avait manqué des occasions uniques de demander à Dumbledore d'en dire plus à son sujet, même si, à la seule question personnelle qu'il lui eût jamais posée, le directeur de Poudlard avait apporté une réponse dont la sincérité lui semblait douteuse :

« Et vous, qu'est-ce que vous voyez quand vous regardez le miroir ?

_ Moi ? Je me vois avec une bonne paire de chaussettes de laine à la main. »

''Le miroir ? Quel miroir ?'' demanda Madame Bones en s'interrompant brutalement.

Harry répondit avant que Dumbledore n'ait eu l'occasion d'étouffer l'affaire.

_ Le miroir de Riséd, madame.''

Un hoquet de stupeur résonna dans la salle et de nombreux adultes furent vus en train de chuchoter furieusement à ce sujet.

L'un des langues-de-plomb présent – Evan Rosier (III° du nom) fronça les sourcils.

_ Que diable faisait ce miroir à Poudlard ? Si quelque chose, il aurait sa place au Département des Mystères. Il est bien trop dangereux pour résider dans une place rempli d'enfants.

Harry aimait déjà Rosier. Il était assez logique, pour un sorcier.

Il répondit à nouveau avant que Dumbledore n'ait pu inventer une piètre excuse pour se défendre :

''Il gardait la Pierre Philosophale, M'sieur Rosier.''

Evan cligna des yeux en entendant l'enfant s'adresser à lui en employant 'Mr' puis il acquiesça distraitement. L'info monta finalement au cerveau et il manqua de s'étrangler alors qu'il reposait brutalement son verre de jus de citrouille.

Augustus Rookwood prit la suite.

_ Que diable faisait-elle ici à Poudlard ?!

Ron renifla.

_ Si on vous le disait, vous ne nous croiriez pas, répondit Hermione d'un ton égal.

Antonin Dolohov fronça les sourcils.

_ Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Et comment savez-vous ce qu'elle faisait à Poudlard ?

_ Professeur McGonagall ne nous a pas cru quand nous lui avons dit que quelqu'un allait voler la pierre alors pourquoi est-ce vous, vous croiriez ce qu'on a a dire ? Surtout que c'est plus difficile à croire, expliqua Ron.

Madame Bones, qui avait lu le résumé du livre qui venait d'apparaître et était bien pâle, s'éclaircit la gorge :

« Je peux vous assurer que nous vous croirons mais je pense qu'il vaut mieux que nous ayons un peu plus avancé dans le livre avant que les autres ne soient plus enclins à vous écouter réellement. »

Les autres adultes froncèrent les sourcils, se demandant visiblement ce que Madame Bones savait de plus qu'eux, mais ils finirent pas acquiescer et la chef du DMLE reprit de plus bel.

Harry l'écouta attentivement et renifla quand il réalisa qu'il s'était abonné à la Gazette du Sorcier. Vraiment, qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Le Chicaneur était bien plus intéressant (et bien mensonger).

Harry traversa la chambre, ôta de La Gazette le fragment de miroir et déplia le quotidien. Le matin même, un hibou lui avait apporté le journal qu'il avait jeté sur le lit après avoir accordé un simple coup d'œil à la manchette pour vérifier qu'on ne parlait pas de Voldemort.

Madame Bones bégaya un peu quand elle dut prononcer le nom du mage noir, mais elle le prononça néanmoins. Un vague de froid s'abattit dans la salle et beaucoup blanchirent en entendant le nom du très redouté Mage Noir.

'' P – Pourquoi y aurait-il quelque chose à son sujet ?'' s'inquiéta un Poufsouffle, visiblement en quête de réassurance.

Harry, Ron et Hermione échangèrent un regard inquiet. Ils pensaient à la même chose; et si Voldemort était revenu à la vie, avec un corps et son pouvoir d'antan.

Une boule se forma dans son estomac et il se força à respirer calmement tandis que divers adultes se chargeaient de rassurer les enfants; ils étaient certains que ça n'était qu'une coïncidence, peut-être un article écrit pour rappeler les dommages causés par le célèbres mages noirs ou quelque chose comme ça mais Harry voyait bien que certains étaient sceptiques et mal à l'aise.

Antonin Dolohov était pâle. Harry avait lu les transcriptions de son procès et savait que l'homme faisait parti des quelques mangemorts qui n'étaient pas volontairement entrés à son service mais y avaient été forcés. Apparemment, Voldemort l'avait vite repéré et avait décidé de faire de lui l'un de ses meilleurs éléments. Il l'avait pris au piège et forcé à porter un collier magique servant à l'esclavage (un collier qui était censé avoir été détruit il y a bien longtemps). Voldemort en avait eu quelques uns dans le genre, dont il était servi sur les personnes qui avaient refusé de le rejoindre de leur plein gré. Rookwood et Dolohov en faisaient partis. Des rumeurs disaient que c'était également le cas des frères Lestrange mais rien n'avait été rendu public bien que ceux-ci aient été libérés il y a bien des années.

Harry était persuadé que le ministère faisait pression sur La Gazette pour occulter toute nouvelle concernant le Seigneur des Ténèbres. Ce fut donc en cet instant seulement qu'il vit ce qui lui avait échappé.

Les gens pâlirent à nouveau – adultes comme adolescents -, mais Fudge leur assura que ça n'était qu'une mauvaise tournure de phrase ou quelque chose comme ça'. Et comme tout le monde voulait croire à son excuse, personne ne se posa de questions. En tout cas, s'ils étaient sceptiques, ils gardèrent la bouche fermée.

En bas de page figurait un titre plus petit que la manchette, au-dessus d'une photo représentant Dumbledore marchant à grands pas d'un air tourmenté :

DUMBLEDORE : ENFIN LA VÉRITÉ ?

Harry roula des yeux.

''Dix Mornilles que Skeeter est derrière cet article, déclara bruyamment Ron.

_ Trop facile. Je prends pas un pari aussi évident.'' répliqua Harry avant que les professeurs n'aient même pu songer à réprimander Ron.

_ Potter ! Weasley !''

Les deux adolescents réagirent en même temps, de la même façon. Ils haussèrent un élégant sourcil en direction du professeur de métamorphose et prirent un ton innocent.

_ Oui, professeur McGonagall ?

Le sourcil gauche de l'enseignante tressauta et elle balaya la main dans leur direction.

''Concentrez-vous sur le livre..''

C'était un fait connu de tous qu'elle aussi, ne pouvait pas supporter Rita Skeeter.

''Oui professeur McGonagall.''

La journaliste en question émit un couinement indigné quand ils lurent la description de la photo de Skeeter et que le Harry du livre dut faire de son mieux pour ignorer '' l'image nauséabonde'' de la femme.

Marcus Flint, en septième année, renifla avec amusement. Il ne manqua pas l'éclat furibond qui apparut dans le regard du Gryffondor au fur et à mesure de la lecture du nouvel article. Et il n'eut aucun mal à entendre les injures – destinées à Rita Skeeter-, que Harry murmura sous son souffle.

''Tch, on sait tous qu'elle lèche les bottes du ministre. Peu importe qui tant qu'il est au pouvoir.'' cracha Weasley (Ron).

Fort heureusement, seuls les plus proches adultes l'entendirent et comme ceux-ci semblaient être du même avis et/ou détestaient Skeeter, personne ne lui fit de remarque.

Quand ils lurent que Snape avait apparemment (sur dires de Harry) tué le directeur, il y eut une explosion d'accusations contre le professeur de Potions mais, étonnamment, ce fut étonnamment Harry qui les fit taire (peut-être plus à causes des cris que réellement pour protéger l'homme mais tout de même).

''Je croyais que cette entité, quelle qu'elle soit, vous avait dit d'attendre avant de tirer des conclusions hâtives ? Je n'aime pas Snape non plus mais il ne blessera pas volontairement un élève alors tuer quelqu'un à Poudlard...''

Cela sembla suffisant pour calmer tout le monde. Severus était surpris que le fils de James prenne la peine de le défendre. Ça ne voulait pas dire qu'il l'appréciait pour autant. Nope, il n'allait même pas s'enfoncer dans ce train de pensées. Non, madame !

Harry était arrivé au bout de l'article mais il continua de fixer la page d'un regard vide. Le dégoût et la fureur montaient en lui comme un flot de vomissures. Il chiffonna le journal et jeta de toutes ses forces contre le mur la boule de papier qui retomba sur le tas de débris amassés autour de sa corbeille débordante.

''Je sais pas pourquoi j'ai pris la peine de le lire.'' marmonna Harry en faisant la moue.

Puis, juste parce qu'il le pouvait désormais, il tourna la tête et enfouit son nez dans le cou d'Urquhart, humant son odeur et se relaxant complètement contre le plus âgé. Jason enroula un bras autour de sa taille et le pressa contre lui, sous les regards jaloux de certains de ses camarades.

Il écouta distraitement la suite que Madame Bones lisait mais avait un peu de mal à se concentrer avec le petit être blotti contre lui.

_ Des mensonges ! hurla Harry.

''Contrôle ton tempérament, Ryry.'' le taquina Fred.

Harry lui tira la langue.

Ça n'était pas comme s'il appréciait Dumbledore ou lui faisait tellement confiance; pas après la mort de Sirius, pas après tous ces mensonges et ces secrets.

Harry rougit doucement quand tous les regards se posèrent sur lui et il refusa de répondre à leurs questions muettes. Il avait cru comprendre avant le début de la lecture que son lui du ''Futur qui Aurait Pu Arriver'' n'avait jamais découvert la trahison de Ginny donc il était assez sûr de dire que même s'il avait découvert certaines choses sur Dumbledore, ça n'était certainement pas autant que ce que lui avait appris, l'année dernière.

''Je doute qu'il ai appris l'entière vérité.'' remarqua Fred.

_ Que voulez-vous dire, Mr Weasley ?'' L'interrogea McGonagall, les sourcils froncé et le regard sévère.

Fred lui adressa un regard plat.

_ Rien. Rien que vous ne soyez inclinée à croire.

Un murmure passa entre les tables alors que les invités se demandaient ce qui se passait.

Minerva fronça un peu plus les sourcils mais Amelia choisit cet instant pour reprendre la lecture.

Harry se laissa tomber brutalement sur le lit. Le morceau du miroir brisé fut projeté un peu plus loin. Il le prit et le fit tourner distraitement entre ses doigts.

Il y eut alors un éclair d'un bleu étincelant. Harry se figea, son doigt blessé glissant à nouveau sur le bord brisé du miroir. C'était sans doute l'effet de son imagination. Oui, sûrement. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule mais le mur avait toujours la même couleur pêche écœurante que la tante Pétunia avait choisie : il n'y avait rien de bleu qui ait pu se refléter dans le miroir. Il scruta à nouveau le fragment qu'il tenait à la main et n'y vit rien d'autre que son œil vert et brillant qui le regardait.

Harry afficha un regard pensif. Il n'avait pas vraiment écouté ce qui venait d'être lu mais il pensait à Voldemort. Était-il possible qu'il ait trouvé le moyen de récupérer son corps et son pouvoir dans le livre ? Était-il possible qu'il ait déjà renversé le Ministère et ait repris ses tueries, comme autrefois ?

Et si c'était le cas, pourquoi diable était-il à Privet Drive ? Ça n'était pas qu'il voulait combattre, non. Mais entre faire quelque chose et rester coincé, à tourner en rond chez ses gardiens abusifs, il y avait une grande différence.

Son imagination l'avait trompée, il ne voyait pas d'autre explication possible. Il avait imaginé cet éclair bleu parce qu'il pensait à la mort de son directeur d'école. La seule chose certaine, c'était que les yeux bleu vif d'Albus Dumbledore ne poseraient plus jamais sur lui leur regard perçant.

« Voilà, c'est la fin du chapitre, déclara Madame Bones en attrapant son verre d'eau qu'elle but d'une traite.

_ Déjà ? C'était rapide, fit une Poufsouffle de troisième année.

_ Qui veut prendre la suite ? »

Personne ne se manifesta dans un premier temps puis le professeur Flitwick se proposa éventuellement. Il alla prendre la place de Madame Bones, au centre, près de la table des enseignants et devant le présentoir où se trouvait le livre.


Publié le: 7 mai 2023