Chapitre 11 - Secrets

Note de l'auteur : Le chapitre 11 est là ! Bonne lecture à tous !

Robin se réveilla sous les caresses apportées par le bretteur sur son épaule. La tête écrasée sur son pectoral et ses jambes emmêlées aux siennes, elle bailla discrètement. Le corps engourdi, elle laissa ses yeux s'habituer aux faibles lueurs du jour. Ils avaient peu dormi cette nuit et pourtant, elle était en forme. Elle se sentait vivante. Une fois complètement réveillée, elle leva le visage vers le sien. L' œil clos, un bras derrière sa nuque, il respirait paisiblement. « Tu réveilles toutes les femmes qui partagent ton lit de cette façon ?
- Non »

Satisfaite par sa réponse, elle rampa sur son torse et déposa un baiser sur sa mâchoire. Il ouvrit l'œil quand le gloussement de la brune secoua son corps. Ses lèvres déformées par son air enjoué, il continua ses caresses le long de son dos. « En général, je suis bien loin quand elles se réveillent. Le sourire de Robin s'étira un peu plus. Quoi ? Tu n'as jamais fait ça toi ?
- Sur ce point, on se ressemble, Kenshi-san.
- Encore ce surnom ? Les joues rouges, sa main quitta l'arrière de sa nuque pour écarter une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Pourquoi ?
- Car pour une raison qui m'est inconnue… Elle cala sa joue dans sa main. Tu prends des couleurs à chaque fois que je le prononce… Et j'aime ça. »

Son visage se chiffonna, la faisant glousser une nouvelle fois. Les joues en ébullition, il fixa la brune. Elle était belle et ce constat l'inquiéta plus qu'il ne voulait. Il ne se lassait pas… « Sorcière. Elle arrêta de rire mais ne perdit pas son sourire.
- Suis-je le même genre de sorcière que Nami ? Elle pencha la tête.
- Heureusement, non, son ton était riant, sinon je ne serai pas autant attiré. »

Il se tut. Son aveu combla Robin, car son regard joyeux changea. Plus sombre, plus moqueur… Plus séduisant. Elle avança sur lui alors qu'il se redressait sur les coudes. Hypnotisé, il resta ainsi. Sa propre respiration lui fit défaut et quand elle s'arrêta un centimètre de son visage, son cœur vacilla. Il ne se lassait pas. « Je t'attire ? Sa voix taquine fit tordre son ventre. J'oublie parfois que notre cher bretteur est capable de pulsion. »

Mesquine, elle passa sa main sur son torse. Ses ongles tapotant sa peau. Aucun d'eux ne brisa le contact visuel. Son nez frôla le sien, puis sa bouche et enfin elle passa sa langue sur sa lèvre inférieure. Ce dernier geste provoqua suffisamment le bretteur pour qu'il revienne à lui. Sa main attrapa l'arrière de sa nuque quand elle initia un mouvement de recul. Pas question de laisser partir après ça. « Je t'ai déjà dit de ne pas me chercher ?
- Tu m'as prévenu oui, elle recommença. Tes menaces ne font que m'encourager. »

Elle coula sur lui, écrasant sa poitrine contre la sienne. Le voir aussi réceptif à ses pièges, l'excitait plus qu'elle ne l'aurai imaginé. Elle ne se laissait pas de lui. Il lâcha sa nuque pour lui prendre la taille. Ses doigts survolant ses courbes, il la laissa revenir sur lui. Cette fois, elle l'embrassa. Doucement et avec attention. Pas assez pour lui. Il se redressa et écrasa ses lèvres sur les siennes. Le gémissement presque inaudible de l'archéologue le combla. La main de Robin descendit de son torse sur ses abdominaux. Quand elle alla trop loin pour lui, il mordit sa lèvre et elle se stoppa net. Ils prirent du recul, elle et son regard fier, lui et sa frustration collée au visage. Elle avait trop facilement le dessus sur lui… Il n'aimait pas ça. « Tentatrice…
- Tiens ? L'orgueil maquilla sa bouche. Je ne suis plus une sorcière ?
- Les deux vont de pair, ragea–t-il. Viens. »

Toujours plus souriante, elle laissa le bretteur s'asseoir puis l'inviter à le rejoindre. Avec une joie non dissimulée, elle monta sur ses hanches tout en reprenant leurs baisers. Entre deux baisers, Zoro rapprocha le corps de la brune contre lui, emmitouflant celle-ci dans ses bras. Silencieux, ils profitèrent de cet instant pour suivre leurs envies. Ils ne se lassaient pas de l'autre et ce constat les perturba. Les bras de Robin se croisèrent derrière sa nuque, Zoro l'imita d'une main. L'autre courant sur ses hanches puis le creux de ses reins. Elle ondula du bassin, il claqua sa main sur sa fesse. Elle rit, lui sourit. Leurs regards joueurs se scrutant avec passion, ils voulurent se rapprocher de nouveau. L'escargophone prêt d'eux vibra, les arrêtant. Le bretteur laissa tomber sa tête sur l'épaule de Robin. La frustration rongea ses nerfs et les doigts de la brune sur son cuir chevelu ne changèrent rien. La sonnerie persista, lui arrachant un soupir lasse. La personne au bout du fil avait intérêt à avoir une bonne raison de les couper. Son bras dans le dos de l'archéologue pour la garde contre lui, il embrassa son épaule et se résigna à répondre. « Fait chier. »

Il arracha presque le pauvre escargophone de sa table en décrochant. Le voir aussi agacé fit pouffer la brune. Il lui jeta un regard hargneux et elle leva les mains en signe de paix. Il approcha le combiné pour répondre. S'il coupait court à cette communication, il se ferait une joie de faire regretter à Robin ses moqueries incessantes. « Quoi ? »

Son ton sec obligea l'archéologue à plaquer ses mains sur sa bouche pour ne pas rire. C'était grisant. Ses épaules tressautaient à chaque demi-rire qui prennait sa gorge. L'œil du bretteur n'arrangea rien. Il était plus qu'agacé. Un reniflement dans le combiné arrêta leur guerre visuelle. Les deux devinrent sérieux, reconnaissant tout de suite l'utilisateur au bout de la communication. Leur escargophone se déforma pour se mettre à pleurer. « VOUS ÊTES EN VIE !
- Chopper ? La voix de Zoro se fit plus douce.
- Je suis si heureux de t'entendre ! Pourquoi vous ne répondiez pas hier ?! Vous allez bien ? Robin va bien ? Vous êtes où ?!
- Attends calme toi -?
- Vous êtes blessés ? J'étais tellement inquiet ! Tu as protégé Robin ?!
- On va bien Chopper, la voix de Robin augmenta ses pleurs. Tout va bien Chopper, j'étais avec Zoro, il ne pouvait rien m'arriver. »

Leur médecin pleura de plus belle. Zoro se laissa aller contre le bois de lit. Sa frustration maintenant loin derrière lui, il écouta Robin rassurer le renne. Chopper se calma rapidement grâce à elle. Il commença des caresses circulaires sur sa cuisse, elle était douée pour apaiser les autres. « Tout le monde va bien ? Vous avez réussi à quitter le temple sans encombre ?
- Oui, on va bien. Le poids dans sa poitrine disparu. Je suis rassuré que vous alliez bien. Les autres dorment encore, mais nous avons retrouvé votre trace avec Gajeel. Ça n'a pas été simple de repérer votre odeur. Nous avons une faible piste. Je pense que nous ne sommes pas très loin de vous, mais il faisait trop nuit pour continuer les recherches… Même pour moi.
- Tu t'es reposé un peu Chopper ? L'inquiétude marqua la voix de Robin.
- Non, avoua-t-il au bout de quelques secondes. Je n'arrivais pas à dormir… J'étais trop inquiet pour vous !
- C'est bon, on est solide, Zoro leva les yeux au ciel. Des gens nous ont aidé et j'avais dans mon sac ton cataplasme de secours. Ma plaie est fermée grâce à ça.
- TU ÉTAIS BLESSÉ ?! »

Robin souleva ses hanches pour vérifier ces dires. Elle n'avait même pas pensé à vérifier son bandage ce matin. Étonnée, elle remarqua qu'il avait retiré son bandage et qu'en effet, sa plaie était soignée. La voix de Chopper grimpa dans les aigus, ramenant Robin dans la discussion. Celui-ci était outré que Zoro ne lui ai pas dit directement qu'il avait une blessure. « C'est bon, je ne suis pas en sucre ! Ton cataplasme m'a sauvé super docteur !
- Ça ne me fait pas plaisir imbécile ! La joie et la colère mélangées, Chopper semblait se tortiller.
- Tu danses ? Se moqua le bretteur.
- La ferme ! Tu auras le droit un contrôle complet à mon retour ! »

Robin observa le bretteur se chamailler au téléphone avec leur médecin. Elle aimait leur proximité et les observer lui plaisait beaucoup. C'était attendrissant. Le bretteur sembla remarquer son silence puisqu'il arrêta de charrier le jeune renne pour se focaliser sur elle. Comme elle le dévisageait d'un sourire, il haussa un sourcil. « Quoi ? Murmura-t-il pour ne pas se faire entendre par Chopper.
- Rien, elle effleura son nez du sien. Vous êtes si mignons tous les deux.
- Je ne pense pas que tu me trouvais mignon cette nuit. »

Le sourire carnassier qu'elle reçut en s'éloignant, lui fit perdre sa garde. Elle papillonna des yeux en sentant la main de Zoro remonter sa cuisse et se fondre entre elle et la seconde. Ses dents coincèrent la pulpe de ses lèvres pour ne pas gémir. Ses doigts passant sur son sexe, elle chercha à l'arrêter en poussant sur son poignet. L'archéologue le fusilla du regard. Il appuya son majeur sur son clitoris et le geste lui arracha un gémissement. Elle bougea ses hanches vers l'arrière pour fuir ses doigts. Contrariée, elle repoussa sa main puis poussa sur la poitrine du bretteur. Au bout du fil, le renne enchaîna les questions et Zoro se mit à lui répondre mécaniquement. Pourquoi ? Parce que Robin se mit à couvrir son torse de baisers. La détermination dans ses yeux attisa son désir. Il n'écoutait plus Chopper, Robin avait toute son attention. Elle parcourut sa peau avec ses lèvres, sa langue, et même la pointe de ses seins. Ses petites mains à plat sur son torse, lui imposaient de ne pas bouger. Elle semblait suivre un chemin bien précis et quand elle descendit d'un coup sur le bas de ses abdominaux, son souffle devint lourd, son corps se crispa et il serra le combiné dans ses doigts. Avec ses conneries, il finirait par briser celui-ci. Son cœur loupa un battement devant son air malicieux et elle mordit sa peau. Entre son propre souffle et les bruits de baisers sur son ventre, il perdait la tête. Consciente de son effet, elle continua sa descente. Son sourire dévoila son intention et il attrapa sa mâchoire pour l'arrêter. La respiration rapide, il secoua la tête. Il se figea quand elle tira la langue. « Tout va bien, Zoro ? Tu fais de drôle de bruit. Tu es souffrant ? »

La brune, trop proche d'une partie de son corps qu'il avait l'habitude de protéger des coups, lécha la ligne de ses abdominaux en le gratifiant d'un sourire machiavélique. Tiraillé, entre les remontrances et l'envie de la laisser continuer, il glissa son pousse entre ses lèvres. Robin enroula sa langue autour de son doigt, provocatrice. La vision d'une Robin allongée sur lui, proche de son sexe et visiblement affamée, le fit presque perdre patience. Lui, qui voulait seulement la taquiner, se retrouvait dans une situation qu'il ne contrôlait pas… Le son particulier de ses fleurs se fit entendre et en une seconde, deux mains vinrent lui retirer la vue. « Hey ! »

Sa plainte résonna dans la chambre rapidement cachée par le rire fluet de la brune. Il tenta de dégager ses mains de son visage. Un poids sur le lit l'immobilisa une seconde. D'autres mains vinrent pousser sur le haut de son corps, le collant au mur. Le parquet grinça alors qu'il tentait de la repousser d'une main. La voix de Chopper devenue inaudible, des bruits de pas et enfin, une main vint lui dérober le combiné. « Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Tout va bien, je reprends seulement la communication. »

La voix de Robin s'ajouta au rire. Si l'archéologue était debout près de l'escargophone… Qui le tenait ? Ou quoi ? Comme si elle entendait ses pensées, ses fleurs disparurent et il vit trois Robin. La première, lui tenait les épaules. La seconde se dandinait sur son torse. La troisième tenait le combiné. Toutes avec ce maudit sourire triomphant. Il arrêta de se débattre, méfiant. Où était la vraie ? Elle avait bougé quand elle lui cachait le visage, mais il n'avait pas été suffisamment concentré pour percevoir ses mouvements. Celle avec l'escargophone reprit la discussion, le coupant dans sa réflexion. La situation l'amusait... « Désolée pour ça Chopper, Zoro est en plein entraînement.
- Oh, ça explique les bruits étranges, le visage de Zoro se décomposa. Celui de Robin se fit plus éclatant. Attends… Entraînement ?! ZORO ! Je t'interdis de bouger après une blessure ! Ton repos est capital !
- Rassure-toi, elle était trop confiante. Je vais m'occuper de lui. Je t'en pris pose moi toutes tes questions ! »

Elle prit l'escargot et quitta la pièce. Zoro, prit de court, regarda ses courbes danser à chacun de ses pas. Un rire fluet chuchota derrière son oreille et il foudroya la Robin qui le retenait. « Qu'est-ce que tu fous putain ? Elle sourit, mais ne dit rien. Tu m'expliques ? »

Toujours silencieuse, la première poussa sur ses épaules pour l'installer contre la tête de lit. La seconde reprit ses baisers. Il réitéra sa question, elle l'ignora. Frustré par son silence, il agrippa la main de la première alors qu'elle voulait elle aussi descendre sur son torse. « Depuis quand tes clones ne savent plus parler ? Celle qui cajolait son ventre, s'arrêta.
- Si mes clones ne pouvaient pas parler, ce serait trop simple de retrouver la vraie moi. Elle pencha son visage sur le sien. Tu ne crois pas ?
- Et tu es où au juste ? Claqua le bretteur avec impatience. Je n'ai pas envie de baiser un clone.
- Tu ne sais pas faire la différence ? Elle fit semblant de faire la moue. Je suis blessée… »

Elle l'empêcha d'argumenter à l'aide d'un baiser. Plus bas, la seconde Robin profita de son manque d'attention pour glisser ses doigts autour de son sexe. Son ventre se contracta violemment. Maintenant, entre ses jambes, la seconde souris. Il ferma l'œil quand ses lèvres douces passèrent sur toute la longueur de son pénis. Sa respiration accéléra et il jura quand la première planta ses ongles sur sa cicatrice. Elle plongea dans sa nuque, s'appliquant de la même façon que la seconde entre ses cuisses. Sa tête appuyée vers l'arrière, il rouvrit l'œil, mais regretta instantanément cette décision. Robin écarta les lèvres en captant son regard et entama une lente descente. Il l'entendit expirer bruyamment pour le prendre en entier, sa langue glissant lentement sur lui dans un pur instant de plaisir. C'était bon et il était incapable de faire autre chose que subir cette lente torture. Vulnérable, il sentit son corps se tendre et l'impatience le gagner. Sa main alla d'elle-même sur son crâne et la brune le gratifia d'un mouvement de va-et-vient lent. La première Robin quitta sa nuque. Elle encadra son visage de ses mains pour l'embrasser. Sa langue bougeant au même rythme que ses lèvres plus bas, il haleta. Elle prit du recul, fière de son petit tour. « Tu crèves d'envie de me tirer les cheveux, n'est-ce pas ? »

Zoro écarta sa main pour empoigner les draps. Il préférait déchirer le tissu plutôt que de lui donner raison. Joueuse, elle prit sa main libre pour la déposer sur son sein. Elle aimait le voir résister, mais il ne la trompait pas. Il perdait ses moyens, elle le voyait. Ses doigts pressèrent sa chair et il la griffa presque quand elle fit exprès de gémir contre son oreille. L'archéologue entre ses jambes l'abandonna un instant au froid matinal pour remonter sa langue le long de sa verge en plongeant son regard dans le sien. Il la détestait. Il la haïssait de l'avoir mis dans une telle position de faiblesse. « Putain de sorcière »

Le dernier clone de la brune revint enfin dans la chambre. Elle l'analysa tout en reposant l'escargophone éteint. Incapable de se concentrer, il ferma l'œil quand celle entre ses cuisses le reprit en bouche. La première, toujours à ses côtés prenait un malin plaisir à lui mordiller chaque parcelle de peau recouvrant sa nuque. Avec l'agilité du chat, la retardataire s'installa sur le lit pour murmurer à son oreille. « On dirait que la situation te dépasse, Kenshi-san... Gérer trois femmes en même temps n'est pas simple visiblement. Même pour toi.
- Peu importe le nombre de clones, sa voix trembla. Je suis toujours seul avec toi. »

Elle augmenta sa succion le faisant siffler et lâcher les draps. La tension tirailla ses muscles, il voulait plus. Il ne voulait pas être le seul à se sentir vulnérable. Il voulait plonger en elle, plus loin et plus fort que la veille. Il voulait la voir supplier. « Si je te suffis, trouve moi.
- Je peux ressentir ton aura. Elle mordit le lobe de son oreille tout en caressant son torse. Aaaah.
- Tu n'as pas l'air en état d'utiliser cette faculté. Il ouvrit l'œil pour lui jeter un regard rempli de désirs.
- Je n'ai pas besoin de ça pour savoir où tu es. »

La dernière Robin haussa les sourcils. Celle de gauche prit ses doigts dans les siens pour l'obliger à la caresser. Ce qu'il fit, son regard ancré dans celui de sa partenaire de droite. Le défi marquant leur visage à tous les deux. « Ton aura est plus profonde quand elle émane de ton corps d'origine... Tu m'empêches de me concentrer pour te retrouver, mais j'ai une manière bien plus rapide pour te trouver. »

Il quitta l'océan bleuté à sa droite pour rejoindre celui entre ses jambes occupé à prendre soin de sa virilité. Un sourire narquois tordit ses lèvres alors que la brune s'efforçait de lui faire perdre la tête. Sa main libre empoigna les mèches noires de son front pour dégager son visage. Le regard farouche qu'elle lui donna le fit durcir. Il aimait qu'elle lui tienne tête. Il aimait la voir aussi entreprenante… Ça lui donnait encore plus envie de la faire hurler. Il ne s'en lassait pas. Il ne s'en lasserait jamais. « L'original est là, à quatre pattes en train de me sucer. »

Les mots étaient volontairement crus pour la faire réagir et ça marchait, car la vraie Robin rougit furieusement. Son regard vacilla et il sentit qu'il reprenait le contrôle. L'excitant d'autant plus. « Tes clones sont parfaits, mais tu ne pourras jamais me tromper. Ses doigts initialement sur la poitrine du clone se frayèrent un chemin entre ses cuisses pour la caresser. Je t'observe depuis le premier jour de notre rencontre. Je connais toutes tes failles. Je connais tes pouvoirs. Tes clones ressentent tout ce qui les touche… Et le ressenti est décuplé pour toi. »

Sans la préparer, il inséra un doigt dans sa féminité, recourbant ses phalanges pour atteindre le point G. À ses pieds, Robin gémit plus fort et arrêta pendant quelques secondes les mouvements de va-et-vient qu'elle effectuait avec sa bouche. Alors qu'il accélérait les siens, Robin diminuait drastiquement sa cadence, sa mâchoire se crispant au fur et à mesure que ses dents manquaient de le mordre. Le bretteur en la sentant défaillir déplaça sa main, libérant au passage ses cheveux et plaça deux doigts dans sa bouche par précaution. Les clones s'éparpillèrent en nuée rose. Ses pétales virevoltants dans les airs, Robin l'abandonna au froid mordant de la matinée pour la deuxième fois afin de reprendre sa respiration. Zoro lui, regarda un pétale se déposer sur le bout de ses doigts avant qu'il ne disparaisse complètement. Cette femme avait le don de le rendre barge. S'ils pouvaient rester tous les deux enfermés dans cette chambre toute une vie, il n'hésiterait pas une seule seconde. Surtout si c'était pour pouvoir se perdre en elle autant qu'ils en avaient envie... Toujours à ses pieds, l'archéologue fuyait son regard. Les joues teintées, elle inspirait et expirait dans le calme. Il décala une mèche de ses cheveux derrière son épaule pour caresser sa nuque. Du coin de l'œil, elle le questionna, toujours aussi gênée par ces mots. Ils n'avaient pas de temps à perdre, conclu le bretteur. Tant pis si elle avait du mal à suivre. Ses mains se glissèrent d'elles-mêmes sous ses aisselles pour l'installer à califourchon sur ses genoux. Ses bras à elle se nouèrent une fois de plus autour de sa nuque où elle enfouit le visage. Il bougea vers l'extrémité du lit comme pour se lever. Robin resta cachée. Zoro embrassa sa nuque pour gagner son attention. Comme elle refusait toujours de le regarder, il caressa son dos pour lui indiquer qu'il ne se moquerait pas d'elle. « C'était osé de ta part…
- Je t'étrangle si tu te moques de moi. ? Grogna la brune en mordant son épaule pour se venger.
- Loin de moi cette idée. Je suis sincèrement réceptif à ta tentative.
- Les femmes sont trop faibles… Même dans ce domaine.
- Dit celle qui m'a quasiment fait jouir avec sa bouche. »

Pour lui prouver, il goûta ses lèvres pour la centième fois. Il ne s'en lassait pas. Il aimait ses lèvres. Devant le sourire victorieux du bretteur, elle gonfla les joues et fronça le nez. Il la trouva incroyablement mignonne en cet instant. Lui donnant de par ce simple geste, une envie de couvrir son corps de baisers indispensable. La main dans son dos remonta sur sa nuque pour approcher son visage du sien. Un baiser, puis deux, elle se détendit contre lui. Il s'éloigna juste assez pour parler. « Combien de temps ?
- Hum ? Elle posa son front contre le sien.
- Dans combien de temps Chopper arrive.
- Ils sont plus haut dans les montagnes, le temps qu'il réveille les autres, qu'ils rangent le campement et qu'ils redescendent... Je dirais qu'on a trois heures devant nous.
- Ouvrons les fenêtres, elle prit plus de recul pour lui demander s'il était sérieux. Je suis sérieux, on doit aérer cette pièce ou Gajeel ne manquera pas de faire le lien entre nous deux. Il sait déjà que je te veux dans mon lit donc je n'ai pas besoin de l'avoir sur le dos constamment. J'ai encore moins envie qu'il te prenne pour cible. »

Elle sembla étonnée de ses paroles. Il n'avait aucune envie qu'elle soit dans la mire du dragon slayer. Il est déjà assez envahissant comme ça. Il savait qu'il ne supporterait pas ses questions ainsi que de nouvelles allusions. « On doit se laver aussi. Je suis sûr qu'il pourrait sentir à des kilomètres qu'on a couchés ensemble. Elle baissa les épaules, déçue par la tournure de leur échange. Allons remercier la vieille et nettoyons la chambre. C'est le minimum que nous pouvons faire pour compenser leur bienveillance.
- Très bien, elle brassa l'air avec sa main pour ouvrir les fenêtres. Je vais me laver en première. »

Elle commença à se lever, mais il l'en empêcha. Vexée par ces propos, elle ne daigna même pas un seul regard vers lui. Quel crétin, il l'avait cherché et maintenant, il la frustrait. Quand elle l'entendit ricaner, ses traits s'adoucirent d'eux même. « Rassure-toi, je vais te donner ce que tu veux. Elle sursauta. Tu sais, il se leva, l'obligeant à s'accrocher à lui. La frustration te va bien. Ça te donne un côté érotique auquel je ne suis pas indifférent.
- On a des choses à faire. Tu l'as dit toi-même…
- J'ai dit qu'on devait cacher les preuves. Elle encercla sa taille. On a fait un marché. Tant qu'aucun de nous deux aura quitté cette chambre. On laisse parler nos désirs.
- Tu viens de me faire comprendre que le temps nous était compté. Elle fixa son visage. Œil vif, sourire arrogant. Tu m'as l'air fier de toi…
- Je ne pensais pas te frustrer aussi facilement. Il ouvrit la salle de bain. Bain ou douche ?
- Qu'est-ce que c'est que cette question ? Elle eut un petit rire. Tu me prends pour une enfant ?
- Nan, il mordilla son cou. Je te demande implicitement dans quelle position tu veux être prise. »

L'archéologue s'étrangla de gêne. Elle se cacha de nouveau dans sa nuque en resserrant ses bras et ses cuisses. Il avait le don d'être direct. Alors qu'elle lui chuchotait sa réponse à l'oreille, il ferma la porte derrière eux.

Propres et habillés de leurs vêtements secs, Zoro et Robin fixaient leur lit en silence. Ils n'avaient pas réfléchi aux conséquences qu'impliquaient leurs désirs mutuels… « On devrait laver les draps non ?
- On devrait carrément les brûler, tu veux dire…
- C'est une option. »

Robin utilisa ses pouvoirs pour débarrasser les lits de ses draps et les plier. Elle les laissa aussi arranger la chambre pendant qu'elle préparait son sac. Dos à elle, Zoro fit de même avec son propre sac. Tous les deux évasifs, ils préparèrent leurs affaires. Le bretteur attacha ses sabres à son haramaki après avoir vérifié leur état. Il ramassa son bandeau qui traînait lui aussi sur la table pour le repositionner sur son bras gauche. Automatiquement, Robin s'approcha de lui, lui prit des mains et l'enroula à sa place. Il observa ses doigts fins noués délicatement le tissu. « Merci.
- Est-ce que ce bandeau a une valeur sentimentale pour toi ? Comme Wadô Ichimonji ? »

Il prit un temps pour réfléchir, mais pas à la réponse. À sa curiosité. Elle l'observa dans sa réflexion. « Non, il est seulement pratique.
- Je me posais la question, car même lorsque tu portes un autre bandeau dans les cheveux, tu gardes toujours celui-ci avec toi.
- Je crois que c'est seulement une habitude. »

Leur comportement changea. Plus l'heure avançait, plus ils devenaient étrangement calmes et dans leur bulle. Tous deux pensifs. Au lieu d'aller récupérer ses affaires, elle resta devant lui sans bouger. Le vent à l'extérieur souffla et s'engouffra dans leur chambre. Les cheveux noirs de Robin suivirent le mouvement, frappant son visage. À travers les mèches sombres, le regard de l'archéologue perdit en éclat. Le cœur de bretteur se serra. La mélancolie s'empara de la beauté naturelle de la brune. Une nuée de feuilles tourbillonnèrent dans la pièce et l'une d'elles vient se coincer dans ses cheveux. Il combla le vide entre eux pour lui retirer. Il laissa la feuille rejoindre le sol, préférant caresser sa joue du bout de ses doigts. Son rythme cardiaque augmenta. Il était stressé. Ce n'était pas normal… Sa main prit en coupe sa joue. Elle accentua son touché, avançant d'un pas à son tour. Tenté, il abaissa sa bouche vers la sienne. Il avait besoin de l'embrasser. C'était plus fort que lui. Ses lèvres près des siennes, il fut interrompu par le bruit de quelqu'un frappant à la porte. Leur porte. Il s'arrêta, mais ne recula pas. « Madame et Monsieur les aventuriers ! Mémé Tia vous attend pour le petit-déjeuner ! »

Une enfant ? Non, il vit deux auras derrière la porte. Deux petites filles. Les mêmes qui les avaient trouvés après leur chute dans l'eau. Le souffle de Robin lui sembla s'approcher un peu plus de sa bouche. Aucun d'eux ne répondit à l'appel. Paralysé à l'idée de devoir ravaler leur envie. « On va devoir sortir, la voix de Robin murmura à ses oreilles.
- Je n'ai pas faim…
- Moi non plus… »

La petite fille réitéra ses coups contre la porte, plus fort, plus impatients. Du coin de l'œil, l'archéologue vit la poignée s'abaisser. La panique coula dans ses veines et elle repoussa le bretteur pour bloquer la porte avec ses pouvoirs. La petite fille tenta à plusieurs reprises d'ouvrir, mais abandonna rapidement. « Nous arrivons ! Mon ami finit de se préparer.
- Oh pardon ! De petits rires passèrent au travers de la porte. Nous allons prévenir Mémé Tia ! »

Robin se détendit. Elle croisa le regard contrarié du bretteur et la gêne monta sur ses joues. Elle prit son sac avec hâte, il fit de même. Mécaniquement, Zoro regarda la brune avancer vers la porte. La porte. Il marqua un temps d'arrêt. Ils allaient quitter la pièce. La faille allait enfin se refermer. L'appréhension rongea ses veines et la réalité le gifla… Il ne voulait pas quitter cette chambre. Il ne voulait pas refermer cette faille. Devant lui, l'archéologue avança vers la clôture de leur contrat. Robin hésita à chaque pas. Son esprit focalisé sur la porte. Chaque pas était douloureux pour elle. Chaque pas lui donnait envie de reculer. Il espérait qu'elle se retourne, elle espérait qu'il la retienne. Ils ne voulaient pas arrêter ce petit arrangement.

Ne me laisse pas partir…
Ne quitte pas la pièce…

La main de Robin s'abattit sur la poignée. La gorge sèche, les doigts tremblants, ils se figent dans leur mutisme.

Retiens-moi…
Regarde-moi…

La porte grinça et l'amertume gagna leur gorge. Un courant d'air passa à travers la chambre, les faisant frissonner. Un pas après l'autre, Zoro se rapprocha, mais ses mains restaient figés le long de son corps. Le premier pied de l'archéologue passa le pas de la porte.

Je ne veux pas partir…
Je ne veux pas que tu quittes cette pièce…

Zoro serra les poings. Il devait la retenir. Il voulait la retenir. Il crevait d'envie de la retenir. De refermer cette porte. De la garder ici. D'élargir cette faille. De combler ce besoin de la garder près de lui. Elle hésita à passer complètement la porte. Elle ne voulait pas avancer. Elle voulait reculer. Elle voulait courir entre ses bras. Elle voulait plonger dans ses bras. Les siens, pas ceux d'un autre. Il l'avait comblé. Elle était perdue. Il était paumé. Leurs sentiments n'avaient aucun sens. Rien n'avait de sens. Ils ne voulaient rien d'autre qu'agrandir cette faille. Il cassa la distance entre eux. Sa main attrapa son bras fin, la tirant en arrière. Elle pivota violemment sur son pied, un air désespéré collé au visage. Leurs cœurs serrés par l'inquiétude, ils bégayèrent. Robin se reprit plus vite que lui, un éclat d'espoir pétilla dans ses océans bleus. « Je ne veux pas qu'on arrête.
- Attends… »

L'archéologue s'emmêla les pieds. La poigne de Zoro la retenue en la ramenant contre lui, derrière le seuil de la porte. Une main dans le bas de son dos en soutien, l'autre dans l'encadrement de la porte pour les retenir tous les deux, il la plaqua contre son torse. De nouveau sur pieds, elle glissa ses doigts sur son torse. « Je ne sais pas ce que je ressens pour toi et je ne te demanderai pas de ressentir quelconque sentiment pour moi. »

Prit de court, il arrêta de respirer. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Des sentiments ? Il n'avait même pas pensé à cette possibilité. Robin ne lui laissa pas le temps à la réflexion. Elle ne voulait pas qu'il réfléchisse, car elle, elle ne réfléchissait pas. Elle suivait des envies folles. « Robin…
- Laisse-moi finir. Son désespoir eut raison de lui. Si tu es d'accord, j'aimerais qu'on puisse recommencer. Sans se poser de questions. Juste en écoutant notre instinct… À l'abri des regards. Sans sentiments. Si des sentiments se développent, nous aviserons. »

Persuadée de recevoir un refus catégorique, elle fût surprise de le voir briser la distance entre eux pour l'embrasser. Son cœur tambourina plus fort, en rythme avec celui du bretteur. Elle se laissa aller sur lui, rassurée. Zoro appuya son baiser, avant de l'adoucir. Entre deux baisers, il chuchota ses questions. « On suit nos pulsions ?
- Secrètement…
- N'importe quand ?
- Quand on veut. Tant que nous sommes discrets.
- Tu es prête à assumer une telle proposition ?
- Ce n'est pas une proposition. Il plongea son regard dans le sien. C'est une promesse entre nous.
- Ne reviens pas en arrière sur notre promesse. Il souffla par le nez, plus sérieux que jamais. Parce que je ne te lâcherai pas si tu fuis. »

Il scella ses mots d'un dernier baiser. Sa main prit la sienne et il la tira hors de la chambre pour l'emmener vers la cage d'escalier. Son dos en visuel, elle sourit. Libérée d'un poids et comblée à l'idée de pouvoir recommencer une aventure avec lui, elle remarqua un mouvement derrière un immense pot de fleurs. Deux petites têtes blondes aux joues rouges les observaient à travers les feuilles. L'une d'elles sembla particulièrement enjouée par la situation. Robin approcha son index de sa bouche mimant aux jeunes filles de garder le secret. D'un même mouvement parfaitement synchronisé, les deux enfants levèrent leur pouce en l'air. Robin rit et Zoro serra davantage sa main.

Note de l'auteur : Qu'avez-vous pensé du chapitre ? Il est un peu plus court que les précédents, les prochains le seront dans la même veine ! On se retrouve bientôt !