Chapitre 12 - Mémé Tia

La salle où les attendait Mémé Tia était inondée par la lumière. L'ancienne auberge avait été entièrement rénovée et chaque table avait été assemblée aux autres pour n'en former qu'une. Au centre, face à deux places libres, la vieille femme sirotait un café noir. L'odeur emplit les narines de Robin. Avant que la vieille femme ne se rende compte de leur présence, Zoro lâcha enfin sa main. D'un geste amical, elle les invita à s'asseoir. Les enfants tournèrent tous sans exception la tête dans leur direction d'un seul et même mouvement. Surpris, par une telle synchronisation, les deux Mugiwara hésitèrent une seconde. Ils finirent par s'installer, l'appel du café et du pain frais plus fort qu'eux. Après avoir posé leurs sacs, Zoro s'installa à droite de Robin, à côté d'une petite fille qui figea son regard sur lui. Il lui sourit, mais elle garda une expression neutre sans cesser de le fixer. Derrière elle, un garçon le salua avant de secouer la petite fille. « Je sais que tu adores regarder les souvenirs des gens, mais c'est malpoli ! »

Les souvenirs des autres ? Il fronça les sourcils. La petite fille hocha juste la tête avant de reprendre une bouchée de sa tartine abandonnée devant elle. Robin, qui avait tout écouté, pinça le bras du bretteur pour qu'il se concentre sur la femme qui les hébergeait. Le regard plissé, la vieille femme sourit avant de les saluer tous les deux. « Ravie de vous voir enfin parmi nous, son sourire caché derrière sa tasse, elle fixa Robin. Au vu de vos mines fatiguées, la nuit n'était pas reposante ! »

Zoro se pétrifia. Robin se sentit obligée de lui mettre un coup de coude discrètement pour qu'il reprenne contenance. Il grimaça devant la taquinerie de la vieille femme pour servir un café à l'archéologue avant d'engouffrer une partie des pâtisseries à portée de main. Aucun d'eux ne tenta de contredire l'ancienne, conscient qu'elle n'attendait que ça pour se moquer un peu plus d'eux. Cette vieille peau était particulièrement sûre de ses propos, comme si elle les avait entendus. « Personnellement, j'ai bien dormi ! Aucun bruit ne m'a réveillé pour une fois ! »

Il avala de travers, Robin frappa son dos, elle aussi crispée par les allusions de Mémé Tia. Le rire moqueur de cette vieille bique perça la salle. La plupart des enfants encore à table ne prirent pas la peine de s'intéresser à leur discussion à sens unique. Au plus grand plaisir des deux pirates. L'aura de Robin piqua ses sens, il pivota vers elle. Tout sourire, sa tasse de café en main, elle mourrait d'envie d'étriper la vieille. Toujours face à eux, le regard malicieux, l'ancienne posa sa tasse vide tout en jouant avec l'anse. Robin fit une grimace en reposant la sienne. Leur bataille silencieuse fascina le bretteur. Les femmes pouvaient être effrayantes. C'était la première chose qui lui vint à l'esprit devant leur combat visuel. La brune étira sa nuque. Zoro lutta pour ne pas montrer le moindre signe d'inquiétude. « Un problème très chère ? Votre nuit, était-elle trop agitée ?
- Une seule nuit n'est pas suffisante pour se remettre d'une telle chute, argumenta l'archéologue. Merci pour les soins et l'hospitalité. »

La tension entre les deux femmes diminua. Toujours intrigué par leur drôle d'échange, il continua à manger sans rien dire. « Alors dites moi, Mémé Tia joignit ses mains. Qui êtes-vous ?
- Je m'appelle Nico Robin, je suis archéologue et voici Roronoa Zoro, mon… Elle chercha ses mots, ami. Nous sommes du même équipage. Nous voyagions avec des amis, mais nous avons été séparés après une attaque de pilleurs au temple des dragons.
- Je suppose que ton ami t'a parlé de moi.
- En effet, il m'a dit que vous sembliez savoir beaucoup de choses. Pouvez-vous nous en dire plus sur ses connaissances ?
- Bel homme, protecteur et perspicace, Zoro fronça les sourcils. Quelle chance. »

Robin balaya sa remarque d'un revers de la main. La vieille dame tournait autour du pot. Elle ne voulait visiblement pas répondre à ses questions. Les derniers enfants présents quittèrent la table en débarrassant celle-ci. Zoro s'empara d'un dernier petit pain. La conversation avec l'ancienne refit surface dans son esprit. Il arrêta de manger, coupant la parole à Robin qui tentait de tirer les vers du nez de cette vieille femme. « Comment savez-vous que nous ne sommes pas d'ici ? Hier soir, vous m'avez dit ça comme si vous en saviez plus. »

Robin intriguée, fixa d'un œil curieux Mémé Tia. Ses yeux souriaient, mais le reste de son visage semblait totalement neutre. Elle ramassa sa canne posée non loin d'elle pour jouer avec celle-ci. « Je suis une mage à l'origine. Vous, elle plissa les yeux avec sérieux. Vous ne dégagez pas d'Aethernano. Pourtant, vous avez des pouvoirs. Vous n'êtes pas d'Earthland. Les deux pirates sursautèrent quand elle désigna le bretteur. Toi par exemple, je suis curieuse de savoir comment fonctionne ton pouvoir. Elle se leva de sa chaise. Je suis curieuse d'en apprendre plus sur votre monde d'origine. Allons dehors. »

Interdits, les deux Mugiwara lâchèrent ce qu'ils avaient dans les mains pour la suivre vers la porte d'entrée. Robin, les méninges en ébullitions, s'opposa à la vieille femme en se plaçant devant elle. « Qu'est-ce que vous savez d'autre ?
- Attendons vos amis de Fairy Tail. La tête de Robin se décomposa. Nous parlerons de tout ça avec eux.
- Comment- ? Zoro lui bloqua la route à son tour.
- La marque sur ton poignet, il regarda bêtement son avant-bras. C'est leur symbole. Je ne suis pas étonnée que vous soyez accompagnés par la guilde. Ils fourrent toujours leur nez dans ce genre d'affaires.
- Vous parlez d'eux comme si vous les connaissiez, fit remarquer Zoro.
- Tout le continent les connaît, son sourire en disait long. Venez, je vais vous faire visiter le village et vous présenter la cheffe des lieux. »

Elle passa entre eux, les laissant confus. Un échange silencieux entre eux, ils suivirent Mémé Tia. Robin par curiosité, Zoro parce qu'il devait tenir à l'œil cette vieille femme étrange. Le village n'était pas grand, en face de l'auberge, se tenait une grande tente réservée aux chercheurs. Un peu à l'écart entre quelques maisons rénovées, la réserve de vivres ainsi que plusieurs postes divers occupés par les conjoints ou la famille de certains archéologues. Plus loin sur la gauche de la tente, une immense église en reconstruction. Passant entre les enfants qui jouaient au loup, ils rejoignirent le bâtiment. Au pied de celui-ci, un ancien mécanisme d'horloge attendait patiemment d'être installé sur le clocher. En équilibre sur une échelle, une jeune femme blonde prenait des mesures. En dessous d'elle, un homme plus âgé communiquait à travers un lacryma. « Nia, je viens te présenter nos deux blessés, Robin et Zoro. »

La jeune femme sursauta, manquant de tomber de son échelle. Elle pivota vers le groupe et leur adressa un sourire. « Bienvenue au village des archéologues ! Je suis Nia, la cheffe du groupe d'archéologie du royaume de Fiore. Le vieux-là, elle pointa du doigt l'homme au lacryma, c'est Nicholas. Notre médecin et mon adjoint. Allez vous mieux ? Vous étiez salement amochés, une chance que les petites Mindy et Flora vous aient retrouvé !
- Merci de nous avoir sauvés, Robin sourit sincèrement. Ce que vous avez construit ici est magnifique !
- Nous n'avons pratiquement rien fait, la jeune femme pétillante sourit nerveusement. L'architecture de Dragonof est solide et toute la conservation de leurs archives nous a permis de tout comprendre à sa fabrication. Vous êtes sûrs que votre ami ne devrait pas rester allongé ? Elle se tourna vers Zoro inquiète. Sa blessure demanderait quelques soins supplémentaires.
- Nia a raison, le vieil homme coupa sa communication pour s'approcher du bretteur. Laissez-moi voir.
- Notre médecin de bord avait laissé un onguent dans notre sac. Il souleva son débardeur à l'endroit de sa blessure. La plaie est refermée et je ne suis pas du genre à rester au lit. »

Stupéfait, le médecin l'examina avec attention. Nia du haut de son échelle tendit le cou pour voir les remarquables résultats, mais glissa. Robin l'attrapa in extremis à l'aide de ses pouvoirs. Tout le monde arrêta de bouger, de travailler et de jouer devant l'utilisation de ses pouvoirs. Elle joua avec les enfants qu'en ceux-ci se mirent à la supplier de recommencer. « Vous pouvez en faire apparaître combien, murmura Nia stupéfaite.
- Autant que je veux, Robin pointa du menton l'horloge. Besoin d'aide ? Je vois que vous n'avez pas d'échafaudage pour installer cette magnifique horloge, je pourrai vous aider, en compensation de votre hébergement. Si vous avez besoin de bras, Zoro est votre homme.
- Eh bien… Nia sembla hésiter. Je suis gênée, vous êtes à peine remis de vos blessures. J'apprécie votre offre, je ne suis pas contre un peu d'aide. L'échafaudage ne nous a pas été livré à temps.
- Si ça peut tuer le temps, j'en suis. Zoro retira ses sabres de sa ceinture pour les tendre à Robin. On doit monter ça sur le toit de l'église ? »

Robin s'empara de ses sabres et fit apparaître une nuée de mains pour permettre à Zoro et d'autres archéologues d'installer l'horloge. Pendant qu'il s'affairait là-haut à tenir à bout de bras l'immense pièce, elle discuta avec l'archéologue en cheffe. Elle suivit la conversation d'une oreille, trop absorbée par le bretteur. Elle n'en revenait pas. Lui et elle avaient une liaison. Des papillons dans le ventre, elle le regarda fixer la dernière accroche. C'était étrange, il lui faisait ressentir tellement d'émotions différentes. Cette tâche terminée, le bretteur redescendit du toit, mais ses services furent réclamés une seconde fois pour déplacer d'anciennes statues rénovées. Quand Nia dû reprendre son activité, Robin en profita pour prendre du recul. Mémé Tia s'était éloignée du site archéologique pour lire des contes aux enfants. Légèrement en retrait, Robin les observa. Cette femme remplit de mystères avait quelque chose d'intrigant et ça la frustrait d'autant plus, car elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur une faille. « Encore en train d'épier ? »

Elle sursauta en sentant le souffle de Zoro derrière son oreille. Elle pivota sur ses pieds pour lui faire face. Elle ne l'avait pas entendu. Devant la proximité de leurs corps, elle déglutit. À l'abri des regards, sous le feuillage d'un arbre, il observa la moindre de ses réactions. Les joues rouges, le souffle court et les mains tremblantes, elle était gênée. Son comportement le fit rire intérieurement. Prendre l'archéologue par surprise avait le goût d'un saké inestimable. Un goût dont il ne se lassait pas. Elle sembla reprendre le contrôle de son corps quand il lui accorda un peu d'espace. Robin ne préféra pas répondre à sa question, celle-ci n'était rien de plus qu'une affirmation de sa part. Elle le jugea d'un regard, malgré la chaleur et les efforts qu'il venait de faire, rien sur lui ne le mentionnait. « Tout cela semble si simple pour toi… Tu n'as même pas transpiré. »

Son constat le fit rire. Éluder la question pour faire une analyse, lui ressemblait bien. À son tour, il observa la vieille femme. Les enfants riaient, se pressaient contre elle, aux anges. Cette femme prenait son rôle de second mère avec sérieux. Cette femme ? Pourquoi son instinct lui criait qu'elle n'avait pas l'âge qu'elle prétendait avoir ? Ce même instinct qu'il avait eu avec Bonney… Il voyait cette âme coincée dans un corps de vieille femme. À sa gauche, Robin croisa ses bras autour de sa poitrine, elle aussi l'avait sentit, elle aussi voyaient toutes ses interactions étranges. Mémé Tia n'était pas une simple vieille. Ce n'était qu'une facette et ils n'étaient pas dupes, elle le savait. L'archéologue bailla près de lui. Il prit une seconde pour vérifier les auras autour d'eux. Personne ne semblait les voir d'ici. Il enlaça ses doigts aux siens, attirant son attention. La grande brune détacha son regard du joyeux tableau pour zieuter tout autour d'eux par précaution. Le stress qui se dégageait d'elle le fit sourire. Elle prenait réellement leur arrangement au sérieux. C'était amusant de la voir aussi engagée dans cette relation. Il serra un instant ses doigts entre les siens pour la rassurer. L'envie de la taquiner tenta son esprit, il n'en fit rien. « Tu n'es pas trop épuisée ?
- Non, elle s'accrocha à son regard, je devrais l'être ? Tu me sous-estimes un peu, je crois…
- Je ne te sous-estime pas, sa main lâcha la sienne pour glisser à la base de son dos. Je me demande juste si tu tiens le coup. Je ne t'ai pas laissé beaucoup de repos cette nuit. »

Son regard coula sur elle, il n'avait pas fait attention ce matin, mais elle portait un haut assez large pour cacher sa poitrine en laissant entrevoir son ventre. Le pantalon cargo qu'elle portait, galbait ses cuisses. Soudain malicieuse, elle cambra le dos pour accentuer ses formes et ça marchait, car il lui jeta un regard sombre tout en l'approchant de son torse. « Je devrais être couverte de courbatures pourtant, ce n'est pas le cas, la commissure de ses lèvres tressauta. Peut-être as-tu été plus gentil que tu ne le crois…
- Je peux te briser les reins la prochaine fois si tu insistes. Sa main baladeuse arpenta sa chute de reins pour empoigner sa fesse. Si les autres ne pouvaient pas arriver d'un instant à l'autre, je t'aurais proposé de nous trouver un endroit pour te montrer.
- Notre petit secret semble te plaire.
- Tu crois ? Un sourire charmeur, il la souleva presque d'une main. Ce n'est pas ton cas ?
- J'ai très envie de t'embrasser. »

Elle approcha ses lèvres des siennes pour le provoquer. Il sourit légèrement avant de souffler sur ses lèvres entrouvertes. Dans leur dos, en direction de la forêt, la voix de Chopper mêlée à celle de Yamato perça. Un soupire exaspéré et un regard envieux, il recula la tête. « On va devoir attendre pour ça. »

Pour ponctuer sa phrase, il claqua sa fesse sans dissimuler sa joie. Elle voulut protester mais il s'écarta d'elle pour laisser le passage à Chopper dont la morve coulait du nez et une Yamato dans le même état. Robin n'eut pas le temps de se demander si l'un deux avaient remarqué ce geste. La truffe froide du renne dans sa nuque et les bras chauds de Yamato provoquèrent chez elle un bien-être fulgurant alors que cette dernière les soulevait dans les airs. Les autres arrivèrent en courant, à bout de souffle. Gajeel râla comme à son habitude pendant que les autres contemplaient les retrouvailles. « Contente de voir que vous n'avez rien, Erza se planta devant Zoro. Vous nous avez fait peur ! »

Sans cérémonie, elle frappa le dos du bretteur, trop fort. Zoro grimaça, emporté par le coup. Il s'apprêtait à l'incendier quand Chopper fonça tête baissée dans ses côtes. Les deux roulèrent sur le sol sous les rires de l'archéologue et de la samurai. Levy, voyant que Robin n'était plus accaparée, sauta à son tour dans ses bras. Le vacarme provoqué par leur retrouvaille attira l'attention des ouvriers sur le chantier, mais aussi les enfants. Mémé Tia se fraya un chemin dans l'attroupement, accompagnée de Nia. Une fois à l'avant, elle vit avec amusement le bretteur se faire disputer par un petit renne. Celui-ci insistait pour l'ausculter. Refusant catégoriquement, l'homme aux cheveux verts le repoussa d'une main sur la tête. « Arrête d'insister ! Je vais bien !
- Laisse-moi regarder ! Chopper tira sur son t-shirt. Tu as été blessé !
- Je te dis que ça va !
- Arrête de bouger !
- Tu devrais le laisser faire, la voix de Robin les figea dans leur dispute. Après tout…
- N'ose même pas, la menace dans sa voix forgea le sourire malicieux de celle-ci.
- Tu étais gravement blessé. »

La patience de Chopper s'envola. Zoro blêmit, elle avait osé. Cette garce ! Sur lui, le poids de Chopper augmenta, de manière drastique. Prenant sa forme humaine, le médecin l'empoigna avec force et le secoua. Sa transformation n'effraya personne sauf lui. Même si la plaie était refermée, la douleur de l'impact ne l'avait pas quitté et se faire secouer de cette façon n'arrangeait rien. Finalement, il se laissa faire et Chopper emballa son torse de bandages à la vitesse de l'éclair. Quand il colla le dernier bandage, il reprit sa forme, particulièrement fier de lui. « Ne t'avise pas de les retirer !
- Oui, oui, râla-t-il. »

Dans son dos, Gajeel se moqua de lui, devant lui, Yamato et Robin rigolaient aussi. Le visage chiffonné par la colère, il fusilla la grande brune. Un clin d'œil de sa part augmente l'ampleur de ce sentiment. Il allait se venger, fort, très fort… Et elle le suppliait d'arrêter de la tourmenter. L'optique de pouvoir la faire plier de par leur nouvelle relation, encourageait cette mauvaise idée. Une mauvaise idée car, là tout de suite, il avait envie de lui faire ravaler son rire et l'entendre hurler pour autre chose. Et ça, il savait que le dragon slayer dans son dos l'avait sentit. Mémé Tia avança, attirant l'attention de tous sur elle. « Bien, je vois que vous autres n'avez rien à envier à Fairy Tail. Elle salua Erza d'un signe de tête. On m'appelle Mémé Tia, je suis la fondatrice et directrice de l'orphelinat de Florage.
- Florage ? »

Jellal, qui était resté en retrait, s'avança vers la vieille femme. Toujours au sol, Zoro en profita pour se relever tandis que Chopper grimpait sur son épaule. La grand-mère amorça un léger mouvement de recul. Si celui-ci passa inaperçu aux yeux des autres, lui le vit. Une profonde mélancolie emplit les environs. Elle venait d'elle, de son regard pourpre qui pendant une seconde, détaillait le mage. Elle le connaissait. Aussitôt avait-il fait ce constat que l'aura de la femme devint étrangement menaçante quand elle le fixa d'un air neutre. Une menace silencieuse qui l'obligea à taire le commentaire qu'il s'apprêtait à faire. Quand elle fut assurée de son silence, elle détourna de nouveau son regard sur le maître de Crime Sorcier. La mélancolie revient à la charge, dissimulée derrière un masque de gentillesse. Il serra les poings, personne ne remarqua son geste, trop concentré sur leur rencontre avec la femme. « J'ai entendu parler de cet orphelinat. Il se trouve à Rose-Marie n'est-ce pas ? Erza semblait troublée.
- En effet, Tia désigna les enfants. Les antécédents tragiques de Rose-Marie m'ont toujours marqué. J'aimerais rectifier l'histoire. Malheureusement, le passé ne peut être changé. Dicé Nahima la comprit tout de suite.
- Qu'est-ce que vous dites ? Levy et Robin s'approchèrent.
- Vos amis, ces quatre-là, elle les pointa du bout de sa cane. Ils ne sont pas de notre monde. J'ai ressenti une distorsion du temps et de l'espace, quatre mois plus tôt. Seul le mythe de la Sphère Dagarath peut provoquer une telle situation. Je ne sais pas si je dois me réjouir que cet artefact existe réellement… Modifier le temps et l'espace est un crime grave, un crime que même les dieux ne laisseraient pas passer…
- Comment, Jellal avança vers elle, visiblement perturbé. Vous… Il secoua la tête. Non, impossible.
- Jellal ? »

Erza enroula ses doigts autour de son bras, inquiète. Il observa dans les moindres détails la vielle femme. Cette dame, lui ressemblait. Elle lui ressemblait tellement. Il passa une main sur son visage et ferma un instant les yeux pour reprendre son calme. Ultear était morte. Il la voyait seulement en elle, c'est tout. Il embrassa le front d'Erza quand elle l'interpella de nouveau puis rejoignit le visage ridé de la femme en face de lui. Les mêmes yeux pourpres, la même façon de parler, mais sa chère amie n'était plus de ce monde. Ses espoirs, de la retrouver l'obligeait inconsciemment à la retrouver dans de total inconnu… « Pardonnez-moi, il sourit faiblement. C'était douloureux. Comment avez-vous su ? Que savez-vous de Dicé ?
- Tout mage proche du temps ou de l'espace, à un jour cherché à comprendre qui était cette femme. Un tabou propre à leur envie d'en apprendre plus sur des magies aussi complexes. Venez, Nia et moi-même répondrons à vos questions. »

Curieux, le groupe la suivit, Zoro resta en retrait avec Gajeel. Le dragon slayer était trop silencieux. Chopper sauta de son épaule pour courir vers Robin et lui prendre la main. Le bretteur les observa, jalousant presque Yamato quand elle murmura des questions dans l'oreille de l'archéologue. Finalement, cacher leur relation pouvait aussi l'agacer. Il se renfrogna. De quoi il parlait ? Ils couchaient juste ensemble rien d'autre. Gajeel près de lui semblait réfléchir. « Quoi ?
- Cette vieille… Il renifla l'air. C'est bizarre, son odeur m'est familière.
- Elle connaît Jellal.
- Tout le monde connaît Jellal, c'est un ancien criminel. Il figea ses iris rubis sur le bretteur. En parlant d'odeur d'ailleurs…
- Quoi encore, soupira sans gène Zoro en levant l'œil au ciel. Tu sens le parfum de Robin sur moi ? Il étira un sourire irrité sur ses lèvres. On a dormi dans la même chambre donc c'est normal. »

Gajeel haussa un sourcil. Son ton était sarcastique et la pression qu'il exerça sur ses bras en les croissants lui indiquait un mal-être évident. Son regard passa du bretteur à l'archéologue, plusieurs fois avant de retourner sur son visage fermé dont la mâchoire tressautait d'impatience. « Tu as réussi à te tenir à carreau ? Seul dans une chambre avec elle ?
- T'insinues quoi là ? S'énerva Zoro en plissant son regard. Que je suis suffisamment en chien pour lui sauter dessus ? »

Merde, c'est ce qu'il avait fait au final… Elle lui avait autorisé et lui avait craqué…

Le dragon l'étudia attentivement. Cherchant la moindre faille sur lui. L'envie de lui coller un pain le démangeait, mais faire ça lui prouverait fatalement qu'il avait raison. « Tu devrais lui dire que tu es attiré par elle. »

Elle le sait déjà…

« Pourquoi je ferai ça ? Sa voix lui sembla tremblante et légèrement plus forte qu'il ne le voulait. Je ne ressens rien pour elle, tu es paranoïaque.
- Tu es sûr de ça ? Le sérieux du dragon le surprit. Tu es honnête avec toi-même ? »

Je suis sûr d'avoir envie de me perdre en elle. Rien de plus.

« Certain. Arrête de me faire chier avec ça.
- Tu te goures si tu penses que c'est la vérité. Zoro jura. Ton cœur bat plus vite quand on parle d'elle. Tu l'observes tout le temps. Tu te froisses quand on aborde le sujet. Vous avez une relation étrange. Je ne suis certainement pas le seul à le voir. Tu n'as pas juste envie de la mettre dans ton pieu, avoues le !
- Et toi, tu te goures en pensant ça. »

Le bretteur coupa court à la conversation pour marcher en direction de Robin. Pas Chopper ou Yamato, mais bien l'archéologue, car il se plaça à sa gauche ses mains dans les poches. Quand la brune remarqua sa présence, il les entendit. Leurs cœurs pulsants au même rythme. Il les vit, leurs regards teintés de complicité. « Sale menteur.
- Gajeel ? »

Une petite main tira sur sa manche. Levy l'observait, intriguée. Il passa une main sur sa joue. Elle avait fait demi-tour en voyant qu'il restait en arrière. Elle sourit au contact de ses doigts froids. À son tour, elle jeta un coup d'œil vers les deux mugiwara. « Me dire que je me trompe pour aller directement vers elle… Quel culot.
- Que se passe-t-il ?
- Il l'aime.
- C'est évident, elle rit devant son haussement de sourcil. Non, je n'ai pas ton odorat. Oui, je vois bien leur attitude. Je suppose que c'est réciproque.
- Oui. Si ces deux-là ne baisent pas ensemble, je retourne travailler au conseil de la magie.
- Ils ne voudront jamais te reprendre, son rire s'amplifia devant son air désapprobateur. Voiler la vérité pour ensuite se la prendre en plein figure. C'est drôle, ça me rappelle quelqu'un. »

Tous installé près de l'église, le groupe d'exploration fixait la vielle femme maintenant assise sur un banc, Nia à ses côtés. Une brève présentation de celle-ci aux derniers arrivants, elle confirma qu'en tant qu'archéologue, le mythe de la Sphère Dagarath l'avait toujours intéressée. « Que savez-vous de Dicé Nahima ?
- Rien, avoua Robin. Nous avons constitué plusieurs groupes d'exploration dans l'espoir de trouver ce livre.
- Un livre de traduction draconique ? Nia semblait réfléchir. Pourquoi ?
- Nous avons passé du temps à essayer de traduire un carnet et un grimoire, mais ceux-ci sont traduits dans de nombreuses langues et nous avions besoin de ce livre pour pouvoir décoder les textes à l'intérieur.
- Nous devons traduire ces écrits pour pouvoir retourner dans notre monde. Robin tendit son carnet de recherches à sa consœur. Nous avions plusieurs pistes pour retrouver ce livre, peut-être que nos amis ont trouvé des informations sur Dicé de leur côté mais, nous ne le saurons qu'en rentrant à la guilde. Que savez-vous sur elle ? »

Nia plongea dans le carnet, préférant lire les découvertes d'une inconnue venue d'un monde opposé au sien. Tia s'éclaircit la voix, les membres de Fairy Tail et les voyageurs attentifs. « Nous n'avons que des suspicions. Les pistes les plus sûre sont qu'elle travaillait pour Dragonof et qu'elle travaillait sur la dragonification des dragon slayer. Les archives ne parlent pas d'elle. Nia à étudier Dragonof pendant des années, le royaume était structuré et tout était archivé. Le royaume gardait des documents sur tout et rien. Son équipe de recherches a retrouvé des dossiers sur le personnel du royaume et parmi eux, un dossier au nom de Dicé Nahima, vide.
- Attendez, Robin masqua son étonnement. Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Vous parlez de la sphère comme un mythe, mais comme saviez-vous que Dicé en était la créatrice ? Ce n'est pas seulement un dossier vide dans les archives royales qui aurait révélé toutes ses créations. »

Mémé Tia soupira, la question de Robin la mettait soudainement mal à l'aise. Elle jeta un œil à Nia qui secoua doucement la tête. La jeune femme n'avait aucune envie d'y répondre. Suspicieux, le groupe balaya du regard les deux femmes. « Zeleph. »

Les membres de Fairy Tail eurent un mouvement de recul. Robin avait vaguement entendu parler de lui. Jellal pinça les lèvres, visiblement hanté par une vision du passé. « Le mage noir Zeleph, la voix enrouée, la grand-mère tapota le sol de sa canne. Les rumeurs ont circulé à cause de lui. Des gens ont trouvé une lettre à l'intérieur d'un ancien récit. Connaissez-vous l'Étude des graines du mal ?
- C'est un recueil de recherches interdit et écrit par Zeleph, Levy fronça les sourcils. Le conseil magique a détruit tous les ouvrages sauf un. Tia plissa les yeux, un petit sourire collé aux lèvres. Le dernier exemplaire se trouve à Arbaless. Comment avez-vous eu accès à celui-ci ? Qu'est-ce que ce livre à de si important.
- Comme je l'ai dit, une lettre. Nia esquiva le regard inquisiteur de Jellal. Ne te méprends pas, jeune homme. Nia n'est pas une fanatique du mage noir. Bien au contraire, son frère est mort dans la tour du paradis. »

Cette fois, Erza et Jellal tremblèrent en même temps. Nia arrêta de lire. Sa respiration se bloqua un instant devant le regard désolé du maître de Crime Sorcier. La colère ne voila pas un seul instant les yeux de la jeune femme au contraire, elle sourit amicalement. « J'étais jeune et bête… La mort de mon frère m'a conduite à faire des recherches sur la sphère Dagarath. Si je trouvais un artefact aussi puissant que le mentionnaient les livres interdits du conseil magique… Je pourrai peut-être sauver mon frère. La culpabilité rongea son joli visage. Quand j'ai appris que la rumeur venait du continent voisin, j'ai quitté Ishgar pour voyager à Arbaless. Là-bas, j'ai découvert que Zeleph n'était pas scellé comme le prétendaient nos chers protecteurs du conseil magique. Il était l'empereur de nos vieux ennemis et tout le monde le vénérait. J'aurai pu retourner au conseil pour les avertir… Mais personne ne m'aurait cru. Elle jeta un regard à la directrice qui l'encouragea d'un signe de tête. J'ai longtemps cherché un moyen de me rapprocher de Zeleph, mais il n'était jamais à son poste. Il a disparu du jour au lendemain. Robin comme tous les autres, était suspendu à ses lèvres. Inbel, le consul, me surveillait de trop près. Il savait que je venais d'Ishgar, que j'avais travaillé pour le conseil. J'avais trop peur de mourir, c'est un mage puissant, je ne suis qu'une archéologue à la magie faible. Il lui suffisait d'un claquement de doigts pour me rendre muette. Je suis parvenue, avec beaucoup de chance, à infiltrer la bibliothèque de l'empereur. Je pensais trouver un moyen de tuer l'homme pour qui, il vouait une véritable admiration. Je n'ai trouvé qu'une lettre cachée a laquelle Zeleph à répondu. Tout correspondait, l'écriture, le langage, son symbole, les traces de magies noires. J'ai lu cette lettre, malgré le danger. C'était plus fort que moi. Elle baissa les épaules. Je pensais trouver une solution aux horreurs que cet homme avait engendrées. Je n'ai rien trouvé. Rien d'autre qu'une lettre de remerciement. Une lettre signée Dicé Nahima. Cette fameuse lettre que certains imprudents avaient lu, l'origine du mythe de la Sphère Dagarath. Ce même mythe qui m'avait conduit ici… »

Le silence pesant qui suivit cette révélation l'obligea à chercher du réconfort auprès de la vieille femme. Celle-ci sourit. Enfermé dans son mutisme comme les autres, Jellal ne comprenait pas. Comment ces deux personnes avaient-elles fini par se rencontrer ? Robin le devança alors qu'il ouvrait la bouche. « Que disait cette lettre ?
- Nous nous ressemblons. Jellal fronça les sourcils. Je suis navrée de ne pas vous avoir rencontré plus tôt et dans de meilleures conditions. J'avais tellement à vous dire. Tellement à apprendre de vous... Il vous prendra pour cible. La sphère Dagarath ne doit jamais être reconstruite. Il ne doit pas me retrouver. Vous devez détruire mes recherches, mes notes, mon histoire. Je dois disparaître. Je n'existe pas sans lui. Il n'est qu'une coquille vide aujourd'hui, une armure d'écailles qui vous chassera. Il est intelligent, il comprendra que vous m'avez laissé partir, il vous en tiendra responsable… La sphère ne doit jamais être reconstruite. Cet artefact, pouvant plier le temps et l'espace par la simple volonté de son utilisateur, est un blasphème. Je dois être la seule à subir le courroux des dieux. Je vous en supplie, acceptez mon égoïsme.
- Pourquoi cette femme remerciait Zeleph. Aujourd'hui, nous savons que ses ambitions n'avaient rien de malhonnête, Jellal agita ses mains pour montrer sa difficulté à exprimer ses pensées. Sa réputation au moment des faits s'étendait déjà sur tous les continents. Personne ne voulait croiser Zeleph, alors le remercier et lui demander de l'aide…
- Maîtresse Anna l'a fait. Tous se tournèrent vers Gajeel. Je ne pense pas qu'on puisse appeler cela de l'amitié, mais ils étaient alliés. Dicé en faisait peut-être partie.
- Elle nous l'aurait dit. Erza frotta ses tempes. Dicé a demandé à Zeleph d'effacer son existence. Elle fuyait quelqu'un. Qui ? De qui voulait-elle s'échapper ?
- Qu'à répondu Zeleph ? »

Robin avait besoin de réponses. Même si Levy lui avait raconté de long en large leur histoire, il manquait des pièces au tableau. Qu'est-ce qui pouvait réunir tant de figures puissantes ? Qui ? Tout semblait converger vers cette personne qu'elle voulait fuir. Nia ne donna pas de réponse, ce fut la directrice de l'orphelinat qui prononça les quelques phrases laissées par Zeleph à l'intention de Dicé. « Cinq minutes. C'est le temps qu'il vous a fallu pour me redonner l'espoir de voir un jour mon frère sourire face à moi, l'homme le plus abject de ce monde. Vous m'avez partagé un futur auquel il m'était impossible de penser. J'avais tort. Vous saviez que je me fichais de passer pour un monstre aux yeux de tous, mais vous m'offrez un avenir plus radieux que je ne mérite pas. Ces simples bribes que vous m'offrez me conviennent. Je ne veux rien de plus. J'accepte le futur que vous nous offrez et je prie pour votre apaisement. Je détruirai votre histoire, votre existence. Je respecterai votre choix et votre dernière requête. Si nous ne pouvons pas changer le passé, je projetterai nos seules chances de vaincre Acnologia dans le futur que vous avez créé, comme vous me l'avez montré. Je suis le seul à devoir, vous remerciez. Merci de m'offrir le plus beau sourire de mon frère. De m'offrir un futur où il est épanoui et heureux. Tout avait l'air si chaleureux autour de lui. Tout avait si chaleureux autour de moi dans ce torrent éclatant. Ce bref instant de plénitude, je ne voulais pas savoir… Ma mort ne peut être aussi douce, n'est-ce pas ? »

Levy ravala ses larmes. La main de son époux emprisonna sa nuque de sa chaleur. Leur échange, les mots de Zeleph, tout ça était d'une tristesse… Ils avaient tous conscience des sacrifices de Zeleph, de la passion qui émergeait de ses choix controversés, mais connaître ses sentiments profonds était plus douloureux qu'elle ne l'imaginait. « J'aurais préféré qu'il soit le monstre que les livres nous décrivaient. Nia réprima sa colère. Quand Inbel m'a pris la main dans le sac, je pensais qu'il profiterait de cette occasion pour me réduire au silence. C'était son intention, mais mon visage, embué de larmes, lui a fait changé d'avis. Je n'arrivais tout simplement pas à haïr l'homme qui avait causé la perte de mon frère. Je n'ai jamais réussi à quitter Arbaless, je n'ai jamais réussi à m'entretenir avec l'empereur. Je n'ai jamais eu de réponse. Je ne sais pas pourquoi je suis restée chez Inbel quand il a décidé de me garder à l'œil. Je ne sais pas pourquoi il a fait ça. Il m'a laissé travailler sur la sphère Dagarath, mais je n'ai jamais rien trouvé d'autres que cette lettre. Zeleph avait tout effacé. Tout sauf ce souvenir. Zeleph devait savoir, Inbel lui disait tout. Le jour où Arbaless a déclaré la guerre à Ishgar, Inbel m'a ordonné de rester au palais. Je n'ai jamais eu de réponse. Lorsque vous avez vaincu l'empire et Acnologia. Inbel m'a laissé partir. La dernière phrase qu'il a prononcée a été : " Si tu cherches des réponses sur Dicé Nahima, part pour Dragonof. ". Aujourd'hui, je ne sais pas pourquoi il m'a gardé près de lui plutôt que de me tuer. Je ne sais pas pourquoi il m'a dit de fouiller Dragonof. Peut-être grâce à son empereur. Peut-être grâce à Dicé. J'avais tellement de questions, je voulais savoir ce qui avait poussé cette femme à créer un tel artefact. Pourquoi vouloir modifier le temps et l'espace pour fuir notre monde ?
- L'amour, souligna Mémé Tia. Seul l'amour peut influencer un individu à repousser ses limites et celles de son monde. C'est une magie puissance. La plus puissante qu'il puisse exister. Celle qui, en échange de toute une vie, peut inverser le cours du temps pour sauver des vies. »

Jellal fixa la directrice avec une pointe de douleur. Pourquoi fallait-il que cette femme parle comme elle ? Nia profita du silence pour terminer d'explorer le carnet de Robin. Consciente que toutes ses informations étaient difficiles à encaisser, elle préféra trouver un moyen de les aider. Ces personnes n'étaient pas de leur monde et pourtant, aujourd'hui, ils se trouvaient devant elle. Pourquoi Dicé n'avait pas détruit la sphère Dagarath ? Pourquoi demander au mage noir de tout faire pour la supprimer pour au final laisser sa création intacte ? Pourquoi prendre le risque que celle-ci soit utilisée à son insu ? « Je ne peux que vous donner d'autres rumeurs au sujet de Dicé. Elle rendit le carnet à Robin. Cette femme a été très méticuleuse. Vous avez écrit dans votre journal que la sphère vous a conduit directement dans la guilde de Fairy Tail ? Pourquoi aurait-elle fait ça ? Ce n'est pas logique. Je pense que vous trouverez toutes ces réponses une fois votre traduction terminée. Je n'imaginais pas rencontrer un jour une archéologue aussi talentueuse que vous. Robin sursauta. Votre capacité d'analyser le langage draconique est incroyable. Peu de personnes sont capables d'une telle prouesse.
- Vous parliez d'autres rumeurs. Lesquelles ?
- Beaucoup sont infondées, Nicholas apparut dans le dos de Nia. Sa présence sembla drastiquement apaiser la jeune femme. La plus raisonnable suggère que Dicé Nahima a fabriqué la sphère Dagarath au cœur de Meldian, Levy se reconcentra sur lui. Dans les ruines de l'Institue de magie. Cela expliquerait son lien étroit avec l'Empereur Spriggan. Après tout, sa malédiction a détruit cette institution et la capitale du temps est le meilleur endroit pour fabriquer un artefact en lien avec la magie du dieu Chronos. Faut-il encore trouver Meldian. Sa localisation est un secret bien protégé…
- Dimaria, souffla Levy. Lucy ne sera pas enchantée d'avoir à faire à elle, mais… c'est une descendante du peuple Meldian. Elle saura où se trouve la capitale du temps.
- Cette folle ne dira rien, Gajeel mit un coup de pied dans un caillou. Quoique, Natsu l'a traumatisé, un sourire mauvais se plaqua sur ses lèvres. On peut utiliser ça pour l'obliger à parler.
- Nous passerons d'abord par Ajil ou Brandish, le calma Erza derrière son aura noire. Cette dernière a une certaine autorité sur Dimaria.
- Traduire le carnet est la première étape de votre voyage, Mémé Tia se redressa pour observer l'horloge du clocher. Dicé Nahima nous a montré qu'elle était particulièrement soigneuse. Ses notes, qu'elle vous a laissées, vous guideront. Vous devez cependant vous remettre en route. Elle fit signe à Nicholas qui s'avança vers le groupe. La gare n'est pas loin d'ici. Vous pourrez prendre le dernier train pour Crocus si vous partez maintenant. Nicholas vous guidera. »

Le groupe acquiesça sauf Zoro. L'épéiste analysait l'âme de la vieille. Elle les dégageait. Elle n'était pas sereine. La cause, Jellal dont l'aura était ponctuée de questionnement et dont le regard était figé sur elle. Elle ne voulait pas qu'il la reconnaisse, elle voulait l'éloigner. Rapidement. Elle les avait fait patienter jusqu'à l'arrivée des autres et maintenant… Elle voulait qu'ils partent rapidement. Elle les accompagna malgré tout à l'entrée du village, Nia à ses côtés. Robin et Levy promirent à la jeune archéologue de lui faire suivre leurs découvertes. Cette nouvelle sembla la ravir, mais contre toute attente, elle leur demanda une autre faveur. « Pouvez-vous demander à Inbel de me rendre visite ? Une rougeur caractéristique apparue sur son beau minois. J'aimerais beaucoup parler avec lui, mais je n'ai aucun moyen de le contacter.
- Bien sûr, Levy lui prit les mains tout en souriant. Je pense qu'il sera enchanté de toute cette attention. »

La rougeur s'étendit de ses joues à son cou. Rouge pivoine, elle bégaya une suite de mots incompréhensibles. Erza remercia les trois personnes avec enthousiasme. Jellal à ses côtés, se délecta de sa bonne humeur. Il offrit un dernier regard à la vieille femme qui sourit en retour. « Pourquoi nous aider ? Questionna-t-il. Vous nous connaissez à peine.
- J'aimerais profiter de mes derniers instants pour aider les autres. Elle serra ses doigts rachitiques sur le haut de sa canne. J'ai passé une majeure partie de ma vie à maudire mon existence. L'aura de Jellal vacilla. Aujourd'hui, je suis heureuse d'être née. Je peux aider mon prochain.
- Vous, le visage pâle, l'ancien criminel secoua la tête. Non, oubliez. »

J'ai toujours maudit mon existence, l'anxiété, la haine, la colère que je ne pouvais supprimer. Mais quand je m'arrête pour regarder le ciel… Je réalise combien je suis petite. Il y a un monde infini qui s'offre devant moi, et m'illumine moi petite chose. Je me sens comme sous un torrent de lumière, me lavant de mes fautes. J'étais heureuse d'être née. J'ai dû être heureuse. Et à la fin… J'ai réussi à me pardonner moi-même. Adieu mes chers amis.
Ultear.

« Je suis désolé, je vous confonds avec une vieille amie, s'inclina Jellal.
- Une amie proche ? Son sourire amorça le sien.
- Un membre de ma famille pour être plus précis. Vous lui ressemblez. Vous parlez comme elle. Il ferma l'instant d'une respiration les yeux. Je me félicite de ne pas avoir emmené Meldy. Sa mort est encore trop fraîche. Ce n'est qu'une enfant.
- Je vois que vous la chérissez, ses mains se mirent à trembler sur sa canne. Soyez heureux pour elle. »

Il acquiesça en silence, un sourire douloureux étirait sa bouche. Erza lui prit la main pour la presser. La directrice les observa avec une joie non dissimulée et Zoro ressentit son aura gonflée de fierté. Il remarqua ses yeux embués alors que tout le monde lui tournait le dos, sauf lui. Une larme glissa en silence sur son visage creusé par la vieillesse, une seule et unique larme qui se cristallisa lorsqu'elle toucha le sol. Chopper lui cria d'avancer et de ne pas se perdre. Il s'exécuta sans rétorquer. Le regard brûlant de cette femme sur eux, l'obligea à se taire, mais il entendit une dernière phrase de sa part. « Ne gâchez pas votre jeunesse. »

Le groupe hors de vue et le dragon slayer hors de portée, Nia pivota finalement vers la directrice de l'orphelinat. Elle hésita à parler, mais le regard écarlate de celle-ci lui fit ouvrit la bouche. « Pourquoi avez-vous caché votre énergie magique ?
- Car je me suis déjà trop dévoilée, elle amorça un pas vers les enfants. Jellal ne doit pas savoir que je suis toujours en vie. Lui et Meldy ne doivent pas me voir dans cet état. Je ne suis plus Ultear. Elle prit un temps pour regarder les enfants jouer. Mon âme est déchirée en deux, partagée entre mon corps flétri et le cours du temps. Je ne suis pas plus cette femme. Cette réalité est trop dure pour eux. Grey n'accepterait pas de me voir ainsi. Il ferait tout pour me reconstruire, mais c'est impossible.
- Vous avez sauvé tellement de monde ce jour. Nia jeta un regard en arrière.
- Un sacrifice nécessaire. Elle imagina avec fierté le dos droit de son ami. Je suis heureuse, il a enfin arrêté de se punir.
- Moi, je suis heureuse de vous avoir rencontré. Ultear haussa un sourcil. Merci d'avoir remonté le temps de quelques secondes. Merci de m'avoir laissé vous aider.
- Je n'en serais pas là sans toi. Je suis ravie d'avoir pu compter sur toi pour garder mon secret. J'espère qu'Inbel viendra à ta rencontre.
- Je le souhaite aussi… J'aimerais comprendre, j'aimerais le comprendre. »

Zoro poussa un soupir d'exaspération. Comment les autres pouvaient dormir aussi bien avec tout le bruit que faisait Gajeel ? Grâce à Nicholas, ils avaient réussi à attraper le dernier train de justesse. Erza avait négocié avec brio deux compartiments avec couchettes, enfin négocié n'était pas le bon terme… Elle avait plutôt terrorisé les agents quand ceux-ci lui avaient dit qu'ils n'allaient peut-être pas pouvoir les installer côte à côte. L'aura menaçante de la guerrière avait suffi à les faire trembler de la tête aux pieds et ils avaient procédé à un arrangement avec d'autres voyageurs. Erza ne voulait pas diminuer la sécurité de Levy et Robin. Même si tout le monde savait qu'elle atomiserait le moindre intrus sans leur aide, personne n'avait voulu la contredire. Pas même son petit ami. Allongé sur une couchette du bas, l'épéiste soupira. Il avait besoin d'air. Il avait besoin de trouver un endroit silencieux pour dormir. Même Luffy faisait moins de bruit sur le Sunny quand il courait en rond et criait sur le pont. Il enfila sa veste et passa au travers des corps étendus. Jellal dormait profondément, mais les ronflements du dragon slayer lui faisaient tout de même froncer les sourcils. Dire que Chopper dormait avec Robin. Il l'enviait de dormir entre les bras de l'archéologue. Car oui, le renne ne l'avait pas lâché d'une semelle depuis leurs retrouvailles. C'était devenu une habitude chez lui. En parlant d'elle, il fut surpris de la voir sortir de son wagon en même temps que lui. La mimique étonnée sur son visage lui confirma qu'elle ne l'attendait pas non plus. Il plaqua même sa paume sur sa bouche quand elle amorça un son. Mimant le silence, il l'emmena à l'arrière du wagon à l'extérieur. Le froid mordant de la nuit vint mordre leur peau. Dans sa précipitation, il n'avait pas remarqué que Robin ne portait rien d'autre qu'une brassière et un short moulant. Il s'autorisa une seconde à profiter de la rondeur de ses fesses avant de réagir. Il retira sa veste pour emmitoufler son corps dedans. Même couverte, la grande brune trembla en le remerciant. « Pourquoi es-tu sortie sans veste ? Tu n'as pas réfléchi avant ? »

Elle le regarda avec des yeux ronds. C'était de sa faute si elle était dehors après tout. Elle n'avait pas prévu de sortir et il comprit ça tout seul quand elle rangea ses doigts devenus rouges dans les manches de sa veste. Le froid ne l'empêcha pas de répondre avec humour. « Je savais que tu viendrais me réchauffer, elle sourit. Bien que j'aurais préféré être réchauffée ailleurs qu'à l'arrière d'un train en pleine nuit. »

Sa voix mielleuse flatta ses oreilles. Elle arrangeait toujours ses actions et ses paroles pour les retourner contre lui. Par réflexe et aussi par envie, il la prit par la taille et échangea leur place pour qu'elle ne soit plus dans l'axe du vent. Elle cessa de grelotter quand il la plaqua contre son torse. Elle glissa même ses doigts glacés sous son débardeur pour se réchauffer. « Merci, chuchota-t-elle, le visage contre son pectoral droit.
- Je te réchaufferai bien d'une façon plus efficace, mais pour ça, il me faudrait un lit à l'autre bout du train.
- Une chambre dans un autre train me paraît plus sûre, un rire le secoua. J'apprécie la proposition, cela dit. »

Ils profitèrent de cette étreinte pour se cajoler. Même si les autres dormaient assez loin d'eux, ils savaient qu'ils devaient rester discrets. Les taquineries et la provocation attendraient leur retour à la guilde. Le nez froid de Robin se logea dans son cou et il se laissa aller contre la barricade de sécurité pour s'appuyer dessus. Collés l'un contre l'autre, les corps penchés très légèrement, il remarque les poches sur l'arrière de son short. Sans réfléchir, il introduit ses mains gelées dedans. Le froid passa à travers le tissu et Robin jura. Elle pinça les lèvres devant son sourire moqueur. Sa frustration ne fut pas longue, car elle reposa sa tête contre son torse. D'un coup, il se sentit d'humeur à discuter. La soudaine envie de parler avec elle, le perturba. Lui qui n'aimait pas ça d'ordinaire, il lui demanda pourquoi elle sortait de sa cabine. Elle resta un instant à l'observer. Elle semblait réfléchir à un mensonge et elle comprit vite qu'il l'avait démasqué. « Ne me mens pas. Sa voix était plus dure qu'il ne le voulait. Si tu pensais à la sphère ou si tu ne sortais pas pour prendre l'air, tu ne chercherais pas à mentir.
- Je me pose des questions, elle fuyait son œil inquisiteur. Des questions sur notre arrangement. »

Il resserra ses doigts sur sa peau, lui arrachant un gémissement. Ce n'était pas volontaire, mais il voulut recommencer. La voix de Robin le recentra sur leur échange. « Je me demande seulement comment nous allons bien pouvoir rester cachés. Il haussa un sourcil. Ce n'est pas grand-chose je sais.
- Il nous suffit de rester loin du nez de Gajeel ou de n'importe quel dragon slayer. La guilde est grande.
- Et une fois chez nous ? »

Elle releva la tête, inquiète. C'était étonnant de la voir aussi perturbée pour un détail qui lui paraissait insignifiant. Cacher leur partie de jambes en l'air ne devrait pas la mettre dans cet état et pourtant, il était heureux de la voir aussi investie. Elle n'était pas prête à fuir et ça le rassurait un peu. Il n'avait pas pensé à ce qu'elle pourrait ressentir si quelqu'un les démasquait. Lui était solide, elle… Elle n'apprécierait certainement pas qu'on vienne s'incruster dans sa vie sexuelle. « Et une fois chez nous ? Coincés sur le bateau ? Nos escales sont rares, courtes et mouvementées…
- C'est moi, ou tu as peur de ne pas avoir ta dose régulière ? »

Elle piqua un fard, il se moquait ouvertement d'elle. Elle frappa sa clavicule, accentuant la poigne de ses mains sur son postérieur. Elle aurait voulu lui dire qu'il serait le premier à être en manque, mais il profita de son temps de réflexion pour la soulever de terre. Elle dut enrouler ses jambes autour de ses hanches pour ne pas tomber… Dans le cas où il l'aurait laissé tomber. Ses bras initialement contre son torse trouvèrent refuge autour de sa nuque. Elle manqua de percuter son nez du sien dans la manipulation. Toujours vexée, elle détourna les yeux pour lui montrer qu'elle n'appréciait pas la blague. « Ou alors tu as peur que je me lasse de notre petit secret ? »

Elle pivota la tête un peu trop vite pour paraître détachée. Elle ne réussit pas à démentir devant son regard sombre et le sourire narquois qu'il abordait. Il l'avait démasqué. Elle était attachée à leur arrangement et il l'était tout autant. Elle ouvrit la bouche pour le rembarrer, mais il se déplaça si vite qu'elle ne laissa qu'un gémissement sortir de ses lèvres entrouvertes. Il l'avait plaqué contre le mur près de la porte, son visage suffisamment proche du sien pour réchauffer sa peau de son souffle. « Touchée, elle abdiqua contre lui. Je ne crois pas pouvoir me lasser d'une distraction aussi allégeante. Encore moins si tu ne perds pas cette habitude à me chercher.
- Je n'ai rien fait, se justifia-t-elle.
- Tu m'as provoqué tout à l'heure. Je me trompe ? »

Elle déglutit en comprenant où il voulait en venir. Elle l'avait mis dans une situation gênante plus tôt avec leur médecin. Les mains du bretteur arpentèrent ses hanches puis sa taille. Il embrassa la commissure de ses lèvres, sa joue puis son cou. Chaque baiser réchauffait sa peau nue. Son corps, tendu contre le sien, la fit trembler. Le froid aurait dû en être la cause. « Comment je devrais me venger ? Elle haleta quand ses dents pincèrent sa peau. Te prendre ici, serait presque une récompense. Je n'ai aucune envie de te récompenser, j'ai envie de te tourmenter. »

Sa main passa sous sa brassière pour tirer la pointe de son sein, alors qu'il la dévisageait d'un air satisfait. La veste sur ses épaules glissa. Il embrassa la plus proche. Elle ferma les paupières quand il plaça son bassin contre le sien mimant un geste de va-et-vient. Les yeux clos, elle pressa sur sa nuque pour l'inciter à faire n'importe quoi. N'importe quoi pour arrêter de la frustrer. Seul un rire moqueur ponctua sa tentative. Il recula finalement pour l'observer. Elle avait lâché sa nuque, ses bras le long de son corps, la veste qu'il lui avait donnée chuta à ses pieds. Elle daigna rouvrir les yeux quand le froid vint mordre son ventre et ses bras nus. La vision érotique qu'elle lui offrit l'encouragea dans son comportement. Il pinça plus fort son téton, suffisamment pour qu'elle gémisse plus fort qu'elle ne le devrait. Assez pour qu'elle se sente obligée de plaquer ses mains fines contre sa bouche. « J'hésite… Elle frissonna. Soit, je te laisse comme ça…
- Soit, quoi ? Faussement furieuse, elle le laissa recoller son corps contre le sien. Tu ne feras rien.
- Tu me cherches encore Robin… »

Elle le défia du regard. Sa bouche à quelques millimètres de la sienne, il relâcha enfin sa poitrine. Pensant qu'il capitulait, elle délia ses jambes pour reprendre appui sur celles-ci. Avant qu'elle ne puisse lui dire qu'elle avait raison, il laissa courir un doigt sur son intimité. Même protégée par son short, elle le sentit appuyer sur son clitoris avec un malin plaisir. Elle mordit sa lèvre pour ne pas lui donner plus de satisfaction et le fusilla du regard. Il profita de l'occasion pour l'embrasser avec énergie. Ses lèvres brûlantes contre les siennes, elle se laissa guider par sa force. Elle n'arrivait décidément pas à lui tenir tête ce soir. Il arrêta brutalement leur échange, mais elle vit ce sourire arrogant et elle comprit qu'il n'avait pas dit son dernier mot. « Soit je te baises maintenant alors que Chopper s'apprête à passer cette porte dans moins de deux minutes. »

Elle hoqueta et chercha la moindre trace de mensonge dans son iris grise. Rien, il était plus sérieux que jamais. Son sourire la fit trembler, il était près au tout pour se venger de ce petit impair sauf que ça l'excitait plus qu'autre chose. Elle arrêta de respirer quand il reprit sa veste. Elle espéra quand il caressa ses lèvres des siennes, mais il ne fit rien. Elle trembla quand il la contempla. Elle se sentait minuscule, une simple proie face au plus grand prédateur qu'elle avait jamais croisé. Elle déglutit quand lui releva la tête en glissant deux doigts sous son menton. Ces mêmes doigts qui la caressaient plus tôt. Le froid mordit sa peau avec plus d'intensité, elle était brûlante. « Je meurs d'envie d'arriver à la guilde. J'espère que tu sauras me convaincre. J'attends tes supplications avec impatience. Robin. »

Elle n'arriva à respirer qu'une fois qu'il referma la porte derrière lui. Elle manqua de tomber, car ses jambes étaient maintenant cotonneuses. Elle cherche à calmer sa respiration, mais son cœur frappait sans douceur contre sa poitrine. Elle n'avait pas prévu ça. Elle n'avait pas imaginé un seul instant la tendance dominatrice de Zoro. Elle n'avait jamais imaginé être aussi réceptrice. Elle savait une chose, s'il lui avait donné l'ordre de s'agenouiller devant lui, elle l'aurait fait. Elle allait devoir être plus précautionneuse. Plus vigilante. Ou le diable en personne la consumerait. La porte s'ouvrit, moins de deux minutes… Chopper apparût derrière l'acier. Ses cuisses se resserrèrent. Putain de monstre machiavélique. Si elle avait laissé sa grande bouche accroître son sadisme, elle serait dans une posture délicate. Il en était parfaitement capable. La voix douce et innocente du petit renne, résonna dans la nuit. « Tout va bien, Robin ? »