Celui qui aimait jouer
Derrière ses lunettes colorées Borsalino voyait ce que d'autres essayaient de cacher. Il savait bien qu'il n'était pas le plus malin, le plus intelligent ou le plus stratège mais il pouvait affirmer qu'il savait observer. Qui se douterait que derrière sa posture nonchalante et son allure désinvolte se terrait un observateur minutieux ?
À sa décharge, il utilisait ce don pour s'amuser et connaître les rumeurs avant d'autre. Il aimait observer les faux-semblants et percer à jour les plus sérieux qui se montraient au-dessus de tous soupçons, même les meilleurs avaient des péchés mignons. Deux marines qui s'étaient un peu trop rapprochés selon le règlement. Un amiral qui regardait de bien trop près un vice-amiral et meilleur ami. Ce même vice-amiral qui semblait si joyeux et désinvolte cachait pourtant des colères et des rancunes sombres dans les recoins de son cœur.
Il voyait même au travers de son ami Sakazuki qui se jetait à corps perdu dans des entrainements et qui ne sourirait que lorsqu'il éprouvait de la souffrance et de la difficulté à ses entrainements de forçat.
Il se délectait de ces micro-expressions qu'il saisissait à la dérobé et de ce qu'il pouvait en tirer. Personne n'était au-dessus de tous soupçons. Personne, jusqu'à ce qu'il tombe sur cette femme. Celle qui avait rebattu les cartes de son jeu et lui avait montré qu'il n'était pas le seul à savoir jouer à ce jeu-là.
Elle était une adversaire plus redoutable qu'il n'aurait l'imaginer.
La première fois qu'il l'avait vu elle servait des verres à la table d'à côté.
Il découvrait ce bar pour la première fois. Un bar à l'abri des yeux pas très décoré, rien ne le distinguait vraiment de ses voisins et pourtant il était réputé pour accueillir des officiers de haut-rang. Ils venaient ici pour la qualité de boissons, disait-on.
La première chose qu'il remarqua était justement ce retrait des grandes artères de la ville. Il en comprit la raison en voyant les filles. Des femmes aguicheuses sans être vulgaires mais cela restait des femmes à louer. Les risques d'être vu ici étaient moindre et les filles semblaient nettes et en bonne en santé contrairement à d'autres bouges miteux. Ce n'était pas une mauvaise première impression mais il y avait mieux comme approche.
Il décida de voir si la boisson était aussi bonne qu'on le lui avait dit et commanda un verre. Il balayait la pièce des yeux à la recherche de quelques éléments ou détails croustillant à se mettre sous la dent. Il devait bien y avoir des vices cachés sous ces lumières diffuses puis ses yeux se posèrent sur cette serveuse qui virevoltait au milieu des tables. Elle semblait trop pure pour un endroit comme celui-ci : une mine timide mais la démarche assurée. Elle ne semblait pourtant pas atteinte par les souillures qui gisaient çà et là. Il la regarda dans l'espoir de percevoir une faille. Elle ne pouvait pas être l'oie blanche de cette histoire.
Elle lui amena son verre avec un magnifique sourire, un sourire qui aurait fait fondre n'importe quel cœur de pierre. Il ne dessellait rien dans son comportement et cela l'intrigua d'autant plus.
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Au fil des semaines, il acquit la certitude que quelque chose de louche se tramait derrière cette façade lisse. Elle était trop parfaite, trop douce, trop… Elle rentrait trop dans sa petite case de serveuse et il n'y croyait pas.
Mais ce n'est pas d'elle qu'il tira le plus d'informations, ce fut du regard des clients et de leurs gestes. Cela piqua encore plus sa curiosité : des gros dures semblaient nerveux, des haut-officiers qu'il avait reconnu baissaient les yeux en sa présence, en particulier lorsqu'ils l'appelaient pour lui chuchoter l'oreille ce à quoi elle répondait par un sourire. Il y avait anguille sous roche. Pourquoi ces hommes se montraient si… Soumis ?
De la soumission.
Voilà ce qu'il percevait chez ceux qui l'approchaient la plus intimement. Il nota qu'ils étaient rares, pour tout dire, il compta cinq. Les autres s'en montraient jaloux. Certains tentaient même des approches qui n'aboutissaient jamais. Il n'arrivait pas à percer le mystère Maria.
Elle n'était pas une des prostituées pourtant elle avait cinq partenaires réguliers et aucun ne montraient de signe de jalousie envers les autres. Cet élément là l'empêchait de considérait qu'elle était une juste femme ayant… Des envies. Mais elle refusait les demandes… Etait-elle chargée de client particulier ? S'occupait-elle des fantasmes… Spéciaux ? Cela trainait dans un recoin de son esprit mais rien dans le comportement de Maria ne le lui confirmait.
Elle semblait hermétique, tout glissait sur elle et cela commençait à l'obséder.
Il voulait jouer avec elle.
Il entama alors une phase d'observation plus poussée et passait des soirées au bar à l'observer. Il l'observa et la vit agir avec ses « clients ». Quelques jours après avoir discuté avec elle, ils montaient les escaliers avec elle et ne redescendaient plus avant le petit matin. Il avait dû se cacher dans une ruelle pour voir leur sortie. Elle les monopolisait jusqu'au petit matin.
Il eut l'impression de croiser son regard mais cela fut très furtif.
Puis vint la phase d'action. Il prit contact avec une des filles et la suivit dans sa chambre. La suite ne fut guère étonnante ni surprenante. Il devait obtenir des informations plus précises mais fit chou-blanc. La fille ne lui donna pas d'informations utiles.
Il retenta l'expérience mais rien. Cela l'agaça fortement de piétiner ainsi et cela commençait à lui couter cher pour le peu qu'il recevait. Les filles avec qui il couchait n'avaient rien de particulier et cela n'avait même pas le mérite de le détendre. Il finit par leur demander des massages, au moins ça, ça lui faisait du bien.
Il tenta une approche beaucoup plus directe envers Maria mais elle le renvoya avec tant de douceur et de paroles mielleuses qu'il ne réagit même pas. Il resta coi, totalement incapable de savoir ce qu'il s'était passé.
Il commença à se désespérer de comprendre ce qu'il se cachait derrière cette femme. Il dut se résigner à prendre un peu de recul sur la situation. Il cessa de se rendre au bar et préféra reprendre ses activités d'observation au quartier général. C'était moins frustrant.
Il pouvait embêter Sakazuki autant qu'il le voulait pour peu qu'il accepte de s'entraîner avec lui de temps en temps. Sakazuki lui pardonnait. Il voyait l'excitation pointer le bout de son nez régulièrement et cela le fascinait toujours autant. Il avait l'air de prendre son pied. Sakazuki et sa soif insatiable de pouvoir. Il se transformait en bête déchainée. Une créature de passion. Une créature fascinante.
Cela l'amusait.
Il préféra couper à court à ses échanges et retourner à son travail. Cela le stimulait beaucoup trop de voir cette hargne dans son regard, de sentir du désir dans ses yeux, non pas tourné vers lui mais vers son potentiel destructeur.
Il aurait bien besoin d'une douche. Une douche bien froide.
En trainant dans les couloirs qui le menaient vers le quartier des officiers il tomba sur l'amiral Sengoku et le vice-amiral Garp. Cela méritait toujours de jeter un coup d'œil mais il ne sentait pas d'humeur. Les regards de l'amiral sur le dos de son ami étaient plutôt évocateurs et ne laissaient pas de place aux doutes sur les intentions qu'il nourrissait à son égard. Sengoku n'était d'ailleurs pas toujours très discret. Borsalino soupçonnait Garp et Tsuru de le savoir aussi mais le principal visé par cette affaire ne semblait pas être dérangé plus que ça. Garp semblait détaché de tout pourtant il faisait preuve d'une sollicitude et bienveillance à l'égard de son ami très touchante.
Il doutait que cela soit réciproque. Garp faisait semblant de ne rien voir pour éviter la gêne entre eux. Une telle révélation pourrait mettre un terme à leur carrière ou anéantir toute forme d'avancement pour Sengoku. Il ne pouvait pas se permettre de tel écart et pourtant il ne cessait de fixer son ami dès qu'il avait le dos tourné pour l'admirer. Phénomène contradictoire de se tenir si près de l'objet de ses désir tout en sachant pertinemment que le moindre faux pas pouvait réduire à néant tous les efforts d'une vie.
La Marine n'aimait pas les soldats qui sortaient du rang. Encore moins de dans ce genre. Certains de leurs prédécesseurs en avaient fait les frais. Une carrière gâchait pour un seul bruit de couloir évoquant une relation un peu trop poussée, un peu trop régulière… Que n'était pas une erreur de parcours mais une relation délibérée et en connaissance de cause.
Ceux qui voulaient jouer à des jeux dangereux se brûlaient les doigts. La Marine était cruelle mais il s'était engagé en connaissant les risques.
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Il vida son verre d'une traite et le reposa sur la table. Son moral était en berne et il n'espérait plus rien. Un de ses amis venait d'être envoyé au loin en urgence et Sakazuki n'était pas vraiment de bonne compagnie en ce moment.
Il était d'humeur maussade et soupira. Le réconfort vint d'un endroit qu'il n'espérait plus.
« Eh bien… Eh bien… Je ne vous ai encore jamais vu aussi abattu. La maison vous offre un verre, sourit-elle. Vous voulez que je demande à une des filles de s'occuper de vous ?
- Non, elles ne sont pas… Je, non…
- Vous voulez que je m'occupe de vous alors ? »
Il se figea et son taux d'alcoolémie diminua drastiquement. Il releva la tête vers elle surpris.
« Je veux bien vous accorder un essai, reprit-elle. Vous êtes un bon observateur et posez de bonne question mais… Vous laissez passer beaucoup d'émotions derrière votre sourire et votre allure lente. Il semble que l'observation soit un de nos points communs et je pense que ce n'est pas le seul de nos intérêts qui convergent. Si cela vous intéresse toujours d'en savoir plus sur moi alors je vous invite à vous rendre dans la chambre treize. »
Il ne répondit pas et la suivit aussitôt. Son expression à l'instant… Elle était assurée, dominatrice, prédatrice. Le genre d'aura qu'il retrouvait chez ses supérieurs et puis… Elle lui montrait de l'intérêt. Elle l'avait détaillé des pieds à la tête comme pour l'évaluer. Il s'était retrouvé mis à nu sous son regard perçant.
Mais surtout… Il avait aperçu quelque chose de terrifiant dans son regard : elle savait. En un regard elle avait tout deviné de lui. Il se rendit compte que ces petites observations n'avaient rien à voir avec ce dont elle était capable. Il eut le sentiment étrange qu'elle avait tout prévu et que c'était elle qui le surveillait depuis le début et non l'inverse. Il avait été manipulé par cette femme. Dupuis le début, elle manigançait cette soirée. Il tombait dans un traquenard et en prenait conscience. Il continua pourtant à la suivre dans l'escalier jusqu'à son piège.
Il avait perdu la partie.
Elle ouvrit la porte et juste en balayant la pièce des yeux il se dit qu'il entrait dans un nouveau territoire. Un territoire où il n'était qu'un invité et dont elle était la reine. Il ne savait pas ce qu'elle pratiquait ici mais il n'était pas sûr de vouloir le vivre. Il voulait jouer certes, mais pour jouer il faut fixer des règles.
« Un massage ça vous dit ? Sans me vanter je suis plutôt douée…
- Ça je n'en doute pas vous savez… Je peux vous poser quelques questions ?
- Allez-y, je ne mords pas à moins qu'on ne me le demande, sourit-elle.
- Vraiment ? Cela me surprend… Pas tant que ça en fait. Vous… Qu'êtes-vous au juste ? Une serveuse ? Une prostituée ? Une dominatrice ? Un peu des trois ?
- Je n'aime pas trop le terme de dominatrice car cela ne se résume pas qu'à cela… Prostituée, pas vraiment non plus, je ne touche pas d'argent pour ça.
- Vous êtes plus directe que je ne l'aurais imaginé. Mais je me doutais qu'il y avait quelque chose caché derrière cette belle facette.
- Vous êtes un bon observateur, peu de gens se doute réellement de ce que je fais à côté. Vous n'étiez pas toujours très discret cependant… Dans la ruelle ce n'était pas très malin de votre part.
- Vous êtes terrible, rit-il, vous arrivez à voir un soldat entrainé alors qu'il est camouflé. C'est impressionnant ! Vous devriez postuler pour la Marine ou le gouvernement mondial.
- Vous me flattez… Je ne crois pas que vous aillez utilisé toutes vos capacités et vos techniques de camouflage comme vous dîtes. Et si nous en venions au cœur du sujet ? Vous souhaitez uniquement me poser des questions ou vous avez quelques idées derrière la tête que je pourrais concrétiser ?
- Hum… Je crois que je vais m'en tenir au massage.
- Un massage simple ou… Vous préférez un massage plus en profondeur ?
- En profondeur ? Que voulez-vous dire… Oh ! Vous faites ce genre de chose là aussi ? C'est surprenant… Je veux bien tester mais en douceur, on ne peut pas dire que je fais ça tous les jours.
- Vous avez déjà essayé ?
- Il faut être curieux dans la vie, non ? »
Elle se mit à rire. Elle fut surprise de sa réponse et elle l'était rarement.
« Je me déshabille alors ? Entièrement ? »
Il lui fit un clin d'œil. Celui-là il était vraiment surprenant. Elle n'avait pas encore perçu tous ses aspects mais ce qu'elle voyait l'amuser. Il allait être difficile à canaliser mais elle ne se laissait pas faire si facilement. L'homme avait l'air très à l'aise dans cette situation et pas le moins du monde pudique.
C'était rafraichissant.
« Je me mets sur le lit ? »
Elle acquiesça. Elle perdait la main et cela l'agaçait profondément. Ce n'était peut-être pas une si bonne idée de le prendre comme nouveau client.
« Attendez, je vais juste mettre uns serviette. »
Elle prépara le lit et lui indiqua de s'installer. Cet homme était très perturbant. Elle le couvrit et alla chercher les huiles dont elle aurait besoin. Borsalino avait l'air détendu pourtant elle perçut un changement. Elle se sentait évalué. Elle devait maintenir son attention et la curiosité qu'elle avait suscitée.
Elle s'installa tranquillement à califourchon sur dos, c'était le problème avec ces hommes si grands. Elle étala généreusement l'huile et prit à cœur sa tâche. Borsalino ne trouva rien de spécial pour le moment. Certes elle se débrouillait bien mais il s'attendait à quelque chose de plus…
Oh.
Ses mains commencèrent à migrer plus au sud d'une manière trop langoureuse pour être honnête. Elle préparait le terrain l'air de rien pour l'endormir puis elle agissait lorsqu'il avait baissé sa garde. Elle insista de plus en plus sur les zones basses et n'arrêta pas là sa descente. Il eut un frisson en attendant la suite. Allait-elle approfondir ?
Elle dut percevoir son attente car elle changea d'avis sur son itinéraire. Elle survola ses fesses, ses cuisses et reprit son massage à partir de l'arrière des genoux. Elle remonta lentement, très lentement… Trop lentement. Il comprit alors le pouvoir de cette femme : elle s'adaptait vite.
Elle testait et percevait le moindre changement qui s'opérait chez ses partenaires et elle modifiait aussitôt son approche. Cela la rendait bien plus effrayante. Il comprit qu'il n'était encore qu'un petit joueur dans ses filets mais avec un peu de chance il pourrait apprendre de ses dons.
Il sursauta en sentant la serviette qui le couvrait, être remonté sur dos.
Pour pas que j'ai froid, hein ?
Elle lui massait les cuisses et insistait sur l'intérieur. Sans même s'en rendre compte il commença à les écarter et Maria eut un sourire. Elle avait hâte de passer à la suite.
Il se laissait faire avec une facilité déconcertante, cela s'annonçait intéressant. Elle continua ses mouvements et commença à préparer le terrain. Du bout des pouces, elle lui écartait les fesses puis elle appuya ce geste. Elle ne perçut aucun signe d'inconfort et continua donc son œuvre.
Il soupira lorsqu'elle appuya la palpation de ses fesses. Il devait se rendre à l'évidence. Elle savait pertinemment ce qu'il voulait au moment où il le voulait. Cette femme était effrayante. Il sentait qu'elle pourrait lui faire ce qu'elle voulait sans qu'il ne comprenne ce qui arrive.
Il gémit.
Pourtant elle arrêta ses gestes. La frustration l'envahit et il se redressa pour voir ce qu'il se passait. Il croisa sons regard alors qu'elle remettait de l'huile sur ses mains. Elle offrit un sourire sans équivoque et il se retourna aussitôt. Ses joues le brûlaient et il était hors de question qu'il passe pour une vierge effarouchée devant elle. Il voulait la suite et vite !
Il trouvait rarement des femmes qui acceptaient de le toucher ainsi alors il n'allait pas laisser passer l'occasion. Si elle se débrouillait bien il pourrait même revenir la voir… De temps en temps ce n'était pas pour lui déplaire ! Bien que si cela était plus souvent il ne s'en plaindrait pas…
Un doigt pendant une fellation c'était bien mais lui il aimerait pousser un peu plus l'expérience. Surtout qu'en comparaison ses partenaires étaient souvent plus petites alors avec leurs petites mains… Un seul doigt il ne sentait pas grand-chose.
Il semblait qu'il soit percé à jour avec cette femme. Elle n'avait pas hésité à s'imbiber généreusement les mains. Il se mordit les lèvres et souffla pour se calmer. Il savait qu'il ne devait pas trop se projeter… Mais avec elle, il avait le sentiment qu'il ne serait pas déçu. Il n'était pas du genre timide ou pudique mais au vu des réactions qu'il avait obtenues en demandant des touchés plus profond il se méfiait toujours. Elles le regardaient avec surprises et certaines montraient même du dégout. C'était bien la peine de les payer… Pas qu'il souhaite qu'elles disent amen à tout mais au moins qu'elles se montrent polie. Il se montrait toujours poli et respectueux lui en comparaison avec ce qu'il entendait ! Il ne les insultait pas et ne cherchait pas à les rabaisser alors il aimerait bien qu'elles ne le jugent pas. Cela l'agaçait profondément. C'était leur boulot, alors si elles ne pouvaient accéder à sa demande elles n'avaient qu'à le rediriger vers une qui pouvait !
C'était des femmes qu'il recherchait, il ne voulait pas qu'on le redirige vers des quartiers obscurs pour y trouver des hommes. Ce n'était pas compliqué quand même. Il ne leur demandait pas de réaliser les fantasmes plus extrêmes qui trainaient dans son esprit… Maintenant qu'il y pensait, peut-être que Maria proposait ce genre de chose… Cela pouvait peut-être se négocier avec elle. Elle avait de la poigne et était plutôt solide pour sa taille.
« Vous êtes avec moi ? »
Il fut tiré de ses pensées et sursauta presque en l'entendant.
« Oui, oui…
- Vous aviez l'air bien loin dans vos pensées, je commençais à m'inquiéter que quelque chose vous dérange… Si cela ne va pas dîtes le moi, je peux me laisser emporter des fois.
- Vous avez un peu de marge avant que je me plaigne… À moins que cela ne traine trop en longueur, sourit-il. »
Cette petite provocation dessina un sourire sur le visage de Maria. Il se demanda s'il avait bien fait car elle lui fit froid dans le dos. Il risquait d'en prendre pour son grade.
« Bien, reprit-elle d'une voix trainante, j'espère que vous ne regretterez pas votre demande. »
Il frissonna. Comment cette femme pouvait-elle être aussi séduisante ? Il replaça son visage entre ses mains avec une pointe d'appréhension. Le positionnement de ses mains sur son fessier ne laissait plus de place au doute sur la suite des évènements. Inconsciemment il releva son bassin pour faciliter l'accès. Il s'en rendit compte lorsqu'elle posa sa main gauche sur le bas de son dos pour le plaquer contre le lit et lui imposer de se cambrer comme elle le désirait.
De sa main droite elle glissa ses doigts entre ses cuisses puis remonta lentement en partant de la base du périnée jusqu'au haut de ses fesses. Elle fit plusieurs va-et-vient ainsi pour étaler l'huile et le préparer à la suite.
L'envahi montait en lui.
Foutue bonne femme…
Elle savait comment le frustrer et le rendre attentif au moindre de ses mouvements. Il voulait bouger, se mettre à genoux et écarter les cuisses pour qu'elle se décide et se dépêche de lui donner ce qu'il désirait. Il en voulait plus et elle s'amusait à le torturer. Il commença à se tordre sous ses mains pour qu'elle accélère mais elle ne semblait pas encore convaincue. Elle décida de faire monter la température d'un cran encore et caressa du bout des doigts l'anneau de chair. Elle l'entendit soupirer et le vit se tortiller un peu plus mais elle maintient son bassin en place.
Elle décidait et il obéissait. Et non l'inverse.
S'il voulait obtenir ce qu'il voulait il devrait être patient et la satisfaire. Elle voulait l'entendre gémir lorsqu'elle se déciderait à lui accorder ses doigts. Il voulait jouer. Elle allait jouer mais selon ses règles. Elle était le maitre du jeu et choisissait le rythme. Elle tapota du bout des doigts son anus et il commença à couiner. Elle sourit. Voilà quelque chose qu'elle appréciait. Tous ces hommes qui s'amusaient à se montrer supérieur, bon sous tout rapport et très sérieux… Ils finissaient tous par couiner entre ses mains et la supplier. Cela lui plaisait d'avoir ce pouvoir là sur eux. C'était grisant.
Elle lui accorda finalement l'objet de ses désirs et il gémit comme elle l'avait espéré. Un long gémissement de contentement. Il semblait apprécier son traitement. Elle avait vu juste en ne jouant pas trop la délicatesse et lui accordant dès le départ deux doigts. Elle attendit qu'il se calme un peu et reprenne ses esprits avant de commencer un nouveau massage plus en profondeur. Il suivait son mouvement et profitait pleinement de l'instant.
Ce qu'il pouvait adorer ça.
Le mouvement de ses doigts, leur présence, le frottement et le tiraillement qu'ils provoquaient sur leur passage. Puis il y avait ce moment magique où ils effleuraient le…
« Là ! Juste là… Gémit-il. »
Il couina un peu plus et se tortilla pour augmenter la friction. Il ne voulait pas être titillé, il voulait être satisfait. On verrait une prochaine fois pour les petits jeux de : je te frustre et tu vas supplier. Elle devait accéder à ses demandes. Il continua de gémir et lui donnait des indications. Dès qu'elle avait le malheur de s'éloigner un peu trop de cette source de plaisir il la rappelait à l'ordre aussitôt.
Il se tordait dans tous les sens. Cette position n'était pas suffisante pour le satisfaire. Il releva plus le bassin et lutta contre la main qui maintenant son bassin contre le lit. Il voulait la sentir plus profondément, pas se frotter contre le matelas. Elle dut s'agacer de sa résistance car elle retira ses doigts bienfaiteurs.
« Non, supplia-t-il, encore… »
Je croyais que vous accédiez aux demandes particulières…
Aucun dégout ne s'affichait sur son visage bien au contraire. Il voyait de l'amusement et même un certain désir dans son regard. Elle semblait l'attendre. Il décida d'une nouvelle approche, peut être voulait-elle qu'il lui montre ce qu'il voulait ? Il ne se fit pas prier et releva le bassin comme il le souhaitait offrant ainsi une vue plongeante sur son anatomie. Il n'était pas pudique et il n'était pas près de le devenir un jour. Il utilisa une de ses mains pour montre la voie… Après tout, elle semblait vouloir être aguiché et lui n'était pas contre de jouer à ce genre de jeu.
« En voilà un bon garçon, reprit-elle. »
Il s'amusa de sa remarque. Cette femme… Quelle femme ! Tout dans sa façon de faire, sa voix, ses gestes, ses mots… Tout chez elle transpirait le désir et l'obscénité. Elle devait rendre ses partenaires complétement fou à n'en pas douter et il venait de lui offrit sur un plateau un moyen de torture évident. Il était certain qu'elle ne s'en priverait pas pour le stimuler. Elle allait le rendre accro et cela n'était pas pour lui déplaire.
Elle palpa et malaxa ses fesses avant de reprendre l'activité qu'elle avait laissée en suspens. Elle glissa ses doigts bien plus lentement et prit le temps d'appuyer ces mouvements.
« Juste comme ça… Encore… »
Il gémit et laissa filer entre ses dents des phrases sans queux ni tête et incompréhensible.
« J'imagine que ce n'est pas la peine de faire durer la séance ?
- Pas la peine de vous donner cette peine… »
Elle continua et le massa du bout des doigts. Elle le sentait trembler autour d'elle.
« Encore… Encore… Plus. »
Cela lui faisait tellement de bien. Il en voulait plus. Toujours plus. Des vagues de plaisir se répandaient dans son ventre. Il n'avait pas souvent l'occasion de profiter de ces traitements alors il savourait l'instant comme jamais. Il se sentait proche de la fin. Il ne lui fallut pas longtemps pour craquer sous ses assauts.
Ses muscles se tendirent et un tremblement le parcourut des pieds à la tête. Ce qu'il pouvait aimer ça. Il se relâcha brutalement et se laissa tomber contre le drap. Sa tête tournait et il avait du mal à reprendre son souffle.
« C'est bon… On remet ça quand tu veux ma poule.
- Ma poule ?
- Quoi ? J'aime bien les poules… Elles sont toutes douces… Et elles pincent lorsqu'elles ne sont pas contentes…
- Vous êtes très bavard dit donc…
- Et toi très douée avec tes doigts.
- J'ai une certaine expérience avec mes doigts… Sourit-elle.
- Ça ne te dérange pas qu'on se tutoie maintenant ? Après ça, on peut se permettre un peu de familiarité, non ?
- Pourquoi pas… »
Il se retourna et se rallongea sur la serviette. Il s'étira sans gêne de se retrouver exposé et se laissa aller contre le lit. Il n'avait pas envie de bouger, il était trop bien pour ça. Il flottait dans une chaleur bienheureuse et rien ne pouvait le sortir de ce moment de bien-être.
« En tout cas, on ne retrouve pas souvent d'homme qui se laisse autant aller… Loin de moi l'idée de m'en plaindre, c'est très agréable à voir.
- Tu es surtout très douée, j'espère juste ne pas apprendre que ce sera ma seule occasion de t'avoir et d'en profiter.
- Puisque tu sembles partant je ne vois pas pourquoi je limiterais l'expérience à une fois.
- C'est bon à entendre… J'ai aussi cru comprendre que tu t'occupais aussi de demandes plus… poussées ? »
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Une routine s'installa bien vite entre eux. Il n'y avait pas besoin de beaucoup de mots pour qu'ils se comprennent. Leurs petits jeux ne cessaient de se pimenter et avaient atteint du haut niveau. Il mentirait s'il disait ne pas avoir espérer que cela finirait ainsi.
Il se retrouvait suspendu dans des positions étonnantes et appréciait de voir les marques que les cordes laissaient sur sa peau. Il aimait les contempler et se remémorer la séance qui les avait fait naitre. C'était son petit péché mignon, son petit moment à lui…
Un moment de plaisir rien que pour lui et dédié à son lui le plus intime.
Un moment qu'il chérissait par-dessus tout et qu'il avait sacralisé. Un temps était toujours réservé dans son emploi du temps pour la retrouver. Les années passèrent et il atteint le grade de vice-amiral sans que quiconque ne se doute de ce petit secret qu'il gardait jalousement.
Il marchait dans les couloirs en sifflotant se moquant bien de la tension qui régnait dans le couloir. Il se doutait d'où venait le problème. Sakazuki devait encore faire des siennes. Les marines sursautaient sur son passage et s'écartaient pour le laisser passer. S'il y avait une chose bien connu, c'était qu'il savait apaiser les colères de l'autre vice-amiral.
L'homme-magma bouillonnait.
C'était plutôt cocasse quand on y pensait. Il était enragé et rien ne semblait pourvoir arrêter la colère qui l'habitait. Borsalino avait remarqué ce changement de comportement chez son ami depuis qu'ils avaient été promus. Plus rien ne le contentait désormais.
Il s'abattait aléatoirement sur tout ce qui lui passait sous la main sans se soucier des dégâts qu'il causait sur son passage. Il tremblait en permanence, s'agaçait d'un rien et se tenait prêt à lutter et se battre contre celui qui se mettrait sur son chemin. Plus rien l'arrêtait. Même lui commençait à s'en inquiéter. La soif d'ordre et d'absolue le dévorait entièrement. Pour le taquiner, il lui avait conseillé de passer sa frustration sur autre chose que des jeunes recrus et détourner cette énergie à autre chose…
Il avait mordu. Borsalino n'y avait pas cru tout de suite. Il avait été partagé entre l'étonnement qu'il ait suivi conseil et de l'amusement. Puis il avait décidé de rendre le jeu plus intéressent et de conseiller son bar fétiche à Sakazuki. Il voulait voir comment cela pouvait tourner si Maria s'occupait de son cas…
