Petit mot de l'autrice : j'ai trois cheveux blancs et je le vis mal
Jour 8 : Instrument
contexte : pas de contexte précis
Sawyer s'était toujours dit que le jour où il aurait son premier cheveu blanc, tout serait terminé pour lui.
Une telle pensée pourrait en faire sourire certains ; certes, tout le monde ou presque avait peur de vieillir, mais de là à réagir avec un désarroi aussi intense... cela semblait idiot. Peut-être. Mais pas pour lui. Son charme, sa jeunesse et sa beauté étaient ses instruments de travail. Il avait besoin d'être suffisamment désirable pour réussir à attraper dans ses filets des femmes naïves et amoureuses et ainsi s'en sortir. S'il perdait son attractivité naturelle, il lui serait impossible de mettre ses plans à exécution. Alors oui, le cheveu blanc était l'une de ses plus sombres peurs.
Du moins, c'est ce qu'il croyait.
Car ce matin-là, lorsqu'il aperçu dans le miroir ce fil blanc tant redouté, il n'éprouva aucune crainte.
La raison de ce changement était toute simple : Juliet.
Juliet, qu'il aimait autant qu'elle-même l'aimait, cette femme incroyable qui le challengeait, le soutenait, le comprenait. Avec Juliet, il n'avait pas besoin de faire semblant. Il pouvait se permettre de se montrer vulnérable, parfois même un peu faible. Il pouvait ne pas être parfait, mais simplement lui-même.
Voilà pourquoi il ne fut pas paniqué d'apercevoir ce cheveu blanc. Au contraire, un petit sourire naquit sur ses lèvres, et il se surprit à espérer en voir d'autres apparaître. Si ses cheveux blanchissaient, cela voulait dire qu'il vieillissait. Et quoi de plus doux que de pouvoir vieillir aux côtés de la femme de sa vie ?
