Chapitre 4 : Aveu
Études Moldues. Un concept vague pour qualifier un enseignement tout aussi vague. Jusqu'à cette année-là, Draco considérait qu'il s'agissait d'une matière futile qui avait été intégrée par l'ancien Directeur dans le curriculum uniquement pour calmer les protestations ponctuelles des Nés-moldus désireux de briller dans un domaine qu'ils étaient seuls à maîtriser, et pour gagner quelques partisans par la même occasion. Ces temps-ci, il n'osait plus trop critiquer les motivations d'un sorcier qu'il avait essayé plusieurs fois de tuer, il préférait se concentrer sur les bienfaits que ce cours pouvait apporter à sa quête de rédemption. Malheureusement pour lui, il les cherchait encore, ces bienfaits.
Draco aurait bien aimé prouver à ses détracteurs qu'il avait assimilé les valeurs moldues en un rien de temps et qu'il avait développé une passion pour leur esprit de débrouillardise, leurs inventions techniques et leur vaste histoire. Il était motivé à apprendre, il savait que c'était une condition sine qua non à son changement, et accessoirement à sa probation. Mais ça, c'était sans compter sur un professeur dont la pédagogie rivalisait avec celle du professeur Trelawnay et qui avait carte blanche sur tous les sujets abordés en classe. Avait-il oublié de mentionner que ce même professeur était responsable de la notation ?
Monsieur Brahman Vigor était un moldu d'une soixantaine d'année qui avait découvert le monde magique en même temps que sa fille, diplômée de Poudlard depuis quelques années déjà. Cette dernière avait gardé contact avec la directrice McGonagall qui avait eu l'idée, pour la moins originale, de confier l'ensemble du programme, toutes années confondues, à un ancien enseignant de « philosophie » à la retraite, sans une once de magie en lui.
- Je n'ai oublié personne ? Bien, lança-t-il en refermant son cahier d'appel
Draco était arrivé juste avant qu'il ne soit appelé. Depuis l'interrogatoire improvisé qu'il avait subi, Draco fuyait Hermione comme la dragoncelle. Il prenait soin d'entrer dans la salle de classe juste avant la sonnerie à chaque cours qu'il partageait avec elle, pour l'empêcher de s'asseoir à côté de lui. Ça lui avait valu quelques regards noirs et insultes de la part d'élèves près desquels il s'instillait, faute d'autre place, mais ce n'était pas cher payé comparé à ce qui l'attendait si Hermione parvenait à le faire avou er.
Le professeur Vigor était appuyé contre son bureau et caressait sa barbe blanche touffue qui contrastait avec sa peau sombre. Il resta quelques instants perdus dans ses pensées, réfléchissant sûrement au thème du jour, comme il le faisait à chaque fois.
- Aujourd'hui, déclara-t-il finalement, j'ai décidé que nous n'allions pas poursuivre sur le thème de l'électricité, mais commencer un nouveau projet.
Plusieurs râlèrent à l'annonce d'une énième leçon sans lien avec la précédente, mais Draco se retint d'en faire autant. Il savait que toute réaction de sa part ne passerait pas inaperçue. Pourtant, Merlin savait qu'il craignait autant que ses camarades la phase d'apprentissage de toutes ces leçons accumulées, pour les examens.
- Il s'agira d'accomplir un travail individuel qu'il faudra me rendre dans un mois à compter d'aujourd'hui, notez bien ça sur vos tablettes !
Draco n'avait pas de « tablettes » à sa disposition, et il conclut que ses camarades non plus, après avoir jetés un coup d'œil aux tables voisines. Confus, il reporta la date limite sur son parchemin.
- Avant de vous révéler le sujet, je vais vous demander de prendre un petit bout de...de votre parchemin là, et d'y inscrire le nom d'un objet non-magique. Un objet moldu, si vous préférez.
Une nouvelle fois, durant cette leçon, les sangs-purs brillèrent par leur ignorance. Draco n'avait aucune idée de ce qu'il allait écrire, et sentait déjà l'embarras chauffer ses joues. Il regarda autour de lui et vit que ses camarades avaient presque terminé la tâche. Sa plus proche voisine camoufla son parchemin en voyant ses yeux baladeurs, mais heureusement pour lui, il eût le temps de discerner le mot « chaise ». Il se rappela alors qu'il pouvait noter n'importe quel objet du monde magique, tant qu'il n'avait pas de propriété magique justement. Se sentant un peu idiot, mais soulagé quand même, il marqua avec assurance le mot « table », de sa plus belle écriture.
- Excusez-moi Professeur ?
- Oui ?
- Pourriez-vous préciser si l'objet peut être utilisé dans le monde magique s'il vous plaît ? Ou doit-il être exclusivement d'invention moldue ?
Oh non.
- Question très pertinente, comme toujours ! S'exclama-t-il, comme l'a très bien souligné Mademoiselle Granger, il y a une ambiguïté dans ma consigne. Les objets non-magiques existent aussi bien dans votre monde que dans le mien. Par ailleurs, pour donner du sens à ce projet, dans le cadre de l'enseignement des Etudes moldues, je vous demande tous d'inscrire un objet exclusivement moldu. Merci Mademoiselle Granger pour cette précision.
Oui, merci. Il dut se retenir pour ne pas l'insulter mentalement. Malgré son statut d'héroïne de guerre, plusieurs ne manquèrent pas à exprimer tout haut ce que Draco pensait tout bas de cette intervention. Même s'il s'était excusé, il n'était pas parfait, mais en cours d'apprentissage. Et elle n'était pas toute blanche non plus dans cette histoire.
Agacé, Draco retira l'encre de son morceau de parchemin, et tenta de nouveau de trouver des pistes chez ses voisins. Cette fois, ce fut plus difficile à réaliser. Au bout de 10 minutes, le professeur ne récupéra que six morceaux sur les vingt élèves présents en classe, sachant que plusieurs d'entre eux s'étaient copiés dessus. Sans étonnement, les sangs-purs peinèrent à répondre à la consigne, mais Draco fut surpris de voir que la tâche n'était pas évidente non plus pour quelques sang-mêlé.
- Bon, je pense qu'on va s'arrêter-là pour cet exercice, pour ne pas y passer toute l'heure, conclut le professeur avec pitié. Les quelques papiers qui me sont revenus n'étaient pas fameux, et trois d'entre eux étaient identiques, alors bon.
Il posa le tas sur son bureau et se dirigea vers le grand tableau noir.
- Pendant que vous surchauffiez vos méninges, j'ai pris la liberté d'établir ma propre liste d'objets exclusivement moldus, 20 au total, donc un pour chacun d'entre vous.
Là où un sorcier aurait ensorcelé la craie, le professeur Vigor inscrit méticuleusement chaque mot sur la surface sombre. Pendant plusieurs minutes, seuls les grincements de la craie contre le tableau résonnèrent dans la pièce. Lorsque le début de la liste fut visible, les réactions fusèrent.
- « Ampoule » ? Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Peut-être une sorte d'aliment ?
- Moi, ce qui m'inquiète c'est plus « radiateur » ? Ça doit sûrement avoir un lien avec « gladiateur », vous savez les sorciers qui combattaient à mains nus dans la Rome antique.
- Mais qu'est-ce qu'il attend de nous ? Je ne veux pas me faire tuer par un « radiateur » !
- J'espère tomber sur le « magnétoscope », ça a l'air d'être quelque chose d'incroyable.
Les spéculations battaient leur plein. Certains s'appropriaient déjà des objets sous prétexte que leurs noms sonnaient bien à l'oreille. Draco souhaitait juste ne pas se retrouver avec quelque chose de dangereux qui le tuerait bêtement. Il avait survécu à la guerre, donc ce n'était pas un objet moldu qui allait l'achever.
- Du calme, du calme ! Ne commencez pas à choisir, parce que c'est moi qui déciderai, interrompit-il en faisait taire la classe. Je vais d'abord vous donner la consigne, c'est très simple. Je vous demande simplement de me présenter l'objet, c'est-à-dire son origine, sa fonction, ses avantages, ses inconvénients, ses dangers, et d'autres caractéristiques que vous trouverez au fur et à mesure de vos recherches. Dans trois semaines, nous effectuerons une sortie dans le monde moldu pour que vous puissiez voir l'utilisation au quotidien des objets en question, mais ça reste à confirmer avec Minerva. Tout est bien compris ? Bien. Mademoiselle Abbot, pour vous ce sera « multiprise ».
Draco attendit son tour avec appréhension.
A la fin de la journée, lorsque Draco sortit en vitesse de la salle d'Arithmancie, il aperçut du coin de l'œil Hermione se mettre à ses trousses. Il pressa le pas, et fit un détour par la cour. Il s'enfonça dans la foule d'élèves qui commençaient déjà à se réunir devant la Grande Salle en perspective du dîner qui n'allait pas tarder à débuter, et sortit du château. Des lanternes illuminèrent son chemin jusque la Serre de Botanique. Il n'y avait ni professeur, ni élèves, si bien qu'il put s'accroupir derrière la porte d'entrée. Il aperçut la tête de la Gryffondor passer dans l'encadrement de la Grande Porte d'entrée, elle scruta l'horizon en plissant les yeux. Après plusieurs minutes, elle finit par rentrer. Draco lâcha un soupir de soulagement. Il n'avait pas prévu de devoir employer des stratagèmes aussi pathétiques que de jouer à cache-cache le plus clair de son temps, mais il n'arrivait physiquement pas à s'imaginer de nouveau être confronté à elle. Il avait failli se faire avoir la première fois, il n'aurait pas de seconde chance. Il devait avoir l'air complètement ridicule à courir partout comme un cinglé à la fin de chaque cours, et dans sa panique il craignait un jour d'oublier ses affaires. Une affaire oubliée en classe, était une affaire à racheter. Il devait déjà faire attention à ses fournitures en temps normal, les autres ne manqueraient pas de les lui subtiliser s'ils les laissaient sans surveillance.
Alors que Draco se redressait pour quitter la serre, il entendit des chuchotements à quelques pas. Prenant soin de ne faire aucun bruit, il sortit en refermant doucement la porte. Il faisait déjà nuit, donc s'il se faisait attraper dans ces conditions suspicieuses, personne ne tarderait à en conclure qu'il préparait un mauvais coup. Sur le chemin du château, il jeta un œil par-dessus son épaule, curieux de savoir qui pouvait bien vouloir rôder près de la serre à la nuit tombée. En apercevant deux silhouettes intimement proches, il comprit qu'il avait eu raison de s'en aller avant que leurs interactions ne dépassassent la limite du décent. En regardant bien, il ne put que discerner la silhouette d'un jeune homme qu'il ne reconnut pas, couvert d'un long manteau noir et d'un cache-oreille aux couleurs Pouffesouffles. Le visage de sa partenaire était dissimulé par son écharpe Gryffondor et son bonnet à pompons. Il n'aurait jamais pensé que Pouffesoufle et Gryffondor puissent s'unir un jour, mais après mûre réflexion, ces deux maisons partageaient la même naïveté, donc ce n'était pas si étonnant que ça. Draco reprit son chemin en se disant que dès le lendemain, les deux tourtereaux seraient le sujet de tous les ragots.
De retour au château, il fit un rapide passage dans la Grande Salle où les élèves commençaient seulement à s'installer. Tous les mets n'étaient pas encore dressés. Il s'installa, comme à son habitude, à l'extrémité de la table des huitième année et se restaura le plus rapidement possible en guettant d'un œil inquiet l'arrivée de la sorcière. Terminant de manger sans la moindre interruption, il remonta dans son dortoir, plus inquiet que soulagé. La Grande Salle était le lieu où elle le trouverait à coup sûr. Avait-elle finalement abandonné sa chasse ?
Quand il arriva dans sa chambre, il comprit qu'elle avait été beaucoup plus maligne que lui. Il aurait dû se douter qu'elle n'allait pas hésiter à le confronter dans sa propre chambre, avec un colocataire comme Potter, il n'avait aucun soutien. En la voyant assise sur le lit du Gryffondor, il hésita à tourner les talons pour s'enfermer aux toilettes.
- Ne pense même pas à t'échapper, dit-elle en lisant ses pensées, je suis prête à t'attendre toute la nuit s'il le faut.
- Je ne savais pas que je te faisais un tel effet. Est-ce que ton cher petit-copain roux est au courant ? Répliqua-t-il la mâchoire serrée.
- Allons Draco, tu n'es pas fatigué de cette course-poursuite ? Je veux seulement savoir-
Il referma brusquement la porte de crainte qu'on ne les entende et lança un assourdiato. Il jeta ses affaires d'école sur son bureau et s'assit sur son lit. Il se pencha en avant le visage caché dans ses mains.
- C'est Potter qui t'a fait entrer ? Je sais que l'ouverture de la porte est uniquement liée aux deux camarades de chambre, mais ça ne m'étonnerait pas que McGonagall ait fait une exception pour toi. A moins que ce ne soit mon implication dans l'incident qui ait motivé son laxisme, et qu'on t'avait envoyée faire diversion en attendant l'arrivée des Aurors-
- Oui Harry m'a ouvert la porte, non, la directrice ne se doute de rien, et aucun Auror n'a été sollicité.
- Il sait alors.
- Il ne sait rien parce que tu ne m'as toujours rien dit.
Draco secoua la tête en levant les yeux au ciel. Il aurait dû rester caché dans la serre, même avec le couple qui prenait du bon temps. Il se retint de s'arracher les cheveux et la considéra d'un œil critique. Elle avait encore ses affaires de cours, et semblait s'être rendu là, juste après la fuite de Draco. Son expression déterminée le fit comprendre qu'il était coincé cette fois.
- Je ne l'ai pas ensorcelé, dit-il faiblement.
- Je sais.
- Je ne savais même pas qu'il l'était, avoua-t-il sentant monter la nausée, il m'a soudainement embrassé et...j'ai juste... je pensais qu'il se moquait de moi au départ, mais... ça avait l'air tellement réel. Puis...il m'a fait toucher son torse et...
Il fut incapable d'ajouter quoi que ce soit pendant quelques secondes, la honte lui obstruait la gorge. Il se répugnait lui-même en se remémorant la scène d'un point de vue extérieur, sans être grisé par les sensations, l'excitation et leur intimité du moment. La sorcière ne le croirait peut-être pas sur parole, mais c'était peut-être la seule fois où l'on voudrait bien connaître sa version. Il doutait aussi qu'il ait la chance de témoigner sur toute l'histoire avec le bénéfice du doute, car même avec une penseuse, le Magenmagot ne croirait pas un seul de ses mots.
- Écoute, reprit-il en se raclant sa gorge pour recouvrir un semblant de dignité, je ne vais pas te raconter tous les détails. On a eu un rapport, consentant en ce qui me concerne.
- Est-ce que Harry avait une apparence particulière ?
- Ses yeux luisaient, et il n'a pas dit un mot, précisa-t-il en gardant ses yeux sur le parquet. Ça aurait dû m'alarmer, mais je...je ne sais pas ce qui m'a pris.
- Comment ça s'est terminé ?
- Je n'en suis pas sûr, mes souvenirs sont un peu flous vers la fin, confia-t-il embarrassé en se rappelant qu'il avait perdu connaissance, je me suis réveillé le matin, et il n'était plus dans la chambre.
Un long silence suivit leur échange. La mâchoire serrée, Draco se demandait ce qu'il allait advenir de lui. Un coup d'œil vers son interlocutrice lui permit de l'apercevoir consigner sur un parchemin les détails de son témoignage. Il déglutit plusieurs fois pour s'empêcher de vomir. Ses mains étaient crispées sur ses genoux.
- Autre chose à ajouter ? S'enquit-elle sur un ton qui lui rappela les multiples interrogatoires de l'été passé
Il secoua la tête et elle se leva en le remerciant. Il ne put que fixer le parchemin qui le conduirait à sa perte. Elle s'arrêta devant la porte qu'elle déverrouilla.
- Tu vas prévenir les autorités.
- Oui, il faut qu'on attrape les responsables dit-t-elle en retirant l'assourdiato, mais n'oublie pas Draco, il y a deux victimes dans cette d'histoire.
Elle referma la porte derrière elle, et Draco se laissa retomber en arrière sur son matelas en couvrant son visage avec ses bras.
- Tu seras bien la seule de cet avis.
L'attente des répercussions était insoutenable. Il s'imaginait déjà McGonagall rejoindre le dortoir pour le jeter hors du château, il voyait sans mal son visage pointu et amaigri, à cause des années à Azkaban qu'il aurait écopées, apparaître de manière ponctuelle dans les journaux faute de fait divers intéressants. Sa mère demeurerait seule dans le grand manoir, hantée par les souvenirs des deux seuls hommes qu'elle eût jamais aimés, condamnés à pourrir dans leur cellule miteuse pour le restant de leurs jours.
Pire encore était d'imaginer l'expression horrifiée et pleine de dégoût de Potter qui apprendrait que Draco lui avait menti sur un tel sujet, et avait profité de son état second pour assouvir ses pulsions. Il n'avait jamais aimé Potter, mais plus que n'importe qui d'autres, son jugement aurait beaucoup d'impact. Il était l'exact opposé de Draco, tout ce qu'il ne serait jamais. S'abaisser à de tels pratiques était pathétique, répugnant, impardonnable. Dignes d'un Mangemort sans foi ni loi, pour qui la repentance était impossible. Quoi qu'il fît pour inverser la tendance et l'image qu'on avait de lui, il allait sans cesse échouer. Il était foncièrement mauvais, comme les Mangemorts, comme son père, comme... Voldemort. La différence était qu'il n'avait pas assez de courage pour assumer, si bien qu'il tentait désespérément de se convaincre d'un potentiel qui n'existait pas. Il était comme le reste de sa famille, il n'échapperait pas à son destin.
Il n'était pas l'exception.
Il dût se lever de son lit pour aller vomir ses tripes aux toilettes. Heureusement pour lui, la majorité des gens dînaient encore, il n'alerta personne lorsqu'il vida bruyamment son estomac à plusieurs reprises. Il était tellement fatigué, pas juste de l'interrogatoire ou de sa journée, mais de sa vie. Allait-il passer le restant de ses jours à se sentir coupable, à ne pas être à la hauteur, à être critiqué, insulté, violenté, et surtout à recommencer encore et encore à commettre les mêmes erreurs qui justifieraient d'autant plus l'ostracisme qu'il subissait depuis la fin de la guerre ? Et à chaque fois il resterait là à vomir son angoisse et sa frustration après avoir commis l'irréparable et en se demandant si ça valait le coup de continuer.
Il était fatigué.
Il se releva de la cuvette et se nettoya. Il retourna dans sa chambre d'un pas lourd et s'effondra sur son lit. Il retira seulement ses chaussures et ferma les rideaux qu'il fixa avec un sort pour que personne ne pût les déplacer de l'extérieur. Il ne dormirait pas de la nuit c'était sûr, mais au moins, il ne croiserait pas Potter. Il passerait le week-end sous sa couette, loin de tout.
- Diffindo.
Il se réveilla en sursaut et fut immédiatement agressé par les rayons de soleil provenant de la fenêtre. Encore une raison de plus de regretter le dortoir des Serpentards. Il se redressa en plissant les yeux, et lorsque sa vue s'adapta, il vit Potter auprès de son lit, la baguette en main. Ses rideaux étaient en lambeaux sur son matelas. Il considéra la scène avec des yeux écarquillés. Il était trop tôt pour une confrontation.
- Ça fait plus de quinze heures que t'es enfermé là-dedans, et tu ne répondais à rien. Alors j'ai coupé tes rideaux.
- Et tu as pensé que c'était une bonne idée parce que... ?
- Il faut qu'on parle.
Draco se crispa face à l'expression déterminée de Potter. Dommage pour lui, Draco n'était pas prêt, il prévoyait de dormir encore quelques heures pour récupérer de l'interrogatoire de la veille. Il pensa même qu'avec un peu de chance, il ne se réveillerait pas. Il lui tourna le dos et s'engouffra sous sa couette.
- Faudra repasser plus tard, rétorqua-t-il, ou peut-être jamais, je suis occupé. En attendant arrange mes rideaux, je ne peux pas dormir avec toute cette lumière
A sa grande surprise, Potter obtempéra. Il l'entendit utiliser plusieurs reparo puis tirer les rideaux. Plus surprenant encore, Draco sentit son matelas s'enfoncer derrière lui. Il se retourna de nouveau, scandalisé de voir Potter assis sur le bord, adossé à la tête du lit, l'air pensif.
- Qu'est-ce que tu fous sur mon lit ? Ce n'est pas assez de devoir partager ma chambre ?
- Malfoy, il faut qu'on parle.
- J'ai entendu la première fois, et je t'ai dit de revenir plus tard, insista Draco en le poussant.
Il ne bougea pas d'un millimètre. Draco mit ça sur le compte de sa propre fatigue. Potter lui saisit les poignées, une position un peu trop familière pour Draco, qui se dégagea avec succès. Il attrapa sa baguette sous son oreiller et la pointa sous ses horribles lunettes. Tant pis pour sa probation.
- Descends de mon lit ou-
- Hermione m'a parlé.
Il ferma les yeux, sa sentence arrivant comme une douche froide. Il s'éloigna de Potter, et ne put que rester là, envahi par la crainte de ce qu'il lui réservait.
- Je suis désolé.
- Quoi ? Lâcha Draco complètement abasourdi.
- Je regrette que tu...que tu ais eu à endurer ça.
Alors là, c'était le monde à l'envers. Si une deuxième tête lui sortait du dos, Draco ne serait pas plus étonné. Il considéra un instant profiter de la situation en lui faisant porter le chapeau, mais la culpabilité rongea son estomac juste en y pensant. Même si c'était pour la bonne cause, il sentait que son instinct de survie n'était plus du tout à jour.
- Arrête. Pas besoin de te torturer. C'est plutôt à moi de... de m'excuser. Je n'étais pas sous influence, moi !
- Justement, tu as été forcé ! Je t'ai forcé ! S'écria-t-il en abattant son poing sur le matelas. Je me souviens de rien, moi, mais toi... J'ose même pas imaginer... ça a dû être horrible. Honnêtement je sais pas quoi faire à part m'excuser. Je peux demander à McGonnagall de me changer de chambre pour que t'ais plus à voir ma tête et te souvenir à chaque fois que-
- Potter ! Interrompit Draco en lui saisissant les épaules, je vais bien !
Il attendit que Potter soutînt de nouveau son regard. Son expression de détresse le conduit à avouer la vérité.
- Je...commença-t-il avant de se racler la gorge, je pense qu'on ne t'a pas raconté toute l'histoire. J'ai participé à notre, hum, à cette activité. J'ai accepté les avances, et... et j'ai donné autant que j'ai reçu.
A la détresse de Potter succéda la confusion. Draco était peut-être trop cryptique, mais discuter de cette soirée olé olé directement avec l'autre protagoniste ne le mettait pas franchement à l'aise. Il se sentait devenir écarlate et crispa inconsciemment ses mains encore sur les épaules de son camarade de chambre.
- J'y ai pris du plaisir, d'accord ? Je sais que ça doit te paraître tordu, mais rappelle-toi que je ne savais pas que tu étais sous influence.
- Mais tu me hais ! Ça n'a pas de sens ! Ça doit sûrement être un des effets de l'ensorcellement, expliqua-t-il en lui saisissant les épaules à son tour. T'es passé voir Pompresh ?
- Quoi, tu ne me crois pas capable de prendre mon pied pendant un rapport sexuel ? Mais oui, c'est vrai, je ne suis qu'un sale Mangemort, il n'y a que la torture qui me fait bander !
- Qu'est-ce que je t'ai fait...non qu'est-ce qu'on a fait qui t'ai autant plu alors ?
Il fut si déconcerté qu'il crût mal entendre. Son expression le convainquit qu'il était très sérieux. Potter devait sentir que Draco était à deux doigts de prendre la poudre d'escampette, car il resserra ses mains sur ses épaules. Draco détourna le regard sur son t-shirt délavé. Mauvaise idée : le col était détendu, sa clavicule apparente lui faisait de l'œil. La température montait derrière le rideau, mais Draco semblait être le seul affecté.
- Je ne peux quand même pas...Ce n'est pas déjà assez humiliant pour moi ? Tu veux m'achever ?
- Montre-moi alors.
Sa respiration s'accéléra. Draco fut horrifié de constater que cette situation éveillait l'intérêt de son entre-jambe. Heureusement pour lui, il était un occlumens accompli. Potter ne lui soutirerait aucune information. Pas moyen. A moins qu'il ne donnât son accord.
- Tu te défiles, Malfoy ?
Lorsqu'il leva les yeux sur l'autre jeune homme, ce dernier avait l'air aussi gêné que lui. Ils avaient tous les deux perdus la tête. Draco décida tout de même d'entrer dans son jeu.
- T'aimerais bien, Potter, contra-t-il en plongeant ses yeux dans le siens.
- Legilimens.
Lorsqu'il entra dans son esprit Draco ne le vécut pas comme une intrusion, enfin pas comme celles dont il avait été sujet durant la guerre. C'était comme une brise d'été qui parcourait son corps. Draco en ferma presque les yeux pour en profiter, mais se retint de ne pas interrompre le lien. Aussi agréable que cette expérience fût, Draco prit soin de lui montrer uniquement ce qu'il voulait partager, pour qu'il sortît rapidement de sa tête. Il n'était pas assez à l'aise pour le laisser explorer, parce qu'à la moindre inattention, ses souvenirs du Manoir referaient surface.
- Oh putain, dit Potter d'une voix tremblante en émergeant
Le cœur de Draco était sur le point de s'échapper de sa poitrine. Ils se tenaient toujours par les épaules, ils étaient affreusement proches. Les pupilles de Potter étaient dilatées, Draco ne voyait presque plus ses iris. Le pouce de Potter glissa le long de sa gorge. Draco retint son souffle.
- Et...euh... tu dis que ça t'a plu ? Murmura-t-il en brisant le silence
Sa voix était lourde d'excitation. Draco fut parcouru de frissons. Une part de lui pensait qu'être excité par le souvenir de cet incident n'était pas convenable, mais la majorité de son esprit était embrumée par le désir d'avoir de nouveau Potter au-dessus de lui. Il allait sûrement le regretter, mais à ce moment-là, il ne pouvait pas moins s'en soucier. Grisé par la tension entre eux, il passa ses bras autour de son cou et rapprocha leur visage. Il vit Potter écarquiller les yeux, les pupilles toujours aussi étalées.
- C'est la première fois que... je fais ça avec un homme. Consciemment en tout cas.
Draco retira ses bras nerveusement, craignant d'avoir effrayé Potter.
- On n'est pas obligé de faire quoi que ce soit, si tu es mal à l'aise, assura-t-il.
- Je crois que j'en a envie, affirma-t-il en caressant doucement sa clavicule.
- Tu « crois » ? interrogea Draco voulant éviter une nouvelle ambiguïté.
- Non, j'en suis sûr.
Potter enroula une mèche blonde autour de ses doigts. Ses yeux parcouraient chaque parcelle de son visage comme s'il vérifiait que Draco était bien réel, et non quelqu'un sous Polynectar. Draco espérait qu'il était à peu près présentable, personne ne l'avait jamais examiné d'aussi près. Presque jalousement, il constata que Potter était encore plus beau le visage à quelques centimètres du sien. Il sentit son souffle sur sa figure et cligna des yeux plusieurs fois pour s'assurer qu'il ne rêvait pas.
- Je peux t'embrasser ? Demanda Potter en se penchant.
- Je t'en prie, autorisa-t-il sur un ton légèrement désespéré en rejoignant Potter à mi-chemin.
Ils s'éloignèrent après un simple baiser, comme pour goûter. Draco questionna silencieusement Potter qui hocha timidement la tête. Ils se rapprochèrent de nouveau et cette fois, l'échange fut plus long. Draco voulait plus, la chaleur de ses lèvres malléables le rendaient déjà fou. Il pencha la tête sur le côté et passa sa langue sur les lèvres de Potter qui répondit en glissant la sienne dans la bouche de Draco. Ce dernier ne put se retenir de gémir. Il passa de nouveau ses bras autour de son cou et l'attira contre lui. Potter, déjà penché en avant, perdit l'équilibre sous son poids, et se retrouva au-dessus de Draco. Le changement soudain de position ne les empêcha pas de poursuivre leur échange de salive.
Potter était beaucoup moins agressif que la dernière fois, chaque mouvement de sa langue était lent et délibéré. Il prenait son temps pour explorer et éveiller des sensations délicieuses qui se firent d'autant plus ressentir au niveau de son entre-jambe. Potter passa ses mains dans ses cheveux et guida son visage pour approfondir davantage le baiser. Il gémissait presque autant que Draco qui sentait son orgasme arriver à chaque son qui sortait de sa bouche. Draco croisa ses jambes autour de sa taille, et entreprit de frotter son érection contre celle de Potter, lourde, chaude et bien présente.
- Oh putain, grogna-t-il en jetant sa tête en arrière, quel enthousiasme !
- Hmmm...moins de blabla, plus d'action, ordonna-t-il en reprenant leur baiser
L'odeur de Potter était partout, il pouvait la sentir et même la goûter. Complètement enivré, sa main se dirigea vers son pénis, pressé contre celui de l'autre jeune homme. Il baissa tant bien que mal son pantalon en frôlant l'érection de Potter.
- Ah ! Fit-il la respiration saccadée, son front contre le sien.
- Je peux ? Demanda Draco en touchant sa braguette.
Il acquiesça nerveusement et dissimula son visage contre sa gorge, comme s'il était gêné de ce qu'ils s'apprêtaient à faire. La main tremblante, Draco descendit la fermeture, tira sur l'ourlet de son caleçon avant d'aller y chercher sa verge dure, chaude et humide au bout. Comme dans ses souvenirs, il était long et épais au touché, il l'encercla et la caressa de au en bas.
- Hummm, ah-ah ! du… du lubrifiant, souffla-t-il contre sa peau.
Il prit la main de Draco et ce dernier sentit une mixture visqueuse apparaître dans sa paume.
- Crâneur, chuchota-t-il en appliquant le lubrifiant.
Le bruit des frottement visqueux résonnèrent, l'excitant davantage. Draco resserra son étreinte faisant redoubler les gémissements de Potter. Draco le sentit déposer des baisers contre sa gorge, et glisser sa langue sur sa peau, qu'il suça à plusieurs reprises.
- Tellement bon... Oh-OH ! T'arrêtes pas !
Les gémissements de Draco se joignirent à ceux du Gryffondor, lorsqu'il encercla leurs deux pénis d'une poigne de fer. La sensation était indescriptible. A ce stade, Draco était parcouru de frissons incontrôlables, aux gémissements succédaient les cris de plaisirs mêlés à ceux de Potter, étouffés contre sa gorge.
- ANH ! Cria Potter qui jouit et enfonça ses dents dans sa peau.
- Potter !
Cela déclencha l'orgasme de Draco dont le corps convulsa plusieurs secondes. Lorsqu'il revint à lui, Potter était encore sur lui, le visage plaqué contre son cou. Draco referma de nouveau ses bras autour de lui. Il n'était pas encore prêt à se détacher, s'avoua-t-il embarrassé. Il inspira profondément dans la chevelure noire de jet et hirsute. Le mélange de sueur, de son savon et de son odeur si particulière était apaisant. Il ferma les yeux, et profita tant qu'il pouvait encore. Il remarqua ensuite qu'il n'était pas le seul à renifler.
- Je reconnais ce parfum fruité, qu'est-ce que c'est ? Demanda Potter en frottant le bout de son nez le long de sa gorge.
- Hmmmm... baies de sureau...ah...de mon gel lavant pour le corps.
- J'aime bien...c'est délicieux.
Draco sentit sa langue chaude et humide glisser sur sa morsure sensible. Il frotta son bassin contre celui de Potter, et empoigna ensuite ses fesses pour créer de la friction. Il était insatiable. Il lécha à son tour l'oreille de Potter, enivré par le goût de sa peau. Il était complètement effréné, comme addict. Il ne comprenait pas lui-même ses propres pulsions, mais il avait besoin de le marquer. Il voulait plus, toujours plus. Il passa la main sous son t-shirt pour caresser son dos.
- Attends...Attends, Malfoy, protesta le Gryffondor en se redressant à califourchon
A la merci de ses désirs, Draco poursuivit sa recherche de plaisir en faisant onduler ses hanches. Il avait conscience de se comporter comme une prostituée bon marché, mais sa raison avait quitté son esprit. Toute cette intimité, c'était encore nouveau pour lui, il voulait plus. Comment Potter avait pu croire qu'il s'agissait des effets secondaires de son ensorcellement ? C'était sa propre frustration, son manque d'affection qui le rendait aussi désespéré, prêt à se donner aussi facilement pour qu'il continuât de le toucher.
Craignant que Potter ne l'abandonnât comme la dernière fois, il décida que sa meilleure chance était de se déshabiller complètement. Il n'avait pas la prétention de croire que son corps nu mettrait fin à ses hésitations, mais il espérait qu'en se dévoilant ainsi, il pourrait faire pencher la balance en sa faveur. En temps normal, il se serait giflé mentalement, mais son état d'ébriété trouvait ce plan parfaitement logique.
Il garda ses yeux plongés dans les siens lorsqu'il déboutonna sa chemise. Il était embarrassé par sa propre audace. Il avait déjà été séduit par le passé lorsqu'il avait encore de l'influence sur les autres Serpentards, mais les techniques couramment utilisées ne lui était pas familières. Draco tenta malgré tout de reproduire ce qui était attirant pour lui. Le torse exposé, mais les bras toujours couverts pour des raisons évidentes, il caressa lentement sa propre poitrine en insistant sur ses tétons qu'il tira légèrement pour profiter des pics de plaisirs qui en ressortaient.
- Oh mon dieu ! s'exclama Potter.
Malheureusement ce n'était pas pour les performances du Serpentard. Potter examinait avec horreur les cicatrices qui parcouraient sa peau, de son sternum à son bas-ventre. Draco s'était senti trop confortable pour se rappeler que les réminiscences de leur affrontement en sixième année n'étaient pas très belles à voir. Severus était parvenu à soigner la majorité des plaies, mais les blessures plus importantes avaient laissées de longues lignes rose pâle, plus ou moins épaisses, et en relief sur la partie basse de son torse. Comme si Draco n'était pas assez complexé, Potter semblait déterminé à lui rappeler à quel point il était défiguré. Surtout à un moment pareil. Draco semblait avoir un don pour s'humilier de manière spectaculaire.
- C'est moi qui t'ai fait ça ? Demanda le Gryffondor la voix emplie de remords.
- Il n'y avait que nous deux dans ces toilettes, et je ne me serais jamais infligé ça.
Sa libido était pratiquement au point mort. Ils étaient tous les deux complètement ridicules, avec leur bite à l'air libre. Potter était toujours assis sur lui. L'odeur de sexe et de sperme planait dans l'air. Une part un peu dérangée de Draco espérait qu'une certaine personne pût profiter de ce parfum, certainement plus agréable que ce miasme infecte qui avait manqué de l'asphyxier la dernière fois.
- Je suis tellement désolé, je ne connaissais pas les effets de ce sort...c'était stupide de ma part...
- C'est bon Potter, j'ai survécu. Et ce n'est pas comme si je ne t'avais pas attaqué. Ce qui est fait est fait, maintenant si tu veux bien m'excuser, il est temps que je mette fin à cette humiliation-
Il s'arrêta net, lorsqu'il sentit Potter passer le bout de ses doigts le long de ses cicatrices. Il ne sentait plus rien à ces endroits, mais lorsque son index frôla ses tétons, il retint son souffle pour n'émettre aucun bruit. Potter semblait complètement inconscient de l'effet qu'il lui faisait, il était concentré dans son exploration. Au bout de quelques secondes, le jeune homme à lunettes caressa avec ses mains à plat son torse, comme s'il voulait faire disparaître les séquelles de ses blessures. Il commença par sa poitrine, puis ses côtes, avant de terminer sur son bas-ventre. Draco s'efforça de rester immobile, même lorsque Potter posa son regard sur son entre-jambe encore exposé.
- Je te demande pardon, dit-il en le regardant dans les yeux cette fois.
Draco posa ses mains sur les siennes, encore sur sa peau.
- Moi aussi, je te demande pardon.
Potter ne le savait sans doute pas, mais Draco ne s'excusait pas uniquement pour avoir utilisé l'endoloris contre lui. Pendant plusieurs secondes, aucun d'eux ne détourna le regard, ils gardèrent leurs mains les unes contre les autres. C'était comme s'ils communiquaient silencieusement par les fenêtres de l'âme. Potter dut y voir quelque chose qui lui plut, car il fut le premier à réduire la distance entre leur visage et posa de nouveau ses lèvres sur les siennes. Comme plus tôt, le baiser commença simplement, puis il monta en intensité, et leur dynamique reprit comme s'ils ne s'étaient jamais interrompus.
Potter poursuivit l'exploration de son corps en y ajoutant ses ongles et des dents, il tira, griffa, lécha, suça, et mordit chaque parcelle de sa peau, comme pour s'excuser et marquer de nouveau son corps. A force de l'exciter et de le calmer successivement, Draco avait l'impression d'être un animal dressé à coup de récompenses et de de punitions. Aussi mortifiant que cela pût paraître, Draco n'était pas aussi mécontent qu'il aurait dû l'être. Toutefois, l'extase dans laquelle il était l'empêchait de trop y penser.
- Oh oui ! Fit-il en se cambrant, les pieds enfoncés dans le matelas.
Encouragé par ses cris de plaisirs, Potter se fit plus audacieux. Il retira le pantalon du Serpentard, et son caleçon par la même occasion, le laissant complètement nu. Draco n'eût pas le temps de s'en offusquer car le Gryffondor, digne de sa maison, souleva une de ses jambes pour la poser sur son épaule. Il déposa des baisers contre son mollet avant de le mordiller.
- Tu sens tellement bon, dit-il en promenant sa langue jusque l'intérieur de ses cuisses.
Si Potter ne lui avait pas dit qu'il n'avait jamais eu de rapport avec un homme, Draco n'y aurait jamais cru. Il se servait peut-être de son expérience avec les dizaines de femmes qu'il avait fréquentées. En tout cas, son entraînement était au point. Il encercla le pénis de Draco, qu'il serra d'une poigne de fer avant de le caresser dans un mouvement de va-et-vient vigoureux et rapide.
- Oh oui, oui Potter, ne t'arrête pas, hmm ! Hm ! S'écria Draco en jetant sa tête en arrière.
- Dis-moi ce que je dois faire, lança Potter en mordant dans la peau tendre de sa cuisse, tu veux que je fasse comme la dernière fois ?
- Non, je veux plus encore, réclama Draco d'une voix qu'il ne reconnaissait presque pas.
Il entreprit ensuite de plier son autre jambe contre sa poitrine, permettant ainsi à Potter d'avoir une vue imprenable sur son périnée. Sa réaction ne tarda pas, il en resta bouche-bée, les yeux écarquillés et les pupilles dilatées au maximum. Draco se sentait désiré, il voulait montrer plus encore. Il tendit le bras et caressa ses testicules avant de descendre lentement vers son anus serré. Il n'avait pas cessé de l'utiliser lors de ses séances de masturbation depuis l'incident. C'était peut-être l'occasion de l'exploiter avec un partenaire, tout particulièrement avec celui qui lui en avait donné l'idée.
- Oh merde Malfoy, haleta Potter, tu vas me rendre fou
Il était comme hypnotisé par les doigts de Draco qui massaient lentement le contour du muscle pour le détendre, en prenant soin de bien tout montrer. Sa propre respiration s'accéléra, les premiers pics de plaisirs mêlés à l'adrénaline le firent poursuivre et intensifier ses mouvements. De sa main libre, il tapota le matelas à la recherche de sa baguette, puis appliqua un sort de nettoyage express mais très efficace, et fit couler une grosse quantité de lubrifiant sur la zone à préparer. Avec son index, il réalisa des mouvements circulaires avant d'appuyer légèrement sur son entrée.
- Oh ! Hmmmmm…
Lorsqu'il sentit le bout de son doigt glisser à l'intérieur, il appliqua le jeu de respiration qu'il avait étudié au cours de lectures fort instructives dans les recoins cachés de la bibliothèque. Cela lui permit de se détendre et d'enfoncer sa première phalange. Il jeta un œil à Potter et fut heureux de constater qu'il était toujours aussi subjugué, il avait crispé ses mains sur son propre pénis, comme pour se retenir de jouir. Draco était certes un partenaire avec des zones intimes un bien plus poilues que les précédentes, mais l'effet n'était pas atténué pour autant, apparemment. Il écarta encore plus les jambes et tira sur une fesse pour s'exposer davantage.
- Tu...ah !...tu aimes ce que tu vois, Potter ? Provoqua-t-il d'une voix fébrile en enfonçant son index jusqu'à la troisième phalange.
Il n'avait jamais été aussi loin avant, à cause de son manque de souplesse et de la douleur, mais ce jour-là il ne ressentait que du plaisir. Il voulait s'insérer plus de doigts, et autre chose encore. Ses yeux étaient rivés sur la verge sombre et épaisse de Potter, la tête luisait de liquide pré-séminal et du lubrifiant qu'il y avait étalé plus tôt. Il n'aurait jamais cru ressentir autant d'excitation devant le paquet d'un autre homme, mais quelque chose s'était activé en lui.
- Mon dieu Malfoy, rétorqua ce dernier la voix enrouée de plaisir, c'est tellement indécent...tellement sexy.
- Vraiment ? railla-t-il en se mordant les lèvres lorsqu'il enfonça un deuxième doigt, et qu'est-ce que tu comptes faire ? Rester spectateur... ?
Draco accéléra les mouvements de va-et-vient dans son ouverture, bientôt les bruits de glissements lubrifiés résonnèrent autour d'eux. Ses jambes commençaient à trembler, et son bras fatiguait. Si Potter ne se décidait pas à participer, il irait à l'orgasme sans son aide.
- Humm… ou m'aider à agrandir mon trou ?
Potter réagit au quart de tour. Il saisit Draco par l'arrière de ses cuisses et pressa son pénis contre son sillon. Ses deux jambes étaient posées sur ses épaules.
- Je vais tellement te baiser que tu ne pourras plus marcher pendant deux semaines.
Son excitation lui coupa le souffle. Draco crut un instant qu'il jouissait déjà. Les promesses vulgaires de Potter l'agitaient de plus en plus. Il sentait le poids chaud de sa verge contre ses fesses, il était prêt à l'accueillir. Il enfonça davantage ses doigts en gémissant, impatient de le recevoir tout entier.
- Rien que ça ? Moqua Draco la voix tremblante
- Je vais t'enculer lentement, et si profondément que tu me sentiras en toi même après que je me sois retiré. Ton cul restera ouvert, prêt à m'accueillir à chaque fois que tu reviendras dans la chambre, tu m'entends ? Tu seras tellement en manque qu'à chaque fois que tu me croiseras, tu écarteras les jambes pour moi.
- Humm... Et qu'est-ce que t'attends ? Demanda Draco haletant.
- Tu l'auras voulu.
Il retira la main de Draco d'un geste brusque. Toutefois, il ne se sentit vide que quelques secondes, car Potter remplaça ses doigts par les siens. Loin de la délicatesse de Draco, il enfonça son index et son majeur avec force, et reprit les va-et-vient.
- AH ! AH ANNNNGH ! Potter, ne me fait pas attendre !
Ses doigts étaient plus épais, et ne tardèrent pas à trouver son point sensible. Plié en deux, Draco s'agitait dans tous les sens, tout son corps ressentait le plaisir émanant de la pression que Potter appliquait sur sa prostate. Il n'avait jamais ressenti ça auparavant, pas avec autant d'intensité du moins. Il était impatient que Potter se serve de son engin.
- T'es tellement serré, je vais jamais pouvoir la mettre, s'inquiéta soudainement Potter en retirant ses doigts
Instinctivement, Draco contracta son anus et fut gêné par le vide que ses doigts avaient laissé. Il se sentait dilaté, assez pour accueillir ce dont il avait besoin depuis le début. Il gémit de frustration en frottant son périnée contre Potter.
- Je suis assez préparé, assura Draco en se redressant sur ses coudes, c'est l'absence de vagin qui te fait peur ?
Ses pieds se soulevèrent en même temps que Potter haussa nerveusement les épaules. Il avait l'air tellement sûr de lui quelques secondes auparavant. Ça devenait ridicule.
- Eh bien désolé de ne pas avoir le bon appareil, grommela Draco en déposant ses jambes sur le matelas, tu n'as qu'à aller forniquer ta petite-copine, je vais aller ailleurs me faire prendre lentement et profondément par un connard qui voudra bien de moi.
- Non attends, c'est ta première fois non ?
- Dois-je m'excuser pour ça aussi ? Cracha Draco sérieusement ennuyé, tu sais où est la sortie Potter.
Il aurait dû s'en douter. C'était trop beau pour être vrai. Le Sauveur ne pouvait s'abaisser à tremper son biscuit n'importe où. Il lui tourna le dos, et se mit à quatre pattes pour atteindre son pantalon qui avait été abandonné sur le bord de son lit. Potter l'attrapa par le bassin et l'attira sur ses genoux.
- Il faut que tu te décides à la fin ! A ce train-là mes couilles vont finir par tomber, Potter !
- Je veux qu'on aille jusqu'au bout, expliqua l'intéressé en passant ses bras autour de lui, mais je veux aussi qu'on prenne nos précautions, je ne veux pas que tu sois blessé.
Le cœur de Draco s'emballa. Il pouvait sentir la verge de l'autre jeune homme tendue contre ses fesses, mais l'idée que Potter se fasse du souci pour lui, lui allait droit au cœur.
- Dans ce cas, je te ferai savoir si j'ai mal
- A la moindre douleur, d'accord ? Si tu veux que j'arrête aussi, c'est compris ?
- Oui, oui, comme tu voudras, on peut commencer maintenant ?
Draco décida de prendre les choses en main et empoigna la verge du Gryffondor qu'il caressa de haut en bas. Il ajouta généreusement du lubrifiant avant d'approcher la tête de son anus. Il se rendit alors compte de la circonférence. Les appréhensions de Potter n'étaient peut-être pas infondées.
- Oh Merlin, lâcha-t-il en en pressant davantage
Il serra les dents pour supporter la douleur aiguë qui le parcourut. Il savait que la première fois était toujours douloureuse, mais pas à ce point. Il respira profondément, constatant avec regret que son pénis flétrissait. Pour autant, il était déterminé à aller jusqu'au bout. Il avait tellement eu de mal à en arriver là, il n'aurait peut-être pas de seconde occasion. Il ferma les yeux et poussa pour détendre son entrée.
- Malfoy, tu vas bien ? Murmura Potter la respiration lourde.
- Hnn ta gueule... !
Après une éternité, il sentit la tête élargir le muscle lubrifié et entrer. Draco en eu le souffle coupé. Tenant toujours la verge d'une main, il se mit lentement sur les genoux, et s'empala aussi loin qu'il put. Dos à Potter, il n'avait aucune idée de la tête qu'il faisait, il espérait au moins que le bougre y prenait du plaisir, sinon tous ces efforts seraient vains. La douleur ne fit qu'empirer, et se propagea dans le reste de son corps. Potter était énorme, il n'arrivait plus à réfléchir. Il transpirait à grosse goutte, avait chaud et froid en même temps, et était persuadé que son anus était en train de se déchirer. S'il avait pu voir l'avancée de ses propres yeux, il se serait évanoui.
- Putain de merde, cria-t-il avec effort d'une voix aiguë
- T'es tellement serré-ah !
Il dut faire une pause, lorsque des points blancs envahirent sa vision. Il se pencha en avant et respira bruyamment. Il n'y avait rien d'agréable du tout ! Il avait juste l'impression d'avoir une constipation sévère. C'était tellement loin de ce qu'il avait pu ressentir avec ses doigts. Quelle arnaque ! Il dut fermer les yeux pour retenir ses larmes de frustration. Encore un nouvel échec.
- Malfoy, dit Potter haletant presque autant que le Serpentard, il vaudrait peut-être mieux que l'on s'arrête-là, il est évident que tu souffres le martyr ! T'avais dit que tu me préviendrais !
- Non ! On continue, la douleur va s'estomper, j'ai juste besoin de...
Il reprit sa descente en sifflant entre ses dents. Il savait qu'il avait l'air désespéré, mais c'était peut-être la dernière fois qu'il partageait un moment aussi intime. Surtout avec Potter qui avait eu assez pitié de lui pour le laisser le toucher. Putain de merde, il était tellement désespéré qu'il était prêt à déchirer son cul avec la grosse bite du sauveur. Il ne valait pas mieux que ses fans par milliers, il était pire !
- Malfoy, arrête ! Ordonna Potter en s'agrippant à son bassin, tu vas vraiment te blesser !
- Je te demanderai ton avis lorsque tu seras expert en sexe anal ! Répliqua Draco en se dégageant de ses mains
Dans un élan de folie, il s'appuya sur les cuisses de Potter pour s'enfiler le reste de sa queue d'une traite. Il sentit les testicules de Potter contre ses fesses, mais ce n'était qu'un infime détail comparé à la douleur qui le paralysa. Il poussa un cri et jeta sa tête en arrière contre l'épaule du Gryffondor et déglutit plusieurs fois pour se retenir de vomir. Pendant un moment, il était persuadé de s'être percé un nouveau trou, de s'être trompé de chemin et d'avoir perforé l'intérieur de son anus. Il sentait la dureté du pénis à chaque inspiration qu'il prenait, chaque relief, chaque pulsation des veines. Potter, dont le torse était plaqué contre son dos, avait les bras serrés autour de lui et le visage enfoncé contre sa nuque. Lui aussi respirait difficilement.
- Putain, murmura-t-il avec effort contre son oreille, t'es..uh-...taré.
- Quelle éloquence, dit faiblement Draco en grimaçant
Même parler devenait difficile pour Draco. Toutes les sensations de son corps étaient concentrés sur son anus. Il respira lentement pour tenter de se détendre et de disperser la douleur. Les yeux rivés vers le plafond, il compta jusqu'à cent. Potter était en lui, en entier. Ils ne faisaient plus qu'un, à cet instant, il était la personne la plus proche de lui. C'était surréel. Il fallait qu'il bouge, il ne voulait pas simplement avoir un pénis dans le cul, il voulait faire l'amour.
Lorsque la douleur devint un peu plus supportable, il profita de sa position accroupie pour se relever de quelques centimètres et s'abaisser de nouveau. Ils gémirent à l'unisson. Moins de plaisir, pour Draco, mais plus pour la sensation d'avoir une verge glisser en lui. Penché en avant, il se servit des jambes de Potter comme support pour reproduire les va-et-vient lubrifiés dont les bruits résonnèrent dans l'ensemble de la chambre. C'était tellement indécent et excitant qu'il parvint à faire l'impasse sur la douleur, quoiqu'un peu moins vive, pour accélérer les répétitions. Bientôt, ses fesses claquèrent contre les cuisses de Potter et le lit grinça. Son pénis, laissé pour contre jusqu'à lors, rebondit contre son ventre et se rengorgea d'excitation. La pénétration de plus en plus profonde lui procurait une sensation de plaisir unique, à laquelle il s'accrochait pour profiter autant qu'il put de cette expérience.
- Annnnh, c'est trop bon ! grogna Potter
Draco fut satisfait de la réaction de Potter qui semblait en plein extase. Draco n'allait pas se laisser distancer par les autres femmes qu'il avait fréquentées. Cette coucherie-là, il ne l'oublierait pas. Sentant ses jambes fatiguer, il s'enfonça de nouveau complètement contre l'aine de Potter. Son anus s'était ouvert assez pour que la douleur devienne secondaire. Il se concentra sur la sensation d'être plein, et pénétré, qu'il trouva, à sa grande surprise, plus plaisante que d'être doigté. Il fit alors onduler ses hanches, en contractant de manière aléatoire son canal, pour sentir davantage l'intrusion. Il était la débauche à l'état pur.
- Putain ! Oui, ah... lâcha Potter en s'agrippant aux cuisses de Draco, tellement serré, t'arrêtes pas...
- Tu aimes ça Potter ? Fanfaronna-t-il la voix emplie de désir, tu aimes-nngh ! - quand je te prends en entier comme ça ?
- Oh oui, c'est trop bon, c'est parfait, t'es parfait comme ça, trop sexy...juste pour moi...
Grisé par les compliments, il intensifia ses mouvements et se tourna pour attirer la bouche de Potter contre la sienne. Les langues s'entremêlèrent, et la salive dégoulina sur leur menton. Draco était complètement dur, il mordilla la lèvre inférieure de Potter tout en se caressant langoureusement. Il sentit la main du Gryffondor parcourir son torse, avant de masser ses tétons qu'il pinça et tira de manière taquine.
- Potter ! Angh encore !
Potter s'occupa de ses deux tétons qu'il tortura à sa guise, jusqu'à mener Draco jusqu'au bord de l'orgasme. Les mouvements du Serpentards s'accélérèrent, et dans sa précipitation, le pénis de Potter vint buter contre son point sensible. Cela lui arracha un cri de surprise, tellement la force du plaisir fût inattendue. Il tenta de reproduire l'angle d'attaque en gémissant de frustration lorsqu'il n'y parvint pas.
- Hnnn Potter...juste-là... j'ai besoin que... !
Il ne savait plus s'exprimer. Les soupirs prirent la place des mots lorsque Potter qui sembla comprendre la situation joignit les va-et-vient de Draco en percutant son bassin contre ses fesses, en enfonçant ses pieds dans le matelas. Son pénis pénétra plus profondément et frôla plus d'une fois la prostate de Draco dont la gorge s'enroua à force de hurler.
- Oh oui, Potter, baise-moi plus fort ! Plus profond ! Anh ! Anh ! Anh !
Il n'avait plus aucune inhibition. Il sautait pratiquement sur les genoux de Potter, rendant coup pour coup.
- Attends, dit soudainement Potter en se retirant
- Non ! Ne pars pas ! Cria Draco pathétiquement en contractant son anus vide
- Shhh...je vais nulle part, on va juste changer de position, assura-t-il en lui caressant les cheveux
Il mit Draco à quatre pattes, le dos cambré et les fesses relevés vers lui. Il intima ensuite à Draco d'écarter les jambes au maximum pour exposer son trou béant. Le Serpentard se demanda un instant de quoi il avait l'air avec ses attributs dévoilés sans honte, avec enthousiasme même. Il sentait presque l'air pénétrer dans son canal tellement il avait été dilaté. C'était si indécent, mais Potter le trouvait sexy. Sur cette pensée il enfouit son visage contre le matelas et écarta ses fesses avec ses deux mains pour ne plus rien cacher.
- Oh Draco, laisse-moi te regarder
A la mention de son prénom, des frissons le parcoururent. Il gémit contre l'oreiller et agita ses hanches. Son pénis à l'agonie pendait entre ses cuisses, le liquide pré-séminal coulait sur la couette. Potter s'enfonça d'une traite dans son canal, arrachant un nouveau cri à Draco. C'était peut-être dû au changement de position, mais Draco le sentit davantage en lui. Lorsque Potter enchaîna sans attendre sur une succession de coups de bassin plus violents les uns que les autres, Draco ne put que s'accrocher désespérément à son matelas pour ne pas être éjecté du lit. Chaque percussion le secoua de la tête aux pieds, il craignit même un instant que ses hanches se disloquèrent, mais cette pensée fut engloutie dans l'océan de plaisir dans lequel il se noyait volontiers.
Les claquements de peau contre peau, testicules contre fesses résonnèrent plus fort encore. La prostate de Draco fut attaquée de part en part, sans merci, ni répit. Potter attrapa ses épaules pour l'empaler plus profond encore, et plus vite. Sa respiration lourde et saccadée se mêla à celle de Draco, tout comme leurs grognements. Draco était dans un état d'extase totale, sa voix était tellement enrouée qu'il ne s'entendait plus hurler. Il manquait de s'étouffer le visage enfoncé dans ses propres draps, mais ce qui importait c'était que la bite de Potter aille plus profonds encore, plus vite encore. Il rendit tant bien que mal les coups de butoir du Gryffondor, dont la vitesse ne semblait pas avoir de limite.
Son orgasme arriva sans préavis, il n'eut plus assez de voix pour crier. Il convulsa plusieurs secondes, les poings serrés et le dos cambré. Toutes ses forces lui échappèrent et il tomba comme une loque sur le lit. Potter s'enfonça encore et encore et encore, toujours aussi énergique, et avec autant de force. Il forait un chemin indélébile dans son corps, dessiné par les reliefs de son pénis, un chemin dont son canal se souviendrait longtemps. Peut-être même qu'il ne se fermerait jamais, et que Draco passerait le reste de sa vie le cul ouvert, à attendre que Potter l'enfile de nouveau, comme chaussure à son pied. Il avait un trou d'une pointure taille "Potter" !
- Ah ! Draco, je vais jouir !
Draco qui ne s'était pas remis de son orgasme gémit pathétiquement. Son corps tremblait sous les coups, complètement malléable et à la merci de Potter dont les mouvements se précipitèrent en même temps qu'ils devinrent irréguliers.
- A l'intérieur, dit faiblement Draco en jetant un œil par-dessus son épaule
En apercevant l'expression d'extase de Potter, son pénis faillit rebondir. Son regard intense était rivé sur son trou, ses yeux étaient complètement noirs et sa bouche légèrement entrouverte laissant échapper des gémissements. Ses cheveux noirs de jet humides et en pagaille retombaient sur son visage froncé sous l'effort de garder une telle cadence. Son observation fut interrompue lorsque Potter tira sa tête en arrière par les cheveux en libérant son sperme chaud à l'intérieur de lui.
C'était une sensation étrange mais pas déplaisante, son canal se remplit rapidement de liquide épais qui dégoulina sur l'arrière de ses cuisses. Potter se laissa tomber en avant en couvrant Draco de son torse, et reprit bruyamment son souffle contre son oreille. Comme pour s'excuser, il massa le cuir chevelu de Draco en déposant des baiser le long de sa nuque. Draco tourna la tête pour s'approcher du visage de Potter, dont les lunettes s'appuyèrent contre sa joue lorsque leurs lèvres se joignirent. La langue de Potter caressa la sienne de manière lente et paresseuse. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, avant que Potter s'éloignât au grand regret de Draco. Ils se fixèrent encore sous les effets de leur activité récente, puis Draco décida de briser le silence.
- T'es lourd
- Oh désolé, répondit Potter en faisant mine de se lever
Draco paniqua lorsqu'il le sentit se retirer.
- Je n'ai pas dit que ça me dérangeait, s'alarma-t-il en contractant son anus pour le maintenir en place, reste encore un peu...comme ça
- OK, murmura Potter après quelques secondes de silence
Son pénis était considérablement plus petit au repos, mais la sensation de l'avoir en lui n'était pas moins agréable. Ils se dévisagèrent en silence et s'endormirent sans s'en rendre compte.
