Bonsoir tout le monde ! Merci encore pour vos réactions. Je prends le temps de répondre à chacun(e)s d'entre vous en message privé, donc n'hésitez pas à me poser des questions si certains points ne sont pas clairs, pour m'indiquer mes fautes d'orthographes aussi, ou juste pour me faire un petit "Coucou, ton Draco est top" B-).
Bonne lecture !
Chapitre 6 : Séduction
Draco tentait tant bien que mal d'apparaître occupé. Il saisit plusieurs ouvrages des étagères en faisant mine de lire les titres avant de les reposer dans le désordre, sans y prêter attention. Cette mascarade durait déjà depuis plusieurs dizaines de minutes. Il avait réellement besoin de trouver un manuel qui pourrait l'aider à comprendre la nature de l'objet moldu qui lui avait été assigné, mais toute sa concentration était dirigée vers la table, à deux rayons de la section Etudes Moldues où se tenait Draco depuis presque une heure. Il prit un énième livre qu'il feuilleta pour se donner une couverture (c'était le cas de le dire), qui lui permettait de reluquer Potter et son groupe de travail en toute discrétion. De toutes façons, il n'était pas le seul à observer le groupe exubérant de Gryffondors et de quelques Serdaigles perdus qui discutait de manière animée de leur prochain week-end à Pré-au-Lard. Si Madame Pince ne mettait pas toute son énergie à les menacer d'expulsion toutes les quinze minutes, elle se serait déjà occupé de Draco qui s'attelait, malgré lui, à ruiner l'organisation de ses étagères.
Ses doigts se crispèrent sur la couverture rigide lorsqu'il vit une Serdaigle se coller à Potter en prétextant vouloir lui montrer son parchemin. Apparemment, Draco semblait être le seul offusqué par cette tentative flagrante de séduction pathétique et désespérée. Mais c'était sans doute monnaie courante pour les Gryffondors dont le capital de séduction avait grimpé en flèche depuis la fin de la guerre. Les avantages d'être du bon côté, hein.
Depuis leur nuit torride, leur relation était devenue aussi cordiale qu'en septembre. Certes, les remarques cinglantes fusaient de temps à autre, et ils se jetant souvent des regards insistants, mais aucun d'eux n'avait mentionné l'éléphant dans la pièce. C'était comme s'ils faisaient tout pour éviter le sujet. Déjà une semaine que le cul de Draco avait été baptisé, mais depuis il avait eu le temps de se resserrer de nouveau. Enfin pas complètement. Ça aurait été sûrement le cas si Draco n'avait pas passé tous les soirs à se masturber exclusivement avec son trou. Il avait honte de l'admettre, mais il commençait à désespérer. Il ne s'attendait pas à ce que Potter lui déclarât sa flamme, mais au moins qu'il eût envie de réitérer l'expérience.
Draco tentait de se ressaisir, surtout lorsqu'il voyait Potter se pavaner l'air de rien, comme s'il n'était pas du tout affecté par la situation. Sûrement que pour lui, Draco n'avait été qu'un trou parmi d'autres. Un trou plus serré qu'un vagin. Peut-être même qu'il était aller tester d'autres trous serrés, chez la gente féminine comme chez la gente masculine. Draco avait ouvert la voie vers d'autres possibilités, après tout. Il ne savait pas ce qu'il faisait de ses nuits quand il était absent, mais il était sûrement occupés par ses coucheries... Il l'avait même aperçu fricoter avec une Pouffesouffle le jour d'avant.
Draco prit une grande inspiration pour se forcer d'arrêter de penser à ces sottises. Potter n'était pas le centre du monde. Enfin, si sans doute, mais pas du sien. Ils avaient baisé une fois, ça avait été bon, mais c'était le coup d'un soir, seulement. Ils n'étaient pas dans une relation, pas plus que Potter ne l'était avec Delcourt (Draco ricana intérieurement). A ce jour, personne n'était au courant de l'ouverture d'esprit de Potter, aucun périodique ne l'avait mentionné en tout cas, sans doute que Delcourt craignait qu'une nouvelle concurrence se rajoute à celle dont elle devait actuellement faire face.
En tout cas, ça ne concernait plus Draco, qui décida pour la cinquième fois cette semaine-là de tirer un trait sur son aventure et de prendre de l'avant. Cette planète ne manquait pas de pénis ! Il pouvait faire des rencontres anonymes sous Polynectares ou sous glamour assez puissant, et se faire démonter autant de fois qu'il le voudrait. Tous les soirs même. Potter était passé à autre chose, il devait faire de même.
- Lecture intéressante ?
Il sursauta en refermant le livre. Il n'avait pas remarqué l'arrivée de Hermione qui l'observait avec son satané regard calculateur. C'était comme si elle avait toujours trois pas et deux devoirs d'avance. C'était très irritant. Il baissa les yeux sur son ouvrage dont le titre Mille et un plaisirs moldus, semblait le percer à jour.
- Cette bibliothèque est en pleine décadence, marmonna-t-il en s'empressant de se débarrasser des preuves. Que me vaut ta visite cette fois ? Tu es venue me livrer aux Aurors ?
- Pourquoi, tu as quelque chose à te reprocher ? Demanda-t-elle faussement naïve.
- Pas de ton point de vue, mais de celui de beaucoup d'autres.
- Heureusement que « beaucoup d'autres » ne sont pas au courant dans ce cas, railla-t-elle se calant contre le rebord de l'étagère en bois massif.
Draco soupira en la voyant s'installer confortablement. Ils s'embarquait pour une longue discussion, apparemment. Autant en finir sans attendre.
- Un nouvel interrogatoire ? S'enquit Draco sans préambule en portant réellement son attention sur les titres des livres cette fois.
- Je suis désolée pour la dernière fois, mais je ne pouvais pas faire autrement.
- Oui, oui un mal nécessaire, souffla Draco peu convaincu, tu m'as soutiré toutes les informations que j'avais, je ne suis donc plus d'aucune utilité dans cette enquête.
- En parlant d'enquête, je ne suis pas censée en parler en dehors du bureau de la directrice, mais comme tu es impliqué c'est légitime que tu saches : Les Aurors n'ont toujours pas trouvé le coupable pour le moment...
- Mon sacrifice aura été vain, donc.
- Au contraire, grâce aux symptômes que tu m'as révélés, le maître de potions sur l'affaire a pu réduire la zone de recherche. Bientôt il pourra retrouver les ingrédients et remonter aux fournisseurs.
- Génial, commenta Draco en tentant de cacher son intérêt. Pourquoi tu me racontes tout ça ?
- Parce que tu es impliqué, je pensais que tu aurais apprécié une mise à jour.
- Tu l'as déjà dis ça, mais réellement, pourquoi ?
Elle le fixa plusieurs secondes, avant de jeter un œil vers la seule table visible de là où ils se tenaient. Draco se raidit craignant d'avoir été percé à jour.
- Tu as parlé à Harry ?
- Tu ne peux pas t'empêcher de vouloir tout savoir, grommela-t-il pour gagner du temps.
Il épousseta distraitement le livre qu'il tenait entre les mains. L'art de briller en société, édition moldue. Ça pourrait l'aider à briller en cours. Il sentait son regard insistant.
- Alors ? S'impatienta la sorcière.
- On en a parlé...en profondeur.
- Tant mieux, dit-elle et il crut entendre de la sincérité.
Alors elle ne cherchait réellement pas à le saboter. C'était étrange. Mais appréciable. Il lui jeta un œil à la dérobée pendant qu'elle feuilletait un des ouvrages qui s'empilaient progressivement. Elle n'avait pas l'air particulièrement choquée, ou...écœurée de ce qu'il venait d'avouer. Lui qui pensait que Potter partageait le moindre détail de sa vie avec ses deux acolytes. Pourtant elle ne semblait pas avoir saisi son sous-entendu. Draco, dont le l'instinct de survie défaillait de jour en jour, voulu s'assurer qu'il n'y ait pas d'ambiguïté.
- Il - Draco se racla sa gorge et reprit – il t'a dit quelque chose sur moi ?
- Non, pourquoi ? Demanda-t-elle intriguée.
- Pour rien, répliqua Draco de manière détachée, j'ai pensé qu'il en aurait profité pour me casser du sucre sur le dos
- Harry n'est pas comme ça, affirma-t-elle sur un ton féroce, surtout pas sur un sujet aussi grave.
- D'accord, je te crois, concéda-t-il en levant ses deux mains devant lui, tu le connais bien mieux que moi.
- Tu devrais aussi à force. Vous avez eu l'occasion de bien vous expliquer. Vous êtes restés enfermés toute l'après-midi et vous n'êtes même pas descendus dîner, si je me souviens bien.
Draco manqua de s'étouffer. Elle était beaucoup trop perspicace pour son propre bien. Pour autant, ce qu'elle suspectait ne pouvait pas être plus loin de la réalité. Heureusement pour lui, Potter n'avait pas parlé.
- Parler d'un tel sujet n'ouvre pas beaucoup l'appétit. Je suis allé me couché tôt ce jour-là.
Encore une fois, il sentit son regard insistant. Sa réponse n'avait pas l'air de la satisfaire, mais Draco préférait manger ses propres pieds plutôt que de se confier sur cette nuit. Certes, il lui avait raconté quelque chose de similaire dans le cadre de son enquête officieuse, mais cette fois-ci, elle n'allait certainement pas le considérer comme une victime. Potter ne pouvait pas s'engager dans des ébats avec un Mangemort, sans substance illicite, ce n'était pas concevable. Même Draco avait du mal à y croire parfois, mais sa douleur lancinante qui se manifestait de temps à autre lui rappelait qu'il ne s'agissait pas d'un rêve.
- Qu'est-ce que vous faites ?
L'intervention du rouquin arriva comme une bénédiction. Il avait le don de lui servir d'échappatoire lors des interrogatoire impromptus de la sorcière. Le Gryffondor le lorgna de haut en bas avec dégoût. Draco lui retourna sa courtoisie.
- Nous sommes juste en train de discuter Ronald, soupira sa copine en levant les yeux au ciel
- Vous discutez souvent ces temps-ci, bougonna-t-il, méfie-toi de cette ordure Hermione, tu sais bien de quoi il est capable
- On en a déjà parlé-
- Ce n'est pas parce qu'il t'a endormi avec ses excuses bidons que tu dois être aussi naïve, coupa-t-il en agitant les bras, et puis n'oublie pas qu'il est impliqué dans-... dans une affaire en cours !
Évidement que ce sale Weasley était au courant. Sa copine lui avait tout rapporté. Que Potter fut au courant passait encore (cela avait conduit à d'heureuses conséquences), mais que lui, Ronald WEASLEY, connût le moindre détail de sa vie sexuelle qui démarrait à peine, c'était...répugnant.
- Ton chien de garde à raison Hermione, trop traîner avec moi finira par te porter préjudice, déclara-t-il en tournant les talons vers le comptoir de prêt
- Attends Draco ! Je n'ai pas fini-...ça fait longtemps que tu boîtes ? Quelqu'un t'as attaqué ?
Il sentait déjà ses joues se réchauffer. Depuis une semaine, il s'appliquait à marcher lentement et avec toutes les précautions possibles pour ne pas trop solliciter son derrière et ses hanches, mais il aurait eu plus de chance de se rétablir s'il était tout bêtement resté allongé.
- Alors le furet, on s'est fait botté le cul ? railla l'horrible Gryffondor
Draco lui jeta un regard noir par dessus son épaule, sur le point de lui lancer une réplique acerbe, lorsqu'il s'aperçut que Potter les avait rejoints. Le rouquin lui donnait des coup de coudes dans les côte pour l'inviter à se marrer avec lui, mais il se contenta de poser un regard contemplatif sur Draco.
- Oui, quelque chose comme ça, rétorqua Draco sans détourner les yeux
Il remarqua que leur échange silencieux n'avait pas échappé à Hermione. Son intuition lui disait qu'elle n'avait pas fini de lui courir après.
Après le cours de Potions en fin de journée, il traîna son corps courbaturé jusqu'aux toilettes. Heureusement pour lui, l'endroit était désert, il pouvait pisser tranquille. Pourtant à peine eût-il commencé à uriner qu'il aperçut un nouvel arrivant se diriger vers les urinoirs. D'abord décidé à l'ignorer, il ne pu s'empêcher d'être horrifié lorsqu'il vit le Pouffesouffle s'installer juste à côté de lui pour vider sa vessie. Draco songea à ranger son pénis pour chercher d'autres toilettes, mais il craignait de faire dans son pantalon, la vidange était déjà enclenchée et il s'était retenu toute la journée.
- Hé.
La trajectoire de Draco faillit diverger. Il fronça les sourcils en se demandant si les pissotières étaient vraiment le meilleur endroit pour débuter une conversation avec un inconnu. Peut-être complètement saouls dans un bar miteux à l'aube, mais avec son expérience limitée des soirées arrosées, Draco n'était pas vraiment la référence sur ce sujet. Il préféra jouer la sécurité et fit mine de ne pas avoir entendu. A la seconde où il aurait terminé, il déguerpirait en un rien de temps. S'il s'enfuyait assez vite, il parviendrait peut-être à échapper aux potentiels représailles. Seuls dans les toilettes, la bite à l'air, avec son passif, ça rimait avec des conséquences très douloureuses.
- Tu n'es pas très bavard à ce que je vois, reprit le Pouffesouffle en interrompant de nouveau le bruit du flot qui se déversait dans les canalisations.
Draco finit par craquer et le regarda du coin de l'œil pour estimer les intentions du son camarade de pisse : politesse maladroite ou harcèlement en devenir ? De plus, sa voix lui semblait familière, et ce n'était pas de bonne augure.
Draco se pétrifia lorsqu'il vit le regard du jeune homme braqué sur son pénis. Sur le moment il resta abasourdi, le visage écarlate, la queue à la main, alors même qu'il avait fini d'uriner. Le Pouffesoufle ne détourna pas les yeux quand il secoua son sexe avant de le ranger dans son sous-vêtement. Draco finit par sortir de sa transe et referma précipitamment son pantalon. Il savait que vivre dans un dortoir remplis de gars en puberté conduirait forcément à être comparé à un moment où un autre, mais c'était complètement différent cette fois. Il se sentait humilié et dépossédé de son corps. Les intentions sexuelles étaient bien claires et mettaient le Serpentard très mal à l'aise. Il imagina un instant l'allure similaire qu'il devait avoir lorsqu'il reluquait son camarade de chambre à la dérobée. Ce Pouffesouffle voulait coucher avec lui ?!
- Et tu es timide aussi.
Draco eut un mouvement de recul lorsque le sorcier releva la tête vers lui. Il surplombait Draco d'une dizaine de centimètres, ses cheveux châtains et frisés retombaient sur son expression avide. Ses yeux sombres présentaient une lueur inquiétante qui poussa Draco à se méfier immédiatement. Toutefois, le Serpentard serrait déjà sa baguette lorsqu'il reconnut les traits du jeune homme.
- Tout doux ! Lança-t-il en relevant ses mains vide devant lui, je ne suis pas là pour te confronter, tu n'as pas besoin de te braquer comme ça.
- Je garde un mauvais souvenir de notre dernière conversation. Qu'est-ce que tu veux ? Lâcha Draco en alternant son regard entre la sortie et l'étui à baguette accrochée à sa cuisse, à peine dissimulé par sa robe de sorcier ouverte.
- Oui...à propos de ça, je voulais m'excuser, c'était malavisé.
Draco pinça les lèvres : apparemment il était « malavisé » de manquer de castrer un camarade de classe. Toutefois il jugea qu'il était malavisé de lui faire remarquer la gravité de son acte, surtout lorsqu'ils étaient seuls tous les deux dans les toilettes les plus éloignées de la Grande Salle. Il décida alors d'accepter son semblant d'excuses pour ne jamais plus le croiser de sa vie.
- OK, dit-il sur un ton cordial en se dirigeant vers la porte.
- Attends, je me suis mal exprimé, répliqua l'autre sorcier en attrapant son bras.
Sentant la panique monter en lui, Draco se dégagea aussitôt.
- Je suis vraiment désolé. Je me suis comporté comme un connard. Tu as tout à fait le droit de nous signaler auprès de la directrice ma sœur et moi. J'appuierai ta version.
Chacun des mots qui sortaient de sa bouche respirait le mensonge. Pourquoi n'irait-il pas se confesser de lui-même s'il se sentait si mal ? Lorsque Draco reprit son chemin, le Pouffesouffle l'interrompit de nouveau, en se postant devant lui.
- Attends s'il te plaît, je sais qu'on a démarré sur un mauvais pieds, mais… euh... qu'est-ce que je peux faire pour te prouver ma sincérité ?
- Je n'ai pas besoin de ta sincérité, répondit Draco plus perplexe qu'autre chose. Qu'est-ce que tu veux de moi ? A part un peu de harcèlement et une mauvaise réputation tu n'obtiendras rien à t'associer avec moi...hum...
- Adam, Adam Belkheir-Khan, compléta-il avec enthousiasme. Tu es Draco Malfoy, n'est-ce pas ? Tu n'es plus à présenter.
- Oui, ma réputation me précède malheureusement, commenta-t-il en scrutant la main qui lui était tendue jusqu'à se qu'elle retombe mollement contre la cuisse de son propriétaire. Tu n'as toujours pas répondu à ma question Belkheir-Khan-...Attends une seconde, est-ce que tu a un lien avec Kadyh Urania Khan ?
Draco ne put contenir sa curiosité. Cette sorcière de génie détenait le record de longévité jamais connu dans le monde des sorciers, tous pays confondus. La légende racontait qu'elle était déjà là à l'époque de Mathusalem. Le secret de l'immortalité n'avait circulé que dans le cercle familiale très fermé qui l'entourait, mais personne n'avait pu égaler son espérance de vie. La dernière fois qu'elle avait été aperçue vivante était au début du siècle, en Mauritanie. Voldemort était persuadé qu'elle était encore en vie, et selon les bruits de couloir du Manoir, il avait déjà prévu de se mettre à sa recherche dès qu'il en aurait eu fini avec Potter.
Belkheir-Khan avait l'air déconcerté par sa question et le dévisagea comme s'il venait de parler en une autre langue.
- Tu sais à quel point ce nom est courant ? On doit facilement être des milliers de Khan dans ce pays. C'est comme si je te disais que tu étais forcément lié à tous les Malfoy de France, ça n'a pas de sens.
- Ma famille est originaire de France, murmura Draco ne s'attendant pas à ce qu'il soit autant sur la défensive. Ça ne m'étonnerait pas qu'on soit véritablement lié.
- Et puis, continua-t-il sans écouter, qui est cette Gabbie Ursula ou je ne sais quoi ? Je ne connais pas tous les Khan de la planète moi.
Draco devait sûrement avoir touché un point sensible. Belkheir-Khan semblait apprécier l'association à tous les Khan du monde autant que Draco aimait être comparé aux Mangemorts bien plus sordides que lui.
- D'accord, c'est compris Belkheir-Khan.
- C'est Belkheir-Khan, corrigea-t-il avec l'accent, mais appelle-moi Adam, tout simplement.
- D'accord Adam, concéda Draco qui était fatigué de cette conversation. Tu comptes me laisser aller dîner un jour ? Cette année ce serait bien…
- Allons-y ensemble dans ce cas, mais avant ça-
Il sortit sa baguette si vite que Draco n'eut pas le temps de réagir lorsqu'il sentit un sort de nettoyage glisser sur ses mains et disparaître aussi tôt.
- C'est important de se laver les mains après un passage aux toilettes, surtout si on va manger juste après, tu ne penses pas ?
Il n'attendit pas de réponse et se contenta d'ouvrir la voie tandis que Draco le suivit, interloqué, jusqu'à destination.
Adam était très bavard. Il passa les dix minutes de marche nécessaires pour rejoindre la Grande Salle à raconter le moindre détail de sa vie, tandis que Draco pesait le pour et le contre du fait de lui demander de lui foutre la paix une bonne fois pour toute. Malheureusement, son derrière en plein rétablissement ne lui permettrait même pas de s'enfuir en marche rapide, si Adam se montrait vexé.
- Je n'aurais jamais pensé qu'étudier à Poudlard serait aussi...banal ! Quand on a suivi Oummi ici, j'avais hâte de passer ma dernière année d'étude à vivre des aventures de folie !
- A quoi tu t'attendais ? Répliqua Draco exaspéré de l'entendre geindre, il y a des cours, des devoirs, des profs et des élèves, comme dans n'importe quelle autre école. D'où tu sors ?
- Tu parles enfin ! Ta voix commençait déjà à me manquer, soupira-t-il avec exagération.
Draco ne put s'empêcher de grimacer face à ses phrases racoleuses. Il se promit que même s'il avait toujours désespérément envie de Potter, jamais il ne tomberait pas aussi bas. Il tenta tant bien que mal d'accélérer la cadence de ses pas. Il ne boitait presque plus, mais il lui faudrait au moins un ou deux jours d'avance avant de pouvoir le semer.
- J'avais l'école à la maison jusqu'à maintenant, donc on peut dire que j'avais beaucoup d'attentes avant de venir. Surtout pour Poudlard dont la réputation n'est plus à construire à l'étranger ! Je veux dire- je me voyais déjà combattre des dragons et chevaucher des hippogriffes !
- Il faudra s'adresser au Sauveur pour les expériences palpitantes, je n'ai pas de dragon sous la main, vois-tu ?
- Pour monter des dragons on peut toujours s'arranger, Draco.
Le Serpentard s'arrêta juste devant la Grande Salle d'où il pouvait voir l'ensemble des élèves déjà attablés pour le dîner. Personne ne semblait ne les avoir aperçus, mais Draco préférait mettre un terme aux avances du Pouffesouffle avant qu'une rumeur salace ne vienne s'ajouter à son quotidien compliqué.
- Écoute, je pense que tu te trompes de public, là, déclara Draco en lui faisant face, le visage fermé.
- Vraiment ? Ce n'est pas l'impression que tu donnes pourtant, dit-il en passant une main dans ses cheveux blonds.
Draco eut un mouvement de recul face à cette proximité. La panique commençait doucement à l'envahir. Le soudaine intérêt d'Adam envers lui éveillait une seule conclusion logique dans son esprit : Delcourt avait parlé.
- Pour toi, un homme avec les cheveux long doit forcément être disposé à recevoir une bite dans le cul ? rétorqua Draco mais sa tentative de désinvolture ne l'empêcha pas de rougir malgré lui.
- Je ne sais pas, à toi de me le dire ? Chuchota-t-il en se penchant tout près de lui. Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que tu boitais, tu te remets d'une session intense ?
- Ferme-là, cracha Draco sur la défensive, tu ne sais pas de quoi tu parles.
Habituellement, il n'avait pas de mal à dissimuler ses émotions, mais à ce moment-là il ne put s'empêcher de perdre tous ses moyens. Il s'était imaginé que comme Potter était impliqué et que Draco savait pour ses aventures près de la serre, Delcourt aurait gardé cette information pour elle. Il avait baissé sa garde durant la semaine plutôt calme qui avait suivie l'événement, mais voilà que la réalité le rattrapait à toute allure. Et il n'était pas prêt du tout à ce que tout le château connût ses fantasmes. L'accueil ne serait certainement pas aussi chaleureux que pour n'importe quel autre couple. Il n'était même pas en couple, il était juste un coup d'un soir bien consentant certes, mais qui serait vu comme une tentative pathétique d'un ancien Mangemort de se racheter auprès de la société en donnant son cul un sauveur. Il n'avait pas de soutien, il n'avait rien.
- Pourquoi autant de réticences ? Demanda Adam lorsque Draco se détourna, ce ne sera pas la première fois que tu écartes les jambes pour un sorcier, si ?
- Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? Lâcha Draco la mâchoire serrée en empoignant son col.
Il regretta aussi tôt ses paroles lorsqu'il vit ses lèvres s'étirer lentement dans un sourire espiègle. Draco venait de se trahir tout seul. Prit dans son tourbillon d'angoisses, il venait de confirmer ce qu'Adam suspectait.
- Qui est-ce qui m'a dit quoi ?
Comment avait-il pu être aussi bête ?
Ils se fixèrent plusieurs secondes sans rien dire. Draco déglutit à plusieurs reprises sentant le poids des conséquences se former dans son estomac, il en avait presque des sueurs froides. S'il n'était pas un occlumens accompli, il aurait juré que le sorcier lisait en lui, mais il fallait croire qu'il n'avait pas eu besoin d'être Legilimens pour lui soutirer toutes les informations dont il avait besoin. Draco ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Il relâcha doucement le col du sorcier et se dirigea mécaniquement vers la table des huitième année, comme en état de choc. Les yeux écarquillés, il jetait des regards alarmés autour de lui, persuadés que toutes les conversations tournaient autour de ses préférences sexuelles.
« Petite pute »
« Suceur de queue »
« Sodomite »
« Sac à foutre »
Il avait l'impression d'étouffer, mais parvint finalement à s'approcher du banc. Les expressions déconcertées de certains à son arrivée lui fit comprendre qu'il devait avoir une sale tête, pire qu'en temps normal en tout cas.
- Tu manges avec moi ? Murmura Adam en posant ses mains sur ses épaules, Cynthia nous a gardé des places.
Il profita de l'état second de Draco pour le guider comme un pantin jusqu'en bout de table, où une élève, si mince que sa tête semblait flotter dans l'air, déplaça son sac pour qu'ils puissent s'asseoir. Ses cheveux frisés, son teint brun et ses yeux noirs perçants furent les seuls caractéristiques qu'elle partageait avec Adam. Ses cernes étaient très prononcées et ses yeux rougis comme si elle n'avait pas dormis depuis des mois. Ses joues creuses et sa gorge présentant une turgescence jugulaire saillante lui donnaient un air très amaigrie et malade. Draco faillit s'alarmer de son état, jusqu'à ce qu'il se souvienne qu'elle n'avait jamais été clémente envers lui. Draco s'assit en face avec Adam qui se pressa contre lui. Malheureusement la table était pleine à craquer d'élèves de huitième année et d'années inférieures un peu trop audacieux, pour que Draco puisse envisager de se décaler. Encore enfermé dans son mutisme suite aux événements récents, il écouta ce qui se disait d'une oreille distraite.
- Alors ? Commença-t-elle d'une voix usée jusqu'à la corde, les félicitations sont-elles à l'ordre du jour ?
- Trop tôt, soupira Adam qui était si près que Draco sentait sa voix vibrer contre son bras. Mais ça ne saurait tarder. Mon… intuition était bonne, j'ai mes chances.
- Ohhh alors c'est vrai ? Tu consommes de la saucisse sans modération ?
- Excuse la vulgarité de Cynthia, elle ne sait toujours pas s'exprimer de manière civile.
- C'est l'obsédé du sexe qui parle ? Railla-t-elle en reniflant, Dieu sait que si tu n'étais pas mon frère, je n'aurais pas supporté d'écouter tous les fantasmes éveillés que tu projettes sur tes amourettes foireuses. Est-ce qu'il est à ajouter à la longue liste ?
- Ce que tu peux être égoïste, tu ne m'entends pas me plaindre quand tu parles de tes amourettes foireuses! Et non, cette fois c'est du sérieux.
- Ah oui ? C'est pas juste dans ta tête ?
- Tu n'as qu'à lui demander, il est juste là, dit Adam en passant son bras autour des épaules de Draco
Le Serpentard se tendit en gardant les yeux rivés sur son assiette vide. Il avait l'impression de revivre le fiasco de leur première conversation. Il voulait se lever et partir très loin, mais il voulait aussi savoir ce qu'Adam allait faire des informations qu'il tenait sur lui.
- Euh… il a pas l'air très réceptif, ton pote.
- C'est peut-être parce que tu ne lui inspires pas confiance, il est du genre timide pour un ex-Mangemort.
La mâchoire si serrée qu'il crut bloquer une articulation, il secoua brusquement ses épaules pour se dégager de l'étreinte, mais Adam tint bon et fit mine de ne rien remarquer.
- Oh oui c'est vrai. Hé-je veux dire Draco, appela-t-elle en cognant sa fourchette contre le verre de Draco pour attirer son attention
Elle poursuivit le tintement jusqu'à ce qu'il lève les yeux vers elle. Certains voisins de tables s'étaient tournés vers eux à la fois agacés et curieux de ce qui se déroulait. D'un point de vue extérieur, ça avait l'air d'être une nouvelle session de harcèlement contre le souffre-douleur de prédilection, mais du point de vue de Draco, c'était bien pire.
- Faisons table rase de toute cette animosité, tu veux bien ? Dit-elle avec un sourire aussi authentique que ceux d'Adam. On s'est seulement parlé à l'occasion de quelques brimades assez bon enfant, mais on ne se connaît pas réellement. Je m'appelle Cynthia, je suis la sœur d'Adam et je suis venue à Poudlard pour ma septième année d'études-
- OK d'accord, mais à quoi ça rime tout ça ? Il y a deux semaines vous cherchiez à me broyer les couilles. Aujourd'hui ton frère me fais du rentre-dedans et toi tu te présente à moi parce que...vous souhaitez tourner la page ? Je ne comprends pas la démarche.
Draco avait prit soin de parler à voix basse pour ne pas régaler les commères indiscrètes qui se penchaient littéralement vers eux. Il aurait préféré ériger une bulle privée, mais il craignait plus les accusations qu'il pourrait recevoir avec une baguette à la main en plein dîner, que de démarrer une nouvelle rumeur sur son idylle avec Adam. Les deux Pouffesouffles le dévisagèrent avec tant de perplexité qu'il crut un instant qu'ils ne l'avait pas entendu. Lorsqu'il les vit se jeter un regard complice avant d'éclater de rire, Draco sut que ce qu'ils lui réservaient seraient bien plus cruel.
- Si c'est du chantage que vous voulez faire, vous n'obtiendrez rien, reprit-il les poings serrés sur ses jambes, parce que je n'ai littéralement rien à offrir. Donc vous feriez tout aussi bien de répandre autant de rumeur que vous voudrez, ça m'est égal, ce n'est pas comme si ma situation pouvait être pire.
En même temps qu'il parlait, il récupéra son sac de cours qu'il avait laissé à ses pieds, et passa une jambe par dessus le banc pour s'en aller avant que sa frustration et son désespoir grandissant ne le fasse éclater en sanglot. Contrairement aux apparences, Draco avait toujours été un garçon sensible, au grand mécontentement de son père, mais depuis la fin de la guerre, il avait encore plus de mal à retenir ses larmes lorsque la frustration atteignait son pic. C'est-à-dire, 95 % du temps. Heureusement pour lui (il fallait bien se réjouir des petites victoires pour rester sain d'esprit), il n'était pas très loin de la sortie, il lui fallait juste tenir quelques secondes avant de pouvoir lâcher la boule de nerf qui commençait lui obstruer la trachée.
- Attends- attends une minute Draco, intervint Adam en contrôlant son fou rire, il y a un malentendu.
Il retint Draco par la taille, en le maintenant à califourchon sur le banc, face à lui. Ce geste ne passa pas inaperçu auprès de ses voisins de tables et des tables voisines dont les conversations semblaient doubler en intensité. Les deux Pouffsouffles parvinrent finalement à recouvrer leur calme, sans se soucier le moins du monde de l'intérêt grandissant qu'ils éveillaient dans leur entourage. Adam ne s'était toujours pas éloigné, et Draco sentait cette inhabituelle proximité lui monter à la tête en même temps que la chaleur envahissait son visage. Ne savait-il pas garder ses mains pour lui ? Et Draco, était-il tellement en manque affectif que le moindre le contact d'une tiers personne le chamboulerait à chaque fois ? Il retira les mains du Pouffesouffle, dérangé de se sentir aussi gêné.
- Écoute Draco, ce que ma sœur essayait pathétiquement de faire, reprit Adam en ignorant un coup de pieds de l'intéressée, c'est de s'excuser, comme je l'ai fait plus tôt, pas vrai Cytnthia ?
- Oui, c'est exactement ça. Désolée de m'être comportée comme une connasse. Ce n'était pas justifié, j'ai eu tort.
Draco la dévisagea en tentant de décerner un double jeu dans ses traits exténués, mais l'expression contrite qu'elle arborait ne laissa rien trahir. Draco fut d'autant plus perplexe, car la sincérité n'était pas une option qu'il avait envisagée venant d'eux. Si c'était le début d'une farce très élaborée, Cynthia était plus crédible qu'Adam.
- Ça ne tient pas debout toute cette histoire. Vous savez qui je suis, ce que j'ai fait, et vous ne gagnerez à rien à vous associer avec moi. Donc mettons un terme à cette mascarade et faisons comme si rien ne s'était-
- Je ne peux pas faire ça, non.
Draco se pinça l'arrête du nez. Cette façon de le faire tourner en bourrique semblait presque plus cruelle que les coups qu'il avait pu recevoir jusque-là. Tout ce qui sortait de sa bouche était imprévisible et les regards insistants des autres élèves n'arrangeait rien. La frustration et l'embarras commençait à l'agiter. Il voulait le prendre pour un idiot ? Eh bien ils allaient être servis.
- Est-ce que c'est un nouveau jeu à la mode ? Les coups et les maléfices ne sont plus assez excitants pour vous ? Mes réactions ne sont pas assez satisfaisantes pour que vous continuiez à employer les méthodes classiques ? Rassurez-vous, j'essaierais d'y mettre du mien à l'avenir et travailler sur la crédibilité des mes cris de douleur. Qu'est-ce que vous pensez de « Aaahh ma jambe » ou mieux encore « Mon œil ! À cause de votre dextérité, je ne pourrais plus jamais-
- Tu me plais, d'accord ?
Les muscles du visage de Draco se lâchèrent à l'unisson, laissant sa mâchoire pendre dans une expression hébétée. C'était comme si Adam venait de parler une autre langue, Draco ne parvenait pas à assimiler ce qu'il venait d'entendre. Cela ne correspondait à aucune situation plausible. Leur coin de la table resta silencieuse pendant plusieurs secondes, quelques couverts ricochèrent contre des assiettes et un verre s'écrasa sur le sol.
Le coude posé près de son assiette et le menton posé contre sa paume, Adam avait un sourire presque timide, assortie au regard à la dérobée qu'il adressait à Draco. Ce dernier ressentit soudainement une vague de chaleur, qui n'avait rien à voir avec sa colère grandissante. Il était tellement en manque d'affection que la moindre attention positive à son égard le rendait toute chose… Même si c'était le piège le plus flagrant qu'on lui ait tendu. Mais était-ce vraiment un piège ? Risquer de s'humilier en public en déclarant sa flamme à un ex-Mangemort, montrait un sacré niveau d'engagement, si cela faisait effectivement parti d'un plan machiavélique.
Le jeu d'acteur d'Adam n'était pas si terrible finalement, et en y regardant de plus près il n'était pas si désagréable à regarder non plus… putain de merde. Voilà qu'il perdait la tête.
Les autres élèves réagirent comme un seul homme. Excitation, choc, dégoût, moqueries, il y en avait pour tous les goûts. L'agitation initialement limitée à un coin de la table des huitième année se répandit comme une traînée de poudre dans la Grande Salle. Très vite, ils furent envahit par une foule d'élèves qui s'agglutinèrent autour d'eux pour avoir une meilleure vue du spectacle. Draco fut pressé contre Adam qui ne sembla pas être dérangé. Il passa son bras autour de lui et érigea une bulle de protection pour empêcher les coups de les atteindre tous les trois. Malheureusement les sons n'étaient pas bloqués pour autant.
- T'es sérieux ? T'as flashé sur un Mangemort ? C'est quel genre de fétiche ça ?
- Il t'a empoisonné c'est ça ? Comme il l'a fait pour Potter ?
- Hé le Pouffesouffle, c'est quoi ton nom ?
- C'est une mise en scène ou vous êtes vraiment gays ?
- Nan, moi je dis que Malfoy à sucer sa queue et que le gars est revenu à la charge
- Je parie qu'il l'a pris dans le cul plutôt. Ce vaurien a appris à mettre en valeur ses derniers atouts, si tu vois ce que je veux dire.
- Eww dégueux ! Est-ce que c'est vrai Malfoy ? Tu t'es fait baisé par Adam ?
Avant que la mortification puissent emporter son âme, un son strident résonna dans l'ensemble de la salle, paralysant tout le monde dans un silence collectif. Draco avait les yeux fermés et le visage caché derrière ses deux mains. Il aurait tout donné pour pouvoir transplaner loin d'ici. Mais il n'avait rien, à part sa réputation qui empirait de jour en jour et qui avait atteint le point de non retour. Comment allait-il s'en sortir ? Il voyait déjà les titres des journaux du lendemain. Les rapports homosexuels n'étaient pas illégaux, mais pour un enfant unique et seul héritier de sa famille, c'était impensable. Les gens n'avaient même pas eu besoin de connaître la vérité, la rumeur avait déjà dépassé la réalité, tout ça à cause d'une déclaration. Il n'aurait jamais dû aller aux toilettes.
- Retournez tous à vos places, tonna la voix sévère de la directrice. Comme une partie d'entre vous ne sait pas se comporter correctement à table, le dîner sera interrompu pour tout le monde.
Les élèves s'exécutèrent. Le calme fut de nouveau rétabli d'un simple regard. Draco prit soin de garder ses yeux rivés sur la table où jonchaient les restes éparpillés du dîner et des verres cassés. Adam restait près de lui et caressait son bras de haut en bas dans une tentative vaine de le rassurer. Être touché à ce moment-là était bien la dernière chose dont Draco avait besoin, surtout par l'auteur de tous ses maux. Toutefois, il avait trop peur de s'en plaindre, ni même de réagir tout simplement. La directrice avait été témoin de son implication dans ce remue-ménage, il ne fallait pas qu'il attirât davantage l'attention.
- Vous allez maintenant suivre vos préfets respectifs jusqu'aux dortoirs, dans le plus grand des calmes. Les huitième année, vous êtes aussi priés de retournez dans vos quartiers, et à l'instar des autres élèves, vous respecterez le couvre-feu pour ce soir. Le moindre écart à la règle sera sévèrement sanctionné, me suis-je bien fait comprendre ?
Par dessus un râle collectif, un semblant d'approbation se manifesta. Les rebelles pouvaient dire ce qu'ils voulaient mais on ne les attraperait jamais ouvertement tenir tête à la directrice. Draco avouait que malgré sa majorité passée, il ne pouvait s'empêcher de craindre sa colère. Il se sentait presque soulagé de pouvoir retourner se réfugier dans son lit et fuir la réalité qui se dessinait devant lui.
- Monsieur Malfoy, Monsieur Belkheir-Khan, je vous attends dans mon bureau.
Et merde.
