Sailor Moon Altered Destiny

Chapitre 33 –Tide vs Land, a Michiru and Haruka story

« Yanma ? Qui est ce jeune homme qui s'occupe du jardin ?

- Aucune idée.

Yanma est un diesel mais une fois lancé, même la légalité ne saurait l'arrêter.

« Il a commencé hier. Il est déscolarisé depuis ses quinze ans et il fait ça en parallèle avec un boulot de mécanicien dans un garage. Il apprend à réparer des motos mais son rêve est de devenir pilote de moto et de formule 1. Il joue du piano. Il a conclu un contrat avec notre école. Du travail en échange de cours du soir. Oh, et c'est un Tennoh.

- Il leur a donc fait une proposition qu'ils n'ont pas pu refuser ?

- Apparemment. Il a l'air toutefois de fuir son destin et de vouloir se ranger.

- Heureusement que tu ne savais rien.

- Il suffit d'être un peu imaginatif.

- Et de pirater les ordinateurs de la mairie.

- Oui, c'est ce que j'ai dit. Être créatif et aller avec papa à son boulot pour la journée porte ouverte. »

Michiru tire le rideau et l'observe quelques secondes. Il lève les yeux à ce moment-là et essuie la sueur sur son front, y mettant par la même occasion de la terre. Il croise son regard et elle fait un pas de côté pour se dissimuler derrière le rideau en rougissant.

« Je ne t'ai jamais vu aussi timide. Tu es plutôt agressive dans ton approche en général.

- Que veux-tu dire par là ? Tu as un exemple ?

- Tommy qui a préféré retourner en Amérique plutôt que de rompre avec toi, les jumeaux Ouran qui ont perdu quinze kilos durant la relation sans jamais savoir que tu sortais avec les deux, toute l'équipe de rugby qui n'a jamais su si tu avais monté un harem ou si tu étais leur nouveau coach. Ce fut néanmoins leur meilleure saison…

- J'ai dit un exemple. Il faut vraiment que tu apprennes à écouter.

- Et puis aussi, tu ne reconnais jamais quand tu as eu tort.

- C'est faux.

- Ci-gît Michiru. On lui avait dit qu'il y avait un camion mais elle n'était pas de cet avis. »

Elle fulmine mais ne part pas sans avoir jeté un dernier regard à ce jeune homme. Telle la mer qui passe et repasse sur le sable sans jamais arriver à se lier au sable de la plage, elle n'a de cesse de revenir regarder entre les deux bouts de toile pour graver son visage dans son esprit.

oOo

Son ami la pousse devant le jeune homme qui vient de terminer son entrainement d'athlétisme. Cours du soir et utilisation des équipements sportifs font partie de l'accord trouvé avec le lycée.

« Allez, fais pas ta timide. »

L'étudiante américaine s'approche d'Haruka.

« Haruka Tennoh. Les rumeurs disent vrai. Je veux faire la course contre toi. Tu es vraiment incroyable. Il y a quelqu'un avec moi qui souhaite te rencontrer. Laissez-moi faire les présentations : voici Michiru Kaioh. »

La jeune fille aux cheveux émeraude s'approche, la tête baissée, comme si elle s'apprêtait à faire une révérence.

« Elle aussi, elle est bourrée de talents. Ses professeurs ne tarissent pas d'éloges quant à ses talents d'artiste. Ces toiles sont qualifiées de visionnaires et sa musique d'angélique, tranchant singulièrement avec son caractère de cochon.

- Tu ne transpires même pas. On aurait dit que même si tu ne te donnais pas à cent pour cent, tu semblais telle une rafale de vent sur la piste.

- Qu'est-ce que tu racontes ? l'interroge son amie athlète à la peau bronzée et au cheveux colorés qui rappelle les kogaru,

- Le vent t'aurait-il soufflé de belles paroles pour te propulser sur la piste ? Les pieds sur terre mais les cheveux aux vent… »

Le déni est encore fort chez Haruka et elle refuse d'entendre cette voix et cette silhouette qui lui murmurent dans ses rêves que sa destinée est de trouver le Messie pour empêcher le silence de s'abattre sur le monde. Toutefois, Michiru l'a percée à jour à la seconde où ses yeux se sont posés sur elle.

« Quel discours étrange ! Tu es bien une artiste… se moque-t-elle, sur la défensive. Mais, dis-moi, Michiru, pourquoi voulais-tu me rencontrer ? Quel en est la vraie raison ?

- Accepterais-tu de jouer les modèles vivants pour un de mes croquis ?

- Non, merci. Ce n'est vraiment pas mon truc. »

Haruka s'en va, se sentant coupable d'avoir été aussi sèche et Michiru baisse la tête, blessée, sous le regard furieux de son amie qui part dire ce qu'elle pense de son attitude à l'athlète.

oOo

Elle sent une main qui lui tape sur l'épaule. Une odeur épicée et de terre. Comme un roc sur lequel vient se fendre une vague. Elle sait que c'est lui. Elle se met à transpirer et devient pivoine.

« Je… Je ne t'observais pas depuis la fenêtre du deuxième étage.

- Ok. Et sinon, tu sais où sont les toilettes ?

- Tout droit au fond du couloir, deuxième porte sur la droite.

- Merci. Tu es belle quand tu rougis. Mais tu es toujours belle. »

Il remet une mèche derrière son oreille.

« Je ne sais pas pourquoi mais je t'imagine plutôt avec les cheveux détachés. Ses belles boucles ont la couleur de la mer, elles ont besoin de liberté. »

Il part ensuite aux toilettes et elle ne bouge pas d'un poil. Quand elle l'entend revenir, la seule chose qu'elle arrive à faire, c'est détacher ses cheveux qui forment un joyeux champignon sur sa tête, lui donnant un air de mère au foyer nord-américaine des années cinquante.

« Voilà qui est… j'ai peur que si je dis ce que je pense, Endora ne me jette un sort. »

Michiru boude et Haruka sort un peigne de sa poche et coiffe doucement ses cheveux.

« C'est bizarre, Ça me fait toujours mal quand ma mère le fait. Je pensais que c'était comme ça, le lot des cheveux frisés.

- Rien ne fait mal quand c'est fait avec amour et compersion.

- Compersion ?

- Le concept inverse de la jalousie. C'est l'idée d'être heureux de voir l'autre heureux de recevoir de l'amour et de soi et d'autres personnes.

- Je ne sais pas si ma mère ressent quoi que ce soit autre que de l'égocentrisme, à la différence de ma grand-mère…

- Et toi, tu ressentais de la compersion pour l'équipe de rugby ? Ou plutôt, est-ce que l'équipe de rugby ressentait de la compersion pour toi ? »

Elle passe de pivoine à cramoisi. Apparemment, les ragots vont vite.

« Comment…

- Le club a mis en place le protocole émeraude pour éviter de te croiser… J'ai parlé de toi à l'un d'entre eux et il est parti en hurlant. Tout se sait dans une école. Qui est plus est dans une petite école privée.

- Je suis intense et je ne vais pas m'en excuser. Je veux tout, tout de suite. Une petite fille riche qui rêve de sortir de sa cage. Ce n'est pas une belle facette de ma personnalité. Si tant est qu'il y ait de belles facettes. »

Il place ses cheveux derrière son oreille droite pour dégager son cou et y dépose un petit baiser.

« Moi, j'adore ce que je vois. »

Elle frisonne.

« Je dois retourner bosser mais je vais m'entrainer sur le circuit de formule 1 ce soir. Mais avec ma moto, pas en formule 1. Tu peux venir me voir si tu veux. Yanma veut m'interviewer pour le journal de l'école. »

Elle accepte timidement.

« Ah et au fait, c'était la première à droite, pas la deuxième, mais tu ne pouvais pas savoir. »

Michiru penche la tête sur le côté.

« Mais la première à droite, c'est les toilettes des femmes...

- Je n'ai jamais dit que j'étais un homme. Ni une femme d'ailleurs. Mais je sais faire pipi debout. »

Sur ces mots, elle retourne à son poste, laissant une Michiru incrédule et décontenancée, à laquelle on a fait perdre bon nombre de ses repères de petite bourgeoise bien rangée.

oOo

Haruka fait une boucle par la remise avant de rejoindre le circuit. Elle passe sous le volet roulant déjà à moitié ouvert et entre. Elle trouve son ami journaliste, affalé sur le sol. Il se tient le ventre, en proie à de vives douleurs.

« Tout va bien ? »

Elle s'approche, inquiète.

« Aide-moi… »

- Est-ce que ça va ? Tu es blessé ?

- Aide-moi, je t'en supplie !

Interdite, elle recule quand la bouche du journaliste se tord de douleur et son corps se met à gonfler.

« Mon dieu, qu'est-ce qui t'arrive ? »

Une ombre noire rappelant un oiseau l'engloutit puis change de forme. Elle prend alors corps pour devenir un amas de chair noire et rosâtre. Il lui rappelle ce cerveau stationné dans le ventre d'un humain dans les Tortues Ninja mais en bien plus terrifiant. Cette « chose » semble dénuée de toute humanité. Elle n'émet que des grognements. Haruka recule sous l'effet la surprise mais aussi de la peur, échouant à cacher ses émotions pour ne pas donner l'ascendant à cet intrus. Elle attrape une barre du fer qu'elle lève dans la direction du monstre. C'est alors qu'elle entend à nouveau la voix de Yanma à travers le monstre alors qu'il est inconscient.

« Aide-moi, je t'en supplie… »

C'est comme si elle pouvait le voir tendre une main implorante vers elle. Cela ne dure qu'un instant et l'immondice qu'est devenu Yanma se jette sur Haruka, déployant une série de dents qui n'aurait fait qu'une bouchée d'Haruka si elle n'avait pas mis la barre de fer en travers de son chemin. Projetée au sol, elle se redresse péniblement en position plus ou moins assise pour voir le monstre qui s'est dressé sur ce qui semble être sa queue et la toise de toute sa hauteur inhumaine. Il attaque de nouveau mais il est arrêté par une lumière intense et scintillante, comme une étoile qui illumine le hangar et l'arrête net dans son élan.

Quand celle-ci se dissipe, un stylo stylisé bleu, mauve et doré rappelant Uranus et surmonté d'une étoile arborant le symbole de ladite planète apparaît. Irrépressiblement attiré par cet objet, elle tend la main pour l'empoigner mais une voix qu'elle reconnaît l'arrête.

« Non, ne fais pas ça ! »

Surprise, elle ne touche pas l'artéfact qui tombe sur le sol et rebondit.

« Ne touche surtout pas cette chose, déclare une silhouette en contrejour, adossée au chambranle de la porte du hangar. »

Elle se révèle être comme elle l'avait devinée Michiru.

« Si tu le fais, ta vie ne sera plus jamais la même. Tes rêves ne verront pas le jour. Tu subiras le même sort de quoi ! la prévient-elle, tournant la tête vers lui pour lui présenter une mine dure mais résignée. »

Elle sort alors un stylo similaire de son uniforme, surmontée du symbole de la planète Neptune. Elle revêt alors un fuku émeraude qui laisse Haruka sans voix. Michiru, à présent Sailor Neptune, se jette sur le monstre pour protéger Haruka qui ne semble plus réagir au danger. Elle assène un coup de poing à l'amas de chair qui l'envoie s'écraser sur les étagères où est entreposé le matériel, leur donnant ainsi quelques secondes de répit. Toutefois, La jeune fille aux cheveux rappelant les vagues de la mer peut lire sur le visage d'Haruka qu'elle ne lui en est pas reconnaissante. Elle arrive en courant et vient se poster entre elle et Yanma, les poings serrés, avant d'hurler :

« Arrête ! Il était encore humain il y a quelques secondes ! Si tu l'achèves maintenant, tu seras une meurtrière !

- Le Silence va s'abattre sur Terre. Si je n'accomplis pas mon devoir, il y a aura d'autres victimes.

- Tu veux dire que la fin justifie les moyens ? »

L'expression déterminée de Michiru pourrait suffire comme réponse à la question.

« Tout à fait. C'est exactement ça. »

Aucune d'entre elle n'a remarqué que l'étagère renversée derrière elles a commencé à bouger.

« Tu fais donc si peu cas de l'espèce humaine ? »

Le monstre surgit alors derrière Haruka.

« Attention ! s'écrit Sailor Neptune en se jetant sur Haruka pour la protéger. »

Elle fait barrage de son corps pour lui éviter d'être tuée. Les dents du monstre viennent lacérer son dos et son bras gauche. Contrainte et forcée, elle n'a plus le choix.

« Deep Submerge ! »

Le monstre disparaît et leur ami, collée au mur comme la proie d'une araignée géante digne d'un film d'horreur, retrouve sa liberté et tombe à genoux sur le sol. Haruka le replace en positon assise afin qu'il soit confortable en attendant son réveil et constate avec effroi que Sailor Neptune s'est également évanouie. Elle reste à ses côtés jusqu'à ce qu'elle se reprenne connaissance. Ses premiers mots sont pour Yanma ou plutôt pour sa mission.

« Où est le monstre ?

- Le monstre semble avoir repris forme humaine. Le jeune homme va bien.

- J'ai failli tuer un enfant. Qui sait ce qui se passera la prochaine fois ? »

Haruka est amusée de voir comment Michiru qualifie d'enfant un de ses camarades de classe, comme une vieille âme dont ce ne serait pas la première vie.

« Je ne veux plus avoir à prendre ces décisions mais je suis une Sailor Senshi… Et c'est le choix que j'ai fait.

- Pourquoi tu as risqué ta vie pour me protéger ? Si tes blessures avaient été plus graves, tu ne pourrais plus jamais jouer du violon.

- Tu sais, je t'observe depuis longtemps, mais pas seulement parce que tu pourrais être une Senshi. Quand tu as fait ta première course, j'étais dans les gradins. Je veux être cette jeune femme qui sent le vent dans ses cheveux à l'arrière de ta moto. J'ai l'impression de déjà te connaître. J'aime ton esprit d'indépendance et ton honnêteté. Tu ne mâches pas tes mots et tu dis exactement ce que tu penses.

- Je ne suis pas aussi honnête que ce tu essaies de te faire croire. Je prends toujours la fuite, la contredit-elle.

- Je pense que je te connais mieux que tu ne te connais toi-même, Haruka. C'est pourquoi je t'ai arrêté net tout à l'heure. Je n'ai pas choisi cette voie. On l'a choisi pour moi. Je ne veux pas qu'il t'arrive la même chose. »

Michiru ferme les yeux et sourit.

« Haruka, quand j'ai découvert que nous étions destinés à être partenaires, j'étais aux anges. »

Honteuse d'être aussi égoïste, ses yeux s'emplissent alors de larmes.

« Pardonne-moi. J'aurais préféré que tu restes dans l'ignorance. Je suis tellement désolée. »

Les traits d'Haruka se durcissent, comme si elle allait la rejeter. C'est pourtant tout l'inverse qui se produit. Elle tourne la tête pour observer son stylo de transformation. Le choix est tout trouvé. Il n'y a jamais eu aucun doute : elle suivrait Michiru jusqu'en Enfer.

oOo

« C'est quoi ces trucs ?

- Ma grand-mère les appelle des Hostes. Elle vivait sur une petite île isolée quand elle était enfant et certaines personnes aux motifs purs, des gens droits dans leurs bottes et souvent un peu naïfs, devenaient leur cible quand la personne n'atteignait pas son rêve et était prête à tout, même à renier ses belles valeurs. C'est là que l'Hostes faisait de la personne son jouet jusqu'à ce qu'il soit mûr et puisse sortir au grand jour et dévorer tout ce qui lui passerait sous la dent, tant que c'était fait de chair humaine ou animale. Elle n'en est pas sûre à cent pour cent mais elle pense que les derniers Hostes se sont échappés par bateau pour agrandir leur terrain de jeu, suite à une exode massive et à la destruction massive de la faune qui s'est ensuivie pour qu'ils puissent continuer à se nourrir. »

Des images de son dernier combat lui reviennent en tête.

« Ils ne sont pas humains.

- Sans blague ? Une tique cloporte pas humaine ? Quelle surprise !

- Non. »

Elle montre le ciel.

« Pas humain. Pas terrien.

- Un OVNI ?

- Oui, mais qui s'est frayé un chemin via une brèche. Ils viennent de bien plus loin que notre système solaire. »

Elle sort un cristal.

« On dirait un ananas Swarovski.

- Elle appelle ça un cristal Taioron. Dans le dialecte de l'île d'où elle est originaire, cela veut dire « l'étranger », au sens large du terme. L'étranger hostile, l'envahisseur. Celui qui veut prendre possession des lieux et les faire siens. Il n'y a pas un seul minerai dedans qui existe sur notre planète. Bizarrement, maintenant, ils font disparaitre la victime qui se transforme mais ce ne fut pas toujours le cas.

- Ah bon ?

- Je vais y venir. Ma grand-mère pense que les Hostes sont des formes incomplètes. Ils recherchent quelque chose, quelque chose que j'ai probablement en moi, et qui fait qu'ils apparaissent autour de moi, et maintenant de toi. Nos pouvoirs nous protègent mais aussi nos cœurs purs. Ces formes monstrueuses qui sortent des corps des gens sont leur moyen de rechercher quelque chose à l'intérieur des gens mais ils cherchent encore la meilleure façon d'attaquer et de « scanner » les humains. Les Hostes ne sont que la partie immergée de l'iceberg. »

Haruka acquiesce mais décide de sauter du cop à l'âne.

« Comment es-tu devenue… une majorette ?

- Je suis devenue Sailor Neptune, une Sailor Senshi. Je ne sais pas comment mais j'ai su rapidement qui et ce que j'étais. J'entendais une voix douce mais mélancolique que j'avais l'impression de connaitre qui me donnait quelques informations.

- Et moi la tienne qui m'appelait. »

Elle prend la main d'Haruka dans la sienne.

« Ma grand-mère me défendait contre ma mère puis elle a porté les mains à sa poitrine et elle est tombée. On a appelé une ambulance en annonçant une crise cardiaque et dans l'ambulance, l'Hostes est sorti d'elle alors qu'elle me communiquait ces dernières volontés. L'ambulance s'est renversée, ma mère a été projetée sur le bas-côté. J'ai pris un coup à la tête mais je suis restée consciente. »

oOo

Deux mois plus tôt

Route 19

Michiru se relève et voit un horrible monstre noir et violacé sortir de la poitrine de sa grand-mère. Il reste relié à elle par un cordon ombilical semblant pomper son énergie vitale.

« On dirait qu'il se nourrit de son âme. Bon choix, ceci dit. Avec celle de ma mère, tu serais mort de faim.

- Hé ! Je ne te permets pas… s'insurge sa mère avant de perdre connaissance. »

Les deux ambulanciers parviennent à briser la vitre du côté passager et sortent de l'ambulance en boitant, leurs vêtements lacérés de toute part par les bris de vitre. Quand le monstre les voit, il fonce sur eux et les dévore, ne laissant que leurs pieds. Michiru porte les mains à sa bouche, se retenant de crier pour se donner une chance de ne pas être le plat de résistance. Elle se fait lentement rouler dans le fossé rempli d'une eau trouble qui vient détremper et alourdir ses vêtements. Elle tente de faire reprendre connaissance à sa mère en passant sa mort hors du fossé mais rien n'y fait. Elle décide donc de la tirer vers elle puis de la pousser dans la forêt attenante à la route afin qu'elle ne risque pas de glisser et de se noyer dans les eaux de pluie. Sa mère heurte plusieurs cailloux saillants et branches mortes qui finissent par alerter le monstre qui se tourne brusquement vers le corps inconscient qui roule en bas du léger dénivelé. Tel un boss de fin de niveau qui vient de repérer le jeune chevalier cherchant à sauver la princesse, il pousse un cri d'un autre monde et fonce vers la mère de Michiru en traînant sa grand-mère sur le sol. Michiru attrape une branche et lui signale sa présence comme étant l'origine du bruit, espérant qu'il soit suffisamment primitif pour tomber dans le panneau.

« Hé, la tique à gros cerveau. Mange-moi, j'ai été élevée comme du veau dans une prison dorée ! Ne te casse pas les dents sur cette carne dans laquelle il y a plus de plastique que dans la mer ! »

Elle pourrait jurer entendre sa mère s'offenser de ces insultes. La jeune fille se met alors à courir en zigzag pour empêcher le monstre de l'attraper. Toutefois, quand sa mère essaie de remonter sur la route, l'Hostes dans toute sa primitivité se rend compte qu'il y a une proie qu'il n'y a plus qu'à cueillir. Michiru, quant à elle, jurerait entendre sa grand-mère appelant à l'aide et suppliant qu'on l'achève pour qu'elle ne fasse pas de mal à sa fille ni à sa petite fille.

« Poignardez-moi qu'il n'ait plus de quoi se nourrir… Je vous en supplie… »

C'est comme si sa grand-mère avait une connexion psychique avec elle.

« Il va la tuer. Achève-moi avant lui… »

Comme pour la contredire et empêcher Michiru d'accéder à sa requête, la créature lance une de ses tentacules dans la direction de Chiyuri Kaioh. Michiru n'a qu'une fraction de seconde pour réfléchir et ne trouve pas d'autre solution que de se sacrifier pour protéger sa mère. Alors que l'immonde tentacule visqueuse va la transpercer apparait ce qui semble être…

« Un rouge à lèvres ?

- Le Neptune Lip Rod te permettra de vaincre ton ennemi et de sauver ta grand-mère. Saisis-le et tu deviendras Sailor Neptune. Tu sais déjà quoi dire et bientôt, tu sauras quoi faire. »

Elle hésite, sentant que sa vie ne sera plus jamais la même après avoir touché ce jouet pour enfant comme on en gagne à la pêche aux poissons durant le festival d'Obon.

« Il te faut agir vite, ajoute la voix. Tu ne resteras pas seule bien longtemps, je te le promets. Prends-le et sauve ta famille ! »

Galvanisée par ces mots, elle l'empoigne et le temps semble reprendre son cours comme s'il avait été arrêté ou fortement ralenti. Les gouttes de pluie en suspension recommencent à tomber et le silence cède la place au chaos. Pourtant, ce rite initiatique digne du premier chapitre d'un manga n'a duré qu'une fraction de seconde. Quand elle empoigne l'artefact, le démon a déjà foncé sur elle.

« Prononce les mots, Michiru !

- Neptune Planet Power, Make Up ! »

Sa tenue change en une seconde qui semble durer aussi longtemps que le montage audio d'un road trip dans un film américain pour le reste du monde. Le démon tente de profiter de ce moment de vulnérabilité pour l'attaquer mais il est repoussé par l'émanation d'énergie qui semble être l'antithèse de tout ce qui anime cette entité extraterrestre qui hurle comme si on l'avait poignardé. Il comprend qu'il n'y aura pas que le bout de son tentacule qui sera désintégré s'il continue ses assauts et attend son heure.

Michiru prend une seconde pour observer sa tenue dans une flaque d'eau. Elle trouve la jupe un peu courte et cette tenue de majorette bien trop moulante et de mauvais goût mais elle se sent légère comme le vent. Non, pas comme le vent. Elle se sent libre et puissante comme la mer. Le vent et la terre qui se livrent à une danse perpétuelle avec les vagues sans jamais se fondre l'un dans l'autre semblent être au contraire ce qui lui manque, comme si elle était incomplète.

Se faisant cette réflexion, c'est alors qu'elle l'entraperçoit pour la première fois. Son autre. Un paradoxe ambulant qui vole en ayant les pieds ancrés sur terre. Elle court vers cette figure et tend la main pour le toucher. Elle sent alors quelque chose de gluant lui entourer le poignet. Elle a un relent en revenant brusquement à la réalité. Sa vie ne sera plus jamais la même alors, pourquoi hésiter ? Elle se met à courir et à le traîner comme il traîne sa grand-mère jusqu'à faire le tour d'un arbre et mettre en tension son membre, ne lui laissant pas d'autre option que relâcher sa pression. Elle observe la scène et ne peux s'empêcher de voir l'alien comme le génie de la lampe et sa grand-mère comme la lampe à huile.

Elle décide d'en faire autant avec son aïeule et bondit pour attraper sa grand-mère et fait le tour d'un sapin pour bloquer l'Hostes et le forcer à libérer sa grand-mère pour retrouver sa liberté de mouvement. Sa grand-mère se met à hurler de douleur et le prédateur pousse en même temps qu'elle un cri inhumain dont la puissance sonique terrasse l'arbre, forçant Michiru à bondir sur le côté en se tenant les oreilles pour supporter son cri strident et ne pas finir tétraplégique sous le conifère.

« Et maintenant, je fais quoi ? Il est clair qu'il a besoin d'elle pour survivre et elle de lui et il n'est pas prêt à la lâcher vu qu'il phagocyte toutes ses ressources. Il va pomper son énergie jusqu'à ce qu'elle meure mais rien ne m'assure qu'il en mourra. S'il cherche à évoluer, c'est peut-être comme ça qu'ils essaient de le faire jusqu'à ce qu'ils aient drainé assez d'être vivants. »

Elle continue de zigzaguer autour de lui en lui jetant ce qu'elle trouve à sa disposition pour le distraire.

« L'image n'est pas exacte mais c'est un peu comme séparer des sœurs siamoises. Les chances de survie sont très faibles même avec le meilleur chirurgien du monde et je ne suis clairement pas le pingouin qui glisse le plus loin sur la banquise. Alors, ce n'est pas moi qui vais trouver la solution miracle. »

Elle aperçoit le visage et les bras écorchés de sa grand-mère mais remarque qu'outre les égratignures les plus récentes, la relation a peut-être quelques aspects du symbiotise car sa grand-mère devrait être un pantin désarticulé à l'heure qu'il est ou même déjà morte d'avoir été jeté dans tous les sens comme le nouveau jouet d'un chien un peu trop vigoureux.

« On dirait qu'il la tue petits feux mais il la renforce suffisamment pour pouvoir la siroter comme un Mai Tai dans un thermos. J'aurais clairement dû faire plus attention en cours de science mais mes cours ne disent comment séparer un être humain de Krang. Je suppose que ce costume ne me permet pas seulement de courir vite et d'être plus forte physiquement, se rend-elle compte alors qu'elle fait un salto arrière pour passer au-dessus du monstre. Je ne suis pas Donatello, mais je débrouille. »

La voix ne semble pas avoir d'autres conseils à lui prodiguer et ce, malgré quelques harangues au langage assez cru. Elle décide de courir autour de l'ennemi afin de se rapprocher de sa grand-mère. Celui-ci essaie de l'attraper sans y parvenir mais elle finit par rejoindre sa grand-mère. Elle essaie de la réveiller sa mais c'est un regard vide où l'on ne voit que le blanc des yeux qui lui est retourné. Le monstre en profite et le corps de sa grand-mère se met en mouvement et commence à étrangler Michiru.

« Pourquoi tu me ne me laisses pas mourir ? Tue-moi ! TUE-MOI ! »

L'Hostes renforce son contrôle après lui avoir donné du leste pour perturber Michiru et sa bouche se déforme. Il commence à aspirer les forces de Michiru. La poitrine de Michiru commence à scintiller puis à briller comme si quelque chose allait en sortir.

« Coupe le lien ! lui ordonne son guide. »

Michiru commence à perdre connaissance. Elle attrape le long tube de chair qui relie sa famille à ce monstre. Le symbole de Neptune apparait sur son front à la place de son diadème.

« Deep Submerge ! »

Le lien est rompu mais l'attaque réagit avec la nature profonde du monstre et provoque une onde de choc, comme un raz-de-marée qui le réduit à Néant et projette Sailor Neptune contre l'ambulance sa grand-mère un peu plus loin sur la route. Elle perd sa transformation puis connaissance quelques secondes plus tard. Sa dernière pensée est pour sa grand-mère qui semble bien moins résistante à présente et dont le teint grisâtre ne présage rien de bon.

Une voiture finit par passer sur cette route peu fréquentée et s'arrête. Un homme et sa fille sortent et voient les pieds des ambulanciers et une scène qu'ils ne comprennent pas et ce qu'ils croient être des cadavres un peu partout. Il tente de cacher les yeux de sa fille mais elle est déjà traumatisée.

« Ne t'en fais pas, Papa paiera pour le psy.

- C'est quoi un psy ?

- La raison pour laquelle Papa prendra un troisième travail et manquera les événements marquants de ta vie. »

Elle se serre contre sa jambe. Il comprend qu'il doit agir vite mais aller mais rejoindre la caserne de la ville la plus proche pour faire envoyer une autre ambulance serait trop long. Il essaie d'utiliser la radio de l'ambulance mais n'entend que de la friture sur la ligne. Malgré le risque que cela comprend, il décide de déplacer les blessés et de les mettre dans sa voiture. Il repart quand il a chargé tout le monde. La mère de Michiru remonte sur la route en rampant.

« Et moi, je sens le pâté ? »

Il fait brusquement marche arrière et la tire à l'intérieur. Elle boucle sa ceinture en maintenant la pression sur le sang qui coule de la plaie sur son front. Le conducteur lève plusieurs fois son index tendu comme s'il allait prendre la parole puis finit par dire :

« Quand nous seront arrivés à la morg… à l'hôpital, j'aurais une question ou deux.

- Seulement une ? J'en ai trente-deux, annonce Chiyuri. »

oOo

« C'est pour ça que ta grand-mère…

- Oui. Je ne maîtrisais pas mes pouvoirs et en sectionnant l'Hostes de son hôte, j'ai aussi causé une lésion de la moelle épinière. J'avais peur de faire pareil avec Yanma mais je n'avais pas le choix. Ce n'était que la deuxième fois que j'utilisais mes pouvoirs. »

Ses larmes commencent à couler.

« Même sur son lit d'hôpital, elle n'a m'a jamais tenu pour responsable de ce qui s'est passé.

- Tu crois qu'elle a un quelconque souvenir de ce qui s'est passé ?

- Elle se souvient de tout, de chaque seconde et aussi et surtout de tous les hôtes qu'ils ont dû sacrifier pour empêcher la propagation sur l'île où elle a grandi. Ils cherchaient à en faire un endroit habitable pour cet ennemi qui cherche à s'installer et à terraformer notre planète pour qu'elle soit habitable pour lui ou pour eux. Je suis sûr que les Hostes ne sont que des fantassins qui préparent le terrain… »

Elle prend la main d'Haruka dans la sienne.

« Avec toi, ma grand-mère est la seule personne qui connaît mon alias. Je ne sais pas ce qu'il en est de Yanma mais il est possible qu'il connaisse mon identité si l'horreur de la scène ne l'a pas rendu temporairement amnésique. Qu'est-ce que tu regardes ? Hé, mes yeux sont là.

- Oui, mais ta magnifique poitrine est là. »

Elle l'enlace.

« Non, le stylo n'est pas là, Haruka. Ni là. Hé ! Je ne suis pas une mule pour un cartel ! »

Elle le sort de son sac.

« Tu es sûre ?

- Certaine. Je veux t'aider à porter ce fardeau. Et puis, j'ai la certitude que ce stylo réapparaîtra dans mon sac à chaque fois que le cacherai dans la table de nuit. »

Elle le touche et tout devient clair.

« Uranus Planet Power, Make Up! »

Elle revêt pour la première fois son costume. Enfin, pour la première fois dans cette vie.

« Je déteste les jupes. Mais j'adore le bleu. »

oOo

« Toi aussi, elle t'a parlé ? demande Michiru.

- Oui.

- Elle t'a dit quoi ?

- Que je ne pourrais pas refuser bien longtemps ma destinée mais aussi que nous nous rencontrerions bientôt. Je pensais que c'était ta voix, vu que c'était ta silhouette en contrejour que je voyais. Dès que je t'ai rencontré, j'ai compris qu'elle m'avait guidé vers toi. Mon attirance était indéniable et irrépressible et j'ai vite compris que nous étions liés et que tu étais cette apparition qui hantait mes rêves et mes somnolences, les deux mains sur la bêche dans le jardin de votre école. Mais cette voix, c'était quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui semble terriblement seule…

- Tu crois que c'est qui ?

- Notre mentor ? Peut-être qu'elle est comme nous ? L'une d'entre nous ? Celle que nous devons sauver ? Protéger ?

- Tu as remarqué comment le temps semble ralentir ou s'arrêter quand elle nous parle ? La pluie reste en suspension et le vent ne souffle plus dans les feuilles.

- On se croirait dans une bulle… En sécurité comme dans les bras d'une grande sœur…

- Mais qu'est-ce que sa voix est triste… Elle a l'air tellement résignée et loyale à la fois...

- Et pourtant, elle semble s'illuminer quand elle nous parle.

- J'espère qu'on la rencontrera bientôt et qu'on pourra lui faire oublier cet endroit où elle est qui la rend si seule et si triste. »

Haruka remarque qu'elle évite de la regarder dans les yeux. Elle sait que, quand elle fait cela, elle va poser une question dont elle n'est pas prête à entendre la réponse.

« Est-ce que tu crois que notre amour est lié à notre mission ? Que ce sont nous pouvoirs qui s'attirent, comme le sable et l'air marin contre les puissantes vagues ? »

Haruka sort son rouge à lèvres et attrape son casque de moto. Elle commence à cogner sur son artéfact.

« On va vite le savoir. »

Le Lip Rod est projeté sur le sol par ce marteau de fortune. Elle se lève et commence à l'écraser du pied.

« Personnellement, je connais la réponse mais puisque tu as besoin de preuves, je renonce à ma mission pour te prouver que mon amour n'est pas le fruit d'un enchantement. »

Elle lève la jambe et s'apprête à écraser son destin avec le talon de sa cuissarde. Michiru protège l'objet de son corps et Haruka n'a pas d'autre choix que de modifier la course de son geste et tombe à la renverse pour ne pas blesser sa petite amie. La jeune fille aux cheveux émeraude se jette sur elle, en larmes.

« C'est bon, je te crois. Je te crois ! Ne me laisse pas… toute seule. J'ai besoin de toi ! »

Haruka, assise sur le sol, attire Michiru, à genoux, contre elle. Elle tombe toutes les deux à la renverse.

« Sailor Uranus ou pas, je ne t'abandonnerai jamais. Si demain, tu veux fuir notre destin, je fuirai avec toi.

- Je veux fuir mon destin. Jusqu'à ce qu'il nous rattrape. Enfuis-toi avec moi.

oOo

« Pourquoi tu te fais passer pour un homme ?

- Je ne me fais pas passer pour ce que je ne suis pas. Les gens font des assomptions à mon sujet. Toutefois, je reconnais que c'est plus facile dans le monde de l'automobile d'être prise pour un homme et de ne pas corriger les gens. Le jour où je serai célèbre, ils vont halluciner quand je vais enlever mon corset…

- M'en parle pas. À chaque bal, j'ai l'impression d'être tellement serrée que je vais devenir un diamant. »

Haruka l'embrasse.

« Tu es déjà un… En fait, non. Tu n'es pas un diamant, tu es une émeraude. De la couleur des puissantes vagues qui s'écrasent et meurent sur les rochers. Et puis, les diamants, c'est très surfait.

- Et toi, tu files comme l'air tout en en ayant les pieds fermement ancrés dans le sol.

- Ce n'est pas possible.

- Je sais mais même un arbre file au gré du vent avec ses branches. Même si on ne le voit pas, un arbre bouge en permanence… Tu me fais penser à cette divinité primordiale grecque.

- La pita ?

- Oui, c'est ça. Tu es une pita. »

oOo

« Tu épouseras le fils Yoshimori, un point, c'est tout ! Ma fille ne sera pas une traînée de Sapho.

- Plutôt me mettre au vert que de finir aigrie et mal… »

Elle resserre son corset pour lui couper la respiration.

« Je t'interdis de finir cette phrase.

- Et puis, elle ne peut pas être quelque chose qu'elle n'est pas du tout, termine la grand-mère depuis son fauteuil roulant. »

La mère de Michiru part en claquant toutes les portes du manoir sur son chemin. Michiru tape dans la main de sa grand-mère.

« Merci, oba-chan.

- De rien. Alors, c'est pour aujourd'hui ? Ton sac est prêt ?

- Oui, et toi, ta fausse crise cardiaque ?

- Oh, ce sera ma plus belle performance. Si je ne bouge pas pendant cinq minutes, ceci dit, c'est une vraie. »

Elles s'enlacent tendrement.

« Je vais perdre ma seule défenseuse.

- Tu vas surtout perdre ton statut de petite fille riche et ton argent. J'ai du mal à t'imaginer retourner des burgers.

- Je vivrai d'amour et d'eau fraîche. Comme ça, je perdrai ces dix kilos en trop que mère veut que je perde pour trouver un bon parti. Tu es sûr que tu ne veux pas venir ? »

- Avec ma chaise roulante, je ne ferai que te ralentir.

- Et si je te lâche en haut de l'allée du garage et je te récupère en bas ?

- Je veux voir le monde mais pas ne faire qu'un avec lui.

- Remarque, tu seras plus libre que jamais là-dedans, pointe-elle du doigt en montrant un vase.

- Tu veux dire que je serais dispersée en haut d'une falaise ?

- Ou saupoudrée sur l'autoroute ? »

Elle la serre dans ses bras.

« J'adore ton humour noir. Mais je ne rentrerai pas dans le coffre de la décapotable de ta chérie. Je ne suis pas un membre du cartel ennemi de toute façon.

- Tu as l'air d'en savoir plus que moi ?

- Les Tennoh sont connus comme le loup blanc par ici. Des gaijin suédois qui ont fricoté avec la mafia il y a quelques générations. Il est le Roméo de ta Juliette mais je ne veux pas vous voir souffrir de vos origines respectives. Ni te voir devenir une demande de rançon parce que les origines d'Haruka l'ont rattrapée. Tu n'es pas la princesse en détresse dans un autre château. Tu es le dragon que les mafieux se tatouent dans le dos. Tu es féroce et personne ne te dit quoi faire. Partez loin, partez vite, sans vous retourner. Deviens puissante pour ne plus avoir à répondre à qui que ce soit. Puis trouve-toi ta nouvelle famille, au-delà de la simple Haruka ou tu deviendras ta mère à veiller sur ton empire pour ne pas perdre ta couronne. Ne laissez pas vos origines vous étouffer comme ce corset. »

Elle coupe les cordons dudit corset d'un coup. Michiru se sent respirer. Elle se sent libre.

« Merci, grand-mère. »

Elles se disent au revoir bien plus tendrement que Michiru ne l'a jamais fait avec sa mère ou l'ensemble de sa famille. On ne choisit pas ses parents, mais on peut choisir sa famille.

oOo

« La voiture ne démarre pas.

- Tu as mis de l'essence ?

- Ce n'est pas le travail de Chauffeur ?

- Du chauffeur. Et non, quand tu es pauvre, c'est ton travail, Michiru.

- Non, de Chauffeur. C'est son nom. On l'a fait changer légalement quand on l'a employé, il y a quarante ans. Il tremble un peu maintenant dans son grand âge mais il conduit du bon côté de la route la plupart du temps. Et il n'a pris l'autoroute à l'envers depuis deux mois.

- Je n'ai pas les mots. Je vais aller les chercher en allant emprunter un jerrycan d'essence au garage où je travaillais. Tu m'attendras devant, prête à appuyer sur le champignon.

- Je ne sais pas conduire.

- Évidemment. »

oOo

« Tu as trouvé du boulot ?

- Oui, dans un collège catholique. Apparemment, tout ce qu'il faut pour travailler là-bas, c'est une foi inébranlable en Dieu et ne pas avoir peur de taper sur les doigts des élèves avec une règle. Il me suffira de faire semblant d'être croyante.

- Tu étais comme ça quand on s'est rencontrées ?

- Non, quand on s'est rencontrés, j'étais froide et distante.

- Mm-mmh… Moi aussi, j'ai trouvé un boulot »

Haruka sort un trousseau de clés qu'elle pose sur la table.

« Ils te payent en clés ?

- Non, ils cherchent une personne pour faire l'intendance de la résidence. Ils me payent en loyer gratuit et en logement. On n'aura pas bien grand mais ce sera à nous. Je donnerai un coup de main dans un garage certain soirs. Il y a une piste de tests de pneus pas loin. J'aurais le droit de m'entraîner. Ce n'est pas de la moto mais je pourrai faire crisser les pneus.

- Et moi mes ongles sur le tableau noir.

- Pourquoi on appelle ça un tableau noir alors qu'il est vert ? »

Michiru lui caresse la joue.

« Ne t'inquiète pas, tu es belle. Tu n'as pas besoin d'être intelligente.

- Hé, Cruella ! »

Elles éclatent de rire. Les bruits de la chambre à côté de la leur dans ce tout petit hôtel aux murs très fins leur font oublier leur sourire.

« Ils ont dit qu'on pouvait emménager quand ?

- L'appartement du concierge est vide. Donc, maintenant, si on veut. »

Michiru attrape son sac de voyage et part en courant.

« Dieu merci ! s'écrit-elle en traversant le couloir jusqu'à l'ascenseur qui sent l'urine. »

Haruka la suit.

« Ben, tu vois que tu crois en Dieu.

- Oui, quand ça m'arrange. »

oOo

« M. Tennoh, quand allez-vous réparer ma climatisation ? »

Haruka soupire. Michiru lui fait signe de lui passer le combiné.

« …

- Mmhh.

- …

- Mmhh. »

Haruka la regarde en levant les paumes vers le ciel, outrée.

« Je ne parle pas comme ça, s'insurge-telle. »

Michiru hausse les épaules et lui rend le combiné.

« Comment ça, hmmm ? C'est tout ce que vous avez à dire ?

- Mmhh, répond Haruka. »

Elle promet de venir avant seize heures et raccroche.

« Je te jure, on croirait que je suis l'intendante.

- Tu es l'intendante.

- Tu es de mon côté ou du leur ?

- Je suis du côté où il y a de l'argent. Si tu veux, je m'occupe du prochain. »

Comme pour mettre à l'épreuve sa promesse, le téléphone sonne à nouveau.

« Oui, allo ? … Oui… D'accord. »

Elle tend le combiné à Haruka.

« C'est pour toi ! »

oOo

Les résidents sont regroupés dans l'appartement de Garuki, la cheffe de gang. Haruka frappe et entre.

« On m'a averti d'un problème de rats, annonce-t-elle en désignant l'assemblée en train de délibérer sur son cas.

- Nous avons lancé une pétition pour vous faire expulser.

- Vous n'y arriverez pas. Tout le monde m'adore ici. Et tolère Michiru quand elle ne les fait pas pleurer.

- J'ai obtenue trente-huit signatures en une heure. »

La jeune femme s'approche d'elle et demande à voir la pétition. Elle y jette un œil et en fait une boule qu'elle mâche et tente d'avaler.

« C'est une copie. »

Elle la recrache et pose la boule de papier mâché dans la main de Garuki.

« Je crois que ceci vous appartient. »

Un vote qui ne reçoit aucune voix contre ni abstention a lieu pour l'expulser. Elle commence à marcher vers la porte pour aller faire ses valises. Michiru lui murmure quelque chose à l'oreille. Haruka s'arrête. Elle se retourne et affiche un sourire carnassier, digne du professeur Tomoe.

« Vous savez quoi ? Nous allons rester.

- Au cas où ce n'était pas clair, les mains levées étaient favorables à votre départ.

- Dois-je vous rappeler que j'ai les clés de tous vos appartements ? Je sais tout ce qui se passe et ma langue pourrait se délier.

- Vous bluffez ! s'écrie Otanuki, l'ex militaire qui a perdu la vue durant la seconde guerre mondiale. »

Elle s'approche de lui et lui murmure quelque chose à l'oreille.

« Je change mon vote ! s'écrie-t-il, un regard apeuré sur le visage. »

Haruka croise les bras et toise l'audience.

« Rien ? Personne ? Même pas Kokana qui tourne une mini-série qui a lieu sous sa douche ? J'ai souvenir d'une infestation de punaises de lit dans l'appartement 2B qui était en fait des morpions et qui a largement été diffusée au 4C, 5D et 6A. Dois-je continuer ? »

Le consensus change brusquement alors que plus personne n'ose défier Haruka du regard.

« Je vois tout, j'entends tout mais ne dis jamais rien. Mais ça peut changer. À vous de voir.

- Je veux qu'elle reste !

- Elle n'a rien fait !

- Elle travaille dur et j'adore la tornade bleue ! »

Tous rentrent chez eux. Haruka s'approche de Garuki.

« On en reste là ?

- Oui, c'est de donne guerre. »

Elle se serre la main puis elle repart avec sa compagne vers la porte. Juste avant de sortir de l'appartement, elle se retourne.

« Votre light novel est pas mal mais le personnage de la mégère est beaucoup trop autobiographique pour qu'un éditeur ne s'y intéresse. »

oOo

« Qui est cette… C'est quoi, ça ?

- C'est une collègue mécano, elle m'apprend tout ce qu'elle sait en matière de courses de moto.

- Et elle ne t'apprend que le fonctionnement du moteur à combustion ? Elle ne te fait aucune maintenance technique ?

- Qu'est-ce que tu insinues ?

- Qu'elle est bien trop belle pour être innocente. »

On lui tape sur l'épaule.

« Je n'en voudrais pas même si c'était le dernier homme sur terre mais merci du compliment. Que je te retourne. Toutefois, ton Haruka, il lui manque un élément clé. Je suis très hétéro sur ce plan-là.

- Tu lui as révélé ton secret ?! s'insurge Michiru.

- Elle m'a surprise en train de mettre mon binder. Je l'ai lâché et je l'ai assommé avec. »

Elle montre son front.

« Deux points de suture. C'est une arme de destruction massive, ce truc. On a sympathisé et comme j'ai bien mes marques ici, au propre comme au figuré, j'ai décidé que c'était un signe et qu'il fallait que j'aide Haruka à atteindre son rêve. »

Elle tend la main vers Michiru.

« Cyprine Unendlich.

- Michiru Kaioh. »

Elles se toisent.

« Tu ne fais pas que de la mécanique, lance-t-elle en palpant sans aucune gêne sa masse graisseuse. Tu sens un peu comme Haruka. Comme si tu ne voulais plus faire qu'un avec l'air mais les pieds ancrés dans le sol. »

Cyprine est surprise.

« Il y a de ça. J'ai fui une carrière dans l'athlétisme pour finalement fuir et m'installer dans ce trou perdu. La célébrité allait avoir raison de ma santé mentale. Ça et les entrainements à outrance, la pression constante d'être au meilleur de sa forme, sans oublier mon père qui agitait son amour et sa validation comme une carotte . Et le régime alimentaire ! Mon royaume pour un mont-blanc et un double cheeseburger. »

Michiru salive. Leur régime a été drastiquement modifié quand elles ont coupé les ponts avec leur famille.

« En venant ici, j'ai utilisé mon droit à l'oubli. Mon père était pilote de formule 1 alors je connais le métier. Lui aussi filait dans l'air, mais Il a essayé de me forcer à devenir comme lui jusqu'à ce qu'il se tue en perdant le contrôle de sa voiture. Alors même si ce boulot a pu être dur quand on est une femme, savoir que je peux transmettre ce que j'ai appris à une jeune femme qui est prête à tout pour en faire sa carrière sans finir come Ayrton Senna me fait me dire que tout se produit pour une raison. J'espère bien lui éviter une issue fatale en lui dispensant mon savoir et la peine que j'ai connue. Mourir pour sa passion est bien trop cliché.

- C'est moi où le scénariste de nos vies nous ressort la même intrigue qu'avec ton amie athlète étrangère ? Comment elle s'appelait ? Kogaru McBland ?

- Jalouse. »

Michiru tourne la tête et soupire bruyamment. Cyprine se met à rire. Michiru s'approche d'elle.

« Tu ne veux pas savoir ce qui se passera si tu touches à Haruka. »

Cyprine déglutit.

« Ai-je été claire ? »

- Oui.

- Pardon ?

- Oui, mademoiselle. »

Michiru se détend et lui tend la main.

« Ravie de faire ta connaissance. »

Elle lui serre la main sans savoir si c'est du lard ou du cochon.

oOo

« Et que fais-tu dans la vie ?

- Je tape sur les doigts de petites riches dans une école privée avec une règle. »

Cyprine fait la même tête que lors de leur rencontre.

« Non je plaisante. Je fais l'intendance dans un internat catholique. »

Elle pousse un petit soupir de soulagement.

« Et je tape sur les doigts de petites riches avec une règle. »

Elle part dans la cuisine.

« Tu veux du yokan avec ton thé ?

- Je… Oui… Et un sifflet pour signaler que je suis en danger.

- Pardon ?

- Tu as insufflé une vraie atmosphère à ton foyer. »

Elle ajoute dans un murmure.

« Une atmosphère de terreur. »

Michiru revient avec le thé.

« Je t'apprécie, tu sais. Je suis froide et distante mais je feule plus que je n'attaque. La plupart du temps. J'ai juste l'impression qu'il manque quelque chose dans nos vies. Ou peut-être quelqu'un.

- Et ce n'est pas moi.

- En effet, ce n'est pas toi, mais je ne suis pas en train de te mettre dehors en disant cela.

- Non, tu m'as juste dit que si je touchais à Haruka, tu me retournerais de façon tellement complète que je serais comme un négatif de photo. »

Michiru se met à rire.

« La mission avant tout.

- Comment ça ?

- Ce sont nos petites histoires. Ce moment, cette vie, cet appartement. Toi. Rien ne se produit par hasard. C'est ce qu'on nous a dit.

- Qui est ce nous ?

- Tu sais, cette petite voix qui te dit que les choses suivent leur cours et que tout ira bien. Plus ou moins. Plutôt moins que plus…

- Et rassure-moi, cette voix ne te dit pas d'autres choses ?

- Non, juste de purifier la Terre des pêcheurs. »

Elles se regardent et toutes deux se mettent à rire nerveusement.

« Non, plus sérieusement, j'ai l'impression que cet endroit est une étape vers autre chose de plus grand mais aussi de plus dangereux. Je ne me sens pas accomplie ici mais je m'y sens en sécurité. Je t'envie parce que tu sais exactement où tu vas et comment t'y rendre.

- C'est l'impression que je donne ? demande Cyprine, quelque peu surprise.

- Oui, j'ai comme des intuitions parfois.

- Intéressant. Il y a des choses que tu sais ou ressens sur ce qui va se passer ?

- Oui, explique Michiru. Haruka en fait partie mais pas seulement. J'ai l'impression d'être incomplète, de faire partie d'un tout qui n'est pas encore à mes côtés. J'ai aussi l'impression qu'il y a quelque chose en moi qui veut sortir sans y parvenir.

- Je peux peut-être t'y aider. »

Elle s'approche d'elle et Michiru ne la reconnaît plus. Elle avance lentement et passe une main sur son visage.

« Après tout, je fais partie de cette étape de votre vie, non ? Je peux être une escale, non ? Un endroit dans lequel on se sent bien… »

Cyprine semble en transe. Elle approche sa main des vêtements de Michiru, irrépressiblement attirée par quelque chose sur ou en elle. Elle touche ses vêtements et semble vouloir passer la main dans son décolleté. Michiru attrape sa main et la tord mais Cyprine attrape son collier. Elle tire dessus, totalement fascinée, et s'en approche. Michiru pense qu'elle va tenter de l'embrasser et la repousse contre le kotatsu, renversant le thé partout sur les tatamis, mais ignorant totalement la chaleur émise par le cristal Taioron qui laissera une marque de brûlure sur sa peau.

Cyprine reprend ses esprits, confuse.

« Je… Je suis désolée. Je ne voulais pas mais ce… pendentif. Je me suis senti perdre le contrôle. J'ai senti toutes mes émotions se pervertir. Je t'aurais fait du mal pour l'avoir. Je le veux ! Il est à moi. Je veux dire : je le voulais. Je pensais qu'il était à moi. Est-ce que… je suis en train de devenir folle ?

- On est tous fous d'une manière ou d'une autre. Si je devais dire quelle forme prend la mienne….

- Haruka.

- Non. Protéger les gens qui me sont chers et m'oublier dans l'équation. Et tu en fais partie, que je le veuille ou non que tu le veuilles ou non. La folie, c'est répéter les mêmes choses, encore et encore, et attendre des résultats différents. Je pense que tu ferais mieux de rentrer chez toi et ne plus t'approcher de nous…

- Tu ne viens pas de dire que j'étais ton amie ?

- Justement. Ce cristal est dangereux et je suis sa gardienne autoproclamée jusqu'à nouvel ordre, jusqu'à ce qu'il m'amène où il doit m'amener ou que j'arrive à le détruire. Même le diamant ne lui a pas fait une seule rayure.

- Tu as un diamant ?

- J'avais un diamant. Le seul souvenir de ma vie de pauvre petite fille riche. Maintenant, j'ai des éclats de diamant invendables. Si tu restes trop longtemps près de ce cristal, tu deviendras un Hostes. Le Silence va s'abattre et je refuse que tu sois son agent. Sais-tu ce qu'est un Hostes ?

- Non.

- C'est une bonne chose. Je vois bien que je te fais peur, bien plus que quand je jouais les psychopathes pour que tu te tiennes loin d'Haruka. Mais tiens-toi loin d'Haruka. C'est la deuxième raison de ma folie et ma folie s'exprime dans tous les domaines de ma vie. Haruka est liée à moi et nous sommes liés à ce qui se cache derrière ce cristal. Fais-toi une faveur et oublie-nous. Nous sommes aussi dangereuses que ce cristal, sinon plus, car nous attirons le mal vers nous. »

Cyprine baisse la tête.

« Et je n'ai pas mon mot à dire ? Tu sais, je crois que je suis en train de… tomber amoureuse de vous. »

Le regard que Michiru lui renvoie en dit long.

« Laisse-moi deviner : je suis touchante, c'est mignon mais il n'y a pas de place dans votre cœur pour un ou une troisième.

- Après tout ce temps passé avec nous, tu penses que nous sommes aussi patriarcales et binaires dans notre façon de penser ? Non, nous aussi, nous avons développé des sentiments à ton égard. Toutefois, il y a déjà une autre personne, probablement liée à nous par des liens que nous ne soupçonnons même pas. Elle reste très mystérieuse mais sans même nous en rendre compte, nous nous sommes attachées bien plus que nous ne l'aurions voulu. Elle ne nous parle qu'à travers… »

Michiru sent alors qu'il ne faut pas trop en révéler.

« …un combiné de téléphone. C'est le genre de personne dont le devoir passe avant tout.

- Un peu comme vous deux, lance Cyprine, sur la défensive.

- Non, cette personne est un cran au-dessus du nôtre. Elle semble si douce mais pourtant si seule. Comment ne pas…

- L'aimer ?

- Oui.

- C'est exactement ce que je me suis dit avec vous deux.

- Je suis désolée. Je ne peux pas répondre positivement à ta déclaration. »

Elle se lève et se dirige vers la porte.

« Je ne te retiens pas, mais tu sais que tu peux rester. Les amitiés qui survivent aux déclarations d'amour n'en sont que plus fortes.

- Oui, on verra. Je rentre chez moi. »

oOo

Elle quitte l'appartement sans regarder derrière elle. Dans la ruelle qui mène à l'avenue principale de la petite bourgade, elle tombe et finit à quatre pattes sur le sol. Peinant à respirer, elle porte une main à sa poitrine et pleure ton son saoul avant de se mettre à rire et d'afficher un sourire carnassier. Comme une télé déréglée, son image semble se brouille, ondule et se dédouble On croirait voir un film en 3D quand on le regarde sans les lunettes adéquates. Sa longue chevelure violette ramenée en une natte sur le côté devient bleue et elle semble se séparer en deux jusqu'à devenir deux versions en miroir d'elle-même, chacune dans une combinaison noire avec des couleurs rappelant ses cheveux et une jupe ressemblant à une fleur éclose. Elles se prennent la main. Sa jumelle née de ce qui ressemble à une mitose cellulaire, arbore des cheveux rouges et elle des cheveux bleus.

« Enchanté, Cyprine. Je suis Ptilol. »

Il faut quelques secondes à la femme aux cheveux et aux yeux bleus pour se souvenir de ce pseudo lavage de cerveau réalisé il y a quelques mois et visant à les rendre imperceptibles à cet ennemi qui attaque et détruit leurs Hostes. Pour ce faire, leurs deux corps ont fusionné temporairement ou plutôt, ils sont redevenus un. Elle retrouve peu à peu ses esprits et se souvient de sa mission en tant que Witches 5 de niveau 999. Elle est la seule à pouvoir se dissocier de la sorte et s'infiltrer où elle le doit en passant pour une véritable humaine et en oubliant jusqu'à sa vraie identité.

« Il semble que notre mission d'infiltration est terminée. La raison nous a été rendue.

- Ou reprise, ironise Cyprine.

- C'est drôle parce que c'est vrai. Je ne sais pas comment font les autres pour rester focalisée sur leur mission, surtout Kaorinite, notre Magus, qui doit jouer les nounous avec l'hôte du Messie. Enfin bref, la suite est cousue de fil blanc. »

Elles se regardent et acquiescent.

« Haruka. »

oOo

« C'est cool, mais ce n'est pas trop mon truc les cordes et les chaines. Michiru ne t'a pas parlé ? On t'aime bien mais pas comme tu le voudrais. Hé, tu as changé de couleur de cheveux. Ça te va bien ! Tu as renvoyé ton psy ? Deux fois par semaine, je crois que ce n'était pas suffisant. Tu t'es clonée aussi ?

- Mais non, c'est ma jumelle maléfique.

- Et moi je suis la sienne. »

Elle baisse la tête en tentant d'atteindre sa poche. Impossible d'attraper son stylo.

« On a fait ce petit nœud qui se resserre si on tire dessus. À toi de voir si l'asphyxie auto-érotique est la façon dont tu veux mourir. »

Haruka comprend de quoi elle parle et vomit. Cyprine s'approche et lui caresse la joue.

« Oh, je t'ai choqué. T'inquiète, tu finiras par nous rejoindre quand nous aurons récupéré le cristal sur le cadavre de ta copine. On aura qu'à s'appeler les Witches 6. Bien que techniquement, on est déjà six mais je ne sais pas si je compte pour deux.

- Pourquoi ? Parce que vous êtes siamoise de cerveau ? »

Haruka se met alors à se débattre, se faisant que se resserrer les liens. Elle finit par baisser la tête, le souffle coupé. La sorcière la relève et l'embrasse.

« Tu es à nous, dorénavant. J'ai laissé un mot doux à ta moitié pour qu'elle te retrouve ici en pensant te rejoindre pour un tête-à-tête. »

Haruka se dégage et tourne la tête avant de plonger sur elle pour l'assommer. L'ennemi tombe en arrière et Haruka se jette sur elle et la roue de coups de tête et de pieds. La jumelle la regarde s'épuiser puis la repousse d'un coup de pied. Son stylo finit par tomber de sa poche, comme elle s'y attendait. Elle s'apprête à le toucher du bout des doigts, se demandant si elle fait bien de révéler son identité. Ptilol l'aide à se décider en mettant le pied dessus.

« Je suppose que c'est quelque chose auquel tu tiens… se rend-elle compte avant de l'envoyer sous un meuble, loin de sa possesseuse. »

Elle la plaque ensuite au sol du talon de sa bottine et enfonce son talon dans son crâne.

« Elle en met du temps, ton mari. Elle pense qu'on a toute la journ…

- Deep Submerge ! »

Ennemie comme alliée sont noyées sous l'attaque. Cyprine est envoyée au tapis d'un coup de pied dont le talon lui arrive entre les deux yeux. Vêtue d'une cape émeraude et d'un loup de bal dorée ouvragée, la sauveteuse disparaît comme elle est arrivée.

« Merci, je suppose, annonce la jeune femme en détresse en essuyant l'eau de mer de ses courts cheveux blonds. Hé, je suis libérée ! »

Haruka plonge entre les deux jumelles qui se cognent l'une contre l'autre et atterrit dans le meuble qui tombe en renversant son contenu mais révélant son stylo qu'elle empoche avant de se mettre à courir dans le magasin de décoration, en renversant tout ce qu'elle trouve.

« Bestä Flagen ! » s'écrie-t-elle en lisant le nom du meuble haut de cuisine comme si c'était une attaque. »

Elle est vite rejointe par Michiru qui est partie annuler sa transformation et revenue dans la pièce comme si c'était la première fois. Elle suit Haruka dans la salle de démonstration où se côtoient cuisines, salles de bain et autres chambres d'enfants.

« Pourquoi personne ne nous reconnait quand on est transformées ? demande la fantôme de l'opéra en remettant son masque et en l'enlevant plusieurs fois.

- Mais qui es-tu ? Oh, Michiru ! Oh, la femme masquée ? Mais où est Michiru ? Michiru, tu es revenue ! Mais, tu as encore disparu ! Oh, tu es revenue !

- Ça suffit !

- Pourquoi tu t'es déguisée puisque que personne ne nous reconnait quand on est transformées ?

- Je ne comprends pas la question. Pourquoi on court ? demande-t-elle en suivant Haruka, se retournant de temps en temps pour courir à reculons et observer la scène.

- Je ne sais pas vraiment mais Cyprine est apparemment notre ennemie et sa jumelle tout aussi maléfique également. Comme toi, je veux préserver notre petite vie tranquille mais je crois qu'on n'a plus le choix.

- Je l'ai invité à boire le thé hier et je lui ai rappelé qu'elle deviendrait une mauvaise odeur dans le grenier si elle te touchait. Et aussi, je lui ai dit qu'on ne l'aimait pas comme elle le souhaiterait. Je pensais qu'elle l'avait entendu, mais apparemment, non. C'est ça qu'on appelle la dissociation en psychologie ?

- Non, Michiru. Tout comme le transfert ne consiste pas à transférer cent milles yens sur le compte de la personne dont on veut acheter le silence. »

Elle éclate de rire en mettant une main devant sa bouche.

« Cent mille yens. Ha ha ha ! Quelle campagnarde ! Cent mille yens ! Que ne faut-il pas entendre ?!

- Des fois, la petite fille riche en toi ressort, tu sais.

- Oh ! si peu. Cent-mille yens ! Ha ha ha ! »

Elle pouffe encore de rire alors qu'elles arrivent au bout de la salle et tournent à droite pour foncer tête baissée dans Cyprine et Ptilol. Ni une ni deux, elles les prennent sur leurs épaules et recommencent à courir alors que les deux sorcières tapent du poing sur leur tête et leur mettent des coups de talons dans la poitrine.

« Tu crois qu'elles s'intervertissaient et que c'était un de leur jeu sexuel ou une partie de leur parade nuptiale ?

- Non, regarde, elle avait les cheveux violets et maintenant une a les cheveux bleus et l'autre les cheveux rouges… Elle s'est séparée en deux mais peu importe, elles ont toujours l'air de porter une perruque à cent yens. Je pense que c'est toujours Cyprine mais séparée en deux. Ou alors, tu as raison et elles ont toujours été deux…

- Qui a eu la garde du cerveau, tu crois ? »

Elles en ont assez qu'on se moque d'elles. Ptilol plonge la main dans le décolleté du pull à torsades blanc cassé de Michiru.

« Bon, s'il est vrai que j'en ai fait plus avec moins de préliminaires, il faut tout de même m'acheter des fleurs et me payer le restau avant de toucher Thelma et Louise.

- Thelma et Louise ? s'étonne sa petite amie qui n'a jamais entendu ce surnom.

- Oh, tu peux parler avec PanPan et Bambie. »

Les deux faces d'une même pièce se regardent et ont un haut-le-cœur mais Ptilol trouve ce qu'elle veut. L'agressée s'en rend compte et devient l'agresseur en lui mordant le bras jusqu'au sang avant de la projeter en arrière. C'est là une grosse erreur car en tombant, Ptilol brise la chaîne et emporte avec elle le cristal Taioron.

« Enfin ! Toute cette comédie pour le récupérer alors qu'il suffisait juste de les torturer un peu. Si j'avais su… »

C'est alors qu'une vigile qui semble sortir de sa sieste arrive. Son premier réflexe est de taser Michiru qui s'écroule alors qu'elle allait qu'elle allait récupérer le cristal. Ptilol éclate de rire pendant que la violoniste finit à terre dans un solo qui n'a rien d'harmonieux.

« C'est… Zavata… qu'il faut… arrêter.

- Quoi ? »

Haruka le plaque au sol et le désarme. Elle prend son pistolet pour électrocuter leur ennemie. Cyprine prend le fil électrique à pleines mains et en tirant d'un coup sec pour déstabiliser Haruka. Elle s'approche alors de la blonde, l'attrape à la gorge et met trois doigts dans sa bouche pour tenter d'extirper l'Hostes de son corps.

« Tu es plutôt résistante. Sûrement l'exposition à notre cristal. »

Elle lance sa proie dans la reproduction du jardin d'une maison dans lequel elles se trouvent et extirpe la masse informe qu'elles connaissent à présent toutes du garde de sécurité.

« Le dîner est servi ! »

Ils foncent sur Haruka et fait claquer ses dents en dehors de son corps pour essayer de la dévorer tout en baladant le garde comme un enfant trainerait son chien en peluche au bout d'une laisse de fortune. Il n'a aucune considération pour lui-même car il n'existait pas il y a quelques secondes. Il se meut par l'intermédiaire des désirs de l'humain et du coup de pouce, d'index et de majeur de cette sorcière au service d'un ennemi obscur cherchant à amener une forme d'apocalypse sur la Terre : le Silence. Il semble perdu, en quête de toute émotion qui pourra apaiser son cœur meurtri mais aussi ses désirs les plus noires. La jeune femme résiste et parvient à le repousser. Cela ne semble pas le ralentir mais il décide de prendre sa créatrice pour cible, attiré par son cristal qui semble la solution à tous ses problèmes mais aussi par la noirceur de son âme, ou absence de. Il se met à briller quand il est tout prêt et une douce chaleur envahit la Witches 5.

« Oh, je comprends maintenant. Il n'est pas destiné à notre souverain. Tout du moins, pas sous cette forme. Il est pour moi, pour trouver l'énergie dont il a besoin pour se réincarner et terraformer cette planète. »

Cyprine fait apparaître un bâton en bois au sommet duquel est entrelacé une étoile noire.

« Qu'est-ce que tu fais ? s'inquiète Michiru.

« Je remets l'Hostes dans son corps, comme vous les appelez chez les péquenauds. J'ai compris ce qui me manquait.

Le cristal Taioron se met à briller et se retrouve absorbé par l'étoile noire.

« Et voilà. »

Une sorte de petit trou noir se forme devant elle et fonce sur la personne inconsciente. Transpercé de part en part, Jiro Taniguchi pousse un cri et dans son dos apparait un cristal rose rappelant une étoile.

« Enfin, j'ai trouvé l'un des trois talismans. »

Elle s'empare du cristal et l'observe.

« Arf. Mauvaise pioche. C'est juste un cœur pur. Come quoi, le pire côtoie le meilleur chez les humains. Un Teiretsu et un cœur pur. »

Elle active son sceptre et une sorte d'œuf de larve apparait. Il fusionne avec la balançoire du jardin d'exposition pour devenir un monstre. Haruka se relève et s'enfuit en courant.

« Buranko ! Débarrasse-moi de tout ça. »

Elle met le cristal sous son pied et commence à l'écraser.

« World Shaking ! »

L'attaque repousse Cyprine qui croise les bras pour se protéger. Michiru attrape le cristal et l'amène près de l'employé.

« Allez, re-rentre ! Re-rentre !

Elle le pousse contre sa poitrine et il finit par retourner en lui mais il reste inconscient. Elle le met en lieu sûr. Sailor Uranus se tourne vers Cyprine.

« World…

- Ne gaspille pas tes forces. Mon rôle ici est terminée Le messie du Silence et le Saint-Graal sont à Tokyo. On s'y retrouvera. Vous n'êtes pas les seules Sailor Senshi sur Terre. Maintenant que le clan Black Moon n'est plus, c'est à nous de semer le Chaos. L'île où vivait ta grand-mère n'était qu'un jalon d'essai pour se faire les dents, au sens propre. Si nous n'avions pas perdu le cristal de notre souveraine, nous aurions déjà conquis le Japon et retrouvé notre prophète. Mais j'en dis trop, je ne peux pas vous raconter la fin, vous la vivrez bien assez tôt. »

Elle ferme alors sa bouche d'une clé imaginaire qu'elle glisse dans le décolleté de sa robe noire. Elle trace un cercle dans l'air avec son bâton aux pouvoirs retrouvés et pénètre dans ce qui ressemble au laboratoire d'un savant fou. Elles aperçoivent d'ailleurs une blouse blanche et un sourire carnassier surmonté de grosses lunettes rondes. Michiru veut y aller mais Haruka la retient. Elle secoue la tête. Il leur faut conserver leur identité secrète et surtout s'occuper du monstre qui semble pris dans une palissade.

« Buranko ! s'écrie-t-il. Buranko… ! »

Elle semble résignée.

« Buranko… »

Les deux Senshi seraient presque touchées. Enfin, jusqu'à ce qu'il se dégage et utilise un tobogan pour glisser, prendre de la vitesse et se propulser sur Michiru comme si elle était une femme-canon. Cela finit en corps-à-corps où Michiru lutte d'une main et attrape son stylo dans l'autre. Elle vérifie que le vortex a été refermée afin que son identité reste (probablement) secrète.

Buranko reçoit son genou dans le ventre et se retrouve fiché dans la rambarde à nouveau, le bois formant une fraise autour de son cou. Elle essaie désespérément de l'enlever dans une série d'acrobaties plus ridicules les unes que les autres. Elle finit sur le sol, incapable de se relever, avec un mètre de bois de chaque côté de son crâne.

« Dis, Sailor Uranus, on peut la garder comme animal de compagnie ?

- D'accord, mais c'est ta femme-balançoire-palissage. Tu la nourris, tu la promènes et tu ramasses ses crottes. »

Pendant qu'elles se moquent, elle se relève et Michiru la fait basculer à nouveau sur le sol d'une balayette. Buranko se met à pleurer. Coupable, Sailor Neptune l'aide à se relever et lui frotte la tête.

« Désolée, tu n'as pas l'air bien dange… »

Le monstre profite du fait qu'elle a baissé sa garde et l'enserre. Elle commence à aspirer de toutes ses forces afin de prendre le cristal en elle. Un intense scintillement apparaît au niveau de son cœur mais quatre World Shaking ont raison d'elle.

« World…

- C'est bon, elle est atomisée. Il ne reste que le gnocchi bizarre qui ressemble à une larve.

- Merci de m'avoir dégoûté à vie de la cuisine italienne. »

Elles s'en approchent et celui-ci se brise et un étrange spectre en sort. Elles font un bon en arrière.

« Une erreur que je ne referai plus. Les Hostes étaient des êtres sauvages mais ceux-ci sont pleinement conscients de ce qu'ils font. Ils sont aussi ridicules qu'ils sont vicieux. Ils ne reculent devant aucun subterfuge »

Elles se regardent.

« Tokyo ?

- Tokyo. »

Le soir même, il n'y a plus de traces de leur passage dans la résidence, ni sur les caméras de l'enseigne suédoise.

« Tu vas renouer avec ta mère ? »

Michiru éclate de rire.

« Sur son lit de mort, oui. »

Michiru lui montre l'écran.

« Unendlich veut dire "infini" en allemand. "Mugen" en Japonais. Regarde ce lycée. Mugen Academy, dans le district de Sankakusu. On dirait qu'ils nous narguent.

- Ou qu'ils veulent qu'on les trouve. Ils ont l'air tellement sûrs d'eux.

- Plus dure sera la chute. »

Elle lui montre les photos.

« Oh mon dieu, le polyester des uniformes me donne déjà de l'eczéma.

- Pauvre petite fille riche… Ils ont un des meilleurs programmes de musique du Japon.

- Inscris-moi. Tout de suite.

- Tu as vu le prix de l'inscription ? »

Michiru prend le téléphone.

« Yo, Maman. Je sais où tous les corps sont cachés. Mugen Academy. Scolarité complète. Accès à mon trust fund. Non, pas les comptes en Suisse du blanchiment d'argent, ça alerterait le fisc dans plusieurs pays. La résidence au philarmonique que tu bloques jusqu'à ce que j'épouse le fils Yoshimori. Débloque-là. Je l'ai eu au mérite celle-là. N'oublie pas que j'ai épousé la mafia. »

Elle s'excuse auprès d'Haruka en étouffant le son du combiné. Elle sait qu'elle n'aime pas qu'on la relie à sa famille.

« Pourquoi ? Parce que la faim justifie les moyens, oka-chan. N'est-ce pas ce que tu m'as appris quand tu me tapais dessus pour m'apprendre les bonnes manières de la haute société ? Ne t'inquiète pas, quand je serai riche et célèbre, je nierai tout lien avec toi et j'effacerai toutes traces de népotisme. Gokigenyou ! »

Haruka la regarde, bouche grande ouverte.

« Tu veux entrer dans une écurie de formule 1 célèbre ? Ou de course de moto ?

- Non, j'ai déjà eu une offre. Mais… Comment ?

- Les relations humaines sont une transaction. Il suffit de trouver le bon prix et négocier vers le bas pour y laisser le moins de plumes possible.

- Et toi et moi ?

- Toi et moi, nous sommes notre propre police d'assurance. »

Le cœur d'Haruka se brise.

« Alors, moi aussi, je ne suis qu'une transaction.

- Bien au contraire. Toi et moi, nous marchons main dans la main. Tu m'as vu sans rien, monétairement et dans la chambre à coucher. Tu m'as vu sans apparat et tu es resté envers et contre tous. Tu as pulvérisé un toboggan pour moi. Tu m'as protégé de ton corps alors que tu me connaissais à peine. Tu as renoncé à une vie tranquille pour moi. Tu as coupé tes liens avec la mafia pour moi. Tu as réussi à couper tes liens avec la mafia. Tu sais tout de moi et moi de toi et je ne te fais pas de chantage pour avoir tes faveurs. Tu es là parce que tu veux l'être. Mission ou pas, nous sommes liées. Tu ne seras jamais un tremplin pour moi ni toi pour moi. C'est pour ça que j'ai employé ces mots. »

Les larmes coulent sur les joues d'Haruka alors qu'un Daimon Spatule se jette à travers la fenêtre et essaie de l'aplatir en détruisant tout sur son passage.

« Police d'assurance ! C'est couvert par le contrat, monstre spatule qui détruit tout ?

- Supachura ! crie le monstre. »

Michiru soupire et attrape son Lip Rod.

À suivre…

Je voulais que Michiru et Haruka connaissent des combats marrants comme les Inner Senshi. C'est chose faite. J'ai trouvé l'axe pour le chapitre sur Setsuna. On passe à Makoto puis on repart sur l'histoire principale.

Miguel NOCHAIR

Scène post-crédit

« Sailor Pluto, à qui tu parlais ?

- À moi-même, Neo-Queen Serenity. Je pense que je deviens folle peu à peu. Est-ce que je peux avoir un chien ou un perroquet ?

- Tu n'interfères pas dans les combats ?

- Jamais de la vie. Les règles sont là pour éviter de créer des distorsions spatio-temporelles. Et puis, nous avons Small Lady pour ça. »

La reine fait une grimace.

« Pluto : 1. Reine : 0. Sache que je vois tout, j'entends tout.

- Quand est-ce que je peux espérer récupérer ma clé auprès de votre fille ? Trunks prévoit-il d'autres aller-retours dans les années 90 ? »

La reine fulmine, rappelant une Usagi adolescente. Elle ouvre la porte du temps et de l'espace pour retourner au palais.

« Après tout, elles n'ont pas de chats avec une lune sur le front pour les guider. C'est de bonne guerre. Il sera bientôt temps d'aller les rejoindre et de revenir ensuite purger ta peine quand les combats seront terminés.

- Les combats seront-ils un jour terminés ?

- Un jour, tu comprendras et tu prendras ton indépendance. »

Elle rejoint le palais sur ses paroles mystérieuses, laissant Pluto interdite.