Vengeance aux petits oignons
Contrairement à ce qu'il montrait, Harry Potter, quinze ans, était loin d'être un ignare. Mais entre un gosse pourri gâté allergique aux études et une gamine hautaine qui avait beaucoup de mal à faire la part des choses, surtout quand ça concernait son « intelligence », il n'était pas dans son intérêt de dévoiler son véritable potentiel scolaire. Il se contentait donc de se maintenir à une moyenne d'Effort Exceptionnel en « cartonnant » en défense contre les forces du mal.
Harry était fasciné par les potions mais l'antipathie de Severus Snape, le maître de potions, lui avait fait comprendre qu'il ne devait pas le montrer, surtout avec Albus Dumbledore, le directeur de Poudlard, qui faisait semblant de ne pas se réjouir de la mésentente qui existait et qui perdurait entre le professeur et l'élève. Quand il avait pu visiter son coffre à Gringotts sans souffle inopportun l'été avant sa troisième année, il y avait découvert une malle à plusieurs compartiments qui possédait un laboratoire de potions fonctionnel, où il pouvait s'entraîner à brasser sans être dérangé. En cas de danger, de toutes les façons, il pouvait compter sur Era, l'elfe de maison chargé des études des enfants depuis quatre générations Potter.
Quand Hermione avait proposé de brasser le polynectar en deuxième année, le brun s'était demandé si son arrogance allait lui jouer des tours. Ça n'avait pas manqué car à chaque fois qu'il repassait derrière elle, il découvrait qu'elle ne ressemblait pas du tout à ce qu'elle aurait dû être à ce moment-là, malgré les certitudes de la brune. Il avait fallu qu'il examine son grimoire de référence pour qu'il comprenne ce qui s'était passé : obnubilé par le nouveau professeur de défense, la brune en était venue à lui « emprunter » son propre grimoire de potions … qui était complètement faux de la première à la dernière ligne. Harry brassait la véritable potion dans la salle sur demande et la remplaçait après chaque nouvelle étape.
Tout cela pour dire qu'Harry était assez doué actuellement pour brasser et reconnaître la majorité des potions du programme des BUSES. Il ne précisait pas s'il s'agissait des BUSES nationaux ou ceux internationaux …
Il n'avait pas dit également qu'il avait une bonne connaissance des lois sorcières et magiques de Grande Bretagne et qu'il savait donc que les plumes que Dolores Ombrage utilisait pour punir les élèves étaient des artefacts extrêmement réglementés, pour ne pas dire illégaux, ce qui aurait dû autoriser les professeurs comme le directeur à intervenir pour le bien des élèves. Mais ça devait sûrement servir l'un des plans d'Albus Dumbledore …
Harry avait donc décidé d'agir avec subtilité. Initialement, il avait l'intention de faire profil bas quand on en venait au retour de Voldemort mais la grande bouche de Ron lui avait fait prendre une retenue à sa place – et le roux ne s'était même pas excusé – et il avait eu droit à sa plume qui écrivait avec son propre sang. Le brun était furieux, bien entendu, aussi contre ses prétendus amis – Hermione, qui était pourtant dans la même salle, avait eu le toupet de lui crier dessus en disant qu'il aurait dû garder son calme alors qu'il n'avait même pas ouvert la bouche – que contre les autres adultes présents – si les professeurs avaient eu les mains liées à cause du statut de grande inquisitrice, le directeur avait prétendu que son poste était en jeu ALORS QUE LES ÉLÈVES ÉTAIENT TORTURÉS SOUS SES YEUX – et s'était rendu compte que comme d'habitude, il allait devoir sauver la situation.
Harry savait que les plans les plus simples étaient les meilleurs. Il estimait donc que le plus simple était de lui faire avouer l'utilisation des plumes de sang devant un maximum de monde, pour éviter qu'on étouffe l'affaire, la Grande Salle pendant un repas était donc tout indiqué. Restait la potion à brasser pour le permettre. En s'intéressant aux philtres de vérité, il avait découvert que le véritasérum, largement utilisé par le ministère britannique et curieusement, de niveau BUSES, avait ses limites, comme son temps d'utilisation optimal d'une quinzaine de minutes ou l'obligation de poser des questions précises pour que la potion agisse pour que l'individu ne puisse pas mentir. Les autres philtres avaient leurs défauts, certes, mais étaient beaucoup plus efficaces pour son projet. Trois petites semaines furent donc nécessaires pour brasser la potion qu'il avait sélectionnée.
Grâce à l'aide de Dobby, Harry avait eu accès à ses habitudes alimentaires qui étaient loin d'être équilibrées. Il pria donc l'elfe de maison de verser quinze gouttes de la potion – une goutte par année de révélation – dans le verre de jus de citrouille de Dolores Ombrage, en précisant que c'était pour une blague.
Le chaos qui s'en était suivi avait été savoureux.
Harry ouvrit grand les yeux et les oreilles pendant que la professeure de défense et grande inquisitrice avouait sans honte ses buts en intégrant Poudlard, les tortures sur les élèves et les chantages auxquels elle s'était adonnée pour grimper à la place qu'elle occupait. Le directeur l'avait rapidement envoyée à l'infirmerie après ses révélations puis avait dispersé les élèves tout en fermant la voilière pour éviter les fuites. Mais le brun n'en avait pas fini et avait utilisé Dobby pour envoyer son témoignage directement à Amelia Bones ainsi que le souvenir de son grand déballage.
Le reste ne le concernait plus, il avait l'intention de quitter Poudlard à la fin de l'année …
Fin
