La chute d'un monarque
Albus Dumbledore était furieux de la disparition de Eutar.
Alors qu'il revenait d'une tournée infructueuse pour convaincre ses derniers alliés de le suivre pour le plus grand Bien, il n'avait pu que constater son absence. Il avait entièrement fouillé le domaine avant de se rendre à l'évidence : il avait perdu l'un de ses derniers atouts et il ne savait même pas où il était parti.
Depuis l'arrivée d'Eutar en catastrophe, leurs rapports étaient tendus à plus d'un titre. L'elfe noir s'attendait à le retrouver avec l'enfant qu'il lui avait confié parfaitement éduquée pour le suivre jusqu'au bout du monde pour le conquérir mais était tombé sur un sorcier en fuite abandonné de tous, l'enfant qu'il lui avait confié était morte et son fils avait échappé à son emprise. Quant à Dumbledore, au lieu d'une armée d'elfes noirs prêts à en découdre ou du moins, à quelques elfes noirs prêts à se soumettre à sa grande intelligence, il n'en avait eu qu'un seul à moitié mort. Les soins avaient été laborieux et maintenant qu'il tenait à peu près debout, il avait disparu.
Comme si la mort de Voldemort n'arrangeait déjà pas ses affaires …
Il n'avait plus aucun levier pour faire croire à la population sorcière qu'il était le seul à détenir la solution pour se débarrasser du grand méchant, à condition que le jeune héros naïf daigne enfin se placer sous ses ordres. Ses alliés l'abandonnaient les uns après les autres alors que la nouvelle génération ne cachait pas son manque flagrant de confiance envers lui. Quant au désormais Sauveur, cela faisait bien longtemps qu'il ne le considérait plus comme son mentor.
Albus avait mis des dizaines d'années à arriver au sommet et la chute en avait été autant plus dure. Il savait qu'il ne lui restait qu'une seule solution et pour cela, il devait récupérer la mainmise qu'il avait perdue sur Harry Potter, et vite. Mais sans Eutar, qui lui avait lâché à contre-cœur qu'il était possible que quelques caractéristiques d'elfe noir aient pu se révéler avec l'union de Shanleigh avec un sorcier, il savait qu'il devait agir vite, très vite même.
Il n'avait pas de temps à perdre.
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Julia Genest ruminait dans le fond de sa cellule.
Depuis qu'elle avait été arrêtée à Poudlard, elle avait eu le temps de se remémorer tout ce qui s'était passé depuis qu'elle s'était enfuie de chez elle, en conflit avec sa famille. Quand elle était entrée dans l'adolescence, elle avait voulu se faire connaître pour elle-même et non à travers les actes de sa famille. Sa famille maternelle possédait sa petite réputation dans les arts mais ce n'était pas le cas de Julia qui s'était toujours cru incomprise. Sa fugue ne s'était pourtant pas faite sur un coup de tête et elle avait toujours voulu connaître cet aïeul aussi prestigieux mais tabou au sein de sa famille, Albus Dumbledore.
Sa vie n'avait plus été la même. Contrairement aux premières années de sa vie, Albus lui avait permis de faire tout ce qu'elle voulait. Alcool, sexe, drogue, hommes … elle n'avait eu aucune limite les premiers mois, lui la regardait avec bienveillance.
Maintenant qu'elle y repensait, c'était à ce moment-là que l'emprise de son aïeul s'était refermée sur elle.
Ivre de liberté, elle avait écouté ses conseils et fait de nouvelles découvertes. En changeant sa garde-robe et en adoptant de nouvelles manières, elle avait fini par attirer de plus en plus les regards et naturellement, elle avait pris conseil auprès de son nouveau mentor.
Est-ce qu'elle s'était doutée de ses intentions peu vertueuses ? Elle avait fini par le faire quand certains « secrets d'alcôves » de ses nouveaux « amis » s'étaient retrouvés au mieux dans les journaux, au pire répandus comme de sordides ragots, quand ce n'étaient pas leurs comportements indélicats voire illégaux. N'en déplaise à certains, elle savait additionner deux et deux et avait compris que les ennemis d'Albus étaient devenus par la force des choses les siens. Pire, qu'elle était assignée à ses basses besognes.
Julia, bien que consciente de la place assez sulfureuse qu'elle occupait, ne l'avait jamais regretté jusque-là. Elle avait pris goût à la manipulation, à la tentation mais surtout au pouvoir qu'elle avait sur les autres en étant la main armée d'Albus Dumbledore, se sentir toute-puissante. Toutefois, ce n'était pas pour autant qu'elle croyait à son plus grand Bien. Quiconque voyait plus loin que le bout de son nez aurait compris qu'une dictature était en train de s'installer mais puisque la population sorcière était conditionnée dès sa scolarité à ne jamais douter d'Albus …
Julia se souvenait encore de la première fois qu'elle avait vu Severus Snape. Il était encore jeune – quinze ans, si elle se souvenait bien, alors qu'elle en avait vingt-et-un – mais elle avait adoré cet être torturé au possible. Elle n'était pas amoureuse de lui, loin de là, mais l'idée de le manipuler à sa convenance lui avait plu. Malheureusement, Albus avait refusé car il avait déjà des projets pour lui, notamment être l'ennemi attitré de son porte-parole pour l'Ordre du Phénix, James Potter. Il avait déjà établi que pour qu'une personne soit en pleine lumière, il fallait une autre pour s'opposer à lui et dans ce rôle, Severus Snape convenait parfaitement. Elle l'avait toujours gardé à l'œil, le voyant se faire martyriser par Potter et sa bande, harceler par les pro mangemorts puis prendre la marque des ténèbres et ramper pour la vie de sa meilleure amie.
Julia eut une bouffée de rage. Lily Evans Potter avait plusieurs points communs avec elle, comme ses cheveux roux et ses yeux verts, mais là s'arrêtaient les ressemblances. Si Julia prenait un soin minutieux de son apparence depuis qu'elle était chez Albus, c'était tout le contraire pour Lily et pour autant, la jeune rousse attirait les regards et l'amitié. Elle était naturellement avenante, presque pure dans sa personnalité mais Julia ne se leurrait pas, sa rivale était bien plus dangereuse qu'elle. Elle en savait quelque chose puisqu'elle avait assisté à l'un des affrontements entre l'Ordre du Phénix et les mercenaires d'Albus qu'il faisait passer pour des mangemorts. Sa rivale en avait abattu plusieurs avec efficacité et sang-froid ce qui avait été l'une des raisons pour laquelle Albus avait tenu à les sacrifier de cette manière aussi spectaculaire. Bref, Lily Potter était une excellente combattante mais aussi l'un des derniers remparts qui l'avait empêché de prendre Severus Snape pour « prétendant attitré ». Ce sorcier était d'une telle fidélité que ç'en était écœurant mais envers elle, elle en aurait été flattée.
Malheureusement, c'était un fantasme et maintenant, c'était de l'histoire ancienne.
Après la plainte de Minerva McGonagall, Julia avait été transférée à Azkaban dans les niveaux supérieurs car elle devait rester disponible et cohérente pour les besoins de l'enquête. Outre l'accusation de détournement de mineurs par personne dépositaire d'autorité – elle adorait « initier » les plus jeunes malgré tout – elle avait tiré de ces enfants des informations compromettantes sur leurs familles qu'elle utilisait à mauvais escient dans le but d'asseoir la supériorité d'Albus. Severus en avait rajouté une couche avec le harcèlement dont il bénéficiait et ça avait été l'ouverture pour que ses autres victimes s'assurent que tout ce qu'elle savait tombe définitivement dans l'oubli.
Julia était étrangement lucide et savait quand une cause était perdue. En l'occurrence, elle se doutait que le plus grand Bien ne pouvait plus être instauré et qu'à un moment ou à un autre, il s'écroulerait sur lui-même. Quand Kingsley Shacklebolt, l'un de ses interrogateurs, avait commencé par lui demander les circonstances de son admission à Poudlard, elle avait su qu'on remettait en cause son adhésion à l'Ordre du Phénix et surtout, la grande confiance que lui vouait Albus Dumbledore.
Assise dans la salle d'interrogatoire après avoir été tirée de sa cellule, Julia avait un mauvais pressentiment concernant cette nouvelle journée de questions réponses. L'entrée de Kingsley renforça cette impression.
-Mademoiselle Genest, salua Kingsley en prenant place. Allons droit au but. Dans une autre enquête, nous avons découvert que vous bénéficiez d'une rente mise en place par Albus Dumbledore. Toutefois, elle provient d'un coffre sur lequel il n'avait aucun droit et si on se fie aux témoignages, vous étiez parfaitement au courant.
Julia blêmit. Elle avait toujours su que ses gages provenaient de coffres dont Albus assurait la gestion officieuse, principalement celui des Potter, des Black et également des Prince. Sachant qu'à ses pieds était dessiné un cercle de vérité – qu'Albus s'était pourtant acharné à retirer des salles d'interrogatoire et des salles d'audience – et que l'entrée en la matière était on ne peut plus clair, la rousse sut que les prochaines questions tourneraient sur les actes d'Albus Dumbledore dont elle connaissait beaucoup de choses.
Elle était fichue.
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Poudlard était redevenu un havre de paix depuis que Voldemort n'était plus. L'angoisse qui avait étreint les parents ces dernières années était absente et les élèves n'avaient plus cette menace sourde qui empoisonnait leur scolarité.
Ils furent donc surpris lorsque les professeurs vinrent les chercher au beau milieu de leurs activités et les conduisirent dans la Grande Salle qui se remplissait graduellement. Si les préfets ne savaient rien de la situation, les rares adultes présents gardaient bouche close.
Quand tous les habitants du château furent réunis dans la Grande Salle, la directrice prit la parole.
-Chers élèves, fit Minerva. L'école est actuellement la cible d'une attaque magique. Le château a donc élevé de nombreuses protections et les professeurs et moi-même avons décidé de déclencher le protocole d'urgence. Nous sommes virtuellement isolés du monde, ce qui veut dire qu'aucun messager ne peut entrer ou sortir du domaine. Les artefacts de communication sont également désactivés, les passages secrets condamnés. La Grande Salle est le lieu le plus sûr pour vous donc je vous demanderai de garder votre calme. Nous resterons ici jusqu'à ce que l'alerte soit levée, c'est-à-dire que les forces de l'ordre soient intervenus pour neutraliser les personnes qui se permettent d'attaquer une école. Merci de votre attention.
Certains élèves voulurent paniquer mais devant le sang-froid des plus âgés, ils se calmèrent et acceptèrent de faire les activités proposées pour passer le temps.
Pendant ce temps, les adultes surveillaient attentivement l'avancée de l'attaque, dont la violence les inquiétait particulièrement. L'école virtuellement isolée, les appels vers les forces de l'ordre lancés, il fallait garantir la protection des plus jeunes et n'en déplaise à certains, attendre les aurors était un fantasme sur lequel personne ne pouvait compter. Minerva était tentée d'appeler des membres de l'Ordre du Phénix mais avec la déchéance d'Albus Dumbledore, cela aurait été déplacé. Severus, remis de ses blessures après la mort de Voldemort, ne s'encombra pas de scrupules et fit venir la Dextre.
-Severus ? demanda Minerva en notant la présence de ses nouveaux invités. Une explication ?
-Narcissa, Lucius, Sirius et Thomas étaient présents à la mort de Voldemort, rappela Severus. Si je me fie aux vibrations de l'attaque actuelle, nous sommes en train de faire face à une menace de même puissance.
-J'ai reçu un message d'Amelia Bones, indiqua Thomas Gaunt. Elle est en train de rassembler des renforts « annexes » et m'a demandé de vous transmettre que si les aurors n'arrivaient pas, elle si.
-Les aurors internationaux ? comprit Severus
-Elle n'a plus aucune confiance dans une grande partie des aurors qui sont sous ses ordres, confirma Thomas.
-Oh, avant que je n'oublie, Harry ne va pas tarder à arriver, indiqua Narcissa.
-Harry Potter ? sursauta Minerva. Pour quelle raison est-ce qu'il viendrait ?
-Vous n'avez donc aucune idée de la personne qui dirige les troupes qui attaquent Poudlard ? demanda Lucius en haussant des sourcils
-Ma priorité est la protection des élèves, renifla Minerva. Je ne m'en suis donc pas encore préoccupée.
-Est-ce que tout le monde va bien ? coupa une voix alors que le blond allait sortir une répartie bien sentie.
-Monsieur Potter ! s'exclama Minerva. Comment, par Merlin, est-ce que vous êtes entré ? Je comprends pour lady et lord Malfoy ainsi que pour lord Gaunt, car Severus les a invité, mais vous ?
-Je suis l'héritier des fondateurs, annonça Harry avec un grand sourire. Si ça ne vous dérange pas, nous en discuterons un peu plus tard. Je vous présente mes compagnons d'armes Angel, Princesse, Licorne et Fée.
Respectivement Ric, Laze, Ragnok et Garrick, ces derniers grommelèrent mais ils ne pouvaient ni donner leur réelle identité ni se montrer avec leur véritable visage.
-Monsieur Potter … fit Minerva en observant les quatre individus. Ce sont des hommes …
-Ce sont leurs noms de code, indiqua Harry. Vous n'avez pas besoin de connaître leur réelle identité, surtout en sachant qu'ils ont fait partie de celles et ceux qui ont combattu à mon anniversaire.
Minerva se tut. Les personnes qui s'étaient battues pour la défaite de Voldemort étaient d'excellents combattants et si en plus, ils étaient recommandés par Harry Potter en personne … qui était-elle pour leur interdire quoi que ce soit ?
-Soit, vous êtes garants d'eux, déclara Minerva. Je vous demanderai simplement de ne pas approcher les élèves.
-Bien entendu, fit Ragnok. Notre priorité est de rappeler à notre adversaire commun que le plus grand Bien n'engendrera que mort et chaos.
Minerva plissa le regard, une idée folle lui traversant l'esprit.
-Suivez-moi, ordonna Minerva.
Toute la troupe se rendit dans la salle de réunion des professeurs, où ces derniers étaient en train de mettre en place différents dispositifs pour la protection des élèves et où ils furent rejoints par Amelia Bones et ses propres accompagnateurs. La directrice présenta brièvement les uns aux autres avant de reprendre la parole.
-Il semblerait que vous ayez une idée précise de la personne qui se présente au château avec de si mauvaises manières, déclara Minerva.
-Mes éclaireurs m'ont confirmé qu'il s'agissait d'Albus Dumbledore, gronda Amelia.
Tous sursautèrent devant cette information choquante.
-Pourquoi fait-il cela ? haleta Minerva
-Parce qu'il n'exerce plus aucune influence sur la société sorcière, répondit simplement Ric. En tant que directeur de Poudlard, il était celui qu'on écoutait et à qui on obéissait contre toute logique. En étant chassé de cette école, il n'a plus aucune légitimité à imposer son avis. Or, c'est ce qu'il fait dans ce pays depuis qu'il a vaincu Grindelwald et ce, sans rencontrer de contestation. Vous pensiez vraiment qu'il laisserait tout le pouvoir qu'il a patiemment rassemblé sans se battre ? Personnellement, je m'attendais à ce qu'il attaque plus tôt.
-Mais Poudlard ? fit Sirius
-Ça a toujours été son fief, rappela Narcissa. En ayant la main sur l'éducation de tous les sorciers, il pouvait imposer ce qu'il voulait sans que sa parole ne soit remise en cause. En sachant cela, cela parait logique qu'il ait toujours refusé le poste de ministre de la magie parce qu'il y avait beaucoup trop de risques qu'on le renvoie pour un oui ou pour un non.
-Je vous entends, fit Minerva. Mais qu'est-ce qui le prouve ?
-Avec votre permission, fit Laze.
Laze agit sur la magie du château pour qu'il montre aux personnes présentes ce qui se passait aux abords du domaine. Chacun put découvrir qu'un nombre conséquent de sorciers qui s'en prenaient violemment aux barrières magiques avec, derrière eux, un Albus Dumbledore amaigri au regard brûlant de haine.
-Peu importe si c'est réellement Dumbledore ou pas, décréta Filius. L'important est de protéger l'école et ses élèves.
-Tous les trois, fit Ric en désignant Harry, Laze et lui, nous pouvons utiliser les capacités du château.
-De plus, ajouta Garrick, nous ne sommes pas ici pour nous battre honorablement. Selon nos convictions, oui, mais nous n'allons certainement pas attendre pour nous faire massacrer parce que ce n'est pas « noble » de frapper un attaquant dans le dos. Cet être indigne de la Magie n'a rien trouvé de mieux que d'attaquer les nouvelles générations, incapables de se défendre par elles-mêmes. Si on se fie à leur violence, il ne serait pas fou d'imaginer qu'ils n'auront aucun scrupule à tuer toute personne présente, même s'il s'agit d'enfants.
-Exact, confirma Amelia. Mes équipes sont prêtes à agir, elles attendent simplement mon signal.
Minerva soupira. Elle qui pensait que la guerre était terminée avec la mort de Voldemort …
-Nous n'avons pas le choix … souffla Minerva.
-Commençons par connaître nos adversaires, grogna Ragnok. Bébé, la carte du domaine, je te prie.
Harry grommela au surnom tandis que la Senestre ricanait.
-Bébé ? releva Sélène Sinistra sous les sourires amusés de l'assistance
-Chacun d'entre nous peut être son père, sourit Ric. Il est le plus jeune donc c'était évident.
-Vous avez fini de vous foutre de moi ? grinça Harry
D'un geste, il fit apparaître un hologramme du château ainsi du parc l'entourant et même des abords. Les belligérants étaient symbolisés par des points rouges Gryffondor et leur position en vert Serpentard.
-Un message à faire passer ? demanda Ric en haussant un sourcil
-Non, non, ricana Harry. De toutes les façons, nous n'avons pas le temps pour nous disputer.
Pour tout commentaire, il eut droit à une tape sur la tête.
-Messieurs, s'il vous plait, fit Garrick en levant les yeux au ciel. Commençons par le plus important : est-ce qu'il est nécessaire de faire évacuer les élèves ?
-Cela a ses avantages comme ses inconvénients, songea Laze. Si nous le faisons, nous devrons nous passer de plusieurs baguettes pour la défense du château. Or, cela fait plus d'un an que nous avons renforcé les protections au nez et à la barbe de Dumbledore. Malheureusement, ce n'était pas une raison pour que nous ayons contré tout ce qu'il a pu faire entre ces murs et que ça se retourne contre nous.
-Peu importe que les protections soient sûres, je préfère éloigner les enfants de la bataille à venir, décréta Minerva. Au moins, une fois en sécurité, chacun d'entre nous pourra se concentrer sur ses adversaires.
-Il ne faut pas oublier que Dumbledore n'a quitté l'école qu'il y a quelques mois, pointa Thomas. Je ne serais pas étonné qu'il y ait encore des élèves à peine formés qui pensent que leur place se trouve sur un champ de bataille. Les écarter serait une bonne idée.
-Mais il faudra les encadrer, pointa Pomona.
-Pourquoi les garder conscients de ce qui se passe ? proposa Ragnok. Comme l'a indiqué Fée, nous ne sommes pas là pour nous battre honorablement et peu importe la manière dont on le tourne, les élèves restent à notre charge. Nous pouvons tout à fait demander aux elfes de maison de les endormir et de surveiller leur état de santé pendant que tout le monde ira se battre. Quand ils se réveilleront, ils n'auront même pas le temps de stresser sur ce qui se passe en dehors des murs ni de s'imaginer fausser compagnie aux professeurs pour aller se battre parce que tout sera déjà terminé.
Si la plupart était gêné par cette solution, ils devaient tous concéder que d'un point de vue purement objectif, cela ne manquait de mérite. De plus, ils étaient acculés donc ils devaient choisir une solution, et vite.
-Faisons cela, trancha Minerva. Je vais demander aux elfes de maison s'il est possible de tous les endormir d'un coup puis de les transférer dans des dortoirs dans la zone de repli.
Rapidement, la directrice s'isola pour donner ses ordres puis revint les rejoindre.
-Ceci étant fait, que pouvons-nous faire d'autre ? demanda Minerva
Amelia observa le plan du château.
-Pouvez-vous indiquer la position de mes troupes ? demanda la directrice de la justice
-Est-ce que vous avez un artefact qui les lie à vous ? demanda Harry
Pour toute réponse, elle lui tendit son badge d'auror. En quelques instants, il identifia le lien magique et fit apparaître des points jaunes derrières les lignes ennemis.
-Nous pouvons les prendre en tenaille, indiqua Ragnok.
-Mais cela voudrait dire que ce sera un massacre qu'une véritable bataille, pointa Sélène.
-L'histoire est écrite par les vainqueurs, rappela Filius. Aucun d'entre nous n'a envie de laisser Dumbledore semer mort et destruction au nom de son plus grand Bien donc nous allons tout faire pour sortir vainqueur. S'il faut que nous en passions par là, soit, faisons-le. Nous avons fait un serment à Poudlard, il est temps que nous le respections.
Tous hochèrent la tête. Il était temps de protéger la Magie et pour cela, Albus Dumbledore devait être défait, ici et maintenant.
