AVERTISSEMENT : Ce chapitre contient des passages explicites pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes.


CHAPITRE 12 :

Draco fût surpris lorsqu'il entra dans le café vendredi matin. Pour la première fois depuis le début de leur amitié, Hermione était déjà assise à leur table habituelle.

- Granger. Un peu tôt pour toi, non ?

Elle ne répondit pas mais glissa simplement un morceau de parchemin plié vers lui, bondissant presque sur sa chaise.

Draco leva un sourcil vers elle.

- Qu'est-ce que s'est ? Tu n'étais pas sérieuse quand tu disais vouloir me traîner en justice parce que j'ai mangé le dernier bout de ton scone hier, hein ?

- Oh mais lis le, espèce de crétin !

Draco poussa un soupire dramatique et la vit lever les yeux au ciel comme il s'y attendait. Par moment, c'était bien trop facile d'exaspérer Granger – surtout si elle n'avait pas eu suffisamment de thé. Ses yeux gris scannèrent le parchemin et il lui sourit de toutes ses dents de l'autre côté de la table.

- Ils ont accepté que tu ailles à la conférence de Venise ? C'est génial !

- Je sais, je sais, mais continue à lire ! Le pressa-t-elle avec excitation.

Reprenant sa lecture, ses yeux et son sourire s'élargirent lorsqu'il atteignit la fin.

- Ils veulent que tu fasses ta présentation sur les Runes Mer ? Granger c'est incroyable !

Elle rayonna quand il lui rendit sa lettre et Draco pouvait dire que son enthousiasme lui plaisait.

- J'ai reçu la lettre en quittant mon bureau hier. J'ai presque faillit t'envoyer un hibou hier soir mais je voulais te le dire en personne. Tu es le premier au courant.

- Moi ? Pourquoi ?

Lui. Pas Weasley. Pas Potter. Pas la Belette. Pas ses parents. Lui.

Hermione se mit à rougir et bégayer et Draco grogna intérieurement en voyant à quel point ça la rendait belle.

- Eh-eh bien par-parce-que c'est toi, honnêtement, qui m'a aidé tout le long. Combien de fois est-ce que tu as relu ma candidature avec moi ?

- Quarante-deux, mais qui tient les compte ?

Hermione essaya de lui lancer un regard noir mais échoua car son sourire ravi ne voulait pas s'effacer. Fort de l'accomplissement professionnel qu'elle venait d'accomplir, Draco décida de tenter sa chance.

- Des célébrations s'imposent. Allons dans ce nouvel endroit en ville ce soir. J'ai entendu dire qu'ils avaient 50 variétés de vieux champagne et j'ajoute qu'on ne partira pas tant que tu ne les auras pas tous goûté.

Son sourire disparu de son visage à ces mots. Avait-il dit quelque chose de mal ? Pourquoi réagissait-elle comme s'il venait de dire quelque chose de blessant ?

- J'ai déjà quelque chose de prévu ce soir en fait, dit-elle avec précaution sans le regarder dans les yeux.

- Travailler tard ça ne compte pas, Granger. Surtout un vendredi soir. Allé, laisse moi t'inviter.

Elle ne voulait toujours pas le regarder. Par Merlin, elle ne supportait plus l'humour maintenant ? Ce n'était rien de plus qu'une simple blague sur son côté de « bourreau de travail ». Côté qu'il commençait à admirer chez elle.

- Je... Sors dîner avec quelqu'un, murmura-t-elle.

- Avec Weasley ?

- C'est Potter.

- Hein ?

- Je sais que tu parles de Ginny et encore une fois son nom de famille c'est Potter. Et non, pas avec Ginny.

Draco leva les yeux au ciel.

- Peu importe, Granger. Alors quoi ? Tu as un rencart c'est ça ?

Quand elle se mit à rougir furieusement, Draco senti ses entrailles se liquéfier. Il avait bien deviné, elle avait un rencart ce soir. Vingt putain de points pour Serpentard.

- Oui en fait c'est Padma qui m'a présenté Anthony Goldstein. Il était dans notre promo, à Serdaigle.

- Je vois, dit-il d'un ton sec.

Draco n'avait aucun souvenir du connard de Serdaigle dont elle venait de lâcher le nom, mais se fit une note mentale pour passer le reste de sa journée à enquêter sur lui.

- Et où t'emmène ton amoureux ce soir ?

- Il n'est rien du tout et on va simplement dîner dans ce nouveau restaurant espagnol près de Madam Malkin.

- Charmant, ricana-t-il les lèvres retroussées – son ton indiquant que c'était tout sauf charmant. Et donc je vais être invité au mariage ou est-ce que tu vas aussi me le balancer à la figure quand je m'y attendrais le moins ?

Hermione passa de penaude à furieuse en à peine 0.002 secondes.

- Pour l'amour de Merlin, pourquoi est-ce que tous mes amis font tout un cirque sur le fait que j'aille à un rencart ? Tu vas sans doutes à des tas de rendez-vous!

Elle croyait ça de lui, n'est-ce pas ? Il eu un sentiment pervers de plaisir en voyant qu'Hermione Granger avait complètement, totalement et désespérément tort.

Draco rit avec amertume.

- C'est ce que tu crois Granger ? Alors dis moi, quand est-ce que j'ai déjà discuté d'un de mes rencarts avec toi ? On discute tous les matins, n'est-ce pas ? Est-ce que j'ai déjà mentionné une soirée avec une femme ?

Hermione souffla et croisa les bras sur sa poitrine.

- Eh bien, ce que tu fais de ta vie amoureuse ne me regarde pas, Malfoy.

Draco leva les yeux vers elle et eu un long frisson de satisfaction quand elle se tortilla sous l'intensité de son regard.

- Chacun son tour, donc discutons en, d'accord ? Alors, laisse moi te décrire mes glorieuses et excitantes aventures avec des sorcières, ricana-t-il alors qu'Hermione essayait de l'interrompre.

- Malfoy, je suis désolée, écoute...

- Les femmes ne se bousculent pas à ma cheminée pour des rendez-vous. Et celles qui le font ? Un tiers mouillent leur culotte en pensant à ma fortune considérable, un autre tiers sont des fayottes, puristes du sang, qui veulent que je les engrosse pour pondre une nouvelle génération de Mangemort, et le dernier tiers me voient comme un challenge pour des sensations fortes. Les dernières veulent juste un ancien mauvais garçon qui les accroche au montant de leur lits, comme si j'étais un espèce de pervers avec qui elles pouvaient jouer. Alors voilà, Granger. Mes options extrêmement limités sont de sortir avec une héritière qui va passer tout son temps à compter mon or, devenir mon père, ou sortir avec quelqu'un dont les motivations ne sont que de se vanter au reste du monde qu'elle a baisé un ex-Mangemort. Aucune de ses femmes ne veut vraiment de moi.

Elle eu la décence d'avoir l'air humiliée une fois qu'il eu fini son pathétique résumé.

- C'est vraiment comme ça que tu te vois ?

Draco laissa aller un rire vide.

- C'est la réalité de ma lamentable vie amoureuse. Pourquoi l'édulcorer ?

- Je pense que tu as beaucoup à offrir à quelqu'un en tant que compagnon, répondit-elle doucement en soutenant son regard.

Le cœur de Draco cognait si fort dans sa poitrine qu'il s'inquiéta qu'elle puisse l'entendre battre.

Quel que soit l'éruption d'espoir que son compliment lui inspira, il fût spectaculairement écrasé par son côté irrationnel et impulsif.

J'ai beaucoup à offrir, n'est-ce pas ? Apparemment pas autant que ce modèle de vertu de Serdaigle. Je t'offrirai le putain de monde si tu m'en donnais l'occasion Granger.

Draco se leva soudainement, ne supportant plus d'être avec Hermione une minute de plus.

- Eh bien félicitations pour la conférence, Granger. Fêtes ça bien avec ton petit-ami, dit-il platement

Puis il tourna les talons et de fila hors du café avant qu'elle ne puisse répondre. Il avait à peine fait 50 pas dans la rue quand il entendit son nom.

- Malfoy ! Malfoy ! Veux-tu bien m'attendre ?!

Oui c'était immature, il le savait, mais ça n'empêcha pas Draco d'accélérer ses longues enjambées jusqu'à ce qu'il entendent les pas d'Hermione se transformer en course derrière lui.

Ayant pitié d'elle et de ses petites jambes, il ralenti et s'arrêta. Il n'eut à attendre que 30 secondes avant qu'elle ne le contourne pour lui faire face.

- Pourquoi est-ce que tu es parti comme ça ? Demanda-t-elle, essoufflée par sa course, l'air froid du mois de janvier brûlant sans doute ses poumons.

- Comme quoi ? Dit-il d'une voix traînante.

Hermione leva les yeux au ciel et claqua ses mains sur ses hanches d'un air dramatique, laissant tomber son sac de travail sur le trottoir mais sans faire le moindre geste pour le récupérer.

- Ne fais pas ça, Malfoy ! Pourquoi est-ce que tu es fâché contre moi ?

Il arqua un sourcil, incrédule.

- Je ne vois pas ce qui t'a donné cette impression. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai une réunion matinale sur l'ajustement de la vitesse maximale des balais.

Draco fit un pas de côté mais elle bougea rapidement devant lui, lui coupant la route.

- Pas du tout, souffla-t-elle. Tu m'as dit toi-même que cette réunion avait été déplacée à la première semaine de février parce que les nouvelles régulations des balais du Ministère ne faisaient pas effet avant la semaine prochaine.

Maudit soit elle et sa putain de faculté à se souvenir de tout ce qu'il disait. J'abandonne, sorcière.

- Peu importe, Granger. Laisse tomber, d'accord ? Je dois aller travailler.

Draco parvint à la contourner cette fois-ci, mais remarqua la façon dont ses épaules s'affaissèrent à son passage.

- Pourquoi est-ce que tu te soucies que j'ai un rencart ? Cria-t-elle doucement.

Draco arrangea les traits de son visage sous le solide masque de sa jeunesse avant de se retourner pour lui faire face. Son expression était ouverte, suppliante et pure; si joliment vulnérable que ça le blessait, directement dans la poitrine, comme un Sort Impardonnable.

- Tu sais quoi Granger ? Je m'en fiche. J'en ai vraiment rien à foutre.

Cette fois, quand il s'éloigna d'un pas vif, elle ne le suivit pas.

Je suis en contrôle.


La première chose que fit Draco lorsqu'il fut de retour chez lui ce soir là, fut de lancer le Sortilège de Silence le plus solide qu'il puisse produire autour de sa chambre.

La deuxième chose qu'il fit fût de retirer ses robes d'extérieur, sa cravate, sa broche, ses boutons de manchette, sa montre, sa veste de costume et sa ceinture jusqu'à ce qu'il ne porte plus que sa chemise blanche et son pantalon noir.

La troisième chose qu'il fit fût d'invoquer une pleine bouteille de Firewhisky. Retirant le bouchon, il invoqua un verre en cristal et se servit une dose généreuse.

La quatrième, cinquième et sixième chose entrèrent dans la catégorie : 'verres de Firewhisky engloutis par Draco' appuyé contre la cheminé et fixant le feu rugissant.

Essayant tant bien que mal d'atténuer ses souvenirs de la matinée avec de plus en plus d'alcool, il ne parvint pas à sortir les mots de Granger de sa tête.

Je pense que tu as beaucoup à offrir à quelqu'un en tant que compagnon.

Comme quoi, Granger ? Avait-il envie de lui grogner. De large quantités d'or, bien sûr, mais hormis ça ? Aucune sorcière respectable (c'est-à-dire : pas sympathisante du Seigneur des Ténèbres) serait partante pour une vie à poliment fuir le bon côté de la guerre ou à baver devant d'insipide flatteur qui ne chercheraient qu'à s'attirer des faveurs. Parce que c'étaient généralement ces deux sentiments totalement opposé que la société ressentait envers Draco.

Les mots de Granger enflammèrent de nouveau son esprit.

Pourquoi est-ce que tu te soucies que j'ai un rencart ?

Il s'en fichait. Complètement. Ai des millions de putain de rencart Granger, pendant que je m'assoies seul et que je pourris, loin, dans cette gigantesque maison vide, une isolation auto-imposée parce que je suis si dérangé que je n'ai pas les tripes pour penser que tu puisses être heureuse sans moi.

- Merde ! Rugit Draco avant de balancer son verre vide dans l'âtre où il éclata bruyamment contre la pierre et le bois.

Passant brutalement une main dans ses cheveux, il grogna et s'écroula dans le fauteuil derrière lui. Sans prendre la peine d'invoquer un autre verre, Draco arracha d'un coup sec la bouteille d'Ogden de la table basse et bu plusieurs longues gorgées directement au goulot.

Il voulait s'anesthésier, ne plus rien ressentir. Il y a une potion pour ça...

Non, il ne consommerait plus. Pas pour ça. Je suis en contrôle.

A présent, c'était la voix du Guérisseur Browning qu'il entendait. Quand tu ressens le besoin de consommer, Draco, essaie de prendre un moment et de comprendre pourquoi tu as ce besoin. Quelle est la première émotion qui guide tes actions ?

La jalousie.

Draco grogna et passa une main sur son visage. Il était si jaloux qu'il avait déjà bu les trois quarts de la bouteille d'Ogden. Il était si jaloux qu'un autre homme puisse emmener Granger dîner qu'il avait envie de vomir. Il était si jaloux que Granger puisse boire un verre et avoir une conversation privée avec un connard anonyme de Serdaigle qu'il avait envie de fracasser chacun des meubles antiques qu'il possédait – à mains nues, sans baguette.

J'encule Browning, et putain de merde, j'encule doublement ce putain d'Anthony Goldstein.

Attendez, non, pas littéralement.

Jetant un regard à l'horloge au-dessus de la cheminée, ses yeux vaseux virent qu'il était bientôt 22h. Ils devaient forcément avoir fini de dîner à cette heure ? Draco imagina que Goldstein était du genre pompeux qui avait dû suggérer à Hermione « d'absolument essayer le porto en dessert » même si aucun d'entre eux n'était allé dans ce restaurant avant. Cette mauviette de Serdaigle avait certainement prit les devants en passant leur commande aussi, essayant de plaire à Granger en s'adonnant à la prononciation des plats en Espagnol.

La jalousie.

Granger devait probablement savoir comment correctement prononcer le nom de chacun des plats. Elle devait aussi probablement pouvoir faire la liste de tous les ingrédients et dire de quelle région ils provenaient. Elle devait avoir étudié le menu au préalable, anticipant leur soirée. Et pendant que ce crétin bon à rien avec qui elle avait accepté de passer son vendredi soir avait recherché ses information pour impressionner sa compagne, Draco savait que les intentions de Granger était entièrement différentes. Granger n'absorbait pas les connaissances sur tous les sujets pour s'en vanter. Son accumulation de savoir n'était pas de nature fanfaronne. Bien sûr, à Poudlard elle avait prit un malin plaisir à recevoir des éloges de ses professeurs, mais la soif insatiable de savoir de Granger était simplement lié au fait qu'elle adorait découvrir de nouvelles choses. Cette quête sans fin dans laquelle elle s'était embarquée pour apprendre tout et n'importe quoi était l'une des choses les plus sexy chez elle.

Attendez, quoi ? Une des plus sexy ? Ça impliquait qu'il trouvait qu'il y avait plus d'une chose sexy chez Granger. Et donc qu'il y avait une liste complète qui classait les qualités sensuelles de Granger.

Draco amena la bouteille à ses lèvres de nouveau et la termina presque. Très bien, d'accord ? Granger était très attirante. Il avait évidemment remarqué sa beauté à de nombreuses occasions, quel était le problème ?

Elle avait vraisemblablement laissé poussé cette indomptable crinière de cheveux qui avait curieusement l'air à la fois sauvage et douce. En parlant de douceur, ses lèvres, pleines et roses, étaient si tentantes – surtout lorsqu'elle rongeait le bout d'un stylo, perdue dans ses pensées. Et quand elle parlait d'un sujet qui la passionnait ? Ces yeux bruns brûlants s'allumaient et brillaient d'un éclat presque aveuglant. Draco devait forcer son corps à ne pas se figer quand elle les dirigeait vers lui en plein discours. Il y avait des jours où Draco avait l'impression qu'elle le regardait comme s'il valait vraiment quelque chose. Comme s'il était plus qu'un Mangemort raté avec des soucis parentaux et beaucoup trop d'argent. Et la façon dont ses jupes serraient son cul...

- Bordel de merde ! Marmonna-t-il en vidant le reste de la bouteille d'une longue gorgée.

Les aiguilles de l'horloge pointaient vers les 23h à présent. Cette mascarade de rencart devait être terminé à cette heure, non ? Granger n'était pas le genre de sorcière à inviter un homme chez elle au premier rendez-vous. Et comment aurais-tu eu cette information ?

Draco balança furieusement la bouteille d'Ogden vide dans l'âtre où elle s'écrasa spectaculairement et en invoqua une nouvelle.

La jalousie.

Il n'avait pas besoin de maudite potion de Sommeil sans Rêves quand il pouvait être ivre mort à la place. Draco glouglouta longuement sa nouvelle bouteille et la posa contre son genou. Et si elle avait invité Anthony Goldstein chez elle après dîner ?

Une image des plus fantastique et déchirante commença à se dérouler dans son esprit. Granger demandant timidement s'il voulait monter un peu à l'étage. Elle le laisserait entrer dans son appartement – qui privilégiait certainement le confort à la mode, avec des livres débordant de partout. Elle lui proposerait du café ou du thé et l'inviterait à s'asseoir sur un espèce de canapé monstrueux.

La ferait-il rire ? De quoi parleraient-ils ? Ils évoqueraient certainement le « bon vieux temps » passé à Poudlard. Et cela ne serait-il pas plus simple pour Granger de craquer pour quelqu'un comme ça ? Un branleur quelconque, ennuyeux et cultivé, qui aurait le luxe de ne pas être né dans une famille maudite ? Comme leurs souvenirs d'école devaient être heureux.

Davantage de whisky se fraya un chemin le long de la gorge de Draco. L'alcool ne pouvait pas arrêter le scenario fictif qu'il s'était inventé et qui le tourmentait.

Brusquement, la scène imaginaire avança rapidement dans son esprit pour se stopper sur le duo qui ne parlaient plus à présent, mais qui se fixait longuement de chaque côté du canapé. Draco n'avait aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler Anthony Goldstein, mais il imaginait quelqu'un de vaguement brun et bronzé.

Et à présent, cet homme – banal et indescriptible – était en train d'incliner lentement son visage vers Granger. Granger qui mordillait ses lèvres roses pulpeuses malicieusement avant d'accepter un doux baiser.

Draco en avait mal au ventre. Ce n'était que dans son esprit mais il pouvait sentir ses entrailles se contracter. L'horrible hallucination continua, Granger lui touchant la poitrine légèrement, accueillant le poids de son corps au-dessus d'elle sur le canapé. Le scenario avança de quelques chapitres et elle guidait à présent son rencart sans visage vers sa chambre...

Par Merlin, c'était en train de le tuer, de prendre le contrôle total de ses émotions.

La jalousie.

C'était donc ça, le prix qu'il devait payer. La punition ultime des crimes de Draco Malfoy. Il avait évité Azkaban et la mort pour se voir torturer par son propre Détraqueur mental, qui était ravi de lui montrer des moments qu'il ne pourrait jamais – au grand jamais – partager avec Granger.

Que pourrait-il bien faire s'il avait la chance d'avoir un véritable rencart avec elle ? Il ne perdrait certainement pas de temps en plaisanteries si Granger l'invitait dans son appartement après dîner. Si elle acceptait, il la galocherait sans discontinuer dès la minute où elle fermerait la porte derrière eux, la plaquerait contre un mur et enfouirait ses mains dans ses cheveux. Il envouterait doucement ses jolies lèvres avec sa langue et engloutirait chacune de ses respirations et de ses gémissements. Peut-être qu'elle s'agripperait à ses cheveux aussi, pour l'encourager à continuer, et il le ferait avec plaisir, embrassant et léchant la peau nue de sa gorge et de son cou jusqu'à ce qu'elle halète dans son oreille et –

Les yeux de Draco s'ouvrir brusquement et il se figea. Honteux, il retira sa main de son pantalon. Il était en train de caresser sa propre érection depuis quelques minutes sans même s'en apercevoir. Par Merlin, quel pauvre type pathétique il était devenu.

Un pauvre type, solitaire et pathétique qui aurait probablement dû poser ce whisky et aller se coucher et ne pas penser à ce à quoi pouvait ressembler Granger dans une robe. Ou sans robe. Que Merlin lui vienne en aide.

Retirant son caleçon, il s'installa dans son lit et essaya de faire en sorte que son corps se calme. L'alcool faisait habituellement un travail correct pour atténuer ses sens mais tout ce que voyait Draco quand il fermait ses paupières, c'était les grands yeux bruns de Granger.

De grands yeux bruns qui papillonneraient sous le plaisir, pendant qu'il ravagerait la peau nue de ses épaules et de sa clavicule. Sa main recommença à le caresser et Draco n'eu pas la force de l'arrêter. Il savait que c'était mal. Granger était son amie. Mais à présent son esprit imaginait ce que sa ferait de soulever son petit corps et de saisir ses fesses pendant que ses jambes s'enroulaient autour de son torse. Leurs baisers effrénés atteindraient des sommets quand il les dirigerait vers son lit, qu'il l'allongerait doucement, et ramperaient lentement le long de son corps magnifique. Sa main commença à accélérer et Draco senti son orgasme grandir. Quelques caresses rapides plus tard et Draco jouissait en imaginant Hermione se tordre de plaisir sous son corps, gémissant son nom pendant qu'il tapait au fond d'elle.

Draco, allongé sur son lit, seul et essoufflé, n'était pas certain de la façon dont il en était arrivé là. Dégoûté de lui-même, l'épuisement et l'ivresse combinèrent enfin leurs forces et il s'endormi en quelques minutes.


La nourriture était divine. Le vin était délicieux. La conversation était facile.

Alors pourquoi Hermione – pour reprendre l'expression de Ron – s'ennuyait-elle comme un rat mort ?

La soirée avait bien commencé. Elle avait retrouvé Anthony à l'extérieur du restaurant et était ravie de voir qu'il était toujours assez beau. Ils avaient échangé une poignée de main maladroite – qui leur avait provoqué quelques rires nerveux – et elle avait immédiatement aimé son sourire facile.

Le restaurant servait des tapas et ils passèrent un agréable moment à choisir à tour de rôle différents plats à partager. Hermione avait posé des questions à Anthony à propos de sa vie après Poudlard – comme ils avaient tous les deux des cercles d'amis mutuels mais n'avaient pas gardé contact. Pendant qu'il était en train d'expliquer comment il avait commencé au Département des Transports Magiques au Ministère – parce qu'il avait toujours été intéressé par la façon d'améliorer le réseau de cheminette – Hermione se retrouva à rêvasser.

Elle était assise au milieu d'un restaurant élégant, faiblement éclairé, avec un homme attirant qui ne lui avait pas une seule fois ricané au nez de la soirée, et pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une pointe de culpabilité dans son ventre. L'expression de Malfoy ce matin là, lorsqu'elle lui avait parlé de son rendez-vous avec Anthony, l'avait hanté toute la journée. Tout comme la manière cruelle avec laquelle il l'avait congédiée quand elle lui avait couru après dans la rue comme foutu cinglée. Sérieusement, qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ?

Oubliez ça. Pourquoi devrait-elle se sentir coupable bordel ? C'était une parfaite jeune femme célibataire et la personne avec qui elle avait choisi de passer son vendredi soir ne regardait absolument pas Malfoy.

Mais était-il... ? Pouvait-il être... ?

Non, il n'était pas... jaloux ? Hermione pouffa presque dans son verre de vin à cette idée ridicule et re-concentra son attention sur Anthony. Elle ne devrait pas accorder une autre pensée à cet homme-enfant égocentrique, gâté, qui avait ruiné son vendredi matin en se défoulant sur elle pour aucune vraie raison.

Hermione avait été si excité jeudi soir en recevant la confirmation officielle de son invitation en tant qu'oratrice à la conférence sur l'Evolution de la Traduction des Runes et ses Effets sur la Culture Magique Moderne à Venise. Et Malfoy avait été la première personne à qui elle avait pensé le dire. Malfoy qui avait non seulement écouté toutes ses théories concernant les méthodes de communications de l'ancien peuple Mer, mais qui avait aussi engagé des débats avec elle, l'avait encouragé joyeusement et l'avait aidé à peaufiner sa déclaration.

Son réel plaisir et sa fierté sincère face à son accomplissement valait tout l'or du monde à ses yeux à cet instant. Hermione n'avait pas pu ignorer la façon dont son cœur s'était emballé quand il avait proposé d'aller dîner pour fêter ça. Mais elle s'était déjà engagée pour son rendez-vous avec Anthony.

En parlant de lui, elle devrait certainement écouter ce qu'il était en train de dire.

- … Qui, bien sûr, aiderait à régler les problèmes liés à l'intimité qui arrivent souvent quand les gens ne savent pas comment protéger correctement leur cheminées, disait Anthony.

Hermione acquiesça avec enthousiasme, espérant qu'il n'avait pas remarqué que son esprit divaguait.

- Je dois avouer, je ne suis pas une grande fan des appels par Cheminette, vu comment c'est inconfortable d'être agenouillé tout le long, même avec un bon Enchantement de Rembourrage. Je préfère cheminetter directement et avoir la conversation en personne. C'est tellement dommage que le monde des sorciers n'ait pas un équivalent des portables Moldus.

- Exactement ! C'est pour ça que le cours d'Etudes Moldues était ma matière préférée. Je pense qu'on pourrait apprendre beaucoup en adaptant certaines de leurs technologies, répondit-il aimablement.

Hermione sourit en pensant à un certain cadeau de Noël qu'elle avait reçu.

- On m'a offert récemment une paire de journaux enchantés qui imite d'une certaine façon les textos. C'est ce qu'il y a de plus proche de nos jours.

Les yeux d'Anthony s'écarquillèrent alors qu'il buvait une gorgée de vin.

- Quelqu'un t'as offert des journaux enchantés ? Ils sont extrêmement rares !

Hermione senti ses joues s'empourprer.

- Eh bien en fait, mon ami a acheté une pair de journaux vierges et a exécuté les sortilèges lui-même.

Ses yeux s'écarquillèrent de nouveau.

- C'est... Sincèrement impressionnant. Ton ami a dû y consacrer une sacré dose de magie.

Oui, Malfoy était un ami. Juste un ami. Et bon sang !Comment s'était-il infiltré dans leur conversation ? Hermione vida le reste de son verre de vin et s'en servi un peu plus dans la bouteille qu'ils partageaient.

Anthony était tout à fait sympathique, tout à fait respectable et un rencart agréable. Elle lui raconta son voyage à venir à Venise au printemps et il lui posa les bonnes questions. Il lui posa des questions polies au sujet de ses parents (elle mit de côté l'oubliette pour le moment, étant donné que ce n'était pas le genre de conversation à avoir au premier rendez-vous). Il posa des questions polies sur Harry et les Weasley.

Alors pourquoi Hermione avait l'impression de s'enfiler la bouteille de vin ? Que manquait-il ce soir ? Pourquoi toutes ces questions faciles et ce dialogue à propos de sa vie de tous les jours la faisait se sentir proche de l'apathie ?

Un éclat de cheveux blonds derrière Anthony la fit sursauter. Ses yeux se concentrèrent sur l'endroit qui avait attiré son attention, seulement pour découvrir une jeune femme blonde revêtir un bonnet blanc en quittant le restaurant. Ses cheveux n'étaient pas exactement de la bonne couleur, mais pendant un bref instant, le regard d'Hermione avait été attiré pour espérer voir...

Voir qui exactement ?

- Je te manque déjà Granger ?

Elle entendait son ton narquois et taquin bien trop facilement dans sa tête.

- Tu as mangé un sacré tas d'animaux morts ce soir, une bonne âme comme la tienne ne devrait-elle pas être végétarienne ?

Le faux Malfoy dans son esprit accompagna son trait d'esprit avec l'un de ses sourires narquois agaçants. Oui, c'était tout à fait lui, commencer un débat avec elle au milieu du repas au sujet de l'éthique de la consommation de viande en tant que personne travaillant pour la défense des droits des créatures.

- Euh Hermione ?

Hermione cligna des yeux quand Anthony l'appela de nouveau.

- Désolée, qu'est-ce que tu disais ?

Elle était plus que gênée d'avoir été surprise à ne pas prêter attention. Trop occupée à fantasmer sur un connard blond querelleur.

- Tu veux commander un dessert ? Demanda Anthony de nouveau.

Hermione regarda dans le bleu clair de ses yeux et n'y vit que de la gentillesse. Il ne méritait pas d'avoir un rencart distrait. Avec le cœur lourd, Hermione objecta, disant qu'elle était rassasiée.

Alors qu'ils quittaient le restaurant, elle lui fit une accolade maladroite et lui lança un « On devrait se refaire ça... en tant qu'amis ». En homme intelligent (Serdaigle et compagnie), il comprit le message à en voir son sourire peiné.

Transplanant chez elle, Hermione soupira en se mettant au lit seule et attrapa son portable. Elle avait promis à Ginny de lui envoyer un texto à la minute où le rendez-vous serait terminé. Hermione était assez fière d'elle d'avoir appris à Ginny à se servir d'un portable, ce qui leur permettait d'avoir des conversations plus privées et plus rapides qu'avec un hibou.

H : Salut copine. Je suis rentrée.

G : Déjà ? J'imagine qu'Anthony ne reste pas dormir ?

H : Non, bien sûr que non !

G : Ah oui et pourquoi ? On est adultes Hermione, quelle importance ?

H : Je trouve ça important. En plus, je pense que c'était exceptionnel. Je n'imagine pas d'autres rendez-vous.

G : C'était si nul ?

H : Non, non pas du tout ! Sa compagnie était tout à fait agréable.

G : Tout à fait agréable ? Dis juste « ennuyeuse » et économise des mots.

H : Il n'était pas ennuyeux, il n'y avait juste pas d'étincelles. C'était comme aller dîner avec Ron ou Harry.

G : En tout cas je suis fière de toi pour t'être bougée un peu. On se voit dimanche ?

H : Evidemment. Embrasse Harry pour moi.

Hermione posa son portable et se détendit contre son oreiller. Alors qu'elle éteignait la lumière, elle senti un poids chaud s'installer à ses pieds et jeta un coup d'oeil à Pattenrond qui s'installait pour la nuit.

- Gros bêta, pouffa-t-elle avant de fermer les yeux.

Même si Hermione essayait de toutes ses forces, le sommeil ne vint pas facilement. Ce rencart aurait dû lui convenir. Anthony était intelligent, gentil et séduisant.

Il n'était pas celui avec qui tu voulais sortir ce soir. La pensée traversa son esprit et Hermione soupira.

Elle avait déjà donné une partie de son cœur à Draco, en tant qu'amie. Tous les amis d'Hermione en avait un bout, à leur façon. Ginny était la sœur qu'elle n'avait jamais eu. Harry en tant que meilleur ami et frère. Ron comme son premier amour. Tous les Weasley, leurs conjoints et partenaires, Luna et Rolf, tous ces gens s'étaient installés dans sa poitrine. Hermione ne voyait pas l'amour comme une ressource limité mais à quel point pouvait-elle en donner à Draco sans se briser au passage ?

Elle ne connaissait pas vraiment la réponse à cette question pour l'instant, mais elle savait que la réponse n'était pas dans des rencarts peu enthousiaste avec d'autres hommes.


Draco se réveilla samedi matin comme s'il s'était fait piétiné par une horde d'Eruptif.

- Crick ! Appela-t-il d'une voix rauque.

Un elfe de maison apparut instantanément à son chevet et fit une courte révérence.

- Comment puis-je vous aider ce matin monsieur ?

Draco grogna de nouveau et se serra la tête.

- Une potion contre la gueule de bois, s'il te plaît.

- J'envoie Watson en préparer sur le champs. Elle devrait être prête dans 15 minutes. Dois-je vous l'emmener directement ?

Draco agita une main impatiente. Une bonne douche était de mise avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit d'autre.

- Non, laisse la avec le petit déjeuner. Prépare quelques toasts... Tout bien réfléchi, n'importe quoi qui soit lié au pain et que Watson soit capable de faire.

Oui, des tonnes et des tonnes de pain pour éponger tout ce foutu alcool. Le fait de penser à du bacon ou des œufs lui donnait la nausée.

- Très bien monsieur.

Après une courte révérence, l'elfe de maison disparu dans un doux craquement.

Draco glissa ses jambes sur le côté du lit et reposa sa tête dans ses paumes pendant une minute. Il trouva ensuite finalement la force de se lever et de tituber vers la salle de bain privative. Non, une douche ne fonctionnerait pas car il pouvait à peine supporter son poids. Il se fit couler un bain chaud à la place, soupirant de bien être en plongeant son corps dans l'eau mousseuse réconfortante de la grande baignoire en marbre.

Draco ferma les yeux et pencha la tête en arrière en repensant à son comportement immature de la veille. Il s'était tellement saoulé qu'il avait détruit un verre, deux bouteilles de whisky et avait bouclé la soirée en se branlant pour s'endormir. Honnêtement une soirée mémorable.

Par Merlin mais qu'est-ce qui n'allait pas chez lui putain ? Comment était-il supposé regarder Granger dans les yeux lundi, sachant qu'il avait eu des pensées obscènes à son sujet ?

Mais après tout, elle le retrouverait certainement lundi matin pour lui raconter son rendez-vous merveilleux et féérique du vendredi soir. Draco savait qu'il ne pourrait pas supporter son déballage sur un autre homme, les yeux brillants alors qu'elle se remémorerait tendrement leur soirée romantique.

Et si Goldstein avait passé la nuit chez Granger, dans son lit ? Draco imagina à quoi elle pouvait ressembler à la lumière du petit jour, emmêlée dans les draps. Et si elle se retournait, complètement nue, prête pour une partie de jambe en l'air matinale, remontant le long de la poitrine de Draco avec des baisers... ?

Merde ! Etait-ce en train de se reproduire ? Draco soupira et sût qu'il n'y avait rien d'autre à faire. Il avait besoin de soulager son membre qui durcissait rapidement.

Lorsque le vin est tiré, il faut le boire...


Draco se demanda si elle se montrerait au café lundi matin. Il n'eu pas à attendre longtemps pour le savoir, car elle arrivait, entrant à son heure habituelle. Alors qu'elle croisait son regard et s'approchait, Draco senti quelque chose remuer dans sa poitrine : un mélange entre le soulagement et la culpabilité. Il ne pouvait pas vraiment décrire son expression et il ne savait pas si c'était un bon ou un mauvais signe.

- Bonjour, le salua-t-elle froidement.

- Granger, répondit-il.

Elle déposa son sac comme d'habitude et s'en alla récupérer son thé au comptoir. Draco avait ou n'avait peut-être pas retenu sa respiration pendant tout le temps qu'il lui fallut pour prendre sa boisson et revenir s'asseoir avec lui.

- Comment était ton week-end ?

Cette simple question qui s'était échappée de ses lèvres fit éclater la panique en lui. Ne voulait-elle pas plutôt lui raconter en premier son rendez-vous parfait et extraordinaire avec Anthony Goldstein ? Pour l'amour de Merlin ne pouvait-elle pas soulager sa souffrance ?

Non seulement il ne voulait pas en savoir plus sur son stupide rencart, mais il n'avait pas la moindre idée de comment répondre à sa question honnêtement. Eh bien Granger, j'ai complètement détruit mon foie et mon cerveau vendredi parce que je ne sais pas comment gérer les émotions négatives de manière saine, donc j'ai décidé de descendre deux bouteilles d'Ogden. Ensuite j'ai joui en pensant m'envoyer en l'air avec toi. Samedi a été tout aussi productif ! Je me suis astiqué dans le bain en m'imaginant te baiser, puis j'ai décidé d'aller voler sans cape ou Sortilège Chauffant dans un effort vain de calmer mon corps perfide. J'ai même sorti une batte et j'ai frappé des cognards pendant au moins deux heures jusqu'à ce que j'ai l'impression que mes bras allaient me lâcher. Mais même ça n'a pas suffit à m'empêcher de me servir de ma propre batte (si tu vois ce que je veux dire) plus tard ce soir là parce qu'apparemment tu as fait de moi un homme avec des pulsions sexuelles aussi inarrêtable qu'un Troisième Année qui viendrait juste de découvrir la branlette. Pour couronner ce merveilleux week-end, j'ai à peine dormi trois heures la nuit dernière parce que je me suis réveillé en hurlant à cause de mon cauchemar habituel sur ma tante qui te torture.

Au lieu de cette tirade de dérangé, Draco répondit « bien » de manière bourrue.

Hermione pinça les lèvres et le fixa avec un regard dur.

- Est-ce que tu veux qu'on parle de ce qu'il s'est passé vendredi ?

Est-ce que j'ai envie de parler du fait que je suis follement jaloux d'un débile de Serdaigle alors que je n'ai aucun droit de ressentir ça ? Non, non pas vraiment Granger.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, gronda-t-il d'un ton neutre en évitant de la regarder.

Il l'entendit souffler impatiemment et leva les yeux pour la voir agiter ses mains en l'air, toute indignée. Bon sang, elle était attirante même quand il lui tapait sur les nerfs.

- Très bien, si c'est ce que tu veux ! Au cas où ça t'intéresserait, ce qui n'aurait pas d'importance dans tous les cas, la soirée avec Anthony était très agréable mais je n'ai pas prévu de le revoir.

Draco se redressa sur sa chaise, espérant que ses oreilles ne l'ai pas déçu.

- Ah bon ?

- Non, répondit Hermione fermement. C'était gentil de la part de Padma d'organiser notre rencontre mais je n'ai pas besoin d'aller à d'autres rendez-vous avec quelqu'un qui ne m'intéresse pas romantiquement.

Tiens, tiens, tiens. Draco ne répondit pas à cette nouvelle et sirota son café. Son café délicieux, divin, parfait. Avait-il déjà bu quelque chose d'aussi bon ? Il se senti soudainement affamé et comme il avait sauté le petit déjeuner, il se dit qu'il pouvait se faire plaisir. Cette journée semblait sur le point de changer.

- Envie d'un scone ?

- Pardon ?

- Un scone. C'est ma tournée. Choisi un parfum.

- Oh ! Myrtille, s'il te plaît.

- Prie pour qu'il n'en reste pas qu'un Granger, ou tu devras choisir un autre parfum, taquina-t-il en s'en allant chercher les pâtisseries.

Quand il revint, Hermione lui fit un curieux sourire suffisant mais Draco n'y prêta pas attention. A la place, il lui posa des questions sur sa préparation pour la présentation à la conférence et l'organisation de son discours. Il posa question après questions sur ses études sur les runes et la culture Mer et leur conversation animée ne fut interrompue que par une Hermione surprise en regardant sa montre et réalisant qu'ils étaient en retard.

Draco s'en fichait, il pouvait être en retard de temps à autre. Etait-ce si mal qu'il veuille se réjouir du fait qu'Anthony Goldstein avait échoué à s'approprier l'affection de Granger ? Ce rencart désastreux avait donné d'avantage de matinée avec elle. Il n'était pas naïf. Il savait qu'un jour Granger arriverait et lui dirait qu'elle était vraiment désolée mais sa relation avec son petit-ami/mari/peu importe serait sa principale priorité et qu'elle ne pourrait dorénavant plus le retrouver tous les matins avant d'aller au travail. Mais pour l'instant, ce jour n'était qu'un futur lointain et Draco souhaitait qu'il y reste aussi longtemps que possible.

- Quelle est ta couleur préféré ? Demanda-t-elle soudainement tandis qu'ils marchaient.

- Doré, répondit Draco après un moment.

Le doré était la couleur des Vif d'Or, du miel, du caramel et de pleins d'autres sucreries et desserts. La nuance de doré qu'il préférait s'avérait aussi se trouver dans les cheveux de Granger à la lumière du soleil et dans ses yeux quand elle était excitée.

- Pas le vert ? Demanda-t-elle d'un air espiègle.

- Je t'en prie, se moqua-t-il, se serait terriblement cliché tu ne crois pas ?

- Mhh, je suppose oui, accepta-t-elle alors qu'ils atteignaient leur point de séparation. C'est dommage, vraiment. Je trouve que le vert te va bien.

Et, avec un sourire en coin qui pouvait rivaliser avec les siens dans ses meilleurs jours, elle se retourna et parti.

N'importe quel autre matin, Draco aurait réfléchit à la fois au double sens de son commentaire et à son expression sournoise, mais il était de bien trop bonne humeur pour se lancer dans une analyse.


Hello !

Si jamais ça vous intéresse, l'autheure précise que toute la partie concernant le "craquage" de Draco a été écrite en écoutant "Mr. Brightside" des Killers!

Merci pour vos retours et votre assiduité, j'adore partager cette histoire avec vous!

A bientôt