James,

Nous avons été proches dans une fausse réalité, une histoire écrite par Prospero, mais ce serait faux de dire que nous n'avons pas été proches aussi dans ce monde ci, dans cette réalité. J'aime Flynn. Je ne dis pas que j'aurais voulu voir une autre issue à ce combat en 1611. Nous deux ça n'aurait jamais été possible, ce n'était qu'une histoire.

Je t'ai dit dans cette vie alternative que je ne pensais pas ce qu'il y avait entre nous était réel. J'avais l'esprit encore obscurci par le sort à cette époque mais je maintiens tout ce que j'ai dit. L'amour c'est compliqué. Il faut se battre pour construire quelque chose de vrai et de solide. Mais c'est avec Flynn que je veux construire cette relation.

Il a promis d'arrêter de courir. Qui sait pour combien de temps? Mais pour l'instant, il a promis de rester à la Bibliothèque, avec moi. De ne plus s'enfuir Peut-être qu'il va vraiment rester cette fois? Il peut changer. J'en suis sûre. On peut construire quelque chose ensemble. Toi, tu ne pouvais pas changer: tu devais respecter ton histoire.

Tu pouvais te rebeller mais pas te libérer de l'emprise de ton personnage. Tu as essayé et tu as été effacé. Avec notre combat contre Prospero et notre désir de rentrer à notre époque, nous n'avons pas eu le temps de penser à ton sacrifice. Je t'ai en quelque sorte effacé à mon tour. J'en suis désolée, mais nous ne pouvions pas perdre du temps à déplorer ta perte même si tu es mort pour nous sauver, en combattant à nos côtés

Ton idée de tuer Shakespeare était vraiment stupide mais au moins tu voulais agir. Sans songer aux conséquences, comme quand tu as construit ton empire du mal. C'était ta porte de sortie, la porte que tu t'étais construite.

Je me souviens parfaitement de notre discussion dans cette voiture quand nous avions conclu une trêve pour sauver Flynn et trouver le sceptre de Zarathustra. Mais était-ce vraiment une trêve ou était-ce la première fois où tu agissais selon ta propre volonté et que tu voulais sincèrement m'avoir à tes côtés? Après tout, tu as convaincu Prospero de nous sauver, moi et mes amis en nous projetant dans ces vies alternatives et tu étais une grande partie de la mienne

Je dois t'avouer que tes « Duchesse » vont me manquer, James. Il y avait vraiment quelque chose entre nous, je dois le reconnaitre. Pas seulement dans cette vie fictive. Il est peut-être trop tard pour le dire puisque tu ne pourras plus le savoir, mais je le reconnais à présent. Et puis ça ne change pas grand-chose. Ce qu'il y avait entre nous n'aurait jamais abouti à quelque chose de sérieux. C'était impossible. Ça n'aurait jamais pu fonctionner entre nous. Tu étais charmant, prévenant et perspicace sur beaucoup de points. Nous avions beaucoup en commun, tous les deux. Peut-être trop justement...

Peut-être que c'était trop facile. Que ce n'était pas un défi, un challenge. Il manquait cette étincelle. Cette passion Mais tu étais un Fictionnel et nous deux, ce n'était qu'une fiction.

Tu as peut-être été effacé, mort sans avoir jamais été complétement vivant. Même effacé de notre réalité par la magie de celui qui t'avait invoqué, avec cette lettre, où je te confie mes sentiments, l'hypothèse d'un « nous » ne le sera, elle, jamais.

Adieu Moriarty.

Eve Baird, ta Duchesse.