Titre : Petit roi

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de Harry Potter ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à J. K. Rowling. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre: Général, romance, semi-UA

Résumé complet :

En passant à travers le voile Sirius s'attendait à mourir, ou au moins à disparaître. Mais il est toujours là, prisonnier pour l'éternité dans les ténèbres, à ressasser ses erreurs et à perdre espoir. Il ne voit rien et ne ressent rien, il est juste vide, ni tout à fait mort, ni tout à fait vivant non plus. Et puis cette lueur est apparu et sa combativité avec. Alors il s'est battu pour s'en sortir, mais quel n'est pas sa surprise de tomber sur un monde où Remus Lupin n'est pas un loup-garou, Voldemort un célèbre mage noir, Severus un bâtard graisseux et son petit frère s'avère avoir le béguin pour son meilleur ami : James Potter.

Que James soit son ami - son frère - semble être la seule chose qui ne change jamais, peu importe tous les univers qu'il visite.

Poudlard était la meilleure partie de sa vie et il donnerait tout pour y retourner. De manière un peu malsaine, il revit sa vie à travers ses amis, son frère et ce jeune Sirius.

Mais Sirius Black n'est pas connu pour être quelqu'un de chanceux et même dans la "mort" il semble être obligé de vivre des tourments. Ce monde si loin du sien est-il véritablement mieux ?

Bêta : Pommedapi

Merci à ma bêta pour le travail effectuer sur ce chapitre et sur l'ensemble de l'histoire, bonne lecture à tous !


Chapitre 0 : Une autre fin

Sirius avait toujours secrètement espéré que sa vie serait meilleure. Mais ce n'était demeuré qu'un vœu jamais prononcé à haute voix puisque la guerre faisait rage et que tant de personnes étaient déjà tombées. Il avait toujours su qu'il subirait le même sort, il ne pouvait en être autrement. Depuis la mort de James et Lily, sa vie était une succession de désastres et de malheurs. Et les gens se demandaient sérieusement pourquoi il lui manquait des cases…

De son avis, ça aurait pu être pire et de toute façon, il ne serait jamais aussi fou que Bella, sa très chère cousine.

Bellatrix…

Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il était mort à cause d'elle. Enfin, là n'était pas le sujet. Ce qui le préoccupait à cet instant, c'était sa vie. Sa vie, quand avait-elle commencé à dérailler ? A la mort de ses amis ? Vraiment ? N'était-ce pas son éloignement avec son ami Remus Lupin ? Non, c'était forcément à cause de son incroyable idée de faire confiance à ce traitre de Pettigrow.

Mais à quoi bon chercher une raison à son échec ? Et puis, la réponse très probable devait forcément remonter à ses parents. Ces dégénérés avaient dû le maudire chaque jour de sa vie après son départ du 12 Square Grimmaurd. Fort comme ils étaient en magie noire, ils avaient forcément dû réussir. Jusqu'au bout, ils avaient été un problème pour lui.

Avant, Sirius n'avait eu que ses amis pour lui, cette famille qu'il s'était construite. Le 31 octobre, la nuit où tout avait basculé, il avait cru tout perdre. Et ça avait été le cas. Mais retrouver Harry… ça l'avait fait espérer un avenir, un présent – c'était la guerre il ne fallait pas trop s'avancer – meilleur.

Il n'avait jamais pu trouver une femme à aimer inconditionnellement comme James avait aimé Lily. Avec Azkaban de toute façon… Il avait douté pouvoir séduire qui que ce soit avec son allure débraillée et sa santé mentale qui se faisait la malle un peu plus chaque jour.

Et enfin, il était mort maintenant.

Mais mort, l'était-il vraiment ?

Le voile restait un mystère dans le monde magique. Et à présent que son esprit stagnait à l'intérieur, Sirius n'était pas plus avancé sur cet étrange objet. Bellatrix lui avait jeté un sort, mais était-il mort avant de tomber là-dedans ou était-il malheureusement toujours en vie ? Et si c'était le cas, était-ce réellement une bonne nouvelle ?

Il tâtonnait. Le noir complet l'entourait, des sensations bizarres le submergeaient, tordaient ce corps que pourtant, il ne percevait pas. Il ne voyait rien, ne ressentait rien. Pas ses doigts ni ses pieds, juste des sensations qui lui laissaient l'impression d'avoir encore un corps. Avait-il les yeux ouverts ou fermés ? Il ne savait pas.

Son esprit était en dormance. Il était parfois capable de penser, de se remémorer sa vie comme un mauvais film en son honneur. A d'autres moments, il essayait d'imaginer une autre fin sans que ça ne marche vraiment. Et puis, d'autres fois encore, il se retrouvait juste avec le néant, incapable de penser à quoi que ce soit. Et alors, il se disait que c'était ça, la mort.

Du temps passa, mais combien ? Il en fut incertain. Au moins à Azkaban, il avait eu un espoir qui lui avait donné la force de s'en sortir. Mais là où il se trouvait actuellement, il pouvait s'écouler 1000 ans sans qu'il ne le sache.

Et effectivement, le temps passa.

Au bout d'un moment, il finit par remarquer ces étoiles présentes dans l'obscurité. Il les observa longuement, sans conviction. Une fois, il s'approcha de l'une d'elles il ne sut comment, avant de se faire repousser. Cela réveilla quelque peu son esprit combatif et il se mit en tête de découvrir ce mystère. Ce ne fut pas facile, mais lorsqu'il plongea dans l'une des lumières qu'il identifia plus tard comme des portes immatérielles, il fut surpris de sa découverte.

Il ne pensait pas avoir élucidé le mystère du voile mais comprit à cet instant qu'il n'appartenait bel et bien plus au monde des vivants. Malgré sa déception première, il finit par s'en réjouir. C'était déjà inespéré d'apercevoir quelque chose parmi tout ce noir qui l'avait accompagné. Peu importe qu'il soit de nouveau à Poudlard, à observer les élèves parcourir les couloirs du château. Peu importe qu'il soit un fantôme, un spectre plutôt peut-être – dont personne ne remarquait la présence.

Ainsi, il se balada, apprécia de voir les sourires des élèves, de retrouver Dumbledore et d'autres visages plus familiers. Il y resta un mois, à vivre par procuration avant d'être expulser de cette réalité sans savoir ni comment ni pourquoi. Il retourna alors dans les ténèbres et dans la froideur du voile. Il essaya de retourner dans ce monde. Il ne voulait plus être prisonnier, encore. Il essaya avec désespoir, et put de nouveau accrocher une porte qu'il ouvrit précipitamment. Peu importe qu'elle soit différente de la première.

Il se retrouva transporté dans une autre réalité, une où James était en plein polyamour avec Lily Evans – James et elle n'étant pas mariés – et lui-même. Il en fut si surpris qu'il fut immédiatement éjecté de cet univers. Et il en était bien heureux car ses yeux de fantôme seraient morts de le voir avoir une relation physique de cet ordre là avec ses amis les plus proches. Et puis, il regretta parce qu'à cause de son réflexe, il était de retour dans son cauchemar, le voile.

Pendant un très long moment – peut-être des années – il travailla alors à voyager entre les différentes réalités. Il apprit aussi comment utiliser sa capacité à rester dans un monde. Un jour de désespoir, il essaya même d'établir un contact, de parler à quelqu'un d'autre qu'à son esprit malade. Sans succès. Il abandonna.

Il vécut des scènes horribles. Revivre cette nuit un nombre incalculable de fois : la défaite du bien, une relation étrange entre Voldemort et son filleul, et bien d'autres encore. Un jour - cela lui sembla être un autre siècle - il tomba sur son monde, le vrai, celui où il était mort de la main de Bellatrix, perdu dans le voile à tout jamais. Harry l'avait convoqué, lui, Remus et ses parents dans la forêt interdite. Il put alors s'exprimer, revoir avec bonheur ses amis. Il aurait dû en être heureux. Mais ce n'était pas vraiment lui, ce n'était pas réellement ses mots, même s'il aurait pu tout aussi bien les prononcer. Lui aurait voulu lui parler de ce qu'il vivait, de ce qu'il avait découvert.

Mais c'était la guerre et sa réalité n'était plus en concordance avec celle des autres. Celui lui fit un choc de comprendre qu'à peine deux ans étaient passés depuis cette nuit au Ministère.

Il resta là, jusqu'à la fin de la bataille, même si ses amis avaient disparu depuis longtemps et que plus personne ne pouvait le voir. Même pas Harry. Il observa la victoire aller du côté de la lumière et la vie d'Harry après ça. Il le regarda se reconstruire, s'autoriser enfin à être heureux.

Se construire une famille. Tout ce que lui avait toujours voulu.

Il resta avec lui, à ses côtés, jusqu'à l'entrée d'Albus à Poudlard avant de partir. Il voyagea ensuite vers d'autres réalité alternatives encore, sans jamais se poser. Il s'amusait à observer ce qu'aurait été sa vie s'il avait été à Serpentard, si James avait été à Serpentard, si Lily et James n'étaient pas tombés amoureux. Il s'observa même avoir une relation avec Severus et s'obligea à rester, même s'il trouva ça fort peu confortable. Il s'en amusa finalement. Grâce à son amour, Severus était devenu plus regardable à la fin de leur scolarité. Il s'amusa aussi de voir un Moony séducteur, un autre qui avait été lui, rebelle et épris de liberté, de confiance en soi. Il se concentra peu sur Peter. L'homme avait perdu tout intérêt pour lui. Il restait insipide, peu importe les époques, les réalités. Snape avait au moins eu un bon fond, alors que Peter s'était simplement montré lâche.

Faire preuve de courage n'était pas facile, on ne pouvait pas demander à tout le monde d'être un héros. Mais entre manquer de courage et faire preuve de lâcheté, il y avait une différence.

Sirius se savait injuste, mais il n'arrivait pas à s'amuser de la vie que menait l'Animagus. Le voir ami avec eux, rigoler avec Remus, partager ses secrets avec son ami…

Son Moony avait toujours été trop gentil, lui aurait certainement pardonné et aurait été heureux pour lui. C'était encore au-dessus de ses forces.

Le temps continua ainsi de défiler sans que ça n'inquiète de nouveau le brun. Il voyageait constamment, se perdant dans les réalités, revivant jusqu'à l'overdose des moments de bonheur.

Petit à petit, il finit par oublier sa propre vie.

Se perdre entre les portes lumineuses du voile était tellement plus reposant.

Sirius en avait parcouru beaucoup à présent et avait été heureux de constater que peu importe les réalités, peu importe ses choix, James et lui restaient amis. Frères.

Mais dans son bonheur à faire cette constatation, il ne pouvait passer à côté de cette autre ligne continue.

Son petit frère, Regulus Black, mourrait toujours en 1979.

Pourquoi ? C'était si triste de le voir périr encore et toujours. Un jour, alors qu'il le voyait mourir pour la centième fois, emporté dans le lac, noyé par les inferi, il avait essayé de l'aider, de lui parler. Parce qu'il avait su d'instinct que ce Regulus-là, il le connaissait. C'était celui d'une réalité qu'il avait réellement côtoyée.

Il avait échoué et avait changé de réalité encore et encore mais peu importe ses efforts, la fin était toujours la même.

Son petit frère mourrait.

Quelle tristesse d'avoir appris si longtemps après le véritable rôle qu'avait joué Regulus. Cela lui avait laissé un grand sentiment de honte et de culpabilité. Son frère aurait pu être sauvé. Il n'avait pas été perdu comme il l'avait pensé. Sirius lui avait reproché énormément de choses de son vivant, notamment d'avoir tellement été endoctriné par ses parents qu'il le croyait incapable de penser par lui-même. Visiblement, il s'était trompé. Peut-être qu'il avait été celui qui avait fauté en abandonnant son frère en réalité.

Au fond de lui, il refusait encore cette possibilité. Il préférait accuser Voldemort, ses maudits parents ou encore même la maison Serpentard.

Il ne voulait pas porter la responsabilité de sa mort, ce n'était pas sa faute. Il ne pouvait pas l'accepter. Et puis, Regulus était mort en héros, n'était-ce pas l'important ? Mais qui le savait ?

Sirius continua ainsi à se balader à travers les chemins, la tristesse l'accompagnant. Il chercha une réalité dans laquelle son frère était heureux, au moins une. Il essaya stupidement d'influencer le Chapeau magique et son frère. Il ignorait à qui il pouvait s'adresser pour que le jeune Black n'aille pas à Serpentard car il le savait, il avait beau détester ses parents, sans eux, Regulus et lui n'auraient jamais existés. Alors il s'attelait à changer ce qu'il pouvait.

C'est-à-dire rien.

Il n'avait qu'un seul pourvoir, celui d'être spectateur.

Il le savait mais un jour, cette vérité lui fit particulièrement mal. Il arrêta alors de voyager un temps, essayant d'accepter cette mort et ce « repos » qu'il avait dans le voile. Il finirait par s'y faire, avait-il décidé. Il allait accueillir l'obscurité avec bien plus de bonheur qu'avant. Il était temps de trouver le repos éternel.

Il avait mis le temps, mais il acceptait enfin l'idée d'être mort.

L'été 1976. Ou était-ce plutôt 1977 ? Ça avait de si nombreuses fois changé. Mais peu importe, Sirius Black le savait, c'était la nuit où il avait enfin eu le courage de quitter cette maison de tarés qui l'avait vue grandir. Bien malgré elle d'ailleurs.

Il reconnaissait sa maison qui fut ensuite le QG de l'ordre, le 12, Square Grimmaurd. Mais que faisait-il là ? Il n'avait pas voyagé de son plein gré pourtant…

L'esprit vide, il observa son jeune lui qui terminait de préparer ses affaires pour partir. Il sentait autant la peur que la détermination chez ce jeune Sirius. Cela le fit sourire, juste un peu. Il se balada mollement dans la maison, entra sans difficulté dans la chambre de Walburga et Orion Black. Ils dormaient mais même dans leur sommeil, ils semblaient toujours aussi mauvais. Il quitta la chambre, ne souhaitant pas s'y attarder plus que nécessaire et alla visiter son frère.

Regulus était éveillé, emmitouflé dans sa couverture. Il pleurait. Le fantôme était certain que le jeune Black savait très bien que son frère partait et qu'à présent, il serait seul.

Sirius soupira, connaissant déjà la fin. Il savait que le petit Sirius n'allait pas débarquer dans cette chambre pour emmener de gré ou force son frère hors d'ici. Et Regulus ne partirait pas. Il ne l'avait jamais fait.

Il l'observa encore quelques instant avant de soupirer à nouveau.

Soudain, une chose étrange se produisit.

Regulus se redressa lentement de son lit et regarda dans sa direction. Il attrapa rapidement sa baguette avant de prononcer lentement un « lumos ». Ses yeux se baladaient sur le mur et Sirius eut un mince espoir malgré lui. Il pria pour qu'il le voit, que son regard croise le sien.

Et alors, les yeux bleu gris de Regulus accrochèrent les siens et sa voix se perdit presque dans son murmure incrédule.

-S-Sirius ?