Alors merci pour les mises en favoris et alerte de l'histoire. Et également pour vos commentaires, vous avez l'air d'apprécier un minimum l'histoire et ça me rassure autant que ça m'enchante. N'étant pas forcément très à l'aise avec l'univers d'Harry Potter, j'avais peur de ne pas réussir à faire quelque chose de bien.

Ce chapitre à été lu et corrigé par ma bêta pommedapi, qui fait comme d'hab, un super travail.

Bonne lecture à tous et toutes !


Chapitre 4 :

Les désirs de chacun

-Vous saviez que Lupin était gay ?! s'exclama bien trop fort Sirius.

Fort de sa nouvelle, il prit ensuite place à côté de James pour le petit-déjeuner et bouscula malencontreusement un peu Alice qui grogna. Frank lui fit alors un bisou pour éloigner son agacement et Lily, assise devant son copain, releva la tête de son bol. James et elle s'étaient en effet réconciliés et filaient de nouveau le parfait amour, tout comme Alice et Frank. Quant à Sirius et Marlene, ils se contentaient d'une relation libre comme ils aimaient le dire. Mais Lily soupçonnait son amie de plus apprécier Black qu'elle ne voulait bien l'avouer.

Et dans tout ça, il y avait Dorcas. Dorcas qui n'en pouvait plus de tous ces couples qui se formaient. Pourquoi les gens ressentaient-ils le besoin de se mettre en union ? Et en plus, ça pullulait. Octobre venait juste de commencer et elle avait l'impression que Poudlard n'avait jamais compté autant de couples !

C'était toujours plus dur de vivre son célibat lorsqu'on était entouré de couples. Pour la taquiner, Marlene lui avait même conseillé de séduire Severus mais Dorcas n'était pas intéressée. De toute façon, elle n'était pas sûre que Snape sorte un jour avec une fille qui n'était pas Lily.

-Oui, répondit finalement Frank.

-Ah bon ? s'étonna Sirius qui avait sans doute espéré leur apprendre la nouvelle.

-En même temps, la rumeur tourne depuis l'année dernière, souffla James qui avait bien du mal à se réveiller ce matin.

-Mais moi, je ne savais pas ! Pourquoi tu m'as rien dis, Jamie ?

Son meilleur ami se contenta de soupirer. Sirius n'était pas sûr qu'il ait entendu sa question.

-Comment ça tu ne savais pas, Sirius ? s'agaça Lily. Je te rappelle que c'est toi qui as propagé cette rumeur contre lui. C'était très méchant d'ailleurs.

-Moi ?

Sirius fronça les sourcils avant d'écarquiller les yeux.

-Mince, j'avais complètement oublié ! C'est la première fois que je lance une rumeur si forte qu'elle me revient un an après ! Donc c'est vrai ou pas au final ?

-Ça n'a pas d'importance ! soupira Lily comme Frank abandonnait l'idée de répondre à son tour. Ce ne sont pas tes histoires et j'apprécierais que tu le laisses enfin tranquille.

Elle termina ensuite précipitamment son bol et se leva avant de hocher la tête en direction de James et de s'en aller.

-Sirius, tu ne penses pas qu'il serait préférable que tu passes plus de temps avec ta copine Marlene ? lui rappela alors Alice. Plutôt que de perdre ton temps à embêter Remus. C'est le garçon le plus gentil au monde, tu vas te faire des ennemis…

Celui-ci esquissa un sourire et Alice haussa les épaules, fataliste, avant de continuer à discuter avec Frank. Elle n'avait pas l'énergie pour se lancer dans une énième discussion à ce sujet, surtout qu'elle savait qu'elle se lasserait avant le Gryffondor. Et puis, avec Frank, ils devaient encore se mettre d'accord sur ce qu'ils allaient faire lors de leur sortie à Pré-au-Lard.

Dorcas les entendait et le sujet la fit soupirer. Pré-au-Lard… Ils avaient prévu de se promener ensemble avant que les couples ne furètent partout. Ça n'avait pas trop plu à ses amis de la laisser seule mais elle leur avait assuré que ce n'était pas un problème. Pré-au-Lard était grand et il y avait beaucoup de choses à faire. Et puis, elle avait d'autres amis, elle n'allait pas forcément finir seule.

xXx

Remus aimait Pré-au-Lard. Il trouvait l'endroit fascinant, lui qui n'avait jamais eu le loisir de voir un endroit exclusivement réservé aux sorciers. Tout était tellement différent. Pour lui qui avait grandi dans les deux cultures – moldue et sorcière – il n'avait jamais vu un endroit comme Pré-au-Lard.

De plus, il était de très bonne humeur. Octobre était là et le temps s'était rafraichi avec le changement de saison. C'était la première sortie de l'année. Il était avec ses deux amis, Peter et Isabel, et avait pu se faire un peu d'argent l'été en bossant dans les marchés. De l'argent que le Poufsouffle comptait dépenser intelligemment aujourd'hui.

Mais surtout, ce qui le mettait particulièrement en joie, c'était qu'il avait récupéré son pendentif qui trônait à présent de nouveau à sa place, autour de son cou. Et cette fois-ci, il ferait attention à ce que Black ne le lui reprenne pas. Peter, qui était à Gryffondor comme le brun, lui avait dit que le joueur de Quidditch avait été très en colère de s'être fait prendre le collier. Mais comme il l'avait lui-même volé, il ne pouvait pas vraiment se plaindre

Ça aurait été un comble !

-Qu'est-ce que vous voulez faire ? leur demanda Isabel.

Ils arrivaient tout juste dans le village et comme à chaque fois, se mettaient d'accord sur le programme du jour.

-Je voudrais tout visiter, répondit poliment Remus.

-Tu dis toujours ça, Remus, rigola l'adolescente.

-Parce que c'est toujours le cas ! Je n'y peux rien, je suis émerveillé à chaque fois.

-Il faudra bien qu'un jour, tu te débarrasses de ton âme d'enfant !

Remus fut un peu gêné du commentaire de son amie et haussa simplement les épaules.

-Et toi, Peter ? demanda-t-il à son ami.

-Honeydukes, répondit-il timidement.

Lui aussi disait toujours ça et ne voulait pas que Isabel et Remus en aient marre de passer autant de temps dans la boutique de confiseries.

-Et moi, chez Zonko. On fait un chifoumi pour décider ? s'amusa-t-elle.

Peter acquiesça. Il aimait bien ce jeu que leur amie qui voyageait beaucoup leur avait fait découvrir lors de leur cinquième année. Isabel était une Sang-Pur mais n'en avait pas l'attitude. Elle était joyeuse et un peu sauvage, et si sa mère râlait pour son manque de tenue et le fait qu'elle veuille se soustraire aux obligations familiales, le père de la jeune fille était plus souple. Ce qui lui permettait sans doute d'être elle-même sans craindre de mauvaises conséquences pour elle ou sa famille. En réalité, sa mère avait craint son évolution. Isabel avait finalement atterri à Poufsouffle et elle ne lui ressemblerait jamais vraiment. Elle avait depuis peu commencé à se faire une raison.

La jeune fille lança donc le jeu, anticipant aussitôt les faits et gestes de Peter : il commençait toujours par pierre. Elle choisit le papier et sautilla de joie face à sa victoire écrasante. Le trio se dirigea alors avec enthousiasme vers la boutique de farces et attrapes et se baladèrent dans les rayons.

Peter n'était pas très farces et ne prit donc pas grand-chose. Isabel quant à elle acheta des bombadousses et Remus quelques bonbons à hoquet et du savon. Ils quittèrent la boutique et allèrent chez Honeydukes où Peter se lâcha un peu plus. Remus fit quant à lui acquisition de mets comportant du chocolat. Il adorait ça, et puisque c'était bon pour la santé à petite dose, il ne se privait pas.

-Ce n'est pas Regulus Black ? leur demanda soudain Isabel alors qu'ils quittaient la boutique.

-Il est tout seul, s'étonna Peter.

-C'est vrai que depuis qu'il a fugué de chez lui, il est souvent seul, fit remarquer Remus.

-Il traine avec Snape parfois, lança Peter comme si ça réglait tout.

Le Gryffondor n'était pas tellement pour s'attarder davantage mais il connaissait ses deux amis : ils étaient toujours trop gentils et n'aimaient pas voir les gens seuls et tristes. Peter aussi était comme ça parfois. Mais il s'agissait de Regulus Black, le frère de Sirius Black, et il préférait donc rester le plus loin possible de tout ce qui avait un rapport, quel qu'il soit, du si charismatique lion.

Remus se dirigea pourtant vers Regulus et Peter ne fut même pas déçu : c'était tout Remus d'agir ainsi. Le Poufsouffle laissa ses amis et avança vers le jeune Black. Isabel et Peter restèrent en retrait, attendant de voir comment le châtain allait aborder le Serpentard. Qu'allait-il donc pouvoir lui dire pour que Regulus l'écoute ? Il était réputé pour être distant, parfois froid selon les appréciations.

-Salut, Regulus. On va aux Trois Balais, tu nous accompagnes ? lui demanda Remus une fois à sa hauteur.

Il n'était pas du genre à tourner autour du pot.

Ce dernier le regarda étrangement. Il bougea son épaule et poussa un soupir d'agacement avant de lever les yeux au ciel. Le Poufsouffle se demanda alors si c'était lui qui provoquait ces réactions chez son cadet. Habituellement, les gens réagissaient bien pourtant.

-Je veux bien mais tu es sûr ? voulut savoir le 6ème année.

-Hé bien oui, puisque je suis celui qui demande, le rassura Remus.

-Mais je suis le frère de Sirius et… Enfin, je ne comprends pas pourquoi tu aurais envie de passer du temps avec moi. En plus, tu m'as aussi aidé la dernière fois pour le match d'entrainement.

Regulus fronça les sourcils. Aujourd'hui encore, il ne comprenait pas ce qui avait motivé le blaireau à l'aider. Certainement une histoire avec son grand frère dont il ne voulait pas entendre parler. Enfin, Remus était gentil, il avait aussi pu l'aider sans raison. Il y avait des gens comme ça et Regulus trouvait ça grotesque. Tout se monnayait dans la vie.

Puisqu'il mettait du temps à répondre, Padfoot lui chuchota quelque chose à l'oreille, encore. L'esprit n'arrêtait pas de le harceler pour qu'il se rapproche de cette version de l'ami dont il avait été si proche de son vivant.

-Arrête, je ne vais pas dire ça ! s'énerva soudain Regulus.

Lupin le dévisagea alors avec des yeux ronds alors que Peter et Isabel approchaient.

-Est-ce que ça va ? s'inquiéta Isabel.

Le regard de la brune alla de son ami à l'adolescent.

-Oui, je suis désolé.

Regulus rougissait et c'était un phénomène assez rare pour que le trio s'en étonne.

-Enfin, Sirius te fait vivre un enfer quoi, reprit Regulus.

-Oh, je n'irais pas jusque là, le rassura Remus. Mais il est une belle épine dans le pied.

Il haussa ensuite les épaules, l'air de dire que les gens n'y pouvaient rien. Isabel approuva.

-Toi, c'est toi et ton frère-

-C'est un emmerdeur, termina Remus.

Isabel n'aurait pas exactement utilisé ce terme mais qu'importe. Elle était certaine que tout le monde se fichait bien de savoir qu'elle trouvait l'ainé des Black craquant.

-Très bien alors, céda le Serpentard comme s'il leur faisait une faveur.

Et effectivement, c'était le cas. Regulus acceptait avant tout pour que Padfoot puisse enfin le laisser en paix. Il reconnaissait bien dans le comportement de l'esprit celui enquiquinant et tenace de son grand frère. Regulus observa finalement quelques instants le trio de 7ème année avant de se souvenir qu'à la base, il avait juste prévu de se balader dans le village. Il n'avait pas d'argent pour aller aux Trois Balais.

-Je n'ai plus d'argent, j'ai déjà tout dépensé dans des bêtises avant, mentit-il alors.

-Ce n'est pas grave, je t'invite.

Remus souriait et entraina le jeune Black à leur suite. Regulus se laissa faire.

Un instant plus tard, le quatuor s'installa sur une petite table dans un coin de la salle, toutes les bonnes places étant déjà prises. Comme d'habitude, l'endroit était bondé et bruyant mais agréable. Les élèves de Poudlard y venaient toujours, c'était même un arrêt obligatoire à chaque sortie dans le village.

Au moment de commander, Regulus prit une bièraubeurre, Peter un soda de blanchiflore et Remus et Isabel du rhum groseille. Ils vidèrent ensuite vite leurs verres avant de commander une nouvelle tournée de bièreaubeurre pour tout le monde.

-J'ai une idée ! annonça soudain Remus.

-A quel sujet ?

-Au sujet de Black bien évidement ! s'exclama le blaireau.

Regulus et lui échangèrent un regard.

-Je parlais de ton frère, précisa-t-il.

-Oui, j'avais compris.

-Qu'est-ce que tu comptes faire ? voulut savoir Isabel qui faisait tourner sa chope, quelques gouttes de sa boisson menaçant de s'échapper sans jamais le faire.

-Lui rendre la monnaie de sa pièce.

-Tu dois de l'argent à Sirius ? s'étonna Regulus.

-Non, c'est une expression, le détrompa Isabel.

Elle l'observa ensuite avant de sourire.

-Trop mignon ! s'exclama t-elle.

Regulus tiqua sous l'appellation et plongea le nez dans sa bièraubeurre.

-Ça veut dire qu'il va se venger, expliqua Peter.

-C'est Serpentard, commenta-t-il.

Il leva sa chope et les autres vinrent trinquer avec lui.

-Je dirais plus que c'est une bonne action de ma part pour toutes ces personnes qui en ont marre de le voir s'en sortir impunément, contra Remus.

-Très Poufsouffle, rigola Peter.

Remus et Isabel bougèrent sur leurs chaises, appréciant le compliment.

Il n'y avait bien que les Poufsouffle pour penser que ça en était un et Regulus sut en croisant le regard de Pettigrow, qu'il pensait comme lui.

-C'est pour ça le savon que t'as acheté chez Zonko ?

-Chut !

Remus leur fit signe d'approcher, ce qui fut difficile avec la table, alors il lança un sort de silence et leur expliqua son plan. Il n'était pas sûr que qui que ce soit les écoute ou même y arrive avec le bruit environnant, mais juste au cas où. En apprenant le plan de son ami, Isabel éclata de rire. Elle faillit même tomber de sa chaise tandis que Peter applaudissait, très heureux.

-Mais ce ne serait pas plus sim-

Remus interrompit Regulus, son regard se plantant dans le sien alors qu'il passait de manière négligée sa main droite sur sa nuque.

-Non. Tout simplement parce qu'il n'y a rien de plus euphorisant que de piéger quelqu'un qui pense vous avoir percé à jour !

Il souriait et Regulus se demanda comment son sourire pouvait refléter autant d'innocence alors qu'il venait d'annoncer un plan vraiment très brillant avec un flegme et une retenue très appréciable. Et dire qu'il était Préfet-en-chef.

-Ça, c'est mon Moony ! s'exclama Padfoot derrière Regulus. Tu savais, Reg', qu'à mon époque avec les Maraudeurs, c'était Remus qui mettait en place nos meilleures farces ?! Ne te fies pas à sa bonhomie, il cache bien son jeu !

Et comme pour lui donner raison, Lupin sourit encore plus.

xXx

-Je ne vais pas t'aider, Black ! s'agaça Snape.

-Et pourquoi pas ? répliqua Sirius.

-Est-ce que c'est une vraie question ?

Severus le dévisagea avec condescendance et Sirius fronça les sourcils.

-Pourquoi je t'aiderais ? Je n'ai pas envie d'avoir de retenue et même au-delà de ça, je n'ai pas envie de t'aider.

-Quoi !? Mais tu ne peux pas faire ça ! La farce qu'on a mise au point avec Jamie est juste exceptionnelle, parfaite, on est obligé de la faire !

-Eh bien, peut-être qu'il fallait réfléchir à la possibilité de la réalisation avant la conception.

Severus soupira et commença à s'éloigner.

-Il reste encore deux grosses semaines avant les vacances ! Crois-moi, Snivelus, tu auras le temps de changer d'avis !

Severus se tourna vers Sirius, étonné du nom peu gracieux dont il venait d'être affabulé. Le Gryffondor l'observa en retour, les yeux ronds et aussi choqué que lui. Sa langue avait peut-être fourché. Sirius haussa alors les épaules, ce qui ne signifiait rien concrètement, mais les plus optimistes pouvaient considérer ça comme des excuses. Ou pas.

Severus continua son chemin et retourna précipitamment dans la salle commune des Serpentard. Il faisait un peu froid dans les sous-sols mais ce n'était pas quelque chose qui le gênait. Il venait juste de terminer ses cours pour la journée et devait attendre Regulus. Il devait s'entretenir avec le plus jeune. L'excuse avancée était les cours qu'il lui donnait mais depuis quelques jours, ils espaçaient les séances. Ils parlaient, se plaignaient de tels élèves ou de profs, Regulus parlait du match de Quidditch qui approchait, ou encore de comment il se sentait maintenant qu'il n'était plus vraiment le Black parfait qu'il s'était efforcé d'être.

Peut-être qu'enfin, ils commençaient à devenir camarades. L'amitié n'était pas loin en tout cas.

Lorsque Regulus arriva, il avait un quart d'heure de retard. Bien entendu, le Serpentard ne s'excusa pas de l'avoir fait attendre et comme Severus s'y était attendu, ils ne s'entrainèrent pas sur le sort d'occlumancie.

Ils parlèrent de leur journée et Regulus se plaignit encore. Maintenant qu'ils étaient plus proche, Black avait moins de scrupules à se confier. Et parfois, Snape regrettait l'époque bénie où Regulus était moins bavard.

D'autres fois encore, comme à cet instant, Severus laissa son regard se perdre sur le reflet que l'un des miroirs de la salle commune lui renvoyait. Il baissa alors aussitôt les yeux, dégouté.

Qu'est-ce qu'il se détestait. Snape se savait laid. Enfin, les gens se chargeaient assez de le lui rappeler comme ça. Mais ils oubliaient qu'on ne choisissait pas son physique. Il n'empêche que c'était vrai. Son nez était un peu trop grand, son teint un peu trop pâle, voire cireux suivant son état, et ses cheveux étaient gras. Il était maigre et arrivait difficilement à prendre du muscle. Et comme il n'était pas sportif pour un sou, sa silhouette ne risquait pas de s'arranger.

Severus releva la tête, essayant d'affronter plus de quelques secondes la dure réalité. Celle qu'il ne s'aimait pas et qu'il était un adolescent de 17 ans mal dans peau.

Il passa une main dans ses cheveux, détestant leur texture, leur longueur.

-Tu veux les couper ? lui proposa Regulus.

Severus baissa aussitôt sa main et arrêta de fixer le miroir.

-Tes cheveux, précisa Regulus, même si c'était inutile.

-Non, répliqua le futur potionniste.

-Pourquoi pas, je suis sûr que ça t'irait bien.

Pendant un instant, Severus hésita avant de secouer la tête. Regulus était beau, il n'avait rien à faire et le matin au réveil, il était mignon et frais. D'ailleurs, il fallait absolument qu'il dise au jeune Serpentard d'arrêter de mettre ce short bien trop court. L'été était fini et il valait mieux qu'il garde la tentation de son corps très loin de certains regards. D'un regard en particulier. Peu importe qu'il se couvre d'un plaid et qu'il lise sur un des fauteuils de la salle commune.

Les gens beaux ne pouvaient pas comprendre ce que vivait ceux qui devaient toujours viser plus bas, se contenter des miettes. Et puis il se rappela que Regulus n'était pas son frère et qu'à chaque fois que les gens le regardaient, ils se sentaient obligés de dire « il est beau, mais son frère l'est tellement plus ». Comme s'il n'était qu'une pâle copie. Quel était le besoin de dire ça à un gosse qui souffrait déjà d'un sentiment d'infériorité ?

-Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je laisse mes cheveux longs exprès pour cacher ma figure.

-Et tu comptes les laisser pousser jusqu'à quand ? Jusqu'à ce que tu marches dessus ?

Le cadet des Black haussa un sourcil.

-Je suis sûr à 100% que ça n'arrivera jamais.

-Bien sûr puisqu'on va les couper ! Ne t'en fais pas, je promets de faire en sorte que te regarder ne te sois plus insupportable. C'est la chose la plus triste que j'ai jamais vu, ne même pas osé croiser son reflet !

-Je n'ai pas besoin de ta pitié ! s'énerva Severus, rouge de honte.

-Ça n'a rien avoir avec ça. C'est simplement un service d'un ami à un autre ami. Ou de la solidarité Serpentarde...

-Cette notion n'existe pas.

-Peu importe ! Suis-moi.

Regulus se dirigea vers la salle de bain et après une hésitation, Severus l'y rejoignit. Il se demanda bien pourquoi.

-Tu comptes le faire à la moldue ? s'étonna-t-il lorsqu'il vit le plus jeune avec dans les mains un peigne et un ciseau. Est-ce que tu sais comment ça marche au moins ?

-Bien sûr. Et je le fais comme ça parce que je ne connais pas de sort qui te fasse avoir la dernière coiffure à la mode. Pas sûr que ça t'aille cela dit. Et puis, cet été, c'est le père de James Potter qui s'est occupé de mes cheveux. Je l'ai regardé faire sur les autres et j'y arrive sans problème. C'est même amusant, je n'aurais jamais pensé dire ça un jour.

Severus soupira avant de se résigner et Regulus lui lava les cheveux puis les sécha.

-Mais comment ça se fait qu'ils soient encore gras ?!

Severus aurait bien aimé le savoir et Regulus lui démêla finalement les cheveux avant de les couper. Sous la longueur qui tombait, Severus commença alors à regretter son choix mais le jeune Black continuait de couper, toujours plus, et ne semblait pas vouloir s'arrêter. Finalement, il repassa un coup de peigne puis utilisa un sort pour se débarrasser des cheveux coupés.

-J'aime bien, commenta-t-il.

Mais Severus se fichait bien de son avis. Il s'observa dans le miroir et grimaça.

-Quoi ?

-On voit encore plus mon nez, grommela-t-il.

-Et alors ?

Regulus semblait sincèrement ne pas comprendre où était le problème.

-Ça dégage enfin ton visage et crois-moi, ton plus gros problème n'est pas ton nez mais bien tes cheveux et là, c'est mieux ! Ils sont gras et à laisser autant de longueur, c'était plus que visible. Ton visage est loin d'être aussi horrible. Personne ne s'attend à ce que tu deviennes un mannequin de toute façon mais fais au moins en sorte d'avoir du style.

-Mini-Black qui me donne des conseils, j'ai vraiment touché le fond.

-Ne m'appelle pas mini-Black, ce surnom est pourri. Et puis quoi, Severus, tu n'as pas envie de sortir avec Evans ?

-C'est impossible, répondit le jeune homme qui n'avait pas la force de nier.

-Et pourquoi pas ?

-Parce qu'entre nos désirs et la réalité, il y a souvent un fossé.

Il quitta alors la salle de bain et Regulus le suivit des yeux. Bien évidemment qu'il en avait conscience.

-Est-ce que tu essaies de caser Snape et Lily ensemble ? voulut alors savoir Padfoot.

Regulus garda le silence et cela fit soupirer l'esprit.

-Regulus, tu sais, James est-

-C'est bon ! s'énerva-t-il. Je sais que je suis pathétique !

Il bouda et alla dans sa chambre lire un livre, s'isolant pour mieux passer à autre chose.

xXx

Peter étudiait à la bibliothèque presque vide en ce week-end encore miraculeusement ensoleillé. Beaucoup d'élèves étaient dehors ou s'amusaient autre part. Il aurait aimé les rejoindre mais étant donné la mauvaise note qu'il avait eu en métamorphose, il voulait éviter de faire pareil pour le cours d'arithmancie. Remus devait le rejoindre mais il n'arriverait pas tout de suite. Des obligations de Préfet-en-chef le retardaient.

Mais Peter pouvait étudier seul.

Enfin, s'il y arrivait. A une table devant lui, un groupe de filles composé de Serpentard et de Serdaigle discutaient. Elles semblaient bien s'amuser et plus parler qu'étudier, à se demander pourquoi elles avaient choisi la bibliothèque. Madame Pince n'arrêtait pas de lancer des « chut » qui commençaient d'ailleurs à fragiliser les oreilles du blond.

Elles parlaient de garçons, il en était sûr. Quelques fois, elles lui jetaient de brefs coups d'œil avant que l'une d'elles ne note quelque chose sur un papier. Quoi qu'il y ait sur ce papier, ça accaparait toute leur attention.

Peter essaya de ne pas s'en formaliser. Elles pouvaient bien se moquer de lui, ça n'avait pas d'importance. Ce n'était pas comme s'il n'était pas habitué.

Les portes de la bibliothèque s'ouvrirent alors et Sirius Black entra, accompagné de Marlene McKinnon. Peter ignorait s'ils étaient vraiment en couple. La rumeur l'affirmait mais en même temps, il ne les avait jamais vus s'embrasser, se prendre la main ou toutes ces choses qui qualifiaient si bien les couples. Après, il ne les avait pas cherchés. Une vaine tentative pour épargner son cœur.

En cet instant, il était tellement heureux de ne pas avoir écouté Remus. En plus de se prendre un râteau, il aurait dû vivre avec la honte que ceci se propage à Poudlard. Les gens auraient su que Marlene lui avait préféré Sirius Black. Le beau et parfait Sirius Black.

Qu'était-il lui à côté de l'archétype du Gryffondor ? Il n'avait aucune chance. Il n'en avait jamais eu. Mais pourtant, il l'aimait. Marlene, il l'aimait depuis un moment. Il avait menti à Remus en lui disant que ça ne datait que de l'été pour ne pas avoir à s'expliquer sur son silence. Remus n'aurait pas compris pourquoi. Même avec lui, il n'avait pu se montrer honnête.

Par peur, par honte, par lâcheté.

Il était amoureux depuis qu'en troisième année, celle-ci l'avait aidé à se relever après une chute plutôt spectaculaire dans les escaliers. Il avait failli se rompre le cou simplement parce qu'il n'en avait fait qu'à sa tête. Marlene avait secoué ses cheveux, s'était agenouillée et lui avait tapoté les épaules pour enlever la poussière. Elle lui avait demandé de sa voix claire comment il allait. Il avait baragouiné un truc qui l'avait faite rire et il était tombé amoureux. Un coup de foudre à retardement étant donné qu'il l'avait déjà croisée avant.

C'était la première à lui venir en aide et elle au moins n'avait pas ri de lui, mais avec lui. Ça n'avait rien eu de méchant, ça n'avait pas été fait dans le but de le rabaisser.

Et Peter détestait tellement Sirius pour lui prendre la fille qu'il aimait. Pour être celui qu'il ne serait jamais.

Black avait fait de lui sa tête de turc dès la première année et encore, à cette époque, les blagues avaient été gentilles. Simplement des sales gosses débordant d'énergie et d'imagination. Mais la deuxième année, les blagues s'étaient faites humiliantes. Moins physiques, plus sournoises. A chaque fois qu'il revenait de vacances, il semblait plus vindicatif encore, comme s'il passait ses nerfs sur lui. Mais Peter n'était pas un punching ball. Il avait lui aussi été un adolescent d'à peine 13 ans subissant des sévices sans même en comprendre les raisons.

James Potter, celui que tout le monde adulait, avait toujours participé, simplement pour le plaisir de se voir applaudir, galvanisé par les foules. Peter avait pendant un temps été une bête de foire pour eux. Et puis, il y avait eu Remus, son fidèle et plus solide allié. Il ne savait pas ce que le garçon voyait en lui. Pourquoi était-il si gentil alors même qu'il aurait gagner en popularité en se détachant de lui ?

Et maintenant, Sirius avait jeté son dévolu sur Remus. Peter n'était pas dupe pourtant. A force de subir les coups et les humeurs de Black, il avait appris à le connaître. Il le voyait dans ses regards, dans les sourires qu'il adressait à Remus. Sa manière de le chercher constamment des yeux, de le coller, de se satisfaire de cette relation d'harceleur et d'harcelé. Il était énervé quand il était ignoré et réclamait son attention comme un gamin boudeur.

Lui avait vu ses regards que Sirius lui-même devait ignorer avoir lancé et si Peter n'avait rien pu faire pour Marlene, il ne comptait pas laisser son meilleur ami à Sirius Black. Il lui avait déjà trop pris.

Il ramassa ses affaires, n'ayant plus envie d'étudier à la bibliothèque. Il serait tout aussi bien dans son dortoir ou dans la salle commune. Dans un couloir, pressé qu'il était, il rentra alors dans quelqu'un qui sortait d'il ne savait où, une classe ou un bureau peut-être.

En un instant, Peter fut subjugué. L'homme qui se tenait devant lui était la personnification de la beauté. Il était séduisant, charismatique et avait l'air d'avoir la trentaine même si quelques rides au coin de ses yeux pouvaient faire douter de cette supposition. Ses cheveux d'un noir de jais n'avaient pas l'air coiffés tout en l'étant, le fameux coiffé décoiffé.

-Oh, excusez-moi.

Sa voix était chaude et profonde, et Peter avala sa salive avec exagération. Il n'avait jamais regardé un garçon comme ça, et encore moins un homme. Il se sentit un peu stupide. Il secoua la tête et s'excusa avant de reprendre sa route. Il fallait vraiment qu'il bosse. Le match de Quidditch avait lieu demain et il savait qu'il ne pourrait rien faire tellement l'euphorie serait grande.

-Jedusor, entendit-il le directeur. Je suis content de vous voir avant votre départ.

-Ne vous inquiétez pas, Albus, je ne serai pas parti sans vous saluer.

Le directeur de Poudlard lissa sa barbe et fit un geste pour l'inviter à reprendre sa marche.

-Avez-vous repensez à ma pro-

-Hé bien, c'est pour cela que je vous cherchais, Jedusor. J'ai eu le directeur de Dumstrang et il m'a fait l'éloge de vos talents. Vous avez apparemment effectué un travail merveilleux pendant les deux ans où vous y avez officié. Mais allons dans mon bureau, nous y serons plus tranquilles pour en parler.

Tom Marvelo Jedusor cacha sa satisfaction alors qu'il pénétrait dans le bureau du plus grand sorcier du Royaume-Uni.

xXx

Regulus grimaça et maudit tous ceux qu'il connaissait et qui le méritait, même si ce n'était pas le cas. Il avait fait beau samedi. Un grand soleil toute l'après-midi et là, jour du match, il pleuvait. Il faisait froid et il en avait marre.

Il était entré en collision avec un des batteurs dès le début du match à cause d'une erreur d'inadvertance et il avait encore mal. Pas comme si lui et Guinega avaient la même carrure…

Pour autant, peu importe sa douleur, il ne pouvait pas lâcher maintenant. Son équipe menait mais l'attrapeur des aigles venait de repérer le vif d'or et s'il l'attrapait, tous les efforts de son équipe se verraient inutiles. Perdre avec un seul point d'écart était certainement la chose la plus frustrante que Regulus connaissait.

Alors il serra les dents et accéléra. Ses mains étaient si serrées sur son balai que s'il relâchait la pression une seule fois, il était certain de faire une chute mortelle. Il montait, positionnant son balai presque à la verticale, position peu confortable mais plus pratique pour tromper le climat. En hauteur, il faisait plus froid. Il y avait plus de vent et la pluie semblait s'abattre sur sa peau comme des lames glacées.

Regulus prenait tous les risques pour rattraper son rival. Son balai était plus rapide, il pouvait y arriver. Alors quand cinq minutes avant la fin, il attrapa le vif d'or, il en fut heureux mais pas surpris.

Le travail et le risque payaient toujours.

On l'applaudit et son équipe le porta fièrement en triomphe. Malheureusement, il dût rapidement les arrêter : il avait toujours mal aux côtes alors il les abandonna sur le terrain. Son équipe communia ensuite avec les Serpentard en liesse dans les gradins tandis que les Serdaigle les applaudissaient aussi – plus timidement – bons perdants. Regulus souffla de soulagement lorsqu'il arriva dans les vestiaires. Il se passa une main dans ses cheveux bruns qu'il ramena en arrière et commença à se déshabiller.

La porte s'ouvrit peu après son arrivée et il fut étonné de voir James entrer alors même qu'il ne l'avait pas autorisé à le faire.

-Je viens féliciter le champion du jour !

-Merci, répondit-il, encore un peu essoufflé du long match.

-Maintenant, j'ai intérêt à faire mieux que toi contre les Poufsouffle en novembre !

-Je ne me fais pas de souci.

Il regarda un moment James et comprit que celui-ci n'allait pas partir.

-Il faut que je me change, lui fit-il remarquer.

-Et bien quoi ? Tu ne peux pas parler et te changer en même temps ? se moqua le Gryffondor.

Regulus serra les dents et s'enferma dans une cabine avant de balancer ses vêtements par-dessus la porte. Il eut ensuite extrêmement honte quand il pensa au fait qu'il était nu et qu'à quelques mètres à peine, James était là. Il fit couler l'eau, pressé d'en finir. Cette situation le mettait mal à l'aise mais le lion ne voulait pas partir et lui avait besoin de se laver. Il détestait être sale et sentir la transpiration.

James resta silencieux un moment, quelques secondes à peine en réalité. Il était incapable de faire plus.

-Tu as fait un miracle sur la tête de Snape. Est-ce que tu sais depuis combien de temps Lily essaye d'arranger ses cheveux ?

-Non et pour cause, ça ne m'intéresse pas.

-Comme vous êtes devenu assez proches pour qu'il te laisse approcher dans son dos avec un ciseau, il faudrait que tu lui demandes un truc pour nous, fit James, ignorant sa précédente intervention. On sait que Severus est dans les petits papiers de Slug et qu'il l'autorise parfois à se servir dans ses réserves pour ses besoins personnels ou ses entrainements de futur potionniste.

-Comment est-ce que tu sais ça ? s'étonna Regulus qui commençait à se savonner.

-J'ai mes sources et on a besoin qu'il y prenne un truc pour nous.

-Il ne le fera jamais.

-Il le fera si c'est toi qui demande.

-Ce n'est pas encore Noël.

Il entendit le Gryffondor rigoler et Regulus leva les yeux au ciel. Si Potter était venu simplement pour ça, il perdait son temps. Il se savonna ensuite les cheveux avec application, ne voulant pas qu'ils sentent la pluie et l'herbe plus tard. Lorsque le Serpentard passa ses mains sur son ventre cependant, il gémit de douleur à cause du bleu qu'il avait aux côtes. Il n'avait pas fait attention et serra les dents le temps que la douleur reflue.

Il entendit alors James frapper contre la porte de sa cabine de douche.

-Est-ce que ça va ? s'inquiéta-t-il. Tu as mal quelque part ?

-Ca va! répondit-il un peu trop fort. Non, je-je n'ai pas mal, eut-il du mal à articuler, la douleur lui ayant coupé le souffle pendant un court instant.

Il ne voulait surtout pas que James s'inquiète et se mette en tête d'entrer pour l'aider.

Celui-ci resta silencieux puis gratta à la porte.

-Tu te fais du bien ?

Regulus entendit clairement la gêne dans sa question.

-Non ! répéta-t-il plus fort, entre gêne et colère.

-Tu as gémi. C'était soit l'un soit l'autre, répondit le plus vieux, moins embêté. Tu sais, faut pas être gêné, certains le font après un match. Avec l'euphorie de la victoire et l'excitation du moment, le taux de testostérone est haut et certains relâchent la pression comme ça.

Pour sa santé mentale, Regulus fit le choix de ne pas répondre et chassa avant même qu'elle s'installe l'image d'un James qui s'adonnait à ce genre d'activité. Il demanda une serviette que le jeune homme lui donna, puis ses habits. Potter se moqua de sa pudeur et il sortit enfin prêt pour se planter devant le plus âgé, aussi plus grand que lui.

-Je peux essayer de récupérer l'ingrédient dont vous avez besoin, déclara-t-il parce qu'il en avait marre de voir le visage de James si abattu.

Et bien sûr, immédiatement, ce dernier s'illumina. Un sourire énorme se dessina même sur ses lèvres.

-C'est vrai ?!

Regulus acquiesça et l'assurance dont il avait jusqu'à présent fait preuve s'évapora. Ce n'était pas facile de tout le temps être dans le contrôle.

-Tu sais que tu es sincèrement en train de devenir une bonne personne ?!

-Tu dis ça uniquement parce que je vais vous aider à réaliser votre farce.

-Et tu devrais me remercier !

Regulus secoua la tête et se détourna mais James était d'humeur joyeuse et il ne supportait visiblement pas que le plus jeune ne partage pas son humeur alors il l'enlaça et essaya de le porter. Il avait vu tout à l'heure que le Serpentard avait apprécié être porté en triomphe. C'était compréhensif d'ailleurs, lui aussi adorait ça ! Mais certainement pas autant que Sirius…

-Arrête, râla pourtant Regulus, le rouge aux joues.

-Fais-moi arrêter ! le provoqua James qui était maintenant passé aux chatouilles, hilare.

Regulus tenta de se débattre et dans un sursaut de lucidité, il se retourna pour chiper les lunettes du brun. Avec ses bêtises, James allait lui faire mal aux côtes. En tout cas, cela eut un effet immédiat. Potter plissa les yeux, comme pour mieux voir, et s'immobilisa, même s'il avait toujours ses mains sur lui.

-Tu sais que contrairement à toi, j'ai ma baguette ? Il me suffirait d'un accio pour les récupérer, s'amusa-t-il. Mais je ne le ferai pas, ce ne serait pas drôle sinon !

Il essaya de les reprendre et Regulus les positionna derrière lui pour les tenir hors de portée. James se colla alors à lui, passant ses mains derrière son corps et se fichant bien de cette proximité. Il plissait toujours les yeux et souriait toujours.

Le Serpentard comprit soudain que ce qui se passait était dangereux. James Potter était le meilleur ami de son frère et le petit ami de Lily Evans. Lui n'était personne pour le Gryffondor et il ne devrait en aucun cas avoir son corps contre le sien. Il le savait, mais il ne le repoussa pas. Pourtant, il suffisait qu'il lui rende ses lunettes et James s'éloignerait immédiatement.

Il était le seul à éprouver quelque chose à cause de cette proximité.

Son cœur n'était pas supposé battre la chamade. C'était une attirance, tout juste un intérêt. Alors pourquoi n'arrivait-il pas à détacher son regard de ses lèvres ?

Parce qu'il voulait l'embrasser et que la tentation était trop grande…

Pour être honnête, Regulus en avait toujours eu envie. Il s'était simplement battu bec et ongles contre ses désirs mais finalement, il céda facilement.

C'était son premier baiser et même si Regulus n'avait jamais eu la chance d'avoir des amis avec qui parler de l'amour, des baisers, de la sexualité, il savait ce que les gens en disaient.

Le premier baiser avait un goût particulier et restait dans notre mémoire comme le premier pas vers la découverte de soi et de l'amour.

C'était un instant dont il fallait profiter.

Malheureusement, Regulus n'en eut pas le loisir. En effet, James le repoussa, parfaitement perdu, et le plus jeune sentit une honte incommensurable s'abattre sur lui. Le Gryffondor baissa la tête pour s'éloigner lentement, presque discrètement, et ses lunettes s'échappèrent de la main de Regulus pour tomber par terre. Le Serpentard s'insulta, se fustigeant, encore et encore.

Il l'avait toujours su ça aussi. Qu'il n'avait aucune chance. Mais apparemment, comme pour tout, il devait d'abord être déçu pour comprendre. Pour que ce soit incrusté dans sa tête.

-Je-Je suis désolé, balbutia-t-il, et sa voix abimée lui fit monter les larmes aux yeux.

Il ne fallait pas qu'il craque. Il n'allait pas essayer de faire pitié au Gryffondor quand même !

-Ne le dis à personne, s'il te plait. Je-Je m'occuperai de Slughorn.

Regulus se détacha du mur et fonça vers la sortie, dépassant James visiblement toujours sous le choc. La porte du vestiaire symbolisait sa seule issue mais les Serpentard, après avoir longuement fait la fête sous la pluie, se décidaient enfin à rentrer pour se changer avant de tomber malade.

Regulus dut ainsi passer entre eux, essayant de se faire petit pour que personne ne le remarque, ne voit sa honte. Mais Evan Rosier était là. Avec ses yeux qui le suivaient en permanence. Il observa Regulus s'enfuir et un fin sourire se dessina sur ses lèvres.


Les chapitres sont plutôt calme pour l'instant, mais en quelque sorte, on avance un peu. ^^

Prochain chapitre - Les jours d'après - le 06 ou le 08 novembre.