Mio :

Ah ah ah, j'avoue que ça m'amuse beaucoup, quel mauvaise personne je fais. Je me demande si un jour tu changeras d'avis sur lui et si tu te mettras à détester des personnes que tu appréciais jusque là ! ^^

J'espère que Hugo sera apprécier, je mise beaucoup sur lui, dont le sens ou je l'adore, il est particulier. Il est là pour le tournoi que j'espère réussi, les scènes d'actions ne sont pas mes préférer, j'espère quand même que ça fera l'affaire. J'avoue que l'aide de ma bêta sera très précieuse ! L'affaire du viol et de l'agression de Pamela aura bel et bien un dénouement, pas tout de suite, mais il y'en aura un. C'est quelque chose que permet les fictions, des fins qui ne serait pas possible ou difficilement dans la vraie vie. C'est sûr qu'après ce qu'il s'est passé, Marlene n'a pas la côte, elle a fait ce qu'elle devait faire. Jedusor est très fort, il manipule beaucoup de personne, il en a peut-être aidé pas mal aussi. Les réunion ça a toujours été un gros problème entre Padfoot et Regulus. Il fait bien ce qu'il veut, cela ne l'engage à rien, l'avenir nous dira s'il a eut raison ou non, et même s'il va vraiment y aller. C'est effectivement très dur pour Padfoot, sa vie en tiens pas à grand chose et il se sent terriblement seul. A la longue, il a fini par croire qu'il endure une sorte de pénitence éternel.

Merci énormément de toujours prendre le temps de commenter, c'est super à lire.

Merci à ma bêta qui a fait un super travail sur ce gros chapitre.

Bonne lecture à tous.


Chapitre 28 :

Leçons particulières

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James se gratta le poignet sans réfléchir, la brûlure coutumière du bijou se faisant sentir. Le Gryffondor observa ensuite la femme à quelques pas de lui. Tous les deux n'étaient pas vraiment en bons termes. James savait d'ailleurs que c'était principalement de sa faute. Il ne s'était pas toujours bien conduit avec elle, ce qui rendait sa présence ici étrange, voire incongrue. Habituellement, ils se contentaient de rester loin l'un de l'autre, même s'ils ne pouvaient pas s'éviter.

Le Gryffondor ne se sentait pas très bien. Il avait une faveur à demander à cette femme et il n'était pas à l'aise. Il savait qu'il ne méritait pas qu'elle fasse quoi que ce soit pour lui, qu'il était même un véritable goujat d'oser le lui demander. Mais il avait retourné toute la situation dans sa tête et il était dans une impasse.

Il inspira, finalement convaincu qu'elle serait forcément touchée par sa sincérité. Il n'aimait pas avoir l'air misérable mais il la supplierait s'il le fallait. Il avait désespérément besoin d'aide.

Après avoir pris une énième inspiration et s'être encouragé mentalement, James avança vers elle. Elle leva tout de suite les yeux vers lui, étonnée, et le Préfet tenta de sourire pour ne pas l'inquiéter.

-Bonjour, commença-t-il.

Elle fronça les sourcils face à son attitude étrange mais lui répondit.

-J'ai longuement hésité avant de venir ici. Il est tôt et je sais que tu as du travail. Je sais aussi que toi et moi, on ne s'entend pas très bien et que probablement, tu me détestes…

Face à James, son interlocutrice ne semblait pas en croire ses oreilles. Celui-ci se passa alors une main dans les cheveux et lui décrocha un sourire moins crispé.

-Sache en tout cas que de mon côté, je t'apprécie. Ou plutôt, je n'ai aucune animosité à ton égard.

-Mais qu'est-ce que…

-S'il te plait, ne m'interrompt pas. Ce que j'ai à dire n'est pas facile. J'ai besoin d'aide et je pense que tu es la meilleure dans ton domaine, la plus à même de m'aider. J'ai essayé d'y arriver seul mais ça n'a rien donné, je suis complètement bloqué.

-Monsieur Potter, voulez-vous arrêter votre cirque ! s'indigna Mme Pince. A quoi jouez-vous ?! Depuis quand me tutoyez-vous ?!

James grimaça.

-C'était pour donner un sentiment de proximité, briser la glace…

-Mais pourquoi ?! Que me voulez-vous ?

-J'y viens, rigola nerveusement James. J'ai besoin de livre sur… la sexualité. La romance et ses dérivés. Comment les philosophes l'expliquent, les réactions physiques…

Il souffla, mal à l'aise.

-Je pense que des articles pourraient aussi être intéressants. Un livre référence sur les mœurs sorcières ne serait pas mal non plus, avoua le brun.

Il ne fut ensuite pas surpris de voir un air catastrophé se peindre sur le visage de la bibliothécaire.

-Nous sommes dans une bibliothèque scolaire ! Nous n'avons pas ce genre d'ouvrages !

-Vraiment ? Même dans la réserve ? Puisque les élèves n'y ont pas accès…

-Non ! Laissez-moi travailler à présent.

James fut incroyablement déçu. Il s'y était attendu mais avait espéré pouvoir compter au moins sur des ouvrages relatant l'évolution de la sexualité à travers les âges dans le monde magique sous l'influence des moldus. Même des ouvrages plus techniques et scientifiques auraient été les bienvenus. Il avait juste besoin d'ouvrir son esprit, de se documenter.

-C'est n'importe quoi ! s'agaça-t-il. Comment sommes-nous censés comprendre notre corps et nos émotions si nous n'avons aucun outil mis à notre disposition ? Vous avez peur de nous choquer ou quoi ?

-Cela suffit, monsieur Potter, sortez de cette bibliothèque !

James quitta l'endroit d'un pas lourd.

xXx

Le jeudi matin, lorsque Regulus se réveilla, sa première pensée fut pour Padfoot. Depuis leur discussion du mercredi soir en effet, il n'avait pas eu de nouvelles. Il ne savait pas où l'esprit était passé et il s'inquiétait malgré lui. Il avait bien vu que l'esprit l'avait quitté blessé, voire déçu par sa décision et puisqu'il n'avait pas réapparu, il se demandait si Padfoot était fâché au point de ne pas pouvoir le voir pour l'instant, préférant mettre de la distance entre eux. Cela le préoccupait et l'attristait à la fois. Il n'aurait pas pensé que sa décision de retourner aux réunions les éloignerait autant. A présent, il n'était plus aussi sûr de vouloir y aller…

Il s'était ainsi rendu compte qu'il préférait conserver son amitié avec Padfoot et se tenir éloigné des réunions s'il le fallait vraiment. Si la politique et les débats l'intéressaient, il pourrait toujours trouver des structures plus fiables et ouvertes après Poudlard. Ou alors, il pourrait proposer à l'esprit de l'accompagner si cela pouvait le rassurer. Il devait en tout cas discuter de ces solutions avec son ami mais pour cela, il fallait déjà que celui-ci revienne.

Le Serpentard ignorait si Padfoot était retourné dans le voile ou s'il continuait sa vie ici dans le château. S'il devait choisir, il éliminerait la possibilité du voile. Padfoot détestait cet endroit et il l'imaginait mal se réfugier là-bas. Cela voudrait alors dire qu'il était toujours à Poudlard et même si la probabilité n'était pas élevée, il ne pouvait pas totalement exclure le fait que peut-être, il n'était tout simplement plus capable de voir Padfoot comme c'était déjà arrivé une fois. Parfois, Regulus imaginait ainsi son ami à ses côtés, attendant désespérément qu'il le remarque de nouveau. Espérant en vain ne plus être seul. Cette possibilité consternait le Serpentard. Surtout que dans cette situation là, il ne pouvait pas faire grand-chose.

Mais si Padfoot avait choisi de s'éloigner de lui volontairement, l'esprit pourrait toujours le rejoindre lorsqu'il se sentirait prêt et Regulus espérait alors qu'il le serait vite. Il n'aimait pas se dire que sa possible dernière discussion avec son ami resterait cette mésentente au sujet d'un sujet aussi trivial que des réunions…

Regulus se leva dans un soupir : il était le dernier debout. Il alla se préparer dans la salle de bain mais Rosier y était encore, occupé à arranger ses cheveux.

Regulus s'enferma dans une cabine et bailla sans se cacher. Il actionna ensuite l'eau et prit quelques secondes pour apprécier la sensation. Ses muscles se déliaient et son esprit se faisait plus vif. Il serait parfaitement opérationnel dans quelques secondes.

-Regulus, retentit soudain la voix de Rosier non loin de sa cabine.

Celui-ci sursauta légèrement. Son cœur se mit à battre plus vite et il se cala contre le mur, s'éloignant du jet d'eau sans même y penser. Il baissa alors la tête et observa les pieds du Serpentard qu'il pouvait voir sous la porte.

Regulus réalisa brutalement l'état dans lequel il s'était mis et eut honte. Il avait même été tenté d'appeler l'esprit, juste pour ne pas faire face à la situation seul ! Et lui qui se disait autonome, assez fort et mature pour prendre sa vie en main ! Il se rendait compte aujourd'hui qu'avec le temps, il était devenu assez dépendant de l'esprit, s'habituant à sa présence rassurante. Avant Padfoot, Regulus avait été seul et il avait l'impression de retrouver ce sentiment horrible.

-Que veux-tu ? parvint-il à articuler.

-C'est aujourd'hui que nous avons notre premier cours de duels, on y va ensemble ?

Regulus garda le silence quelques secondes, incertain.

-Très bien, finit-il par dire.

En agissant ainsi, Regulus espérait se prouver qu'il pouvait se trouver dans la même pièce que le blond sans se sentir mal. S'obliger à l'affronter et ne plus être celui qui détourne le regard.

Rosier s'éloigna de sa cabine et le Serpentard l'entendit sortir de la salle de bain. Après un soupir, l'attrapeur continua de se laver. Il refusait de laisser la peur dicter ses actions et encore moins sa vie. La relation qu'il avait eue avec Evan l'avait marqué parce que son ainé avait profité de sa crédulité. Il avait été manipulé, emmené sur un terrain sur lequel il ne pouvait pas se battre. Il n'avait pas eu les armes pour se défendre. Son homosexualité était toujours un sujet sensible pour lui mais Regulus n'avait pas peur de Rosier.

Son épouvantard était et serait toujours la déception de ses parents, de ses professeurs. Ces adultes le regardant d'un air désappointé, lui déclarant qu'il était inutile, un bon à rien. Regulus savait qu'il avait peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur. C'était cette sensation de ne pas être sûr de pouvoir faire face convenablement au batteur qui l'angoissait parfois.

La douche de Regulus ne dura pas bien longtemps et à peine un quart d'heure plus tard, il entra dans la Grande Salle. Il mangea avec Severus qui lui parla d'un de ses cours et Regulus l'écouta patiemment mais dès que le 7ème année s'arrêta un instant pour respirer entre deux phrases, il prit la parole pour évoquer le match de Quidditch. Le visage de Severus changea alors du tout au tout pour se transformer en une expression lasse.

-Ne râle pas, se vexa Regulus. C'est demain, bien sûr que ça va être le sujet de conversation numéro 1.

-Ça va être un enfer. Par le caleçon de Merlin, je sens déjà que j'ai mal à la tête…

Regulus sourit, appréciant le mélodrame du Serpentard. Edmont arriva alors vers eux et s'installa à côté du 6ème année puis commença aussitôt à manger.

Regulus, qui trainait beaucoup avec le blond ces derniers temps, ne s'offusqua pas de son intrusion. Severus quant à lui se contenta de soupirer.

-Vous viendriez au match, j'espère ? demanda Regulus en essayant de ne pas y mettre trop d'espoir.

-Bien sûr !

Edmont était enthousiaste et cela lui fit plaisir.

-Tant mieux, souffla-t-il. Je n'aime pas le dire mais les Gryffondor sont forts et ils ont plus de supporters que nous…

-N'exagère pas, marmonna Severus. Les Gryffondor ont perdu contre les Poufsouffle, je te rappelle.

Severus esquissa un sourire à ce souvenir et Regulus fit de même alors qu'Edmont riait plus franchement.

Il y eut soudain un peu d'agitation à la table des Gryffondor : une élève de 4ème année se leva de table et quitta la Grande Salle, le regard triste. Autre point de mire de l'attention générale, Potter leva les yeux au ciel avant de continuer son petit déjeuner, pas le moins du monde gêné. Il se fit pourtant embêter par Alice et Evans qui semblaient furieuses sans que Regulus n'arrive à comprendre pourquoi. Il laissa ensuite son regard trainer un peu sur le capitaine des rouge et or et croisa soudain son regard.

Celui-ci lui sourit et lui fit un signe, laissant apercevoir brièvement le bracelet qu'il portait toujours. Regulus fronça les sourcils. Il n'y avait pas pensé avant, mais il devait lui parler. Avec l'empressement qu'avait été la sortie puis le carnage à Azkaban, Potter, Sirius et lui n'avaient pas discuté des bracelets. A présent, Regulus était d'avis de le reprendre et pourquoi pas de le retourner au 12, Square Grimmaurd. Porter pendant aussi longtemps un tel objet pouvait être dangereux, surtout pour James que le bijou n'acceptait pas puisqu'il ne faisait pas partie de la noble et très ancienne famille Black.

Et au-delà de ça, si James le conservait pour le match, l'attrapeur des Gryffondor serait avantagé. Autrement dit, ce serait de la triche et Regulus n'avait aucune intention de perdre de cette manière. De perdre tout court en fait. Mais peut-être qu'avant de rendre le bracelet à la famille Black, Regulus pourrait le garder un peu. Cela lui permettrait de savoir si Padfoot était toujours au château et de pouvoir lui reparler s'il ne pouvait plus le voir directement.

xXx

Plus tard dans la journée, Severus avait enfin pu échapper à l'euphorie et à l'engouement que représentait le match à venir. Il aurait dû aller dans son dortoir depuis le début mais sécher les cours n'était pas une option. A présent que sa journée de cours était finie cependant, il pouvait faire ce qu'il voulait, comme penser au prochain cours de duels qu'il allait avoir.

Il était conscient de la difficulté qu'allait représenter la sélection et encore plus le duel en lui-même mais il souhaitait s'émanciper de Tom Jedusor et se prouver qu'il était capable de réussir seul. Qu'il avait suffisamment de talent. Pour ce faire, il devait au moins réussir la dure étape qu'était d'être choisi.

Ce ne serait pas facile. Il n'avait même jamais été choisi par qui que ce soit. Déjà enfant, sa mère lui avait préféré son père, le négligeant, lui demandant de brider sa magie pour ne pas effrayer son mari qui ignorait qu'ils étaient des sorciers. Elle avait été complètement accro, folle amoureuse, prête à tout pour lui. Si bien que quand celui-ci l'avait rejetée après avoir appris la vérité, elle avait mis fin à ses jours. A aucun moment avant de se trancher les veines, elle n'avait pensé à lui. Severus était alors passé par plein d'états, notamment la colère, mais aujourd'hui, seules la tristesse et la nostalgie l'accompagnaient quand il songeait à elle.

En primaire puis à Poudlard ensuite, il n'avait jamais eu beaucoup d'amis, toujours choisi en dernier lors des jeux d'équipe ou pour les travaux de groupe.

Lily non plus ne l'avait pas choisi et Severus soupira à cette dernière constatation. Il savait grâce au psychomage que tout cela n'était pas une fatalité. Il pouvait changer.

Et puis, au pire, même s'il n'avait pas envie d'y penser, la proposition de Jedusor tenait toujours : la semaine prochaine, il allait rencontrer lors d'une réunion deux potionnistes prêts à le prendre en apprentissage. Pour l'instant, sa priorité était cependant d'être sélectionné pour le grand tournoi de duels et pour cela, il devait améliorer ses connaissances.

Le Serpentard déposa ses affaires de cours sur son lit, conserva sa baguette et quitta de nouveau son dortoir. Il ignora les élèves présents dans la salle commune et marcha jusqu'à la bibliothèque. Il savait que l'endroit regorgeait de livres très intéressants sur le sujet. Il fallait simplement qu'il fasse vite au cas où d'autres auraient la même idée que lui. Et ce fut le cas. Mais en voyant la personne qui se trouvait dans le rayon en question, le futur potionniste ne put que sourire.

-Content de voir qu'on a eu la même idée.

Il s'avança vers son amie qui avait sursauté.

-Je ne t'ai pas entendu arriver, tu m'as fait peur ! rit-elle.

Severus sourit à nouveau.

Il observa ensuite le livre qu'avait la rousse dans les mains puis regarda les autres livres en rayon. Il en prit deux assez vite, ceux qu'il était venus chercher.

-Prêt pour le grand jour ? lui demanda Lily.

-J'espère que tu parles des cours particuliers et non pas du match, grommela-t-il.

-Oui, sourit-elle. J'avoue que j'ai peur de ne pas être à la hauteur…

-Toi ? Mais tu es la meilleure élève de toute l'école et tu es puissante !

-Tu exagères, Severus, mais c'est gentil. Je me mets beaucoup de pression, j'ai envie de réussir. Ça fait un moment que les nés-moldus ont commencé à intégrer Poudlard mais le temps a beau avoir passé, j'ai l'impression que rien n'a changé. Je dois encore faire mes preuves parce que beaucoup de gens ne me considèrent pas comme une vraie sorcière. Quelqu'un qui ne ferait pas vraiment partie des leurs…

Severus pouvait la comprendre. Lily n'en avait jamais trop parlé mais il l'avait vue travailler plus dur que quiconque pour obtenir de bonnes notes, maitriser des sorts ou réussir des devoirs. Tout cela pour ne pas dire que sous prétexte qu'elle était une née-moldue, elle serait moins brillante qu'une sang pur.

Il avait envie de dire qu'elle n'avait rien à prouver mais ce ne serait pas totalement vrai. Les mentalités avaient du mal à changer. Même lui qui la savait très brillante avait, sous la colère, failli la renvoyer à son statut de sang d'une manière très peu noble et glorieuse.

Au-delà de cet aspect, il la comprenait aussi parce qu'il se trouvait dans une situation similaire.

-Je comprends ce que tu veux dire. Ce tournoi est une chance pour nous mais je sais que tu seras sélectionnée. Je le redis et tant pis si tu ne me crois pas. T'es la meilleure, ça ne fait aucun doute. J'aimerais également être sélectionné alors je mets toutes les chances de mon côté.

-On est deux alors ! fit-elle en parlant des livres.

-Tu sais... J'aimerais faire mes preuves, que ce tournoi m'ouvre des portes en plus de me faire gagner de l'argent pour pouvoir m'émanciper de mon père. Même si je fais tout pour, j'ai encore cette peur de me retrouver coincé avec lui toute ma vie…

-Severus, fit son amie, touchée.

-Pour l'instant, je dépends de lui mais je ne supporterai pas cette vie après Poudlard.

-Rien ne t'y oblige. Tu sais bien qu'on peut t'accueillir à la maison à tout moment.

-Je sais. Mais j'ai cette volonté de vouloir m'en sortir seul. Je veux me prouver que j'en suis capable.

-Tu es très fort, je ne sais pas comment tu as pu supporter ça aussi longtemps…

Severus haussa les épaules.

-Avant que ma mère ne nous quitte, il était un père normal, presque aimant. Il avait du mal avec les démonstrations d'affection mais bon…. J'ai longtemps espéré qu'il se reprenne, qu'il comprenne que je n'étais pas son ennemi, que comme lui, je souffrais.

-Et ça n'a jamais été le cas, comprit-elle. Mais, dis-moi… Comment en est-il venu à te frapper ? Ce n'est pas quelque chose d'anodin…

-Ma mère, soupira-t-il. Je lui ressemble beaucoup, ou en partie en tout cas. Il l'aimait mais quand il a appris pour notre vraie nature, il a eu peur et était dégouté. Ses deux sentiments se sont mélangés et c'est cette violence qui en est ressortie.

-C'est dommage. Je ne comprends pas pourquoi il agit ainsi. Mes parents ont très bien réagi, eux. C'est possible de vivre avec.

-Ma mère lui a toujours menti, voilà tout.

Lily ne sut quoi répondre et Severus n'était pas sûr de vouloir en dire plus. Il n'aimait pas parler de son père ni de ce que celui-ci lui faisait subir. Il avait également le sentiment d'avoir plombé l'ambiance. Il allait s'excuser pour cela quand il sentit les bras fins de la Gryffondor l'enlacer. Il resta alors immobile quelques secondes, surpris par le geste, avant de se laisser aller et de profiter de l'étreinte.

C'était agréable et cela faisait longtemps que Lily n'avait pas eu ce genre d'attention envers lui. Depuis qu'elle avait commencé à être sérieusement intéressée par James et qu'elle sorte avec lui en réalité. C'était comme retrouver leur bonne vieille habitude mais il semblait au brun que quelque chose était diffèrent entre eux. La manière dont Lily le serrait, ses mains qui s'accrochaient à son dos et sa respiration, son souffle qui s'écrasait sur son épaule. Il pouvait sentir avec plus d'acuité les battements de cœur de son amie d'enfance et son parfum, toujours aussi doux et enivrant.

Il ferma les yeux, heureux de pouvoir vivre cet instant hors du temps. Tant pis si ça ne voulait pas dire la même chose pour elle que pour lui. Il savait qu'il comptait pour Lily et pour l'instant, ça lui allait. Il n'abandonnerait pas. Ça pourrait lui prendre 20 ans qu'il ne renoncerait pas. Lily était la femme de sa vie et il voulait vivre plein de choses avec elle, à commencer par ce tournoi de duels.

xXx

James soupira et s'affala sur le canapé de la salle commune des lions. Comme ce n'était pas la première fois qu'il s'agitait, Alice lui jeta un regard curieux avant de continuer à lire ses cours. James ne prêta que peu d'attention à son amie, jouant avec son vif d'or, changeant de position, soupirant, avant de recommencer son manège. Il s'ennuyait et n'avait envie de rien. De plus, le match à venir le stressait sérieusement. Tous ces sentiments et ce manque d'énergie le rendaient à fleur de peau. Cela laissait également plus de place à des pensées peu agréables auxquelles il n'avait pas encore de réponse. De quoi énormément le frustrer car James détestait se trouver dans une impasse.

Heureusement, ça ne lui arrivait pas souvent. La dernière fois, c'était quand Lily lui avait envoyé sa lettre pour lui déclarer vouloir faire une pause. James s'était alors senti au 36ème dessous. De nature joyeuse et drôle, la morosité n'était pas quelque chose qui lui allait. James avait donc décidé qu'il devait faire le ménage dans sa tête avant samedi. Hors de question de ne pas être pleinement centré sur le match contre les Serpentard. Ce serait trop risqué.

Mais c'était plus facile à dire qu'à faire et il ne savait pas par où commencer, ni ce qu'il devait faire exactement. Il savait juste qu'il devait faire vite. Il s'était énervé de manière injuste contre une élève plus jeune ce matin. Il aurait dû lui parler autrement même si dans le fond, il n'avait pas pensé à mal en essayant de la remettre à sa place. Enfin, cette histoire n'avait pas d'importance…

Il souffla et recommença son manège. Cette fois-ci, Alice en eut marre.

-James, j'essaie de travailler !

-Désolé…

-Je peux savoir ce qui te met dans un tel état ?

-Rien.

-Tu ne m'en voudras pas si je te dis que j'ai du mal à te croire ?

James grimaça.

Alice secoua alors la tête et s'en retourna à sa lecture. James continua à la regarder, essayant de se souvenir de quelque chose.

-Le magazine que tu m'avais fait lire dans la Grande Salle la dernière fois, tu l'avais emprunté à la bibliothèque ?

-Feminisex ?

Elle pouffa.

-Bien sûr que non, il se passera un siècle avant que l'école n'ait ce genre de magazine disponible ici. Ou un quelconque magazine parlant de sexualité.

-Ouais, je me disais aussi, marmonna-t-il.

-Pourquoi, ça t'intéresse ?

Face à l'engouement de son amie, James ne sut quoi répondre. Il était évident qu'il ne pouvait pas être sincère avec elle, pas complètement en tout cas. Déjà parce qu'il n'arrivait pas encore à l'être avec lui-même, qu'il n'avait pas parlé du fouillis qu'il y avait dans sa tête et dans son cœur à Sirius, et ensuite, parce que Alice était une des meilleures amies de Lily… Pourtant, il voyait en la poursuiveuse et en ses ressources sa planche de salut. Alice était très intelligente en plus d'être compréhensive et gentille. Elle ne le jugerait pas et serait certainement de bon conseil. Depuis que Padfoot lui avait parlé de polyamour, James était curieux à ce sujet.

Avant que Regulus ne débarque dans sa vie, il s'était toujours profondément cru hétérosexuel. C'était peut-être réducteur, mais sa méconnaissance l'avait poussé à penser qu'on était soit hétéro, soit gay. Mais à présent, il était obligé d'admettre que les choses n'étaient pas si simples : il aimait les filles, mais il ne pouvait pas être complètement hétéro si Regulus l'attirait. Et il ne pouvait pas être gay car les mecs, ce n'était vraiment pas son truc. Même pour plaisanter ou essayer, ça ne lui viendrait pas à l'esprit de mater un mec ou de l'embrasser. Mais Regulus était un garçon, un très bel homme même. Alors quoi ?

Sirius, qui se trouvait plus ou moins dans la même situation que lui, semblait ne plus vouloir y penser alors il n'avait pas envie de lui demander ses ressentis à ce sujet. Sirius voulait juste profiter de ce qu'il avait et passer du temps avec Remus. Se prendre la tête et essayer de comprendre n'avait rien donné de bon, ou plutôt n'ayant pas les armes pour le faire, il avait décidé d'ignorer ses sentiments, quitte à les minimiser. Ce qui avait probablement conduit au bordel qu'avait été la fin de leurs relations. Enfin là, il ne s'agissait pas de Sirius, mais de James. Alors il fallait qu'il se recentre sur le problème.

-C'est juste que j'ai trouvé ça intéressant. Ça m'a rendu curieux sur ce que je ne connaissais pas.

-Wow, c'est vrai ?

Elle écarquilla les yeux, surprise.

-Hé, pourquoi ça t'étonne autant ?

-Je ne te pensais pas féministe ou intéressé par le mouvement féministe. Malheureusement, les hommes sont encore un peu macho pour certains. Ils plaisantent parfois un peu trop sur les filles, s'amusent à leurs dépens. Attention, je ne stigmatise pas ! Des filles superficielles ou qui enchainent les mecs et qui ont une manière de pensée arriérée existent également. Enfin, je suis désolée de te dire ça, mais tu me renvoyais l'image du mec populaire voulant afficher sa virilité !

-Oh, OK... Je crois que je suis un peu vexé ! rigola-t-il.

-Désolée…

Alice referma ses livres et croisa ses jambes pour porter toute son attention à James.

-Je te prêterais mes magazines si tu veux. Après, si tu me dis quel thème t'intéresse, je pourrais te prêter ceux qui en parlent directement. Il y a plein de numéros après tout.

-Ah ouais ?

-Je suis abonnée donc je reçois deux magazines par mois ainsi qu'un cadeau. Ca peut être un parfum, une potion, des réductions dans des boutiques ou des huiles de massage érotiques.

-Tous les mois ? Ce n'est pas quelque chose que tu peux acheter comme tu veux ?

-Pas vraiment, il faut s'abonner. C'est 2 galions.

-Par magazine ?!

-Par mois !

James hocha la tête et Alice approuva.

-C'est une somme mais franchement, c'est très bien fait.

-Ça vaut le coup de réfléchir pour voir si ça me plait.

-C'est génial ! Je ne pensais pas qu'on aurait ce genre de discussion !

James sourit en voyant l'air euphorique de son amie. Elle se leva et s'approcha de lui, un grand sourire aux lèvres.

-Quels thèmes t'intéressent alors ?

James avala difficilement sa salive. Il y était ! Jusqu'à présent, la discussion avait été facile et les indications d'Alice très intéressantes. Mais là, il avait l'impression qu'il allait au moins devoir se dévoiler un minimum. Il souffla un bon coup et se convainquit de ne pas faire de manières maintenant.

-Si tu as quelque chose sur les différents désirs, l'identité, les fantasmes et la sexualité, je veux bien, déballa-t-il en espérant que sa nervosité ne soit pas entendue.

Alice resta silencieuse un instant avant de taper dans ses mains.

-Je vais voir ce que j'ai !

Elle fila ensuite dans son dortoir et James sentit son cœur battre la chamade. Ça y est, il s'était lancé ! Il avait hâte mais se sentait dans le même temps nerveux. Pourtant, après avoir perdu des semaines à tourner en rond, il était prêt à écouter son cœur et à affronter qui il était vraiment.

xXx

Un peu avant qu'il ne soit l'heure d'aller au cours de duels, Evan vint trouver Regulus. Le blond lui sourit et Regulus essaya de ne pas avoir l'air crispé. L'attrapeur avait une furieuse envie de filer loin de lui mais il se reprit. Avant, discuter avec Evan avait toujours été agréable et il avait envie que ça se passe bien à nouveau pour avancer. Les deux Serpentard avancèrent ainsi dans les couloirs, croisant les élèves qui pouvaient profiter des quelques heures de libre qu'ils avaient avant le diner. La plupart ne purent s'empêcher de les observer plus ou moins discrètement.

En effet, la nouvelle d'une petite sélection qui pourrait participer au prestigieux tournoi de duels avait vite fait le tour de Poudlard. Beaucoup les enviaient et tous avait hâte de les voir en mars affronter des duellistes de renom.

-J'ai appris que tu allais revenir assister aux discussions du groupe, lança Rosier.

Regulus lui jeta un regard neutre avant de regarder droit devant lui, soupirant contre ces secrets et ces décisions qu'on ne pouvait jamais garder pour soi. Tout se savait tout le temps.

-C'est possible, répondit-il.

Depuis le départ de l'esprit, le 6ème année n'était plus sûr de rien. Probablement irait-il assister à une première séance et verrait pour le reste plus tard.

-C'est une bonne chose, continua le blond.

-Je n'ai pas besoin de ton approbation, Evan, répliqua le brun.

Regulus s'attendait à ce que son ainé se vexe, ou au moins comprenne qu'il n'avait pas envie de continuer cette discussion avec lui, mais le blond se mit à sourire. Il avait l'air avenant, toujours cette attitude trompeuse, celle qui pouvait vous duper en un rien de temps.

-J'aimerais qu'on devienne amis, Regulus.

Cela surprit le concerné. Tant qu'il dut s'arrêter au beau milieu du couloir. Heureusement, celui-ci se vidait lentement, les élèves le désertant puisque les cours de la journée étaient finis. Au loin, Severus et Alton arrivaient et si Regulus y avait prêté attention, il aurait pu entendre le rire désagréable de son grand frère également, sûrement accompagné de ses amis Gryffondor.

-J'ai compris que tu ne ressentirais jamais rien pour moi. J'ai agis comme ça avec toi parce que je le savais déjà depuis longtemps.

-Et tu voudrais que je sois ton ami après m'avoir avoué un truc pareil ?

Regulus était agacé mais il contrôlait encore ses émotions.

-Je me disais juste que j'allais implanter des souvenirs si forts en toi que tu ne pourrais jamais m'oublier, c'était une erreur. Je suis désolé, Regulus.

-C'est supposé me réconforter ? grinça le plus jeune.

Rosier s'excusait peut-être, il reconnaissait ses erreurs et admettait lui avoir fait du mal, mais Regulus ne savait pas bien comment il se sentait, ni même comment il était supposé réagir. La seule certitude qu'il avait, c'était que cela ne lui faisait pas plaisir ni ne le soulageait. Néanmoins, Evan avait l'air vraiment sincère. C'était une manière de reconnaitre le mal qu'il avait subi et il en avait eu besoin sans pouvoir le dire. Au contraire, Jedusor lui avait suggéré de se taire. Le psychomage lui avait fait comprendre que ce qui lui était arrivé n'était pas si grave, qu'il s'en remettrait, qu'il n'avait pas besoin d'en faire tout un plat. Mais c'était faux…

Malheureusement, qu'importe que Rosier fasse amende honorable, le mal était fait. C'était même un peu trop facile de venir essayer d'arrondir les angles maintenant.

Le 6ème année aurait donc pu protester, s'énerver, le rejeter. Aujourd'hui, il s'en sentait capable. Pourtant, étrangement, il n'en avait pas envie. Il avait le sentiment que ce serait inutile et au fond, il ne souhaitait qu'une seule chose, en finir enfin avec cette histoire.

Regulus voulut alors continuer son chemin mais le Serpentard se mit devant lui, l'empêchant de faire un pas de plus. L'attrapeur le fusilla immédiatement du regard mais ça n'arrêta pas le blond.

-Ma famille est aussi dérangée que la tienne. Dis-toi simplement que tu as réussi à prendre le bon pli et pas moi. On ne m'a jamais appris à aimer correctement.

Regulus détourna le regard et Severus et Pamela passèrent à coté d'eux. Son ami l'interrogea muettement, lui demandant si la présence de Rosier était normale. S'il allait bien. Regulus tenta de le rassurer en retour. Il n'était pas sûr du résultat mais avait probablement réussi puisque son ami continua son chemin. A présent, Severus et Pamela semblaient regarder avec intérêt quelque chose sur la porte de la salle de cours.

-Personne n'est parfait, continua Evan. Moi sans doute encore moins qu'un autre. J'aimerais être plus proche de toi mais si tu ne le souhaites pas, ce n'est pas grave.

Le blond se détourna ensuite et s'éloigna.

-C'est bien que tu reviennes aux réunions et je resterais loin de toi si c'est ce que tu désires.

Evan arriva très vite à son tour devant la porte toujours close, laissant Regulus seul, toujours immobile et surtout pensif. Le mieux était sans doute qu'il laisse toute cette histoire derrière lui comme il le désirait depuis le début.

-Qu'est-ce que tu fais, Reg' !?

L'attrapeur faillit sursauter. Il n'avait pas entendu son frère arriver alors que celui-ci avait été loin de se faire discret. Il voulut se retourner et répondre mais son ainé sauta soudain sur son dos. Il geignit, alourdi par le poids et le choc du geste. Une autre excentricité de Sirius… Il aurait néanmoins pensé qu'il le lâcherait aussitôt mais ce ne fut pas le cas. Il bougea alors, ses jambes commençant à faiblir. Heureusement, Sirius finit par le lâcher, riant bien trop fort près de ses oreilles. A côtés d'eux, James et Lily observaient tranquillement le spectacle que renvoyaient les frères.

-Ne fais pas ça ! s'agaça Regulus.

-Pourquoi ? rit Sirius.

-Parce que tu es trop lourd ! Et que c'est n'importe quoi, ajouta-t-il alors qu'il croisait les bras.

-Hé, dis que je suis gros t'en que t'y es !

-Je ne vais pas te contredire.

Sirius ouvrit grand la bouche de stupeur. A quelques pas, James rit discrètement et Lily fronça les sourcils.

-Je ne suis pas gros, j'ai des abdos ! rétorqua finalement Sirius, vexé. Si tu ne peux pas me porter, c'est parce que tu es trop maigrichon et faible !

Regulus eut alors la même réaction que son frère, le résultat donnant un tableau assez comique des Black. Ils étaient si semblables mais refusaient de l'avouer !

-Ne sois pas méchant, Sirius ! le reprit Lily.

La rousse esquissa ensuite un sourire en direction du cadet qui lui renvoya un regard noir. Le mot faible tournait dans la tête de Regulus et il était déterminé à prouver le contraire.

-Ne t'inquiète pas, Lily, c'est son regard habituel, lança James en souriant devant son visage surpris.

Regulus leva les yeux au ciel et se détourna.

Il allait enfin rentrer dans la salle de cours quand Severus, Rosier et Pamela vinrent à leur rencontre.

-On n'est pas au bon endroit, leur annonça Rosier.

-Comment ça ? s'étonna Lily.

-Le cours a été déplacé, il aura lieu dans le parc, résuma Severus.

-Quoi ? Pourquoi on ne nous a pas prévenus ? En tout cas, moi, je n'ai reçu aucun courrier magique, constata James, sceptique.

-Moi non plus. Il y a simplement ce mot sur la porte, soupira Pamela.

-On nous prévient au dernier moment, grommela Sirius.

Regulus soupira, agacé par la tournure que prenaient les évènements lui aussi. Il ne servait cependant à rien de râler, il fallait qu'ils se mettent en route maintenant car ils n'étaient pas en avance et risquaient fort bien d'être en retard.

xXx

Quand le groupe arriva enfin à destination, Hugo Leroy ainsi que les deux Poufsouffle étaient déjà présents. Ils étaient assis sur des chaises à l'allure très confortable, certainement des objets métamorphosés.

En arrivant dans sa salle de cours en milieu d'après-midi pour préparer son cours, le français avait émis quelques doutes quant à l'endroit. Il voulait faire de la pratique et il doutait qu'une salle soit appropriée. Il aimait avoir de l'espace, de la couleur et de la vie autour de lui. Les salles de classe n'avaient jamais été son fort et déjà à Beauxbatons, il avait passé son temps le nez rivé à la fenêtre vers les beaux paysages français.

Sachant qu'il serait compliqué de lui attribuer un autre lieu en si peu de temps même si Poudlard regorgeait de grandes salles libres, Hugo Leroy avait décidé de se débrouiller seul. De toute façon, il n'y avait qu'un seul endroit qui lui faisait envie : le parc. Il était grand et il faisait beau, il y avait de l'espace et la nature y était belle. Sans en parler à personne, il avait donc simplement décidé de changer d'endroit. Un mot pour prévenir les élèves et il s'en était retourné à ses activités. Il avait ensuite déambulé dans Poudlard, découvrant avec plus d'intérêt les lieux. Il avait pris possession de son logement de fonction le matin même et avait juste pris le temps d'y laisser ses affaires. Le reste de la journée, il l'avait ainsi passée à découvrir le village sorcier puisque la dernière fois, il ne s'y était rendu que pour des achats forcés.

Au cours de sa promenade dans le château, il avait croisé très peu d'élèves. Avant le dernier cours de la journée, il avait tout de même pu apercevoir Isabel MacDougal et Remus Lupin. Il s'était arrêté pour discuter cinq minutes avec eux et s'assurer qu'ils étaient bien informés que le lieu du cours avait changé. Ceux-ci avaient été étonnés et l'en avaient remercié. Avant de partir, Isabel avait demandé si les autres étaient au courant mais le français avait juste souri en affirmant qu'il avait fait le nécessaire.

Pour autant, à priori, le mot sur la porte n'avait pas suffi étant donné que quasiment tout le monde était en retard. Le professeur particulier avait du mal à y croire. Le mot sur la porte était présent depuis plusieurs heures, personne n'avait donc eu la curiosité d'aller voir avant ? Il observa alors le groupe, impatient de savoir comment ceux-ci allaient se justifier.

-Vous êtes en retard, quelle est votre excuse?

-Nous ne savions pas que le lieu du cours avait changé, nous étions partis devant la salle du 3ème étage de l'aile ouest, répondit Lily.

-Et alors ?

La réponse du français ne décontenança pas qu'elle.

-Je… Enfin, on ne pouvait pas savoir, lui fit-elle remarquer.

Elle chercha ensuite auprès de ses camarades un quelconque soutien.

-J'avais mis un mot à votre intention. Vous auriez eu le temps d'arriver à l'heure si vous n'aviez pas attendu le dernier moment pour venir.

A la tête que firent certains, le français comprit que c'est ce qu'ils avaient tous fait et il fronça les sourcils.

-Quand la cloche sonne, ce n'est pas le signal pour vous diriger en classe mais bien celui pour dire que vous devez être prêts à travailler. Donc…

Il fit trainer le mot sur sa langue, observant les élèves face à lui.

-Excuses irrecevables !

Hugo Leroy bougea soudain sa baguette et des plots apparurent sur le parc, délimitant un grand rectangle.

-Faites- moi le tour du terrain. Quatre tours.

-Quoi ?! s'indigna Severus. C'est vous qui nous avez prévenu trop tard !

-Cinq tours.

-On ne pouvait pas savoir, intervint James.

-Six tours, sourit-il. D'autres commentaires ?

Il n'eut pas de réponse.

-Bien, alors en route !

Et c'est ce qu'ils firent.

Toujours aussi souriant, le français proposa alors aux deux Poufsouffle de se rasseoir. Ceux-ci semblaient un peu gênés d'être les seuls à échapper à la punition mais Hugo appréciait assez l'instant. Bien sûr, c'était dommage de commencer en retard, ils perdaient tous du temps inutilement, mais donner des ordres, faire régner la discipline et être obéi ainsi était amusant. C'était si loin de son caractère et c'était quelque chose qu'il n'avait pas aimé lorsqu'il avait été lui-même élève mais l'expérimenter une fois ne pouvait pas être néfaste.

Et puis, il serait comme un enseignant pour eux et puisqu'il n'était pas beaucoup plus vieux qu'eux, il fallait vite établir les bases de leur rapport durant les cours. Les duels pouvaient être dangereux et requéraient beaucoup d'investissement. Cela n'allait pas être facile. Il voulait voir dès le début qui poserait problème et qui n'était pas vraiment motivé.

-Il fait beau, n'est-ce pas ? demanda-t-il aux deux Poufsouffle. J'avoue avoir pensé pendant longtemps qu'il faisait souvent gris en Grande Bretagne !

Remus fronça les sourcils, semblant ne pas savoir quoi répondre.

-Comment est la France ? lui demanda Isabel, intéressée.

-Comme je suis… Euh, comment dit-on déjà ? marmonna-t-il. Chauvin, vous voyez ? tenta t-il mais Isabel et Remus se regardèrent sans comprendre et Hugo soupira. On va juste dire qu'il ne faut pas vous attendre à quelque chose de vraiment exact et nuancé de ma part car pour moi, la France est le plus beau pays au monde ! En même temps, qui dit le contraire de la nation où il a grandi !

-Je connais un peu Paris, déclara Remus.

-Ah oui ! s'exclama son amie. La tour Eiffel, le Louvre, la place de l'Etoile, la Concorde, l'Elysée, les boutiques de luxe ! La ville de l'amour et du romantisme ! énuméra-t-elle, ravie.

Hugo se gratta la joue avec son index. Il se racla ensuite la gorge.

-Oui, Paris… Mais il y a autre chose. Enfin bon !

Le blond jeta un coup d'œil aux élèves toujours en train de courir. Certains manifestaient déjà quelques difficultés alors que d'autres avaient décidé de s'amuser de la situation.

-Je pense qu'ils ont bientôt fini, nota-t-il. J'ai hâte de commencer et d'évaluer votre niveau !

Hugo sourit et sentit soudain quelque chose remuer à l'intérieur de sa veste au niveau de sa poche intérieure. Il savait très bien ce que c'était : sa précieuse amie était en train de se réveiller. Il fit comme si de rien n'était et continua de discuter avec les deux sorciers.

-Remus Lupin, on m'a dit que vous étiez brillant. Votre père est plutôt connu grâce à ses faits d'armes, si on peut appeler ça comme ça. Je ne le connais pas personnellement mais Dumbledore m'en a parlé.

-Oh, très bien, répondit Remus.

Isabel lui sourit et lui donna un coup d'épaule, complice.

-Enfin, je ne sais pas si je dois être admiratif de son travail ou écœuré.

Les sourires chez les deux anglais disparurent et Hugo se leva.

-C'est quelque chose qui m'a toujours laissé sceptique. La régulation des animaux magiques, si on prend en compte les dérives et la manière dont c'est parfois géré, n'est pas un travail facile.

Remus voulut prendre la parole et Hugo pensa qu'il allait défendre son père, dire qu'il faisait très bien son travail et qu'il n'était pas un barbare, sincèrement persuadé de cette réalité. Il était prêt à parier que Lupin ajouterait qu'il y avait beaucoup de créatures dangereuses et que c'était normal de vouloir les contrôler pour éviter qu'elles ne se reproduisent en masse ou détruisent des villages sorciers. Certaines pouvaient potentiellement mettre leur vie en danger, c'était un fait, et Hugo le savait. Il avait entendu les mêmes arguments un nombre incalculable de fois dans son propre pays. De toute façon, la question n'était pas de savoir qui avait tort et qui avait raison. Il s'agissait de conviction personnelle et le moment était mal choisi pour s'étendre sur le sujet.

Il tapa alors dans ses mains, son sourire éblouissant son visage si expressif, et Remus referma sa bouche.

-Il est temps de commencer.

Il avertit le groupe de retardataires grâce à un puissant sonorus et ces derniers s'arrêtèrent, épuisés pour la plupart.

Hugo posa ensuite sa main au niveau de sa poitrine, disant ainsi bonjour à son amie. Il fit disparaitre d'un coup de baguette magique les chaises et attendit que les élèves viennent tous jusqu'à lui.

-Je vous connais de nom et ayant étudié vos dossiers, je vous connais aussi un peu, les prévint-il. Mais ce n'est pas forcément votre cas alors si vous avez des questions me concernant, c'est le moment.

Contrairement à ce à quoi il s'était attendu, il ne fut pas tout de suite submergé de questions. Il y eut d'ailleurs de longues secondes où chacun se regardait pour savoir qui allait se lancer en premier. Ce fut un Serpentard brun à l'air taciturne qui ouvrit les hostilités. On lui demanda quel âge il avait - 21 ans - quels étaient ses diplômes, son expérience, comment était la France bien sûr, ses cours préférés, son niveau en duel, son travail,…

Finalement, on ne lui posa pas beaucoup de questions personnelles et cela lui convint. Il profita néanmoins de la question sur son emploi pour se montrer plus bavard.

-J'ai le meilleur boulot au monde ! On me paye pour faire ce que j'aime et tout le monde ne peut pas en dire autant. Je suis explorateur ! Ce n'est pas facile, c'est même souvent dangereux, mais je suis bien accompagné. Ma fidèle amie, Mimie, veille sur moi !

Il mit alors la main dans la poche intérieure de sa veste et en extirpa le plus délicatement possible son familier. Mimie était un hybride, un savant mélange d'oiseaux qu'on pouvait apparenter à un moineau blanc et noir avec un long bec pointu et des pattes en forme de ressort.

Un silence stupéfait et admiratif à la découverte de l'animal se fit parmi les élèves. Dans le tas, Hugo remarqua notamment Regulus, particulièrement intéressé et fasciné par son familier. Il sourit, tendit le bras, et laissa Mimie s'envoler. Il pouvait parler de son métier et de son amie pendant des heures, mais le cours devait débuter.

xXx

Regulus observa l'oiseau – s'il pouvait la nommer ainsi – s'envoler. Alors le français était un explorateur. La définition était aussi vaste que variée de l'avis de Regulus et selon lui, l'homme était juste un glandeur. Mais bon, il avait l'air d'être heureux et de faire des choses intéressantes, bien accompagné en plus. Il était envieux.

-Bon, on va commencer les duels. Je veux voir ce que vous valez réellement. Alton, vous commencez, fit Hugo Leroy, les ramenant tous au moment présent.

Regulus et les autres reculèrent alors que les deux duellistes se faisaient face, baguette en main. Le cours était plus sérieux que ce à quoi le 6ème année s'était attendu. Il avait pensé qu'étant donné la bonhommie de l'homme, le cours aurait été plus détendu. Il fallait dire que ça avait mal commencé avec cette histoire de mauvaise salle et ce défaut de communication. Sans parler de cette course stupide que le français leur avait imposée…

Une minorité semblait partager son avis et comme par hasard, il s'agissait de ses homologues Serpentard. Sirius et James l'avaient qualifié de cool, ce qui de l'avis du brun n'était pas une qualité pour être prof. Lily Evans avait fait des recherches et avait dit qu'il était souvent cité comme étant un génie. Les autres étaient juste admiratifs.

Alors que le premier duel allait enfin commencer, Regulus se fit la réflexion que l'homme semblait plus sérieux qu'il n'en avait l'air. Il se rassura également en se rappelant qu'Hugo Leroy avait été choisi par le directeur. Compétent, il devait l'être au moins un minimum. Le 6ème année était impatient de le voir en action.

Au top départ, tout se passa très vite. Leroy avait attaqué le premier, surprenant la Serdaigle. Pourtant, il n'avait pas cherché à la désarmer car il ne voulait pas que ça se termine trop tôt : son but était d'évaluer leur niveau. Alton fit preuve d'endurance mais malheureusement, les attaques de Leroy étaient si vives et nombreuses qu'elle passa son temps à se protéger. Le professeur particulier la désarma finalement au bout de quelques minutes à peine, la félicitant tout de même à la fin.

-Vous êtes résistante mais n'oubliez pas que la meilleure défense, c'est l'attaque.

Il lui rendit ensuite sa baguette et la blonde le remercia.

-Black, à vous.

Regulus et son frère se regardèrent et Leroy sourit.

-Commençons par mon ami Regulus.

Celui-ci s'avança et James hurla tel un supporter pour l'encourager, comme si c'était un match et qu'il avait besoin de soutien. Le 6ème année lui fit signe de se taire avant de porter un regard ennuyé sur son adversaire. Au fond de lui cependant , son cœur battait un peu plus vite. Les encouragements, il n'en avait pas vraiment l'habitude et ça lui faisait quand même assez plaisir. Sirius se mit alors à lui donner des recommandations et tout cela commença à devenir gênant. Regulus essaya alors de fermer son esprit.

Le top départ fut donné et encore une fois, tout alla très vite.

-Oppugno ! cria Hugo.

-Protego ! répliqua Regulus juste à temps pour ne pas se prendre la nuée d'oiseaux. Stupefix !

Hugo évita le sort et roula sur le côté. Il sourit et Regulus serra les dents. Pendant un instant, il y eut un échange de sorts de part et d'autre, Regulus essayant au maximum d'attaquer. Il avait bien observé le duel précédent et le français n'avait pas tort en rappelant que s'il n'attaquait pas, il ne pourrait pas gagner. Mais cela allait si vite que Regulus avait à peine le temps de réfléchir à ce qu'il allait faire. Il agissait plutôt à l'instinct et utilisait donc des sorts qu'il connaissait parfaitement. Malheureusement, ceux-ci restèrent basiques et la frustration commença à l'envahir quand il se rendit compte qu'il avait du mal à parer les attaques du professeur particulier. A l'inverse, lui ne semblait pas fournir autant d'efforts dans le duel.

Après un sort contre lequel il ne put répliquer, Regulus termina ligoté et sous la surprise, trébucha. Il grimaça quand il s'écroula par terre et se sentit passablement énervé : il n'aimait pas perdre. Il avait à un moment réussi à projeter Leroy en arrière et cela aurait dû être considéré comme une petite victoire mais ce n'était pas suffisant pour le Serpentard. Il allait perdre et c'était la seule chose qu'il retiendrait. Sa baguette était toujours dans sa main et il la serrait d'ailleurs très fort même s'il savait qu'elle n'y resterait pas bien longtemps. Lumineux, l'adulte s'avança lentement vers lui. Regulus tenta de réfléchir à un sort pour s'en sortir.

Brûler la corde ? Cela prendrait trop de temps et il récolterait certainement des brulures au corps. Attaquer le professeur directement ? Il hésitait. Avec ses mains prises, il ne pouvait pas bien viser. Il pouvait tout de même se protéger d'un bouclier, il fallait simplement qu'il soit assez grand pour contrer n'importe quel sort.

Hugo Leroy se tenait juste à côté de lui et Regulus n'était toujours pas certain d'avoir fait le bon choix.

-Eh bien, on dirait que j'ai gagné, murmura le blond à son intention. Votre baguette, exigea le plus âgé.

-Vous êtes supposé me désarmer dans les règles de l'art, protesta Regulus.

Cela fit simplement sourire le blond. D'un geste fluide de la baguette, il releva Regulus et celui-ci fronça les sourcils, surpris. Ce n'était pas agréable de ne pas avoir la maitrise de son corps.

-Expelliarmus, prononça lentement l'adulte.

Regulus s'était laissé distraire et n'avait rien vu venir. Sa baguette s'envola au loin et il sut qu'il n'y avait pas de doute, il avait bel et bien perdu.

-Suivant, cria le professeur particulier. Dans la famille Black, je demande l'ainé !

Sirius s'avançait déjà baguette en main, un grand sourire aux lèvres.

Son frère fut meilleur que lui, ce qui énerva Regulus. Il ne pensa pas un seul instant qu'il était en 6ème année et que bien évidemment, les 7ème année avaient plus de pratique et un programme plus avancé que les autres. Et dire que le Serpentard avait essayé plus ou moins de se satisfaire d'avoir pu atteindre le français ! Au fur et à mesure des duels, il remarqua ainsi que d'autres le touchaient, si bien que le cadet des Black se demanda si ce n'était pas une manœuvre bien pensée de Hugo Leroy pour les tromper.

Et puis, ce fut au tour de Lupin. Celui-ci semblait assez sérieux et non pas impatient, excité ou nerveux comme ceux qui étaient passés avant. Regulus fronça les sourcils. Il était rare de voir le Poufsouffle avec une telle expression.

xXx

Remus n'avait pas envie de perdre. Comme toutes les personnes passées avant lui, forcément, mais pour lui, c'était différent. Presque une question d'honneur. Il savait que ce serait difficile, voire quasiment impossible. Battre le meilleur duelliste français alors qu'il était encore un étudiant de Poudlard et qu'il n'avait aucune formation dans cette spécialité ? Carrément farfelu…

Malgré tout, il ne voulait pas perdre, et surtout pas contre Leroy.

C'était la première fois que Remus ressentait ce genre d'agacement, de colère froide. Les propos que le français avait eus lors de leur discussion précédente ne lui avaient pas plu. Ce qu'il avait sous-entendu sur son père était faux, il en était certain. Bien sûr, il ne connaissait pas tout des dessous de son métier. Sûrement y avait-il des choses injustes, comme partout, mais ça ne faisait pas de son père un barbare. Il était un homme juste qui ne faisait que son travail et le faisait avec passion. Ce n'était pas lui qui fixait les règles et Remus était sûr qu'il n'avait jamais rien fait de répréhensible. Son père avait un cœur énorme et de l'honneur. Si travailler à la régulation des créatures magiques s'était avéré horrible et cruel, il aurait démissionné.

L'explorateur avait l'air d'être un idéaliste. Seulement, il oubliait que si les gens pouvaient vivre un minimum sereinement, c'était parce que d'autres allaient au-devant du danger et étaient forcés de prendre des décisions qui n'étaient pas toujours faciles. C'était la commission à la régulation des créatures magiques qui permettait notamment qu'il n'y ait pas de loup-garou un peu partout. De la même manière, elle négociait également avec les centaures pour leur attribuer des territoires, recenser les espèces dangereuses.

C'était un métier dur et dangereux, pas nécessairement reconnu mais respectable.

Alors oui, Remus se sentait assez énervé des jugements portés par le professeur particulier.

-J'ai entendu dire que vous pratiquiez beaucoup avec votre père, Monsieur Lupin, lui dit Leroy.

-Oui, enfin un peu.

Maugrey aussi l'avait un peu entrainé et l'Auror avait été bien moins sympa que son père. Le Poufsouffle garda néanmoins cette information pour lui. Les duels n'avaient rien à voir avec les autres cours dispensés ici et Remus n'était pas sûr d'avoir plus de chances que ses camarades contre le professeur particulier. Néanmoins, il avait remarqué quelque chose qu'il comptait bien mettre en pratique. L'avantage de passer après les autres : il avait pu observer. Remus ne doutait pas que Rosier et Severus aussi avaient mis le doigt dessus. James aussi pourrait se servir de cette information à son avantage s'il était plus concentré sur le duel qu'à encourager les autres, même si Remus trouvait son attitude appréciable. Malheureusement, Isabel semblait trop excitée par ce premier cours pour remarquer ce que faisait Hugo Leroy.

-Eh bien, allons-y. Albus semble attendre beaucoup de vous.

Cela rendit le châtain assez nerveux pour le coup. Il sentit alors avec plus de précision les regards des autres. Il inspira et se concentra. La moindre erreur pouvait être fatale dans un duel. Il fallait qu'il soit rapide, agile et puissant.

Le top départ fut une fois de plus donné tandis que l'oiseau blanc volait au-dessus de leur tête, pas décidé à s'éloigner plus que ça.

-Experlliarmus ! tenta Remus.

Leroy se protégea grâce à un bouclier puissant qui s'évapora ensuite d'un mouvement de sa main. Il se mit alors à courir vers le plus jeune et Remus bougea en rythme, gardant la distance nécessaire pour pouvoir prévoir et parer les coups.

-Aguamenti !

Remus sembla hébété quelques secondes mais se reprit bien avant que le jet d'eau ne l'atteigne.

-Feudeymon !

Les flammes jaillirent de sa baguette et pulvérisèrent l'attaque d'Hugo Leroy. Le feu forma alors un dragon furieux fondant sur sa proie. Remus savait ce sort dangereux et il ne l'aurait pas utilisé contre un autre élève car il le maitrisait à peine. Mais le Poufsouffle avait bien étudié et avait demandé des conseils à Maugrey.

Les flammes de ce sort étaient vivantes, donc dotées d'un libre arbitre, ce qui les rendait difficiles à maitriser. Les flammes se nourrissaient ainsi de ce qu'elles brulaient et cherchaient à capturer toute proie à proximité. Et puisque les élèves du groupe de duels étant trop loin pour lui, le Feudeymon n'avait d'autre choix que de se rabattre sur la personne qui lui faisait face, Hugo Leroy. Le dragon de feu n'avait rien pu avaler encore, il était donc à son stade le plus faible. Remus ne doutait pas que le professeur particulier était capable de s'en débarrasser et il n'avait pas mis toute sa force exprès.

Le Feudeymon n'était pas fait pour battre le français : Remus n'était pas assez fort pour ça mais il pouvait s'en servir comme distraction. Le Poufsouffle se déplaça ainsi sur le terrain alors qu'Hugo Leroy lançait un puissant Aguamenti pour tenter de faire reculer les flammes. Il lança finalement un sort en français et la température baissa drastiquement. Le Feudeymon disparut.

-Meteorribilis Recanto, fit Remus pour contrer le dernier sort lancé par le blond. Bombarda, lança-t-il ensuite. Maxima Bombarda ! lança-t-il ensuite plus fort.

Les explosions causèrent de la fumée. Remus avait visé assez proche du professeur pour lui faire croire qu'il cherchait à l'atteindre, mais pas assez près pour le blesser. Ce qu'il cherchait à obtenir était de brouiller sa vision sans que l'autre ne le comprenne. Hugo Leroy invoqua cependant un grand coup de vent et Remus s'apprêtait à lancer un autre sort lorsque la bourrasque se fit plus violente. Il fut déstabilisé et ferma les yeux pour empêcher la poussière et les brins d'herbes de s'infiltrer dans ses rétines.

Cela lui coûta des secondes, de trop longues secondes, et il comprit bien trop tard que c'était une manœuvre pour l'empêcher de répliquer. Il fallait qu'il se tienne prêt, qu'il se prépare : dès que l'attaque se terminerait, cela irait très vite.

D'un coup, la bourrasque cessa et Remus prit à peine le temps d'ajuster sa vision pour lancer le sort de désarmement. Leroy fit de même mais le sien partit plus tôt. Le timing fut fatal à Remus et il ne put que regarder sa baguette lui échapper. Il fut triste et déçu de sa défaite : il aurait voulu faire mieux.

-Bien joué, Lupin ! le félicita-t-il.

Il observa ensuite les élèves qui n'étaient pas encore passés.

-Malheureusement, nous allons nous arrêter là pour les duels, les autres passeront demain. A présent, nous allons passer à l'analyse des différents duels qui se sont tenus.

Ils discutèrent ainsi du pourquoi les élèves avaient choisi ces approches-là en particulier. Hugo Leroy eut un commentaire pour chacun de ceux qui étaient passés pour qu'ils puissent s'améliorer.

Regulus sut donc qu'il était trop sur la retenue. Pourtant, il avait fait de son mieux et il ne comprenait pas vraiment la remarque mais il acquiesça tout de même. Sirius, sans surprise, fut prié d'être plus sérieux. Même si ses sorts avaient bien marché, il ne devait pas oublier que la personne face à lui était un adversaire et que ce n'était pas un jeu. S'il n'y allait pas avec tout ce qu'il avait dans le but de gagner, il aurait vite des difficultés. Evans fut par sa part priée d'améliorer son endurance. Lors du tournoi de duels, ils en auraient parfois jusqu'à 5 à mener dans la même journée alors il fallait qu'ils sachent gérer leur énergie.

Remus était celui qui s'en était le mieux sorti mais il eut lui aussi droit aux conseils du blond. Il fallait qu'il garde son calme et fasse preuve de plus d'imagination. Ses tactiques rusées pouvaient marcher pendant les premiers tours mais ses sorts qui manquaient parfois d'énergie ne surprendraient pas les sorciers les plus aguerris.

Severus fit une remarque comme quoi le français avait pourtant éprouvé des difficultés face au Poufsouffle.

-Si vous le dites ! fut la réponse énigmatique de celui-ci.

Et le premier cours de duels se termina ainsi. Ils retournèrent au château, pressés d'aller manger, même si certains étaient déterminés à aller se laver avant, histoire de se sentir un peu plus propre.

xXx

Après le cours de duels, Regulus avait été surpris que son grand frère vienne le voir et demande à lui parler. Il avait accepté, à la fois inquiet et curieux. Sirius et lui n'avaient pas vraiment d'échanges réguliers au sein du château alors inconsciemment, il pensait qu'il s'agissait de quelque chose de grave. Ils décidèrent d'aller dehors et les températures encore un peu fraiches rougirent les joues de Regulus. A côté de lui, Sirius marchait d'un pas énergique, les mains dans les poches, le regard fixe et ses cheveux longs secoués par la brise.

Regulus le suivit un moment tout en se demandant où ils allaient. Le diner n'allait pas tarder à commencer et il n'avait pas envie de le rater, il était affamé. A cause de l'appréhension, il n'avait pas été capable de manger grand-chose jusqu'ici mais il savait qu'il devait faire un effort pour être en forme en prévision du match du lendemain. Soudain, il dévisagea son frère.

-Tu ne vas pas essayer de te débarrasser de moi pour m'empêcher de jouer demain, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il très sérieusement.

Sirius s'arrêta et lui lança un regard étonné. Il fronça ensuite les sourcils, semblant réfléchir à ce que venait de dire son cadet.

-Je n'y avais pas pensé mais tu viens de me donner une brillante idée !

Il sourit et haussa plusieurs fois ses sourcils.

-Tu ne devrais pas me tenter comme ça…

Regulus soupira et croisa les bras sur son torse.

-Je pense qu'on est assez loin de tout et de tout le monde, peut-être que tu pourrais enfin me dire ce qu'il y a. Est-ce grave ?

L'inquiétude filtrait dans sa voix.

-A toi de me le dire, répliqua Sirius. Tu es arrivé avec Rosier au cours. Pourquoi il ne te laisse pas tranquille ?

-Encore avec ça, souffla Regulus, un peu agacé.

Ce n'était pas la première fois que Sirius venait le voir à propos du blond et bien qu'il ne soit pas habitué à ce que son frère lui témoigne de l'inquiétude, il avait également l'impression que celui-ci ne lui faisait pas confiance pour gérer sa vie. Comme s'il le pensait incapable de se défendre seul ou de prendre les bonnes décisions. Tout comme Padfoot.

-Oui, encore avec ça, répéta Sirius. Quel mal y a-t-il à s'inquiéter ?

-Aucun mais j'aimerais que tu me laisses gérer seul. En plus, ce n'était rien de grave. Il voulait qu'on se réconcilie en quelque sorte mais ce n'est pas ce que je veux et j'aimerais juste qu'on reste loin l'un de l'autre.

-Tu as demandé à changer de dortoir ?

Regulus secoua la tête et son frère n'en crut pas ses oreilles. L'attrapeur tenta alors de lui expliquer avant que celui-ci ne s'insurge.

-J'y ai pensé mais si j'en fais la demande à Slughorn, il me demandera pourquoi. Il posera des questions et je ne pourrais pas inventer un quelconque argument futile. De toute façon, il devra vérifier auprès d'Evan.

-Tu n'as pas envie que ça se sache, comprit Sirius.

-Evidemment !

-Tu n'as pas à avoir honte, c'est toi la victime dans l'histoire.

Regulus secoua la tête et continua à marcher jusqu'à un banc où il s'installa. Son frère ne tarda pas à le rejoindre.

-C'est facile pour toi de dire ça mais en attendant, c'est moi qui vais passer pour un faible. Toi-même, tu le disais tout à l'heure.

-Quoi ?! s'insurgea Sirius.

-T'as dis que j'étais faible.

-Mais enfin, Reg', je disais ça pour rigoler ! On passe notre temps à se charrier et à se lancer des piques, je croyais que c'était notre façon de communiquer ! Tu sais bien que je t'aime ! Enfin, tu es mon frère… Je tiens à toi, quoi, termina-t-il maladroitement.

Ne s'attendant pas à cette déclaration, Regulus détourna le regard et observa l'herbe sous ses pieds. Le lac était à des dizaines de mètres d'eux et derrière, les lumières du château étaient si vives qu'elles éclairaient leur environnement. Le ciel se faisait plus sombre et quelques rares étoiles étaient déjà visibles. Il n'y avait pas un bruit, seulement le clapotis irrégulier de l'eau.

Regulus ne savait pas comment se sentir. Techniquement, il savait que son frère l'aimait. Il faisait partie de la même famille, c'était quelque chose de normal, mais cela faisait longtemps que Sirius ne l'avait pas rassuré à ce sujet. Leur relation s'était dégradée peu après la rentrée de Sirius à Poudlard. Celui-ci avait commencé à lui accorder moins d'attention, déjà qu'il n'était plus aussi souvent présent. Et quand il rentrait pendant les vacances et qu'il se faisait punir à cause de sa répartition et que Regulus n'arrivait pas à prendre sa défense, Sirius s'énervait contre lui, lui reprochant de ne pas l'aider, d'être lâche.

Même si aujourd'hui leur relation était plus apaisée, il n'était pas simple de passer au-delà de ces années chaotiques.

Se livrer à cœur ouvert n'était pas un exercice facile de toute façon.

-Ça t'a vexé ce que j'ai dit tout à l'heure ? insista Sirius parce que Regulus semblait perdu dans ses propres pensés.

-Ouais. Je n'aime pas quand tu dis ça parce que j'ai l'impression que c'est vrai.

-Oh, OK, fit Sirius, pris au dépourvu. Je pensais pas que t'avais si peu confiance en toi. Pour moi, tu es beau, tu es talentueux, ta magie est belle et tu es fort. C'est évident.

Regulus se gratta la joue droite. Pour une raison qu'il ignorait, il avait du mal à accepter les compliments. Une petite part de lui imaginait pourtant que c'était parce que ses propres parents ne lui en avaient jamais vraiment fait.

-C'est pour ça que tu auras de grandes chances d'être sélectionné, continua son frère. Hugo Leroy a l'air de t'apprécier. On dirait que vous vous connaissez, comment ça se fait d'ailleurs ?

-Je ne crois pas, le détrompa Regulus. On s'est rencontré par hasard avant qu'il ne vienne se présenter à Poudlard et je me suis à moitié ridiculisé. Probablement qu'il aime me taquiner. Je dirais qu'il est bien plus impressionné par Remus.

-Vraiment ? s'étonna Sirius. Tu penses qu'il est gay ?

-Qu'est-ce que j'en sais… Et pourquoi tu me demandes ça ? Tu es inquiet ?

Il fronça ensuite les sourcils, prenant conscience d'un élément important.

-Alors vous vous êtes réconciliés et vous vous revoyez ? comprit-il, franchement surpris.

-On s'est réconcilié et on essaie d'être amis. Ca marche bien pour l'instant.

-C'est pour ça que tu es jaloux !

Regulus sourit, amusé.

Il observa alors son frère : c'était étrange de le voir jaloux. C'était également assez drôle. Bien entendu, il avait plein de choses à dire concernant ce qui se passait avec Remus. En effet, il s'était rapproché du Poufsouffle si bien qu'ils étaient devenus amis. Il avait vu combien cette histoire l'avait affecté et il espérait donc que cette fois-ci, son frère était sûr de lui. Néanmoins, contrairement à Isabel et à James, il ne comptait pas se mêler de cette histoire.

Pourtant, il perçut quelque chose d'étrange dans le regard gris de son frère. Ses yeux étaient sombres, presque durs, reflétant soudain son sérieux.

-Et toi ? lança Sirius. Tu ne me parles pas beaucoup de tes histoires de cœur. Vois-tu quelqu'un en ce moment ?

Regulus eut une sensation étrange. Son frère semblait suspicieux, il n'avait pas l'air de lui poser une question anodine. C'était plus comme s'il le testait.

-Je n'ai pas que ça à faire et si c'était le cas, tu serais la dernière personne au courant, répondit-il franchement.

Il ne sut pas s'il avait bien répondu car l'expression de son grand frère resta neutre. Le batteur se leva simplement et s'étira. Regulus le regarda faire, intrigué par son comportement. Ce fut à cet instant qu'il aperçut le bracelet que portait toujours le Gryffondor. Il n'y avait pas pensé avant mais à la base, il avait « volé » ce bijou magique pour que les Maraudeurs aient un allié en allant à Azkaban.

-Sirius, tu le portes toujours, constata-t-il.

Il indiqua la moitié du bracelet au poignet du Gryffondor.

-Oh, ouais, répondit-il.

Regulus se leva et hésita. Il ne savait pas comment parler à son frère des propriétés exactes du bracelet, de sa forte concentration en magie noire. Il savait le rapport que son frère entretenait avec cette magie, notamment à cause de leurs parents. Il n'en avait pratiquement pas parlé lorsqu'il le lui avait donné.

-Si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'aimerais bien le récupérer.

-Pourquoi ça ?

Bien entendu, Sirius n'allait pas simplement s'exécuter.

-C'est un bracelet magique que j'ai obtenu illégalement et qui contient de la magie noire.

Sirius écarquilla les yeux, stupéfait.

-Désolé de ne pas t'en avoir parlé avant. C'est un trésor de famille, il n'est pas dangereux pour nous. Par contre, on n'en sait pas beaucoup sur ses capacités et j'aimerais éviter que tu le portes pendant le match tant qu'à faire.

-Oh, il ne s'agit que de ça, se moqua le batteur.

Regulus soupira et récupéra le bracelet que Sirius lui tendait, un sourire aux lèvres.

-Il y a de ça mais surtout, j'aimerais le rendre à notre famille. Je n'ai pas confiance en toi pour avoir un tel trésor au poignet, ajouta alors Regulus.

-Tu ne disais pas ça quand il a fallu que j'aille à Azkaban.

-Ce n'était pas pareil, je m'inquiétais pour toi.

-Serais-tu en train de dire que tu tiens à moi ? le taquina l'ainé.

Regulus choisit de ne pas répondre. Sa réaction fit rire Sirius qui ne releva pas. Il déclara simplement qu'il commençait à avoir faim et qu'il était temps de rentrer. Comme c'était aussi le cas de Regulus depuis plus d'une demi-heure, il ne se fit pas prier au moment de retourner au château.

xXx

Assis sur l'une des cuvettes fermées des toilettes, James se demandait ce qu'il faisait là. Il n'était pas encore 6h du matin et il aurait dû être dans son lit à ronfler tranquillement. Oui, il aurait dû se reposer. Il avait un match important aujourd'hui. Enfin, c'était peut-être pour ça qu'il était déjà réveillé, l'excitation l'ayant empêché de dormir. Ses yeux le piquaient à cause du manque de sommeil et il avait l'impression d'avoir mal à la tête.

Il soupira et observa le magazine qu'il avait à la main. Peut-être que c'était ça aussi qui l'avait tenu éveillé. Depuis que Alice lui avait prêté quelques exemplaires, il y avait pensé longuement sans avoir pour autant le temps d'en commencer un. Pour être honnête, s'il était là, c'était également pour pouvoir lire sans se voir interrompu ni interrogé. Mais encore plus pour être tranquille et n'embêter personne : il était tôt, un lumos aurait fini par déranger ses amis.

Il soupira et regarda la couverture avec la sensation qu'il allait bientôt avoir accès à un monde nouveau, différent.

Feminisex, la libération sexuelle dans le monde magique anglais.

Il lut d'abord le sommaire, satisfait d'y découvrir des thèmes variés : les mœurs sorcières, le plaisir féminin, l'émancipation féminine, la place des femmes dans les ménages sorciers, les différences de pratiques dans les familles bourgeoises et populaires. Tout cela l'intéressait mais il ne se sentait pas de lire l'intégralité. La place des femmes dans les ménages sorciers et les différences de pratiques entre riches et pauvres étaient forcément captivant mais il devait reléguer ces lectures pour plus tard.

Curieux, il décida de commencer par le plaisir féminin. Rapidement. C'était une histoire d'ego pour beaucoup mais il souhaitait aussi réellement comprendre. Le fait que Lily n'ait jamais souhaité coucher avec lui l'avait interrogé. Il avait en quelque sorte envie de savoir si, quelque part, il avait pu faire quelque chose de mal.

L'article fut intéressant. Il parlait du fait que pendant longtemps, le plaisir des femmes avait été considéré comme quelque chose de futile, de non nécessaire. Leur rôle était avant tout de permettre la procréation. Cette attitude étonna James. Lui n'avait jamais vu les choses ainsi et n'avait pas eu l'impression que c'était le cas des gens qui l'entouraient. L'article faisait pourtant un lourd bilan à ce sujet, rappelant que pour beaucoup d'hommes, les femmes n'étaient pas assez considérées, pas comme leur égale tout du moins. Ainsi, selon l'article, les hommes parlaient souvent de leur physique, commentaient de manière vulgaire les ébats qu'ils avaient pu avoir avec elles, avaient des propos peu élogieux et les caractérisaient rapidement comme des nymphomanes ou des personnes aux mœurs légères, volage…

James se sentit un poil mal à l'aise. La chroniqueuse ne dépeignait pas un bon tableau des hommes et faisait peu de nuances. Il continua néanmoins à lire. La suite de l'article arrêtait d'épingler les hommes et continuait en expliquant qu'il était tout à fait possible de ressentir du plaisir seule, parfois même plus qu'avec un homme. James se demanda alors si la chroniqueuse sous-entendait que les femmes pouvaient faire comme les hommes et se contenter de leurs mains et y trouver leur compte. Une manière de dire qu'elles n'avaient pas forcément besoin d'homme, que leur plaisir ne dépendait pas que d'eux. Elle informait des différentes pratiques et estimait que beaucoup de femmes ne prenaient aucun plaisir à la pénétration, préférant les préliminaires. Etaient ensuite couchées sur papier des informations concrètes comme l'âge moyen des premiers rapports, des positions préférées et de la volonté des femmes d'assumer leur désir.

-Hum… fut la seule réaction de James.

L'article lui laissa un sentiment plutôt mitigé et il était trop fatigué pour se prendre la tête. C'était intéressant mais certains passages avaient un goût amer et en même temps, James était obligé d'admettre qu'il était en train d'apprendre et d'ouvrir son esprit. Il ressentit également l'envie d'en discuter avec Alice, d'échanger leurs opinions. Il avait envie de savoir si elle partageait les dires de la chroniqueuse.

Sa seule véritable déception fut de ne pas trouver de réponse satisfaisante sur le fiasco qu'avait été sa vie sexuelle avec Lily. Mais c'était peut-être là le problème. Parce qu'il n'y avait jamais eu pénétration, James avait toujours considéré qu'ils n'avaient pas fait l'amour, qu'il manquait quelque chose. Or, la conception du sexe changeait selon les personnes. Au final, peu importait si Lily n'avait pas voulu ou pas ressenti l'envie ou le besoin. Oui, peu importe, c'était son droit. C'était du passé.

Dans un état d'esprit assez troublé, il entama ensuite l'article sur les mœurs sorcières. Et ce qu'il lut l'étonna autant qu'il le contenta. Il apprit ainsi qu'avant l'assimilation de la culture moldu, les sorciers n'accordaient pas autant d'importance aux étiquettes. Par exemple, il n'était pas question d'homosexualité mais de « pratique homosexuelle ». C'était très courant chez les sorciers aristocrates. A une époque assez éloignée, la pratique était même régulièrement utilisée dans les mariages avec une grande différence d'âge, quand la femme était encore trop jeune. Le mari pouvait alors assouvir ses besoins sexuels auprès d'hommes payés. Ce n'était pas considéré comme une tromperie et avantageux pour tout le monde. Il n'y avait pas de risque de grossesse, le mari n'était pas contraint de se frustrer et la jeune femme avait la paix en attendant d'avoir l'âge et la maturité pour perdre sa virginité.

-La vache, grimaça James. Ils avaient vraiment des pratiques étranges avant. Quelle idée d'épouser une gamine de même pas 13 ans aussi…

L'idée le rebutait mais c'était une époque révolue. Maintenant, les gens faisaient des mariages consanguins pour maintenir la pureté du sang et il n'était pas sûr que ce soit mieux.

L'article abordait ensuite le sujet de l'homosexualité. Les gens se voilaient moins la face à ce sujet selon l'auteur. C'était beaucoup moins considéré comme une excentricité, mais ce n'était pas forcément bien vu non plus. James se concentra mais au fur et à mesure de sa lecture, il eut l'impression que ce n'était pas quelque chose qui le concernait. Il eut alors un brin d'espoir lorsque l'article parla de bisexualité pour qualifier les maris qui utilisaient ce genre de pratiques. A une autre époque, c'était même la norme, apprit-il. Ce qui n'était pas bête en soit. On ne pouvait pas coucher avec un homme sans être un minimum attiré par lui. La bisexualité était un terme compliqué qu'il fallait bien comprendre. La chroniqueuse affirmait ainsi qu'il était normal pour une personne de ressentir du plaisir sous le toucher d'une personne de même sexe et que cela ne faisait pas d'elles des personnes homosexuelles ou bisexuelles.

Il y avait beaucoup de paramètres à prendre en compte pour se reconnaitre réellement en tant que personne bisexuelle : la romance, la nature de la relation, les conditions dans lesquels les ébats se déroulaient et jusqu'ou cela allait. Par exemple, un homme hétéro pourrait difficilement aller jusqu'au bout et encore moins rendre les caresses données selon la chroniqueuse.

-Attends, attends, j'y comprends rien…

Malheureusement, l'article n'en disait pas plus et continuait sur différentes mœurs : les harems, tout le mysticisme fait autour de la pureté des femmes,... Cela frustra James. Il avait cette sensation d'avoir été inondé d'informations mais en même temps, de ne pas être plus avancé. Maintenant, c'était le bordel dans sa tête. Il continua pourtant à lire, survola plusieurs lignes mais ne trouva rien d'autre. Il soupira.

C'était dommage mais il n'allait pas abandonner pour autant. La chroniqueuse le lui avait bien démontré, il y avait énormément de choses qu'il ignorait. James avait ainsi retenu que pendant longtemps, les cases n'avaient pas existé et les gens n'en avaient été que plus heureux. Alors aujourd'hui, il était vrai que James avait besoin de comprendre, mais si jamais il ne trouvait pas, il ne s'en servirait pas pour autant pour fuir ce qu'il ressentait pour Regulus.

Il n'était pas hétérosexuel mais pas homosexuel non plus visiblement. Il n'était pas sûr de ce que représentait exactement la bisexualité alors il était mitigé à ce sujet. De son avis, c'était un condensé des deux, une espèce de compromis bizarre mais plutôt fun. C'était deux fois plus d'amour. Même si là encore, il ne fallait pas confondre sexualité et hétéro-romance ou homo-romance selon l'auteur. Il allait devoir creuser…

James referma le magazine et sourit. Il quitta ensuite sa cabine et s'observa quelques secondes dans le miroir.

-Salut, James.

Le Gryffondor sursauta et porta la main à son cœur.

-Désolé, rigola Padfoot. Ça fait un moment que je t'attends mais je ne voulais pas te déranger pendant que tu étais dans les toilettes.

-Oh, tu aurais pu ! s'exclama-t-il.

Il lui montra le magazine.

-Je me cultive, même si mon cerveau ressemble juste à de la bouillie pour l'instant…

-Tu es vraiment sérieux à ce sujet, constata l'esprit.

-Ouais. Mais le reste devra attendre, y a match aujourd'hui !

-J'ai hâte de voir ça. Bonne chance.

-Pas besoin de chance quand on a le talent !

De retour dans le dortoir, tout était encore plongé dans le noir et tout le monde dormait paisiblement. James les envia : lui ne pouvait penser qu'au match et à Regulus. Quand l'un n'occupait pas ses pensées, c'était l'autre !

Aujourd'hui, ce ne serait pas juste les Gryffondor contre les Serpentard, ce serait Regulus contre lui. Et ça signifiait beaucoup pour James. Regulus était considéré comme le meilleur attrapeur des quatre maisons et si James pouvait le battre, ça voudrait dire qu'il méritait le poste qu'il occupait. Il souffla un bon coup, remonta ses lunettes sur son nez et se dirigea à tâtons vers le lit de son ami.

-Il est déjà 8h, Sirius ! s'écria-t-il en sautant sur lui.

Sirius gémit de douleur et grogna.

-Tu mens, marmonna-t-il.

D'autres protestations s'élevèrent des lits à côté, maudissant tous avec différents degrés d'énervement le capitaine de Quidditch.

-Mais si, continua James, même s'il n'avait aucune idée du temps qu'il avait passé aux toilettes. Debout, on a une grande journée qui nous attend ! continua-t-il.

-Tais-toi, Potter, grogna la voix grave d'un de ses camarades de chambre.

-Vous êtes tous méchants avec moi, souffla-t-il.

Sans perdre son sourire, James se releva et retourna dans la salle de bain histoire de se préparer. Il demanda à Padfoot s'il était toujours là et ce dernier lui répondit. Il discuta alors avec lui en entrant dans la douche, lui demandant de lui parler de cette vie qu'il avait vue, celle qui l'avait poussée à s'interroger sérieusement sur lui-même. Il se lava, écouta son ami et fit de son mieux pour ne pas s'attarder sur les quelques veines noires qui apparaissaient à cause du port prolongé du bracelet autour de son poignet.

xXx

Le match était dans moins de deux heures et James s'était isolé pour ne pas perdre sa concentration. Assis à l'extérieur du terrain de Quidditch juste sous les gradins, il jouait distraitement avec son vif d'or et observait le paysage. Les rangées étaient encore vides mais dans une heure environ, les premiers supporters viendraient prendre place, criant pour leur équipe favorite.

James passait toujours par différents stades d'émotions les jours de match. La joie, l'euphorie, l'hyper adrénaline, et ce dès la veille même parfois. Il y avait également le stress, l'impatience et la volonté de bien faire qui le rendaient si nerveux qu'il devenait mutique et pas très sympa avec les autres. C'était généralement là qu'il en faisait voir de toutes les couleurs à ses coéquipiers. Ça se manifestait à chaque fois lors du dernier briefing de l'équipe, probablement parce qu'il avait plus conscience que jamais qu'ils y étaient enfin.

Et puis, il y avait la phase dans laquelle il baignait actuellement.

La douce excitation, le calme et l'envie. Les minutes lui semblaient longues et trop courtes à la fois. Son cœur semblait battre doucement, presque en sourdine, et James se sentait en pleine possession de ses moyens.

Tout le monde ne vivait pas ces instants comme lui et bien heureusement. Par exemple, Alice rigolait bêtement, comme un tic, sans que James ne puisse savoir si c'était dû à la nervosité ou à l'impatience. Riff, l'un de leurs batteurs, avait quant à lui la fâcheuse habitude de s'enfermer aux toilettes…

Avant, James aimait s'entourer, revoir encore et encore les tactiques pour ensuite briefer son équipe sur les schémas stratégiques. Il n'avait compris que depuis peu que procéder ainsi le faisait encore plus stresser. Ici, loin de tout et de tout le monde, il arrivait à contrôler ses émotions. Il ne savait pas ce que donnerait le match et il voulait miser sur leur victoire mais même si cela ne se terminait pas bien, il adopterait cette nouvelle méthode d'avant match. C'était contreproductif de se sentir anxieux, stressé. Bien entendu, l'adrénaline était toujours là mais il préférait celle qu'il ressentait à cet instant, bien plus saine selon lui.

Il ferma les yeux, rêveur, imaginant comment allait se dérouler le match, comment son équipe allait gagner. Le moment où il refermerait ses doigts sur la petite balle dorée, juste sous le nez de Regulus. Le Serpentard l'observerait alors, fasciné par sa force, son talent et ses prouesses. Si Regulus n'avait pas la défaite trop amère, il pourrait être émerveillé, captivé par sa victoire. Il pourrait le féliciter. James n'avait aucun mal à imaginer comment. Regulus était pudique alors il ne s'élancerait probablement pas dans de grandes envolées. Il le ferait du bout des lèvres, la gêne visible. Les joues colorées, ses yeux bleu gris envoutants qui n'oseraient pas croiser les siens et la tête basse pour faire comme si tout était plus intéressant que le Gryffondor. Mais au final, il lui sourirait quand même.

James sentit son estomac se contracter à cette vision qu'il espérait prophétique. Une douce chaleur se répandit dans son corps et le foyer sembla bientôt former un brasier au niveau de sa poitrine, de son cœur. Il repensa à ce qu'il avait lu plus tôt dans la journée et combien cela l'avait en quelque sorte apaisé. Rassuré.

Il entendit soudain des bruits de pas et fouilla le terrain des yeux. Personne. Mais lorsqu'il releva la tête, il vit Regulus piquer vers le sol. Le Serpentard descendit ensuite de son balai. Il était en uniforme et avait dû vouloir soit s'échauffer, soit voler un peu pour se vider la tête. Il avait été si pris dans ses pensées qu'il n'avait pas fait attention à lui. James eut un sentiment bizarre à le voir ainsi. A croire qu'il lui suffisait de penser au Serpentard pour que celui-ci apparaisse.

-Retourne-toi, murmura t-il sans réfléchir. Regarde-moi.

Regulus se passa la main dans les cheveux, observa le ciel puis se tourna d'un coup vers lui.

James sentit alors son bracelet vibrer et chauffer en même temps. Des murmures se firent entendre. Il avait l'impression qu'il s'agissait de sa voix, de ses mots, mais ce n'était pas possible.

Viens. Approche… Regarde-moi.

James ne voulait pas penser au fait qu'il s'agissait bien de sa voix et que les chuchotis semblaient provenir du bracelet. Il venait d'arrêter de vibrer et ne lui faisait pratiquement plus mal. La seule chose qu'il voyait était que Regulus venait vers lui. Il fit quelques pas, restant à la limite, encore caché sous les gradins mais les pieds à quelques centimètres du terrain.

-Que fais-tu ici ? lui demanda Regulus.

James sourit mais ne répondit pas. A la place, il lui proposa d'aller s'asseoir un peu plus loin. Regulus regarda l'herbe parfaitement taillée et grimaça. Hors de question qu'il s'asseye par terre !

-Rien, je passe le temps, répondit finalement James. Prêt pour ta défaite ?

L'expression du visage de Regulus ne changea pas.

-Ça n'arrivera pas et tu le sais. D'ailleurs, je suis content de te voir.

-Moi aussi ! répondit précipitamment James, ce qui coupa Regulus dans son élan.

James put alors voir le trouble chez le Serpentard et il en ressentit une certaine satisfaction.

-Le match va bientôt commencer, il faut que tu me rendes ta partie du bracelet.

-Hein ? s'étonna James. Pourquoi ?

-Parce que tu ne peux pas le porter, répondit Regulus.

-Et pour quoi ça ? Je te rappelle que j'en ai besoin pour discuter avec Padfoot !

-Tu n'en as plus besoin justement, il n'est plus là, répliqua le plus jeune.

-Bien sûr que si, j'ai discuté avec lui avant de descendre prendre le petit-déjeuner !

Une étrange émotion passa sur le visage du Serpentard avant qu'il ne se contrôle.

-Ce bijou appartient à ma famille, tu ne peux pas le conserver, reprit-il après un instant. En plus, c'est de la magie noire, il peut être dangereux.

James haussa les épaules.

-Je l'ai payé donc objectivement, je suis dans mon bon droit.

-Rends-le-moi, s'impatienta Regulus, outré par l'attitude du brun. Je viens de te dire que c'est dangereux ! On ignore exactement les conséquences d'une exposition prolongée. Je m'inquiète sincèrement et si ça ne suffit pas, dis-toi qu'il pourrait également t'avantager d'une manière ou d'une autre pendant le match, des duels ou des devoirs. Ce n'est pas correct.

Regulus avait autre chose à faire que se quereller avec James. Le match allait bientôt commencer et il était étrange de passer ce temps avec son adversaire direct.

-Comment je peux être sûr que tu me dis la vérité ? Tu débarques et m'annonces soudainement que ce bracelet est dangereux et qu'il faut que je te le rende à tout prix. C'est bizarre.

James fronça les sourcils et observa le plus jeune, curieux de savoir ce qu'il allait encore lui sortir. Savoir s'il allait pouvoir voir à travers ses mensonges. Car James mentait, il en était conscient. Dès que Regulus avait évoqué le bracelet, il aurait dû opiner et s'exécuter. A la place, il s'était vu nier et se montrer méfiant. Il ne savait pas bien ce qui lui prenait, c'était simplement plus fort que lui. Cela dit, il n'avait pas complètement tort, Regulus ne pouvait pas venir pour essayer de lui prendre quelque chose qui était devenu aussi précieux au fil du temps pour lui.

Il entendait ses mises en garde mais le Serpentard le disait lui-même, il ne savait pas grand-chose sur le bracelet. Ces conséquences néfastes n'étaient que pure spéculation. Oui, James avait le poignet qui le brulait assez souvent mais il s'était habitué à la douleur et celle-ci l'accompagnait de manière rassurante à présent.

Et dire qu'il avait été heureux de voir Regulus quelques minutes plus tôt !

-Ce bijou a des particularités, celle d'entendre des voix et de guider là où souhaite son cœur. Et peut-être d'autres que je ne connais pas.

Regulus attendit mais James ne voyait pas où il voulait en venir. Cela sembla d'ailleurs exaspérer le Serpentard.

-Il te donnera un avantage lors de la recherche du vif d'or ! lui expliqua-t-il alors.

-Mais non !

-Bien sûr que si ! Tu comptes tricher, Potter ?

-Je compte gagner ! Toi, tu trouves juste des excuses pour expliquer ta future défaite !

Ça commençait à énerver James que Regulus sous-entende qu'il ne pouvait pas gagner normalement contre lui. Le bracelet n'était pas ce qui allait lui faire gagner le match, ce serait son talent et celui de son équipe !

Il leva les yeux au ciel et se détourna pour rentrer au château. Il était encore trop tôt pour aller dans les vestiaires mais il pouvait aller trouver Sirius.

-Accio bra-

-Expelliarmus ! contra James si vite qu'il se surprit lui-même.

Sous les yeux ébahis des deux sorciers, la baguette du 6ème année vola loin de son propriétaire.

James avait entendu le Serpentard faire quelque chose dans son dos mais il ne s'était pas attendu à ce qu'il l'attaque. Il avait très bien réagi : un cours avec Hugo Leroy et il était déjà tellement meilleur ! Même si théoriquement, James n'était pas encore passé… Mais peu importe, il était plus fort quand même.

Le Gryffondor observa la tête ahurie de Regulus qui observait sa baguette un peu plus loin.

-Nom d'un troll baveux ! s'énerva-t-il. Mais tu es fou, pourquoi est-ce que tu as fait ça !?

-Non mais je rêve ! s'indigna James. C'est toi qui m'attaque par derrière et c'est moi qui suis fou ?!

Il secoua la tête.

Regulus rougit alors d'embarras et James fut certain que le 6ème avait déjà dû l'insulter un bon nombre de fois dans sa tête.

James tendit ensuite les bras, sa baguette en main, et dévisagea le Serpentard. Ils n'allaient tout de même pas se battre ! Il n'en avait pas envie. Regulus n'était pas du genre à agir ainsi lui non plus. C'était un Serpentard, il agissait méticuleusement, discrètement et avec un plan et une idée en tête. Tout à l'heure, il avait tenté de le prendre par surprise et cela aurait dû marcher mais James avait sorti un coup miraculeux de sa baguette.

Regulus avait essayé de discuter avec lui plus ou moins sereinement avant de passer à la manière forte mais aucune n'avait marché alors il lui fallait abandonner. James se risqua ensuite à jeter un coup d'œil à la baguette de l'attrapeur pour s'assurer qu'elle était toujours à sa place, loin de Regulus, le quittant un instant du regard.

Les yeux du cadet des Black se posèrent alors sur le bijou visible avec les manches légèrement retroussées du Gryffondor. Lorsque James observa de nouveau le plus jeune, il remarqua tout de suite son regard et comprit immédiatement ce qui attirait ainsi son attention. Il baissa son bras, ne pointant plus Regulus de sa baguette. Et juste au moment où il se faisait la réflexion que ça devenait n'importe quoi, Regulus lui sauta dessus.

Sa main se serra sur sa baguette : il pouvait lui lancer un sort, il le sentait, mais il devait faire vite avant qu'il ne soit trop tard. Pourtant, il n'en fit rien et tomba à la renverse, le corps de Regulus au-dessus du sien. Il ne pouvait pas attaquer le Serpentard alors qu'il n'était pas en mesure de se défendre, il s'y refusait.

Il était un fier Gryffondor, il ne pouvait pas profiter ainsi de la situation mais il ne souhaitait pas pour autant se laisser faire et il sentait déjà Regulus accrocher son poignet. James sentit l'adrénaline et un sentiment d'urgence l'envahir. S'il laissait faire le brun, celui-ci allait finir par dévoiler les marques laissées par le bracelet et sauterait à la conclusion qu'il avait raison sur les aspects néfastes du bijou.

Il poussa sur ses bras, grognant sous l'effort, puis se tourna légèrement pour faire perdre l'équilibre au Serpentard. Il s'aida ensuite de ses cuisses alors qu'il faisait basculer Regulus sous lui, l'immobilisant sous son poids.

James hésita ensuite sur la conduite à tenir. Il ne pouvait pas faire confiance à Regulus et le libérer car il tenterait de récupérer une fois de plus le bracelet.

Il l'observa pour réfléchir, se demandant comment ils en étaient arrivés là, et vit dans les yeux du 6ème année qu'il devait probablement se poser les mêmes questions. Regulus avait même l'air de capituler étant donné qu'il ne cherchait plus à se débattre. Mais cela pouvait tout aussi bien être un piège et James ne savait que penser.

Que devait-il faire ?

Essoufflé par l'effort qu'il avait dû fournir plus tôt et l'adrénaline qui redescendait, il relâcha finalement ses muscles, tentant de reprendre une respiration normale et demandant à son cœur de faire de même. Mais rien n'y faisait. Il continuait à observer Regulus et il avait toujours cette impression d'énergie folle, de chaleur, de rythme cardiaque élevé et de respiration irrégulière.

Il entendit Regulus soupirer et tourner la tête sur le côté, une manière d'abdiquer. James loucha alors un instant sur ses lèvres serrées en une ligne fine, preuve de son énervement. La poitrine du plus jeune se relevait à un rythme aussi effréné que le sien et James en ressentit une certaine satisfaction. Son regard remonta légèrement, se perdant sur le col débraillé du Serpentard et la peau qu'elle dévoilait. D'une blancheur envoutante, elle avait quelque chose de précieux, de soyeux. Elle brillait et James comprit que c'était parce que le 6ème année était en nage.

Une goutte de sueur coula d'ailleurs de derrière sa tempe et suivit un chemin long et sinueux sur sa peau pâle. Elle alla d'abord se perdre sur sa mâchoire, éprouvant des difficultés sur le dénivelé. James était comme fasciné par le spectacle et il s'humidifia les lèvres, observant la fine goutte réussir à franchir le cap et continuer son voyage sur le cou du brun. En y regardant de plus près, il pouvait presque voir le pouls de Regulus pulser. Regulus avala sa salive, faisant bouger sa pomme d'Adam et accélérant d'un coup la progression de cette petite goutte de sueur.

Le spectacle se finit bien trop vite au goût de James. Lui qui était adepte de l'action, des choses renversantes et spectaculaires, il n'aurait pas pensé qu'un si petit truc pouvait l'envoûter. Il était néanmoins surpris que leur petite bagarre ait demandé autant d'énergie à Regulus. Puis il se souvint qu'avant de se croiser, Regulus avait volé un petit moment, de quoi sûrement l'épuiser déjà un peu.

-Je ne vais pas te le reprendre, souffla finalement le Serpentard. Tu fais vraiment n'importe quoi, ajouta-t-il. Maintenant que tu es rassuré, peut-être pourrais-tu te pousser ?

James voyait ses lèvres bouger mais aucun son ne parvenait jusqu'à ses oreilles, comme hypnotisé par les lèvres du Serpentard. Il essaya de promener son regard autre part, de ne pas faire une fixette dessus, mais il avait envie de l'embrasser et ça le brûlait tellement son envie était forte. Sous lui, Regulus dégageait quelque chose d'à la fois très fort et sensuel. Sans se contrôler, il se pencha alors vers le plus jeune. Il ferma les yeux pour essayer de se raisonner mais ce fut une mauvaise idée : il sentit son parfum, celui-là même qui l'avait tant troublé alors qu'ils avaient dû se cacher ensemble au passage de Dumbledore avant leur escapade à l'allée des Embrumes.

Ce parfum troublait toujours autant ses sens. Il prit brutalement une inspiration pour essayer de se ressaisir mais cela n'arrangea rien. Il put presque gouter sur sa langue les saveurs fortes et boisées que dégageait Regulus. Il sentait sa chaleur et son odeur était plus épicée à cause de la légère transpiration mais cela ne faisait que tourner encore plus la tête du lion.

-James ? Qu'est-ce que tu fais ? Pousse-toi ! s'impatienta le plus jeune.

James ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais aucun son ne sortit. A la place, il posa sa main droite sur la joue de Regulus, caressant sa peau douce. Il la remonta ensuite et dégagea délicatement quelques mèches humides du visage du Serpentard.

Regulus se figea sous lui et son regard le transperça. Il lui rendit son regard et sentit une connexion s'établir entre eux. James fut incapable de détourner les yeux. Il voulait l'embrasser, il en mourrait d'envie. Mais il avait tant de fois rejeté l'attrapeur, agissant avec ambiguïté, il l'avait même repoussé très clairement lors de leur sortie à la fête foraine. C'était à ne rien y comprendre. Regulus le laisserait-il faire ? En avait-il même envie ?

Sa main continua à bouger lentement, allant plus au sud, touchant les lèvres roses, se baladant et accentuant le mouvement de son pouce. Regulus attrapa sa main, perdu, et James se figea. Il s'approcha encore, s'allongeant presque au-dessus de lui.

James ne savait pas bien ce qu'il faisait. Ce n'était pas lire un article de magazine qui allait soudain lui donner la science infuse ou démêler les nœuds au cerveau qu'il s'était fait.

Tout ça n'était pas simple à gérer et encore moins à comprendre.

Il savait juste que s'il n'embrassait pas Regulus, il allait le regretter. Libre au Serpentard de le rejeter ensuite ou non. Tout lui allait tant qu'il pouvait enfin gouter à ses lèvres et il combla les derniers centimètres entre eux.


Alors oui je sais, c'est sans doute un peu cruel d'arrêter pile à ce moment là, mais le chapitre est déjà tellement long, je ne voulais pas en ajoutant encore de trop. M'arrêter avant aurait également été frustrant. ça aurait encore été un chapitre sans rapprochement concret entre ces deux-là. On va dire que j'ai coupé la poire en deux.

J'espère que vous avez pu appréciez le chapitre. Que ce soit le cas ou non, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez penser, en détail. ^^

Prochain chapitre - Gryffondor vs Serpentard - 05/12

Ce sera la suite direct de ce chapitre.