Mio : Je ne me faisais pas de souci pour toi, mon histoire est généralement une succession de bonheur et de tout un tas d'émotion qui peuvent potentiellement mettre en pls. ^^ Alors oui James s'en sort mais reste qu'il a subit une lourde intervention, qu'il a failli mourir, comment cela va t-il aller pour lui à présent ? Effectivement je sens à quel point tu ne portes pas Peter dans ton cœur. C'est vrai que la haine l'enlaidis et lui noirci le cœur malheureusement. Il n'est pas foncièrement mauvais mais il s'est installé dans une spirale dont il n'arrive pas à se sortir. Ah Dorcas, peut-être qu'elle le rendra meilleur, l'aidera à passer à autre chose vis à vis de Sirius ? C'est une possibilité. J'adore Hugo Leroy qui est un OC je le rappelle et suis tellement contente qu'il soit apprécié ! Regulus vit pas sa meilleur vie, c'est sûr. Padfoot est-il vraiment parti ? J'adore cette question, et je ne dirais qu'une chose, pour l'instant tout indique qu'il n'est plus là. Tu as du mal à y croire ? Euphémia est génial et elle offre un petit moment de réconfort et de douceur maternel.
Merci beaucoup pour tes commentaires à chaque chapitre, un vrai plaisir à lire !
Bonne lecture à tous.
Chapitre 34
Le goût de tes baisers
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Maugrey avait appris la nouvelle le matin même alors qu'il prenait encore son café dans la salle de pause. La seule chose qu'il désirait à cet instant était de se réveiller tranquillement en buvant son café dégueulasse. Personne au bureau ne comprenait pourquoi il s'obstinait à boire ce breuvage amer, Maugrey y compris, mais c'était plus fort que lui et il s'était habitué à ce goût si spécial. Sa collègue qui avait pris son service plus de 7 heures auparavant avait discuté avec lui. Ils avaient échangé sur la nuit, les interventions burlesques, l'ambiance particulière, et tellement de choses encore.
Le matin, lorsqu'il prenait son service, le jeune Auror était toujours plus ouvert, moins ronchon. Il était plus facile d'aller vers lui. Par contre, dès qu'il finissait son café et allait dans son bureau pour continuer ses dossiers, il semblait ériger une fine ligne qui interdisait à qui que ce soit de le déranger. Maugrey n'aimait pas discuter des heures avec ses collègues ni se sentir obligé de sympathiser avec eux. Prendre les nouvelles et discuter cinq minutes en arrivant n'avait rien d'insurmontable, même pour lui. Ce qu'il préférait restait néanmoins les patrouilles et les interventions à l'extérieur.
Sa journée s'annonçait d'ailleurs très bien puisqu'elle consistait principalement en ces activités. En réalité, elle aurait dû se passer ainsi mais Dawlish vint le trouver alors qu'il sortait à peine de la salle de repos. Le visage grave de l'Auror indiqua à Maugrey que ce qu'il avait à dire ne lui plairait pas. Ces dernières semaines, il n'y avait pas eu beaucoup de bonnes nouvelles qui étaient sorties de la bouche de son ainé de toute façon.
Maugrey soupira et commença à se diriger vers son bureau. Dawlish le suivit sans un mot. Une fois dans le bureau, Dawlish ne perdit pas de temps pour lui annoncer la nouvelle.
-Sirius Black va être libéré.
Maugrey posa un regard vide sur lui.
-Quand ?
-Aujourd'hui.
Dawlish sembla vouloir ajouter quelque chose, mais quoi ? Que pouvait-il lui dire pour lui remonter le moral ? Maugrey n'estimait pas avoir besoin qu'on lui remonte le moral. Il avait suivi la déposition de James Potter et il était assez intelligent pour savoir que cette affaire se terminerait ainsi.
-Très bien, dit-il. Je m'en charge.
Dawlish fronça les sourcils, surpris par sa réaction, mais garda le silence. Il hocha la tête et s'en alla. Maugrey quant à lui se laissa tomber sur son fauteuil et laissa son regard trainer sur la porte.
Alors voilà comment se terminait cette histoire sur laquelle il avait tant bossé. Peut-être qu'il aurait dû s'en occuper finalement. Les investigations menées par les enquêteurs n'avaient pas permises de trouver la vérité cachée derrière cette histoire. Pas même un début d'idée sur les intentions qui avaient animées Sirius Black et James Potter lorsqu'ils avaient décidé de s'emparer du fameux bijou. Le rôle de chacun restait flou et la raison pour laquelle chacun d'eux s'obstinait à mentir également.
C'était l'aspect du boulot que Maugrey détestait le plus. Devoir abandonner avant la fin, accepter de ne pas connaitre la vérité. De rester dans le flou. Mais cela faisait partie du travail. Les Aurors avaient déjà bien trop à faire et peinaient à recruter. Ils ne pouvaient objectivement pas se permettre de perdre du temps sur une affaire quand la victime elle-même disait qu'il n'y avait pas de problème.
Bien entendu, Maugrey savait qu'ils mentaient. Tous les autres Aurors savaient qu'ils mentaient et James lui-même devait savoir que personne n'était dupe. Mais cela faisait partie des failles de la fonction. Ils ne pouvaient pas enquêter sans plainte, surtout que James Potter avait demandé à prendre du véritasérum et que les enquêteurs ne pouvaient pas contester son témoignage. Bien entendu, avec l'aide de son avocat, il avait choisi les questions qui seraient posées et s'en était superbement sorti. Le bureau n'avait pas les moyens de se lancer dans une telle bataille.
Toute cela semblait si fou…
Au final, les deux sorciers seraient poursuivis pour le seul fait qui leur serait reproché : vol avec effraction. Et encore, Maugrey émettait de sérieux doutes étant donné que les propriétaires peu scrupuleux n'avaient pas porté plainte et avaient eux-mêmes au préalable volé le bien.
Cela lui donnait mal à la tête rien que d'y penser. Mais ce n'était plus de son ressort et il en était bien heureux.
L'Auror soupira puis se leva. Il avait un suspect à libérer. Il alla récupérer les clés de la cellule et se rendit au deuxième étage. Arrivé devant lui, Maugrey resta immobile quelques secondes. Il ne fit rien, observant la porte, se demandant s'il faisait ce qu'il fallait. N'allait-il pas libérer un individu qui risquait de commettre de graves délits plus tard ? En toute honnêteté, quand Maugrey observait le Gryffondor, il n'avait pas l'impression de faire face à un dangereux criminel. Mais l'avenir était incertain et il n'y avait rien de pire qu'une personne qu'on libérait et qui plus tard, finissait par commettre l'irréparable.
Il ne restait qu'à l'Auror à faire comprendre à l'ainé des Black qu'il était à présent connu du bureau et qu'il ne le raterait pas s'il décidait de ne pas rester sur le droit chemin.
Maugrey prit une inspiration et ouvrit la cellule.
-Tu es libre, dit-il simplement. Debout.
Sirius se leva aussitôt, heureux de pouvoir enfin sortir du trou à rat dans lequel il était enfermé.
-Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il.
-Tu es libre, le bureau des Aurors abandonne la majorité des poursuites. Il reste l'accusation de vol avec effraction, tu recevras une lettre du tribunal et une convocation dans les semaines à venir.
Sirius fronça les sourcils. Il ne bougeait plus et ne semblait pas vraiment croire en sa chance. Maugrey n'avait pas envie de discuter avec lui.
-Votre ami James Potter s'est réveillé et s'accuse de tout.
-Quoi ?! James s'est réveillé ?!
Sirius soupira de soulagement.
- Et il s'est accusé… mais pourquoi ?
-Sans doute pour les mêmes raisons qui font que tu t'accuses également. Enfin, vous verrez ça entre vous. La prochaine fois, vous vous concerterez pour être sûrs d'avoir la même version. Les Aurors ont autre chose à faire que de perdre leur temps avec vous, lui jeta-t-il.
Sirius serra les dents et affronta son regard.
-Vous ne m'aimez pas, remarqua-t-il. Ça vous coûte de me libérer.
Maugrey ne perdit pas son sang froid. Il ne pensa pas non plus à contredire le Gryffondor. Il avait raison alors il n'allait pas s'embêter à lui faire croire le contraire.
-Je m'attendais à cette fin là. Tu ne seras pas le premier Black qui s'en sort alors qu'il ne le mérite pas. C'est une habitude chez vous.
Les deux hommes se défièrent du regard et Maugrey vit dans les yeux du brun que celui-ci se retenait de répliquer. Il savait que sa situation ne lui permettait pas de se montrer plus insolent.
-Suis-moi, tu vas pouvoir récupérer tes affaires. Il y a des papiers administratifs à signer et tu seras libre.
Sirius hocha la tête et le suivit sans rien dire. Il voulait vite partir et Maugrey lui-même avait des tâches plus passionnantes qui l'attendaient.
xXx
Assise sur le lit de Severus, Pamela piocha une dernière fois dans son paquet de bonbons. Elle gouta avec délice la friandise et froissa dans ses mains l'emballage à présent vide. Elle se blottit ensuite contre son ami et lécha ses doigts pour ne perdre aucune miette des morceaux de sucre encore présents sur ses doigts. Après une semaine qui avait semblait infinie, les différents mouvements initiés par les élèves avaient été levés. Le directeur était venu les voir très tôt ce matin alors que beaucoup se reposaient encore pour leur annoncer la nouvelle.
Sirius Black était libre.
C'était la première fois qu'Albus Dumbledore venait les voir et cela en avait inquiété beaucoup. Ils s'étaient tous dit que cette fois-ci, les adultes ne venaient pas pour discuter, qu'ils allaient utiliser la force. Qu'aussi nombreux qu'ils soient, ils ne faisaient pas le poids face à l'emblématique directeur de Poudlard.
Mais Albus leur avait donné tort en prenant la parole. La nouvelle était tombée avec soulagement sur le groupe d'élèves. C'était ce qu'ils avaient tous désiré. Ils ignoraient exactement ce qui avait mené à la libération du Gryffondor ni même s'ils avaient eu un quelconque rôle dedans. A présent, ils allaient tous pouvoir reprendre le cours normal de leur vie, Dumbledore le leur avait bien rappelé. Dès cette après-midi, ils allaient devoir reprendre les cours. Le directeur s'était montré très ferme à ce sujet : il en avait besoin pour clore l'incident que tout cela représentait. Les protestations des élèves qui subissaient des cours perturbés, des parents d'élèves qui s'inquiétaient pour leurs enfants, les examens à venir et tant d'autres encore.
Pamela avait participé au sit-in mais elle ne pouvait pas affirmer que la situation du Gryffondor l'inquiétait tant que cela. Elle avait collaboré bien volontiers aux mots de soutien pour James Potter car ce qu'il vivait était dramatique, mais ne s'était pas sentie plus concernée. Manquer des cours ne l'avait pas gêné et elle avait simplement pensé que manifester était la chose à faire. Cela lui avait également permis de passer beaucoup de temps avec Severus.
A cause de ses silences, ils s'étaient éloignés et cela la peinait assez. Elle considérait le Serpentard comme son meilleur ami et n'avait jamais eu quelqu'un comme lui avant. Pamela n'avait jamais réussi à trouver sa place à Poudlard et ça n'avait pas seulement à voir avec le fait qu'elle était une née-moldue. C'était plus profond. Elle était différente, pas dans les cases, et les gens lui faisaient savoir que cette différence là ne passait pas facilement.
Elle avait du mal à en parler avec sa famille parce que le monde magique était quelque chose qu'ils avaient du mal à comprendre. Et au final, lorsqu'elle revenait à Poudlard, elle était seule et malheureusement pour elle, Poudlard représentait une grande partie de sa vie car elle y passait les deux-tiers de son année.
Rencontrer Severus n'avait pas fait cesser tous ses problèmes mais il rendait sa scolarité plus supportable, moins morose. Il lui apportait beaucoup et elle faisait de même. Elle ne voulait pas laisser son agression gâcher le dur travail qu'elle avait dû fournir pour devenir son ami et être enfin bien à Poudlard avec quelqu'un qui la comprenait. Ce secret lui pesait… Elle n'avait pas choisi de le dire à Lily et n'avait pas envie de partager ses souffrances avec elle. Elles n'avaient rien en commun et Pamela ne pouvait pas dire qu'elle l'appréciait vraiment.
A l'inverse, elle avait envie de le dire à Severus pour qu'il puisse la soutenir mais elle n'arrivait pas à trouver les mots. La blonde avait repoussé le moment un nombre incalculable de fois. Au fond, rien ne l'obligeait à le faire mais elle avait besoin de soutien, de ne pas se cacher, d'arrêter d'avoir honte. Elle ne savait pas si le fait que Severus soit un homme rende la tache plus dure ou non. Peut-être qu'il aurait été plus facile de se confier à une femme, quelqu'un qui pouvait très bien imaginer ce qu'elle avait vécu.
-Ça va ? lui demanda Severus qui s'étonnait de silence. Ne me dis pas que c'est ce qui arrive à Black qui te perturbe à ce point ?
Pamela sourit et lui jeta un regard.
-Pas vraiment non. Tu sais bien que j'étais dans ce mouvement un peu comme ça. Sirius et moi ne sommes pas proches du tout. Et toi ? Tu avais l'air à fond dedans alors que vous vous détestez, remarqua-t-elle.
Severus grimaça.
-Tu sais bien que c'était surtout pour Regulus.
-Et un peu pour Lily, ajouta-t-elle.
Severus ne démentit pas.
-T'es vraiment quelqu'un de génial, Severus. J'espère qu'un jour, elle comprendra la chance qu'elle a. Je donnerai tout pour avoir un Severus…
Son ami fut touché par ses paroles.
-Merci, fit-il. Mais de toi à moi, tu n'auras aucun mal à te trouver quelqu'un.
Pamela eut un sourire un peu vacillant. Elle savait que Severus faisait référence à son physique avantageux, à son assurance et à sa capacité à séduire. De son point de vue, elle pouvait viser haut, elle avait du choix tout simplement. Mais le problème n'était pas là. Pamela n'était pas sûre de faire de nouveau suffisamment confiance à un homme pour se laisser aller avec lui. Il ne s'agissait plus que de rapprochements physiques ou de relations sexuelles. Elle était terrifiée à l'idée de s'ouvrir à quelqu'un qui pourrait lui faire tellement de mal.
-Ce n'est pas...
Elle voyait là l'occasion de se confier à son ami. Mais comme d'habitude, elle n'arrivait pas à aligner deux mots. Elle soupira. Elle s'y prenait sans doute de la mauvaise manière.
-Je n'en suis pas sûre et même si ça arrivait, personne ne voudrait d'une fille cassée comme moi, souffla-t-elle finalement.
Severus fronça les sourcils et Pamela ne parvint pas à affronter son regard. Elle utilisa alors toute sa volonté pour rester collée à lui. Elle regarda ses pieds et ses ongles vernis, un moyen de focaliser son esprit sur quelque chose et ne pas soudain se mettre à paniquer. Elle sentit néanmoins son cœur battre la chamade et le stress l'envahir à une vitesse fulgurante.
-Je suis désolé, je ne savais pas que c'était si important pour toi. Je passe mon temps à me plaindre à propos de Lily et tu m'as toujours tellement soutenu. Je me rends compte que je n'ai jamais pris le temps de t'écouter, répondit le Serpentard après quelques instants.
-Tu n'es certainement pas le souci, Severus. C'est moi…
Ses lèvres tremblèrent et le brun se décala pour pouvoir la regarder en face. Délicatement, il tourna son visage pour que leurs regards puissent se croiser. Il comprit alors immédiatement que Pamela n'allait pas bien et que ça n'avait peut-être rien à voir avec le fait d'en avoir marre d'être célibataire.
-Qu'est-ce qui se passe, Pamela ? Est-ce que tu vas enfin me dire ce qui ne va pas ? Je m'inquiète pour toi, tu sais.
La jeune femme étouffa un sanglot.
-Tu as dit que tu étais cassée, la pressa-t-il.
-On m'a cassé, rectifia-t-elle. Enfin, je devais pas être hyper à l'endroit non plus au début...
Serverus ne comprenait pas et elle le voyait bien mais les mots précis n'arrivaient pas à sortir. Elle ne les avait même jamais prononcés à voix haute. Le dire, c'était le rendre bien trop réel. Mais il le fallait. Elle ne pouvait vivre dans le déni, ça ne marchait pas. Faire semblant d'être forte, être en colère, triste… ça ne marchait pas.
Le psychomage l'aidait mais elle avait besoin de se sentir soutenue par ses proches. Elle ne voulait pas en parler à sa famille, ses parents voudraient la sortir de Poudlard. Ce n'était pas ce qu'elle désirait. Elle avait enduré beaucoup à Poudlard mais elle ne voulait pas quitter l'école sans en être diplômée.
-Est-ce qu'on t'a fait du mal ? Tu as des problèmes avec ta famille ? Tu ne parles plus beaucoup d'eux, continua son ami.
-Ce n'est pas ça…
Elle prit une grande inspiration.
-Il s'est passé quelque chose et… Je ne pense pas pouvoir m'engager de nouveau avec un garçon.
-Si tu me dis des trucs comme ça, je vais me mettre à imaginer le pire.
Elle eut un rire maladroit.
-Tu peux. La vérité est sans doute pire encore…
Severus, qui était déjà pâle, perdit encore plus de couleurs. Il ne sut quoi dire. Il n'était même pas sûr d'avoir bien compris mais c'était tout ce que pouvait faire Pamela pour l'instant.
-Est-ce que tu peux me prendre dans tes bras ? lui demanda-t-elle dans un souffle.
Il ne dit rien mais la serra fort contre lui.
xXx
Remus arriva juste à temps pour le voir entrer dans le château. Alors qu'il se dirigeait un peu plus tôt dans la Grande Salle avec Isabel pour le repas du soir, il avait entendu des Gryffondor parler du retour imminent de Sirius. Le matin même, le directeur leur avait annoncé qu'il allait être libéré mais le Poufsouffle n'aurait pas pensé qu'il reviendrait aussi vite. Lily et lui avaient bien essayé de glaner plus d'informations auprès des professeurs mais ceux-ci avaient certifié ne pas être dans la confidence. Quant à savoir si c'était vrai ou non…
Le manque d'information l'avait rendu à moitié fou une bonne partie de la journée. Isabel avait fait preuve de beaucoup de patience et d'une imagination sans bornes pour le distraire. Et alors que ses pensées n'étaient plus focalisées sur le Gryffondor, le voilà qui faisait son retour. Remus n'avait pas voulu prendre le temps de vérifier l'information. Il avait simplement foncé vers l'entrée. Beaucoup d'élèves y étaient déjà présents et le doute l'avait alors immédiatement quitté : Sirius arrivait.
C'était imminent et alors qu'il aurait dû être simplement content, il ne pouvait s'empêcher d'être anxieux. Qu'allait-il lui dire ? Pourrait-il le prendre dans ses bras ? Non, bien sûr que non, pas alors qu'une vingtaine d'élèves les entoureraient. Remus refusait de se demander si cela aurait été possible s'ils avaient été seuls. Il pensa alors à sa tenue, à sa coiffure, à son odeur, à toutes ces choses stupides qui, au fond, n'avaient pas beaucoup d'importance.
Il y avait une seule chose qui avait de l'importance et qu'il mourrait d'envie de crier. Il voulait dire à Sirius qu'il l'aimait car c'était devenu étrangement urgent.
Lui qui avait toujours tout fait pour le cacher, sans grand succès étant donné que Sirius lui avait fait comprendre qu'il avait réalisé la teneur de ses sentiments, avait du mal à se taire à présent. A quoi bon continuer à garder le silence ? Sans Sirius, il n'y arrivait pas. Il y avait de grandes chances que le brun ne lui rende pas ses sentiments ou que ce soit le cas mais qu'il ne puisse jamais les assumer. Remus le savait mais à ce stade, cela n'avait pas d'importance.
Il faudrait qu'ils aient cette discussion mais peut-être pas ce soir. Sirius aurait d'autres choses à faire. La conversation pouvait devenir désagréable alors que ce soir devait rester une nuit de fête. Le joueur de Quidditch, après ce qu'il avait vécu, n'aurait aucune envie de se prendre la tête. De plus, même si James était sorti d'affaire, il n'était pas encore en état de revenir à Poudlard et Sirius devait demeurer inquiet. Chaque chose en son temps.
Remus continuait à s'interroger quand Sirius entra enfin dans le château. Il fut aussitôt encerclé par ses amis, les membres de sa maison et ceux de l'équipe de Quidditch. Ils crièrent, rirent, faisant du bruit pour célébrer le retour de l'enfant prodige. Le châtain fit un pas vers eux, ayant du mal à se frayer un chemin, puis s'arrêta et observa la cohue. Remus douta de plus belle. Avait-il vraiment sa place auprès du Gryffondor ? Personne ne faisait attention à lui…
Les élèves commençaient à poser des questions. Celles-ci fusaient d'ailleurs si vite qu'il était impossible pour le concerné d'y répondre. Ils parlèrent ensuite de la fête que les Gryffondor allaient organiser, passant en un instant d'un sujet à l'autre. Remus sourit et observa Sirius profiter de toute cette joie qu'on lui communiquait.
Il tourna ensuite le visage et leurs regards se croisèrent. Le châtain sentit sa respiration se bloquer pendant un instant avant qu'elle ne reprenne un rythme normal. Les yeux gris du brun ne le quittèrent pas et il délaissa la foule pour être à ses côtés.
-Remus !
Le Préfet-en chef sourit, heureux de pouvoir avoir lui aussi droit à quelques secondes de son attention. Mais Sirius fit bien plus que cela : il se jeta dans ses bras et le serra si fort que Remus ne put faire que de même. Il entendit le brun inspirer, se gorger de son odeur et il rougit, sentant que cette accolade n'avait rien d'amicale. Il avait envie de rester plus encore dans les bras du Gryffondor. Il voulait l'embrasser, lui dire clairement qu'il l'aimait…
Le Poufsouffle avait sincèrement cru qu'il ne reverrait pas Sirius de sitôt. Il avait bien tenté de se renseigner auprès de Maugrey mais ses tentatives étaient restées lettre morte.
-C'est bon de te revoir, souffla Sirius.
Remus voulut lui répondre mais on ne lui en laissa pas l'opportunité.
-Veuillez ne pas encombrer l'entrée, exigea McGonagall.
Elle dispersa les élèves et leur demanda de se rendre dans la Grande Salle pour le diner. Sirius se fit alors entrainer par des camarades lions et tenta de survivre à une autre avalanche de questions. Il se tourna néanmoins une dernière fois vers Remus avant d'être trop loin pour que celui-ci puisse l'entendre.
-Viens dans ma salle commune ! Apparemment, il y aura une fête en mon honneur !
Il y eut des rires et Remus ne put que sourire. Il ne répondit pas néanmoins. Sirius venait de l'inviter mais il ne savait pas s'il irait. Une part égoïste en lui avait envie d'avoir son moment avec le brun. Peut-être que ce soir, il le laisserait simplement profiter de son retour avec les élèves de sa maison.
A présent que le joueur de Quidditch était revenu, ils auraient toutes les occasions du monde de passer du temps ensemble.
xXx
Le retour à Poudlard fut comme Sirius l'avait imaginé : doux, chaud, réconfortant et surtout très bruyant. Mais c'était tout ce qu'il adorait. Les Gryffondor l'avaient accueilli les bras ouverts, à grand renfort d'embrassades et de tapes amicales. Frank avait même sorti une bouteille de Whisky pur feu qu'ils avaient rapidement vidée, euphoriques. Sirius n'avait pas trop souhaité s'étendre sur ce qui lui était arrivé ni sur ce qu'il avait vécu en détention. Du fait d'avoir été dans une cellule sombre et d'attendre, encore et encore, juste pour être interrogé. D'avoir tenté de glaner des informations sur l'état de santé de James, d'avoir fait de son mieux pour ne pas que les Aurors ne commencent à s'intéresser à Regulus.
Sirius était plutôt fier de se dire qu'il avait réussi. Son petit frère n'avait jamais été soupçonné de quoi que ce soit et en sortant du bureau des Aurors, il avait enfin pu avoir des informations concernant James. Il aurait voulu aller le voir immédiatement mais on ne lui en avait pas laissé l'opportunité. Sa directrice de maison était venue le trouver et lui avait expliqué ce qui s'était passé pendant sa détention préventive. Sirius avait alors appris pour les manifestations, le soutien de ses camarades et les articles de presse. Il avait souri, touché, mais l'air sévère de McGonagall le lui avait vite fait ravaler. Ca avait dû être le bordel. Elle avait tout de même fini par lui dire qu'elle était heureuse qu'il ait été libéré.
Après cela, le Gryffondor avait enfin pu faire son retour à Poudlard. Le soutien et l'amour qu'on lui avait communiqués avaient été formidables mais plus les minutes passaient, plus Sirius avait eu du mal à sourire avec sincérité. Tout le monde le taquinait, rigolait avec lui. Personne n'imaginait à quel point tout cela l'avait bouleversé ni même qu'il n'avait qu'une seule envie, être seul pour digérer les évènements du jour. Sirius n'avait pas pensé s'en sortir et il ne comprenait toujours pas exactement comment un tel miracle avait pu se produire.
Sirius faisait maintenant de son mieux pour faire bonne figure et même si sa situation n'avait pas été catastrophique, cela n'avait pas été simple pour lui. Mais à présent, il était libre. Regulus lui avait promis de ne pas le laisser tomber et son petit frère avait tenu parole. Il ne voulait donc pas polluer son esprit avec de mauvais souvenirs.
Lily, qui était à ses côtés, se fit un devoir de lui parler de l'énorme élan de soutien dont il avait bénéficié. Elle semblait si emballée qu'il n'eut pas le cœur de la couper pour lui dire qu'il savait déjà tout. Il la laissa continuer, trouvant intéressant d'avoir son point de vue. Cela lui fit chaud au cœur. Beaucoup d'élèves dont il n'était pas très proche l'avaient soutenu et participé au fameux sit-in et le batteur n'était pas sûr de pouvoir tous les remercier convenablement un jour.
Les Gryffondor, assis devant la cheminée, partageaient un moment de cohésion propre à leur maison. Ils s'agitaient, riaient, exagéraient cette semaine manquée. Presque dix jours ! Ca avait été long mais ce vendredi soir, Sirius était enfin avec eux. Le batteur écouta ses amis, même si ce ne fut pas facile. Beaucoup parlaient en même temps, compliquant la tâche au brun. Entre ceux qui donnaient trop de détails, ceux qui parlaient fort juste pour être celui qu'on écoutait, celle qui faisait de grands gestes pour attirer son attention ou encore celui qui lui parlait pratiquement dans l'oreille pour être sûr d'être bien entendu. Et encore, Sirius excluait ceux qui n'avaient rien à dire mais qui tenaient quand même à en placer une !
Il rit soudain si fort de ce capharnaüm qu'il en eut mal aux côtes. Ils partagèrent ensuite des friandises de chez Honeydukes et certains improvisèrent une partie de jeu. Lentement, l'euphorie se calma et Sirius observa avec reconnaissance ses amis. Finalement, Lily vint s'asseoir à ses côtés et posa sa tête sur son épaule. Sirius laissa la sienne se poser sur celle de son amie et apprécia cette bulle de calme.
-J'ai eu des nouvelles de James, lui dit-il.
Lily lui prit la main mais ne bougea pas.
-Nous aussi, fit-elle. Il va bien, Sirius. Il est sorti d'affaire et c'est lui qui t'a innocenté. Il a témoigné dès son réveil.
-Tu sais comment il vit tout ça ? lui demanda-t-il en espérant que la rousse ait plus de renseignements que lui.
-Je ne sais pas. On a envoyé des lettres, mais personne n'a eu de réponse. Il ne s'est réveillé qu'hier et nous répondre lui demandera du temps. Il sera peut-être là dimanche ou alors lundi, rien n'est sûr. Il nous a fait peur, cet idiot...
Sirius entendit sans mal l'émotion dans sa voix. Elle avait dû énormément s'inquiéter pour son ex sans s'autoriser à le montrer.
Le batteur la serra dans ses bras pour la réconforter. Lui aussi avait été tellement terrorisé... S'il avait perdu James, il ne s'en serait jamais remis.
Alors que Sirius pensait encore à son ami, la Grosse Dame l'interpella : quelqu'un le demandait à l'entrée. Il se leva, le cœur battant. Était-ce Regulus ou Remus ? Il n'avait aucune préférence tout en espérant qu'ils soient là tous les deux. Si ce n'était pas le cas, il irait les voir demain. Il ne s'était pas beaucoup dépensé ces derniers jours, mais cette histoire l'avait beaucoup usé. Il était fatigué, son mental ayant été mis à rude épreuve.
Sirius ouvrit la porte pour découvrir le sourire timide mais tendre de Remus. Le Poufsouffle était en pyjama, signe qu'il avait dû se préparer à aller au lit, ou du moins à rester dans son dortoir, pour finalement changer d'avis.
-Bonsoir, Sirius.
Sirius se sentit intimidé et se gratta la tête. Il voulait lui rendre sa salutation mais se sentait soudain gauche. Il n'avait pas confiance en sa voix et ne voulait pas avoir l'air d'un imbécile devant le châtain.
-Je suis désolé. Regulus et moi, on s'était dit qu'on te laisserait avec tes camarades ce soir pour que tu te reposes si tu en avais envie… mais je ne sais pas. Je voulais te voir, souffla t-il, les yeux brillants.
-Viens, lui répondit Sirius, tout aussi bas. J'espérais que tu viennes.
Quelque chose passa dans le regard de Sirius. Sa poitrine le brûlait et il ne contrôlait plus rien. Son cerveau n'était plus aux commandes mais bien son cœur. Remus le rendait incapable d'être cohérent et intelligent de toute façon.
Le brun tendit la main et Remus la prit avec déférence. La tête basse, le Gryffondor le conduisit ensuite dans sa chambre. Aucun lion ne pensa à les interpeller. Remus pénétra ainsi pour la seconde fois dans la pièce. Il observa l'endroit où dormait Sirius, amusé de la décoration décalée et sans vraiment de sens. Le Gryffondor le guida alors jusqu'à son lit et ils s'y assirent en silence.
Dans un premier temps, Sirius resta silencieux. Il sentait avec intensité la présence de Remus à ses côtés. Le Poufsouffle ne disait rien non plus, il se contentait d'être là. Sirius appréciait ça chez Remus. Sa capacité à le comprendre et à le faire se sentir bien. Comme James. Le Gryffondor savait depuis un moment l'importance que le châtain avait pris pour lui. Il avait eu peur, d'où la bêtise qu'il avait faite avant la sortie à Azkaban… Mais maintenant, il était en paix avec lui-même et ne s'en sentait que plus heureux.
La main de Remus était posée à plat sur le lit du brun, près de sa cuisse, et son regard balayait parfois le dortoir avant qu'il ne se baisse sur ses pieds. Sirius fixa cette main de longues secondes, sentant son cœur battre plus vite à cause de la nervosité. Lentement, il prit la main de Remus dans la sienne, la serrant fort et regrettant que sa propre main soit moite. Ça ne lui était jamais arrivé avant et il fallait que ce soit aujourd'hui !
-Comment est-ce que tu te sens, Sirius ? lui demanda finalement le Poufsouffle.
-Oh, c'était horrible, Moony ! s'exclama-t-il d'un ton dramatique. La nourriture était froide et souvent sans saveur ! La cellule était toute petite et les draps rêches, ça m'a donné un bouton le troisième jour ! Il n'y avait même pas de miroir en plus ! Ma tête devait être affreuse, j'avais tout le temps des nœuds dans les cheveux quand je me réveillais ! déclama-t-il, amusé.
Sirius perdit cependant vite son sourire en avisant la mine sérieuse du châtain. Il se racla alors la gorge et ne se sentit pas d'affronter son regard franc.
La main de Remus dans la sienne bougea un peu, son pouce caressant le dessus de sa main.
-Tu n'es pas obligé de faire semblant avec moi, tu sais, souffla-t-il.
Sirius essaya de sourire mais fut incapable de faire semblant. Il soupira et ferma les yeux. Il laissa ensuite sa tête se poser sur l'épaule de Remus. Il rouvrit finalement les yeux, apprécia leur proximité et souffla avant d'enfin se confier.
-J'avais peur, Remus. Je ne savais même pas si James allait bien et je n'étais pas sûr de m'en sortir…
Ses yeux s'embuèrent brutalement.
-Une partie de moi pensait que je méritais d'aller en prison ! Si James ne s'était pas réveillé…
-Sirius, tout va bien maintenant. James s'en est tiré et tu n'étais en rien responsable de son état alors bien sûr que tu méritais d'être libre.
Remus lâcha sa main pour prendre son visage en coupe. Il lui sourit et Sirius se sentit apaisé par ses mots et ses gestes. Naturellement, leurs lèvres finirent par se joindre. Chacun d'eux avait lutté ces derniers temps pour essayer d'être amis, de ne pas reproduire les mêmes erreurs, mais il était temps de se rendre compte qu'ils s'aimaient et ne pouvaient pas lutter. Avoir soudainement été éloigné l'un de l'autre, être incertain sur la prochaine fois qu'ils pourraient se voir, ils avaient pris conscience qu'il était inutile de perdre plus de temps. De chercher à lutter dans le seul but de se protéger. Ils n'avaient pas mis les choses au clair concernant leurs sentiments, pas mis de mots dessus, mais tout était toujours passé dans leurs regards. Si Sirius se montrait maladroit et fébrile quant à leur relation, Remus le rassurerait. Si Remus commençait à douter de Sirius, de ce qu'il désirait vraiment, le Gryffondor ferait disparaitre ses peurs.
Tout était tellement beau, magique, simple quand ils étaient ensemble. Ca coulait presque de source. Cela aurait dû l'être depuis le début s'ils avaient accepté de se mettre à nu, de tenter leur chance. Mais aucun d'eux ne pouvait considérer cela comme une perte de temps, plus comme des difficultés nécessaires, un cheminement utile pour en arriver là.
Sirius enroula ses bras autour du corps du châtain alors que Remus caressait ses cheveux bruns. Sirius s'était senti fatigué un peu plus tôt mais là, dans les bras du Poufsouffle, il oubliait tout. Il ne désirait qu'une seule chose, l'avoir plus près encore, le sentir partout et tout le temps. Il lécha sa lèvre supérieure et échangea un baiser bien plus fougueux avec lui. Ils gémirent à l'unisson et le plus jeune renversa son corps sur le lit.
Sirius haleta, ses yeux observant le corps de son amant au-dessus de lui. Ses mains enserrèrent sa taille, allant sous le vêtement pour caresser la peau douce et dorée. Il était subjugué par la beauté du jeune homme. Remus était un soleil qu'il voulait approcher pour avoir un peu de sa lumière. Ses amis de Gryffondor avaient raison : tout le monde adorait Lupin. Il était si gentil. Mais Sirius était certain que personne ne l'avait jamais aimé comme lui.
Lui qui vivait dans les ténèbres. Qui avait du sang sur les mains, il en était certain. Si ce n'était pas celui de son meilleur ami, c'était probablement celui de cet homme sans visage et sans nom que sa mère avait laissé entrer au Square Grimmaurd.
Remus ne devait jamais l'apprendre. Personne à part James ne devait savoir.
-Je… Excuse-moi, je crois que je me suis laissé emporter…
Remus voulut descendre des cuisses chaudes du brun mais Sirius enserra sa taille.
-Non, ne bouge pas. Si tu savais comme ça m'a manqué…
Les mains du lion descendirent sur les cuisses du châtain, les caressant lentement avant d'aller se poser sur ses fesses galbées. Il se redressa ensuite et voulut embrasser de nouveau Remus.
-Sirius, tu… Je ne sais pas si c'est une bonne idée, hésita-t-il.
-Pourquoi ? Moi, je suis sûr de moi. Je te désire, Remus. Je veux être à tes côtés et ça va au-delà de la relation d'amitié ou même à celle d'amant qu'on avait avant.
Il lui caressa la joue alors qu'il continuait d'embrasser ses lèvres, ses joues, son menton. Tout ce qu'il pouvait.
-Sirius, je ne coucherai pas avec toi.
Le Gryffondor eut du mal à cacher sa déception. Il essaya alors encore d'embrasser le Poufsouffle : il avait l'impression d'avoir un feu brulant en lui, son érection grossissait de seconde en seconde et il n'était pas sûr de pouvoir se calmer immédiatement. Remus était aussi excité que lui, il en était convaincu. Il devait juste continuer de le tenter suffisamment pour qu'il cède.
-Si-Sirius, haleta Remus. Arrête, je ne coucherai pas avec toi. Pas aujourd'hui, répéta-t-il.
Remus ne voulait pas que le Gryffondor se serve de cette étreinte pour oublier ce qu'il avait vécu ces derniers jours même s'il admettait qu'il était difficile de résister au brun.
Sirius le contempla pourtant, un sourire taquin aux lèvres.
-Ce qui veut dire ?
-Exactement ce que ça veut dire, rit Remus.
-C'est censé être la meilleure partie, Moony ! gémit-il alors. On est censé fêté mon retour, non ?
Sirius lui fit son petit regard implorant et Remus détourna les yeux pour ne pas être tenté de céder. Le châtain sentit d'ailleurs son souffle accélérer quand Sirius recommença à embrasser sa peau.
Le Gryffondor était déjà certain de sa victoire. Tout comme il était impossible de résister à Remus, le Poufsouffle ne pouvait pas lui refuser grand-chose non plus.
-Si je reste trop longtemps, les autres vont se poser des questions, hésita encore le Préfet-en-chef.
Sirius eut un petit rire. Il récupéra les lèvres de Remus et celui-ci abandonna bien vite la bataille pour participer pleinement à l'échange. Il se leva légèrement pour finir à genoux, allongeant délicatement le Gryffondor. Sirius prit de lentes inspirations, à la fois excité et impatient quant à ce qui allait suivre. Il observa Remus enlever son haut et dévoiler son ventre et ses abdominaux dessinés.
Sentir les lèvres du châtain se poser sur sa peau le fit souffler de bien-être. Il ferma les yeux, emporté par les sensations. Remus défit les boutons de son pantalon et plongea sa main à l'intérieur. Sirius bougea, serrant les dents pour ne pas gémir tout de suite.
Moony était doux. Il s'était pourtant attendu à autre chose. Il y avait un tel feu entre eux qu'il avait cru que cela découlerait sur quelque chose de rapide et de passionné, un peu brutal également. Enfin, le brun n'allait pas s'en plaindre, pas alors que le Poufsouffle lui faisait autant de bien. Il avait l'impression d'être sur un nuage de plaisir, heureux et apaisé. Il ne protesta donc pas quand le plus jeune lui enleva son pantalon et son boxer alors qu'il embrassait son aine.
Sirius s'entendait gémir sans pouvoir s'en empêcher, espérant sans oser le prononcer, que Remus refermerait rapidement ses jolies lèvres sur sa virilité.
Mais ça n'arriva pas.
Il avait pourtant de plus en plus chaud et la frustration de ne pas pouvoir se libérer immédiatement le rendait à moitié fou. Remus était machiavélique, surtout dans ses moments-là. Gentil petit Poufsouffle ? Pas au lit en tout cas !
-Sirius ?
-Oui…
-Est-ce que tu as toujours tous tes neurones ? lui demanda soudain Remus dans un rire.
Il continuait de caresser le Gryffondor dans un rythme lent, une main se baladant en un toucher aérien sur une de ses cuisses.
-Peut-être 3 ou 4, rit Sirius. Mais j'arrive encore à réfléchir convenablement, t'inquiète.
Il se redressa alors sur ses coudes, observant le visage soucieux de son ami.
-Je...
Remus se tût et Sirius haussa un sourcil. Et puis, il sentit Remus déplacer son autre main, relever un de ses genoux et exposer le reste de son intimité de manière bien trop importante au gout de Sirius. Il comprit où le Poufsouffle voulait en venir quand il sentit un doigt mouillé appuyer à l'endroit fatidique et dans un réflexe, il commença à se redresser avant de croiser les yeux mordorés du Préfet.
-Tu veux me prendre ? demanda-t-il, décontenancé. Je croyais que tu ne voulais pas vraiment qu'on couche ensemble ?
-Non, non, je ne vais pas vraiment faire ça, tenta de le rassurer Remus. Ce serait juste mes doigts.
Sirius fronça les sourcils.
-Pour quoi faire ?
Remus lui renvoya un regard déconcerté.
-Pour… Enfin, pour te donner du plaisir. Tu sais, je ne suis pas une exception bizarre. Si je stimule assez ta prostate, toi aussi tu peux prendre beaucoup de plaisir à cet endroit.
-… J'imagine.
Ils se regardèrent, soudain tous les deux un peu mal à l'aise et Remus rougit.
-Essayons, décida Sirius.
-Ce n'est pas… Ce-Ce n'était pas une bonne idée ! bredouilla Remus.
- Calme-toi, Moony, j'ai dit que je voulais bien. Je suis curieux de savoir ce que ça fait exactement. A chaque fois que je te le faisais, t'avais tellement l'air d'apprécier ! Et dire qu'avant, je pensais que c'était parce que j'avais un don mais tu me dis que c'est à cause d'un truc qu'on a dans le cul ! rigola le Gryffondor.
Remus ne put s'empêcher de rire aussi.
Sirius s'allongea de nouveau, plus serein. Allait-il aimer ? Il ne savait pas, mais la manière dont Remus lui avait présenté la chose le rendait curieux. Il ferma les yeux, sentant le Préfet s'activer de nouveau. Il n'aimait pas trop la position qu'il trouvait trop révélatrice, lui qui n'avait pourtant jamais été pudique. Il sentit le premier doigt le pénétrer et souffla doucement à son entrée. Il n'en ressentit pas plus d'inconfort que ça et Remus ne semblait pas vouloir aller bien loin. Il ne le laissa cependant pas longtemps. Il sortit son index pour caresser l'entrée, humidifiant encore son doigt avec ce que Sirius supposait être du lubrifiant.
Il fronça alors les sourcils, ne se rappelant pas en avoir utilisé une seule fois lorsqu'il avait fait l'amour avec Moony les fois précédentes. Pourtant, Remus avait toujours été lubrifié et dilaté avant son…
Sirius réalisa que Remus avait dû s'en charger lui-même et il se sentit idiot de ne s'en rendre compte que maintenant.
-Ça va ? lui demanda le plus jeune.
Sirius se contenta d'acquiescer, les yeux fermés. Il laissait juste les sensations l'envahir. Bientôt, un autre doigt se pressa contre son entrée, forçant lentement la barrière, et Sirius eut une légère grimace. Il n'avait pas vraiment mal, c'était plus de l'inconfort, mais plus Remus poussait, plus le côté désagréable augmentait. Il se resserrait s'en pouvoir s'en empêcher. Remus lui tendit alors sa main gauche que Sirius attrapa.
Sous les conseils de son ami, il prit ensuite de lentes inspirations pour se détendre. Il y arriva plus ou moins. Remus faisait des trucs bizarres à l'intérieur de son corps, comme s'il essayait de le fouiller. Sirius ne prenait pas vraiment de plaisir et il en était assez déçu mais il n'osait pas dire à Remus d'arrêter de peur de le vexer. Il n'avait, avant d'avoir entamé une relation avec le Poufsouffle, jamais été intéressé par le sexe gay. Et alors qu'il l'expérimentait, il se sentait un peu désolé pour Moony car de son point de vue, ce n'était pas si bien que ça. Enfin, peut-être que des gens s'en contentaient et que…
Ses réflexions s'arrêtèrent là. Quelque chose au fond de lui remua et il gémit doucement alors que sa main serrait plus fort celle de Remus. Quelques secondes plus tard, la sensation revint et le Gryffondor gémit plus distinctement. Il comprit alors que c'était parce que Remus touchait un endroit particulier. Sans doute cette fameuse prostate.
-C'est ça ? demanda-t-il, haletant.
-Je crois bien, sourit Remus.
Sirius ouvrit les yeux, observant son amant avant de quémander un baiser.
-Merde, c'est… Ah !
Sirius respirait fort à présent et il passa ses bras autour de Remus pour s'accrocher à quelque chose. Il se sentait troublé et bouillant. Remus lui faisait du bien, mais il avait l'impression que ce n'était pas assez. Il murmura son nom, encore et encore. Ses jambes bougeaient sans son consentement et quand une des mains du châtain alla de nouveau cajoler son entrejambe, il planta la pointe de ses orteils dans le matelas.
-Attends, att-tends, c'est bizarre, Remus !
-Ça va aller, Sirius.
Sirius bredouilla encore quelques mots avant de bouger son bassin. La double stimulation qu'il subissait était si intense qu'elle le vidait de toute pensée cohérente.
Ça montait, il le sentait, et Sirius eut juste le temps de serrer Remus plus fort encore contre lui et de lui griffer le dos avant de se libérer.
Il lui fallut ensuite plusieurs secondes pour reprendre sa respiration et il finit par rire devant la mine soucieuse de son ami.
-Comment tu te sens ? l'interrogea Remus.
-Hyper fatigué, articula-t-il lentement, ses yeux ayant du mal à rester ouverts. Et hyper satisfait. La prostate, c'est génial, Moony !
Sirius sentit les lèvres de Remus se poser délicatement sur les siennes.
-Je t'ai-
-Non, le coupa Sirius qui luttait contre l'envie de dormir. Ne le dis pas, s'il te plait. Je ne le mérite pas encore.
Remus eut l'air déçu un instant avant qu'un sourire ne prenne de nouveau place sur son visage. Il posa sa main sur la bouche du Gryffondor, l'empêchant ainsi de l'interrompre une nouvelle fois et Sirius se demanda un instant si elle était propre. Mais elle ne sentait pas bizarre alors certainement que le châtain avait dû utiliser un sort de propreté.
-Je t'aime, Sirius Black, affirma Remus. Repose-toi bien.
Sirius l'observa vaguement se lever et agiter sa baguette, probablement pour le nettoyer. Il l'aida ensuite à se coucher convenablement et Sirius s'endormit assez vite.
xXx
Lily tourna la page de son livre et releva une énième fois les yeux pour observer James assis devant elle, une nuée de jeunes Gryffondors assis par terre buvant les paroles du Préfet. Elle aussi avait eu droit au récit mouvementé et très bien raconté du séjour de James à St-Mangouste, mais surtout de ce moment où pendant plus d'une minute, il était mort. Enfin, ça restait moins impressionnant quand on l'entendait pour la 7ème fois.
Pourtant, au fond d'elle, Lily ne se lassait pas d'entendre le récit de James. Ce qu'il avait vécu était incroyable et pour la première fois depuis longtemps, elle l'entendait s'exprimer à cœur ouvert pour partager son expérience et non dans le but de se faire mousser ou d'attirer tous les regards.
-Je n'ai toujours pas conscience de tout ce qui est arrivé à partir du moment où je me suis effondré en cours. Parfois, j'ai même la sensation que c'était hier ! expliqua James aux plus jeunes, absorbés par ses propos. Je sais que ce n'est pas le cas mais j'ai du mal à le concevoir, à l'apprécier. Il y a un manque, un vide que je ne m'explique pas.
-C'est comment de mourir ? demanda timidement un 1er année.
-Hum… C'est le genre de truc qui te fait tout voir différemment. Qui te donne envie d'apprécier ce que tu as autour de toi et d'enfin te concentrer sur les choses qui comptent vraiment.
James sourit et Lily referma son livre. Depuis quand James était-il devenu si adulte ? Lorsqu'elle l'avait quitté, elle avait laissé derrière elle un jeune homme arrogant et mesquin. Ce qu'il avait fait à Severus, elle ne se l'expliquait toujours pas. Il avait beau être jaloux, humilier quelqu'un publiquement n'était pas acceptable. Elle s'était attendue à mieux du garçon qu'elle avait aimé. Sans qu'elle ne s'en rende compte, James avait évolué. Pourtant, elle le sentait, il restait le même Gryffondor têtu et blagueur.
Avait-elle eu tort de vouloir le changer ? Était-ce pour ça que leur histoire n'avait finalement pas marché ? Lily le savait, Severus n'avait eu qu'un rôle minime là-dedans. Le problème avait été plus profond. Le problème, c'était eux. James avait essayé de changer pour elle parce que d'une certaine manière, Lily le lui avait imposé. Mais tout ce qu'elle lui avait demandé n'avait jamais été lui. On ne pouvait pas aller contre sa nature, contre ses désirs…. Pourtant, James avait tout de même fini par évoluer. Pour qui, pourquoi ? Elle doutait que ce soit grâce à Sirius. Ces deux là lorsqu'ils étaient ensemble étaient loin de relever le niveau !
James s'était assagi et pensait de manière plus responsable à présent. Des choses avaient dû changer dans sa vie pour qu'il évolue dans ce sens. La rousse savait que James l'avait aimé et qu'il avait vraiment essayé mais quelqu'un d'autre lui avait vraisemblablement donné envie de faire mieux. Cette personne devait sans doute l'accepter davantage que Lily ne l'avait jamais fait. La Préfète-en-cheffe se sentit un peu triste à cette pensée. Mais en même temps, elle ne pouvait être qu'heureuse pour son ami. S'il avait retrouvé l'amour, ou quoi que ce soit d'autre, c'était tant mieux pour lui. Elle aussi continuait d'avancer de son côté.
Lily resta jusqu'à la fin de l'histoire de son ami et se leva en même temps que lui. Ils échangèrent alors un regard alors que les 1ère année se précipitaient dehors.
-Ils m'adorent ! sourit James.
-Ils adorent tout le monde, contra Lily.
-N'importe quoi, ils n'aiment pas le concierge !
Lily secoua la tête et alla ranger son livre sur une des étagères de la salle commune des rouge et or.
-Tu as un truc de prévu ? lui demanda James.
-Oui, je vais rejoindre Severus dans le parc. On doit récupérer une plante pour notre devoir de botanique.
James hocha simplement la tête.
-Et toi ? Ça fait déjà deux heures que tu n'as pas vu Sirius. Vas-tu survivre plus longtemps ? plaisanta-t-elle.
James fit semblant de rire, ce qui augmenta son sourire.
-Où est-il d'ailleurs ? voulut-elle savoir.
-Il fait du balai avec Regulus.
-Oh, et tu n'as pas envie de les rejoindre ? s'étonna-t-elle.
James haussa les épaules.
-Non, on m'a interdit tout vol pendant encore une semaine. Je ne suis là que depuis quelques heures, je ne vais pas déjà retourner à St-Mangouste. Il y a une médicomage là-bas qui ne serait pas du tout ravie de me voir !
Il rit et Lily secoua la tête, amusée.
-Vas-tu véritablement réussir à te contrôler ?
-J'ai pas le choix, grimaça-t-il. En fait, je pense que je vais bosser un peu. J'ai tous mes cours à rattraper. Et ne me regarde pas comme ça, il m'arrive de bosser aussi ! se vexa-t-il devant les yeux écarquillés de Lily.
-Oui, je sais... Bonne chance.
Elle commença à s'en aller avant de s'arrêter. Elle se tourna alors vers James qui récupérait tout juste les cours que Dorcas lui avait passés plus tôt dans la journée. Il remarqua très vite son regard et haussa un sourcil à son intention.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Choquée que je bosse vraiment ?
-Non… C'est juste que je me demandais ce que tu avais bien pu dire aux Aurors pour qu'ils libèrent Sirius.
-La vérité, c'est tout.
Lily fut déçue de ne pas avoir plus de détails mais James ne semblait pas vouloir se confier davantage alors, dans un sourire, elle sortit retrouver Severus.
Elle le retrouva accroupi par terre près d'un grand arbre. Apparemment, il avait déjà commencé. Elle le héla et il se releva précipitamment. Lily engagea ensuite la conversation, lançant Severus sur le Jenusisme, une plante qu'on disait si belle que la regarder suffisait à faire naitre un doux sentiment de bien être. Elle poussait à cette période de l'année et ne pouvait être cueillie que pendant 48h. Si on ratait le coche, elle perdait de sa beauté une fois déterrée. Severus était si enthousiaste à son sujet que Lily le trouvait mignon. Cette plante était utilisée dans la potion de rêve intense ou d'euphorie contagieuse, mais elle était surtout très difficile à utiliser convenablement.
Lily et Severus étaient sûrs d'avoir une note excellente avec elle. Les vacances étaient dans quelques jours et les deux amis voulaient essayer de rattraper les points perdus lors de leur sit-in.
-Peut-être qu'on devrait penser à une autre solution au cas où on ne trouverait pas de Jenusisme ? lança Lily.
-Peut-être. Chourave est assez sympa pour nous laisser rattraper les devoirs, c'est vrai que je n'ai pas envie de laisser passer cette chance.
-Hum, j'ai quand même trop envie d'en trouver ! s'exclama-t-elle en souriant.
-Moi aussi.
Lily observa Severus, sentant sa poitrine se réchauffer devant le visage joyeux de son ami. Elle repensa soudain aux mots de James plus tôt, sur le fait de ne plus se voiler la face et de comprendre vraiment ce qui comptait pour soi. Lily avait toujours aimé passer du temps avec Severus. Elle était bien avec lui. Et lui faisait tout pour la séduire désormais, pour qu'enfin Lily le voit autrement que comme son meilleur ami. Lily ne s'en était pas rendue compte avant mais peut-être que Severus était en train de réussir...
Elle n'était plus sûre qu'être seulement amie avec Severus lui suffise. Il avait toujours été là pour lui, ils se comprenaient si bien et aimaient tout simplement passer du temps ensemble.
La véritable question était : pourquoi hésiter autant ? Lily s'était comportée de la même manière avec James. A douter, à le faire attendre. Elle se faisait l'impression de chercher le grand amour, d'attendre le bon garçon. Peut-être que les discours de sa mère sur le grand amour l'avaient trop influencée ? Elle savait qu'elle pouvait fréquenter un garçon sans que ce ne soit une histoire sérieuse qui déboucherait sur un mariage. Ce n'était pas parce qu'elle était une fille qu'elle n'avait pas le droit d'expérimenter et de s'engager dans une relation si elle n'était pas vraiment amoureuse.
Malheureusement, c'était ce qu'on lui avait mis en tête. Les filles étaient plus facilement en proie aux critiques que les garçons sur ce sujet et Pamela Alton en était un parfait exemple. Lily s'en voulait d'ailleurs de n'avoir jamais cherché à la connaitre, ni à la défendre. Elle comprenait qu'au début, après son agression, Alton l'ait rejetée. Lily avait agi trop tard. Heureusement, aujourd'hui, l'atmosphère était plus détendue, notamment grâce à Severus qui arrivait à les rapprocher.
Toute cette histoire était injuste. Il fallait apprendre à vivre pour soi sans craindre les critiques. Vivre et ne pas avoir peur de se tromper ou d'être déçu. Mais surtout, écouter son cœur pour ne jamais avoir de regret.
-Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda bientôt Severus, gêné par les yeux verts qui le fixaient depuis plusieurs secondes.
Lily se pencha vers lui et déposa un rapide baiser sur ses lèvres. Elle sourit ensuite devant les joues rouges de son ami.
-Rien, je suis juste contente d'être avec toi. On s'y met ?! lança-t-elle alors que Severus était toujours sous le choc.
xXx
-J'ai la vie d'un papi, grommela James.
Sirius et lui étaient allongés sur le lit du premier et profitaient d'un moment à deux. Leurs camarades étaient encore dans la salle commune des Gryffondor, profitant des dernières heures avant le couvre-feu. Le dimanche était passé si vite ! James avait, tout comme Sirius, eu droit à sa petite fête. Elle n'avait pas duré bien longtemps cependant, le jeune homme s'étant fatigué assez vite. Et puis, il avait exprimé le fait de vite vouloir rattraper son retard. Cela avait étonné tout le monde, même Sirius. L'ainé des Black n'était pas si pressé pour sa part, pensant même compter sur son supposé talent inné pour ne pas avoir de mauvaises notes.
-Pourquoi tu dis ça ? rigola Sirius.
-Il est tout juste 20h, Sirius, et j'ai tellement sommeil ! Je lutte pour ne pas déjà m'endormir…
-Eh bien, dors, papi si t'es fatigué.
-Arrête de te moquer de moi, souffla-t-il.
Sirius lui caressa les cheveux.
-T'as subi une grave intervention, c'est normal que tu aies besoin de temps pour t'en remettre. J'espère quand même que tu seras remis avant le prochain match de Quidditch ou même avant le grand tournoi de duels !
-M'en parle pas, ça me stresse. J'espère que quand ce sera le cas, je serai au même niveau qu'avant…
-Mouais.
Sirius attrapa le vif d'or avec lequel son ami avait l'habitude de jouer avant et le fit tourner entre ses doigts.
-Comment c'était cette séance de vol avec ton frère ? lui demanda James.
-Super ! C'est la première fois que ça se passe aussi bien entre nous. Et j'ai l'impression que ce sera toujours ainsi à présent, qu'en quelque sorte, nos vieilles rancunes sont vraiment et enfin derrière nous.
-Il…
James hésita.
-Il t'a parlé de moi ?
-Bien sûr.
James ouvrit de grands yeux. Il ne s'était pas attendu à cette réponse là.
-Il était inquiet pour toi, il posait beaucoup de questions. Quand je lui ai dit que tu serais heureux de le voir et d'en discuter directement avec lui, il s'est renfermé.
-Mince, souffla James. Je ne sais pas quoi faire avec lui. Je ne comprends pas pourquoi il est si catégorique. Je sais que ça s'est vraiment mal passé avec Rosier mais je ne suis pas sûr que ce soit la seule chose qui explique le fait qu'il refuse de se détendre avec moi... Bon, il y a mes conneries également…
Sirius camoufla mal son sourire et James leva les yeux au ciel. Un soutien plus franc de son meilleur ami aurait été appréciable. Fatigué, il ferma les yeux, luttant pour ne pas tout de suite s'endormir. Demain, les cours reprendraient et James ne savait pas encore s'il serait en mesure de suivre une journée entière de cours. Il le faudrait bien pourtant. Sa médicomage l'avait laissé retourner à contre cœur à Poudlard. Elle avait recommandé plus de repos mais James n'avait pas voulu. Il avait envie de retourner au château, de revoir ses amis et de reprendre une vie normale. Convaincre ses parents n'avait pas non plus été simple mais comme James était majeur, au final, il était en mesure de prendre lui-même les décisions qui le concernaient.
Avant de quitter l'hôpital, on lui avait donné tout un tas de recommandations et Pomfresh gardait dans son infirmerie les potions que devait ingurgiter James chaque jour. Le Gryffondor savait que s'il en oubliait une, Pomfresh viendrait sans problème jusqu'à lui pour qu'il le fasse. Tout le monde était si inquiet pour lui ! Il avait hâte d'aller mieux pour que les gens arrêtent de se faire du mouron.
Et voilà que Sirius lui apprenait que Regulus faisait également parti des gens à s'être inquiété pour lui… Cela lui faisait plaisir, évidemment, et en même temps, il s'en voulait d'y trouver de la satisfaction. Cela n'avait pas dû être simple pour le Serpentard.
-Je suis tellement soulagé que tu ailles bien, soupira soudain Sirius. Et qu'aucun de nous n'ait à finir à Azkaban…
-M'en parle pas, grommela James. Je ne suis pas fait pour la prison.
Sirius éclata de rire.
-Tu sais, James, je suis à peu près certain que personne n'est fait pour Azkaban. Enfin, sauf les vrais criminels.
-Ouais. Qu'est-ce qu'a dit exactement Regulus sur moi ? lui demanda encore son ami qui luttait contre la fatigue.
Sirius soupira de dépit. James rouvrit alors les yeux et l'observa. Sirius se réinstalla ensuite correctement. Le capitaine de Quidditch n'en avait pas la force et il resta pour sa part simplement allongé sur le lit de son ami. Il y dormirait probablement : il était plus que certain qu'il s'endormirait au cours de leur conversation. Quand Sirius mit du temps à répondre, il lui fila un coup de coude avant que le sommeil ne l'attrape complètement.
-Il voulait savoir comment tu allais, si tu allais avoir des séquelles, comment tu vivais ça. Ce genre de choses. Tu devrais aller le voir. Même s'il ne le dira pas, il sera content de pouvoir s'en assurer lui-même.
-Pourquoi il ne vient pas directement ? bouda James.
-Il ne va pas bien, il n'a pas la tête à ça…
James fronça les sourcils. Regulus n'allait pas bien ? Il ne comprenait pas bien pourquoi. La situation venait enfin de s'arranger, c'était justement le moment parfait pour être enfin plus apaisé !
-Il a du mal à se remettre du départ de Padfoot, lui expliqua Sirius. Il tenait vraiment à lui, tu sais. J'ai encore du mal à comprendre leur relation mais je peux imaginer sa peine.
Sirius soupira, semblant mal à l'aise.
-Ce n'est pas facile à dire mais… Je suis heureux que l'esprit ne soit plus là.
James lui lança un regard interrogateur et son ami secoua la tête.
-Je ne sais pas comment l'expliquer mais je n'arrivais pas à être à l'aise avec lui. J'avais un mauvais pressentiment à son sujet. Et puis, si tu y penses bien, depuis qu'il est arrivé, il s'est produit pas mal de mauvais trucs. L'arrivée de Jedusor, la montée de l'extrémisme, le carnage d'Azkaban, le fiasco du bracelet, les fugitifs et d'autres trucs encore.
James resta silencieux, soudain pleinement éveillé. Il n'avait pas pensé que Sirius n'appréciait pas vraiment Padfoot. Lui-même, tout comme Regulus, avait noué une relation particulière avec l'esprit et ne comprenait pas les remontrances de son meilleur ami. C'est vrai qu'il s'était passé beaucoup d'évènements ces derniers temps mais en aucun cas il ne pouvait les imputer à la venue dans leur univers de Padfoot.
-T'oublies ton rapprochement avec Remus, avec ton frère, notre quête pour devenir des animagi, le tournoi de du-
-Ta rupture avec Lily, le coupa Sirius qui voyait très bien ce qu'il essayait de faire.
James accusa le coup et se redressa. Il fixa son ami, les sourcils froncés.
-Je suis à peu près sûr que Padfoot n'a rien avoir avec ça.
-Il y a eu des évènements qui t'ont obligé à te tenir éloigné d'elle, à la délaisser. Tu lui mentais alors qu'avant, ça n'arrivait pas. Il y a aussi Regulus. Ils devaient tout se dire, peut-être qu'il l'a encouragé à aller vers toi et…
-Merde, ferme-la, Sirius ! s'énerva soudain James. A quoi tu joues, bon sang ?!
-Tu aurais pu être encore avec elle, James et ne me dis pas que ce n'est pas un truc qui ne te fait pas envie ! Il savait presque tout de nous, mais on ignore même quel est son vrai nom. Je dis juste que je ne le sentais pas et que sans doute, il nous a tous manipulés.
-Tu vas trop loin ! Tu te bases sur quoi pour affirmer ça ?
-Rien, reconnut le brun.
-Ne dis jamais ça devant ton frère, ça le blesserait beaucoup, lui conseilla James.
-Ouais, je sais. Impossible de le critiquer devant lui. Padfoot était comme son putain de gourou…
-Je vais finir par croire que tu es jaloux, tenta de plaisanter James.
Sirius esquissa un pauvre sourire.
-Je m'inquiète pour lui, c'est tout. Mais bon, il est parti alors pas besoin d'en faire toute une histoire. J'ai bien compris que je suis seul contre tous.
-Ce n'est pas ça, souffla James. Je reconnais qu'il s'est passé étrangement beaucoup de choses depuis qu'il est arrivé. Mais de là à dire que tout est de sa faute ! Il n'avait aucun pouvoir, il ne pouvait même pas parler aux gens !
James vit son ami se plonger dans ses réflexions mais ne les partagea pas avec lui. Ils avaient partagé leur point de vue et c'était bien suffisant. Ils s'étaient retrouvés depuis peu et James n'avait vraiment pas envie de se prendre la tête à ce sujet.
-J'irai voir Regulus, décida-t-il soudain.
Sirius lui jeta un coup d'œil, surpris du subit changement de sujet.
-Pour lui dire quoi ?
-Que j'ai envie que ça marche entre nous. Contrairement à ce que tu penses, ce n'est pas un plan de secours en attendant que Lily veuille bien me reprendre. Je suis passé à autre chose et je tiens vraiment à lui.
-Désolé, fit Sirius conscient d'avoir blessé son ami.
-C'est rien. Mais on vient juste de se retrouver, on ne va pas déjà se prendre la tête. Ca arrivera quand je serais sélectionné pour participer au tournoi et pas toi !
-Ça ne risque pas d'arriver, papi, se moqua Sirius. Et d'ailleurs, je croyais qu'on devait être sélectionné ensemble ?
-Oui, mais je préfère encore que ce soit moi que toi ! J'ai plus de talent !
Sirius rit et James se rallongea, prêt à dormir. Il était vraiment crevé. Il fit semblant de ne pas entendre les protestations de son ami jusqu'à ce qu'il s'endorme complètement.
xXx
-Vous ne pouvez pas faire ça ! s'écria James.
Il observa Hugo Leroy tenir le battant de la porte de sa salle de cours. Les autres élèves derrière lui fixaient avec effarement le spectacle que donnaient les deux Maraudeurs, James en particulier. Sirius avait comme buggé et n'avait plus prononcé un mot depuis que le français leur avait annoncé la terrible nouvelle.
Suite à ce qui s'était passé les jours précédents, l'hospitalisation de James et la détention de Sirius, Dumbledore avait décidé de les retirer de ce cours. Car même si James avait été la « victime » et Sirius complètement innocenté, il s'avérait que James avait enfreint le règlement : sortir de Poudlard la nuit pour plus ou moins subtiliser un artefact magique n'était pas la chose la plus intelligente à faire. Et parce que Sirius était toujours dans les mauvais coups, il n'avait pas aidé en cachant la vérité. De plus, étant un Black, il pouvait aisément manipuler l'objet sans crainte.
Peu importe qu'il n'ait pas pensé à mal, ce n'était pas l'attitude que le directeur attendait de ses élèves.
Ils ne pouvaient désormais plus concourir pour participer au tournoi de duels. Grande déception et décision que James comptait bien contester. Malheureusement, Hugo Leroy ne semblait pas vouloir lui laisser la possibilité de défendre son point de vue.
-Je peux et je le fais, trancha l'adulte.
Sur ces mots, il claqua la porte et James resta figé devant quelques secondes, incapable de trouver quoi dire. Il finit par grommeler et se tourna vers son meilleur ami qui, ayant retrouvé toutes ses capacités mentales, haussa simplement les épaules.
-C'était prévisible, admit-il.
-Et pourquoi ça ? demanda James.
-Parce qu'il nous arrive toujours des coups foireux, Jamie. Et puis, franchement, dans ton état, ça aurait été dangereux.
Ils en avaient parlé hier et James ne se souvenait pas que son meilleur ami ait évoqué cette éventualité une seule fois. Lui-même n'y avait pas pensé. Il s'estimait avoir le droit de terminer cette formation expresse et avoir l'opportunité d'être choisi. Sirius, qui semblait depuis longtemps avoir compris que cela se terminerait ainsi, aurait pu le prévenir. Cela aurait laissé le temps nécessaire au Préfet de se préparer à cette déception…
James n'était pas en forme, il le savait, mais il ne voulait pas qu'on le traite comme une petite chose fragile. Et encore moins qu'on lui fasse sentir qu'il n'était pas capable de réaliser la même chose que ses camarades. Même si, dans ce cas précis, il savait que les déboires judiciaires que Sirius et lui subissaient n'y étaient pas pour rien.
-Quant à moi, je ne suis qu'une simple victime de tout ça…
-Hé ! protesta James. Ce n'est pas moi qui aie terminé chez les Aurors !
-Ils savaient que je n'avais rien fait mais ils m'appréciaient tellement qu'ils ne voulaient pas que je parte trop tôt !
James leva les yeux au ciel.
-On est toujours viré du cours de duels, lui rappela-t-il finalement.
-Ouais…
A regret, ils s'éloignèrent de la porte close et marchèrent dans les couloirs, incertains sur ce qu'ils devaient faire à présent. Ils croisèrent quelques élèves curieux de les trouver à errer et James les foudroya du regard. Dès demain – si ce n'était ce soir – tout le monde apprendrait qu'ils avaient été virés du cours de duels…
-Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Sirius.
-J'en sais rien, soupira James.
Avec effarement, ils se rendirent compte qu'ils avaient oublié comment ils occupaient leurs débuts de soirée avant.
-C'est horrible, on va devoir retourner avec ceux qui n'ont pas été choisis. Les non élus ! plaisanta Sirius et cela tira un sourire au Préfet.
-Il faut qu'on s'occupe avant de commencer à s'ennuyer ! décréta-t-il.
-On pourrait fiche la trouille à Rusard ? proposa le batteur.
-En voilà une idée qu'elle est bonne ! rigola James.
Sirius et lui s'en allèrent bras dessus bras dessous dans leur dortoir, histoire de mettre en place cette brillante idée. Embêter Rusard avait toujours fait partie de leur passe-temps. Le concierge les détestait et faisait tout pour les punir, même quand ce n'était pas justifié. La petite guéguerre avec Severus s'était arrêtée pour Lily puis avait repris après la rupture du couple mais ça n'avait rien à voir avec ce qui se passait avant. Au final, ça n'avait même pas duré longtemps. Les mauvais coups de part et d'autre s'étaient arrêtés d'eux-mêmes et James n'avait plus vraiment envie d'aller s'embrouiller avec Snape. Il s'était rendu compte que c'était inutile et surtout, qu'il avait mieux à faire.
S'il donnait une bonne leçon à Rusard, personne ne viendrait lui faire la tête après !
James échangea un regard avec son meilleur ami lorsque celui-ci mit la bronchya dans le petit sac empli de terre. Ils étaient prêts et allaient pouvoir mettre en place leur blague juste avant le diner.
Le concierge avait toujours des réactions épiques, ce qui promettait un grand spectacle. Parfois, James se sentait coupable et avait un peu pitié de l'homme. Être cracmol ne devait pas être drôle tous les jours. Le Gryffondor comprenait également que si le concierge se montrait si dur et parfois infecte avec eux, c'était parce qu'il était jaloux. Mais que pouvait-il y faire si l'autre était comme ça ? Rusard n'avait pas à passer ses nerfs sur eux. Être cracmol dans le monde magique était une telle tare, pourtant Dumbledore lui avait donné une chance et au lieu de s'en sentir heureux, il continuait à être aigre et injuste. De quoi donner à James envie de se moquer de lui autant de fois que l'occasion se présenterait.
-On est prêt, je crois, fit soudain Sirius.
-Okay. Il fait normalement sa ronde à cette heure-ci pour vérifier que tout se passe bien avant le repas.
-Ce qui veut dire que son bureau est libre d'accès.
Plus ou moins, mais les Maraudeurs savaient comment y accéder et laisser au concierge leur petite surprise.
Ils échangèrent un sourire et se levèrent en même temps. Il était temps de foutre une sacrée frousse à Rusard !
xXx
James et Sirius étaient cachés depuis presque trente minutes derrière une colonne en marbre du couloir. L'impatience avait vite laissé place à l'ennui puis à la colère lorsque le temps passant, Rusard ne se montra pas. Sirius, dépité, avait fini par peser de tout son poids sur James qui guettait mollement l'arrivée prochaine – du moins l'espérait-il encore – de Rusard. Les Maraudeurs s'étaient fait repérer par quelques élèves qui les avaient interrogés et qu'ils avaient chassés illico : les idiots allaient les faire repérer.
-Tu sens bon, James, déclara Sirius à un moment.
Le Préfet des Gryffondor remonta ses lunettes sur son nez et bougea légèrement la tête pour essayer de regarder son ami. Celui-ci fut déséquilibré par la manœuvre et râla.
-Merci, c'est mes cheveux. Un produit de mon père, indiqua-t-il.
-Imagine que t'inventes un truc qui te fait devenir riche, rêva ensuite Sirius.
-Je suis déjà riche, lui fit remarquer James.
-A ton avis, c'est comment d'être pauvre ?
Comme son ami semblait sérieux, James fit de son mieux pour trouver la réponse la plus juste. Vivre dans le besoin, il ne savait pas ce que c'était.
-Dur, je présume, étant donné que tu peux pas t'acheter ce que tu veux, hésita-t-il. Mais je crois pas que tu sois malheureux pour autant.
Sirius garda le silence, si bien que James le repoussa lentement pour lui faire face, se fichant à cet instant d'être visible.
-T'es bizarre en ce moment, Sirius.
-Comment ça ?
Sirius haussa un sourcil, perdu.
-Je sais pas. J'ai l'impression que t'as un rapport différent avec l'argent.
James se gratta l'arrière de la tête, un peu embêté. Il ne savait pas comment formuler son ressenti.
-Je… Est-ce que cette histoire d'héritage te turlupine toujours ? Tu as l'impression de ne pas mériter l'argent de ton oncle Alphard ?
James put rapidement voir le visage de son ami changer, ses sourcils se froncer et un sentiment étrange se peignit sur ses traits.
Le capitaine de Quidditch avait bien remarqué que son ami s'adonnait à des jeux d'argent ces derniers temps. Rien de méchant cela dit. Juste des paris ou des parties de jeu avec une somme à la clé. Ça ne l'avait pas inquiété avant, sans doute parce que son esprit était trop empli de la magie noire du bracelet de la famille Black… Mais maintenant, il y était au moins vigilant.
-De quoi tu parles ? Je me posais la question par rapport à Rusard.
Sirius observa quelque chose à l'autre bout du couloir et tira ensuite brutalement James contre la colonne de marbre.
-Il arrive !
James retrouva sa bonne humeur et son insouciance. Sirius sortit alors de sa poche le petit sac et le fit rouler par terre un peu avant le passage de l'adulte. Rusard sursauta et observa l'objet avec appréhension. Le truc à l'intérieur s'agita et le concierge recula d'un pas, craintif. Il observa ensuite les alentours et les Maraudeurs se cachèrent en étouffant au mieux leur rire. Et puis soudain, la créature en sortit. Un magni amo. Une créature hideuse, se trouvant entre la plante et un costume d'Halloween raté. Alors oui, elle n'était pas belle et pouvait même fiche la trouille à certains, mais elle était très douce et surtout très affectueuse malgré ses deux mètres de haut.
Rusard hurla lorsque le magni amo s'accrocha à lui pour lui baver sur le visage. S'en fut trop pour James et Sirius qui éclatèrent de rire. Ils observèrent Rusard essayer d'échapper à la créature et glisser sur la substance visqueuse que celle-ci répandait avant de ramper pour chercher de l'aide. Bientôt, ils entendirent d'autres élèves que croisait le concierge rire à gorge déployée.
-Faut qu'on y aille avant que quelqu'un nous trouve ! se rappela Sirius.
James hocha la tête. C'était peut-être cruel, mais surtout très drôle ! En plus, le magni amo était inoffensif. Il suffisait juste de la rendormir pour qu'elle arrête de coller le cracmol. Un professeur ou Préfet s'en chargerait bien. En attendant, eux devait vite aller dans la Grande Salle pour manger et surtout cacher leur satisfaction.
Ils firent de leur mieux. Pourtant, lorsqu'ils croisèrent Lily, ils surent qu'elle les avait démasqués. Mais ça n'avait pas d'importance parce que tout le monde parlait de Rusard et de la façon dont il s'était humilié !
-Il ne peut même pas se défendre, les gars, soupira Dorcas.
-Tu parles mais je ne t'entends pas, Do ! rigola Sirius.
James lui tapa dans la main.
-Vous embêtez toujours les gens, leur reprocha Lily. Ça vous arrive d'avoir des idées qui font le bien autour de vous ?
-On ne peut pas tous être de bons samaritains et sortir avec Snape, répliqua James.
Son ton était neutre et c'était sans doute le mieux qu'il pouvait faire pour l'instant. Lily voulut alors répliquer mais pour dire quoi ? Elle rougit, embarrassée que son ex déballe ce fait particulier et encore plus qu'il soit au courant alors que Severus et elle n'avaient toujours pas eu la fameuse discussion. Pourtant, elle n'était pas sûre que James soit réellement au courant de quoi que ce soit. Cela pouvait également avoir été dit pour l'embêter ou savoir s'il se passait vraiment quelque chose entre eux.
-C'est vrai, Lily ?! voulut savoir Alice, excitée par la nouvelle.
Dorcas posa sur elle un regard de poisson alors que Frank semblait ne pas y accorder d'importance. Avait-il écouté au moins ?
-Peut-être, lâcha-t-elle, nerveuse. Vous le saurez bien assez tôt si c'est le cas.
-Eurk, grimaça Sirius. Tu passes de Jamie à Servilus, t'as pas de goût, Lily…
-Je me passe aisément de ton avis, Sirius, sourit-elle.
Elle continua à manger sous le regard soucieux de Dorcas. Sirius, qui avait à cœur de défendre la fierté de son meilleur ami, continua à descendre le Serpentard.
-Il était à la manif pour te défendre, l'informa alors Frank qui ne voulait pas prendre position.
La discussion prenait de l'ampleur et bientôt, la rumeur se propagea à la table des rouge et or.
-Il était pas là pour moi. Enfin bref, comment était le cours de duels ? demanda Sirius pour changer de sujet.
Il n'avait pas envie que James devienne mal à l'aise. Ni que Lily et lui soient de nouveau en froid.
-Reposant sans vous, mais quand même agréable.
-Le directeur prendra bientôt sa décision, non ? lança James.
-Jeudi, lui apprit Lily. Je stresse.
-Y a pas de raison. Maintenant qu'on n'est plus en course, t'es sûre d'être prise, rigola Sirius.
Lily leva les yeux au ciel et lança une mie de pain sur le visage de son ami.
xXx
-Je ne serai pas sélectionné, gémit Regulus.
Il se laissa tomber sur le canapé de la salle commune des Serpentard et ramena ses genoux contre son torse. Le 6ème année entendit Severus grommeler à côté de lui. Le cadet des Black laissa alors trainer son regard dans la pièce. A part un autre 7ème année et deux 3ème année, c'était vide. Beaucoup étaient en cours, d'autres avaient du temps libre et trainaient juste. Lui-même avait cours dans 30 minutes. Quant à Snape, il ignorait bien ce qu'il faisait là.
Enfin, ça lui faisait une oreille attentive à ses problèmes et à ses interrogations.
-J'ai un an de moins, donc techniquement je connais moins de sorts et je suis moins expérimenté dans ce genre d'exercices. De plus, c'est Dumbledore qui choisit et il aime montrer à quel point il est tolérant et que la diversité lui tient à cœur. Quitte à en faire trop et qu'on en vienne à douter de sa sincérité. De ce fait, je suis sûr qu'il prendra Evans en grande partie parce que c'est une née-moldue.
-Et il aurait raison, Lily est une sorcière puissante et brillante.
Regulus soupira. Severus était dingue de la rousse, bien sûr qu'il trouverait ce choix normal.
-Je ne dis pas le contraire, tempéra le plus jeune. Je dis juste que Dumbledore penserait que ce serait un bon coup de la sélectionner pour mettre en avant la tolérance qu'il veut à Poudlard. Comme une bonne représentation que les nés-moldu sont aussi puissants que les Sang-pur. Surtout en ce moment alors que c'est une pensée qui a du mal à percer…
Regulus put voir avec satisfaction Severus avoir du mal à trouver ses mots.
-Peu importe les raisons, au final, elle l'aurait mérité, répondit-il après quelques instants. Pourquoi tu ne penses pas être choisi ? lui demanda-t-il ensuite.
-Parce que s'il faut un Serpentard, Rosier et toi êtes plus performants. Et ma concentration et mon mental des derniers jours doivent laisser penser que je n'ai pas les épaules pour ce type de pression.
-On est mardi, il te reste encore quelques jours pour le faire changer d'avis si effectivement, pour l'instant, tu ne fais pas partie de son choix.
-Ce ne sera pas suffisant.
-Ne sois pas si défaitiste. Ton humeur déteint sur moi et j'ai un cours à bosser, râla le futur potioniste.
Regulus soupira fortement et se leva du canapé puis sortit de la salle commune des Serpentard sous le regard intimidé des plus jeunes. Il avait encore un peu de temps avant son cours mais n'avait rien de spécial à faire alors il décida d'attendre directement devant sa salle de botanique. Il se sentait fatigué et avait hâte d'être en vacances. Dimanche, lorsqu'il avait fait un tour de balai avec son frère, Sirius lui avait dit qu'il comptait enfin faire voler sa moto et il avait promis à Regulus qu'il serait son premier passager. Il avait hâte mais s'était bien entendu abstenu de le dire à son ainé.
Il profiterait d'être chouchouté par les parents Potter qui adoraient bien trop ça, il se reposerait et puis irait au tournoi. En tant que spectateur ou participant, il le saurait bientôt. Son estomac se contracta à cette pensée. Tout ça le stressait. Il avait tellement envie d'y participer. Il avait fourni beaucoup d'efforts et il comptait sur ce concours pour prouver aux autres qu'il était capable d'accomplir quelque chose. Mais cela était également avant tout pour lui. Regulus avait besoin de savoir qu'il n'était pas nul, pas moins que son frère comme on lui avait toujours fait croire.
Alors qu'il était à quelques mètres de la serre, Regulus s'arrêta, découvrant avec étonnement James qui s'amusait avec son vif d'or. Regulus hésita. Il n'avait pas été voir le Gryffondor depuis son retour et ne savait pas comment agir avec lui.
James releva soudain la tête et croisa son regard. Il rangea son vif d'or et lui adressa un sourire. Regulus sentit sa nervosité croitre et s'encouragea mentalement. Il avait cours ici dans environ un quart d'heure, il n'allait pas fuir à cause de Potter. Il s'avança lentement mais garda ses distances.
-Salut, Regulus, content de te voir, le salua James.
-Bonjour, répondit-il sobrement.
-Je voulais venir te voir avant mais j'avais un peu honte et je ne savais pas bien ce que je pourrais te dire. Maintenant que je n'ai plus le bracelet, je me rends bien compte que j'ai été en dessous de tout avec toi.
James esquissa une grimace en faisait un geste du poignet.
-J'aurais pu y rester en plus, continua-t-il.
-Content que tu t'en sois sorti.
-Moi aussi !
Regulus se racla la gorge et observa un instant James avant de promener son regard aux alentours. Est-ce que tout ça allait durer longtemps ? Il se rendait compte qu'il était gêné parce qu'il ne savait pas quoi dire au Gryffondor.
James ouvrit alors la bouche dans le but de dire quelque chose mais s'interrompit très vite. Il observa longuement le plus jeune et fronça les sourcils. Il se mit ensuite à lui tourner autour, se rapprochant bien trop de lui.
-Mais qu-qu'est-ce tu fais ?! bredouilla Regulus.
Il s'éloigna de quelques pas et regarda rapidement autour d'eux : personne. Il soupira de soulagement.
-Tu n'aurais pas maigri, Regulus ?
-Si, reconnut-il. Mais pas la peine d'en rajouter, ce n'est rien du tout. Et puis, Sirius m'a déjà ennuyé avec ça ce week-end.
-Oh… Okay, capitula James.
Regulus l'observa soudain ramasser une boîte de friandises dans son sac posé à ses pieds et la lui tendre.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Un cadeau. Je ne pouvais pas venir m'excuser les mains vides quand même !
Regulus leva les yeux au ciel. Il récupéra la boîte et après hésitation, la rangea dans son propre sac.
-Je les mangerai ce soir, l'informa-t-il, et James sourit.
-Dois-je en déduire que tu me pardonnes ?
Le Serpentard croisa pendant un instant le regard intense et plein d'espoir de James et hésita. Il était évident que le Préfet avait retrouvé toute sa tête et regrettait ce qui s'était passé ces dernières semaines. Cependant, le cadet des Black avait vraiment été blessé et ne voulait pas avoir l'air de pardonner trop vite alors il haussa les épaules, indulgent. James n'eut pas l'air d'être déçu.
-Padfoot est parti, dit-il subitement.
Il ignorait si James l'avait intégré avant son départ à St-Mangouste mais il avait aussi le besoin d'en parler, au moins un peu. Il savait que l'esprit avait été plus proche de James que de Sirius, ce qui était normal.
-Ouais je… J'ai pu lui dire au revoir malgré tout ça. J'aurais aimé qu'il reste encore, je n'ai pas bien compris les raisons de son départ en fait...
-Ça devenait trop dangereux pour lui. Des personnes qui ne devaient pas sentir sa présence ont commencé à se manifester. Et puis, il ne l'a jamais dit… mais je crois que ça le rendait triste d'être ici, d'être avec nous, sans pouvoir vraiment l'être.
-Je crois oui.
James resta silencieux et s'appuya contre un des murs de la serre, son regard loin devant lui.
-Comment tu as vécu tout ça ?
Regulus fut surpris de la question, mais également très touché.
-Mal, avoua-t-il. Il me manque terriblement.
-Moi aussi il me manque, je l'aimais bien, confia James.
Regulus esquissa un pauvre sourire et prit une grande inspiration pour empêcher les larmes de couler. Il était toujours autant peiné du départ de son gardien mais pouvoir en parler, ne pas garder toute sa peine pour lui, lui faisait quand même un peu de bien. De plus, il savait que James le comprenait et qu'il était sincère.
Avec hésitation, Regulus vint alors adopter la même posture que le 7ème année, se rapprochant un peu de lui. Peut-être que les choses pourraient redevenir comme avant entre eux ? Le problème était que le Serpentard ne se souvenait plus bien d'à quoi ressemblait cet avant…
Regulus jeta finalement un coup d'œil à James avant d'observer le paysage devant eux.
-Merci d'avoir permis à Sirius de revenir.
-Tu n'as pas à me remercier pour ça, je n'allais pas laisser mon meilleur ami aller à Azkaban !
-Tu n'as pas non plus parlé de moi, remarqua Regulus. Qu'est-ce que tu as dit pour que tout se termine si bien ?
-Mmh…
-James ?
-Hé bien, j'ai dit que j'avais pris le bracelet et que j'avais au passage payé pour toi…
-Quoi ?
Regulus fronça les sourcils, perdu.
-J'ai dit qu'on était ami toi et moi et que tu m'avais déjà parlé de ce bijou de famille avec envie. Que comme tu… Enfin, comme tu me plaisais, je voulais t'impressionner et donc que je l'avais pris dans le but de te l'offrir. J'ai ensuite raconté qu'il y avait eu des tumultes entre nous et donc que j'avais agi comme un gamin pour finalement le garder pour moi.
Regulus en resta coi et James n'osa pas le regarder non plus. Le Serpentard finit par secouer la tête avant qu'un sourire ne se dessine tout de même sur ses lèvres. Il avait connu le Maraudeur plus inventif.
-Je n'arrive pas à croire que quelqu'un ait pu croire à une histoire aussi stupide.
-Il faut croire que comme je suis un habitué des plans foireux, les gens ont l'habitude, lança James, mal à l'aise.
Regulus l'observa encore et ne put s'empêcher d'éclater de rire.
-T'es pas obligé de te foutre de moi non plus, bouda le plus vieux.
-Désolé, pouffa le Serpentard qui essayait de reprendre sa respiration.
-Non, c'est bon. Je l'ai toujours dit, tu es beau quand tu ris.
Cela eut pour effet immédiat d'arrêter le fou rire du Serpentard. Ils se regardèrent, gênés et conscients de l'atmosphère étrange entre eux. Mais ils n'en discuteraient pas aujourd'hui - pas qu'ils en aient envie – car les camarades de classe du Serpentard arrivaient.
-Bon cours, Mini-Black, le salua James avant de se faufiler entre le petit groupe qui arrivait.
Regulus se recomposa un visage impassible lorsque Mme Chourave arriva pour les faire rentrer.
xXx
-C'est dommage qu'on ne puisse pas la tester mais ça reste vraiment trop dangereux.
-Ne t'inquiète pas, Marlene, je comprends.
Dorian toucha une fois de plus sa baguette, la faisant tourner entre ses doigts. Il la chérirait le restant de sa vie. Lorsque sa première baguette avait été détruite, il avait eu cette impression de coup de poignard en plein cœur. Un sorcier n'était pas grand-chose sans sa baguette, c'était presque comme son âme. Il s'était longtemps senti faible et inutile mais plus que tout, un horrible poids mort pour sa petite sœur qui devait le porter à bout de bras.
Dorian aurait bien évidement souhaité autre chose pour sa sœur que de s'occuper d'un fugitif. Mais à cet instant, il lui devait tout et savait que sans elle, il serait soit déjà capturé et ramené à Azkaban, soit mort depuis longtemps. Cette dépendance lui donnait l'horrible impression d'être encore plus faible et inutile. Mais à présent qu'il avait sa baguette, ce n'était qu'une question de temps avant que tout s'arrête, cette vie de clochard, de fugitif et de douleur.
Jusqu'à présent, le plan de sa sœur marchait très bien. La potion avait fonctionné extraordinairement bien et au moment de l'achat de la baguette, Oliver n'y avait vu que du feu. Dorian s'était senti, pendant une seconde à peine, désolé d'abuser l'homme ainsi. Mais dans sa situation, il devait être égoïste et sans scrupules. Marlene l'avait dit, ils retrouveraient leur sens moral quand tout serait derrière eux. Le tournoi de duels était dans quelques jours à peine et l'effervescence lui permettrait de passer entre les mailles du filet et de partir pour la France. Là où il serait tranquille. A la fin de l'année, Marlene le rejoindrait et informerait sa famille de ce qu'il s'était passé pour qu'ils puissent de nouveau être ensemble. Même si ce n'était pas en Grande Bretagne.
Tant qu'ils étaient libres et ensemble.
-Je devrais pouvoir me débrouiller avec les stocks de nourriture que tu viens de m'emmener. Ce serait moins dangereux pour toi que tu ne reviennes plus me voir.
-Même pour te dire au revoir ? s'attrista la Serdaigle.
-On a qu'à faire ça maintenant, sourit-il. Je t'aime, petite sœur, mais après tout ce que tu as fait pour moi, je veux au moins pouvoir te protéger un peu. Si tu te fais attraper, m'évader n'aura servi à rien.
-Ne t'inquiète pas, je suis discrète.
-Sans doute, mais on est jamais trop prudent. Il reste suffisamment de potion pour que je me retransforme avant de prendre le bateau.
-Tu ne vas pas de nouveau adopter les traits d'un élève ? Ce serait suspect.
-Pas forcément, je prendrai un moyen de transport moldu. Il n'y aura peut-être pas de contrôle.
-Trop dangereux. Ils interrogeront forcément un mineur seul. Je te trouverais un autre cheveu, ce sera plus prudent. Et j'en profiterai pour te dire au revoir comme ça. Tu ne te débarrasseras pas de moi si facilement !
-Tu as réponse à tout ! s'amusa-t-il.
Soudain, Dorian s'arrêta net et sa sœur et lui se regardèrent, pétrifiés. Au loin, un grognement venait de retentir. Ils attrapèrent d'un même mouvement leur baguette respective et gardèrent le silence, alertes. Il y eut un autre grognement et des bruits de course. Marlene repensa à l'accident de Lupin et de Black quelques mois plus tôt qui avait impliqué des centaures. Était-ce encore eux ? Elle n'en était pas sûre, surtout que le bruit semblait différent. Les barrières magiques qu'elle avait installées tremblèrent et elle sentit son cœur battre la chamade.
Son frère et elle avaient tenu bon jusqu'à présent, ce n'était pas pour échouer si près du but ! Elle sortit précipitamment de la tente. Elle devait savoir ce qui se passait, qui était l'ennemi. Peut-être pourrait-elle alors le neutraliser.
-Marlene !
Dorian sortit à son tour et observa les alentours.
Et très vite, il les vit. Les Triswasker, des guerriers sauvages qui utilisaient une forme oubliée de magie. Certains les considéraient tout de même comme des sorciers, d'autres comme des chasseurs. Et pour Dorian, c'était également le cas. Il chassait comme les moldus tout en utilisant la magie pour rendre ça plus amusant et productif. Des rumeurs disaient que lorsqu'ils avaient une proie, ils ne s'arrêtaient jamais de la poursuivre. Habituellement, cette tribu ne vivait pas par là mais il semblerait qu'une proie ait réussi à les mener jusqu'ici.
-Dorian ! paniqua Marlene.
Un des Triswasker cria. Dorian ignorait si cette fameuse rumeur concernant la poursuite de leur proie était vraie mais il était certain d'une chose à cet instant : les trois hommes étaient furieux et semblaient prêts à attaquer, leur première cible semblant être passée aux oubliettes.
Et voilà encore un chapitre, à t-il tenu ses promesses ? Beaucoup de couple mis à l'honneur et d'autre en devenir, ça s'annonce bien pour la plupart. Et après il y a la fin de ce chapitre, à votre avis, que va t-il se passer dans le prochain chapitre ? Intérieurement je souris parce que la suite est pas mal... Enfin je crois.
