Mio: C'est super que tu sois de retour, je t'accueille comme l'enfant prodigue mdr ! Les parents de James sont véritablement formidables. Ils ont tellement attendu cette enfant qu'ils ont voulu bien faire, trop bien faire. C'est un côté qu'on ne voit peut-être pas forcément, mais James a été bien trop gâté et surprotégé, mais dans l'ensemble, ils ont en fait quelqu'un de bien. Au-delà de ça ils continuent de le guider et surtout lui font sentir qu'il peut leur parler de tout, qu'il peut tout leur dire, c'est assez sympa. Regulus est tellement génial, il aurait dû avoir une place plus importante, ce héros qui s'ignorait. Écrire sur le wolfstar est tellement facile et naturel, je suis plus fan du Remus x Sirius que du Sirius x Severus. Pour Lily et Severus j'avoue que ce n'est pas aussi évident, à chaque fois que j'écris je me dis et dire que normalement Lily est avec James, c'est spécial ! Le petit frenchie Hugo personnage qui n'existe pas dans l'œuvre à su conquérir les gens, c'est super ! Le problème avec Marlene c'est qu'elle s'est embourbée dans ses silences et surtout ses mensonges. Elle n'arrive plus à en sortir et ne sait pas s'il n'est pas trop tard maintenant. Surtout maintenant que les prisonniers qu'elle a fait libérer ont attaqué l'école...
Maugrey est tenace, elle va probablement se fatiguer avant lui, ou pas !
Bonne lecture à tous, sorry pour l'attente. Le chapitre est long, ça compense ou pas ? ^^
Chapitre 40 :
Hécatombe partie 3
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Lily avait entendu les cris de douleur de l'homme cinq minutes plus tôt avant que le silence ne s'impose. Sirius ou Remus avait dû lancer un sort de silence. Lily croisa ses bras et ferma les yeux. Elle se sentait horriblement mal. Elle avait dit qu'elle ne pouvait pas cautionner cet acte et c'était pour cette raison qu'elle était sortie. Mais n'était-ce pas hypocrite de sa part ? Elle n'était pas d'accord, mais n'avait pas non plus chercher à arrêter ses amis. Peut-être qu'elle aurait dû rester avec eux malgré tout. Ils étaient trois dans cette histoire, dans cette galère. Remus était resté, lui. Elle connaissait assez le Poufsouffle pour savoir que ça ne faisait pas partie de ses valeurs, mais il était resté pour que Sirius n'ait pas à assumer seul ce choix.
Et même Sirius. Il détestait ce genre de méthodes trop proches de ce que faisait sa famille et ce qu'elle véhiculait. Ça devait lui coûter d'y avoir recours. Mais Sirius voulait tout faire pour sauver ses amis. Il était prêt à tout, même à se salir les mains. Voilà jusqu'où allait sa détermination. Lily aurait voulu faire de même. Elle aurait voulu agir de sorte à pouvoir survivre à ce cauchemar. Elle aussi avait des personnes à qui elle tenait.
Remus et Sirius faisaient le bon choix.
La rousse se laissa tomber sur le sol et attendit. Elle se demandait quand cela serait fini et si Sirius pourrait obtenir les renseignements qu'il désirait. Auraient-ils fait ça pour rien ? Elle espérait bien que non ou jamais plus elle ne pourrait se regarder dans une glace. Peut-être que Dolohov dirait n'importe quoi juste pour que la torture s'arrête ? Malheureusement, c'était un risque qu'ils devaient prendre. Lily était à la fois étonnée et atterrée de voir avec quelle rapidité elle s'acclimatait à cette situation et à ce genre de choix normalement impossibles.
La porte du sous-sol s'ouvrit soudain et elle se releva précipitamment.
-Alors ?
Elle vit la mine fermée de Remus et le désarroi chez Sirius. Quoi qu'il se soit passé exactement, probablement aucun des deux n'en sortirait indemne et ne serait capable d'oublier.
-A-t-il parlé ? demanda-t-elle encore.
Elle aurait aimé les soutenir mais le temps leur était compté et elle ne pouvait en perdre à être compatissante.
-Le château est attaqué, révéla Remus. Il est de mèche avec Greyback.
Lily baissa la tête, accusant le coup. Elle prit ensuite une grande inspiration et releva la tête.
-Quoi d'autre ?
-Les professeurs ne pourront pas nous aider, murmura Remus.
-Quoi ? Pourquoi ?!
-Dolohov a utilisé un sort puissant pour les bloquer quelque part. C'est pour ça que sa main n'arrête pas de noircir.
Lily cligna des yeux, choquée. Bouleversée. Greyback se déchainait dans le château alors que c'était la pleine lune et il n'y avait aucun professeur pour l'arrêter ?! Combien d'élèves avait déjà succombé ?!
-Ce n'est pas tout, fit Remus. Il dit que Greyback avait pour projet de faire rentrer une créature magique capable de faire un carnage.
-Quelle créature ? demanda-t-elle, ayant pourtant l'impression que la situation ne pouvait pas être pire.
-Il ne l'a pas dit. Il prétend ne pas savoir, répondit Sirius.
-Il ment, soupira Remus. Malheureusement, nous ne pouvons pas passer plus de temps à… avec lui. Je n'en aurai pas été capable.
Sirius lui attrapa la main à ces mots et Lily se sentit triste pour le gentil Poufsouffle.
-Ça n'a pas été facile d'obtenir ces informations et je ne pense pas qu'il nous en aurait dit plus, continua Remus. Ni qu'il en aurait été capable. Je l'ai bien observé, il choisissait ses mots. S'il nous a révélé ces éléments, c'est probablement qu'il pouvait le faire.
-Je suis d'accord. On n'y a pas pensé avant mais il peut également faire l'objet d'un Serment Inviolable ou ne pas détenir toute la vérité, approuva Sirius.
-C'est juste. Même si je crois qu'on n'a pas fait ça pour rien, je ne sais toujours pas comment on peut sortir de cette situation, souffla Remus.
Ses deux amis restèrent silencieux et Lily sut qu'ils repensaient à ce qu'il s'était passé. Si elle avait pu être épargnée, ça n'avait pas été leur cas. Elle eut également le sentiment qu'un petit fossé était en train de se créer entre eux parce que jamais elle ne pourrait comprendre ce qu'ils ressentaient réellement. A son petit niveau, elle ne voulait pas qu'ils s'interrogent, qu'ils se questionnent ou s'en veuillent. Les informations qu'ils avaient obtenues étaient précieuses et cela leur permettait de savoir sur quoi ils risquaient de tomber et ce qu'ils devaient faire.
Elle le savait, jamais Dolohov n'aurait parlé de lui-même. Peu importe ce qu'il ne pouvait leur révéler d'autre.
-Nous avons déjà mis hors d'état de nuire Dolohov. Greyback est dangereux mais à trois, on devrait pouvoir le maîtriser, j'ai confiance, lança-t-elle.
-Et pour cette créature ? lui demanda Sirius.
-On ne sait rien à son propos, il est inutile d'avoir peur avant l'heure. Je n'aime pas ça mais on n'aura pas le choix que d'improviser une fois qu'on sera face à lui. C'est dangereux, je sais, mais on y arrivera. Ensemble.
Ils s'étreignirent alors rapidement, cherchant à reprendre des forces.
-Qu'est-ce qu'on fait de Dolohov ? demanda ensuite Remus.
-Laissons-le là. Entravé comme il est, il ne pourra aller nulle part. Et puis, on a sa baguette, proposa Sirius.
Lily acquiesça.
-La Grande Salle est juste au-dessus, allons-y. Peut-être qu'on trouvera les autres. Ou Greyback, ajouta-t-elle ensuite.
-Très bien. On remontera les différents étages du château jusqu'à les trouver si ce n'est pas le cas, décida Remus.
Ils se mirent en route et alors qu'ils atteignaient tout juste l'étage supérieur, ils entendirent des bruits de course. Ils se mirent en position de combat, alertes. Ils savaient qu'il pouvait très bien s'agir de Greyback. Ils avaient quitté le sous-sol quelques minutes auparavant seulement et aucun d'eux n'était assez optimiste pour penser qu'ils atteindraient leur objectif sans encombre. Ils virent alors au loin une Poufsouffle courir vers eux.
-Isabel ! s'écria Remus.
Il se précipita vers elle et la prit dans ses bras. Celle-ci s'écroula contre lui, en pleurs, tandis que Sirius et Lily les rejoignaient.
A sa vue, la rousse eut la certitude que c'était bel et bien trop tard. Le carnage avait commencé. Qu'il s'agisse de Greyback ou d'un autre, il y avait déjà des victimes. La Préfète-en-chef chercha alors à interroger la blonde mais celle-ci ne semblait pas en état de répondre. Isabel paraissait revenir de l'enfer et jetait de fréquents coups d'œil derrière elle, comme si elle s'attendait à ce qu'un monstre surgisse dans le couloir.
-Il faut partir, vi-vite ! Il sera peut-être bientôt à-à nos trousses, hoqueta-t-elle finalement.
-Isabel, tenta de la calmer Remus.
-Je vous en prie ! les pressa-t-elle brutalement. Il faut vite qu'on se mette en sécurité !
Ils finirent par acquiescer, comprenant qu'ils pourraient toujours la questionner après.
Ils se remirent à courir. La Grande Salle n'était plus bien loin et ils la virent de loin. Cette vision représentait la protection qu'ils recherchaient tant et ils furent ainsi soulagés quand ils purent enfin la toucher. Malheureusement, ils ne parvinrent pas à l'ouvrir et reçurent des décharges électriques les empêchant de forcer la porte. Elles n'étaient pas très élevées, mais douloureuses. Ils se dévisagèrent, confus.
-Qu'est-ce qui se passe ? balbutia Lily.
-Ils ont dû se barricader pour éviter que les ennemis n'entrent, devina Remus.
-Ouvrez ! se mit à crier Isabel, et Sirius l'imita rapidement.
-C'est nous !
Isabel continuait de regarder derrière elle et la terreur qu'elle dégageait donnait à Lily un mauvais pressentiment. Il fallait qu'ils rentrent, et vite.
Heureusement, ils n'eurent pas à tambouriner bien longtemps. Il y eut du mouvement dans la pièce et bientôt, ils purent tous entrer. A peine à l'intérieur, les élèves s'attelèrent à relancer des sorts et Lily se détourna de cette vision quand Severus vint la serrer dans ses bras, soulagé d'enfin la retrouver.
xXx
Marlene avait été heureuse de voir entrer Sirius, Remus, sa chère Lily et Isabel. Bien sûr, l'absence des autres s'était faite encore plus sentir. Mais malgré ça, tout le monde éprouvait du soulagement et du bonheur en voyant qu'ils s'en étaient sortis. C'était une vision peu habituelle : toutes les maisons confondues unies, délaissant leur pudeur, leur méfiance. La distance entre les différentes maisons s'était toujours plus ou moins maintenue mais aujourd'hui, dans l'épreuve qu'ils vivaient tous, les couleurs et appartenances de chacun étaient vite reléguées aux oubliettes.
Pourtant, l'instant de joie avait été de courte durée car les nouveaux arrivants avaient vite fait sentir qu'ils avaient des choses à dire. Et Marlene avait su à leurs expressions que les nouvelles n'étaient pas bonnes, suffisamment pour qu'ils ne veuillent pas les partager auprès des plus jeunes et des plus fragiles. Si beaucoup tenaient bons, au moins en apparence, certains avaient déjà craqué ou d'ores et déjà abandonné tout espoir d'une fin non dramatique.
La Serdaigle ainsi que quelques autres élèves décidèrent donc d'éloigner les 2ème et 3ème années présents et ceux qui avaient besoin d'une attention toute particulière. Ils n'avaient pas besoin d'entendre les détails. Après être restée en retrait, presque apathique et dépassée, Marlene apprécia son rôle : elle avait besoin de faire quelque chose. Petit à petit, elle sentait son énergie revenir.
Elle donna ainsi une tâche inutile mais facile aux plus jeunes : cela les occuperait suffisamment pour qu'ils ne pensent pas trop au fait que derrière les portes de la Grande Salle, ils couraient un danger sans aucune mesure. Ce fut à ce moment-là qu'elle l'aperçut : Pamela.
Sa jeune consœur des aigles avait l'air au plus mal, semblant souhaiter se faire la plus petite possible. Elle réalisa alors que Severus, probablement trop inquiet pour Lily, n'avait pas encore remarqué que son amie n'était pas bien. Quelques semaines plus tôt, Marlene ne l'aurait pas remarqué non plus. Pamela avait été presque invisible à ses yeux. Elle en avait entendu parler seulement lors de ses frasques ou quand celle-ci se donnait en spectacle avec les pauvres idiots qui s'étaient entichés d'elle. Mais les choses avaient bien changé depuis cette époque. Aujourd'hui, Marlene semblait la trouver même dans une salle bondée, ne pouvant s'empêcher de s'inquiéter pour elle.
Pamela était habituellement une jeune femme souriante et provocante. La voir si apeurée fit quelque chose à la 7ème année. Et alors, forte de leur discussion à l'infirmerie, Marlene décida d'aller lui parler pour essayer de l'aider. Comme des amies.
C'était une appellation qui lui allait bien, mais elle ne savait pas si ce terme était exact. Des amies n'étaient pas supposées se mentir et la pauvre Pamela se méprenait sur l'accident qui lui était arrivé. Mais des secrets, n'en avait-elle pas également pour ses amies plus proches, celles qu'elle côtoyait depuis des années ?
Ne voulant pas une fois de plus se plonger dans les méandres de sa culpabilité, Marlene rejoignit la blonde.
-Ça n'a pas l'air d'aller ?
Pamela tourna les yeux vers elle et la 7ème année s'installa à ses côtés.
-C'est dur, n'est-ce pas ? continua-t-elle comme la Serdaigle ne répondait pas.
Celle-ci acquiesça, une petite moue prenant place sur son visage.
-J'étouffe, confia-t-elle. J'ai l'impression que l'enfer peut se déchainer à tout moment. J'ai besoin de sortir…
Marlene fronça les sourcils, se demandant si son amie n'était pas sur le point de faire une crise de panique. Elle ne sut quoi dire même si elle ne comprenait que trop bien tout ce qu'elle ressentait. Lui demander de tenir pour les autres semblait être déplacé. Il fallait surtout que la blonde se ressaisisse pour elle-même.
Hésitante, Marlene lui prit la main et cela sembla marcher comme Pamela se colla à elle, posant sa tête sur son épaule. Elles restèrent ainsi, sans parler, et petit à petit, Pamela se détendit, sa respiration se faisant plus basse et régulière. Marlene ferma les yeux et sourit. Pendant un instant, elle se sentit elle aussi apaisée. Il n'y avait plus de bruit autour d'elles, de danger et de terreur. Toutes les deux se trouvaient comme dans une bulle et Marlene apprécia profondément l'instant. Pamela sentait bon et son odeur florale lui permettait de s'évader loin, très loin de tout.
Mais aussi bien soit-elle, la Serdaigle savait que ce n'était pas réel. Il s'agissait juste de quelques secondes hors du temps. Elle ouvrit finalement les yeux et la réalité ne tarda pas à la rattraper. Les sorts que certains continuaient de lancer et qui devaient les protéger mais dont personne ne savait s'ils étaient utiles ou non. Les bruits assourdissants dans le château. Des élèves inquiets qui s'activaient. Et puis, Marlene croisa le regard de Sirius.
Il lui fit signe d'approcher le groupe qui avait pris les rênes. Ce groupe qui décidait un peu de tout depuis plusieurs minutes était composé d'une dizaine de personnes, pratiquement tous majeurs.
-Dans notre maison, on nous apprend toujours qu'il faut voir les choses avec sérénité pour pouvoir appréhender la suite avec un bon état d'esprit, rappela alors Marlene à son amie. Tiens bon.
Elle se leva et Pamela la regarda s'écarter doucement.
-Je ne vois pas ce qui pourrait sortir de bon de tout ça. C'est difficile d'être sereine quand on sait qu'on risque de mourir, que ce n'est pas juste une idée abstraite, souffla-t-elle.
Leurs regards restèrent accrochés l'un à l'autre un trop court instant au goût de la 7ème année mais après un sourire, elle partit retrouver le groupe qui discutait à l'écart. Elle avait pu se calmer, se détendre au côté de la blonde, mais elle savait qu'à partir de maintenant, les choses allaient être dures et sombres.
-Alors ? demanda-t-elle en arrivant.
Lily, qui était en face d'elle, lui fit un topo de la situation. Sans entrer dans les détails, elle parla de ce que Sirius, Remus et elle avaient pu apprendre. Savoir qu'ils étaient seuls pour l'instant pour affronter le danger présent ne la rassura pas. Mais dans un sens, elle s'était déjà préparée à cette éventualité. Que les professeurs ne soient pas là n'était pas normal. Forcément, ils devaient être retenus ailleurs.
-Il nous a aussi parlé d'une créature, fit Sirius.
-Isabel est tombée sur elle. Elle est complètement terrifiée, je n'arrive pas à la calmer, approuva Remus.
-Elle dit que c'est un serpent. Gigantesque, souffla Lily.
Marlene ouvrit de grands yeux. Voilà qui n'arrangeait pas leurs affaires...
-Vous avez décidé d'un plan ? demanda-t-elle.
Au fond, c'était bien le plus important.
-On s'est tous mis d'accord pour dire qu'on ne pouvait pas juste rester là et attendre, fit Severus.
-Il faut qu'on sorte pour aller chercher de l'aide. Les portes sont bloquées mais Sirius connaît un passage qu'on pourra emprunter, expliqua Alice. On s'éloignera suffisamment de Poudlard pour pouvoir transplaner et prévenir des Aurors.
-Dolohov est encore dans le passage, on devrait le livrer, proposa Lily.
Il y eut des regards et des murmures et la Serdaigle comprit que ce point ne plaisait pas à tout le monde.
-On devra courir et ne pas perdre de temps. Il fera tout pour nous retarder, lui fit remarquer Sirius.
-La distance à parcourir pour pouvoir transplaner est assez longue. Est-ce qu'il pourra même le faire ? C'est un vieux sorcier, non ? se rappela Frank.
Marlene sentait qu'ils allaient se lancer dans un débat et que trancher ne serait pas facile ni rapide. Elle décida donc de leur donner le seul argument qui les rangerait de son côté.
-Il faut le livrer parce que ça veut dire qu'il ne pourra plus agir ici. C'est une menace en moins à l'intérieur du château.
-Elle a raison, appuya Lily. On l'a attaché et privé de sa baguette mais il y a toujours le risque qu'il trouve un moyen de s'échapper. Greyback peut également le trouver et le délivrer. Et puis, avec lui, les Aurors seront forcés de nous croire, à supposer qu'ils pourraient douter de notre histoire.
-Sans oublier le fait qu'il est mal en point. Il nous cache plein de choses encore, j'en suis sûr. Il faudrait qu'il soit pris en charge pour pouvoir ensuite livrer tous ses secrets, ajouta Remus.
-C'est vrai, soupira Sirius. De toute façon, dans l'état dans lequel il est, je ne pense pas vraiment qu'il vous oppose une quelconque résistance. Stupefixez-le et faites-le léviter au pire.
Tout le monde acquiesça mais Marlene fronça les sourcils. Sirius semblait d'emblée ne pas s'inclure dans le groupe qui quitterait le château pour aller chercher de l'aide.
-Quatre personnes devraient suffire, non ? proposa Dorcas. Ce serait aussi plus discret.
-Qui veut y aller ? demanda Alice.
Alors que Marlene pensait que beaucoup se jetteraient sur l'occasion pour partir, personne n'eut l'air de vouloir se porter volontaire. Après quelques secondes, Nott finit par lever la main, un peu par dépit. La jeune femme réalisa alors qu'avant d'accéder à la liberté et à la sécurité de l'extérieur et des Aurors, il faudrait se balader dans le château et prendre le risque de tomber sur un ennemi. Sans compter le fait qu'ils seraient bien trop exposés lors de leur course jusqu'au point de transplanage. A quatre, le groupe serait discret mais bien peu nombreux pour contrer une attaque. Surtout s'ils devaient tout faire pour garder le prisonnier.
-Quel enthousiasme, soupira une autre Serdaigle devant le silence qui s'éternisait.
Marlene tourna la tête et croisa celui de Pamela qui observait leur échange de loin. Elle se rappela alors que la blonde aurait probablement envie de sortir pour sa propre santé mentale.
-Pamela et moi, on peut y aller, proposa-t-elle.
-Quoi ? s'étonna Severus.
Il jeta un coup d'œil à son amie qui était assise un peu plus loin, surpris.
-Avec Sirius, ça fait 4 alors, conclut Alice.
-Non, j'y vais pas, la détrompa le concerné.
-Comment ça ? fit Severus, légèrement agacé.
Marlene n'était pas étonnée étant donné ce qu'elle avait observé mais elle ne comprenait pas. Lui, le fier Gryffondor, se débinait ?
-Remus ira, il connaît le chemin, continua-t-il.
-Pardon ? s'étonna Remus.
-Pourquoi tu ne veux pas y aller ? voulut savoir Frank.
-Parce que je ne sortirai pas de Poudlard sans mon frère et James.
Il y eut un silence inconfortable à l'évocation du deuxième nom.
-Et je te veux dehors, loin de tout ça, Remus. Une fois que tu auras pu transplaner et rejoindre les Aurors, tu seras en sécurité. S'il te plaît, ajouta-t-il.
-Je pourrai aider i-
-S'il te plaît, insista le Gryffondor.
Cela sembla couper toute envie de débattre au Poufsouffle qui ne put que soupirer avant d'acquiescer. Dans d'autres circonstances, Marlene aurait probablement trouvé l'échange bizarre, mais intéressant. Mais avec tout ce qui leur arrivait, elle s'en fichait bien. La solution alternative convenait à tout le monde en fin de compte. Tout ce dont ils avaient besoin était une personne capable de les conduire à bon port.
-On devra aussi former un autre petit groupe pour aller chercher nos amis en dehors de la Grande Salle, continua Dorcas.
-Isabel dit qu'Avara est blessée et se trouve au premier étage, cachée dans un placard, leur apprit Remus.
-Elle a aussi dit que c'est là que le serpent a été vu pour la dernière fois, rappela Dorcas.
-Si elle est blessée, elle aura besoin de soin. On n'a rien de ce type ici et personne qui s'y connaît, leur rappela Nott.
-J'ai des notions, je ferai ce que je peux. Mais c'est vrai qu'il faudra forcément faire un tour à l'infirmerie, se proposa Lily.
-L'infirmerie, souffla Marlene. C'est au 7ème, le risque n'est pas le même…
-Je sais, convint la rousse.
-Est-ce que… C'est, enfin, je veux dire…
Severus s'embrouillait avec ses mots mais tout le monde savait ce qu'il voulait dire et probablement n'était-il pas le seul à le penser. Était-ce une bonne idée ? N'était-ce pas prendre trop de risques pour peut-être sauver une personne ?
-On devrait prioritairement la ramener ici. Si on y arrive, ce sera déjà bien, dit-il finalement.
-On doit aller à l'infirmerie, insista Lily.
-C'est trop dangereux, lui fit remarquer Dorcas.
-Je sais mais elle ne sera probablement pas la seule blessée ! Si quelqu'un finit par mourir parce qu'on n'aura pas pu l'aider, ce sera notre faute parce qu'on n'aura pas fait le bon choix !
-Si le groupe qui va à l'infirmerie se fait attaquer et ne revient pas, on n'en enverra pas d'autres, trancha Sirius, impatient.
-Très bien. J'y vais, répéta Lily.
-Je t'accompagne.
Dorcas échangea un sourire avec son amie.
-Je retourne chercher Avara, fit Isabel que personne n'avait entendu approcher.
-Quoi ? Mais tu n'es pas en état, lui fit remarquer Remus, inquiet pour son amie.
-Mon état n'est pas important. Je m'en préoccuperai plus tard.
Remus ne put qu'être admiratif face à sa détermination. Frank se proposa alors également pour aller secourir la Serpentard. Ils discutèrent ensuite un instant pour savoir si deux groupes de deux étaient suffisants. Sans doute que non, mais ils ne pouvaient détacher trop de personnes. Il fallait qu'il reste suffisamment de 7ème et 6ème année puissants pour défendre les plus jeunes et leur Q.G. Ainsi, il fut décidé que Severus et Alice resteraient.
-Je vais chercher James et j'irai trouver Regulus après, conclut Sirius. James a été vu où pour la dernière fois ?
Il y eut encore un silence inconfortable et Marlene décida qu'il était temps de lui faire entendre raison.
-Arrête avec James, Sirius.
-Je me fiche de ton avis, répliqua-t-il sèchement.
-Il faudra bien que tu m'écoutes pourtant, s'énerva-t-elle et il lui jeta un regard noir mais cela ne l'impressionna pas. Peter a dit que c'était trop tard !
Le concerné, présent depuis le début mais silencieux, baissa la tête, accablé par la honte.
-Trop tard ? répéta Sirius. Ça veut dire quoi ?!
Il tourna la tête vers le blond.
-Tu vas me dire que tu l'as vu rendre son dernier souffle peut-être ?!
-Non, je… Greyb-
-Dans ce cas, ça veut dire qu'il y a toujours une possibilité pour qu'il puisse être sauvé. Rien d'autre ne m'intéresse.
-Sirius, tenta Lily.
Elle mit sa main sur son épaule et il la laissa faire.
-Il est gravement blessé… Seul face à Greyback, il n'avait aucune chance.
- Seul ? Il n'était pas seul !
Il y eut un silence pendant lequel tout le monde baissa la tête. Severus et Dorcas lui avaient expliqué ce qu'il s'était passé et Peter n'avait pas nié. Sirius avait pris sur lui mais à cet instant, il avait envie d'exploser.
-Il était seul parce que ce sale lâche l'a abandonné ! hurla-t-il finalement en empoignant Peter.
-Ce n'est pas vrai, trembla ce dernier, au bord des larmes. Quelqu'un devait vous prévenir. Et il étai-t trop…tard, répéta-t-il. Il est mort…
Sirius voulut lui sauter à la gorge mais Frank et Severus qui s'attendaient à son coup de sang bondirent devant lui pour l'en empêcher. Peter laissa quand même échapper un glapissement et recula, effrayé. Marlene observa Sirius se débattre avant que Remus ne l'entraîne de force à l'écart. Il y eut des soupirs dans le groupe. La Serdaigle comme les autres auraient pu reprocher à Sirius son comportement peu productif et inutile mais tout le monde pouvait aussi comprendre la rage et la douleur qui l'habitaient. Sirius et James étaient inséparables depuis toujours. Devoir faire le deuil de son ami, sans doute ne pourrait-il jamais le faire. Dans quel état ressortirait le Gryffondor si Potter avait bel et bien été tué par Greyback ?
La jeune femme se souvint de son état apathique, de son esprit presque brisé lorsque James avait fait son séjour à St-Mangouste. Personne ne voulait revoir Sirius ainsi, ni perdre le Maraudeur. James était leur ami à tous.
-Sirius va y aller quoi qu'on fasse, leur fit remarquer Lily. Et il ne peut pas y aller seul.
-J-je vais l'ac-compagner, bégaya alors Peter.
Des regards incrédules se braquèrent sur lui.
-Ne fais pas attention à ce qu'il a dit. Rien ne t'oblige à y retourner, s'interposa Dorcas. On sait que tu as fait de ton mieux. Sirius est peut-être prêt à risquer sa vie pour James mais la plupart des personnes sensées font tout pour survivre, c'est comme ça. J'aurais fait pareil si j'avais été persuadée qu'il était perdu.
Marlene n'appréciait pas beaucoup le blond mais elle se refusait à le juger. Elle-même ne savait pas comment elle aurait réagi.
-Elle a raison. J'aurais peut-être agi pareil, soupira-t-elle finalement. Et puis, même si tu l'avais récupéré, Greyback t'aurait très vite rattrapé et on n'aurait jamais su à temps quel danger rôde dans Poudlard.
-Peut-être, lâcha Peter, les yeux toujours humides. Mais James a tout fait pour m'aider, je lui dois au moins ça. Et puis, vous dites tous que vous auriez fait comme moi mais le problème, c'est que c'est moi qui ai été lâche et qui vais devoir vivre avec. Alors même si je suis mort de peur, je dois le faire.
Marlene ne put que sourire, attendrie par son discours. Elle n'aurait d'ailleurs jamais pensé dire ça à propos du Gryffondor. Elle lui rappela quand même que Sirius ne voudrait probablement pas de lui à ses côtés et il grimaça. Malgré tout, le Maraudeur n'aurait pas le choix. Ils avaient peu de volontaires et il faudrait faire avec.
-Et au sujet de Rosier ? leur rappela Nott.
-Probablement avec Regulus, il lui court après dès qu'il en a l'occasion, grogna Severus.
-Je n'ai pas souvenir d'avoir entendu un groupe partir à leur recherche, insista Nott.
Il y eut soudain un peu de bruit dans la salle et ils se retournèrent pour voir deux 2ème année regarder dans leur direction et des plus âgés leur demander de retourner s'asseoir et de se calmer. Pensant à un incident bénin, ils se détournèrent vite du problème et continuèrent à discuter.
-Malheureusement, comme on ne sait pas où ils peuvent être, on va devoir espérer les croiser en cours de route, constata Lily.
-Au petit bonheur la chance donc, fit Nott, cynique.
-Je comprends que tu ne sois pas ravi mais c'est dangereux à l'extérieur. Il vaut mieux commencer par aller chercher ceux qui peuvent l'être rapidement et ça veut dire connaître leur emplacement, lui expliqua Marlene.
-Le premier groupe qui aura fini sa mission pourra toujours partir à leur recherche et être rejoint par les autres après, ajouta Dorcas.
-OK, je n'ai pas mon mot à dire de toute façon.
Nott tourna les talons et Frank écarquilla les yeux.
-Qu'est-ce qu'il a encore celui-là ?
-Rien, il s'imagine juste qu'on ne les priorise pas parce que ce sont des Serpentard, soupira Severus.
-Quel débile parfois, souffla Alice. Comme si c'était le moment d'avoir ce genre d'a priori…
-N'y pensons plus et dépêchons-nous de nous préparer.
xXx
Regulus ne fut jamais aussi heureux que de tomber sur la porte d'entrée du bureau de Dumbledore. Il avait fait aussi vite qu'il avait pu tout en étant discret et prudent, ce qui forcément l'avait empêché d'être aussi rapide qu'il l'aurait voulu. Mais il avait réussi et c'était le principal. Il donna le mot de passe et pénétra dans la pièce. Il prit ensuite un instant pour reprendre sa respiration. Son regard parcourut le bureau du directeur sans s'arrêter sur les détails. Fumseck était bien là et lorsqu'il croisa son regard, le phénix vola jusqu'à lui. Regulus tendit le bras pour qu'il s'y pose. Il lui caressa alors affectueusement la tête et sourit pour la première fois de la journée.
Fumseck s'en alla ensuite de nouveau sur son perchoir et Regulus s'avança dans la pièce. Le bureau du directeur n'était pas bien rempli ni même mal rangé mais il ne voyait à priori aucune trace de l'épée de Gryffondor. Ce n'était pourtant pas un objet discret. Le Serpentard se passa la main dans les cheveux pour les repousser en arrière et pointa sa baguette devant lui. Il tenta d'appeler l'épée à lui mais bien évidemment, l'objet sacré ne se montra pas. Il fustigea Dumbledore qui aurait au moins pu lui donner l'emplacement de la fameuse épée ! Une erreur pareille ne ressemblait pas au directeur. Mais cela démontrait bien que même lui était touché et déstabilisé par ce qu'il se passait. Il en oubliait l'essentiel. Regulus n'avait pas posé beaucoup de questions sur la situation des enseignants enfermés et se demandait à quel point elle était critique.
Pourraient-ils sortir comme ils l'avaient certifié ? Le Serpentard l'espérait de tout son cœur.
A présent qu'il était dans le bureau, deux possibilités s'offraient à lui : chercher l'épée ou retourner voir Dumbledore. Même s'il savait qu'il risquait de perdre du temps, il convenait que chercher dans le bureau était le mieux à faire. Il avait déjà pris tellement de risques simplement pour arriver ici ! Regulus se retroussa les manches, prêt à retourner l'endroit s'il le fallait. Il déplaça des objets sans se préoccuper de les remettre à leur place mais fit tout de même attention à ceux qui avaient l'air fragile ou précieux, son éducation l'empêchant de tout mettre sens dessus-dessous.
Regulus s'épuisa très vite et ne sut pas si c'était parce que ses nerfs étaient déjà bien affaiblis à cause de tout ce qu'il avait déjà vécu auparavant ou si c'était physique. Il était à bout. Il prit soudain une inspiration pour se calmer et avancer plus méthodiquement dans ses recherches. Plus le temps passait, plus cette situation l'éprouvait. Il n'y avait toujours aucune trace de l'épée. Comment était-ce possible alors qu'il fouillait tout avec minutie ?! Bientôt, il ne lui resterait même plus d'endroit où chercher… Il se tourna alors vers le phénix qui l'observait.
-Fumseck… Aide-moi, s'il te plait.
Il attendit, plein d'espoir. Peut-être que l'oiseau avait vu Dumbledore ranger l'épée ou même en parler ? Mais le phénix n'eut aucun mouvement. Il continua simplement à l'observer et Regulus se détourna. Il avait espéré de l'aide. Mais non, une fois de plus, il était seul et devait se débrouiller comme il pouvait. Une larme lui échappa et il continua à chercher mais le cœur n'y était plus.
Finalement, il grogna, agacé, et donna un coup de pied dans le mur derrière lui. Il se prit ensuite la tête entre les mains. En quelque sorte, exprimer son désarroi, sa colère, lui faisait du bien. Ça lui redonna même un second souffle. Il se tourna ensuite à nouveau, prêt à chercher même dans les murs s'il le fallait, quand il découvrit celui derrière lui qu'il avait justement frappé et qui était à présent légèrement enfoncé. Il fronça les sourcils et posa ses mains dessus avant d'appuyer plus fort. Un passage étroit se créa et le Serpentard hésita à s'y faufiler. Mais avait-il d'autre choix ?
-Lumos !
En réalité, il n'avait pas besoin de rentrer à l'intérieur et il étendit sa main, touchant enfin l'objet recherché du bout des doigts. Il l'empoigna ensuite fermement et grimaça sous l'effet de la brûlure. Il la posa finalement avec soulagement par terre, secoua sa main douloureuse et soupira. Comme il s'y attendait, il ne pouvait pas utiliser l'épée de Godric's Gryffondor.
En effet, Regulus était un Serpentard. Il avait quelques points communs avec les Serdaigle et dans une autre galaxie, peut-être aurait-il pu aller à Poufsouffle car certains de sa maison se moquaient gentiment de son amour et de sa bienveillance pour les créatures magiques ainsi que de sa naïveté sur le monde. Mais Gryffondor ? Impossible.
Résigné, le cadet des Black se saisit d'un vieux rouleau de parchemin pour enrouler l'épée et le fit tenir avec un bout de ficelle. Il put ainsi prendre l'objet sacré dans ses mains et appela Fumseck qui ne se fit pas prier pour le suivre. Il se souvenait que Padfoot lui avait expliqué que dans son univers, les larmes du phénix étaient capables de soigner les blessures causées par le Basilic. Il ne doutait donc pas que ce serait également le cas ici.
Regulus sortit du bureau, heureux d'avoir accompli sa mission.
Sous le coup de sa réussite, il fut moins prudent qu'à l'aller. Il vit donc au dernier moment le loup-garou présent dans le couloir à la recherche d'une proie. Il se cacha in-extremis avant que celui-ci ne le voit. Malheureusement, à l'angle d'un couloir, il n'avait que peu d'issues. Au moindre mouvement, la bête le verrait et l'attaquerait.
Pourquoi tout tournait-il mal quand enfin il regagnait un semblant d'espoir ?!
Regulus ne pouvait pas l'affronter. Déjà parce qu'il avait très peu de chances de gagner et surtout parce que sa mission était de délivrer l'épée à quelqu'un qui pourrait s'en servir. Il fallait aussi qu'il dise aux autres comment battre le Basilic et plus encore comment ne pas mourir face à lui.
Le loup-garou grogna et Regulus ferma les yeux, s'efforçant de repousser la panique qui commençait à le gagner. Il eut alors une idée. Il posa l'épée emballée devant lui et utilisa sa baguette pour se faire saigner. Il écrivit son message sur le parchemin qui recouvrait l'arme. Pendant ce temps, il pouvait entendre les pas du loup-garou se rapprocher : l'odeur du sang devait l'attirer. Regulus ne s'appliqua pas et alla à l'essentiel.
-Fumseck, chuchota-t-il ensuite, et le loup-garou grogna.
Il était repéré, il le savait.
-S'il te plait, livre ça. Je compte sur toi.
Le phénix s'envola et Regulus lui donna son paquet. Fumseck passa à côté du loup-garou, l'évitant habilement quand celui-ci tenta de lui donner un coup de griffe. Regulus profita de la diversion pour partir en courant. Il était persuadé qu'il serait suivi alors il ne devait pas perdre de temps. Le sang devait exciter et énerver la créature qui maintenant qu'elle l'avait repéré, ne le lâcherait plus. Il devait vite trouver un moyen d'arrêter son léger saignement sinon la bête le suivrait où qu'il aille.
Alors qu'il courait, Regulus repensa à James et se demanda s'il était possible que le loup-garou à ses trousses soit le Gryffondor. Celui-ci lui avait dit qu'il quitterait le château pour ne faire de mal à personne et il était plus probable qu'il s'agisse de Greyback… Mais si c'était James, ça voudrait dire qu'il était au moins encore en vie.
xXx
-Sirius avait raison, il est dans un mauvais état, commenta Marlene.
Remus faisait tout pour ne pas regarder leur prisonnier. Heureusement pour eux, Dolohov n'avait pas bougé. Arriver jusqu'au sous-sol n'avait pas été compliqué, l'endroit n'étant pas bien loin par rapport à la Grande Salle. De toute façon, le plus grand risque n'était pas ici mais dehors. Ils en étaient tous conscients.
-Que lui est-il arrivé ? demanda Pamela.
On l'a torturé. Je l'ai torturé.
Remus n'eut pas le cran de l'avouer. Dolohov était toujours soumis au sort de silence, ce ne serait donc pas lui qui pourrait le dénoncer. Mais il parlerait aux Aurors, forcément. Remus affronterait donc les conséquences de ses actes à ce moment-là. Pour l'instant, il n'en avait pas la force.
-Ne perdons pas trop de temps, se contenta-t-il de répondre.
-On le stupefixe ? proposa Nott.
-Essayons d'abord de le faire avancer. S'il ne coopère pas, on avisera, suggéra Marlene.
Tout le monde acquiesça.
Emprunter l'échelle ne fut pas simple, surtout avec le prisonnier, mais tant bien que mal, ils atteignirent l'extérieur. Respirer l'air fut particulièrement agréable. Remus et Nott se saisirent alors chacun d'un des bras du vieux sorcier et le forcèrent à avancer. Silencieusement, ils se mirent à marcher rapidement. Dolohov semblait savoir que c'était perdu pour lui et il obtempéra mais quelque part, Remus se demandait s'il ne lui avait pas bousillé le cerveau. Si ce n'était pas pour ça qu'il semblait comme effacé, se contentant simplement d'avancer.
Il voulait croire que non. Il fallait s'acharner sur une personne à coup de doloris pour tuer ou briser quelqu'un et il savait qu'il n'était pas aller jusque-là. Sirius ne l'aurait pas laissé faire, lui aussi voulait préserver son âme. Remus n'aurait pu se le pardonner.
A l'avant, baguette en main, Marlene était censée assurer la protection en première ligne, tout comme Pamela qui surveillait les côtés. Ce n'était pas parfait mais ça ferait l'affaire. Ils marchèrent ainsi un long moment avant que, exténué, Dolohov ne chute. Ils essayèrent immédiatement de le relever mais il fut vite évident que l'homme n'arriverait pas à faire un pas de plus.
-On le stupefixe cette fois ? demanda Pamela. Comme ça, on continuera d'avancer.
-Ouais, fit Remus. Attendons qu'il reprenne son souffle pour que ce ne soit pas dangereux.
A ces mots, Nott soupira et sortit une confiserie de sa poche. Il déballa un morceau de nougat sous le regard de Remus qui, quant à lui, tenait toujours Dolohov.
-Tu crois vraiment que c'est le moment ? lui fit remarquer Marlene.
-Il parait que ça détend et j'en ai justement besoin maintenant, répondit-il.
-D'où est-ce que tu sors ça ? insista-t-elle, étonnée.
Remus observa l'échange d'un œil distrait, surveillant dans le même temps les alentours. Il n'aimait pas devoir rester immobile trop longtemps. Dehors, ils faisaient une cible bien trop facile. Mais avaient-ils le choix alors que le fugitif peinait autant ? Ils n'étaient pas inhumains et Remus se sentait déjà suffisamment coupable de l'avoir torturé. Il arrivait à peine à regarder les autres dans les yeux, se faisant l'impression de ne pas valoir mieux que tous ces criminels enfermés en prison. Même s'il avait agi pour la bonne cause, il avait tout de même utilisé un impardonnable. Il pouvait tenter de justifier son geste par l'urgence de la situation, les raisons qui l'avaient poussé à le faire, mais n'était-ce pas trop facile ? La fin justifiait les moyens disait-on et s'il se basait là-dessus, beaucoup de choses devenaient alors pardonnables. Notamment le choix de Marlene d'avoir fait évader son frère. C'était probablement ce qu'elle-même s'était dit. Que peu importait ce qu'elle devait faire, elle ne laisserait plus son frère dépérir à Azkaban.
Mais alors que d'autres prisonniers qu'elle avait aidé à faire évader saccageaient maintenant Poudlard, ne le regrettait-elle pas ? Remus n'en savait rien. Les choses n'étaient plus aussi simples qu'il avait toujours pensé. A présent, il regrettait d'avoir été si dur avec la Serdaigle. Même si sur le fond, il avait eu raison, il aurait dû se montrer moins moralisateur et essayer de la comprendre car aujourd'hui, il savait que tout le monde pouvait commettre des erreurs. Mais certaines conséquences étaient vraiment plus difficiles à supporter que d'autres.
-C'est Rosier qui m'a dit ça. Tu sais, le mec dont tout le monde se fiche parce que c'est un Serpentard, un vrai.
-Tu es encore sur ça, soupira Marlene. On fait de notre mieux, personne n'a envie de l'abandonner, ni lui ni Regulus. Je suis sûre qu'ils feront tout pour les retrouver et les aider à l'intérieur.
-C'est ça, renifla Nott, pas convaincu.
Remus allait les arrêter, leur dire qu'il fallait qu'ils repartent, mais Pamela prit subitement la parole.
-Rosier mange du nougat pour se détendre ? fit-elle, blême.
-Oui.
Pamela semblait perdue tout à coup et Nott se moqua d'elle.
-Pas la peine de faire celle qui le découvre, de toute façon je ne vois pas en quoi c'est important. Tu ne l'as jamais vu en manger quand vous êtes sortis ensemble ? Oh, pardon, sortir ensemble n'est pas le bon mot. On sait tous ce que vous étiez l'un pour l'autre. Rosier a bien fait de te jeter d'ailleurs, il avait peu d'éloges à te faire. A la fin, il était tellement énervé contre toi ! Regulus a beau être un mec, au moins, c'est un Sang-Pur avec de l'éducation.
-Ferme-la, Nott ! s'agaça Remus. Ce n'est pas le moment de parler de ça, tout le monde s'en fiche !
-C'est clair. Allons-y, décida Marlene.
Pour sa part, Pamela s'écroula par terre, gémissant de douleur, et bientôt, elle se mit à pleurer. Tous la regardèrent, choqués et confus. La seconde d'avant, elle discutait normalement. Était-ce les paroles cruelles du brun qui l'avaient mise dans cet état ? Pamela en avait vu d'autres pourtant…
-Pamela ? Pamela qu'est-ce qu'il y a ? voulut savoir Marlene qui se précipita vers elle.
Remus et Nott échangèrent un regard et le Poufsouffle put clairement lire le jugement et l'agacement chez le brun.
-Pamela ? intervint Remus à son tour.
-Je ne peux pas, sanglota la jeune fille dans les bras de Marlene. Je n'y arriverai pas…
-Bien sûr que si !
-Non… Je me souviens… Enfin, j'ai des bribes…
Elle secoua la tête, semblant littéralement vidée et à la fois submergée par ses émotions.
-Je suis désolé, Pamela, mais il faut qu'on parte. Une fois qu'on aura livré Dolohov, on fera tout pour t'aider, lança maladroitement le Poufsouffle.
La 6ème année lui lança un regard perdu et Remus eut l'horrible sensation que peu importe ce qui arriverait à présent, elle se fichait bien du sort du fugitif et de la mission qu'ils devaient tous effectuer.
A côté de lui, Nott glapit soudain et Remus l'observa, avisant son regard effrayé. Le brun montra alors quelque chose du doigt et tout le montre observa ce qui terrifiait tant le Serpentard.
Devant eux, sortant des bois, un loup-garou grognait et avançait vers eux. Ils se mirent tous en alerte, même Pamela, bien qu'elle soit beaucoup plus lente. Ils avaient perdu beaucoup trop de temps et devaient trouver une solution pour s'en sortir s'en avoir à abandonner Dolohov si c'était possible. Malheureusement, ils n'avaient pas le temps de penser à un plan. Ils devaient improviser et surtout, faire vite. Mais le loup-garou ne leur laissa pas le temps de faire quoi que ce soit qu'il chargea. Le Poufsouffle se saisit alors de sa baguette, prêt à riposter. Pourraient-ils y arriver tous les quatre ? Et Dolohov, devaient-ils continuer à le protéger pour pouvoir le livrer à tout prix ?
-Enfuyez-vous avec le fugitif ! leur ordonna soudain le châtain.
-Tu n'y penses pas ?! s'indigna Marlene qui, baguette en main, était prête à se défendre.
-Pamela n'est pas en état de se battre et avec Dolohov qu'on doit aussi protéger… Je ferai l'appât.
-Tu ne peux pas gagner, lui fit remarquer Marlene.
-Tu oublies que j'ai un atout face à ce genre de créatures.
Il espérait que Marlene ait compris son sous-entendu. En tout cas, Nott n'hésita pas : il refusait de mourir ici. Si le blaireau voulait se sacrifier, c'était son problème. Il attrapa Dolohov qui, face au danger, avait comme qui dirait retrouver des forces. Remus le lui laissa à contre cœur, espérant que le Serpentard ferait bien son boulot.
-OK, capitula enfin Marlene. Ne prends pas de risques inutiles, s'il te plait.
Le trio se dépêcha ensuite de fuir. Comme ils allaient passer à côté du loup-garou, Remus lui lança un sort pour attirer son attention. A partir de ce moment-là, la bête se focalisa sur lui.
-On dirait que ça va se finir comme ça, Greyback, lança Remus avant de se mettre à courir dans le sens opposé.
Le loup-garou ne laisserait jamais sa famille tranquille alors il devait le vaincre, peut-être même le tuer pour être débarrassé. Ou alors laisser Greyback terminer ce qu'il avait commencé 12 ans auparavant.
Remus lança à nouveau un sort avant de redoubler de vitesse. Il n'avait malheureusement aucun endroit où se cacher. Il regarda le trio, leurs ombres presque effacées. Enfin, ils transplanèrent. Remus n'attendit pas une seconde de plus pour entamer sa transformation.
Ses traits changèrent et bien vite, un puma rugissant fit face au loup-garou qui, d'un coup, fut moins agressif. Les deux bêtes se jaugèrent, prêtes à attaquer au besoin. Ils étaient à peine à deux mètres l'un de l'autre et c'est sans doute pourquoi Remus le vit, ce bout de cravate qui semblait avoir été attaché maladroitement autour d'une des pattes du loup-garou. Remus s'arrêta de grogner et focalisa toute son attention dessus. C'était la cravate d'un Serpentard. Il pensa à Regulus et à Rosier dont personne n'avait de nouvelles. Il était persuadé que ce n'était pas Greyback mais un des Serpentard qui avait usé de ce stratagème pour pouvoir être identifié par ses camarades si leur route se croisait
Duquel des deux pouvaient-ils bien s'agir ?
xXx
Sirius se demandait pourquoi il devait se coltiner Pettigrow. Le regarder l'énervait mais au moins, le blond ne le ralentissait pas. Aucun d'eux ne parlait. Ils marchaient simplement dans les couloirs tout en priant pour ne tomber sur aucun ennemi et rentrer le plus vite possible dans la Grande Salle.
-C'est par là, tu es sûr ? demanda soudain Sirius.
Pettigrow acquiesça.
Le brun frissonna comme il avançait dans le deuxième étage dévasté. Sirius n'avait jamais trop fréquenté cet étage. Normalement, il y avait quelques salles de classe, une salle d'étude ainsi qu'une réserve pour les professeurs et puis surtout, les toilettes des filles. Quand il observait ce qu'il y avait devant lui, le Maraudeur ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il y avait eu une bataille phénoménale ici. Au loin, il pouvait apercevoir le bout d'un plafond écroulé et la salle à moitié condamnée. Des petites traces de sang, des fissures et des impacts ici et là. Et au loin, juste devant les toilettes des filles, le couloir condamné par un autre éboulement.
Qu'avait-il bien pu se passer ici ?
-Il était où ? interrogea Sirius qui ne voyait son ami nulle part.
-Je ne sais pas, souffla timidement le blond. Il devrait être là, dit-il en se tenant à un endroit où le sol était taché de quelques traces de sang effacées par la poussière.
-A moins qu'il soit invisible, il n'est pas là, grinça Sirius.
-De l'autre côté peut-être ? proposa Peter.
Sirius soupira devant l'éboulement qui les empêchait de passer. Sans dire un mot, il opéra un demi-tour. Il devait trouver un moyen d'aller de l'autre côté. Heureusement pour lui, il connaissait suffisamment le château pour pouvoir tout de même y accéder. Il était motivé, presque survolté. Si Pettigrow ne s'était pas trompé, son absence signifiait que James était encore vivant, qu'il avait réussi d'une manière ou d'une autre à échapper à Greyback.
Il avait raison, il l'avait senti. Jamie était vivant. Ce n'était pas possible autrement.
-Où est-ce que tu vas ? lui lança Peter lorsqu'il arriva enfin à le rattraper.
Sirius lui jeta un bref regard avant de s'arrêter, d'observer si la voie était libre et de continuer son chemin.
-Je connais un moyen rapide et détourné d'accéder à cet étage. Autrement dit, je sais comment aller de l'autre côté. On empruntera l'escalier et ce sera bon. Ce sera plus long, mais tant pis.
Il y eut alors du mouvement et des sifflements tellement forts qu'il leur sembla à tous les deux que leur ennemi était proche, bien trop proche.
-Merde, ragea Sirius.
Il entendit des pleurs et se tourna vers Peter. Il espérait sincèrement que l'autre Gryffondor aurait les nerfs solides car il ne se sentait pas de le gérer. Mais même si le visage de Peter était livide et son regard fuyant, il n'y avait pas de larmes. Sirius entendit de nouveau des reniflements et chercha des yeux qui cela pouvait bien être. Peter, une fois encore, le suivit sans rien dire.
Le Gryffondor se tenait aux aguets, conscient que le danger était partout et qu'il pouvait surgir à tout moment. Sirius avait beau être une véritable tête brulée, il n'était pas idiot ni même totalement inconscient. Il savait qu'il ne ferait pas le point contre n'importe lequel des ennemis qui sévissaient dans le château. Qu'il soit avec Peter n'y changeait rien. Le blond était tellement apeuré et crispé qu'il serait probablement incapable d'agir si la situation l'exigeait.
Contrairement à ce que ses amis pensaient, Sirius savait ce qu'il faisait. Il avait conscience que si James avait bel et bien été attaqué par Greyback, ses chances de survie étaient très minces. Mais elles existaient. Sirius se devait d'essayer de le sauver tant qu'il le pouvait encore. Rester dans l'ignorance était impensable, James aurait fait de même pour lui.
Le Gryffondor essaya d'occulter de son esprit ce que Peter avait fait, tremblant toujours de rage. Il valait mieux éviter de s'en prendre à lui de toute façon. Il devait pourtant constamment se rappeler de rester concentré sur le danger. Sa pire crainte était de croiser ce serpent. Il ne savait rien au sujet de cette créature et cela lui faisait peur. Au moins, avec le loup-garou, il savait à quoi s'attendre. Une partie du brun priait ainsi pour tomber sur Greyback. Il voulait l'interroger sur ce qu'il s'était passé et pourquoi pas, essayer de lui faire payer ce qu'il avait fait à James.
Mais la partie rationnelle de sa personne savait que le meilleur scénario possible était qu'il ne croise personne. Qu'il retrouve James, son frère et tous les autres avant d'aller se mettre à l'abri pour que les professeurs ou les Aurors puissent s'occuper du reste. Sirius eut un sourire triste en y pensant.
Le 7ème année jeta un autre coup d'œil à son camarade, s'assurant une fois de plus de sa présence avant d'observer les alentours. Il entendait toujours ce bruit, ces pleurs presque silencieux.
-Il y a quelqu'un ? lança-t-il au bout d'un moment.
Il n'osait pas parler trop fort ni faire plus de bruit que nécessaire. Pettigrow et lui se devaient d'être discrets après tout. Au sujet de ce qu'ils entendaient, Sirius en était venu à la conclusion que qui que ce soit, ce n'était pas Greyback. Il imaginait mal le loup-garou se mettre à pleurer comme une fillette. Sirius n'était pas sûr qu'un serpent puisse pleurer, ni même gémir de toute façon.
Il réitéra sa question une nouvelle fois, légèrement plus fort, et attendit une réponse, le cœur battant.
-Ici ! retentit alors une voix.
Sirius et Peter n'eurent pas le temps d'arriver jusqu'à lui qu'un élève de Serpentard de 2ème année déboula devant eux, entraînant quelqu'un avec lui, un autre élève de sa maison. C'était lui qui pleurait.
-M-mais qu'est-ce que vous faites là ?! s'écria Pettigrow.
-On cherche notre ami, répondit le brun, haletant.
-Votre ami ? répéta Sirius, surpris.
Le petit acquiesça.
-Je m'appelle Erd et lui, c'est Jimmy. Marcus aussi a disparu et on le cherche…
-Pourquoi ne pas nous l'avoir dit ?
Sirius savait qu'il aurait probablement dû les engueuler mais il les trouvait touchants. Malgré qu'ils soient terrifiés, les deux Serpentard prenaient sur eux dans le but de secourir leur ami.
-On a essayé, protesta le roux. On nous a dit de vous laisser tranquilles !
Sirius les observa et se rappela effectivement la petite agitation que les 2ème année avaient créé dans la Grande Salle.
-Comment est-ce que vous avez fait pour partir sans que personne ne vous voit ? On a essayé de vous arrêter au moins ? s'étonna Sirius.
Les plus jeunes secouèrent la tête.
-On est parti après Lupin et son groupe. C'était facile, personne ne faisait attention à nous.
-Peut-être parce que tout le monde avait mieux à faire que de gérer deux ados désobéissants ! leur fit remarquer Peter, estomaqué par leur irresponsabilité.
-C'est bon, ça partait d'une bonne intention, le calma Sirius. Bravo pour ne pas être encore morts, fit-il néanmoins. Raccompagne-les dans la Grande Salle, ajouta-t-il ensuite à l'adresse de Peter.
Celui-ci le dévisagea et Sirius ne sut pas si c'était parce qu'il trouvait son idée stupide ou parce qu'il lui donnait un ordre.
-Mais t-tu ne… Je te laisse seul ?
Sirius se contenta d'hocher la tête pour ne pas être désagréable.
-Et Marcus ? souffla Jimmy. Il nous a parlé d'un truc bizarre dans les toilettes des filles…
Sirius et Peter froncèrent les sourcils. Voyant qu'ils avaient leur intérêt, les Serpentard continuèrent.
-Il nous a dit qu'il avait entendu des bruits, qu'il y avait peut-être un monstre qui sifflait. Regulus Black n'arrêtait pas de nous regarder, ajouta-t-il après un silence. Il l'a peut-être rejoint quand on est parti mais on n'est pas sûr…
-Merde, jura Sirius.
Ça ne l'arrangeait pas de savoir que son petit frère s'était intéressé à une histoire aussi inquiétante. Un monstre qui siffle, il devait s'agir du serpent géant.
-Ramène-les, Pettigrow, je retourne chercher James. J'essaierai aussi de trouver votre ami, Regulus est peut-être bel et bien avec lui.
Sirius observa le Gryffondor, attendant qu'il s'exécute. Ils n'avaient pas de temps à perdre à discuter ainsi dans le couloir à découvert.
-OK...
Il ne s'était pas attendu à une autre réponse.
-Je reviendrai après, ajouta alors Peter.
Sirius lui jeta un coup d'œil agréablement surpris. Pour la première fois depuis qu'il connaissait le blond, il se dit qu'il n'était peut-être pas aussi nul et lâche qu'il en avait l'air.
Le joueur de Quidditch se retourna finalement et continua son chemin. Il eut une pensée pour le trio qu'il venait d'abandonner. N'importe qui lui aurait dit que la priorité était de mettre les plus jeunes à l'abri. Peter n'y arriverait peut-être pas. Lui-même ne devrait pas se balader seul, il se mettait inutilement en danger. Pourtant, Sirius était incapable de renoncer. Juste pour s'assurer qu'il faisait le bon choix, que Peter allait s'en sortir avec les deux Serpentard, il leur jeta un dernier coup d'œil.
Il se sentait étrange, mais il n'avait pas le temps de se pencher sur ses interrogations. A présent, il devait y aller. Sa baguette bien serrée dans sa main, il monta en un temps record les escaliers qui permettaient d'accéder à son but. Deux minutes plus tard, il fut dans le couloir fatidique et là encore, aucune trace de son ami. Il serra les dents et se dirigea vers les toilettes.
Un corps sans vie lui fit ralentir sa course, jusqu'à se stopper complètement. La cravate qu'il portait indiquait qu'il était à Serpentard mais il ne le reconnut pas. Il devait sans aucun doute s'agir de Marcus. Sirius, ébranlé, détourna le regard. Heureusement qu'il avait demandé à Peter de raccompagner les deux 2ème années… Au moins, il leur épargnait ce spectacle douloureux.
Et Regulus alors ?
Il devait vérifier l'intérieur des toilettes mais ses pieds avaient du mal à bouger. Et si lui aussi… ? Sirius sentit une boule se former dans son ventre. L'idée lui était insoutenable. Ce n'était pas possible, Regulus était son frère, il l'aurait senti s'il lui était arrivé quelque chose ! Non ? Où est-ce que ce truc de lien familial ne marchait que pour les jumeaux ?
Difficilement, Sirius fit un pas, puis un autre.
Il entra dans les toilettes, la tête baissée, et il lui fallut encore quelques autres longues secondes pour la relever et commencer à chercher. De l'eau coulait par terre, le tuyau avait été arraché. Il ouvrit ensuite les cabines une par une, mais rien.
Sirius sortit des toilettes et s'appuya contre le mur qui longeait les sanitaires.
Toute son énergie semblait s'être évaporée. Il n'y avait aucune trace de James et encore moins de Regulus. A ce stade, il ne savait pas si c'était une bonne nouvelle ou non. James aurait dû les rejoindre dans la Grande Salle s'il était en vie. Mais il ne l'avait pas fait.
Sirius commençait à douter et il savait que ce n'était pas bon. Il devait encore moins paniquer. Il emprunta alors le même chemin qu'il avait pris pour venir puis un embranchement au hasard. Un cri retentit soudain et se répercuta contre les murs. Sirius tourna brusquement la tête. Il revint rapidement sur ses pas, un sourire éblouissant aux lèvres.
-Fumseck !
Le phénix vint à sa rencontre et lâcha son paquet. Sirius l'attrapa maladroitement et observa l'oiseau du français. Il fronça les sourcils et regarda ce qui lui avait été livré. Il y avait un message dessus qui semblait avoir été écrit avec du sang.
Tuer le Basilic avec. Ne croisez pas son regard. R.A.B
-Regulus…
Il reconnaissait les initiales de son frère. Et il doutait que le phénix obéisse à quelqu'un d'autre qu'aux personnes à qui son maître l'avait confié.
Il relut une deuxième fois le message. Le Basilic ? Il s'agissait du serpent géant ? Et Regulus leur demandait de ne pas le regarder dans les yeux ? Sinon quoi ? Comment pouvaient-ils le battre sans le regarder ? Ils ne pouvaient pas frapper à l'aveugle ! Sirius s'agenouilla et déballa le paquet. Ses yeux s'écarquillèrent alors de surprise face à l'épée de Gryffondor. Le brun avala sa salive, soudain nerveux.
Il se retrouvait apparemment en possession de la seule arme qui pouvait vaincre le Basilic. Cela voulait-il dire qu'il devait s'en charger ? Sirius préférait chercher ses amis mais il savait que s'occuper du Basilic était pour le mieux. Il était trop dangereux pour qu'il le laisse se balader librement.
-Quand faut y aller, faut y aller ! s'encouragea-t-il avant de reprendre sa course.
Il avait entendu des bruits un peu plus tôt lorsque Pettigrow était encore avec lui. Il allait commencer par chercher là-bas.
xXx
Regulus savait très bien qu'il ne pouvait pas vaincre seul le loup-garou qui en avait après lui. Rien que lui faire face lui demandait le plus grand sang-froid du monde. Cette créature le surpassait presque en tout, et de loin. Vitesse, force, endurance, énergie, résistance… Mais Regulus était certain d'être au moins plus intelligent. Et c'était cette même intelligence qui lui avait donné l'idée d'un plan qui devait lui permettre de lui échapper. C'était pour cette raison qu'il courait, encore et encore.
Ses poumons le brûlaient et sa gorge était sèche. Il avait un point de côté et il arrivait probablement à faire abstraction de la douleur parce qu'il savait que s'il ralentissait ne serait-ce qu'une seconde, il mourrait.
Son plan n'était pas sans risque et pourrait même se retourner contre lui plus tard. Mais en bon Serpentard, il avait jaugé pendant le court laps de temps dont il avait bénéficié des avantages et des risques. Et son dernier espoir reposait sur ce plan. Regulus avait l'avantage du terrain. Il connaissait le château mieux que le loup-garou alors la créature n'avait aucune idée de l'endroit vers lequel le brun l'emmenait. Énervé de ce jeu du chat et de la souris, le loup-garou grogna soudain mais le 4ème étage n'était pas loin. Regulus y était presque.
Alors qu'il avalait les escaliers, quelque chose attira son attention à l'étage qu'il quittait. Occupé à avancer, il n'eut pas le temps de bien voir mais ce ne fut pas le cas du loup-garou. Plus réactif, ce dernier s'arrêta et grogna. Il venait de repérer de nouvelles proies qui semblaient moins compliquées à attraper que le jeune Black.
Regulus s'arrêta, mortifié. Le loup-garou, déjà désintéressé de sa personne, redescendit quelques marches avant de se diriger vers le couloir de l'étage. Il fonça ensuite dans une autre direction une fois ses cibles bien identifiées. Il entendit des cris, des bruits de course et sentit la panique l'envahir. Que devait-il faire ? Y aller ? Arriverait-il à l'empêcher de continuer son massacre ? Il avait l'impression de ne plus être en mesure de prendre une décision rationnelle. Soudain, la fatigue accumulée se fit ressentir avec plus de force.
Le 6ème année pensa à ce que lui avait dit le directeur de Poudlard. Bientôt, les professeurs seraient en mesure de sortir de cette pièce scellée et de mettre fin à tout cela. En attendant, il devait tenir. Son plan était bon, alors même si ça lui coûtait, il ignora les cris de terreur et continua son chemin. Il arriva à peine deux minutes plus tard à l'étage condamné par Dumbledore depuis la reprise des cours. Il leva alors sa baguette, prêt à faire céder la barrière. Il dut s'y prendre à 3 fois, mais il y parvint.
-Maxima bombarda !
Les nuisibles se déplacèrent lentement au centre du couloir. Les Nichimor n'étaient pas des créatures très impressionnantes à première vue mais c'était leur spécificité qui en faisait des êtres dangereux. Elles se déplaçaient et vivaient en groupe. Généralement, il fallait au minimum les compter par centaines. Elles vivaient dans des atmosphères humides et sombres, propices à leur déplacement et à leur évolution mais elles étaient aussi capables de vivre plusieurs jours en dehors de leur habitat naturel. Noires comme la nuit, elles pouvaient faire entre 15 cm de diamètre et 40 cm. Elles possédaient cinq paires d'yeux globuleux qui se baladaient frénétiquement et ce, sans arrêt. Elles se déplaçaient en bondissant, n'avaient ni bras, ni jambes. Leur force leur venait de leurs poils en forme de piques acérées qui possédaient de légères propriétés paralysantes, ainsi que de leurs dents.
Ces dernières étaient si puissantes qu'elles pouvaient entamer le métal et le détruire. Les Nichimor se nourrissaient de tout et raffolaient des matériaux comme le bois, les métaux et le béton qu'elles grignotaient plus difficilement. On les appelait nuisibles parce qu'une fois qu'elles envahissaient un intérieur, elles saccageaient tout. Il était difficile de s'en débarrasser car elles attaquaient quiconque tentait de s'approcher d'elles. Elles étaient également attirées par les fortes sources de magie. Lorsqu'on les approchait ou quand elle sentait un danger imminent, elles ne perdaient pas de temps et attaquaient sans tarder.
Regulus savait qu'elles ne feraient pas le poids face au loup-garou mais le temps qu'elles s'en rendent compte, les nuisibles pourraient suffisamment s'en prendre au loup-garou pour le blesser et le retarder. Du moins l'espérait-il.
Regulus recula, les attirant à l'extérieur : il avait une mission pour elles. Quand les centaines de paires d'yeux se fixèrent sur lui, il opéra un demi-tour. Cependant, ses jambes le tiraient et l'épuisement eut raison de lui : il rata une marche et se fit mal à la cheville. Les nuisibles le rattrapèrent alors très vite et bientôt, il sentit leurs morsures sur son corps. Il retint des gémissements de douleur et se servit de la rambarde pour se redresser. A l'aide de sa baguette, il utilisa un sort pour les éloigner et reprit tant bien que mal sa course. Il devait les mener jusqu'au loup-garou.
Regulus le vit enfin. Malheureusement, il avait déjà fait une victime comme pouvait en témoigner deux corps ravagés sous lui. Le loup-garou le délaissa pourtant et bondit pour attraper le seul rescapé de l'attaque. Les nuisibles qui avaient suivi Regulus tout le long de sa course se figèrent brutalement avant de changer de cible. Ils étaient heureux d'avoir à faire à une proie plus imposante et se jetèrent sur la créature, oubliant totalement Regulus.
Comme il l'avait prévu.
Il aurait aimé être arrivé plus tôt et ainsi sauver les deux personnes que le loup-garou avait déjà attaqué. Mais il devrait se contenter d'une seule. Il n'était pas sûr qu'il aurait eu un meilleur résultat en procédant autrement de toute façon.
A présent, il devait se mettre en sécurité : il savait bien que ces petites bêtes ne retiendraient pas le loup-garou indéfiniment.
Son regard se posa pourtant sur le rescapé tandis que ce dernier tentait d'échapper aux grognements du loup-garou et aux bonds des nuisibles qui continuaient d'affluer pour se jeter sur la créature imposante. Très vite, le 6ème année reconnut un des camarades de Marcus. Celui-ci était effrayé et blessé et si les Nichimor s'attaquaient pour l'instant au loup-garou, certaines d'entre elles pourraient avoir envie de s'en prendre à lui. Ou alors le loup-garou pourrait se débarrasser d'elles plus vite que prévu.
Sans trop savoir comment s'y prendre, Regulus s'approcha lentement du garçon et celui-ci sursauta lorsqu'il mit une main sur son épaule. Il eut un moment de flottement puis l'adolescent recula, visiblement terrifié. Il mit ensuite plusieurs secondes avant de réaliser que Regulus n'était pas un ennemi et qu'il était, pour l'instant du moins, tiré d'affaire.
-Il ne faut pas qu'on reste là, souffla Regulus.
Il savait qu'il aurait dû dire quelque chose d'autre, lui demander comment il allait ou même le rassurer. Mais Regulus n'y arrivait pas, son cerveau était focalisé sur le fait qu'il devait vite se mettre en sécurité. Le jeune Serpentard le suivit.
xXx
Severus, accompagné d'une dizaine d'autres élèves, s'activait à fabriquer de petites potions qui contenaient de l'acide et du bromcho, une plante toxique. Il avait eu l'idée de se servir dans la petite pièce adjacente à la Grande Salle que les professeurs utilisaient parfois. Il n'y avait pas beaucoup de produits mais au moins, il y avait le nécessaire pour qu'il puisse construire des armes. Le travail qu'ils faisaient était dangereux et minutieux. Ils n'avaient aucune protection.
-Comment ça va ? lui demanda Alice.
-Ça va, répondit-il.
Severus ne voulait pas se plaindre, il était en sécurité contrairement aux autres et faisait quelque chose pour lequel il était doué, même si cette tâche en particulier ne demandait pas un savoir-faire extraordinaire. Ne pas être maladroit suffisait. Le Serpentard avait déjà fait toutes les préparations au préalable. Des sorciers avaient juste été mobilisés pour transformer des fioles et les remplir.
Pour Alice, ça semblait plus compliqué. Elle s'inquiétait pour ses amies et son copain alors que Severus avait foi en Lily. Elle était forte, se disait-il – répétait-il - jusqu'à y croire. Il ne pouvait rien lui arriver. Et puis, tout ça n'allait pas durer éternellement. Pamela, Marlene, Nott et Remus étaient partis chercher de l'aide, ils devaient juste tenir encore un peu.
Alice resta à côté de lui un moment puis se mit également au travail. Personne ne parlait. Ils étaient tous nerveux mais personne ne se sentait suffisamment positif et énergique pour essayer d'y changer quoi que ce soit.
C'était fatiguant pour le plus âgé qui devait tout faire pour garder son clame.
-Alice, on a un problème ! l'informa soudain une Poufsouffle de 5ème année.
Tout le monde releva la tête à son intrusion.
-Qu'y a-t-il ? demanda la Gryffondor.
-Erd et Jimmy, deux Serpentard de 2ème année, ils sont partis !
Severus échangea un regard avec Alice et ils se levèrent pour retourner dans la Grande Salle.
-Comment est-ce possible ? s'agaça Severus.
-Je ne sais pas, répondit la Poufsouffle.
-On ne peut pas entrer dans la Grande Salle sans que les protections soient baissées. En revanche, on peut en sortir plutôt facilement, souffla Alice. Surtout si on choisit bien son moment…
Severus grogna. Ils avaient fait le choix de ne pas bloquer la sortie pour faciliter leur fuite au besoin. Ils n'auraient jamais pensé que cela se retournerait contre eux.
-Quand est-ce qu'ils sont partis et pourquoi ? voulut-il savoir.
-Je ne sais pas, on ne s'en est rendu compte qu'à l'instant… On a interrogé certains élèves et ils ont dit qu'ils parlaient beaucoup de Marcus, un de leurs amis.
-Evidemment, soupira-t-il.
-Que fait-on ? demanda la Poufsouffle.
-On va les chercher, bien sûr ! affirma Alice.
-Nous devrions attendre qu'un des groupes revienne. Avec de la chance, ils seront peut-être tombés sur eux et si ce n'est pas le cas, on avisera, proposa Severus.
-Très bien, acquiesça Alice. Mais il faut qu'on s'assure que personne d'autre ne compte nous fausser compagnie. C'est déjà assez compliqué comme ça.
La Poufsouffle hocha la tête et retourna à sa tâche. Severus et Alice, qui comptaient également retourner à la leur, s'arrêtèrent cependant à mi-chemin en entendant des cris.
Les élèves chargés de la protection de la porte abaissèrent soudain leurs maigres barrières pour laisser passer leurs camarades. Frank et Isabel revenaient avec Avara mais ils n'étaient pas seuls et très vite, Severus comprit pourquoi ils criaient autant.
-Fermez vite les portes ! hurla-t-il, le cœur battant frénétiquement.
Le groupe était poursuivi par les nuisibles du 4ème et semblait bien en peine face à leur attaque sournoise. Arrivés dans la Grande Salle, ils s'écroulèrent à terre et cherchèrent à se protéger du mieux qu'ils purent. Les Nichimor, toutes piques dehors, leur assénaient des morsures qui leur arrachaient des cris de douleur.
Comme les élèves avaient agi assez vite, une petite dizaine de nuisibles seulement avaient pu rentrer et les élèves étaient assez nombreux pour pouvoir tous les maitriser. Rapidement, les nuisibles furent hors d'état de nuire.
-Frank ! Frank, est-ce que ça va ?! s'écria ensuite Alice en se précipitant vers son copain.
Le châtain avait quelques ecchymoses sur le visage et des traces de morsure sur les bras mais il n'avait pas l'air très mal en point. Le sourire qu'il adressa à sa chère et tendre le lui confirma.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? s'impatienta Severus.
-Aucune idée, répondit Isabel, essoufflée par sa course.
-Les nuisibles étaient retenus par un sort. S'ils se sont échappés, c'est que quelqu'un a détruit la barrière, marmonna Frank.
-Venez, on va voir si on peut commencer à s'occuper de vos blessures avec ce qu'on a trouvé dans l'arrière-salle.
Severus et d'autres élèves les aidèrent à se relever et quelqu'un fit léviter Avara, inconsciente.
-Severus, l'interpella alors Alice.
Celui-ci se tourna vers elle, l'interrogeant du regard.
-Prend bien soin de lui, d'accord ? Je vais aider les autres.
-Quoi ? fit-il, abasourdi.
-On avait dit qu'un des groupes retournerait prêter main forte aux autres. Regulus, Rosier et maintenant Erd ainsi que Jimmy. Ils ne pourront pas tous les retrouver, surtout qu'ils ont aussi leur propre mission. Isabel et Frank ne sont pas en état d'y retourner, pas tout de suite en tout cas.
-Dans ce cas, je pe-
-Non, reste. Tu es le seul qui sache comment utiliser la moitié des produits du petit local. Tu as aussi la capacité d'apporter des soins légers. Je suis une joueuse de Quidditch qui a un bon niveau magique. Tu es fort, Severus, mais me battre, c'est tout ce que je peux faire ici.
-Alice, s'interposa Frank. Ne prends pas de risque inutile, s'il te plait.
-Bien sûr.
Severus savait qu'il était impossible de la faire changer d'avis mais il fut rassuré quand trois autres élèves se portèrent également volontaires. Une pochette remplie de fioles chimiques en poche, les quatre jeunes sorciers quittèrent la Grande Salle.
xXx
-Il m'a mo-mordu… Je vais mourir, gémit l'adolescent.
Regulus ne pouvait que comprendre sa douleur. Cette situation lui rappela James et une fois encore, ses pensées allèrent vers le Gryffondor. Était-il toujours en vie ? Comment pouvait-il s'en sortir seul ? Et si celui qui cherchait à les attaquer à l'instant était lui ?
Regulus observa à la dérobée l'adolescent qui pleurait silencieusement à ses côtés. Il avait été mordu mais il ne s'était pas transformé alors que la lune était encore pleine. Peut-être fallait-il du temps avant que la malédiction ne se répande en lui ? Il ne savait pas comment tout ça marchait. Pour son bien et celui du plus petit, il était préférable que rien ne se passe, au moins pour cette pleine lune. Sans compter qu'il ne voulait pas qu'il meure, il en avait vu assez tomber aujourd'hui. Le Serpentard ne comprenait pas pourquoi tout ça devait lui arriver. Il trouvait ça injuste, ou peut-être se trompait-il. Après tout, malgré tout ce qu'il avait déjà vécu, il s'en sortait seulement blessé.
Et surtout, il n'avait pas croisé de nouveau le Basilic. Est-ce que les autres s'en sortaient ? Avaient-ils même reçu son message ?
-Il faut qu'on parte, murmura-t-il.
Le blond ne lui répondit pas. En boucle sur la tragédie à laquelle il avait assisté, le pauvre semblait complètement traumatisé. Regulus soupira et regarda sa cheville. Oui, ils devaient partir, mais il ne se pensait pas capable de courir ni même de marcher. Il lui fallait des soins.
-Je sais que tu as mal mais la morsure a l'air légère, peut-être que tu ne deviendras pas un loup-garou, affirma-t-il finalement.
-Tu crois ? fit le 2e année, plein d'espoir.
-Oui, mentit-il.
Le cadet des Black avait besoin qu'il y croit pour ne pas qu'il devienne un poids.
-Si tu peux marcher, va te mettre à l'abri.
-Qu-quoi, non ! Ne me laisse pas seul, ne fais pas comme lui !
-Quoi ?
-Peter, souffla-t-il, des trémolos dans la voix. Il a dit qu'il allait nous sauver mais Greyback l'a tué en un coup…
-Je vois, lâcha Regulus, accusant difficilement la nouvelle.
Il n'avait pas eu le temps de prêter attention aux personnes que le loup-garou avait déjà attaquées avant de tenter de vouloir s'en prendre à l'adolescent. Il ignorait que Pettigrow était l'un de ceux qui avaient succombé face à la folie sanguinaire de la créature. Cela le déstabilisa. Il ne le connaissait pas vraiment mais savoir qu'il y avait un mort concret de plus suffisait à le rendre malade. Il ferma les yeux brièvement pour chasser l'image du corps inerte de Rosier.
-N'y pense plus, fit-il alors qu'il s'obligeait de nouveau à se concentrer sur son cadet. Sauve-toi, retourn-
-Pas tout seul !
-Tu vas pourtant devoir ! Je ne peux pas courir !
Il lui montra sa cheville.
-Je ne suis pas un de ces Gryffondor adeptes des belles paroles et des fins héroïques ! Si je ne viens pas, c'est parce que je ne peux pas !
Regulus était sincère. Il avait eu sa dose pour aujourd'hui. Lui aussi désirait être en sécurité, pouvoir se reposer sur quelqu'un. Que cette journée de cauchemar se termine.
Mais la réalité était tout autre. Il n'avait que peu de temps devant lui. Les nuisibles étaient toujours en train d'attaquer le loup-garou mais bientôt, elles se disperseraient et chercheraient d'autres proies à attaquer, d'autres sources de magie. Si dans un premier temps elles s'étaient toutes dirigées vers le loup-garou, plus tard, elles se baladraient dans le château et deviendraient un problème pour les autres élèves. Il espérait que ces derniers allaient bel et bien tous rester dans la Grande Salle comme lui avait dit James plus tôt. Que seuls ceux qui étaient partis plus tôt dans le but de trouver des réponses à la situation étrange qu'ils vivaient pouvaient encore être dehors. Il le fallait pour que Fumseck puisse livrer son colis.
Si d'autres personnes étaient dehors, il espérait pour elles qu'elles ne croiseraient qu'une petite quantité de Nichimor. Malheureusement, Greyback, s'il s'agissait bien de lui, arriverait forcément à repousser ses petits assaillants. Soit en les détruisant, soit en leur faisant comprendre qu'ils n'étaient pas de taille. Depuis le début, ça n'avait été qu'une solution de courte durée censée lui faire gagner du temps. Les Nichimor étaient très résistantes et en cas de danger, elles pouvaient agir de deux manières : attaquer très vite ou s'enfuir. Si elles s'enfuyaient, c'était que le danger était trop grand et qu'elles ne pouvaient gagner.
Greyback était un loup-garou spécial, il n'agissait pas comme une simple bête assoiffée de sang. Sa part humaine et sa part loup étaient en parfaite osmose et c'était cela qui le rendait encore plus dangereux et abominable. Le fait qu'il détruise sciemment la vie d'enfants…
Il allait forcément se mettre de nouveau à sa recherche une fois qu'il se serait débarrassé des nuisibles. Il allait tenter de faire payer à Regulus de l'avoir mené ici. Si cela arrivait, il valait mieux que le 2ème année ne soit plus là. Il venait de lui échapper, son traumatisme était encore vif. Il serait probablement tétanisé par la peur et Regulus ne pensait pas pouvoir assurer sa sécurité en plus de la sienne.
-Vas-y, fit-il à nouveau. Ça ne sert à rien qu'on meurt tous les deux.
Le regard du plus jeune vacilla mais il finit tout de même par se lever. Déjà, le loup-garou arrivait et Regulus entendait ses hurlements de rage. Il eut un tremblement imperceptible : il pensait avoir plus de temps. Le loup-garou n'avait pas déambulé au hasard, il avait dû les pister. C'était même fort probable. Le Serpentard regarda autour de lui et vit de petites gouttes de sang. Il observa Erd et sa blessure : il avait participé à mener leur ennemi à eux sans même s'en rendre compte.
Regulus tourna de nouveau la tête et observa la bête foncer sur eux. C'était étrange. Il ne ressentait plus rien. La peur semblait l'avoir quitté, sa combativité aussi. Avec peine, il comprit qu'il était juste résigné. Il ne comprenait pas comment il allait pouvoir lui échapper.
-Oleum abundat !
Le sort jaillit de sa baguette et très vite, le sol devint glissant à cause de l'huile. Le loup-garou dérapa. Enervé, il essaya de se relever mais ne put que chuter de nouveau. Les nuisibles avaient amené son état de rage à un niveau indescriptible. La bête avait eu du mal à s'en débarrasser et ils lui avaient laissé quelques petites blessures. Le loup-garou aurait pu se défouler suffisamment pour s'épuiser, avait espéré Regulus. Cela ne semblait pas être le cas malheureusement.
-Dépêche ! cria-t-il au 2ème année qui n'avait pas encore bougé.
-O-oui !
Le Serpentard partit en trombe alors que Regulus tentait tant bien que mal de se lever. Il s'aida des murs pour avancer. Derrière lui, le sort se dissipa mais il était trop épuisé pour le maintenir plus longtemps. Le loup-garou bondit sur lui, l'écrasant par terre sous son poids. Il grogna, de la bave s'écoulant de sa gueule ouverte et Regulus sentit ses lèvres trembler devant le trop plein d'émotions. Il tourna la tête et ferma les yeux, priant pour que ce ne soit pas douloureux.
-Aguamenti !
Un puissant jet d'eau propulsa le loup garou en arrière et Regulus rouvrit les yeux, surpris. Un autre sort s'abattit ensuite sur la bête qui n'eut pas le temps de répliquer. Regulus se redressa difficilement et tourna la tête.
Tom Jedusor, baguette en main, venait de lui sauver la vie.
-Avada Ke-
-Non ! s'écria-t-il, blème de peur.
- Kedavra, termina le puissant sorcier.
Le 6ème année vit le sortilège de mort, puissant, rapide, frapper le loup-garou qui tomba, raide mort.
Et si c'était James ?
Ce fut la seule pensée de Regulus alors qu'une larme lui échappait. Il n'eut pas le temps de la formuler, ni même de faire le moindre mouvement vers le loup-garou. Épuisé, blessé, il s'écroula. Jedusor s'approcha de lui et s'assura qu'il n'avait pas été infecté.
L'esprit embrumé, le regard flou et le cœur en miettes, Regulus lui renvoya un regard noir.
-Je sais ce que vous avez fait, déclara-t-il, les paupières lourdes.
-Pardon ? fit le psychomage.
Derrière lui, Minerva et un autre professeur arrivaient tout juste.
-Vous…avez libéré le Ba-Basilic, lâcha Regulus avant de sombrer.
Ni lui, ni les autres professeurs ne virent le regard de haine pure que porta Jedusor sur le cadet de la famille Black.
xXx
-Ne le regarde surtout pas ! cria à nouveau Sirius.
Lily ne le savait que trop bien. Cela faisait déjà trois fois que le Maraudeur le lui répétait. Cachée derrière une poutre qui ne la protégerait pas bien longtemps, elle entendait Fumseck crier et le Basilic siffler, percutant les murs pour essayer de l'écraser. Tout s'était passé si vite… Lily n'arrivait même pas à se rappeler du déroulé exact des événements.
Au début, tout avait bien marché. Arrivées sans encombre à l'infirmerie, Dorcas et elle avaient commencé à faire leurs réserves. Et puis, le serpent géant avait pénétré avec fracas dans l'infirmerie. Elles avaient hurlé, surprises et terrifiées à la fois. Elles avaient tenté de s'enfuir, mais avait dû se séparer. Lily avait pensé retrouver son amie plus loin mais elle n'avait trouvé que son corps inanimé par terre. Dorcas respirait encore mais il était impossible de la réveiller. C'était comme si elle était figée, les yeux grands ouverts sous la terreur.
A quel moment s'était montré Sirius ? Elle ne savait plus exactement. Au bon moment probablement, car il l'avait empêché de mourir. Alors qu'elle essayait de porter secours à Dorcas, le Basilic avait en effet déboulé derrière elle. Son premier réflexe avait été de se retourner pour le voir, mais Sirius lui avait hurlé de ne pas bouger. Fumseck s'était alors jeté sur le serpent et Sirius l'avait traîné plus loin. Il lui avait expliqué qu'elle ne devait pas croiser son regard.
La rousse avait eu du mal à le croire. Elle s'était cachée dans un coin de mur pendant que Sirius s'abritait derrière un bureau et son ami lui avait raconté qu'après avoir récupéré l'épée, il était parti chercher ses camarades pour les mettre au courant. Il n'avait pas trouvé Isa et Frank alors il n'avait pas perdu de temps et était parti à la recherche de Lily. A présent, ils présumaient que leurs amis étaient retournés dans la Grande Salle après avoir récupéré Avara. C'était leur raisonnement du moins.
Vu ses informations sur ce serpent, Lily était bien heureuse qu'il l'ait vite mise au courant. Elle savait que l'infirmerie était risquée et surtout éloignée de leur QG mais elle n'aurait jamais pensé qu'elle y croiserait le Basilic, et Sirius non plus. Regulus leur avait sauvé la vie avec cette mise en garde, c'était certain. Cela voulait également dire qu'il était en vie, qu'il allait probablement bien. C'était un réel bonheur pour Sirius. Lily aussi en était heureuse, ils avaient tous besoin de bonnes nouvelles.
Ce mot laissé par Regulus avait également une autre signification. Pour l'avoir, il avait forcément dû parler à Dumbledore qui lui avait signifié où trouver l'épée. C'était probablement encore le Directeur qui lui avait expliqué comment se débarrasser du monstre. Regulus devait en effet sortir cette information de quelque part. S'il avait bel et bien parlé au directeur et que celui-ci l'avait en premier lieu chargé de s'en occuper, c'était que pour une raison ou une autre, les professeurs étaient dans l'indisponibilité de le faire.
Mais si Regulus s'était par la suite déchargé de cette tâche, c'était que lui-même avait rencontré des problèmes. Lily ne savait pas si Sirius en avait conscience car il semblait heureux et elle ne voulait pas aborder le sujet avec lui pour l'instant.
Elle ignorait si Sirius avait prévu de s'acquitter de cette tâche quand il l'avait retrouvée mais à présent qu'ils faisaient face au Basilic, la question ne se posait plus. Lily n'était pas sereine et se demandait s'il ne valait pas mieux qu'ils cherchent à s'enfuir. Mais comment lui échapper ? Il leur fallait créer une ouverture pour pouvoir passer.
Elle avait tenté de convaincre Sirius : c'était trop dangereux. A deux, jamais ils n'y arriveraient ! Mais le Basilic était leur problème le plus grave. Dolohov était déjà hors d'état de nuire donc s'ils arrivaient à le tuer, il ne resterait plus que Greyback et alors, ils seraient presque sortis de ce cauchemar. De plus, s'ils laissaient le serpent géant se balader à sa guise et qu'il décidait d'aller dans la Grande Salle, il y ferait un carnage.
La Gryffondor ne devait pas perdre son temps en tergiversation mais son esprit était flou. Elle peinait encore à croire que ces évènements lui arrivaient bel et bien. Elle n'était pas sûre de s'en sentir capable.
-Il faut qu'on le fasse ! répéta Sirius. Il est juste là, à côté, il faut au moins essayer ! On ne pourra pas lui échapper de toute façon !
Lily l'entendait, voyait le regard déterminé et fébrile de son ami, mais elle n'arrivait pas à se prononcer. Pourtant, elle savait que Sirius ne pourrait pas le faire seul, il fallait qu'elle l'aide, qu'ils s'aident mutuellement. Elle ne pouvait pas rester inerte, c'était dangereux. Le Basilic n'était pas loin et la situation était grave. Mais comme pour la torture de Dolohov, elle n'arrivait pas à agir. Elle se sentait paralysée.
-Mince !
Elle se pinça la cuisse jusqu'à être rouge. Elle recommença encore une fois et ses yeux s'embuèrent à cause de la douleur.
-Ressaisis-toi, bordel ! Tu auras peur plus tard !
Elle essuya d'un revers de main ses larmes et sortit de sa piètre cachette pour rejoindre Sirius. Celui-ci la couvrit lors de sa course. Elle s'écrasa ensuite presque derrière le bureau et grimaça à cause des égratignures qu'elle venait de se faire.
-Ça va ? lui demanda Sirius.
Elle acquiesça.
-Dis-moi que t'as un plan, je t'en prie.
Il lui montra l'épée de Godric's Gryffondor et elle releva les yeux vers lui, le conjurant de continuer.
-Explique-moi comment on va le planter si on ne peut même pas le regarder ?!
-Je n'en sais rien. Lui crever les yeux peut-être.
-OK, se résigna Lily.
-On y va à trois, lança Sirius.
Il compta à voix basse et ils sortirent en même temps de leur cachette. Les yeux baissés vers le sol, ils lancèrent des sorts d'explosion vers la tête du Basilic. Malheureusement, celui-ci les balaya d'un coup de queue et sonnés, ils eurent du mal à se relever.
-Merde, jura Sirius.
Certains de leurs sorts l'avaient touché mais ils n'avaient pas été assez précis pour le priver de sa vue. Ils n'y arriveraient pas comme ça. Lily invoqua alors un bouclier pour les protéger et suivit le phénix des yeux. Il volait près du serpent et d'un coup, l'attaqua avec ses serres. Celui-ci bougea la tête pour essayer de se dérober. N'étant plus dans le champ de vision du Basilic, Lily put ensuite l'observer et comprit ce que Fumseck essayait de faire.
Un cri déchirant retentit soudain et elle sourit : le phénix avait réussi à crever un œil au serpent. Mais alors qu'il allait s'attaquer au deuxième, le Basilic le frappa durement et il s'écrasa contre un mur. Elle retint avec difficulté un cri.
-Non, non ! s'épouvanta Sirius.
Le Basilic, furieux, voulut en finir pour de bon avec eux et chargea dans leur direction, son œil valide lui permettant encore largement de se repérer. Il cracha des jets de venin et les deux Gryffondor bondirent pour l'esquiver. Pourtant, Lily entendit Sirius gémir de douleur alors que dans le même temps, l'épée de Gryffondor tombait par terre. Sirius se releva heureusement juste à temps pour ne pas finir écraser et se traina derrière un pilier.
-Sirius ? l'appela-t-elle avec inquiétude.
-Je vais bien. C'est juste…
Il respirait difficilement et Lily essaya de lui jeter un coup d'œil pour s'assurer qu'il ne mentait pas depuis l'étagère contre laquelle elle s'abritait mais elle ne voyait que ses jambes dépasser.
-J'ai fait tomber l'épée…
-Ce n'est pas grave, on va la récupérer.
Elle tourna la tête et repéra très vite l'objet sous le bureau derrière lequel ils s'étaient cachés plus tôt.
-Lily, je…
-Oui ?
-Je ne peux plus la tenir. J'ai reçu son venin sur mes mains, je n'arrive pas à les bouger.
Cette nouvelle donna à Lily l'impression de se prendre une chappe de plomb sur les épaules. Quelque chose qui appuyait sur elle pour la mettre à terre. Elle observa encore l'épée et ferma les yeux face au sifflement du serpent. Dorcas avait été repoussée contre un mur, pétrifiée par le Basilic, mais elle n'était pas morte. Sirius été touché et ne pouvait plus ni utiliser sa baguette, ni l'épée. Il ne restait qu'elle. Ils ne pouvaient plus gagner et ils n'auraient probablement jamais dû lancer le combat. Ils devaient se replier. Mais pourraient-ils retourner chercher leur amie ?
-Il faut que ce soit toi qui le fasses, reprit Sirius.
-Quoi ?
-C'est toi qui dois le tuer.
-Tu rigoles ?! Je ne vais jamais y arriver ! Il faut qu'on s'enfuie !
-Et comment ? On est dans un cul de sac, la sortie est derrière lui !
Lily se mordilla les lèvres. Il avait raison. Ils ne pourraient pas se cacher éternellement. Elle inspira alors un bon coup et sans réfléchir, courut récupérer l'épée puis rejoignit Sirius. Elle baissa ensuite les yeux sur lui et observa ses mains abîmées. Il transpirait et avait le regard hagard. Elle n'imaginait pas à quel point il devait souffrir.
-Je vais jouer l'appât, je te demande juste de ne pas te rater, tenta-t-il de plaisanter.
Lily lui attrapa le bras et le fixa avec sérieux et détermination.
-Reste-là, je vais réfléchir à une solution où on s'en sort tous les deux.
Elle soupira, faisant travailler ses méninges. Elle n'avait pas beaucoup de temps et le stress l'empêchait d'être aussi efficace qu'habituellement. Soudain, des bruits de pas se firent entendre et elle se redressa. Elle entendit quelqu'un l'appeler et sentit son cœur battre la chamade sous la panique. Elle se leva et sortit de sa cachette. Au loin, Alice courait vers le Basilic et celui-ci se tourna vers elle. La poursuiveuse s'arrêta net et sans faiblir, lança à pleine puissance ce qu'elle avait dans sa main droite.
-Ne le regarde pas, Alice ! hurla Lily.
Mais il était trop tard. Alors que les fioles d'acide atteignaient la tête et le visage du Basilic qui se tortilla sous la douleur, son amie s'écroula à terre.
-Vas-y maintenant, Lily ! lui rappela Sirius.
Les larmes aux yeux, Lily observa le Basilic continuer à gémir et se tordre. Une des fioles qu'Alice avait lancé lui avait brûlé l'autre œil. La rousse brandit son épée et courut vers lui. Elle devait viser sa tête. Mais le Basilic, sous la douleur, avait perdu tous ses moyens et se frappait la tête contre les murs pour essayer de juguler la douleur.
Lily eut du mal à l'approcher. Elle se fit même faucher mais ne lâcha pas l'épée. Malheureusement, le Basilic, même aveugle, la repéra : il ouvrit la gueule et elle essaya de reculer mais ne fut pas assez rapide. Une de ses jambes se fit happer et un des immenses crocs la transperça. Le Basilic ne retira pas sa grande gueule, gardant la jambe de la Gryffondor prisonnière. Il siffla et Lily sentit le venin s'infiltrer dans sa peau : c'était pour ça qu'il ne s'était pas retiré tout de suite. Il voulait lui faire mal, lui faire payer sa cécité et la douleur que cela avait engendré.
Lily eut tellement mal qu'elle faillit s'évanouir. Elle pleura, ne pouvant plus s'échapper. Elle était prise au piège, mais le Basilic aussi. Sa tête à portée de sa main, elle serra l'épée et l'enfonça brutalement en plein milieu de son visage. Le Basilic hurla et ouvrit grand la gueule. Lily hurla également quand sa jambe fut libérée et elle tenta de reculer mais elle avait trop mal et manqua de force. C'est alors qu'elle sentit Sirius venir lui prêter main forte. Il l'attrapa comme il put malgré ses mains brûlées et l'aida à reculer au cas où le serpent géant aurait suffisamment de force pour attaquer une dernière fois. Ils ne purent ensuite que regarder la bête pousser un dernier soupir d'agonie avant de s'écraser raide mort à quelques mètres d'eux.
Alice ne s'était toujours pas relevée et Lily n'eut pas le courage ni la force de se relever pour aller voir son amie. Sa meilleure amie si courageuse… Elle leur avait sans doute sauvé la vie. Non, Lily ne voulait pas de cette possible mauvaise nouvelle. Anéantie et souffrant atrocement, elle ne put que se réfugier dans les bras de Sirius alors que les Aurors donnaient enfin l'assaut.
xXx
Le soleil n'allait pas tarder à se lever et Remus savait ce qui allait se passer. Les heures qui venaient de s'écouler avaient été difficiles et probablement les plus longues de toute sa vie. Il se sentait courbaturé et avait des blessures légères. Au moins n'avait-il pas été mordu ni griffé. Le loup-garou fraichement transformé s'était montré agité mais s'ils s'étaient affrontés au début, permettant ainsi aux autres de s'enfuir, il s'était plusieurs fois désintéressé du Poufsouffle. Chaque bruit et odeur l'interpellait. Remus avait été heureux de constater qu'ils n'allaient pas se battre jusqu'au lever du jour : il n'en aurait pas eu la force. Il n'était pas sûr que le puma aurait pu tenir la distance.
En effet, après les bousculades, les ruades et les coups de pattes, Remus avait vite compris qu'il ne ferait pas le poids. De nombreuses fois, le loup-garou avait tenté de l'écraser entre ses bras puissants et à un moment, Remus avait senti quelques-unes de ses côtes prêtes à rendre l'âme. Heureusement, il avait réussi à se dégager in extremis. Il aurait pu mourir. En toute objectivité, le loup-garou aurait pu le tuer. Ensuite, Remus s'était tenu à l'écart. Le loup-garou avait grogné à son encontre, hésitant à l'attaquer de nouveau. Finalement, il ne l'avait pas fait et avait pu se concentrer sur ce nouveau monde qu'il découvrait.
A présent, le Poufsouffle avait hâte de voir à qui il avait à faire. Il resta ainsi assis dans la forêt interdite et observa le corps devant lui commencer à changer. Il resta stoïque face aux craquements et aux grognements de douleur. Cela dura de longues minutes. C'était sans doute normal pour une première transformation.
Il patienta et la bête reprit lentement forme humaine. Il approcha alors et fit face avec stupeur au corps nu et blessé de James Potter. Il s'écroula à terre, choqué. Mais il aurait dû s'en douter dès le départ. Lorsque Lily, Sirius et lui étaient retournés dans la Grande Salle, Peter avait dit que James avait été attaqué par Greyback. Soudain, il était si heureux que le Gryffondor soit bel et bien en vie !
-James…
Le Gryffondor leva les yeux vers lui, hagard. Remus enleva alors sa robe de sorcier et la passa à son ami.
-Comment te sens-tu ? lui demanda-t-il, se sentant néanmoins assez maladroit.
-J'ai un goût horrible dans la bouche et je pue, souffla le Gryffondor avec peine.
Remus sourit mais n'osa pas lui avouer qu'il avait tué un lapin et l'avait mangé cru.
-Je t'amène à l'infirmerie.
-OK...
Remus l'aida à se relever et son cœur se serra de voir James si affaibli. Chaque geste semblait lui coûter. Ils marchèrent longtemps et lentement jusqu'au château mais ne purent y entrer. La cavalerie était enfin là et les Aurors avaient bouclé le périmètre alors que des soignants de Ste-Mangouste prenaient possession des lieux.
-Vous êtes élèves ici ? leur demanda un Auror.
Remus acquiesça et se sentit nerveux devant le regard que leur renvoya le sorcier. Surtout celui qu'il portait sur son ami.
-Qu'est-ce que vous faisiez dehors ?
-On… a réussi à sortir. On voulait aller prévenir les secours au cas où le premier groupe n'aurait pas réussi.
Celui-ci hocha la tête mais Remus ne savait pas s'il le croyait. Il ne voulait pas avoir à davantage mentir, il n'était pas bon pour ça et il était fatigué.
-Qu'est-ce qu'il a ? continua l'homme.
Remus sentit son ventre se tordre. Que devait-il dire ? James était un loup-garou à présent. Il savait comment son ami serait traité et la façon dont il serait vu par la population sorcière à partir de maintenant. Il ne voulait pas de ça pour lui.
-Il a été bousculé à cause d'un mouvement de foule.
-Il a besoin d'aller à Ste-Mangouste ? l'interrogea encore l'Auror.
Remus secoua la tête.
-Je ne crois pas, juste du repos et quelques soins. L'infirmerie devrait suffire.
Il esquissa un sourire tremblant.
Faisait-il le bon choix ? Qu'allait-il advenir de James ?
L'Auror ne lui posa pas plus de question et le laissa passer.
-Merci, souffla soudain le Gryffondor.
Le soutenant toujours, Remus continua son chemin et finit par rentrer dans le château. Il s'arrêta dans l'entrée, observant avec horreur et désarroi les ravages. L'architecture abîmée, les élèves blessés emmenés au compte-goutte à l'hôpital sorcier et ceux qui étaient soignés sur place parce qu'ils avaient des blessures minimes.
Et puis, les morts. Tous ces morts dont un drap recouvrait à moitié le corps inerte. Un peu moins d'une dizaine. Cela lui fit un choc. Il avait pensé que tous les élèves étaient présents dans la Grande Salle, sauf leurs amis disparus. Mais visiblement, non. Il y avait probablement ceux dont personne n'avait signalé l'absence et quelques membres du personnel non enseignant.
Mais surtout, il y avait Peter.
Remus fondit en larmes et même la main de James sur son épaule ne l'aida pas à continuer d'avancer.
Il avait survécu, mais il n'était pas sûr de pouvoir réellement se relever de cette journée. Il était vivant, mais comme tous les autres, une partie de lui, son innocence était morte aujourd'hui. Remus avait terriblement mal et à présent, il lui faudrait apprendre à vivre avec cette douleur.
C'est donc ainsi que se termine cette petite bataille qui aura dura un petit jour, mais trois longs chapitres ! x) Les chapitres suivants seront plus axés sur les sentiments, la tristesse, le deuil et les questionnements. On va redescendre un peu en pression quoi. Par contre vous sentez à quel point Jedusor va devenir très embêtant prochainement ? Dans un futur plus ou moins proche mdr.
