Chapitre 43

Être heureux aujourd'hui

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Le Serpentard referma la porte de la chambre du brun derrière lui, attristé. Il patienta ensuite quelques secondes, espérant que James le rattrape, s'explique et lui dise qu'il changeait d'avis, que jamais il ne pourrait l'abandonner. Mais rien. Il se sentit alors plus idiot encore. Il se précipita dans sa chambre pour cacher sa honte et se fit l'impression d'un gamin qui faisait un stupide caprice. Il se sentait pathétique. Il savait que sa réaction était disproportionnée mais sa tristesse, elle, était réelle et l'empêchait d'avoir le recul nécessaire sur la situation.

C'était le droit de James d'arrêter Poudlard, surtout après ce qu'il s'était passé. Sa situation de loup-garou n'aidait pas et puis, il y avait aussi ce qui s'était passé lors de la cérémonie… McGonagall allait l'avoir à l'œil, sans oublier toutes les punitions qu'il avait récoltées. Regulus savait tout ça. James avait toutes les raisons du monde de vouloir arrêter Poudlard. Mais cette décision lui ressemblait si peu. C'était un Gryffondor bien trop vantard et inconscient, mais il était courageux et obstiné. Abandonner à la moindre difficulté, ce n'était pas lui.

En faisant ce choix, Regulus avait l'impression que ce n'était pas seulement son avenir sur lequel il faisait une croix, mais également sur tout les liens qu'il avait tissé au fur et à mesure du temps. Si James restait à Godric's Hollow, ils ne se verraient que très peu, mais ce serait pire pour ses camarades de Gryffondor. Rien était définitif bien entendu, mais n'était-ce pas un prétexte pour James de s'éloigner de ses amis à cause de sa condition. Lui pourrait encore le voir donc il devait probablement s'estimer heureux. James et lui était proche que depuis peu, le manque n'aurait pas le temps de s'installer, n'est-ce pas ? Il l'espérait car même à l'époque où James l'ignorait et le considérait seulement comme le petit frère de son meilleur ami, où même lors de leurs nombreuses brouilles, Regulus avait toujours su qu'il lui suffisait de traverser quelques couloirs pour le voir.

Et puis, en ne retournant pas à Poudlard, James les laissait, Sirius et lui, seuls pour affronter Jedusor. Remus, tout nouvellement mis dans la confidence, ne permettrait pas de lui tenir tête. Regulus enfonça sa tête dans son oreiller et hurla de frustration, à la fois triste et en colère.

Devait-il lui-même retourner à Poudlard ? Il était terrifié à l'idée de devoir recroiser le psychomage au détour d'un couloir. Si Jedusor avait commis une erreur lors de leur précédente rencontre, ce n'était pas quelque chose d'habituel et il ne ferait probablement pas d'autres faux pas. De plus, n'allait-il pas paniquer ?

Regulus ignorait ce que le psychompage pourrait faire pour arriver à ses fins. Peut-être voudrait-il le contraindre au silence. Y penser lui donnait des crampes d'estomac. Regulus était empli d'interrogations de toutes parts. Qu'est-ce qui avait influencé la décision de James ? Depuis quand y songeait-il ? Avait-il remué ces idées depuis longtemps sans oser leur en parler ?

Regulus souffla, fatigué. Lentement, la colère s'estompa, ne laissant place qu'à la tristesse persistante.

Regulus le savait. Malgré son envie, il ne pouvait pas renoncer à Poudlard car comme pour son frère, cette école représentait bien trop. Au-delà de l'aspect sentimental, il n'avait que des BUSES et ne pouvait pas prétendre à un quelconque avenir prometteur avec ce simple diplôme en poche. Changer d'école n'était pas non plus une option : ses parents ne le permettraient pas. De plus, avec la distance qui s'était installée entre eux, Regulus n'avait pas envie de devoir les contacter pour qu'ils l'aident à faire les démarches nécessaires. Il dépendait encore d'eux jusqu'à sa majorité et n'avait pas envie de trop leur devoir. Depuis qu'il avait réalisé à quel point ses parents pouvaient être matérialistes et que malgré leur amour, la réputation des Black passait avant tout, Regulus n'était plus aussi enchanté par leur « démonstration d'attachement ».

Il n'avait reçu qu'une simple lettre pour prendre de ses nouvelles après l'attaque à Poudlard. Oh, ses parents lui avaient dit de passer au Square Grimmaurd s'il le souhaitait, mais pas plus. Ils auraient pu faire le déplacement, les Potter n'auraient probablement rien dit. Mieux encore, ils auraient pu venir à la cérémonie d'hommages, peu importe qu'ils ne connaissent pas vraiment de victimes. Ça aurait été pour le symbole, pour les soutenir Sirius et lui. Mais non… De plus, Orion et Walburga ne s'étaient même pas inquiétés pour Sirius ! Était-ce réellement une surprise ?

Son frère avait eu raison depuis le début. Regulus s'était éloigné de lui pour rien alors qu'il adorait tant son frère plus jeune… Les frères Black avaient perdu trop de temps à se faire la tête.

Regulus se demanda soudain si Sirius était au courant de la décision de James. Il se leva précipitamment de son lit et pensa trouver son frère dans sa chambre mais il n'y était pas. Peut-être était-il toujours en bas en train de discuter avec les Potter ? Mais il n'eut pas à aller le chercher ni à attendre bien longtemps : son frère montait les escaliers.

-Reg ? Tu me cherchais ? s'étonna-t-il.

Regulus hocha la tête et voulut tout lui révéler, l'inonder de questions, mais aucun son ne franchit ses lèvres. Il se rendit compte que même le prononcer à voix haute lui était difficile.

-Regulus, ça va ? s'inquiéta son frère.

Sirius s'approcha et Regulus se jeta dans ses bras.

-Il quitte Poudlard ! lâcha-t-il, la gorge nouée.

Regulus savait qu'il n'arrangeait pas son cas. Qu'allait penser son frère de lui ? Il se sentait faible et agissait plus comme un Poufsouffle que comme un Serpentard ! Il se laissait déborder par ses émotions mais depuis le départ de Padfoot, James et lui s'étaient rapprochés et le Gryffondor l'avait beaucoup soutenu. Le lion avait fini par occuper la place de soutien laissée vacante par l'esprit. Tout seul, Regulus ne se sentait pas l'énergie ni la force de faire face.

C'était égoïste, il le savait, mais il voulait l'être encore un peu. Demain, il serait toujours temps d'agir en adulte et d'écouter vraiment James. Il n'avait plus 6 ans, il était en mesure de comprendre les choses. En attendant, les bras de son frère qui se refermaient sur ses épaules lui faisaient du bien.

xXx

Lorsque James ouvrit les yeux ce matin-là, il se sentit mal. Il n'avait que très peu dormi et avait passé son temps à penser à ce qu'il s'était passé la veille. Au moment où il avait annoncé sa décision à Regulus, il avait pu voir le désarroi et la tristesse se dessiner sur le visage de son petit-ami. Il était sûr que Regulus vivait cela comme un abandon car il ne comprenait pas ce qui motivait son choix.

Le Serpentard, après un moment de flottement, avait tenté de le faire changer d'avis. Les arguments maladroitement évoqués par Regulus, James y avaient déjà pensé et il était sûr de lui. Cela pouvait avoir l'air d'un coup de tête, d'un caprice, parce qu'en apparence, il n'y avait pas eu de signe annonciateur. Mais ce n'était pas parce James n'en avait pas parlé qu'il n'y avait pas pensé. Forcément, au vu de sa condition, il s'était interrogé. Bien entendu, comme Poudlard traversait une passe difficile, il n'avait pas poussé plus loin les questionnements. Mais avec la cérémonie qui se rapprochait, il avait recommencé à s'interroger sur son futur et sur ce qui l'attendait. D'autres éléments étaient venus s'ajouter et pour finir, la réponse lui était apparue comme une évidence. Il savait ce qu'il faisait et dans quelle direction il allait. Son assurance avait encore plus troublé Regulus qui, à la fin, avait préféré s'en aller. James avait eu la sensation que Regulus l'avait tout simplement fui, mais également que c'était une manière de marquer son ressentiment à son égard.

Il ignorait si Regulus en avait déjà parlé à qui que ce soit et une fois seul dans sa chambre, James s'était enfermé. Il avait fait les cent pas avant de se décider à faire un tour de balai. Il était rentré dans la soirée et lorsque son père avait frappé à la porte pour le prévenir qu'ils passaient à table, James n'était pas sorti, déclarant ne pas avoir faim. Il s'était vite endormi pour se réveiller seulement 4 heures plus tard.

Le ciel sombre, les étoiles qui brillaient avec intensité et cette lune qui semblait l'hypnotiser l'avaient convaincu de ne pas rester immobile. Mais que faire ? Tout le monde dormait et James n'avait pas voulu déranger qui que ce soit. Habituellement, il pouvait trouver refuge dans la chambre de Sirius. Il était même rare que les Maraudeurs dorment chacun de leur côté mais après la journée qu'ils avaient passée et cette cérémonie éprouvante, James ne s'était pas senti d'ajouter un fardeau supplémentaire sur les épaules de son ami.

Alors, tant bien que mal, le Gryffondor s'était occupé jusqu'au petit matin, arrivant tout juste à dormir une heure ou deux.

A présent que le soleil était levé, il pouvait sortir de sa chambre. Et c'est ce qu'il fit avec le sentiment que cette journée n'allait pas lui plaire. Il avait parlé à Regulus et il savait qu'il devrait également l'annoncer à Sirius et à ses parents. Il ignorait quelle réaction il craignait le plus. Il devrait aussi parler de nouveau avec Regulus. Ils ne s'étaient pas disputés mais il ne voulait pas que le 6ème année reste fâché contre lui.

Dans un soupir, le Gryffondor se changea rapidement avant de descendre dans le séjour. Comme il l'avait pressenti, il se retrouva seul. N'ayant pas mangé la veille, James ressentit assez vite la faim. D'ordinaire, pour le petit-déjeuner, sa mère se pliait en quatre et préparait tout un tas de choses en trop grande quantité. Les garçons se faisaient néanmoins toujours un plaisir de tout manger. Mais ce matin-là, il n'y avait pas grand-chose et James n'était pas ce qu'on pouvait appeler un cordon bleu. Il savait se faire du thé, il n'était pas non plus un empoté. Mais il ignorait comment se faire des pancakes, des crêpes ou même de la brioche. Il avait surtout le sentiment que c'était trop long à préparer. Pour autant, James avait vraiment très faim et davantage envie de salé que de sucré. Et il était totalement capable de se faire cuire un bon steak qu'il accompagnerait d'un reste de pain de mie de la veille. Ce n'était pas vraiment grandiose ni de grande qualité, mais James en avait tout de même l'eau à la bouche.

Il fallait juste qu'il s'assure de ne pas faire trop de bruit, ni de cramer la maison.

James passa un instant à choisir la taille de la poêle, la mit sur le feu et après hésitation, y mit deux steaks sans attendre qu'elle chauffe. Il se coupa des tranches de pain de mie et y mit du beurre. Il regarda alors sa viande cuire et paniqua quand celle-ci commença à accrocher à la poêle.

-Mince, j'ai oublié l'huile !

Il la rajouta après coup, espérant que ce ne soit pas trop tard. Il continua ensuite à attendre, se demandant comment on pouvait savoir quand la viande était cuite. Il décida finalement d'en couper un bout à même la poêle et du sang coula de la viande. James avait toujours aimé la viande cuite à point mais à cet instant, il ressentit quelque chose de bizarre à la vue de cette viande encore un peu rouge. Ses pupilles se dilatèrent et il se lécha les lèvres d'anticipation.

Il se prépara son assiette sans attendre, laissant la vaisselle sale dans l'évier et mangea avec appétit. Il avait l'impression que la viande fondait dans sa bouche et les saveurs faisaient pétiller ses papilles. Du sang coula légèrement sur son menton alors il s'essuya avec sa main et décida de la lécher pour ne pas perdre une seule goutte de ce jus délicieux. Il termina par ses tranches de pain de mie et fit passer tout cela avec un grand verre d'eau. Il se sentit alors rassasié. Ce genre de petit-déjeuner salé lui irait très bien tous les matins ! Il fallait qu'il en parle avec ses parents...

James utilisa ensuite sa baguette pour remettre la cuisine en ordre puis se rendit dans le jardin pour s'installer sur un des transats. Il faisait bon et tout était calme. James attendit que les autres s'éveillent, préparant ce qu'il allait bien pouvoir dire.

Le Préfet ne pouvait pas se permettre de reproduire la scène d'hier. Il avait été très maladroit dans sa manière d'annoncer sa décision à son petit-ami. Il lui avait balancé ça comme on arrache un pansement, vite, et en espérant ne pas faire durer la douleur. Mais il n'avait pas pris en compte la taille du pansement. C'était bien trop gros et soudain. Regulus avait difficilement accusé le coup.

Un instant, le Serpentard avait même pensé être responsable d'une manière ou d'une autre. Regulus s'était imaginé que les punitions de sa directrice de maison avaient influencé son choix. James l'avait détrompé, mais il était vrai que le discours de McGonagall était entré en compte.

Bien entendu, elle lui avait fait la morale mais pas seulement. Elle lui avait demandé d'agir enfin en adulte, de penser au fait que ses actes entraînaient des conséquences. James grandissait, il devait penser à son avenir et à quel genre de personne il voulait être. Elle avait parlé de ses différends avec Rosier, du fait que malgré la détestation qu'il ressentait à son égard, il avait agi par impulsion, sans penser aux sentiments des parents du jeune sorcier, ni de ses amis qui voyaient le nom du blond traîné dans la boue alors que sa dépouille avait été enterré quelques jours seulement plus tôt.

James le reconnaissait, il n'y avait pas pensé. Enfin, pas assez. Il avait seulement vu le mal être de Regulus et avait agi contre une injustice. Ça avait été plus fort que lui, il n'avait pas pu se taire. Encore aujourd'hui, James pensait que ce qu'avait fait le Serpentard ne pouvait pas être tût. Et il était un Gryffondor, il voulait agir contre les injustices et défendre ceux qui ne pouvaient pas le faire eux-mêmes. Alors il ne savait pas ce qu'il voulait faire plus tard mais il savait quel genre de personne il voulait être. Il voulait être celui qui prendrait soin des autres, les ferait sourire et écouterait leurs peines. Un ami pour tout le monde, quelqu'un sur qui on pouvait compter.

Poudlard lui avait déjà enseigné tout ce qu'il pouvait y apprendre. Les diplômes, les études, ce n'était pas pour lui. Il était temps de le comprendre. Il voulait autre chose, s'épanouir autrement, continuer d'apprendre autrement.

Et plus que tout, James refusait de faire courir le moindre risque aux autres élèves à cause de sa condition. Il devait penser aux autres avant de penser à lui. C'était aussi ça, être adulte et responsable. Il espérait pouvoir le faire comprendre à ses parents et aux frères Black.

xXx

Sirius sortit de sa chambre, continuant à bailler et à s'étirer. Il alla aux toilettes puis passa dans la salle de bain. Il n'avait pas passé une bonne nuit. Lorsque Regulus était venu le trouver la veille, Sirius avait tout de suite compris que quelque chose n'allait pas.

Il quitte Poudlard !

Regulus s'était jeté dans les bras de son frère, anéanti, et Sirius, sous le choc, n'avait pas tout de suite pu l'interroger. Il avait d'abord attendu que Regulus se calme pour lui poser des questions. James, quitter Poudlard ? Impossible, il adorait le château ! Et puis, il ne lui en avait même pas parlé !

Sirius éteignit l'eau de la douche et se sécha lentement alors que toutes sortes de questions tournaient en boucle dans sa tête. Il allait avoir une discussion avec James ce matin. Hier après avoir pris le temps de calmer Regulus, il n'avait eut qu'une seule envie, aller trouver James et lui parler. Malheureusement celui-ci n'avait pas été là. Il connaissait assez son ami pour deviner qu'il avait eut besoin de s'isoler, d'aller voler pour se changer les idées. Sirius avait malheureusement dû remettre ce moment à plus tard. Les deux amis avaient toujours été sur la même longueur d'onde, ne se cachant rien. Surtout, ils avaient toujours été ensemble. Sans James, Poudlard n'aurait plus la même saveur.

Sirius s'habilla rapidement et en sortant, tomba nez à nez avec son frère.

-Je t'attendais.

Sirius haussa un sourcil, surpris.

-J'étais descendu mais James est dans le jardin. Il a dit à ses parents qu'il avait quelque chose d'important à leur dire. Je pense qu'il s'agit de sa décision au sujet de Poudlard.

Alors c'est vrai, ne put s'empêcher de penser Sirius. Si James en parlait à ses parents, il s'agissait d'une décision réfléchie et il ne comptait pas faire marche arrière. Sirius eut le sentiment de chavirer. Ils avaient enchainé les galères dernièrement et il avait vraiment pensé que le plus dur était derrière eux ! A présent, il n'en était plus si certain…

-Il t'attend pour annoncer la nouvelle à tout le monde en même temps. L'ambiance est assez sinistre en bas. James essaye de faire bonne figure mais ses parents sont inquiets car ils sentent que ce qu'il a à leur annoncer va les troubler. J'ai préféré venir te chercher pour pouvoir m'éloigner.

-Ouais… J'ai juste besoin d'une minute.

Le Gryffondor souffla et s'accouda à la rambarde de l'escalier.

-Il ne peut pas juste nous annoncer ça comme ça, il doit y avoir un moyen de lui faire changer d'avis !

-Je ne sais pas, avoua Regulus.

Sirius comprit alors qu'il ne servait à rien de vouloir gagner du temps. C'était James qui avait les cartes en main. Ils descendirent donc retrouver la famille Potter et James leur sourit de loin, semblant moins accablé que la veille. Sirius ne voulait pas penser que c'était parce qu'il avait enfin pris sa décision. Une partie de lui s'en voulait de ne pas avoir remarqué que James n'allait pas bien, que la situation ne lui allait pas.

Il était évident que James n'avait pas commencé à s'interroger la veille et prit sa décision dans la foulée. Cela devait trotter dans sa tête depuis des jours déjà, voire des semaines. Alors qu'ils arrivaient dans le salon, Sirius se demanda si ce besoin de changement chez son ami était survenu après l'attaque d'Azkaban ou si cela datait de bien avant encore. Cela pouvait être l'attaque, il y avait même de grandes chances que ce soit le cas. James n'était pas un surhomme et beaucoup d'élèves de Poudlard avaient déjà signifié leur intention de quitter l'établissement. D'autres avaient simplement exprimé leur incapacité à pouvoir réintégrer cette école avant un moment.

Sirius lui-même se demandait comment il faisait. Sans doute parce qu'il n'avait pas le choix, tout simplement. Contrairement à beaucoup de ses camarades, Poudlard occupait une grande partie de sa vie. Ça avait été sa première vraie maison, il s'y était fait ses premiers amis, ses premières découvertes. Il ne voulait pas la quitter sur une mauvaise note.

-Tu as dormi une éternité, l'engueula gentiment James. Et vu la tête que tu fais, Regulus a déjà dû te mettre au courant…

James jeta un coup d'œil au Serpentard et celui-ci croisa les bras, mal à l'aise. Il savait que le Gryffondor aurait aimé l'annoncer directement à son ami mais il continua de sourire, comme pour lui signifier qu'il ne lui en voulait pas.

-James joue les cachotiers, commença Euphémia, mal à l'aise. Il ne veut rien nous dire et tu commences à nous inquiéter, mon chéri…

-Ne t'en fais pas, maman, ce n'est rien de grave.

Regulus soupira, signifiant qu'il n'était pas de cet avis. Sirius s'installa et son frère fit de même.

-Comme Regulus et Sirius sont déjà au courant, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps, commença James. Je vais tout vous dire et vous expliquer ce qui m'a amené à faire ce choix. Je sais déjà que ça ne plaira à aucun de vous mais il faut que vous me laissiez aller jusqu'au bout de mon explication. C'est quelque chose auquel j'ai déjà longuement réfléchi et croyez-moi, si j'avais pu faire autrement, je l'aurais fait. Ce n'est pas facile pour moi et je pense que ça m'aiderait beaucoup si vous acceptiez d'écoutez ce que j'ai à dire. Les possibilités…c'est quelque chose que j'ai déjà fait de mon côté et je suis certain de ma décision.

Sirius observa son ami. James était nerveux. Il sentait également les parents de son ami perdre peu à peu leur sourire de façade qui n'avait été là que pour rassurer leurs fils.

-Je vais quitter Poudlard. Je ne réintégrerai pas le château quand celui-ci rouvrira ses portes, déclara finalement James. Je veux aussi arrêter mes études.

Il avait beau être au courant, Sirius accusa tout de même le coup. Pour leur part, Fleamont et Euphémia échangèrent un regard surpris avant de reporter leur attention sur leur fils en silence, comme celui-ci l'avait demandé, pour qu'il puisse s'expliquer plus longuement.

-Ça n'a rien à voir avec l'attaque. Enfin, si, quand même un peu, admit le Gryffondor. Mais ce n'est pas parce que je ne m'y sentirais plus en sécurité ou que cela me rappellerait trop de mauvais souvenirs. C'était affreux et je ne pense pas oublier un jour, mais Poudlard a tout de même regroupé la majorité de mes bons moments. Cela vient surtout de ma condition.

Il passa la main dans ses cheveux.

-Même si on n'en parle pas, je suis un loup-garou et cela fait de moi quelqu'un de dangereux. Ou quelque chose de dangereux… Je ne sais pas trop quel terme employé.

-C'est faux, la majorité des loups-garous arrivent à s'intégrer à la société et sont conscients du danger qu'ils représentent ! intervint Regulus. Ce ne sont pas des monstres sanguinaires, la plupart s'enferme d'eux-mêmes les nuits de pleine lune car ils ne veulent pas représenter de danger pour les autres !

-Et puis, les loups-garous ne sont dangereux qu'une nuit par mois, approuva Sirius. Peu importe ce que tu es maintenant, tu restes malgré tout le James qu'on connaît tous !

-Je savais que vous diriez cela, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai pris cette décision seul. Je sais ce que vous essayez de faire et je ne peux pas vous en vouloir, je ferais pareil à votre place. Ce sont de belles paroles mais la vérité, c'est qu'on ignore beaucoup de choses sur les loups-garous. Ils sont très peu à se déclarer sur le registre du ministère et on sait tous pourquoi. Je n'ai aucun souvenir du jour de l'attaque. La dernière image que j'ai de ce jour maudit, c'est d'avoir fait mes adieux à Regulus après avoir été mordu par Greyback ! Je ne me souviens même pas du début de ma transformation ni même d'avoir attaqué Remus, j'aurais pu le tuer !

-Mais ce n'est pas le cas, lui fit remarquer Fleamont. Je sais ce que tu ressens, fils. Tu es terrifié par ce qui t'arrive et tu ne veux faire de mal à personne. Ta décision ne me plait pas mais je peux la comprendre. Retourner à Poudlard en cachant ta situation et en espérant que tu puisses te débrouiller avec la seule aide de Sirius et de Regulus serait utopique. C'est un risque qu'on ne peut pas faire prendre aux autres élèves et une responsabilité qu'on ne peut pas leur demander de prendre.

-Chéri, souffla Euphémia.

-Nous sommes tes parents, c'est à nous de prendre soin de toi, reprit-il. Nous sommes heureux de te voir si responsable et déterminé.

-Merci, papa.

-Cependant, continua-t-il, et James grimaça. Nous refusons que tu arrêtes tes études. Il reste si peu de temps avant de passer ton diplôme ! Ce serait dommage de renoncer si près du but. De plus, tu as beau y avoir beaucoup réfléchi, je pense que tu devrais y réfléchir encore.

-Ton père a raison, mon garçon, approuva sa mère. Tu t'inquiètes pour la suite et c'est normal mais ton père et moi allons nous renseigner et trouver des solutions. Ne renonce pas si vite. Prends davantage de temps. La cérémonie d'adieu t'a bouleversé et prendre de si grandes décisions dans cet état-là n'est pas bon…

-Vous ne comprenez pas, ce n'est pas la peur ou la colère qui parle ! C'est plus profond ! C'était quelque chose qui me trottait déjà dans la tête et les derniers événements m'ont convaincu que je n'avais pas à me forcer à faire quelque chose que je ne voulais plus et qui me provoquait de l'angoisse et de l'incertitude !

-De l'angoisse et de l'incertitude ? releva Sirius.

C'était bien la première fois qu'il n'était pas sur la même longueur d'onde que son ami. Ça lui faisait bizarre et James grimaça, conscient de la maladresse de ses propos.

-Ce n'est pas ce que tu penses, Sirius. J'ai toujours adoré Poudlard et je m'y suis toujours senti bien mais je n'ai jamais aimé les devoirs, les examens et toute la rigueur qu'on nous imposait au sujet des cours. C'est devenu pire en 7ème année parce qu'il fallait décider ce qu'on allait faire plus tard, dans quelles études on allait se lancer, quelle formation. Je n'arrivais pas à me projeter, à me décider. C'est même idiot à dire, mais je dois avouer que j'avais l'envie secrète que Poudlard ne s'arrête jamais. Comme ça, je n'aurais pas à me lancer dans ce que j'aimais le moins…

Il souffla et encore une fois, Sirius s'en voulut de ne pas avoir remarqué le stress qu'avait accumulé son ami. Lui avait toujours pris par-dessus la jambe cette histoire d'études et d'avenir. Il avait repoussé à plus tard, bien décidé à faire quelque chose qui lui plairait sans se presser. Mais tout le monde ne gérait pas les choses de la même manière et visiblement, James avait été incapable d'être si léger sur le sujet.

-Sincèrement, je me sens plus apaisé depuis que j'ai pris cette décision. J'arrête mes études mais j'ai des BUSES et j'ai appris beaucoup à Poudlard. Je ne vais pas perdre les connaissances déjà acquises. Je suis débrouillard, je pourrai faire autre chose qui me rendra également heureux. Je suis capable de devenir quelqu'un même sans grand diplôme. Et surtout, j'aurai la certitude de ne pas mettre la vie des autres en danger.

Sirius ne savait pas quoi dire. Même si sûr ce coup-là, il n'était pas sur la même longueur d'onde que son ami, il pouvait essayer de le comprendre. Mais être mis au courant en même temps que tout le monde d'une nouvelle si importante le blessait. Il avait toujours pensé avoir une place essentielle dans le cœur et la vie du lion, assez pour savoir avant les autres ce genre de choses. Pourtant, au fond, ce n'était pas bien important, seulement un élan de possessivité mal placé.

James s'était montré clair et leur avait expliqué pourquoi il avait pris cette décision. Il ne leur demandait pas leur avis à cet instant, il tentait simplement de leur faire accepter la nouvelle. Sirius jeta un coup d'œil à son frère. Il avait l'air affligé, impuissant. Il était en train de se faire à l'idée, tout comme lui. Hier, Regulus avait agi de manière excessive mais l'aîné des Black n'allait pas le lui reprocher. Son petit frère montrait si peu ses émotions habituellement… Chacun digérait la chose comme il le pouvait.

Un silence s'était installé à la suite des derniers propos de James et le regard de Sirius alla de son meilleur ami à ses parents pour revenir sur son petit frère. Plus personne ne parlait. Peut-être était-ce parce qu'il n'y avait plus grand-chose à dire.

L'ambiance déjà bien lourde au début ne s'était toujours pas allégée et Sirius pensa à la difficulté que l'exercice devait représenter pour son meilleur ami.

-Nous…, reprit finalement Euphémia. Nous allons discuter avec Dumbledore, savoir s'il est possible que tu passes tes Aspics en candidat libre.

-Maman, soupira James.

-Tu es déjà allé si loin, ce serait dommage de t'arrêter là ! insista sa mère. Ça ne te demanderait pas forcément plus d'efforts et nous serons là pour t'aider !

-C'est vrai. Ce que tu nous dis n'est pas facile à accepter, James, mais tu es grand et nous comprenons ton choix. Néanmoins, il te sera difficile dans la vie de faire quoi que ce soit sans diplôme décent. Tes Aspics seront le minimum. Et puis, imagine que tu regrettes un jour ta décision. Au moins, tu ne prends pas de risque, appuya Fleamont.

-D'autres 7ème année qui ont décidé de ne pas revenir seront sûrement intéressés par cette opportunité, affirma sa mère. Tu passeras toi-même pour un élève traumatisé par l'attaque de Poudlard, personne ne trouvera à y redire.

-Si cela te convient, nous acceptons que tu ne retournes pas à Poudlard. Qu'en dis-tu ? termina son père.

Sirius voyait dans le sourire forcé de James qu'il n'en avait pas envie mais qu'il allait s'y plier pour rassurer ses parents. Il voulait les ménager, d'autant qu'ils n'avaient pas tort : qui pouvait savoir de quoi l'avenir serait fait ?

James accepta et Sirius souffla intérieurement. Il n'y avait plus de retour en arrière possible. James allait probablement demander à ses parents de faire savoir sa décision à l'école de sorcellerie et ceux-ci s'empresseraient de se renseigner sur les démarches dont ils avaient parlé avant que l'héritier Potter ne change d'avis.

Une part de Sirius avait l'impression que les choses s'étaient faites trop facilement. A moins que ce ne soit lui qui soit trop dramatique ? Au fond, la décision de James était plutôt logique et c'était bien pour ça qu'ils se retrouvaient tous un peu obligés de l'accepter. Que James pense à sa situation et aux risques qu'il faisait prendre aux autres et qu'il ait le courage de renoncer à quelque chose auquel il tenait beaucoup prouvait qu'il avait mûri.

C'était tout de même difficile à accepter pour Sirius. Pas que son ami avait changé, mais qu'il s'éloignait. Sirius n'aurait jamais été capable de prendre une telle décision. Il était égoïste et la moindre parcelle de bonheur, il n'y aurait renoncé pour rien au monde. Mais James prenait de la distance et s'il continuait sur sa lancée, Sirius craignait que son meilleur ami ne devienne inatteignable. Lui aussi devait changer, s'améliorer pour pouvoir rester à ses côtés. Ne pas trop se faire distancer sur le chemin que les deux Gryffondor empruntaient pour devenir adulte.

Néanmoins, cela lui faisait mal au cœur de savoir qu'il allait être séparé de son meilleur ami. Cela valait-il même la peine de retourner à Poudlard sans son comparse ? Pourtant, Sirius adorait Poudlard et cela lui permettait également de voir Remus tous les jours. De plus, il ne pouvait pas laisser son frère seul là-bas, ils avaient besoin l'un de l'autre.

Malgré tout, c'était si douloureux pour lui de se dire qu'il devrait se passer de son meilleur ami… Il savait que c'était dur également pour Regulus. Mais ils étaient solides, ils se soutiendraient. Et puis, James décidait juste d'arrêter Poudlard. Il était vivant et une fois de plus, c'était le plus important.

xXx

Malgré les jours qui étaient passés et la cérémonie d'adieu très réussie à Poudlard, l'émotion ne retombait pas dans la population. Les gens parlaient toujours autant de l'attaque. Maugrey savait que ce serait le cas jusqu'à ce que les autorités aient de réelles réponses à leur donner, ou si par malheur, une autre tragédie frappait leur communauté.

C'était un scénario que l'Auror ne voulait pas envisager. Il comprenait la colère des civils et était bien déterminé à accéder à leur souhait. Des réponses, il savait comment en obtenir et il n'était pas près de renoncer. Peu importe qu'il doive se battre seul.

Lorsque Maugrey frappa à la porte des McKinonn en ce début de semaine, il était ainsi plus déterminé que jamais à faire craquer la Serdaigle. Il aurait dû venir confronter la Serdaigle depuis longtemps mais il avait été trop occupé et lorsque celle-ci était à Poudlard, il était difficile pour lui d'aller la voir pour l'interroger. Il lui fallait un motif valable pour rentrer dans l'école de magie. Ce qu'il faisait aujourd'hui n'était pas dans le cadre d'une enquête officielle et donc, il ne pouvait pas venir et demander à lui parler. Il ne connaissait pas la Serdaigle et ne pouvait pas faire passer ça pour une visite de courtoisie. Il aurait de toute façon du mal à masquer le mépris et le jugement qu'il ressentait pour cette fille.

Pour lui, Marlene McKinonn était une criminelle et elle allait devoir faire preuve d'ingéniosité pour lui faire croire le contraire. Quant à lui, il n'allait pas lésiner sur les moyens pour pouvoir l'arrêter.

C'était le bordel depuis l'évasion d'Azkaban et ça n'avait jamais cessé de l'être depuis. Tout semblait partir à vau-l'eau. Les manifestations contre le pouvoir exécutif se multipliaient et alors que les Aurors et la police avaient été épargnés jusque-là, eux aussi commençaient à souffrir de mauvaises opinions. Si cela continuait, les citoyens n'allaient plus avoir confiance en eux pour assurer leur sécurité. Ce que Maugrey pouvait comprendre. Toutes les forces avaient été mobilisé pour retrouver trois fugitifs mais après plusieurs mois d'enquête, ils n'avaient rien trouvé.

Pire, cela avait débouché sur une attaque qui avait fait d'innombrables victimes.

Maugrey avait déjà vu des scènes de crimes assez dures et fait face à des échecs. Il était jeune et peut-être que cela viendrait avec les années mais pour l'instant, il ne s'habituait pas à la mort d'innocents.

Le bilan de cette affaire était un désastre. Sur trois évadés, il n'en avait arrêté qu'un seul et malheureusement, celui-ci était encore en soin. Maugrey eut un tic d'agacement lorsqu'il repensa à cette Médicomage qui avait interdit tout interrogatoire du criminel, arguant qu'il était encore trop faible. Elle avait beau ne faire que son travail, Maugrey avait été à deux doigts de l'injurier. Qu'en avait-il à faire de la santé de cet assassin ? Il menait une enquête et piétinait !

Greyback était mort et même si Maugrey ne lui aurait pas souhaité autre chose, il aurait aimé que l'homme puisse être jugé. Que cette fois, il n'attende pas des années pour enfin recevoir le baiser du Détraqueur. Mais dans une bataille, il était assez difficile de préserver sa vie pour pouvoir se permettre de faire attention à attraper les méchants vivants…

Quant au dernier fugitif, il n'avait jamais été mentionné lors des témoignages. Le châtain était ainsi persuadé que le fils aîné de la famille McKinonn avait quitté le pays. S'il s'était caché en Angleterre, il n'aurait pu le faire sans aide. Or, il s'était échappé d'Azkaban et était supposé ne plus rien avoir. Il n'aurait pas pu survivre seul et l'homme n'avait pas le profil d'un grand criminel ni d'un bandit. Dorian avait tout du gars paumé qui s'était fait embarquer dans un mauvais coup. Sa seule chance de s'en sortir était de fuir. Mais pour aller où ? Comment ?

Trop de questions et cela donnait à l'Auror mal à la tête.

De toute façon, Dorian ne représentait pas vraiment un grand danger, pas dans l'immédiat en tout cas. Ce qui l'intéressait était sa sœur. Pour comprendre toute cette affaire et son but. Pourquoi avoir attaqué Poudlard ? Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Pourquoi…. pourquoi !

Comment avaient-ils fait pour causer autant de dégâts à deux ? Le rapport faisait état d'un Basilic. Un Basilic, putain ! Comment avaient-ils fait pour pouvoir contrôler une telle bête ?!

Greyback était un tueur sanguinaire, du moins il l'était devenu au fil du temps. Son obsession l'avait mené sur un chemin dangereux et l'avait poussé à commettre beaucoup de fautes, il n'y avait donc rien d'étonnant à ce qu'il se fasse attraper. L'autre était plus réfléchi mais il avait plus l'âme d'un suiveur que d'un dirigeant.

Et si, comme Marlene, ils n'avaient été que deux pauvres pions bien utiles ? Si tel était le cas, cette histoire était loin d'être finie. Une personne qui faisait évader des prisonniers d'Azkaban et attaquait une école ne s'arrêterait pas là.

Énervé, Maugrey frappa encore plus fort à la porte et celle-ci s'ouvrit quelques instants plus tard. Marlene lui faisait face, le teint pâle et n'osant pas croiser son regard. Elle avait dû se tenir derrière la porte depuis plusieurs minutes en silence, espérant qu'il finirait par s'en aller en constatant le manque de réponse.

Maugrey mit sa main sur la porte, la poussant légèrement pour rester dehors tout en observant l'intérieur.

-Où sont tes parents ?

-Je suis seule avec ma petite sœur, ils sont partis voir de la famille.

-Une raison pour ne pas les avoir accompagnés ? demanda-t-il.

Marlene haussa les épaules.

-Je ne me sentais pas de sortir.

Maugrey ne savait pas s'il pouvait la croire et à vrai dire, il se fichait bien de la vérité. Cela l'arrangeait assez qu'ils soient seuls. Ainsi, les parents ne pourraient pas faire obstacle. Il était déterminé à la faire parler, quitte à la brusquer un peu.

-Marlene McKinnon, tu es une fille intelligente. Plus que ça même, hyper brillante. Tu as du talent, du caractère et du sang-froid. En te regardant, je me dis que tu as tout ce qu'il faut pour devenir une Auror brillante. Je le vois parce que je reconnais certains de tes traits en moi. C'est pour ça que je vois quand tu mens, que tu stresses ou quand tu culpabilises. Je suis pire qu'une merde de vieux troll qui refuse de dégager de ta chaussure. Je suis l'odeur qui reste là même après une semaine. Tu m'auras sur ton dos jusqu'à ce que tu avoues et je peux te garantir que tu te lasseras avant moi de ce jeu. Je sais que tu n'étais pas sous impérium lorsque tu as volé la baguette de ton professeur et que tu as fait libérer des prisonniers. J'irai même plus loin. Tu as caché ton frère et tu lui as probablement fourni un moyen de quitter le pays.

-Vous dites n'importe quoi ! Cela vire au harcèlement, vous m'accusez sans preuves depuis le début ! s'indigna-t-elle.

Elle chercha à fermer la porte mais Maugrey mit son pied dans l'entrebâillement.

-Tu as beau être intelligente, enfreindre la loi et cacher un criminel demandent de l'investissement et de l'organisation, lui fit remarquer l'Auror. Ça épuise les nerfs, ça isole de devoir cacher un si lourd secret. A cause du stress et de la peur, tu as sûrement dû faire des erreurs et même une petite me suffirait. Quelqu'un a peut-être vu quelque chose. Les Triswalker ne sont pas réputés coopératifs mais il y a toujours moyen de négocier. Tout le monde a un prix. J'ai aussi d'autres pistes et je peux interroger tes amis, fouiller dans tes affaires.

-Ce serait illégal ! s'énerva-t-elle. Vous n'avez rien, c'est bien pour cela que vous venez au petit matin en jouant les gros bras pour me faire peur !

-Détrompe-toi, je n'ai pas même commencé à vouloir te faire peur, ma petite. Crois-moi, tu le sauras quand ce sera le cas. Et lorsque des vies sont en jeu, je me fous bien de respecter la procédure. Crois-tu que cela va me gêner d'aller à Poudlard pour parler de mes hypothèses ? Il est temps d'avouer. Ce n'est qu'une question de temps et la peine sera moins lourde si cela vient de toi.

L'Auror vit que ses paroles avaient réussi à atteindre la Serdaigle. En effet, malgré le visage impassible qu'elle s'efforçait de conserver, cette histoire était en train de la détruire. Elle était visiblement dépassée et au bout du rouleau. Maugrey voulait bien croire que Marlene avait agi au début dans le seul but d'aider son frère ou pour une autre raison quelconque qu'elle avait cru sans conséquence. Mais à partir du moment où ça dégénérait et qu'elle continuait de se taire, cela n'avait plus rien avoir avec un acte désespéré fait par amour.

Le châtain la regarda encore. Son allure fatiguée, ses cernes, ses épaules basses et cette volonté de ne jamais affronter son regard.

Encore un peu et il aurait ce qu'il désirait : des aveux.

-Ne te sens-tu pas coupable ? Ce sont les prisonniers que tu as fait libérer qui ont attaqué Poudlard. Ce sont eux qui ont rendu ton amie Lily Evans infirme ! Le saccage de ta si chère école, la mort de Peter Pettigrow, de ces 2ème année qui avaient encore toute leur vie devant eux. Alice Fortescue était également ton amie et elle est morte sans savoir que toute cette souffrance, ce carnage, elle te le devait.

Marlene secoua la tête, tentant encore de fermer la porte sans succès. Elle se mit alors à pleurer à chaudes larmes. De frustration. De désespoir.

-Soulage ta conscience, insista encore l'Auror, plus doucement toutefois. Tu n'es pas mauvaise, tu ne peux plus vivre comme ça.

Maugrey attendit. Il ressentait cette sensation coutumière de puissance lorsqu'on atteint un but difficile. McKinnon s'était avérée être coriace et s'il était satisfait du résultat final, il n'éprouvait aucune joie à la voir craquer ainsi.

-Je vais pa-parler, murmura-t-elle finalement et le châtain sourit. Mais pas avant d'avoir obtenu un papier pour gracier Dorian et un certificat de non-poursuite pour moi.

Maugrey jura.

-Tu veux jouer à ça ?!

Marlene hocha la tête et essuya ses yeux. Pour la première fois, elle releva la tête vers lui.

-Vous l'avez dit vous-même, je suis intelligente. Je… Vous ne pouvez pas me reprocher de tenter de me raccrocher aux branches.

-Tu es folle si tu penses que je peux t'obtenir ça, s'agaça l'Auror.

-Il le faudra pourtant. Croyez-moi, ça vaut le coup. La vérité va autant vous surprendre que vous terrifier…

Maugrey fronça les sourcils, intrigué. Toutes ces questions qu'il s'était posées avant de venir chez la Serdaigle se rappelèrent alors à lui. Avait-il eu raison de penser depuis le début que tout cela n'était que le commencement de quelque chose de plus gros encore ?

xXx

James frappa à la porte de la chambre de Regulus et entra quand il en eut la permission. Le Serpentard lui jeta un coup d'œil puis continua son activité. James s'approcha alors, les mains dans les poches. Sans surprise, Regulus écrivait encore dans son journal. Il ne lui restait plus beaucoup de pages à noircir. Ces derniers temps, le Serpentard semblait passer son temps à écrire et James se demanda ce qu'il pouvait bien raconter. S'agissait-il du laïus habituel sur les émois des adolescents ou des choses bien plus terre à terre ?

Le Gryffondor était monté voir Regulus pour s'assurer qu'il n'était pas fâché contre lui. Pendant la discussion, le 6ème année n'était que très peu intervenu et cela l'inquiétait. Comme pour les autres, il lui imposait son choix après tout. Il savait également que Poudlard, avec Jedusor, effrayait le Serpentard. Sirius, Regulus et lui s'étaient d'ailleurs mis d'accord pour en parler à un adulte.

A ce sujet, James penchait encore et toujours pour ses parents car il avait une absolue confiance en eux. Regulus, lui, optait pour Hugo car il risquait moins que la famille Potter si les choses tournaient mal. L'explorateur était puissant, n'avait pas de famille et vivait à l'étranger. James reconnaissait que Regulus avait raison sur ce point. Et puis, si le Gryffondor pouvait éviter de mettre ses parents en danger, il n'allait pas hésiter. Sirius n'avait proposé aucun nom en particulier. Il était plutôt d'avis de faire profil bas étant donné que le psychomage semblait s'intéresser bien trop à eux et d'en parler ensuite à quelqu'un quand Jedusor penserait qu'il n'avait rien à craindre.

James avait hâte qu'un adulte puisse prendre le relais. Toute cette histoire les dépassait et ils avaient fait ce qu'ils avaient pu, mais ils restaient limités. James ne connaissait pas beaucoup Leroy, mais il connaissait Regulus et il savait que le Serpentard n'était pas du genre à donner sa confiance à n'importe qui. Regulus lui avait dit qu'il appréciait le français car il se sentait proche de lui et qu'il l'inspirait. Il avait également l'impression d'être compris en sa présence alors qu'ils se connaissaient peu. Ils partageaient visiblement des choses qu'il lui était difficile de trouver avec d'autres.

A présent qu'ils s'étaient plus ou moins décidés, il ne fallait pas qu'ils tardent à informer le principal intéressé. Avec ce qui était arrivé à Poudlard, ils ne pouvaient plus attendre très longtemps, ce serait bien trop dangereux. Il fallait néanmoins qu'ils en discutent avec Remus. Maintenant qu'il avait été mis dans la confidence, lui aussi avait son mot à dire. James savait que Sirius et Remus s'étaient organisés un week-end en amoureux pour s'aider à surpasser ce qu'il s'était passé. Le Gryffondor pourrait lui en toucher deux mots à cette occasion ou alors, ils en parleraient directement à leur retour. James pouvait comprendre que Sirius n'ait pas envie de polluer leur voyage avec un sujet si sombre.

Concernant Leroy, le mieux était que Regulus lui-même s'en charge. James observa alors quelques secondes le plus jeune, attristé par la distance qui s'était installée entre eux. Il ne savait pas comment l'aborder. Regulus avait bâti un mur entre eux en coupant court à leur conversation la veille.

-Tu es venu pour me regarder ou pour une autre raison ? l'interrogea soudain le Serpentard, ce qui le fit sortir de ses pensées.

-Tu étais en train d'écrire, je ne voulais pas te déranger.

-Tu… j'ai du mal à m'arrêter quand je commence, n'hésite pas à me le faire remarquer, admit alors Regulus.

-Je note ! s'exclama James. Et si tu venais me rejoindre ?

Il tapota la place à côté de lui sur le lit et Regulus esquissa un sourire puis se leva pour le rejoindre. Il semblait soudain timide. Ils étaient seuls et ni l'un ni l'autre ne savait trop comment se conduire après la discussion qui avait eu lieu.

-Ma décision doit te sembler égoïste, commença James.

Regulus prit le temps de réfléchir puis secoua la tête.

-Non, c'est responsable. C'est moi qui serais égoïste et inconscient de vouloir que tu reviennes à tout prix à Poudlard. C'est juste que… Ce ne sera pas pareil sans toi, avoua-t-il.

James resta silencieux quelques secondes, étonné par les propos du plus jeune. En agissant ainsi, Regulus lui facilitait la tâche.

-Je…je ne pensais que tu changerais d'avis si vite, lui fit-il alors remarquer.

-Je suis bien obligé de me rendre à l'évidence, soupira le Serpentard. Ça ne veut pas dire que ça me fait plaisir, mais je comprends. De plus, je sais que j'ai mal réagi hier. Ça n'a pas été facile d'entendre ce que tu avais à me dire, mais je n'ai pas bien agi. Je suis désolé.

Il baissa la tête, un peu honteux, mais James sourit, soulagé. Il trouvait Regulus tellement adorable…

-Je ne t'en veux pas. J'aurais dû vous en parler à Sirius et à toi bien avant. Et si ça peut te rassurer, je vais m'ennuyer comme un rat mort ici sans vous !

Regulus rit et James se mordilla brutalement la lèvre inférieure.

-Par Merlin, tu es tellement beau, lâcha-t-il.

James vit alors les joues du brun rougir sous le compliment.

-Parfois, je me demande comment j'ai fait pour ne pas te remarquer avant, continua le Gryffondor.

-Je suis un garçon, ce n'est pas… En-enfin, c'est normal que tu ne m'aies jamais regardé avant.

James fronça les sourcils et se pencha vers le Serpentard, observant longuement son visage. Regulus le repoussa, à la fois amusé et gêné par son manège.

-Arrête, râla-t-il mollement. Je suis quand même toujours un peu énervé.

James sourit, ignorant sa précédente remarque, et continua de détailler le Serpentard.

-Je pense que mes lunettes ne fonctionnaient pas bien. Peu importe sous quel angle je te regarde maintenant, impossible de passer inaperçu avec une beauté pareille ! La beauté, c'est universel et ça n'a pas de genre.

-Tu t'es cogné la tête ou quoi ? Tu n'arrêtes pas de dire des trucs vachement gênant, marmonna le 6ème année.

-Mais ça te plait, n'est-ce pas ? s'amusa James.

Regulus eut du mal à retenir son sourire. James sourit encore et s'approcha de lui pour l'embrasser. Il déposa ainsi de petits baisers sur les lèvres pleines du plus jeune. James passa ensuite ses mains dans les cheveux lisses du brun. Ils étaient doux et soyeux. Le 7ème année pouvait critiquer autant qu'il voulait les frères Black pour leur coquetterie, au final, ça payait. Regulus était presque imberbe et avait la peau douce. Il avait des yeux sublimes et des sourcils épais et foncés. James inspira plus fortement, déviant vers sa mâchoire, et entendit Regulus soupirer légèrement.

James se réjouit. Il avait soudain la nette impression qu'il allait passer un très agréable moment, lui qui n'était venu que pour s'assurer que Regulus ne lui faisait pas la tête !

Le Serpentard le serra bientôt contre lui et une de ses mains se posa sur sa hanche, l'autre entourant ses épaules. James aimait que Regulus prenne des initiatives, qu'il n'ait pas peur de le toucher ni de montrer son affection. Regulus restait toujours un peu timide car il était inexpérimenté et manquait de confiance en lui.

Avant d'ouvrir son esprit et de se renseigner sur la sexualité, le lion lui-même avait toujours cru que rapport sexuel rimait forcément avec pénétration. Les préliminaires étaient géniaux mais la pénétration tellement mieux ! Il avait assez honte d'avoir pensé ainsi, surtout lorsqu'il avait compris qu'une grande partie des femmes prenaient beaucoup plus de plaisir pendant ces préliminaires que les hommes avaient hâte d'expédier pour se concentrer sur leur propre plaisir. Il en connaissait tant à présent que c'était un peu étrange. Il se demandait même à quoi cela allait lui servir exactement.

Ah si. A ne pas tout foirer avec Regulus.

Son esprit partait trop loin. Il vivait un bon moment avec le Serpentard et il s'imaginait déjà n'importe quoi. De toute façon, il était quasiment certain que Regulus n'était pas prêt pour faire l'amour avec lui et lui-même ne savait pas s'il était prêt à sauter le pas. S'il n'écoutait que ses hormones, la réponse serait forcément oui mais en avoir envie et sauter le pas était deux choses différentes. James savait notamment qu'il n'avait pas tout bien fait avec le plus jeune alors il se sentait nerveux et voulait se montrer sous son meilleur jour.

-Tu sens bon, souffla-t-il au Serpentard.

Il déposa des baisers dans le cou du brun avant de revenir l'embrasser. La bouche de Regulus se mouvait parfaitement contre la sienne. Enhardi par l'échange, James poussa alors sa langue contre celle du plus jeune et Regulus eut un instant de flottement avant de lui répondre. L'échange était lent, sensuel, et James sentait son corps se réchauffer. Le Préfet se tourna finalement maladroitement vers le Serpentard tout en essayant tant bien que mal de ne pas arrêter l'échange.

La main de Regulus sur sa hanche se mit à bouger et alla caresser la bande de peau rendue visible par le précédent mouvement de James. Ce geste, pourtant anodin et presque innocent, émoustilla le Gryffondor.

-Mince, je me sens plutôt bouillant, plaisanta-t-il.

Regulus lui sourit et James se détendit en voyant qu'il n'avait pas remarqué dans quel état il commençait à être. Il se sentait assez idiot de s'enflammer pour des baisers. Il fallait qu'il fasse attention à garder cet échange innocent.

-Est-ce que tu aimes ce que tu touches ? demanda-t-il, un sourire au coin des lèvres.

Regulus s'empressa d'enlever sa main, le rouge aux joues, mais James la saisit dans la sienne.

-Non, continue. J'aime ça.

-Ça sonne étrangement pervers, lâcha Regulus sans oser le regarder.

-C'est vrai ! rit-il.

Il garda néanmoins la main du Serpentard dans la sienne et la posa sur on torse pour la déplacer ensuite au niveau de son cœur afin que Regulus sache bien l'effet qu'il lui faisait. Puis il la bougea de nouveau et la passa sous son haut, en contact direct avec sa peau. Il contracta discrètement les abdos et fit de son mieux pour rentrer discrètement le ventre afin d'être vu et touché sous son meilleur jour. L'égo de James ne se remettrait probablement pas d'une réaction peu enthousiaste du Serpentard. Les filles lui avaient toujours couru après et étant un séducteur plus ou moins compétent, il devait pouvoir séduire son petit-ami !

Les doigts froids de Regulus suivirent le mouvement, réchauffés par la peau chaude. Ses yeux étaient comme hypnotisés par la peau et les muscles visibles grâce au petit subterfuge de James. Pris dans sa contemplation, Regulus ne faisait plus vraiment attention à l'image qu'il renvoyait et ne cherchait pas à masquer ses réactions, son envie, sa curiosité.

-J'ai longtemps eu envie de ça, murmura-t-il soudain.

-De quoi ? s'étonna James.

-D'être ainsi avec toi. Quand je m'autorisais à penser que personne ne me jugerait pour ce que je suis, que je pourrais être avec la personne que je voulais… Je nous imaginais ainsi. Ensemble et bien. J'aurais aimé que tu sois mon premier baiser, admit-il ensuite. J'aurais aimé tout découvrir avec toi. Celui que j'étais aurais aimé que tu puisses faire taire ses craintes, répondre à ses interrogations. J'entendais les filles dire que tu te conduisais toujours bien avec celle avec qui tu sortais, que même si tu n'étais pas amoureux, tu t'investissais quand même. Que tu ne leur mentais pas et ne leur laissais pas s'imaginer qu'elle pourrait avoir plus.

James rougit, gêné. Il comprenait ce que voulait dire Regulus mais il n'avait pas le sentiment de devoir être félicité pour ça. C'était normal. Ses parents l'avaient élevé ainsi. Il savait combien il était important lorsqu'on était dans une relation de bien traiter l'autre. Il ne fallait pas le faire souffrir car il pouvait arriver un jour où ce serait lui qui risquait d'avoir mal. Sa relation avec Lily en avait été un douloureux rappel.

-J'entendais dire aussi que tu étais la meilleure personne avec qui sortir quand on n'avait pas d'expérience. Tes baisers étaient visiblement intenses, bons et parfaits.

James sourit et passa une main dans les cheveux de Regulus.

-Je ne sais pas si je suis plus surpris par ce que j'entends ou par le fait que des filles parlent de ça à côté d'oreilles innocentes…

Regulus rit puis baissa la tête et se mordilla la lèvre inférieure. James posa alors ses doigts sur son menton en une caresse aérienne avant de l'inciter à le regarder. Le Gryffondor se sentit un instant hypnotisé par le regard innocent de Regulus, par ses yeux bleus gris et ses pupilles si expressives. Il s'approcha lentement puis s'arrêta à quelques centimètres de ses lèvres. Il fit alors semblant de l'embrasser avant de dévier vers le coin de ses lèvres. Il cueillit sa joue droite avec sa main et embrassa son visage, déposant des baisers langoureux dans son cou. Il découvrit ainsi une des zones sensibles du brun et cela le fit sourire. Il allait garder précieusement cette information dans un coin de son cerveau…

Lorsqu'il en eut marre de jouer avec les nerfs du Serpentard, il consentit enfin à lui donner ce qu'il voulait et qu'il attendait lui-même avec impatience. Il écrasa ainsi presque ses lèvres contre celles du plus jeune, ouvrit légèrement la bouche et poussa sa langue. Il serra Regulus contre lui et le fit basculer doucement sur le lit. Il se positionna alors à moitié sur lui, juste assez pour sentir son corps contre le sien mais pas assez pour le toucher complètement. De cette façon, il laissait suffisamment d'espace à Regulus pour qu'il ne se sente ni écrasé ni coincé. Qu'il n'ait pas l'impression que James utilisait sa force et sa corpulence pour lui imposer ce qui allait suivre.

D'une main, il toucha le corps de Regulus, remonta sa main sur son flanc, passa sous ses vêtements et toucha son ventre plat où de légers abdominaux se devinaient. James était heureux que Regulus ait repris le poids et les muscles qu'il avait perdus lors de l'emprisonnement de Sirius et de son séjour à Ste-Mangouste.

Il aimait véritablement le corps du 6ème année et il ne savait pas s'il serait capable de réagir ainsi avec un autre homme. Peut-être. Mais ce qui était sûr, c'était qu'il était amoureux de Regulus et c'était pour cela qu'il le désirait autant.

Le Gryffondor lécha les lèvres de Regulus et suçota sa lèvre supérieure avant d'entamer un profond échange. Lorsqu'ils se séparèrent, James posa son front contre celui du brun et respira lentement, tentant de calmer les battements de son cœur. Il avait terriblement chaud.

-Tu sais ce qui m'intéresse vraiment ?

-Quoi donc ? fit Regulus, le souffle court.

-Ce que t'en penses, toi. Comment je m'en sors ?

Regulus leva les yeux au ciel et James ne put s'empêcher de rire. Regulus passa ensuite ses bras autour de son cou et l'attira vers lui. James ne perdit pas de temps pour lui répondre. Instinctivement, il réduisit la distance entre le corps de l'Attrapeur et le sien. L'odeur entêtante et puissante du brun inondait tout son être. Il se sentait vraiment bien…

La main de James continua de se balader et se saisit finalement de la cuisse de Regulus. Il la remonta et prit place entre les jambes de son cadet, continuant à caresser sa peau à travers son pantalon. Il vit alors Regulus grimacer et se figea. Il observa les suçons qui commençaient à apparaître dans le cou du 6ème année et avala sa salive. Il trouvait le spectacle des différentes couleurs qui étaient en train d'éclore sur la peau blanche absolument magnifique. Il eut soudain envie de le mordre et il s'approcha, léchant les suçons et fermant les yeux sous les tambourinements de son cœur.

Il avait envie de dévorer le Serpentard tout cru.

Il voulait le mordre, voir son sang couler et pouvoir le lécher. James était véritablement trop excité. Il bougea les hanches et se frotta doucement contre le bassin du Serpentard pour observer sa réaction. Il voulait se fondre en lui, goûter sa chair et l'écouter gémir et se plaindre. James avait l'impression de se laisser submerger par ses sentiments, ses désirs. Habituellement, ça ne lui arrivait pas, il arrivait à garder un minimum de contrôle. Mais là, il avait l'impression de n'avoir aucune emprise sur ce qu'il faisait.

-James…Ja-mes ! le repoussa brutalement Regulus.

James s'arrêta et resta immobile un instant, observant le corps du brun qu'il trouvait bien trop tentant.

-Désolé, je… J'ai déconné.

Regulus se redressa et resta silencieux, méditant ses mots.

-J'ai envie de toi moi aussi, finit-il par avouer. J'ai envie de tout connaitre avec toi mais je n'ai pas envie que ça se passe comme ça. Mon frère est dans la chambre à côté et tes parents peuvent débarquer à tout moment... Je n'y connais pas grand-chose et j'ai envie de me renseigner un peu, de savoir où je vais, ce que je dois faire.

-Oui, oui, bien sûr ! approuva James, soulagé. Moi aussi je veux apprendre tout ça avec toi. J'ai tellement hâte. Désolé d'avoir été brusque…

Regulus esquissa un sourire pour lui signifier qu'il comprenait et James l'attira contre lui-même si ça n'allait pas l'aider à faire disparaître son érection…

-James ! s'alarma alors Regulus. Est-ce que tu es sûr que ça va ? Tu es bouillant !

-Quoi ?

Regulus posa sa main sur son front et toucha également ses joues.

-On dirait que tu as de la fièvre !

James grimaça. Apparemment, la sensation de chaleur avait été bien réelle. Pourtant, il se sentait plutôt bien. Qu'est-ce qu'il se passait encore avec son corps… ?

xXx

Fleamont regarda par la fenêtre. Il venait encore de se perdre dans ses pensées. Quelques minutes plus tôt, Regulus était venu les trouver Euphémia et lui pour leur apprendre que James avait de la fièvre. Celui-ci était arrivé peu de temps après le Serpentard pour les rassurer et leur certifier qu'il se sentait bien mais Euphémia avait tout de même tenu à lui prendre la température et effectivement, James était brûlant.

Ils s'étaient tous les deux beaucoup inquiétés et James avait eu du mal à les convaincre que ce n'était probablement pas grand-chose, qu'il se sentait réellement bien. Euphémia lui avait tout de même intimé d'aller se reposer. Elle lui avait préparé un bouillon et lui avait appliqué des patchs rafraîchissants. Leur pharmacie était heureusement remplie de potions sans danger qui traitaient très bien les petites maladies et soucis du quotidien.

Malheureusement, depuis que James avait séjourné à Ste-Mangouste, sa santé était défaillante. Si l'opération lui avait sauvé la vie, il n'en restait pas moins fragile. C'était même un miracle que la morsure de loup-garou ne l'ait pas tué. Euphémia et Fleamont avaient véritablement eu du mal à avoir un enfant et cet enfant chéri, leur trésor, les Potter n'avaient jamais craint autant que maintenant pour lui.

Avant, Euphémia et lui auraient sans hésiter appeler leur médicomage traitant mais à présent, ils hésitaient. Ils ignoraient si le symptôme que venait de développer leur fils avait quoi que ce soit à voir avec sa précédente intoxication ou si cela était le résultat de sa nouvelle condition.

Pour être soigné correctement, tout le monde savait qu'il ne fallait cacher aucune information à son médicomage mais la condition de loup-garou de James n'était pas quelque chose qu'ils pouvaient annoncer sans conséquence. Fleamont n'était pas sûr que garder le secret soit une bonne idée. En ne disant rien, il préservait sa liberté mais il l'obligeait à renoncer à sa sécurité, à son bien-être. De plus, si cela venait à être découvert plus tard, James risquerait gros.

-James est vraiment solide, nous l'avons bien fait, sourit Euphémia en le rejoignant.

-Va-t-il mieux ? demanda-t-il.

Sa femme acquiesça.

-Il se sent en pleine forme et ne comprend pas pourquoi je l'oblige à garder le lit. Sa fièvre commençait à descendre lorsque je suis descendue.

-Cela prouve que les potions que tu lui as données marchent. Ce n'était peut-être pas grand-chose finalement.

-Cela a l'air d'être le cas. Mais il ne nous en voudra jamais de trop nous inquiéter pour lui.

Euphémia vint le rejoindre et Fleamont la prit dans ses bras. Ils fixèrent alors tous les deux l'extérieur, le jardin où leur fils avait joué des heures durant chaque jour lorsqu'il était encore enfant.

-Si ce soir il n'a plus de fièvre, on ne pourra pas l'obliger à se reposer.

Fleamont rit.

-Nous n'avons jamais été bon pour le garder tranquille !

Ils restèrent ensuite silencieux, profitant du calme. Fleamont repensa à son fils et à son avenir, aux difficultés qui l'attendaient. Quelques jours plus tôt, tout le monde avait été d'accord pour garder le secret sur la nouvelle condition du Gryffondor. Aujourd'hui, Fleamont doutait.

-Je crains pour notre fils, chérie, avoua-t-il après un moment.

-Oh mais non, ne t'inquiète pas. Je suis sûre qu'il ira mieux dès ce soir, tenta de le rassurer sa femme.

-Non, il ne s'agit pas de ça. Je m'inquiète pour son avenir. S'il ne va plus à Poudlard, que va-t-il faire ? Comment gagnera-t-il sa vie ? Comment passera-t-il ses pleines lunes ? Comment allons-nous faire pour qu'il ne souffre pas trop ? Serons-nous à la hauteur… J'ai peur, Euphémia…

Sa femme se tourna vers lui, un sourire triste aux lèvres.

-Je comprends ce que tu veux dire. Jusque-là, nous avons toujours fait au mieux et je crois pouvoir dire sans me tromper que notre fils n'a jamais manqué de rien et qu'on a toujours été là pour lui. Alors on fera ce qu'on sait faire de mieux, Fleamont, le soutenir du mieux qu'on peut.

-Mais si le Ministère pouvait nous aider ?

Euphémia eut un regard triste et Fleamont soupira.

-Je ne veux pas qu'il se retrouve démuni, obligé de côtoyer seulement les seules personnes au courant de son secret. Nous ne sommes plus tout jeunes. Bientôt, on ne pourra plus veiller sur lui…

-Je sais. Peut-être qu'il est temps d'avoir cette fameuse discussion avec lui. Cela se passera bien, on a depuis longtemps pris toutes nos dispositions. Ce ne sera pas simple mais si on évoque l'avenir de notre fils avec lui, on devra également lui parler de l'après.

Fleamont acquiesça et après avoir déposé un tendre baiser sur la joue de sa femme, il la serra contre lui. Il était tellement heureux d'avoir une femme aussi formidable pour épouse, elle arrivait toujours à l'apaiser et à l'aider à y voir plus clair. Elle était forte et il était persuadé que James avait pris ce côté chez elle. Cela expliquait pourquoi il était un si courageux Gryffondor.

xXx

-Elle ne manque pas de toupet ! lâcha Dawlish à qui Maugrey venait de tout raconter.

Maugrey acquiesça. Il avait eu une réaction bien moins calme lorsqu'il avait dû faire face à la Serdaigle mais puisqu'elle avait enfin réussi à lui claquer la porte au nez, ça l'avait empêché de lui montrer sa manière de penser. A cause de ça, il n'était toujours pas redescendu en pression. Il savait qu'il allait devoir brosser la jeune femme dans le sens du poil. Les Aurors étaient plus ou moins bloqués et l'interrogatoire du seul fugitif capturé n'avait pas donné grand-chose.

Pire encore, lors de l'interrogatoire, celui-ci avait commencé à se sentir mal. Les spécialistes avaient découvert que l'homme était victime d'un sort puissant de magie noire qui l'empêchait de donner l'identité de ses acolytes ou de toutes personnes impliquées dans l'évasion ou l'attaque. Ce que ressentait l'homme s'apparentait à un doloris et s'il persistait, il n'était pas exclu qu'il meurt tout simplement. Tout ceci prouvait aux inspecteurs que la personne derrière tout ça était très intelligente et savait assurer ses arrières.

Malheureusement, avoir affaire à quelqu'un qui savait se servir de sa tête ne les arrangeait pas vraiment. Un groupe de spécialistes s'était mis à travailler sur le cas de l'ancien détenu mais Maugrey ne comptait clairement pas sur eux pour résoudre toute cette histoire. Ils avaient beau être tous très compétents, ils manquaient de temps et l'Auror savait que ce genre d'exercice était souvent long et fastidieux. Le châtain ne comptait pas se faire berner une fois de plus. Les Aurors, pourtant respectés en général, étaient en train de devenir la risée de tous parce qu'ils étaient incapables de maintenir l'ordre et d'assurer la sécurité de leurs concitoyens.

Maugrey aimait son métier, qui était plus qu'une vocation pour lui. Il ne voulait pas que l'insigne tombe en disgrâce.

-A présent, elle ne cherche plus tellement à nier son implication. Elle est acculée et se cherche une porte de sortie.

-Il semblerait.

Dawlish s'affala sur son fauteuil et prit le temps de réfléchir.

-Je dois tout de même te féliciter, reprit-il ensuite. Dès le début, tu as eu une bonne intuition à son égard et tu n'as pas lâché l'affaire. C'est ta persévérance qui l'a décidé à revoir sa stratégie.

Maugrey eut un sourire embarrassé. Il n'était pas habitué à ce qu'on soit élogieux à son égard. De plus, cela venait d'un supérieur qu'il appréciait.

-Malheureusement, je suis coincé. Je ne sais pas comment en obtenir plus de sa part. Le chef ne signera jamais quelque chose comme ça. Et ça, c'est seulement s'il m'écoute. Depuis le début, il me dit de laisser cette fille tranquille. Il va comprendre que je suis allé contre ses ordres.

-C'est exact, sourit Dawlish. Mais il n'est pas idiot, il ne te gardera pas de rancune personnelle. Il veut avancer. Cependant, pas sûr qu'il accepte de signer quelque chose de cet ordre effectivement…. Ce serait autoriser que deux criminels s'en sortent. Ce n'est pas tout à fait dans la politique de la maison.

Maugrey grinça des dents.

-Quel autre choix avons-nous ? Légalement, nous ne pouvons rien faire de plus.

Dawlish croisa les bras puis se plongea une fois de plus dans de profondes réflexions avant de soupirer.

-Laisse-moi faire, je me charge de ce détail technique. Tu bosses seul sur cette piste depuis longtemps, il est temps que tu te sentes soutenu. Je vais faire de mon mieux pour t'obtenir ce papier. Quand ce sera fait, prépare-toi à retourner voir cette Serdaigle qui se sent plus intelligente que des Aurors expérimentés.

Maugrey acquiesça, comme remis d'aplomb par le discours de son mentor. Lui aussi avait envie de remettre la jeune femme à sa place. Elle avait joué avec la loi et était allée beaucoup trop loin simplement pour libérer son frère, ou pour n'importe quelle autre cause qu'elle pensait défendre. Le châtain était également très curieux de savoir ce que Marlene savait exactement. C'était du lourd, elle le lui avait fait sentir, et Maugrey n'en attendait pas moins.

Il avait simplement cette petite crainte qu'elle bluffe. En savait-elle autant qu'elle le certifiait ou bluffait-elle pour qu'il se sente obligé de réaliser ses caprices de peur de passer à côté de quelque chose ? C'était possible. Mais Maugrey ne se laisserait pas berner.

Les duels et les confrontations, il adorait ça. D'autant qu'il était plutôt doué pour les gagner.

L'Auror quitta finalement le bâtiment, laissant la suite aux bons soins de son collègue. Il était normalement en repos aujourd'hui mais n'avait pas pu attendre plus longtemps avant de venir partager ce qu'il avait découvert. A présent, il ne lui restait qu'à rentrer chez lui. Mais pour faire quoi exactement ? Maugrey n'aimait pas être en off parce qu'il s'ennuyait la plupart du temps. Bien sûr, ça lui permettait de rattraper du sommeil en retard mais il ne dormait pas non plus toute la journée. Tristement, ça lui faisait également sentir à quel point il était seul et que d'un point de vue extérieur, sa vie semblait triste.

Il adorait son boulot mais les jours où cela devenait plus dur à supporter, lorsque piétiner sur une affaire l'agaçait tant qu'il n'en éprouvait plus de satisfaction, il réalisait que peut-être, avoir juste son boulot n'était pas suffisant. Même ses parents qui avaient été des agents exemplaires et formidables avaient pris le temps de trouver l'amour et de fonder une vie de famille. Maugrey se rappelait aussi de manière assez floue quelques dîners avec des amis.

Et lui, qu'avait-il ?

D'un coup, il se rappela cette lettre que le français lui avait envoyée et qu'il avait eu toutes les peines du monde à déchiffrer. Si Hugo Leroy s'exprimait dans un très bon anglais, à l'écrit, ce n'était pas vraiment ça. Lassé de perdre son temps, il l'avait contacté directement et celui-ci avait ri devant son visage bougon. Au bout d'un moment, il s'était enfin excusé en expliquant qu'il avait toujours eu du mal avec l'orthographe, que c'était également le cas dans sa langue maternelle. Hugo l'avait relancé pour aller boire le fameux verre qu'il pensait lui devoir et Maugrey n'avait pas su trop quoi répondre. C'était rare que quelqu'un le rende silencieux. Il n'estimait pas que le blond lui doive quoi que ce soit. Mais le Français avait l'air gentil. Sans doute trop sociable et extraverti, mais il semblait facile à vivre et même Maugrey savait que s'il fournissait un effort, ils pourraient s'entendre.

Pourtant, il avait botté en touche. Il avait dit être trop occupé et qu'il y réfléchirait.

Le châtain arriva ainsi chez lui et vit de nouveau cette lettre. Il se demanda alors si ce verre, ils ne pouvaient pas le prendre aujourd'hui. Il était certain que s'il restait chez lui, il allait encore penser à cette affaire et sachant qu'il ne pouvait rien faire de plus à l'heure actuelle, cela allait juste lui prendre la tête.

Alors avant de le regretter, il fit parvenir un message au blond, l'invitant à aller aux Trois Balais. Comme les élèves de Poudlard n'avaient pas cours, l'endroit devait être relativement calme. Il savait qu'il prenait le français au dépourvu et que probablement, celui-ci ne pourrait pas venir. Il aurait des obligations ailleurs. Peut-être qu'une partie de lui le désirait mais au moins, il aurait fait l'effort de tenter de se faire des amis et ce ne serait pas lui qui n'aurait pas pu. Il pourrait ainsi dire au français, si celui-ci le relançait plus tard, qu'il avait raté sa chance.

Mais Hugo accepta et Maugrey en fut tout de même plutôt content.

xXx

-Arrête de râler, je suis sûr que tu es secrètement hyper heureux ! se moqua Sirius.

James esquissa un sourire et se repositionna confortablement dans son lit.

Lorsque le Gryffondor avait appris que son meilleur ami ne se sentait pas bien, il s'était inquiété. A ce moment-là, il était en train de terminer de préparer ses affaires pour partir. Pour oublier un peu toutes les emmerdes qu'ils avaient en ce moment et surtout les horreurs qu'ils avaient vues lors de l'attaque de Poudlard, Remus et Sirius s'étaient organisés un court week-end en amoureux. Ils devaient se retrouver à l'hôtel qu'ils avaient réservé. Le couple avait partagé les frais et ainsi, ils avaient pu s'offrir quelque chose de plus que correct.

Sirius avait attendu ce moment avec impatience. Il avait le sentiment qu'ils allaient vivre des jours sombres prochainement, alors il voulait profiter tant qu'il le pouvait encore.

Lorsque Regulus était venu le voir pour le prévenir de ce qu'il se passait, il avait tout arrêté. James avait effectivement de la fièvre mais ne semblait pas plus bouleversé que ça.

-Hyper heureux ? se scandalisa son meilleur ami. Je suis obligé de rester au lit comme un enfant de 5 ans !

-Rester au lit et se faire servir, c'est le rêve de tout un chacun.

James rigola. Au même moment, Regulus entra timidement dans la chambre du brun et le visage de James s'illumina tandis que Sirius regardait son frère.

-Tiens, je t'ai ramené ton jus de citrouille, fit Regulus en direction de James.

-Tu l'as envoyé te chercher à boire ? s'indigna Sirius.

-Mais non, il allait faire un truc en bas alors je lui ai juste demandé si, au passage, ça ne le gênait pas de me ramener un verre.

-Mais oui, tu aimes te faire servir !

Alors que Sirius était installé sur le lit de James, Regulus préféra prendre une chaise et se mit de l'autre côté du lit.

-C'est étonnant de ne pas te voir dans ta chambre, Regulus, ou complètement gaga avec Fumseck en train de le nourrir. Par Merlin, t'inquièterais-tu pour Jamie ?! plaisanta son frère.

Regulus leva les yeux au ciel et James eut envie d'intervenir.

-Laisse-le tranquille. C'est aujourd'hui que tu t'offres des vacances avec Remus ?

-Exactement ! Mais bon, je ne sais pas si j-

-Tututu…

James posa son index sur la bouche de Sirius pour le faire taire.

-Je déteste quand tu fais ça parce que je ne sais jamais où tu as bien pu mettre ton doigt avant, grimaça son ami.

James rigola.

-Nulle part, qu'est-ce que tu t'imagines ! Mais pour en revenir à ton truc avec Remus, je t'interdis d'annuler. Vous en avez besoin et vous avez déjà tout prévu. J'adorerais aussi me prendre quelques jours loin de tout ! Enfin, maintenant, c'est compromis étant donné que je ne peux même pas sortir de mon lit… Je ne te dis pas tout ce que j'ai envie de faire ! soupira-t-il. Pas toi, Regulus ?

Le Serpentard sembla surpris, avant que la gêne ne vienne peindre les traits de son visage. Sirius constata alors que le visage de James se teintait de la même façon et il haussa un sourcil.

-Il fait un peu chaud dans ta chambre, on pourrait peut-être ouvrir une fenêtre pour rafraîchir la pièce, lança finalement Regulus en se levant.

-Mais non, James est malade, rappela Sirius. Si tu ouvres la fenêtre, ça ne sert à rien qu'Euphémia l'ait bordé avec un plaid si épais !

James grogna et laissa retomber sa tête sur son oreiller moelleux.

-Je meurs de chaud, se plaignit-il.

-N'ouvre pas, Reg, insista Sirius. Enlève ton pull si tu as chaud. Quant à toi, fit-il à l'adresse du Gryffondor. Tu as de la fièvre, c'est normal que tu aies chaud. Mais il fait plutôt bon, fais-moi confiance !

Regulus haussa les épaules et retourna s'asseoir sur sa chaise. Après hésitation, il décida d'enlever son pull. Il faisait bon et il ne se souvenait plus vraiment pourquoi il l'avait enfilé avant d'aller retrouver les parents de James…

James et Sirius le regardèrent. Sirius était amusé de voir le débat qui se jouait dans la tête de son petit frère pour un simple pull. Pourtant, il arrêta de sourire quand il vit les marques à la base de son cou, les morsures sur son épaule et les suçons prononcés au niveau d'une de ses clavicules. Maintenant, il comprenait mieux pourquoi Regulus s'était ainsi couvert !

Il sentit alors immédiatement le corps de James se crisper et lorsqu'il tourna des yeux affolés vers lui, celui-ci fit tout pour ne pas croiser son regard.

-Alors qu'est-ce que tu as prévu avec Remus ? Vous allez où d'ailleurs ?

James s'empressa de reprendre la conversation sans lui laisser le temps de répondre et Sirius comprit très bien son manège. Il voulait détourner son attention, tenter d'occuper son esprit avec autre chose mais c'était trop tard. J'ai vu, espèce de crétin ! Mais son esprit était encore embrouillé. C'était James qui avait fait ça ? Mais quand ? Depuis quand la relation entre son meilleur ami et son frère s'était-elle transformée à ce point ? Le pire était qu'il ne pouvait même pas définir cette "relation".

Sirius réussit enfin à prendre la parole en interrompant le brun.

-On va visiter une ville moldue et on va dormir dans un hôtel qui a une piscine. Ça va être trop cool ! La journée, on va probablement se balader, visiter des trucs, manger dehors. On n'a pas de programme fixe. Puis on dormira à l'hôtel, dans la même chambre. Mais bon, c'est normal, on est un couple et on est majeur alors rien d'extraordinaire à ce qu'on couche ensemble ! fit-il à l'attention de James.

Celui-ci grimaça et avala difficilement sa salive avant de tenter de trouver quelque chose à dire.

Sirius sentit alors le regard blasé de Regulus sur eux.

-Vous êtes vraiment trop bizarres. Vous écouter parler me fait comprendre pourquoi je suis plus à l'aise avec les autres êtres vivants.

Il soupira avant de se lever pour s'en aller et dès que la porte se referma, Sirius s'empressa de livrer le fond de sa pensée au Gryffondor.

-Tu couches avec mon petit-frère !?

-Non ! James rougit.

-Mais c'est quoi ce bordel ?! Depuis quand vous avez ce genre de relation ?!

James bredouilla avant d'avoir un sourire absolument niais et Sirius trouva cela écœurant.

-C'est… En fait, on a parlé après le Grand Tournoi mais on n'était pas encore officiellement ensemble, finit par lui expliquer James. Et puis, on a continué nos vies sans avoir l'occasion de revenir là-dessus. L'attaque de Poudlard a tout précipité, c'était franchement le bordel. Mais bon, je pense que je peux dire que Regulus et moi, on est ensemble maintenant.

James cacha son visage dans ses mains avant de fixer la porte que venait d'emprunter le 6ème année et de sourire. Sirius fronça les sourcils. Il tombait des nues. Il savait depuis un moment que James avait envie de commencer une histoire avec son frère mais honnêtement, il avait pensé que jamais Regulus ne serait d'accord. Cela lui faisait bizarre. Il eut ainsi le sentiment pendant un instant que si ces deux-là sortaient ensemble, il n'y aurait plus de place pour lui. Il ne savait pas de qui il était le plus jaloux. De James qui allait être proche de son frère alors que lui avait encore parfois le sentiment de devoir marcher sur des œufs et de ne pas être tout à fait à l'aise. Ou de Regulus qui allait petit à petit lui voler son meilleur ami, son autre frère.

Il était perdu. Pourtant, il ne pouvait ressentir que de la joie pour eux. C'était formidable d'être amoureux et d'être avec la personne qu'on aimait et il savait de quoi il parlait.

-Tu deviens trop mielleux pour moi, Jamie, et je vais être en retard si ça continue.

-Oh oui, fit James. Tu me raconteras ! exigea-t-il ensuite.

Sirius acquiesça puis s'en alla.

xXx

Hugo Leroy était toujours aussi amusé de la réaction de son « ami ». Il pouvait comprendre la réticence de l'Auror à cet instant. Lorsque le châtain avant enfin répondu à son invitation, il lui avait proposé d'aller aux Trois Balais. Hugo connaissait quelque peu cet endroit car il y était passé quelques fois lors de son séjour à Poudlard. Il savait pourquoi les sorciers appréciaient le lieu mais il avait envie d'autre chose. Il voulait aussi sortir l'Auror de sa zone de confort, lui faire découvrir peut-être quelque chose qu'il ne connaissait pas et il avait clairement touché au but comme il voyait l'Auror jeter un coup d'œil suspicieux à la devanture du bar devant lequel ils venaient de se retrouver.

Hugo avait pu remarquer pendant son séjour au Royaume-Uni que les sorciers avaient un manque cruel de connaissances sur le monde moldu en général. Même concernant des sorciers bien ancrés dans leurs habitudes, dans leurs croyances, ils ne cherchaient pas à découvrir autre chose, à s'ouvrir. Ce n'était pas parce qu'ils se pensaient supérieurs ou que les moldus n'avaient rien à leur apporter. La majorité des sorciers ne pensaient pas ainsi. Le problème était tout simplement qu'ils ne comprenaient pas les Moldus et leur culture. Certains en avaient même peur à cause des lois très strictes mises en vigueur pour garder le secret de leur existence. D'autres avaient le sentiment que ces deux mondes devaient être séparés, tout simplement.

Hugo avait l'impression que Maugrey n'était pas ainsi, qu'il ne s'était tout simplement jamais posé la question.

Le Français se sentait maladroit dans son approche avec le châtain et il était heureux que l'Auror ne l'ait pas pris pour un fou. La vérité était que malgré sa bonne humeur, sa gentillesse et sa curiosité, Hugo n'avait pas vraiment d'amis sorciers. Il avait toujours grandi dans une famille moldue et l'utilisation même du mot moldu sonnait bizarre pour lui. Cela avait été un réel bouleversement quand ses pouvoirs s'étaient manifestés pour la première fois. Cela lui était arrivé à un jeune âge et il n'en avait parlé à personne de peur d'être traité de monstre. Lorsqu'il avait reçu sa lettre pour intégrer Beaux Bâtons, il avait cru à une mauvaise blague mais en même temps, il avait prié très fort pour que ce soit vrai. Cela signifiait ainsi qu'il n'était pas seul, qu'il n'était pas un monstre.

Là-bas, il avait appris tellement de choses. Son côté rêveur, curieux, avait pu s'exprimer pleinement. Avec un bon apprentissage, il avait pu apprendre très vite à maîtriser ses pouvoirs. Il s'était même avéré doué. Au bout d'un moment, on l'avait ainsi qualifié de génie. Hugo s'était interrogé sur lui-même, surtout après l'apparition de Dumbledore. Pourquoi avait-il autant de puissance ? Pourquoi ce vieil homme s'intéressait-il à lui ?

Il avait été assez perturbé par ce qu'il était, qui il était. Personne n'avait trop pu répondre à ses questions alors il les avait laissées en suspens. Puis plus tard, il avait décidé de ne plus s'y intéresser. Cela n'avait pas d'importance.

Mais si l'enseignement à Beaux Bâtons avait été super, son intégration avait été plus compliquée. On le trouvait bizarre, on ne le comprenait pas, on le jalousait. Hugo avait une manière de penser bien à lui et il ne comprenait pas toujours les subtilités de l'être humain. Les sentiments négatifs n'avaient pas d'intérêt pour lui, les cases non plus. Il aimait sa liberté et pouvoir expérimenter tout ce qu'il trouvait intéressant. Il ne menait pas une vie acceptable, une vie normale, et cela gênait son entourage et compliquait son intégration.

Avoir été à Poudlard lui avait rappelé combien il était agréable d'avoir à ses côtés des gens comme lui, des semblables. Le blond adorait sa vie chez les moldus mais à cause de ce qu'il était, il ne pouvait pas être entièrement lui-même. Malheureusement, c'était quelque chose que seul le monde sorcier pouvait lui offrir. De plus, Hugo n'avait pas beaucoup de temps entre ses différentes expéditions et ce n'était pas la meilleure situation pour créer des liens solides.

La première fois qu'il avait vu l'Auror, il avait senti qu'il était comme lui, spécial. C'était pour cette raison qu'il avait tant insisté. C'était peut-être pitoyable mais il avait envie d'avoir un ami de son âge qui pouvait le comprendre.

Bon, il était certain que Maugrey n'avait rien d'amical au premier abord mais il n'était pas méchant !

-Pourquoi un bar moldu ? lui demanda l'Auror.

Hugo lui jeta un coup d'œil. Il était mal à l'aise et n'arrêtait pas de grommeler.

-Pourquoi pas ! Tu n'y es jamais allé, n'est-ce pas ?

Maugrey secoua la tête.

-Je n'aime pas ça.

Hugo sourit.

-C'est dommage, c'est pourtant super ! Les boissons sont différentes, le décor aussi mais l'ambiance est la même. En fait, je dirais même qu'elle est encore mieux dans les bars moldus !

-Cela reste à voir.

-Pourquoi autant de réticences ? Il s'agit d'un bar tout ce qu'il y a de plus normal. J'aurais pu me montrer joueur et choisir un strip bar ! Enfin bon, généralement, ils ne sont pas ouverts à cette heure-ci…

Hugo rigola en imaginant la tête que pourrait faire Maugrey en entrant dans ce genre d'établissement. Sa propre tête à lui avait été mémorable lorsque ses amis moldus l'y avaient invité pour fêter sa majorité.

-Un strip bar, qu'est-ce que c'est ?

-Un bar à strip tease, répondit Hugo.

Devant le froncement de sourcils du châtain, il préféra changer de sujet.

-Tu n'es pas à l'aise, remarqua-t-il.

-Je n'aime pas changer mes habitudes, répondit franchement Maugrey. La plupart du temps, lorsque les gens me voient, ils ne peuvent pas s'empêcher de me fixer comme une bête de foire à cause de mes cicatrices.

Hugo observa alors lesdites cicatrices et Maugrey, qui avait senti son regard sur lui, le fixa avec agacement.

-Je comprends, les gens ont une façon bien maladroite de se montrer curieux la plupart du temps, approuva finalement Hugo. Généralement, c'est de la maladresse.

-C'est comme ça que tu appelles leurs réactions ? J'aurais plutôt choisi le mot dégoût.

Hugo eut une petite moue à ces mots.

-Ouais, il y a de ça aussi, admit-il. Ça ne va peut-être pas te faire grand-chose mais personnellement, elles ne me dérangent pas. Quand on sait quel genre de métier tu fais, ces cicatrices sont presque normales. Être blessé en mission, c'est le propre des Aurors, n'est-ce pas ? J'ai également quelques vilaines cicatrices sur le corps dues à mes expéditions. Elles sont plus discrètes, c'est tout. Je ne sais pas pourquoi les gens en font toute une histoire. La plupart des gens ont des blessures au cœur, les nôtres au moins sont visibles et ce n'est pas plus mal.

-Tu es bien un Français à savoir manier les mots.

Hugo rigola.

-Je pourrais t'apprendre le français ! s'enthousiasma-t-il.

-Cette langue de barbares… ?

Maugrey grimaça, montrant clairement son peu d'intérêt.

-Hé ! protesta mollement Hugo car il savait le français très difficile.

Il n'argumenta pas plus et entra avant l'Auror dans le bar. Il s'installa à une table de quatre encore libre et s'amusa de l'air méfiant du châtain. L'explorateur héla ensuite un serveur et demanda la carte des boissons sans et avec alcool. Maugrey s'installa en face de lui et il l'aida à faire son choix. Leurs premières pintes de bières arrivèrent vite et Hugo haussa un sourcil, se demandant s'il allait pouvoir tout finir. Il n'était pas vraiment un grand buveur, même s'il aimait boire. Deux comme ça et probablement qu'il ne pourrait plus marcher droit et donc rentrer chez lui ! Pour la deuxième tournée, il prendrait quelque chose de plus petit.

-Ce n'est pas mauvais, même si c'est spécial.

Hugo acquiesça, ravi que l'Auror apprécie. Il questionna alors Maugrey sur son boulot et celui-ci hésita à répondre avant de donner quelques infos sans importance.

-J'ai eu un choc en apprenant pour l'attaque à Poudlard, se remémora soudain Hugo. Dans les journaux, ils ont parlé de carnage. J'avais envie d'assister à la cérémonie mais seuls les élèves et les professeurs y étaient autorisés. J'y ai plus ou moins enseigné quelques semaines avant le tournoi mais apparemment, ça ne comptait pas…

Il eut un sourire contrit. C'était quelque chose qui l'avait peiné même s'il avait compris pourquoi on ne l'avait pas autorisé à y assister. Il n'avait pas été présent lors de l'attaque et cette cérémonie était avant tout pour les victimes. De plus, y enseigner quelques semaines ne faisait pas de lui un vrai membre du groupe professoral.

-C'était assez compliqué au niveau sécurité à organiser. C'était douloureux aussi. On avait l'impression de revenir sur une scène de guerre. Ce n'est pas le spectacle qu'on s'attend à voir dans une école.

-Ouais, je comprends. Heureusement que c'est fini. Tous les évadés ont été arrêtés, non ? Ils ne sont pas très clairs dans les journaux.

-Ce n'est pas une info que je peux donner.

-OK, pas de problème.

Hugo changea de sujet de conversation. Il était à l'aise dans les discussions en général et cela ne le gênait pas de presque faire la conversation pour deux. Maugrey n'était pas très bavard mais il lui répondait à chaque fois et s'avérait être quelqu'un d'intéressant. L'explorateur passait un bon moment.

xXx

La journée touchait bientôt à sa fin quand Sirius et Remus retournèrent enfin dans leur hôtel après avoir passé une journée extraordinaire à jouer les touristes à Cardiff. Cette journée avait été si intense que les deux jeunes sorciers, habituellement plein d'énergie, étaient crevés.

Aucun d'eux ne connaissait Cardiff. Remus s'était néanmoins renseigné sur ce qu'il y avait à faire. Ils avaient à peine deux jours devant eux et tellement de choses à voir ! Remus aimait être organisé et il avait dû batailler contre Sirius qui n'était pas très programme et qui s'était arrêté bien trop souvent pour faire tout ce que le Poufsouffle avait prévu. Ils s'étaient quand même promenés le long de la baie, avaient visité un musée puis assisté à un match de rugby. Remus cherchait encore à savoir comment ils s'étaient retrouvés dans les tribunes de ce stade à encourager une équipe dont il avait déjà oublié le nom…

Enfin, même si Remus était encore assez confus, il ne regrettait rien de cette journée. De retour dans leur chambre, ils avaient maintenant prévu d'utiliser le spa de l'hôtel pour se détendre.

-Ce n'est pas une piscine, tu dis ? lui demanda Sirius.

Remus continuait de regarder la brochure de l'hôtel et secoua la tête.

-Pourquoi on doit y aller en maillot de bain alors ? insista Sirius, perplexe.

-Euh…

Remus prit le temps de réfléchir.

-Sans doute parce qu'on ne peut pas y aller tout nu pour des raisons évidentes. Et les vêtements qu'on porte habituellement pour sortir ne sont pas adaptés. Ce n'est pas vraiment précisé mais j'imagine que c'est comme pour la piscine. On n'y va pas tout habillé.

-Si tu le dis. J'ai hâte de voir ce que c'est exactement !

-Je pense que ça va te plaire. En tout cas, ça va nous faire du bien.

Sirius sourit et sortit son maillot de bain de sa valise. Il commença à se changer en plein milieu de la chambre et Remus rougit de le voir ainsi. Il aimait regarder le corps de Sirius mais penser ainsi lui faisait l'effet d'être un pervers. Pourtant, à cet instant, il n'avait pas vraiment le temps pour ça. Le Poufsouffle souffla avant de récupérer ses propres affaires.

Comme Sirius avait décidé de se changer en plein milieu de la chambre, Remus fit de même, mais le plus rapidement possible. Le couple partageait une chambre avec salle de bain constituée de deux lits simples qu'ils avaient regroupés pour pouvoir dormir ensemble. Ils avaient dû faire ainsi pour ne pas avoir de problèmes lors de la réservation ou subir des regards et des commentaires qu'ils ne souhaitaient pas. Officiellement, pour le personnel de l'hôtel, ils étaient des amis venus passer deux jours dans leur ville.

C'était un mensonge nécessaire qui ne les empêcherait pas de passer un bon moment. Surtout que dans leur chambre, ils pouvaient finalement faire ce qu'ils voulaient.

-On y va !

-Attends, Sirius, tu dois mettre un peignoir avant ! Tu ne peux pas te balader en short dans les couloirs de l'hôtel !

Le Gryffondor leva les yeux au ciel.

-Les gens sont si coincés !

-Moi, je suis très heureux de me dire que personne ne va pouvoir te mater, avoua Remus. Je n'aime pas vraiment ça. Tu attires déjà tellement le regard complètement habillé alors à moitié nu…

Sirius sourit et vint l'embrasser.

-J'adore quand tu es jaloux comme ça.

Remus secoua la tête et ils sortirent de leur chambre pour prendre la direction des étages inférieurs afin de se rendre dans le spa. Il y avait beaucoup de choix : sauna, massage ou encore jacuzzi. Le massage les tentait beaucoup mais avec la fatigue, ils craignaient de s'endormir. Ils allèrent d'abord dans le sauna et cela leur fit tout drôle. Sirius se plaignit au bout de 10 minutes et parce que Remus avait également du mal à supporter la chaleur, ils sortirent assez vite.

-Eurk, je transpire, c'est dégueu, se plaignit Sirius.

Il passa une main dans ses cheveux et Remus leva les yeux au ciel. Ils durent alors passer à la douche avant de pouvoir accéder au jacuzzi et là, ce fut une autre histoire. C'était très agréable et il n'y avait plus personne à cette heure-ci. Le couple put alors se rapprocher et même s'embrasser. La peur de se faire surprendre rendait cela plus excitant encore.

A un moment cependant, il y eut du bruit et ils se séparèrent précipitamment, paniqués. Quand plusieurs secondes plus tard personne ne se montra, ils éclatèrent de rire.

Pour finir, ils firent le massage qui, effectivement, leur fit le plus grand bien.

-Remonte sans moi, lui indiqua alors Sirius. Je vais retourner dans le jacuzzi.

-Toi, tu as vraiment aimé ça !

Sirius acquiesça et cela fit sourire Remus.

Le Poufsouffle serait bien resté avec lui mais il se sentait vraiment fatigué alors il remonta sans lui. Il n'était pas si tard alors il n'avait pas vraiment envie de s'endormir maintenant. Peut-être pouvait-il fermer les yeux un instant, se reposer juste quelques minutes ? Décidé, Remus monta sur le lit après avoir enfilé un pantalon ample et garda son peignoir. Il alluma la télé et la fixa un instant avant de s'endormir.

Remus fut réveillé en sursaut peu de temps après. Il avait laissé la télé allumée et il faisait nuit dehors.

-Sirius ? Tu ne rentres que maintenant ? demanda-t-il en s'asseyant.

-Ouais, Remus faut que je te dise quelque chose ! Mais avant ça, habille-toi, on va en discothèque !

Euphorique, Sirius lui mit une petite claque sur les fesses pour l'inciter à se bouger plus vite. Remus grogna et se leva.

-De quoi tu parles ? Une discothèque, répéta-t-il. Ou as-tu entendu ce mot ?

-Un couple me l'a dit. C'était deux hommes, ils sont venus en même temps que moi dans le jacuzzi et comme c'était des vieux - enfin ils avaient presque 40 ans quoi - c'était quand même assez gênant. Le bruit qu'on avait entendu tout à l'heure, c'était eux. Ils nous ont vu et n'ont pas osé entrer.

-Ils nous ont vu ? s'inquiéta Remus.

Au fond, ce n'était pas si grave étant donné qu'ils n'habitaient pas dans cette ville, mais cela restait problématique.

-Ce n'est pas grave, ils sont comme nous ! Ils étaient assez sympas d'ailleurs, ils ont dit qu'on était mignons. Je leur ai dit qu'on n'était pas intéressé pour avoir un plan avec eux.

Remus écarquilla les yeux de stupeur.

-Quoi ? M-mais pourquoi tu leurs as dit ça ?

-Je me suis dit que c'était mieux d'être clair. Pourquoi, tu aurais voulu ? fit Sirius, quand même un peu choqué.

-Bien sûr que non, ce n'est pas vraiment mon genre ! Mais comment vous en êtes venus à parler de discothèque ?

-Bah on se disait que c'était dommage de devoir se cacher, qu'on ne pouvait pas vraiment profiter. Ils m'ont appris qu'il y avait des endroits où on n'avait pas besoin de se cacher. Des boites de nuit gay ! Il y a de la bonne musique, de l'alcool rigolo et coloré qu'ils appelles cocktail et surtout, on pourra s'embrasser devant tout le monde !

Remus avait beau être un sang-mêlé et donc avoir une culture moldue, il n'était pas au courant de tout. Surtout que sa famille vivait du côté du monde magique et que le Poufsouffle n'avait que très peu de contacts et d'interactions avec le monde non-magique. Ce dont lui parlait son petit-ami lui faisait clairement très envie, mais il était hésitant. Il connaissait le principe des discothèques, mais il ignorait que des endroits où les homosexuels y étaient les bienvenus existaient. Cela semblait irréaliste. Il n'était pas sûr que ce soit une bonne idée.

Néanmoins, Sirius avait l'air heureux et enthousiaste alors il se laissa finalement gagner par la confiance et l'assurance du Gryffondor.

-OK.

Il se mordilla les lèvres et Sirius vint les embrasser. Cette sortie nocturne avait des allures de rendez-vous tendancieux et cela plaisait autant au blaireau qu'au lion. Et pour un rendez-vous, il fallait se montrer à son avantage, se mettre sur son 31 ! Remus avait envie d'être sexy aux yeux de son copain, que Sirius le regarde et qu'il soit subjugué comme lui l'était chaque jour par le Gryffondor.

Malheureusement, il n'était pas quelqu'un qui avait beaucoup de goût vestimentaire. Il le savait et n'avait jamais fait trop d'efforts dans ce sens. Heureusement, il avait parmi ses vêtements quelques tenues acceptables, voire pas mal. Il en bricola donc une pour pouvoir se mettre plus en valeur. Rien de très fou mais il utilisa sa baguette pour changer la coupe de son pantalon noir et se sentit assez gêné de constater ensuite à quel point il le moulait. Mais Remus était grand et avait de belles jambes toniques. Quant à ses fesses, ils ne pouvaient pas vraiment juger. Il espérait juste qu'elles n'étaient pas trop marquées. Il n'aimait pas attirer les regards et ne le voulait pas. Il voulait simplement attirer celui de Sirius.

Il passa ensuite une chemise à manche courte bleue d'un côté et blanche de l'autre dont il ouvrit deux boutons avant d'opter pour trois. On apercevait son collier et il hésita à l'enlever avant de se dire que personne n'y prêterait attention. Il coiffa ses cheveux en arrière et prit une grande inspiration avant d'enfin sortir de la salle de bain. Sirius aussi était prêt : veste en cuir noir et cheveux bruns désordonnés qui lui donnaient un air sexy. Sa tenue était sobre mais il était tellement beau… Il n'avait pas besoin d'en faire des tonnes. Remus eut un sourire vacillant et attendit que Sirius dise quelque chose.

-Waouh ! Quand je te vois comme ça, je me dis qu'en fait, on devrait rester ici et s'envoyer en l'air, pouffa-t-il.

-Sirius, protesta-t-il mollement, et en réalité ravi.

Sirius l'invita finalement à sortir et Remus le suivit. Ils prirent un taxi et Sirius donna l'adresse de l'endroit où ils devaient se rendre. Sirius était si amusé par la voiture et le moyen de transport moldu qu'il faillit gaffer en présence du chauffeur. Heureusement, Remus réussit à l'arrêter à temps.

Lorsqu'ils arrivèrent devant la discothèque, c'était exactement comme l'avait décrit Sirius. L'endroit semblait être à la fois un lieu de péchés et un lieu où ils pouvaient être heureux. Remus prit la main du brun et ils entrèrent dans la discothèque.

xXx

Le lendemain matin lorsque Sirius se réveilla, il prit le temps d'observer le visage de son petit ami endormi et serein. Ils avaient vraiment passé une bonne soirée la veille. Ils étaient restés assez tard. Ils seraient même restés plus longtemps encore si cela ne signifiait pas prendre le risque de rester dehors. A partir d'une certaine heure en effet, les portes de l'hôtel fermaient. Sirius avait été dégouté de se dire qu'ils partaient avant même que la fête ne commence vraiment. Mais le peu qu'ils avaient vu leur avait plu. Ils avaient pu danser ensemble, s'embrasser et se dévorer du regard en buvant leurs boissons sans craindre la réaction des autres.

La partie moins sympa avait été qu'on avait essayé de le draguer. Cela l'avait assez embêté, surtout qu'il était évident que Remus et lui étaient en couple. Lorsqu'il avait dit ne pas être intéressé et surtout être déjà en couple, certains s'étaient un peu moqués de lui, comme si l'exclusivité était quelque chose de dépassé. Il y avait aussi le fait qu'on le prenne pour un homo qui le mettait mal à l'aise. Même si au fond, il n'y accordait pas beaucoup d'importance car c'était ce que les gens pensaient de lui lorsqu'il était avec Remus. Pourtant, Sirius n'était pas du tout attiré par les hommes en général. Il était seulement tombé amoureux de Remus avant de le désirer. Même s'il avait mis un sacré temps à s'en apercevoir !

A présent, sauf s'il continuait de le cacher, il serait accosté par les deux genres et cela le fatiguait déjà. Il désirait simplement être tranquille avec Remus. Les autres ne l'intéressaient pas.

Le Gryffondor souffla et se rapprocha du corps chaud du châtain. Il soupira de bien-être en se coulant contre son corps et embrassa son front et ses joues. Remus se retourna alors naturellement vers lui et Sirius sourit.

Même si ça n'était pas plaisant d'avoir été regardé comme un bout de viande par certains, le truc qui l'avait le plus énervé avait été quand d'autres s'étaient intéressés à Remus. Sirius était du genre jaloux, surtout avec Remus. Il avait été tenté de bouder, de reprocher au Poufsouffle sa tenue qui le mettait bien trop en valeur, mais s'était retenu. Remus avait fait cet effort pour lui et il avait vu sa joie lorsqu'il l'avait complimenté. Ce n'était pas de sa faute si certains ne supportaient pas le célibat et étaient frustrés. De plus, Remus n'avait eu d'yeux que pour lui et pour finir, ils avaient quand même passé une excellente soirée.

Encore enivrés par l'alcool et n'ayant pas envie que cette nuit se termine trop vite, ils avaient continué à danser dans leur chambre. Plutôt éméchés, ils avaient espéré ne pas être trop bruyants pour ne pas avoir d'ennuis. Ils avaient dansé serrés l'un contre l'autre, faisant monter la pression. Dans la discothèque, ils avaient été obligés de se montrer sages mais dans leur chambre, ils n'avaient pas d'obligation. Ils avaient su tous les deux sur quoi ça allait déboucher.

Ça avait été super, comme d'habitude. Pourtant, lorsque Sirius y repensait ce matin, il se disait qu'il aurait souhaité que cela se passe autrement. Après avoir vu Remus se faire aborder, il avait eu envie de crier que c'était son mec, que Remus lui montre à quel point il l'aimait, le désirait. Peut-être qu'il le possède.

Lorsqu'ils faisaient l'amour, cela se terminait toujours de la même manière. Remus s'y pliait comme si c'était normal. Néanmoins, Sirius se demandait de plus en plus si cela satisfaisait le châtain. Peut-être qu'il s'en contentait parce qu'il pensait que Sirius n'accepterait pas autre chose. Pourtant, lorsqu'ils s'étaient retrouvés après son court séjour en cellule dans le Bureau des Aurors, ils avaient expérimenté autre chose et Sirius avait trouvé cela plaisant. Bien sûr, il y avait une différence entre des doigts et un sexe mais… Enfin, Sirius se posait des questions et hier était la première fois qu'il en avait eu envie. Il avait eu la sensation d'un manque lors de leurs ébats.

Le brun ignorait comment en parler à Remus, surtout qu'il ne savait pas s'il serait vraiment capable d'aller jusqu'au bout. Et puis, qu'est-ce qu'il ferait si jamais Remus n'aimait pas avoir le rôle de celui qui était au-dessus ?

-A quoi tu penses ? lui demanda Remus.

Sirius sortit brutalement de ses pensées pour le regarder. Le châtain avait encore les yeux fermés et les ouvrit en souriant.

-Je te sens tout tendu contre moi, ajouta-t-il.

Sirius sourit et le prit dans ses bras.

-Tout tendu, tu dis ? Mais ça, c'est normal Moony, je crois que c'est ce qu'on appelle une érection matinale…

-T'es bête, je ne parle pas de ça.

Il leva les yeux au ciel et cela fit encore plus rire le brun.

-Tu as l'air de penser à des choses pas très agréables.

-Non. Si. Peut-être ? soupira-t-il. Je me demandais… ce qu'on a toi et moi, ça te satisfait ?

-Comment ça ?

Remus fronça les sourcils, perdu.

-Sexuellement, je veux dire.

Remus rougit si fort que Sirius se mordilla la lèvre inférieure en sentant son envie de lui revenir.

-Qu-qu…quoi ? Mais bien sûr !

-Waouh, ça me va droit au cœur !

Il caressa les cheveux de Remus.

-Mais tu n'as jamais eu envie qu'on échange ?

Il vit la gêne chez le Poufsouffle et put deviner sa réponse avant qu'elle n'arrive.

-Parfois, mais ce qu'on a me va très bien.

Sirius fit la moue.

-Pourquoi tu n'as jamais rien dit ? Tu avais peur que je ne veuille pas ? Je ne considère pas qu'on ait chacun son rôle dans notre couple. Je n'irai jamais dire que c'est toi qui fais la femme quand on couche ensemble. Je ne le pense pas et je ne me sentirai pas inférieur ou quoi que ce soit si tu me la mets.

-Je ne comprends pas pourquoi tu me dis tout ça… Est-ce que tu essaies de me dire que tu as envie qu'on échange ?

Sirius resta silencieux un instant, pas sûr de ce qu'il devait répondre. Il n'avait pas pensé que cette discussion déboucherait là-dessus, ou peut-être que si. Au moins inconsciemment. Mais il était toujours incertain et s'il disait oui, il aurait l'impression qu'il s'engageait dans quelque chose dont il ne pourrait pas se sortir. Heureusement, Remus n'insista pas. Il suffisait d'un regard pour qu'ils se comprennent.

-Et si on allait se doucher ? proposa-t-il en se levant.

La proposition semblait anodine et à priori, n'avait pas l'air d'avoir quoi que ce soit à voir avec le sujet précédent. Sirius accepta et le suivit dans la douche. Lorsqu'il se déshabilla avant d'entrer, il se sentit nerveux. Peut-être qu'il ne s'agissait pas d'une simple douche ? Mais Remus était doux, gentil, et le lava avec application en prenant son temps. Sirius sentit ensuite son cœur faire une embardée lorsque les mains du châtain se rapprochèrent de ses fesses et qu'un de ses doigts taquina son entrée.

Il comprit que Remus lui laissait le temps de s'habituer, de mettre en ordre ses pensées, de voir s'il voulait tester. Il comprenait également que Remus tentait cela maintenant parce qu'il venait d'en parler, que peut-être il sentait que Sirius en avait envie. Il avait raison de le faire. A un autre moment, Sirius se serait senti encore plus nerveux et aurait ruminé encore et encore, s'imaginant n'importe quoi.

Comme il ne pouvait toujours pas parler, à croire qu'il avait perdu sa langue, il embrassa Remus et laissa ses mains caresser son corps. Remus sembla comprendre son message car il répondit tendrement à cet échange et Sirius se crispa à peine quand il sentit un premier doigt en lui. L'eau coulait toujours sur eux et voir le corps ruisselant du châtain était franchement sexy.

Remus continuait de le toucher mais il trouvait ça un peu bizarre. Ce n'était pas comme la dernière fois. Un deuxième doigt rejoignit alors le premier et, combinés au baiser et aux caresses du Poufsouffle, Sirius sentit l'excitation le gagner. Mais cela restait un sentiment ténu et il savait pourquoi. Remus et lui étaient face à face et dans une douche avec cette configuration, cela rendait les caresses un peu compliquées. Les doigts de Remus n'allaient pas assez loin.

D'un coup, il coupa l'eau et observa Remus, battant des cils pour se débarrasser des gouttes d'eau qui gênaient sa vision.

-Et si on continuait au lit ?

Remus acquiesça et ils se séchèrent rapidement avant de rejoindre le lit. Le faire dans cette chambre d'hôtel décorée sobrement mais joliment aurait pu donner un côté impersonnel à la première fois de Sirius mais il ne le ressentit pas de cette manière. Le silence qui régnait, le temps que prenait Remus, la lenteur de ses gestes, ses regards, ses quelques mots pour le rassurer et le guider le faisaient fondre. Sirius se rendit ainsi vite compte que peu importe le rôle qu'il avait, au fond, ça ne changeait pas grand-chose. Faire l'amour avec Remus, il aimait ça.

Très vite, sous les doigts habiles de Remus, Sirius retrouva les mêmes sensations que la dernière fois. Il avait l'impression de se perdre quand le Poufsouffle titillait sa prostate. Il avait du mal à sortir du plaisir dans lequel il était baigné et avait envie de prolonger l'instant indéfiniment. C'était aussi très agréable de se sentir autant aimé, comblé.

Lorsque Remus présenta finalement son sexe au niveau de son intimité, il ne fut pas stressé ni prit d'une soudaine envie de reculer comme il avait pensé plus tôt. Il avait confiance en Remus, il se sentait bien. Il était prêt.

Pourtant, Remus demeura figé pendant quelques secondes avant que Sirius ne fronce les sourcils. Allongé sur le dos, un coussin au niveau des reins, il caressa le bras de Remus qui était posé au-dessus de sa cuisse droite. Il voulait lui dire qu'il pouvait y aller, qu'il était prêt. Remus lui sourit alors tendrement et il se sentit fondre devant ce spectacle.

-Pour ça, Sirius, j'ai besoin que tu me dises clairement oui. Tes gestes, tes expressions, je peux peut-être avoir l'impression que tu me dis oui, que tu en as envie, mais cela reste mon interprétation. Je peux sans le vouloir y voir ce dont j'ai envie. J'ai besoin d'avoir ton accord verbal, de savoir que tu le désires.

Remus avait raison et cela lui ressemblait bien d'être aussi attentionné. C'est vrai qu'il n'avait pas vraiment beaucoup parlé depuis le début.

-Oui, vas-y. Je te veux en moi.

Ces mots semblèrent avoir raison du contrôle du Poufsouffle et Sirius eut mal, un peu. Il n'y fit pourtant pas très attention tant la sensation qu'il ressentait lui mettait la tête à l'envers. C'était bon, c'était fort. Il avait l'impression de recevoir trop d'amour d'un coup. Il gémit, cria le nom du châtain et le serra fort contre lui. Inconsciemment, il bougea même les hanches pour accompagner les mouvements du Poufsouffle. Il avait besoin de se libérer. Le désir qu'il ressentait était si puissant que cela lui faisait mal et tirait au niveau de son bas-ventre. Il n'avait jamais ressenti ça avant.

Quand Remus perdit tout contrôle et donna plus de vigueur à leur échange, ce fut pire. Le Gryffondor eut juste à se toucher une seule fois pour venir. Il sentit ensuite Remus se retirer avant d'être pris dans son orgasme. Il eut les idées floues quelques instants avant de chercher Remus des mains. Celui-ci le prit dans ses bras et déposa des baisers dans son cou.

-C'était génial, murmura le Poufsouffle, ému.

Remus aurait aimé sortir quelque chose de plus intelligent mais il était à court de mots. Il avait l'impression qu'aucun n'existait pour décrire ce qu'il venait de vivre.

-Merci, répondit Sirius en enfouissant son visage dans le cou de son petit-ami. Je veux me réveiller dans tes bras tous les matins pour toujours…

-Moi aussi. Je t'aime, Sirius Black.

-Je t'aime plus encore, Remus Lupin.

Remus rit et Sirius ferma les yeux, un sourire aux lèvres. C'était le son qu'il appréciait le plus au monde.

xXx

Leur week-end en amoureux se finissait déjà et Remus avait eu l'impression de vivre un rêve éveillé. Tout avait été si parfait. Le matin, Sirius et lui avaient traîné au lit. Ne se sentant pas de retourner flâner en ville, ils avaient décidé de retourner au spa de l'hôtel. Ils avaient profité avec bonheur d'une nouvelle séance de massage avant de retourner dans le jacuzzi que Sirius aimait tant. Bien entendu, cette fois-ci, ils avaient été bien plus nombreux. Sans doute trop et ils n'étaient pas restés bien longtemps. Affamés, ils s'étaient achetés des sandwichs chauds dehors et avaient mangé en observant le paysage. Ensuite, il avait été temps de rentrer préparer leurs bagages. Cela s'était avéré rapide étant donné qu'ils n'avaient pas pris grand-chose. Et puis, avec la magie, tout allait toujours plus vite.

Le couple n'allait pas tarder à devoir rentrer. Ils traînaient encore un peu dans les rues de Cardiff, comme pour retarder le moment de partir. Cette ville avait représenté leur petite bulle d'amour et de bonheur. A présent que le temps était écoulé, ils allaient devoir rentrer chacun chez eux, reprendre pied avec la réalité, la vraie vie. Une vie partiellement détruite après les derniers événements du monde magique.

-C'est tellement beau.

Remus acquiesça.

-Pourtant, je ne crois pas que je pourrais vivre ici. Ne pas pouvoir utiliser la magie comme je veux me manquerait trop, confia Sirius.

-Je suis de ton avis. C'était néanmoins plaisant de vivre à la moldu pendant ces deux jours.

-Clairement !

Remus et Sirius profitèrent du calme, du paysage, faisant le plein de force avant de devoir partir. Au loin, ils entendirent soudain une femme visiblement désespérée tenter d'attirer l'attention de passants. Remus lui jeta un coup d'œil. Il s'agissait d'une femme qui devait approcher des 50 ans et qui n'était pas vraiment belle avec ses cheveux aux nombreuses mèches blanches et son visage cerné. Ce qui frappa le plus Remus était ce qu'elle dégageait et il eut honte de la fixer ainsi.

-Tu penses qu'elle distribue quoi ? demanda Sirius.

Remus haussa les épaules. Il n'avait pas trop pris le temps de regarder. Des papiers de ce qu'il avait pu voir.

-Bon, il est temps d'arrêter de traîner. On rentre ? continua Sirius.

-Ouais. Oh, juste avant, j'ai quelque chose pour toi.

Remus sortit la petite boîte qu'il avait rangée dans sa poche lorsqu'il avait fait ses bagages. C'était une petite boite simple et légère. Il la tendit à Sirius qui la prit avec précaution. Il sourit et lui jeta un regard avant de l'ouvrir. Son sourire s'agrandit ensuite à la vue du fameux collier que le Préfet aimait tant. Remus avait décidé de le lui offrir. Le porter n'avait plus la même signification pour lui. Greyback était mort et il ne ressentait plus le même besoin de se rappeler qu'il était chanceux, qu'il avait échappé à l'attaque du loup-garou. Cela restait néanmoins un objet important pour lui et s'il ne souhaitait plus le porter, il ne voulait pas pour autant le jeter.

Il avait alors décidé de le modifier légèrement pour que cela passe pour un simple bijou en changeant la chaîne et en ajoutant deux petites pierres précieuses aux côtés de la dent de loup-garou : cela donnait un aspect moins étrange au collier.

-Merci, tu ne sais pas combien ça me fait plaisir…

-Hum…je pense que si ! Je me rappelle que tu avais été vachement agaçant en début d'année, tu me l'avais même volé !

-Bon, on n'avait pas dit qu'on y allait ? se déroba Sirius.

Remus rigola et ensemble, ils quittèrent la place. La dame continuait de crier, d'alpaguer les gens pour leur distribuer son fameux papier et bientôt, elle repéra le couple. Remus fut mal à l'aise. Sirius voulait continuer son chemin car elle ne semblait pas saine d'esprit et elle lui faisait un peu peur. En plus, tout le monde l'ignorait mais comme elle leur bloquait le chemin, ils ne pouvaient pas faire semblant de ne pas l'avoir vue.

-S'il vous plait, je cherche cet homme, commença-t-elle.

Remus eut alors la pensée qu'elle n'avait pas l'air si dingue que ça. Elle était juste perdue et désespérée.

-C'est mon mari, il a disparu i ans… Est-ce que vous le connaissez ?

Elle leur tendit la photo qu'elle distribuait à presque tous les passants et Remus la regarda brièvement avant de la montrer à Sirius.

-Nous ne sommes pas d'ici, on ne connait personne, s'excusa le Poufsouffle.

-Mais peut-être que vous l'avez déjà vu, insista-t-elle.

-Non, je suis désolé.

Remus sentit Sirius se tendre à ses côtés mais la femme accapara à nouveau son attention.

-Regardez bien, s'il vous plaît ! C'est une photo qui date, il a dû changer depuis… Je vous en supplie, je suis désespérée ! Ma fille a grandi sans père et…

Elle était sur le point de pleurer et Remus se sentit mal à l'aise et triste pour elle. Il s'excusa encore et la femme finit enfin par les laisser tranquille. Remus soupira, soulagé. Ça avait en quelque sorte un peu plombé la fin de leur week-end. Il espérait que cette femme retrouve son mari ou alors, qu'elle fasse son deuil. Il était étonnant qu'elle ne soit pas passée à autre chose ou abandonné après tant d'années.

-On y va ? fit-il à l'attention de Sirius.

Il se tourna vers lui mais fut surpris de voir que le Gryffondor n'était plus là.

-Sirius ? appela-t-il, inquiet.

Il observa autour de lui, marcha un peu au cas où le brun aurait pris de l'avance mais Sirius n'était nulle part. Il avait disparu.

Remus paniqua.

-Sirius !


Petite information, il reste 2 chapitres avant la fin de la partie 2.

Probablement que vous allez encore m'en vouloir pour cette fin de chapitre, mais je ne sais pas faire autrement. Mais tout ce qu'il s'est passé avant compense, non ? ^^