Chapitre 2 : Ramener la clarté là où tout n'est qu'ombre

Merlin prit soin de vérifier que la porte de sa chambre était correctement fermée avant de prendre son livre de magie. Lorsqu'il eut trouvé la page concernant les sorts de transformation, il entama sa lecture.

Il était écrit qu'il fallait utiliser un objet portant le symbole de la transformation : un signe de l'ancienne religion. D'après l'image du livre, ce symbole représentait un œil entouré de lignes qui s'entrelaçaient.

Si l'on n'avait pas en sa possession un tel objet, il fallait graver soi-même le signe sur un objet de son choix et l'ensorceler, comme cela était indiqué dans les pages suivantes. Le sort n'était pas entièrement inscrit dans le livre. Une partie des mots magiques à prononcer dépendait de l'apparence que l'on souhaitait adopter. Les pages de l'ouvrage décrivaient précisément de quelle manière. Une fois le sort incrusté, l'objet ne permettrait d'adopter que cette unique nouvelle apparence. Une fois cela fait, il suffisait d'avoir l'objet sur soi pour pouvoir se transformer et revenir à la normale à volonté sans même avoir à prononcer le moindre mot. Lorsqu'on portait l'objet, il n'était pas nécessaire de l'enlever pour reprendre son apparence habituelle, il suffisait de le vouloir.

Certaines personnes choisissaient de se tracer le symbole directement sur la peau, de manière indélébile. Ainsi, ils ne risquaient pas de perdre l'objet ou de se le faire dérober.

Les avantages de ce sort étaient qu'il permettait de changer d'apparence n'importe où, à n'importe quel moment, en une fraction de seconde et sans avoir à prononcer un seul mot. L'inconvénient était qu'il était très difficile à réaliser et que les plus puissants sorciers eux-mêmes mettaient parfois plusieurs mois avant d'y parvenir. Pour cette raison, il était souvent lancé sur des objets plutôt que sur les individus eux-mêmes. Ainsi, plusieurs personnes pouvaient s'en servir.

Merlin poussa un soupir. Il s'était douté que cela ne serait pas facile, mais constater que des sorciers bien plus entraînés que lui n'avaient pas réussi à lancer ce sort était plutôt décourageant. Il n'avait aucun objet déjà ensorcelé en sa possession et allait donc devoir en enchanter un lui-même. Il pouvait aussi choisir de tatouer le symbole sur sa peau. Cette option lui plaisait plus que la première pour des raisons pratiques. Pas d'objet à transporter et pouvant être perdu.

Il se mit à chercher l'encre adéquate dans les placards de Gaius. « Elle est l'ombre tapie au sein de ta clarté. » avait dit Kilgarrah à propos de Morgane. Mais la jeune femme n'avait pas toujours vécu dans la noirceur. Grâce à ce sort, Merlin allait tenter de ramener un peu de clarté là où tout n'était qu'ombre.


Quelques mois plus tôt, alors qu'Aithusa n'avait que quelques semaines, la jeune dragonne avait voyagé avec Kilgarrah et n'avait pas eu la moindre intention de mettre un jour les pieds dans Camelot. Pourtant, quand elle avait compris à quel point elle était différente, l'enseignement du Grand Dragon sur la destinée et les prophéties ne lui avait plus suffi. Elle avait souhaité en apprendre plus sur les humains et la magie des hommes, trouver quelqu'un qui lui enseignerait ce savoir.

Lorsqu'elle avait abordé ce sujet avec Kilgarrah, ce dernier avait grommelé qu'il ne connaissait que deux personnes assez folles pour pratiquer la magie dans le royaume et qu'elles étaient toutes les deux assez folles pour la pratiquer au sein même de la cité de Camelot. La première personne était Merlin. La seconde était un vieil homme qui se faisait appeler L'Archiviste.

Il habitait une maison plutôt discrète dans une zone isolée de la cité et ne sortait presque jamais. Lors de la première visite d'Aithusa, le vieil homme avait paru sur le qui-vive, ne semblant pas totalement lui faire confiance. Il ne répondait pas aux questions qu'elle lui posait. Elle ignorait quelle était son histoire, pourquoi il sortait si peu et pourquoi Kilgarrah le connaissait sous le nom de L'Archiviste. Cependant, il avait très vite compris qu'elle ne cherchait qu'à comprendre et contrôler ses propres capacités et il était devenu son professeur, lui enseignant comment gérer sa magie.

Il ne faisait plus que très peu de magie lui-même mais ses connaissances dans ce domaine étaient illimitées.

Lorsqu'Aithusa se rendait à un cours de magie chez L'Archiviste, elle ne portait pas de cape et personne n'imaginait qu'elle pouvait avoir une seconde identité.

Peu à peu, l'homme s'était ouvert à elle et il lui avait finalement révélé son véritable nom : Sylt. Cependant, la fillette ne le considérait comme un véritable membre de sa famille que depuis le jour où Morgane avait pris le contrôle de Camelot, quelques mois plus tôt.

Aithusa se trouvait chez Sylt lorsqu'elle entendit pour la première fois la voix du destin dans son esprit: "Il est temps." disait Morgane.

Quelques instants plus tard, des hurlements se faisaient entendre dans Camelot tandis qu'un flot de soldats envahissait la cité, Agravain et Morgane à leur tête. Certaines maisons étaient enflammées et la panique régnait dans les rues. Sylt réagit en un instant:

-Ils n'hésiteront pas à entrer dans les maisons et à s'en prendre à nous, dit-il en saisissant le bras d'Aithusa. Suis-moi.

Il la conduisit vers l'arrière de la maison, une partie de l'habitation où elle n'était encore jamais allée. Lorsqu'ils se trouvèrent face à un mur d'apparence banale, Sylt prononça quelques mots dans la langue de l'ancienne religion et une ouverture apparut devant eux. Le vieil homme s'y engouffra rapidement, entraînant Aithusa à sa suite et refermant à la hâte derrière eux.

-Ici nous serons à l'abri, assura-t-il.

-Je l'ai entendue, bredouilla Aithusa terrifiée, elle disait qu'il était temps. Que va-t-elle faire ? On m'a dit que la dernière fois que Morgane avait pris le trône, elle avait ordonné à ses archers de tirer sur la population ! Elle a une nouvelle fois pris le trône, je le sais !

-Ne t'inquiète pas, rien ne t'arrivera, promit Sylt. Cette pièce est protégée par un sort.

Surprise, Aithusa observa l'endroit où ils étaient cachés. C'était une gigantesque bibliothèque. Il y avait d'innombrables étagères chargées d'une quantité incalculable de livres. D'étranges cristaux étaient visibles sur certains d'entre eux.

-La magie était autorisée avant la Purge, et c'était un véritable atout. La pièce où nous nous trouvons en contient la preuve, quoi qu'ait pu faire croire Uther Pendragon.

-Où sommes-nous exactement?

-Cette bibliothèque représente la totalité des archives magiques de Camelot. Lorsqu'Uther a voulu les détruire pendant la Purge, je les ai protégées en les déplaçant ici et en lançant un sort de dissimulation.

La fillette était trop étonnée pour répondre à cela. Voyant son expression perplexe, le vieil homme conclut :

-Maintenant, tu sais pourquoi je suis surnommé L'Archiviste.

Aithusa laissa ce souvenir lui revenir pleinement. Après ce premier moment de vérité partagé avec Sylt, ils avaient attendu dans le silence, tandis que Morgane et Agravain avaient saccagé Camelot. Au cœur de ces heures froides, calmes et pourtant terrifiantes, elle en avait appris un peu plus.

Arthur n'était plus dans la cité, Aithusa le savait car, depuis leur refuge, Sylt et elle entendaient les soldats discuter à l'extérieur. Si le roi avait disparu, quel espoir restait-il aux habitants de Camelot ?

-Ne cède pas à la panique, Aithusa, dit calmement Sylt. Ce n'est pas la première fois que le royaume est pris d'assaut. Je l'ai connu en des temps prospères et en des temps douloureux mais il a toujours été la cible d'attaques et s'en est toujours sorti.

-Vous avez longtemps vécu ici, si vous étiez là au moment de la Purge. Comment était-ce lorsque la magie était permise ?

Sylt prit le temps de la réflexion avant de répondre.

-Animé. Les rues étaient pleines de magiciens qui jetaient des sorts parfois bruyants, parfois colorés, mais toujours imprévisibles. Les sorciers du château expérimentaient régulièrement dans leurs appartements et les résultats étaient souvent inattendus. Ce n'était pas la paix et l'harmonie, ce n'était pas un conte de fées, mais la vie était moins censurée. Après la Purge, la population s'est habituée à vivre dans l'inquiétude permanente. Même les gens qui ne pratiquaient pas la magie et ne l'avaient jamais pratiquée. Car la suspicion de sorcellerie pesait sur chacun, Uther Pendragon était devenu paranoïaque et tyrannique.

-Que faisiez-vous avant la Purge ?

Sylt parlait pour la première fois de son passé, et Aithusa voulait saisir cette chance pour en apprendre enfin à son sujet.

-J'étais bibliothécaire, je travaillais avec Geoffroy de Monmouth aux archives de Camelot. C'est pour cela que je tiens tant à protéger l'histoire magique du royaume. Je ne pouvais pas laisser Uther la détruire et prétendre que rien de tout cela n'avait jamais existé. Vois-tu les cristaux posés sur les étagères ? Ils viennent de l'Antre de Cristal. Pour voir le futur, seuls de puissants sorciers pourraient s'en servir. Pour observer le passé et le présent, n'importe qui peut les utiliser. A Camelot, même ceux qui n'avaient jamais fait de magie en faisaient régulièrement usage. Ces cristaux sont donc une partie primordiale des archives qui ne pouvait être détruite. J'ai utilisé un sort pour déplacer la bibliothèque entière mais, comme tu peux le deviner, la puissance nécessaire pour un tel enchantement sur de grandes distances dépasse de loin mes capacités, c'est pourquoi je l'ai simplement sortie du château et dissimulée. Puis, comme ce fut le cas pour tous les sorciers, j'ai dû fuir le château à mon tour afin d'échapper à la folie du roi. Depuis, je vis ici, veillant sur les archives et évitant de sortir de la maison de peur d'être reconnu.

Jamais Sylt ne s'était tant ouvert à Aithusa. Après une telle histoire, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un profond respect pour le vieil homme qui avait dédié sa vie à la protection de ces archives. Elle n'avait vu auparavant que les dégâts qu'Uther avait causés sur Morgane, et elle constatait à présent les sacrifices que certains avaient dû faire pour préserver leur passé, leur identité. Elle sentit les larmes monter en elle.

-Uther… murmura-t-elle. Tout ce qu'il a fait… Tout cela par vengeance… Il reproche à la magie de lui avoir pris son épouse et persécute tant de gens innocents en représailles.

-Et les victimes de ces représailles cherchent à se venger en s'en prenant à tout Camelot et à Arthur. C'est ce que fait Morgane. Tant d'autres innocents sont victimes de représailles à leur tour.

-Alors Camelot cherche à se venger et tue plus encore de sorciers.

Aithusa était horrifiée.

-Le cycle infernal de la haine et de la terreur est aujourd'hui sans fin, répondit Sylt avec tristesse, et son regard semblait hanté par des souvenirs trop douloureux pour être évoqués. Le seul moyen d'y mettre fin est le pardon, ajouta-t-il. Si une personne qui a pourtant souffert de ce cycle de haine refuse de se laisser guider par un désir de vengeance et choisit de communiquer avec le camp ennemi, alors un retour à la paix peut être envisagé. Là où tout n'est qu'ombre, la clarté sera ramenée.

Aithusa connaissait une telle personne. Quelqu'un qui mettait chaque jour ses propres souffrances de côté pour réconcilier les deux camps. Merlin. Merlin avait beaucoup souffert du bannissement de la magie, elle l'avait appris à travers les récits de Kilgarrah. Pourtant, il vivait au sein de Camelot et risquait sa propre vie pour protéger le fils de l'homme à l'origine de son malheur.

Ce jour-là, dans cette bibliothèque, Aithusa prit une décision. Depuis ce refuge, elle entendait les cris désespérés des habitants de Camelot, blessés par les hommes de la cruelle sorcière. Aithusa décida qu'elle ne laisserait plus le malheur s'abattre sur les innocentes victimes d'un projet de vengeance. Elle aussi pouvait ramener la clarté. Chaque hurlement qui se faisait entendre à l'extérieur de la maison de Sylt était un appel au secours. Camelot avait besoin d'elle.

Aithusa ajusta sa cape bleue et s'assura que son visage était dissimulé sous sa capuche. Depuis sa résolution du jour de l'attaque de Morgane, elle était secrètement venue en aide aux habitants de Camelot en les guérissant, en leur fournissant de quoi se nourrir et en les protégeant des soldats. Maintenant que Morgane était partie, sa tâche se compliquait : on l'avait en effet dénoncée à Arthur et elle était désormais recherchée par les chevaliers de Camelot. Elle devait donc redoubler de précautions.

Cette nuit, elle s'occuperait de la partie ouest de la ville, c'était la partie où se trouvait le plus grand nombre de blessés après les attaques des hommes de Morgane. De véritables sauvages. Une fois la cité conquise, les soldats n'avaient eu aucun remords à piller les maisons et à s'en prendre à leurs propriétaires, et Morgane ne les en avait certainement pas empêchés. Certains disaient même qu'elle avait elle-même organisé des combats entre ses hommes et des chevaliers de Camelot à l'intérieur du château. Il était difficile d'imaginer qu'une femme aussi déséquilibrée et cruelle puisse un jour redevenir saine d'esprit et humaine.

Il faisait nuit noire dans les ruelles de Camelot mais Aithusa pouvait voir que l'intérieur de certaines maisons était éclairé. Elle avait pris soin durant la journée de repérer les habitations où se trouvaient les gens les plus mal en point. Se dirigeant vers une petite maison, elle vérifia que personne ne pouvait la voir et se faufila à l'intérieur. Dans l'obscurité, elle pouvait voir une silhouette étendue sur un lit. Elle savait qu'il s'agissait d'un jeune homme d'une vingtaine d'années, victime d'une infection après avoir été blessé à l'épaule. Il n'en avait plus pour longtemps. Sous sa forme humaine, la dragonne voyait nettement moins bien dans le noir et elle dut se résigner à éclairer la pièce par magie. Une fois de plus, elle s'assura qu'elle n'avait pas attiré l'attention puis elle se pencha sur la forme allongée pour l'examiner. Elle devait agir vite, l'homme était d'une pâleur extrême, il agonisait. Le souffle de guérison d'Aithusa le recouvrit, comme il l'avait fait pour Morgane et pour tant d'autres avant elle.

-Qui êtes-vous ? s'exclama une voix féminine, affolée.

Aithusa se retourna brusquement, surprise. Une femme se tenait debout, une bougie à la main, et la dévisageait avec frayeur. C'était l'épouse de l'homme qu'elle venait de guérir, Aithusa la reconnut car elle lui avait parlé à plusieurs reprises en allant chez Sylt. La femme l'avait de toute évidence vue pratiquer la magie sur son mari mais, grâce à sa capuche, elle ne l'avait pas reconnue comme étant la petite fille avec qui elle avait discuté en allant chercher de l'eau au puits.

-Que lui avez-vous fait ? demanda-t-elle en s'approchant. Pourquoi cachez-vous votre visage ?

Aithusa fit un pas en arrière et leva les mains pour signaler qu'elle ne voulait aucun mal à personne, sans risquer de se trahir en parlant. Ce geste avait pour but de l'apaiser mais eut l'effet inverse, la femme crut qu'elle s'apprêtait à utiliser la magie contre elle et poussa un cri. Alors qu'Aithusa tentait de s'approcher et de la calmer pour éviter qu'elle n'alerte les maisons voisines, la jeune femme se jeta sur elle, la bouscula et la fit tomber face contre terre, faisant glisser sa capuche et dévoilant l'arrière de sa tête. Elle se recouvrit à la hâte et se retourna, inquiète, espérant que la femme n'avait pas reconnu sa chevelure. Comme elle n'en montrait aucun signe, Aithusa se leva et prit la fuite.

Ce n'était pas la première fois qu'elle était repérée au cours d'une de ses tournées. Mais habituellement elle avait le temps de s'enfuir avant qu'on ne puisse la toucher. La femme n'avait pas donné l'alerte, préférant sûrement s'assurer que son mari allait bien. Aithusa pouvait donc continuer.

La maison suivante était celle d'une femme qui vivait seule avec ses quatre enfants. Ces derniers allaient bien mais leur mère s'était affamée pour pouvoir les nourrir pendant le règne de Morgane, et elle était tombée gravement malade. Son fils aîné faisait de son mieux pour lui venir en aide mais il n'avait qu'une dizaine d'années. Aithusa les observa tous deux depuis l'extérieur, attendant que l'enfant aille se coucher et laisse sa mère seule.

Tout à coup, cette dernière s'effondra sous les yeux de son fils. Elle était allongée sur le sol, inconsciente, tandis que son fils la secouait, paniqué, tentant de la réveiller. Aithusa se précipita à ses côtés.

-Ecarte-toi, dit-elle doucement au garçon, je peux guérir ta mère.

L'enfant se tourna vers elle, il avait les yeux remplis de larmes.

-Tu es le guérisseur, bégaya-t-il, en reconnaissant sa cape. Tu as soigné le père de mon ami.

Aithusa acquiesça. Elle posa la main sur le front de la jeune mère et laissa à nouveau son pouvoir faire effet.

Les autres maisons furent plus faciles. Personne d'autre ne la surprit et elle put finir sa tournée rapidement. Comme à chaque fois, l'effort l'avait épuisée. Si elle tombait sur des gardes, c'en était fini d'elle, elle n'avait plus la force de se défendre après avoir fait autant de magie, ni même celle de reprendre sa forme de dragon.

Heureusement, rien de tel ne se produisit et elle put se glisser hors de Camelot sans être repérée. Comme à chaque fois, Kilgarrah l'attendait dans la forêt, prêt à lui faire la leçon.


Ce n'était pas la première fois que Morgane rêvait de l'île des Bénis.

Depuis le sacrifice de Morgause, cela lui arrivait régulièrement : elle était hantée par le souvenir de la Cailleach et de sa prédiction. A chaque fois c'était la même chose : Morgane revoyait la scène, impuissante.

-Celui qu'on nomme Emrys marchera dans ton ombre, disait la Cailleach. Il est ton destin, et il est ta perte.

Pourtant cette fois-ci, le rêve était différent. Morgane était bien sur l'île des Bénis et elle pouvait voir la déchirure du voile en face d'elle mais la Cailleach n'était pas là. Etrangement, Morgane était en train de s'approcher du voile. Elle comprit alors avec horreur qu'elle s'apprêtait à le traverser. Elle voulut arrêter ses pas, pousser un cri, mais elle n'était pas aux commandes de son propre corps. Au moment où elle franchit le voile, son champ de vision devint totalement noir.

Morgane se réveilla en sursaut. Il s'agissait d'une vision du futur, elle en était sûre. Mais le voile avait été fermé ! Pourquoi s'ouvrirait-il à nouveau? Et surtout, pourquoi déciderait-elle de le franchir elle-même ? Peut-être allait-elle parvenir à déchirer une nouvelle fois le voile et à libérer les Dorocha. Emrys la forcerait-il alors à le traverser ? À offrir sa propre vie pour le refermer ?

« Il est ton destin et il est ta perte. »


Note de l'auteur: Les prochains chapitres porteront de moins en moins sur Aithusa, mais de plus en plus sur Morgane et Merlin, et rapidement sur Arthur qui va découvrir pas mal de choses.

Merci beaucoup à laure marez, lolOw et passion of Imbattables pour les reviews, et bien sûr à ceux qui ont cliqué sur "favorite" et/ou qui suivent l'histoire. Une fois de plus, n'hésitez pas à commenter.