Chapitre 11 : Le pouvoir d'attraction des cristaux
La maison de l'Archiviste était semblable à toutes les autres maisons de Camelot. Rien dans son apparence ne laissait supposer qu'elle avait abrité un vieux sorcier et sa gigantesque bibliothèque. Telles étaient les pensées d'Arthur lorsqu'il entra dans la dernière demeure de Sylt. Après avoir reçu la nouvelle de l'arrivée imminente d'Annis, il avait accueilli les chevaliers de Camelot revenant des villages détruits auxquels ils avaient apporté nourriture et soins. Puis, il s'était éclipsé vers la maison de l'Archiviste pour y consulter sa bibliothèque, ne disant à personne où il allait et se couvrant la tête pour ne pas être reconnu dans les rues de la cité. Tout comme l'enfant à la cape bleue, il avait choisi l'option du chaperon pour masquer son visage.
Il ne savait pas vraiment pourquoi il se cachait. Peut-être avait-il l'impression de trahir la mémoire de son père en allant contre sa volonté de brûler ces documents. Ou peut-être ressentait-il une certaine culpabilité à l'idée de ce qu'il allait faire: s'instruire sur la magie. Même si c'était pour lutter contre elle, il avait l'impression de briser une règle. D'autant que cela pouvait très bien se révéler être une perte de temps. Un temps précieux qui aurait pu être employé à préparer la guerre contre Mordred par les moyens traditionnels.
Se dirigeant vers la salle de la bibliothèque, Arthur poussa un soupir et chassa ces idées noires de son esprit. Il n'avait aucune raison de s'inquiéter ainsi. Après tout, il n'avait pas l'intention d'utiliser la magie contre Mordred, simplement de se renseigner sur elle pour mieux connaître les points faibles de son ennemi. C'était la lettre de la souveraine de Caerleon qui l'avait définitivement convaincu : elle disait avoir été protégée par des sorciers. Tout cela n'était qu'une stratégie pour s'attirer la sympathie du peuple, pour leur faire croire que la magie est inoffensive. Le fait que ceux qui ne pratiquent pas la magie en sachent si peu sur cet art ancien en faisait quelque chose de mystérieux et difficile à comprendre. Cela permettait à ceux qui le pratiquaient de manipuler les esprits. C'était exactement ce qui était en train de se produire.
Arthur regarda autour de lui. Il devait remonter à la source de la manipulation, découvrir pourquoi la magie était considérée comme bénéfique avant la Purge. A cette époque, les pouvoirs des sorciers étaient probablement employés pour régler les problèmes du quotidien, améliorer les récoltes, se battre… Il devait exister des registres ou des documents regroupant les informations relatives à ces activités.
Le roi observa les étagères les plus proches de lui. Une section toute entière était réservée à des livres écrits dans une langue inconnue, peut-être druidique. Il dépassa cette partie de la bibliothèque pour s'intéresser aux ouvrages rédigés dans sa langue. Sur les tranches, il pouvait lire des titres tels que Tout sur les wyvernes, La légende d'Ashkanar ou Histoire des Seigneurs des Dragons. De toute évidence, il se trouvait dans la section contenant les informations relatives aux dragons. Arthur constatait au fil de ses découvertes qu'il ne s'agissait pas uniquement d'archives mais aussi de documents historiques, de manuels, de toutes sortes de livres. Plus loin, se trouvait la section réservée aux livres traitant des prêtresses de l'Ancienne Religion, et plus loin encore celle des créatures magiques.
D'un geste prudent, Arthur tendit la main pour toucher l'un des livres. Ses doigts effleurèrent une tranche portant un titre plutôt mystérieux : Répertoire des créatures élémentaires, par la Grande Prêtresse Nimueh. Voyant que rien ne se produisait, il le saisit plus fermement et le retira de l'étagère. Il se souvenait avoir vu des livres traitant de créatures magiques ou de sortilèges dans la bibliothèque de Camelot, mais tous avaient été écrits par des auteurs qui ne pratiquaient pas la magie. Ces ouvrages étaient apparemment les seuls qu'Uther s'était autorisé à conserver. Grâce aux documents de l'Archiviste, Arthur avait accès à des œuvres rédigées par de véritables sorciers, il était au cœur de l'information.
Alors, que pouvait-il découvrir au sujet de cette Grande Prêtresse Nimueh ?
Les premières pages lui apprirent que les créatures répertoriées étaient classées par ordre alphabétique. Une page était consacrée à chacune des créatures « élémentaires », quoi que ce terme puisse signifier, et une page les listait toutes au début de l'ouvrage. Arthur découvrit avec surprise qu'il connaissait la première créature de la liste : l'Afanc. Curieux, il se rendit à la page indiquée, où la première chose qu'il vit fut un cercle noir tracé sur toute la partie supérieure de la page, juste en dessous du titre « L'Afanc ». Il passa ses doigts dessus, comme pour essayer de comprendre ce qu'il signifiait. Jetant un coup d'œil rapide aux pages suivantes, il vit que ce cercle était présent sur chacune d'elle. Il fronça les sourcils, ennuyé de ne pas savoir, mais cessa finalement de s'inquiéter pour se concentrer sur le texte qui occupait tout le bas de la page.
Nom : Afanc
Magie permettant de le conjurer: Terre et Eau
Eléments ennemis : Feu et Air
Propriétés : Humanoïde de couleur boue, doué de sens et aux yeux noirs. Empoisonne tout liquide dans lequel il est plongé.
Il n'y avait pas une seule illustration, et aucune information supplémentaire. Mais grâce à ces quelques lignes, Arthur en avait beaucoup appris. Tout d'abord, il avait compris que les créatures « élémentaires » étaient constituées par un ou plusieurs des quatre éléments, et que pour les vaincre il fallait utiliser les éléments complémentaires. Il écarquilla les yeux : alors s'il avait réussi à vaincre l'Afanc, ce n'était qu'un coup de chance considérable ! « Utilisez la torche ! » lui avait dit Merlin, et un coup de vent s'était mêlé aux flammes pour tuer la créature. De plus, il avait appris que l'Afanc devait être conjuré pour exister, donc il n'était pas apparu tout seul dans les réserves d'eau de Camelot. Un sorcier l'y avait placé.
Si Arthur avait eu le moindre doute concernant le bien-fondé de la lecture des livres de l'Archiviste, il avait été balayé par cette découverte. Ce qu'il venait d'apprendre était une information des plus précieuses, et pouvait grandement contribuer à la lutte contre les créatures magiques. Rien ne lui permettait d'utiliser ce qu'il venait d'apprendre pour l'instant, mais ce jour viendrait peut-être, et la perspective de toutes les autres découvertes qu'il pourrait faire le réjouissait.
Il restait encore à éclaircir le mystère du cercle tracé au-dessus du texte. Laissant le livre ouvert à cette page et posé sur une table, il s'installa sur une chaise pour réfléchir. Tout en essayant de se concentrer, il balaya la pièce du regard et s'arrêta sur l'un des cristaux, ses yeux restant rivés dessus. La ressemblance avec le cristal de Neathid était frappante. Ces cristaux permettaient-ils aussi de voir l'avenir?
Incapable de rester assis à se torturer l'esprit plus longtemps alors qu'il bouillonnait de questions, il arracha son attention de l'artefact et se leva, pour retourner au niveau des étagères. Il attrapa un ouvrage au hasard et en regarda la couverture : c'était celui de la légende d'Ashkanar, écrit par la guilde des Seigneurs des Dragons. Malgré l'immensité de la bibliothèque, c'était la deuxième fois qu'il tombait sur quelque chose qu'il connaissait. Sa paranoïa le forçait à penser que ce n'était pas une coïncidence et que la magie qui l'environnait avait guidé ses choix, mais il repoussa cette pensée perturbante.
Il feuilleta rapidement l'ouvrage, qui se présentait cette fois ci sous la forme d'un récit. Les mêmes cercles que ceux du livre précédent étaient tracés sur certaines pages, bien qu'ils traitent de sujets très différents. De plus en plus intrigué, il le posa à son tour sur la table et en prit un autre. L'un après l'autre, il sortit une dizaine d'ouvrages sans se donner la peine d'en lire les titres, et il constata que tous avaient les mêmes cercles sur plusieurs de leurs pages. Il se retrouva finalement avec une pile de livres érigée sur la table à côté des deux premiers encore ouverts, mais toujours pas de réponse à ses interrogations.
Une fois de plus, son regard fut attiré par les cristaux. Poussant un soupir, il s'approcha lentement de l'un deux. Ce qu'il faisait allait contre tous ses instincts, tout ce qu'il avait appris jusque là. Mais l'artefact l'appelait, faisant écho à quelque chose d'enfoui en lui, et cet appel était irrésistible.
Sa main se referma dessus. Il marqua une pause, mais rien ne se produisit. Rassuré, il devint plus audacieux et le saisit à pleine main avant de se diriger vers la table et de l'y poser. S'asseyant là, il l'examina ensuite sous toutes les coutures. L'objet était aussi inerte que l'avait été le cristal de Neathid, il fallait probablement être un sorcier pour l'activer et lui faire faire... ce qu'il faisait. Non pas qu'Arthur ait envie de l'activer, ce serait utiliser la magie que d'agir ainsi!
Il continua de le manipuler quelques instants, avant de renoncer et de le poser sur le livre qui se trouvait en dessous en poussant un soupir de frustration.
Ce fut à ce moment que le cristal s'illumina, faisant bondir le roi, qui se pencha avec curiosité sur l'objet. Il l'avait posé sans faire attention sur le cercle de la page de l'Afanc, le livre étant encore ouvert sur la table. Sous le cristal, le trait du cercle luisait aussi. Incapable de résister à la tentation, Arthur ferma les yeux et posa ses doigts sur le cristal.
Il sentit une vague d'énergie le traverser, et lorsqu'il regarda à nouveau autour de lui, il n'était plus dans la bibliothèque. Au lieu de cela, il se trouvait dans la salle du trône, à Camelot. Enfin, une version alternative de la salle du trône. Tout était légèrement différent : les rideaux n'étaient pas les mêmes, les murs n'avaient pas la même couleur, et… Uther Pendragon était assis sur le trône. Arthur recula d'un pas sous le choc.
-Père ? demanda-t-il avec hésitation.
Uther n'esquissa pas le moindre geste, il ne semblait pas l'avoir entendu.
Un souvenir, ce n'est qu'un souvenir, pensa Arthur. Ce cristal me montre le passé. J'imagine qu'il montre à celui qui le touche les archives que renferme le cercle sur lequel il est posé.
La scène à laquelle il assistait devait avoir un lien avec l'Afanc alors. Arthur ne put s'empêcher d'admirer l'ingéniosité du système. Il suffisait de poser le cristal sur le cercle d'une page qui nous intéressait pour être spectateur des images du passé qui y était liées. Il balaya à nouveau la pièce du regard : il n'y avait que son père, il ne voyait aucune sorcière avec lui. Celle qui se faisait appeler Nimueh et avait écrit le livre n'était pas là. Était-il possible que ce qu'il voyait ne soit en fait pas un souvenir que Nimueh avait placé là mais simplement un évènement du passé lié à l'Afanc ? Et si oui, le cristal pouvait-il lui montrer tous les évènements qui avaient un jour impliqué un Afanc de près ou de loin, que Nimueh soit concernée ou non. Arthur commençait à se lasser de se poser des questions en permanence et de ne jamais avoir de réponse.
Les portes de la salle s'ouvrirent pour laisser entrer un chevalier qu'Arthur ne connaissait pas. L'homme s'inclina devant le roi, toujours assis sur son trône, avant de prendre la parole :
-Sire, Nimueh dit avoir une solution pour lutter contre l'armée de Cenred.
-Je vous écoute, répondit Uther en hochant la tête, le son de sa voix éveillant une foule de souvenirs dans le cœur d'Arthur.
-Elle dit pouvoir conjurer une créature capable d'empoisonner leurs réserves d'eau, les soldats ennemis tomberont malades et ne pourront plus se battre.
Arthur avait beau savoir que la magie était autrefois autorisée, il fut tout de même pris par surprise lorsqu'il vit le manque de réaction de son père à l'évocation de cet art sombre. Mais il avait la réponse à sa question : le cristal montrait bien un exemple d'utilisation de l'Afanc.
-Très bien, dit finalement Uther. Dites-lui qu'elle a mon accord pour conjurer la créature.
Le chevalier s'inclina à nouveau, et sortit aussi vite qu'il était entré. Poussé par la curiosité, Arthur le suivit, il voulait savoir à quoi ressemblait cette Nimueh. Ses pas le conduisirent jusqu'à une pièce du château remplie de bibelots, probablement magiques, dont certains qu'il avait pu voir dans la crypte des souterrains de Camelot. Une femme brune, sûrement Nimueh, se trouvait dos à lui, face à une table, et elle manipulait avec précaution un objet qui ressemblait à un œuf.
-Le roi accepte votre proposition, dit-il, sa voix empreinte d'un respect qui surprit Arthur.
Sans se retourner, ni même répondre, la jeune femme plaça sa main au-dessus de l'objet et prononça quelques mots dans un langage qu'Arthur ne comprit pas mais qu'il reconnut pour l'avoir entendu de nombreuses fois de la bouche de nombreux sorciers, y compris Morgane. Lorsqu'elle eut fini son incantation, une forme issue de l'œuf commença à se dessiner dans les airs et à s'élever, jusqu'à prendre l'apparence de la créature qu'Arthur avait affrontée des années plus tôt. Impressionné et effrayé, il l'observa avec fascination. Nimueh se retourna alors et fixa son regard sur le chevalier.
Arthur manqua de s'étouffer lorsqu'il vit son visage, un visage qu'il n'oublierait jamais. C'était celui d'une femme qui l'avait, il y a quelques années, condamné à une mort certaine, son visage fendu d'un sourire narquois. Elle l'avait piégé et abandonné, lui livrant une phrase énigmatique disant qu'il n'était pas destiné à mourir de sa main.
Aujourd'hui, il apprenait que son père avait collaboré avec elle ! Qu'elle avait été un allié important de Camelot ! Et si c'était elle qui avait conjuré l'Afanc qu'il avait lui-même affronté ?
La Nimueh qu'il avait sous les yeux en cet instant avait le même air féroce que celle qui l'avait piégé, mais son regard était plus malicieux que haineux.
-Cenred va se mordre les doigts de s'en être pris à Camelot, dit elle d'un air satisfait.
Le chevalier lui rendit son sourire.
Ce fut la dernière image que vit Arthur avant d'être à nouveau propulsé dans la réalité. Il retira précipitamment sa main du cristal et se leva. Il dévisagea avec terreur le livre encore ouvert sous yeux. Toujours sous le choc, il quitta la maison de l'Archiviste à grand pas, se jurant de ne plus jamais y remettre les pieds.
Il s'était promis de ne plus jamais le faire, mais chacun sait que ces promesses-là ne durent pas. La tentation est trop forte. C'était ce que se disait Merlin, tout en appliquant le sort de guérison sur le bras de l'enfant.
Aithusa partie, il n'y avait plus personne pour employer la magie dans la réparation des dégâts causés par Morgane. Alors, malgré la promesse qu'il s'était faite après le fiasco de la guérison du père de Gwen, il avait cédé et commencé à guérir les blessés et les malades de Camelot. Ce qu'il s'était passé quand il avait soigné le père de la jeune fille de l'épidémie causée par l'Afanc était dû à l'obstination d'Uther, Arthur ne réagirait pas de la même manière. Gwen avait été emprisonnée car Uther pensait qu'elle avait utilisé la magie pour guérir son père, alors que Merlin l'avait fait pour elle et à son insu. Depuis, il s'était juré de ne plus guérir aucun villageois, pour éviter qu'un autre innocent ne soit accusé. Mais désormais, Arthur savait que deux sorciers au moins étaient présents dans Camelot, il ne soupçonnerait pas les familles des soignés. Et puis Merlin ne risquait pas de se trahir en agissant ainsi puisqu'il avait à présent un déguisement parfait, une seconde apparence à laquelle il s'habituait de plus en plus. La seule chose qui le dérangeait vraiment était qu'il n'avait tout simplement pas le talent d'Aithusa pour la guérison. Il n'était capable de soigner que des blessures très superficielles, contrairement à la dragonne, qui avait ramené plus d'une personne des portes de la mort. Il s'en sortait un peu mieux avec les maladies et les empoisonnements, mais il avait encore beaucoup de progrès à faire.
Il avait décidé d'attendre avant de retourner voir Morgane, il fallait qu'elle retrouve son calme. Il pouvait donc faire cela en attendant d'y retourner. D'autant que ce contact avec les habitants de Camelot, notamment les voyageurs, lui permettait d'en apprendre sur ce qu'il se passait à l'extérieur de la cité. Les attaques de Mordred causaient des ravages, mais de nombreux sorciers avaient répondu à l'appel du dragon blanc. Il entendit même dire que deux dragons étaient intervenus dans le sauvetage du royaume de la princesse Mithian. Merlin était heureux de constater qu'Aithusa s'était suffisamment remise pour agir ainsi.
Le jeune sorcier tourna quelques secondes son regard vers une rangée de maisons au loin. C'était derrière elles que se trouvait la bibliothèque de l'Archiviste. Merlin n'avait qu'une envie depuis qu'il avait découvert son existence, c'était de s'y rendre et de dévorer tous les ouvrages qui s'y trouvaient. En tant que sorcier né dans un monde où la magie était rejetée, il voyait la découverte d'une aussi grande source de connaissances magiques comme un rêve devenu réalité. Mais il savait qu'il ne pouvait pas s'en approcher. Sur chaque étagère et chaque table, se trouvaient plusieurs cristaux, et il savait qu'il devait rester à distance de ces derniers. Il en avait fait l'expérience dans l'Antre de Cristal, où le pouvoir d'attraction des cristaux avait été trop puissant pour qu'il puisse y résister. Il n'avait pas eu d'autre choix que celui d'y contempler l'avenir, les évènements inévitables qui allaient se produire. C'était une expérience atroce qu'il ne voulait surtout pas revivre. S'il essayait de prendre un livre, il savait qu'il ne pourrait pas résister et que le pouvoir tentateur des cristaux le pousserait à regarder. Il devait réfléchir à un autre moyen d'accéder aux livres, mais pour l'instant ce n'était pas sa priorité.
Après avoir soigné l'enfant, il décida qu'il était plus que temps de rentrer, il faisait déjà nuit. Il reprit son apparence habituelle en se cachant derrière une maison, mais il faisait de toute façon trop noir pour que qui que ce soit le voie. En arrivant devant les marches du château, il vit une silhouette le rejoindre à la hâte et reconnut avec stupeur le roi. Ce dernier avait l'air sous le choc et il paraissait essoufflé. Que faisait Arthur ici à cette heure si tardive ? Voyant que le souverain semblait se poser la même question à son sujet, il attendit qu'Arthur parle le premier.
Malheureusement, Arthur avait visiblement pris la même décision car aucun des deux ne prononça le moindre mot. Ils se dévisagèrent quelques instants en silence. Puis, l'un d'entre eux bougea et se mit à monter les marches, suivi de près par l'autre. Merlin ignorait lequel des deux s'était déplacé le premier. Tout ce qu'il savait, c'était que l'inconfortable moment de tension était brisé.
Il était probable qu'aucun des deux n'évoquerait cette rencontre nocturne le lendemain, chacun souhaitant trop garder son secret pour tenter de se renseigner sur celui de l'autre. Cela fit tout de même un effet étrange à Merlin. D'habitude, Arthur ne lui dissimulait rien, c'était Merlin qui lui cachait sa magie et ses aventures. Devait-il essayer de se renseigner sur ce qu'Arthur faisait ? Peut-être était-il en danger ?
Les deux jeunes hommes se séparèrent, Arthur se dirigeant vers sa chambre à l'étage et Merlin vers les appartements de Gaius. Il décida finalement qu'il devait laisser Arthur avoir ses propres secrets, il aurait été hypocrite de vouloir tout savoir de son ami alors que lui-même lui en cachait tant. Il accéléra le pas, pressé de rejoindre son lit.
Mais lorsque Merlin arriva devant la porte, quelqu'un qu'il n'avait pas vu depuis des mois l'y attendait.
- Emrys, dit l'homme en se prosternant devant lui.
C'était Alator le Catha.
Note de l'auteur : Les informations concernant l'Afanc sont tirées du souvenir que j'ai de l'épisode. Les quatre prochains chapitres seront entièrement consacrés à deux choses : une longue discussion entre Merlin et Morgane et une progression des découvertes d'Arthur sur la magie. Ces chapitres raconteront à eux trois les évènements d'une seule nuit blanche.
