Chapitre 17 : Quand le destin se met en marche

Pour la troisième fois, Merlin rêva de l'Ile des Bénis. Dans ce rêve, comme dans les précédents, le voile séparant le monde des morts de celui des vivants était déchiré. Et de même que dans les précédents, tout devint soudain noir, pour ne laisser voir qu'une seule chose : un sablier. Chaque fois que l'objet apparaissait à Merlin, il se vidait un peu plus. Cette fois-ci, la moitié du sable s'était déjà déversée dans la partie inférieure.

Merlin se réveilla. Il poussa un soupir. Que se passerait-il une fois que tout le sable se serait déversé ?

Hanté par cette question comme par des milliers d'autres, il se leva et prit dans ses mains le bracelet de Morgane. Il l'avait obtenu en faisant un énorme sacrifice, et il se demanda une fois de plus si cet effort finirait par payer. Il se demanda aussi si Morgane regrettait cet échange. Après tout, sa rencontre avec Gorlois ne s'était pas bien passée pour elle.

Mais il ne pouvait pas se préoccuper de cela pour l'instant. Il devait avant tout trouver un moyen de détruire le bracelet. La veille, il avait pu constater qu'aucun des sortilèges qu'il connaissait ne fonctionnait. Il avait alors feuilleté son livre de magie, à la recherche d'une solution qu'il ne connaitrait pas encore, mais il n'avait rien trouvé non plus. Peut-être devait-il rendre visite aux druides une seconde fois, il était possible qu'ils sachent comment l'aider. Tant qu'il y avait d'autres solutions, il ferait tout pour éviter la bibliothèque de l'Archiviste.

OoOoO

En arrivant dans les appartements d'Arthur, la première chose que Merlin remarqua fut que les deux souverains étaient déjà levés et habillés. Arthur, assis à son bureau, lança un regard soupçonneux à Merlin en le voyant entrer, avant de se concentrer à nouveau sur ce qu'il faisait. Gwen quant à elle, l'accueillit à bras ouverts.

-Arthur vient de recevoir d'excellentes nouvelles, dit-elle avec excitation. Le roi Odin a fini par accepter l'offre d'alliance des royaumes que lui a envoyée Arthur !

-Malgré tous leurs différends ? s'étonna Merlin.

-Son royaume a subi de nombreux dégâts de la part de l'armée de Mordred. Il s'est sûrement rendu compte que c'était le seul moyen de l'arrêter.

-Ou alors c'est un piège, intervint Arthur, sans quitter des yeux le parchemin sur lequel il était penché.

Le regard de Gwen était pensif, elle ne regardait ni son mari ni Merlin, et semblait réfléchir à la situation.

-Étrangement, répondit-elle, je n'ai pas l'impression que ce soit un piège. C'est assez difficile à expliquer mais… j'ai la sensation que le destin nous pousse dans cette direction. Qu'il pousse les royaumes à s'allier, et que les différentes pièces du puzzle sont en train de se mettre en place pour accomplir cela.

Merlin fit de son mieux pour ne pas croiser le regard de la jeune femme, il redoutait ce qu'elle pourrait lire en lui. Pourrait-elle, en un seul regard, s'apercevoir que Merlin en savait plus qu'il ne voulait bien le dire ? Qu'il avait lui-même longtemps pensé que l'avènement d'Albion était destiné à se produire, mais qu'il n'en était plus si certain aujourd'hui ? Après tout, Aithusa avait modifié le destin lorsqu'elle avait guéri Morgane. Alors peut-être Albion ne naitrait-elle jamais.

Arthur n'eut pas le temps de répondre à la remarque de Gwen : ils entendirent quelqu'un frapper à la porte et le Seigneur Léon entra à la hâte dans la pièce pour leur annoncer l'arrivée de la reine Annis.

-Excellent, dit Arthur en se levant finalement. Lorsqu'Odin arrivera à son tour, et si sa réponse à mon invitation n'est pas un piège, tous les royaumes voisins de Camelot seront réunis et les négociations pourront enfin commencer.

OoOoO

Dans les jours qui suivirent, Merlin contacta à nouveau les druides pour tenter de détruire le bracelet de Morgane, mais ces derniers n'y parvinrent pas plus que lui. Ils avaient affaire à un enchantement trop puissant. La magie de la nature n'avait pas de secrets pour eux mais ils n'avaient pas autant de connaissances lorsqu'il s'agissait de l'ensorcèlement d'objets créés par l'homme. Toutes les nuits Merlin retournait les voir, et toutes les nuits ils échouaient. De plus, se glisser hors de Camelot sans se faire repérer devenait de plus en plus difficile car la sécurité avait été renforcée pour protéger les personnalités importantes qui s'étaient installées au château.

Quant à Morgane, elle semblait avoir disparu. Merlin était retourné la voir dans la forêt mais il avait trouvé sa cabane vide. Toutes les affaires de la jeune femme étaient encore là mais celle-ci s'était évanouie dans la nature. Merlin avait d'abord cru qu'elle était partie rejoindre Mordred, mais il avait ensuite découvert un message à son attention.

Guy, puisque tu m'as privée de mon bracelet, il m'a fallu chercher un autre moyen de trouver le sommeil. Si tout se passe comme prévu, je serai bientôt de retour.

Cela faisait à présent une dizaine de jours que Morgane était partie et Merlin n'avait toujours aucune nouvelle d'elle.


En quelques jours seulement, des ébauches de traités de paix furent élaborées. Arthur passait toutes ses journées à en négocier les termes avec la reine Annis, qui était la dernière dirigeante à être arrivée à Camelot et la seule des personnalités présentes à ne pas avoir encore participé aux réunions. Puis, peu à peu, tous les autres dirigeants des royaumes voisins firent leur arrivée, jusqu'à ce qu'il ne manque qu'une seule personne : le roi Odin.

Régulièrement, les chevaliers de Camelot faisaient leur rapport en rentrant de patrouille. Ils évoquaient de nouvelles attaques de Mordred, mais aussi l'apparition de groupes de druides et de sorciers qui semblaient œuvrer pour la protection du royaume. Certains d'entre eux paraissaient opposer une résistance aux actions du jeune mage, tandis que d'autres se contentaient de fournir des soins aux villageois blessés. Arthur se méfiait des apparences, comme toujours avec la magie, et ces différentes nouvelles ne faisaient que l'angoisser un peu plus à chaque fois.

Le jeune roi était tellement occupé qu'il ne pouvait plus se rendre aux réunions de la Table Ronde qu'occasionnellement, et il ne pouvait plus du tout aller chez l'Archiviste. C'était peut-être une bonne chose d'ailleurs, parce qu'il lui fallait encore le temps de se remettre de tout ce qu'il y avait appris les fois précédentes. Il avait tout de même profité d'un instant de temps libre pour retourner à la bibliothèque et en ramener quelques livres et quelques bibelots. Il savait qu'il prenait un risque en dissimulant de tels objets dans ses appartements mais c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour continuer de les étudier sans perdre trop de temps. Il hésitait à parler de ses découvertes à Guenièvre, il ne savait pas comment elle réagirait si elle apprenait qu'il avait utilisé un cristal magique.

Merlin, lui, agissait toujours aussi mystérieusement. Tous les soirs, dès qu'il était libéré de ses corvées, il disparaissait totalement. Le lendemain matin, lorsqu'il entrait dans les appartements d'Arthur, ces cernes le trahissaient, prouvant qu'il avait passé la nuit éveillé. C'était d'autant plus étonnant que, depuis l'arrivée d'Annis, les portes de la cité et du château étaient fermées et gardées pour assurer la sécurité des dirigeants qui s'y étaient installés. Alors Arthur n'avait pas la moindre idée de la façon dont Merlin s'y prenait pour sortir de Camelot toutes les nuits, ni pour revenir. La solution la plus simple aurait simplement été de demander directement à son valet ce qu'il faisait toutes les nuits, mais Arthur savait qu'il ne pourrait pas poser cette question sans que Merlin ne lui en pose en retour. Et il ne pouvait révéler la vérité à personne.

Malheureusement pour lui, Guenièvre n'était pas aveugle et elle savait parfaitement que son mari avait un secret.

-Arthur, lui annonça-t-elle un matin, je sais que tu me caches quelque chose.

Le roi était assis à son bureau dans la chambre royale, concentré sur le rapport d'une nouvelle attaque de Mordred qui avait eu lieu non loin de la cité. Il redressa immédiatement la tête en entendant ces mots.

-Je n'ai rien dit jusqu'ici, poursuivit-elle, parce que je pensais que tu étais simplement inquiet à cause de Mordred. Je pensais que si tu t'absentais des nuits entières, c'était pour t'isoler, et je ne te le reprochais pas. Et depuis quelques jours tu ne disparais plus la nuit venue, alors je pensais que tu allais mieux… Mais ensuite…

Guenièvre tendit à Arthur l'objet qu'elle tenait dans ses mains, et il se figea lorsqu'il reconnut le miroir magique qu'il avait ramené de la bibliothèque de Sylt. Il ne savait même pas si l'objet était ensorcelé, il avait simplement pris avec lui quelques bibelots pouvant être facilement transportés.

-Mais ensuite j'ai trouvé tous ces objets magiques dans notre chambre, finit Guenièvre d'une voix tremblante. Il n'y a pas que ce miroir, il y a des livres, des amulettes, et tous sont recouverts de symboles de l'Ancienne Religion…

-Ce n'est rien, tenta-t-il de la rassurer.

-Que se passe-t-il, Arthur ? Où les as-tu trouvés ? Que font-ils dans notre chambre ?

Arthur n'avait pas le choix. Il devait dire la vérité, au moins en partie.

-Je les ai ramenés de la bibliothèque du sorcier qui a été tué à Camelot il y a quelques jours. Je me suis rendu compte quand j'y ai mis les pieds que c'était une précieuse source d'informations sur la magie. Cela pourrait nous aider contre Mordred.

A la grande surprise du souverain, l'expression inquiète de Guenièvre se changea immédiatement en un sourire ravi.

-Mais c'est fantastique ! s'exclama-t-elle. Mais pourquoi ne pas m'en avoir parlé plus tôt ? Est-ce parce qu'Uther aurait préféré que tu brûles ces livres plutôt que de t'en servir?

Arthur hésitait à lui parler des cristaux. Non, décida-t-il finalement. Je dois porter ce fardeau seul, elle ne peut pas savoir que j'ai trahi tout ce en quoi je croyais et que j'ai utilisé certain de ces objets magiques.

Il s'apprêtait à hocher la tête, mais Merlin entra dans la pièce à cet instant. Arthur vit que le miroir était encore posé à la vue de tous sur son bureau, et il s'empressa de le cacher dans un tiroir avant que son valet ne le voie. Il s'apprêtait à le réprimander pour ne pas avoir frappé avant d'entrer mais il fut à nouveau interrompu par Gauvain, qui entra à son tour dans la pièce sans y avoir été invité. Guenièvre ne leur laissa pas le temps de parler.

-Merlin ! s'écria-t-elle. Si tu trouvais par terre un livre parlant de magie et écrit par un sorcier, qu'en ferais-tu ?

Le jeune homme semblait totalement pris au dépourvu.

-Je… J'imagine que selon les lois de Camelot, il faudrait le brûler, dit-il d'une voix hésitante.

-Même s'il contient des informations permettant de nous aider dans la lutte contre Mordred ? insista la jeune femme.

-Non, répondit finalement Merlin. Je… le lirais pour me renseigner sur l'ennemi.

-Tu vois ! dit Guenièvre triomphante, en se tournant à nouveau vers Arthur.

Gauvain et Merlin étaient perplexes.

-Pourquoi ? demanda le chevalier d'un ton suspicieux. Quelqu'un a trouvé un livre magique ?

-Non, non, assura Guenièvre, c'était simplement une hypothèse.

Arthur se réjouit de constater qu'elle n'allait pas parler de la bibliothèque. Il pouvait faire confiance à la jeune femme pour garder son secret. Cela le fit se sentir encore plus coupable de lui cacher une partie de la vérité.

-Je voulais juste montrer à Arthur qu'il est possible de retourner les armes des sorciers contre eux, poursuivit-elle. Ce n'est pas parce qu'ils sont hostiles que tout ce qui vient d'eux l'est aussi.

-Tous ceux qui pratiquent la magie ne sont pas hostiles, lâcha alors Merlin dans un murmure.

Comme tout le monde le dévisageait, il ajouta sans croiser leur regard :

-Les druides sont pacifiques.

Arthur n'était pas certain que ce soit vrai : Mordred lui-même était un druide. Mais ne souhaitant pas s'attarder sur cette conversation difficile, il changea de sujet en demandant à Gauvain et Merlin la raison de leur présence.

-Je suis venu vous apporter des vêtements propres, dit son valet en haussant les épaules comme pour signifier au roi qu'il n'y avait vraiment rien d'étrange à sa venue.

-Des vêtements propres? sourit Gauvain. Vous allez en avoir besoin immédiatement.

-Besoin pour quoi ? demanda Arthur, agacé de ne pas avoir de réponse.

-Ce pour quoi je suis ici, répondit Gauvain. Je suis chargé de vous prévenir que le roi Odin vient d'arriver à Camelot.


Laissant le roi et la reine enfiler leurs vêtements propres, Gauvain retourna se placer devant l'entrée du château, prêt à accueillir les visiteurs et à agir rapidement si ces visiteurs se montraient… dangereux. Arthur et Gwen arrivèrent juste à temps pour voir les chevaux du cortège d'Odin fouler le sol de la cour extérieure. Arthur tendit sa main droite à l'homme responsable de la mort de son père, et Odin n'hésita pas à la serrer. Gauvain ne pouvait qu'admirer le sang froid des deux hommes, qui étaient prêts à mettre leurs différends de côté pour protéger leur royaume.

Il tourna son regard vers Merlin, qui était resté en retrait. Le jeune valet l'avait surpris lorsqu'il avait pris la défense des druides. Pensait-il vraiment qu'ils étaient pacifiques ? Depuis un certain temps, Merlin agissait de manière étrange. Il avait apparemment demandé à Arthur d'avoir les soirées libres mais n'avait dit à personne ce qu'il faisait de ce temps. Et le matin même, aux aurores, Gauvain l'avait vu se glisser discrètement dans le château, comme s'il avait passé la nuit à l'extérieur. Un terrible doute grandissait dans l'esprit du chevalier. Et si Merlin faisait partie des gens qui étaient convaincus par le discours des druides ? Ces derniers avaient invité les habitants de Camelot à se renseigner sur la magie auprès d'eux, et Gauvain savait que certains étaient intéressés. Ce n'était que quelques rumeurs entendues tard le soir dans les tavernes de la cité, mais on en parlait. Beaucoup de villageois disaient connaître des gens qui avaient accepté l'offre des druides et s'étaient rendus dans la forêt pour les rencontrer. Mais personne ne donnait les noms de ces personnes. Et si Merlin était l'une d'entre elles? Cela expliquerait ses absences, mais aussi sa volonté de défendre les druides. Si c'était le cas, Gauvain n'osait pas penser aux conséquences. Merlin n'avait aucune raison de faire confiance à ces hommes, ils pourraient se retourner contre lui à n'importe quel moment. De plus, si Arthur venait à l'apprendre, il penserait que son valet l'avait trahi.

Gauvain observa à nouveau le souverain tandis qu'il souhaitait la bienvenue à Odin. Une grande partie des chevaliers de Camelot était présente, prête à intervenir si ce dernier faisait le moindre geste menaçant à l'encontre d'Arthur. Peu de rois étaient accueillis ainsi, mais peu de rois étaient aussi haineux qu'Odin. En observant bien les rangs des chevaliers, Gauvain s'aperçut que le seigneur Léon n'était pas présent. Arthur avait pourtant requis la présence de tous les chevaliers de la Table Ronde, et ce n'était pas dans les habitudes de Léon de ne pas être à son poste.


Léon avait des ennuis, de très gros ennuis. Il avait perdu Dame Viviane. Il était chargé de l'accompagner partout où elle se rendait, de la protéger en cas d'attaque, et de la tenir à l'écart d'Arthur, dont elle était toujours amoureuse, mais il l'avait perdue. Elle avait pris la fuite au détour d'un couloir, probablement lassée de sa présence de chaque instant, et il ne savait pas où elle pouvait se trouver. Comme s'il n'avait pas suffisamment de soucis, un autre problème venait s'ajouter à cela : il était attendu devant le château pour faire partie de la garnison qui accueillerait le roi Odin, et il serait en retard s'il ne retrouvait pas la jeune femme rapidement pour la ramener auprès de son père.

Il s'efforça de se concentrer. Le père de Viviane avait interdit à sa fille de s'approcher d'Arthur. Il n'y avait donc qu'un seul autre lieu où elle pouvait aller pour se rapprocher de l'homme qu'elle aimait : sa chambre. Elle savait qu'Arthur ne s'y trouverait pas, donc elle ne désobéirait pas aux ordres de son père en s'y rendant.

Léon fit donc demi-tour pour se diriger vers les appartements du roi. Lorsqu'il arriva, il trouva la porte grande ouverte. Viviane était aux anges et bondissait dans toutes les directions, ouvrant tous les placards et collectant tout ce qu'elle pouvait porter.

-Vous ne pouvez pas faire ça, la prévint inutilement Léon en constatant le désordre qu'elle avait causé.

La jeune fille le supplia de la laisser rester encore quelques instants avant de partir. Poussant un soupir, Léon accepta, à condition qu'elle dépose tout ce qu'elle avait pris et qu'elle ne touche plus à rien. Viviane accepta à contrecœur et lâcha à ses pieds tout ce qu'elle avait dans les bras. Léon était désormais certain qu'il ne serait pas là à temps pour accueillir Odin. Résigné, il se mit à ranger tous les objets à leur place, ou tout du moins ce qu'il imaginait être leur place, espérant que le roi ne se rendrait pas compte que quelqu'un était entré dans sa chambre sans sa permission. Dame Viviane avait beau être exaspérante, il ne pouvait pas la laisser se faire réprimander par Arthur. Il était déjà suffisamment difficile pour elle d'aimer un homme qui ne l'aimait pas en retour.

Ranger les objets ne lui prit que quelques instants et il ne lui resta bientôt plus qu'une seule chose à ranger : un pantalon. Soudain, il entendit des bruits de pas derrière lui et il se retourna brusquement : Merlin le dévisageait.

Léon regarda autour de lui mais il n'y avait plus aucune trace de Viviane, elle avait disparu avant l'arrivée du jeune valet.

-Seigneur Léon ? demanda Merlin stupéfait. Que faites-vous avec le pantalon d'Arthur ?

Ne sachant pas ce qu'il pouvait répondre, Léon tendit simplement le vêtement à Merlin et s'empressa de quitter la pièce, marmonnant qu'il était désolé.

Dame Viviane l'attendait à l'angle du couloir.

-Vous n'êtes pas très vigilant pour un chevalier, lui fit elle remarquer avec espièglerie. Vous ne l'avez même pas entendu arriver.


Ce soir-là, Merlin changea son apparence et se rendit chez Morgane, mais la jeune femme n'était toujours pas revenue. Il ne savait pas s'il devait s'inquiéter de ce qu'elle faisait ou s'inquiéter pour elle.

Il entendit alors des branches craquer à l'extérieur de la cabane. Lorsqu'il sortit pour voir ce dont il s'agissait, il se retrouva face à elle. Mais Morgane tenait à peine debout, elle était recouverte de blessures et ses vêtements étaient déchirés. Il croisa un instant son regard désemparé et eut tout juste le temps de tendre les bras pour la rattraper alors qu'elle perdait connaissance sous ses yeux.


Note de l'auteur : Comme toujours, j'aimerais beaucoup avoir votre avis sur ce chapitre ou en tout cas savoir si vous l'avez apprécié. )