Chapitre 38 : L'amitié, la confiance, la sympathie ne peuvent naître entre ceux qui ne se comprennent point.
L'amitié, la confiance, la sympathie ne peuvent naître entre ceux qui ne se comprennent point. – Jovette Marchessault
La vue brouillée par les larmes, Elyan regardait Gaius parler mais il avait cessé de l'écouter. S'il avait repoussé sa peine jusque-là ce n'était pas pour faire bonne figure mais pour écarter un flot de tristesse qui le détournerait de son but : il devait trouver le meurtrier de Gaël. Il avait contenu sa douleur le matin même lorsque, tentant d'écouter aux portes pour savoir ce que disait Perceval aux amies d'Uther, il n'avait trouvé à son oreille qu'une porte épaisse et silencieuse. Puis il avait essayé de s'introduire dans les appartements de Tina et Fina dans l'espoir d'y découvrir des éléments sur leurs recherches mais il n'avait trouvé autour de lui qu'une sombre ambiance et une statuette représentant une créature malsaine dressée sur ses pattes arrière. Il avait une fois de plus maîtrisé ses émotions et s'était rendu chez Gaius, qui venait tout juste de rentrer d'une mission dans la ville basse.
Pourtant à présent Elyan lâchait prise avant d'avoir atteint son but, et il ignorait pourquoi.
Gaius suspendit ses paroles lorsqu'il vit l'état dans lequel se trouvait le jeune chevalier :
-Ne perdez pas espoir, dit-il d'une voix chaude et rassurante, Guenièvre trouvera le responsable.
C'était donc cela : Elyan avait perdu espoir. Voilà pourquoi il succombait subitement au chagrin, et le vieux médecin l'avait compris avant lui.
-Gwen ne peut pas faire de miracles, Gaius. Vous étiez mon dernier espoir.
C'était la vérité : Elyan s'était adressé à lui en dernier recours, cherchant à exploiter son ultime piste. Il avait frappé à la porte du vieil homme dans l'espoir que celui-ci pourrait lui parler des blessures de Gaël : le corps du jeune homme ayant été entièrement brûlé peu de temps après sa mort, le médecin était l'un des seuls en mesure de lui fournir ces informations.
Gaius lui avait donc tout expliqué. Il y avait de larges brûlures sur le dos de l'apprenti chevalier, mais il y avait aussi dans son cou deux petits trous qu'il n'avait remarqués que bien plus tard. Tina et Fina n'avaient pas pris cela au sérieux, attribuant ces blessures à des piqûres d'insectes, et le médecin n'avait donc pas considéré que cette information était pertinente. En revanche, en apprenant cela, Elyan avait immédiatement été intrigué : et si les deux amies d'Uther s'étaient trompées ? Mais son espoir fut de courte durée : s'il ne s'agissait pas de piqûres d'insectes, alors qu'était-ce ? Les crocs d'un serpent ? Pour laisser des traces aussi espacées le serpent devait être absolument gigantesque, il ne serait pas passé inaperçu dans les rues de Camelot.
C'était à ce moment qu'Elyan avait ressenti le poids du désespoir sur ses épaules. Depuis son réveil ce matin-là, le chevalier l'avait senti s'insinuer en lui progressivement. Il avait repoussé cette sensation dans un coin de son esprit, refusant de la laisser s'emparer de lui, mais elle n'avait fait que grandir à chaque instant. A présent, le chevalier n'avait plus de pistes. Plus la moindre arme pour lutter contre l'accablement.
Il l'accueillait, et laissait les larmes couler.
-Donc, récapitula lentement Arthur, vous avez utilisé la… suggestion télépathique pour que je croise Gauvain, puis Perceval, puis Guenièvre…
Le souverain ne montrait même plus son étonnement face à ce que lui disait la dragonne. Il se contentait de reconstituer dans l'ordre les évènements tels qu'il imaginait qu'ils s'étaient déroulés ce matin-là, gardant pour lui l'effroi grandissant que lui inspiraient ces méthodes télépathiques. Aithusa avait quant à elle pris le parti de clarifier chaque point qu'il soulevait au fil de cette reconstitution.
-J'ai hésité à entrer en contact avec vous malgré la présence de la reine, expliqua-t-elle, mais il y avait toujours beaucoup de monde autour de vous, je ne voulais pas que qui que ce soit remarque votre surprise et comprenne qu'une inconnue s'adressait à vous par télépathie. Je préfère ne pas sous-estimer les espions que Mordred a sans doute placés au château.
Sans répondre, Arthur poursuivait :
-Après Guenièvre, il y a eu Viviane…
-Pour elle j'ai aussi dû distraire le seigneur Léon pour qu'elle ait le temps d'échapper à sa surveillance.
-Mais ensuite je suis tombé sur Merlin…
-Je n'ai pas pu empêcher cela mais j'ai mis dans vos pensées l'idée que le couloir n'était pas le bon endroit pour lui faire vos révélations et qu'il fallait trouver un endroit plus calme.
-…
-Et enfin, j'ai incité Chris à se placer juste derrière Merlin pour que vous le remarquiez et pour que vous vous inquiétiez de sa sécurité.
-C'est vous qui avez poussé Chris à se mettre en danger en entrant dans Camelot ?
-Non, il s'y trouvait déjà. Je l'ai simplement incité à se placer face à vous et j'ai… j'ai augmenté l'affolement qui s'est emparé de vous en le voyant là. Pour être sûre que vous abrégeriez votre conversation avec Merlin.
-Vous avez… ? Mais de quel droit… ? Vous manipulez tout le monde pour… ?
Il n'y avait pas de mot pour traduire ce qu'Arthur éprouvait. Il se rendit compte qu'il était en train d'arracher les herbes parmi lesquelles il était assis. Il était perdu, c'était un fait, mais ce n'était pas nouveau. Cela faisait plusieurs semaines qu'il avait du mal à distinguer ses amis de ses ennemis. Il tentait de rester juste, de protéger son royaume et de s'adapter aux diverses situations compliquées dans lesquelles il ne cessait de se retrouver, mais discerner le bien du mal n'était pas toujours évident. Il opta pour une réflexion simple et honnête :
-Votre numéro de marionnettiste ne me plaît pas du tout, Dame Aithusa.
Elle poursuivit sans répondre à cela, mais il sentit que la remarque l'avait touchée et peut-être blessée. Il s'en voulut d'avoir été aussi abrupt : après tout elle n'était qu'une fillette faisant tout ce qu'elle pouvait pour aider Camelot à survivre, et elle s'en sortait formidablement bien, probablement mieux que n'importe quel adulte à sa place. Sans oublier qu'elle faisait cela entièrement seule.
-Comme je ne savais pas si je devais faire confiance à Chris, dit-elle, j'ai attendu que vous finissiez de lui parler avant de prendre contact avec vous.
Le dilemme d'Arthur était simple, et pourtant insoluble. Il faisait confiance à Aithusa mais n'approuvait pas du tout ses méthodes, tout en sachant qu'elles étaient nécessaires. Il y avait quelque chose de profondément dérangeant dans la facilité avec laquelle la dragonne pouvait s'emparer du libre arbitre des habitants de Camelot. Elle n'avait d'ailleurs pas agi à quelques mètres de ces habitants, dissimulée derrière une colonne du château. Non, elle avait accompli cet exploit depuis l'île des Bénis !
Le roi songea alors à une chose qu'il ne comprenait pas :
-Pourquoi êtes-vous restée sur l'île, Dame Aithusa ? Pourquoi ne pas vous être rapprochée du château pour utiliser vos pouvoirs télépathiques ? Lancer un tel sortilège sur une courte distance doit forcément être plus facile… Je me trompe ?
La jeune dragonne eut un nouveau temps d'hésitation.
-Je ne peux pas quitter l'île, Arthur… Vous apprendrez bientôt pourquoi. Je préfère ne rien vous dire pour l'instant, afin de ne pas influencer vos actes. Je ne l'ai pas dit à Emrys non plus, pour la même raison.
-Que pensez-vous qu'Emrys et moi ferions si nous savions cela ?
Il avait posé la question sans réfléchir, emporté par la curiosité. Maintenant qu'il y pensait, il était peu probable qu'Aithusa lui réponde.
-Oubliez ce que je viens de demander, marmonna-t-il.
Il y eut un silence gêné des deux côtés du lien télépathique, puis Aithusa reprit la parole.
-Maintenir le lien avec vous demande de l'énergie, je vais devoir y mettre fin. Tout ce que je vous ai dit a modifié l'avenir. Avant, mes visions me montraient une victoire de Mordred, mais j'espère que le fait de vous avoir prévenu a changé cela. Peut-être aurais-je une nouvelle vision pour me montrer l'avenir tel qu'il s'annonce maintenant qu'il a été modifié, et je prie pour que cet aperçu soit porteur de bonnes nouvelles. En revanche, je ne pense pas pouvoir vous recontacter, je n'en aurai pas la force. Vous devrez trouver vous-même le moment idéal pour dire la vérité à votre valet. Sachez simplement qu'il faut que ce soit peu, voire très peu, de temps avant l'attaque de Mordred, lorsque Merlin sera au plus profond de sa détresse
-J'ai peur, Dame Aithusa. Je crains de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir repérer le bon moment et de mener mon peuple à la catastrophe.
Pourquoi se confiait-il à cette enfant ? C'était égoïste et parfaitement ridicule, mais cela le fit se sentir un peu mieux. La dragonne eut un petit rire sans joie :
-En tant que roi de Camelot, le rôle que vous allez jouer dans cette guerre est forcément conséquent… Si cela peut alléger votre fardeau, essayez de vous représenter le poids de la responsabilité que moi-même je porte, née il y a tout juste quelques mois et à ce jour la seule créature vivante capable de modifier le destin.
Arthur esquissa un sourire et soupira :
-Une fois que la guerre sera finie… Si elle se finit un jour… Si nous avons gagné…. Si Camelot tient encore debout… Si je suis encore vivant… Cela vous intéresserait-il de rejoindre ma Table Ronde ?
Elle ne s'attendait visiblement pas à cette proposition.
-Vous voulez faire de moi un chevalier ? dit-elle en riant. Je n'ai jamais tenu une épée de toute ma vie !
-Pas nécessairement un chevalier. En théorie, il n'y a pas que des chevaliers autour de la Table Ronde. La première réunion de ses membres réunissait les personnes qui m'ont aidé à reprendre le pouvoir à Morgane la première fois qu'elle s'en est emparé. Il y a des chevaliers, c'est vrai, mais il y a aussi mon épouse… et Merlin. Camelot est aujourd'hui à nouveau en difficulté, et vous faites partie de ceux qui se battent pour la sauver. J'aimerais qu'un jour la Table Ronde réunisse non seulement Merlin, Guenièvre et les chevaliers, mais aussi des sorciers et des créatures magiques. Vous méritez cette place… à moins bien sûr que vous ne désiriez pas l'occuper.
-Arthur, je ne sais pas quoi vous dire, je suis très honorée de votre offre.
-Est-ce que vous l'acceptez ?
-Je ne sais pas. Mais je vous promets d'y réfléchir. Je dois cependant vous dire une chose : si vous me faites cette proposition parce que vous pensez que j'ai sauvé l'avenir de Camelot, vous vous trompez. Rien ne nous assure que ce que j'ai fait protègera le royaume.
Arthur secoua la tête :
-Vous m'avez expliqué votre plan. C'est à moi d'agir.
Il se redressa.
-J'ai besoin de savoir une chose, reprit-il. Pourquoi n'avez-vous pas prévenu Merlin lui-même ? Pour lui dire qu'il sera bientôt anéanti par la tristesse… Cela lui permettrait de réfléchir à un moyen de l'éviter.
-J'y ai pensé mais je ne crois pas qu'il soit capable de lutter seul contre l'accablement qui l'attend.
-Vous vous trompez peut-être, cela ne coûte rien d'essayer… Si cela ne fonctionne pas, je ferai ce que vous attendiez de moi et lui dirai que je souhaite autoriser la magie.
-Au contraire. Vous ne le savez pas, mais Merlin a fait l'expérience du destin comme d'une chose inéluctable. Il a, par le passé, connu des bribes d'avenir et, malgré tous ses efforts, il n'a pas été capable d'empêcher que les choses se produisent. Seule l'action d'un dragon blanc peut aller contre le destin, c'est pour cela qu'il n'a rien pu faire. Malheureusement, Merlin est intimement convaincu que l'avenir, une fois connu, est inévitable. C'est pourquoi il évite à tout prix de le connaître. Il en a une peur terrible. S'il apprend qu'il est destiné à sombrer dans la tristesse, il risque de penser que c'est inéluctable et cela pourrait précipiter les évènements. Lui dire que mon intervention de dragon blanc implique que le futur peut être modifié ne serait pas forcément suffisant pour calmer cette angoisse profonde qu'il a en lui.
Merlin avait connu des bribes d'avenir ? Arthur secoua la tête. Plus il en apprenait sur son valet, et plus il se rendait compte de la double vie que celui-ci avait menée.
Aithusa parut sentir sa détresse car elle enchaîna sur autre chose :
-Il faudra faire en sorte que Merlin n'ait pas de soupçons sur vos intentions de ramener la magie à Camelot. Il sait que vous êtes destiné à la ramener un jour, mais il ne sait pas quand cela doit se produire. Il ne sait donc pas que tout cela est imminent. Il ne doit apprendre la nouvelle qu'après avoir sombré dans le chagrin. S'il devine la vérité avant le bon moment, il sera heureux un instant mais cela ne l'empêchera pas de plonger peu de temps après. Ce qui compte, c'est l'instant même de la révélation : le moment précis où il comprendra vos intentions. Seul ce moment possède la force nécessaire pour le sauver.
Pourquoi ? Toujours cette même question, mais la dragonne avait déjà refusé d'y répondre. Si Merlin attendait tant le retour de la magie c'était forcément par amitié envers Emrys mais… Quelque chose m'échappe, s'agaça à nouveau Arthur. Il s'intima de ne plus ruminer de pensées si frustrantes, lâchant la fleur qu'il s'apprêtait à déraciner dans son besoin de calmer ses nerfs.
-Vous comprenez, Arthur ? Merlin ne doit surtout pas s'attendre à quoi que ce soit pour que votre révélation ait l'effet voulu.
-Oui, je comprends, dit-il. J'espère simplement que vous avez bien évalué la situation et que ma contribution sera suffisante.
-Elle le sera, promit-elle avec conviction. Si Merlin entend cette nouvelle de votre bouche, il ira mieux. J'en suis certaine.
Le pensait-elle vraiment ? Et si elle feignait la certitude pour ne pas le décourager ? Aucune vision ne lui avait confirmé le succès de son plan pour l'instant. Le souverain voulait y croire mais il restait désespérément dubitatif.
Le murmure d'Aithusa interrompit sa réflexion :
-Je dois vraiment mettre fin à cette conversation, dit-elle doucement.
-D'accord.
Il se demanda si elle pouvait sentir son appréhension dans cette réponse.
-Je…
Il semblait qu'Aithusa hésitait à rompre le lien.
-Arthur, je voudrais vous dire une dernière chose.
Son ton à la fois grave et gêné intrigua le roi.
-Je sais que mes méthodes sont condamnables, dit-elle, et je sais qu'elles vous mettent mal à l'aise. Même si je ne peux forcer personne à commettre le pire, mon pouvoir garde quelque chose de douteux à vos yeux.
Que pouvait-il lui répondre ? Elle avait raison : il s'inquiétait de voir ce qu'elle était capable de faire. Il y avait pourtant plus effrayant encore comme perspective : n'avait-elle pas précisé qu'Emrys était encore plus puissant qu'elle ? Temporairement incapable d'utiliser la magie à distance mais parfaitement apte à s'entraîner pour finalement y arriver. Le souverain espérait ne jamais devenir l'ennemi de ces deux êtres si dangereux. Peut-être eux aussi allaient-ils un jour le trahir. Pourquoi pas ? Ce ne serait pas la première fois. D'autant qu'aucun des deux ne faisait preuve d'une très grande transparence : Emrys cultivait le mystère, et la dragonne avait aussi ses secrets. Toutefois, cette dernière avait au moins fait preuve de bonne volonté en lui en disant le plus possible. Elle devait savoir qu'il n'apprécierait pas d'apprendre ce qu'elle avait fait, mais elle lui en avait tout de même parlé. Il voyait bien qu'elle lui donnait le plus d'informations possible pour qu'il ne se retrouve pas démuni face à ses ennemis. Il aurait voulu qu'Emrys en fasse de même, mais le sorcier restait désespérément hors de portée.
-C'est vrai, reconnut-il. Votre pouvoir m'effraie.
Elle lui répondit d'une voix si faible qu'il se demanda si elle était au bord des larmes :
-Vous savez… moi aussi il m'effraie. Mais j'étais face à un choix : l'utiliser ou laisser ma vision se réaliser.
-Bien sûr, je le sais, je ne vous reproche rien.
Elle ne l'écoutait pas :
-Vous savez qui m'a donné la force de faire ce choix ?
-Je ne sais pas… Est-ce que c'est Emrys?
-Précisément. Il ne m'a pas encouragée directement, mais j'ai beaucoup appris en observant son passé par le biais des cristaux. Il a dû faire de nombreux choix de ce type, allant jusqu'à sacrifier son propre bonheur ou se retourner contre une amie qui lui était chère. C'est de mes propres yeux que je l'ai vu pleurer alors qu'il trahissait Morgane.
Arthur ne cessait jamais d'être surpris par ce qu'il apprenait de ce sorcier qui lui avait d'abord été présenté comme un individu surpuissant. Les révélations d'Aithusa prouvaient qu'il était aussi un être humain. Emrys n'était étranger ni à l'amitié, ni à l'espoir, ni à la souffrance.
-Je ne vous reproche rien, répéta-t-il. Vous n'aviez pas le choix. Si vous n'aviez rien fait, nous aurions été condamnés.
-Je le sais bien. Si je pouvais recommencer je ferais exactement la même chose. Peut-être que mon plan échouera… et j'aurais alors manipulé ces gens pour rien… mais j'aurais au moins fait tout mon possible.
-Ne vous en faites pas, dit-il d'une voix rassurante. Vous avez fait le bon choix. Les efforts que vous avez déployés sont incroyables, et je vous remercie.
Arthur se demanda si ce qu'il avait fait à Dame Viviane pouvait aussi être considéré comme l'un de ces choix difficiles. Depuis qu'il lui avait offert le bracelet doré, elle n'aimait plus seulement le roi mais aussi Lancelot. Elle était sous l'emprise de deux sortilèges d'amour à la fois, et le résultat était perturbant… Il y avait à présent un vide derrière son regard, comme si elle était ailleurs, perdue dans ses rêves. Avait-il vraiment fait le bon choix ? L'alternative aurait été de la laisser souffrir éternellement de ses sentiments pour Arthur, il fallait bien qu'il tente quelque chose pour l'aider !
-Encore une chose, dit la dragonne. Tant que vous n'aurez pas tout dit à Merlin, n'entrez pas en contact avec Emrys. C'est très important. Il faut d'ailleurs que je prévienne votre ami druide, Chris, de ne pas lui transmettre votre message disant que vous souhaitez autoriser la magie.
L'air interrogatif du roi dut être suffisant pour exprimer ce qu'il pensait, car elle s'expliqua immédiatement :
-Les futures actions d'Emrys ne doivent pas être influencées et, malheureusement, ce serait forcément le cas si vous échangiez ne serait-ce que quelques mots. Je suis navrée, je ne peux vraiment pas en dire plus.
Arthur se contenta de hocher la tête, malgré sa curiosité et son incompréhension. Il espérait que la dragonne aille un peu plus loin mais elle restait silencieuse. C'était la fin de la conversation.
-Bonne chance, fit-elle simplement.
Elle rompit le lien télépathique.
Sous l'apparence de Guy, Merlin frappa chez Morgane et attendit qu'elle vienne lui ouvrir. Quand elle le vit, elle marqua un temps d'arrêt.
-J'ai finalement été libéré de mes obligations, expliqua-t-il.
Ils devaient trouver comment détruire le bracelet. La nuit précédente, ils s'étaient endormis avant d'avoir eu le temps de lire tous les livres traitant du sujet.
-Tu es revenu pour finir nos recherches ?
Il hocha la tête et elle s'écarta pour le laisser entrer.
Aithusa venait de rompre la communication télépathique avec Arthur lorsqu'une pensée la frappa : elle n'aurait jamais pu prévenir le roi à temps si Merlin n'avait pas été absent de Camelot toute la matinée ! Si le jeune valet avait été à son poste dès le réveil du souverain, celui-ci lui aurait expliqué qu'il souhaitait autoriser la magie avant même que la dragonne ne projette sa conscience à Camelot.
Si Merlin n'avait pas eu une forme de confiance vis-à-vis de Morgane, il ne se serait pas endormi chez elle et aurait été à son poste dès le réveil du roi, Aithusa n'aurait donc pas eu le temps de prévenir Arthur, celui-ci aurait révélé bien trop tôt ces intentions, et la bataille contre Mordred aurait été définitivement perdue. D'une certaine manière, l'issue de la bataille avait été modifiée par le lien de confiance qui unissait Merlin et Morgane, et la jeune dragonne ne pouvait s'empêcher de voir là un clin d'œil du destin.
Elle avait longtemps pensé que l'amitié des deux sorciers n'était importante que parce qu'elle ferait changer la jeune femme de camp, mais peut-être ce lien aurait-il un plus grand rôle.
Note : Hello :) Alors je suis désolée du temps de retard, j'ai vraiment eu du mal avec ce chapitre, il y avait pas mal de choses à coordonner. Merci à dobbymcl, Abeille, fandemerlin et Gwenetsi pour vos reviews. Pour ce qui est de Jean Philippe… euh… je ne vois pas du tout l'intérêt de faire de la publicité pour des prêts dans les commentaires d'une petite fanfiction Merlin mais en tout cas ça m'a bien fait rire !
