Chapitre 62 : Léon
Soigner Gwen et Gilli.
De retour aux appartements de Gaïus, Arthur vit que Léon l'attendait auprès des blessés. Elyan et Hunith, qui se reposaient ensemble au fond de la pièce, avaient déjà fait le récit de leurs mésaventures en attendant son retour. Rien n'avait été omis. La véritable identité de Tina et Fina. Les évènements qui s'étaient déroulés sur l'île de Mordred. L'intervention d'Emrys. L'aide apportée par Kilgarrah. Initialement sous le choc, Léon avait rapidement compris la nécessité d'accepter ce soutien magique dans ces circonstances si exceptionnelles. S'il avait des questions ou des doutes à ce sujet, il avait pour l'instant l'air de les garder pour lui. De son côté, la mère de Merlin avait aussi pensé à rassurer tout le monde quant à l'absence de son fils. Elle avait en particulier rappelé à Gaïus qu'Emrys et Gauvain avaient probablement déjà retrouvé le jeune valet à l'heure qu'il était, et qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Occupé à humecter les lèvres de Gilli, le médecin aux sourcils perpétuellement froncés ne semblait de toute façon pas plus soucieux que d'habitude. Du fait de son lien secret avec le sorcier, il devait lui faire confiance pour secourir son protégé en cas de danger.
Il était temps de fournir à Gwen et Gilli, toujours désespérément inconscients, l'énergie dont ils avaient besoin. Echangeant un bref regard avec Gaïus, Arthur s'approcha de son épouse et glissa l'un des bijoux ornés dans sa main. Il ne constata aucune différence chez elle, mais la gemme avait réagi. On voyait désormais des filaments de lumière onduler à sa surface et se déplacer vers la paume qui l'accueillait. Le médecin hocha la tête. Cela fonctionnait. Une vague de soulagement traversa le souverain, mais il eut l'impression qu'elle lui parvenait amoindrie. Comme s'il n'arrivait plus à ressentir ses propres joies. Même s'il ignorait volontairement les émotions négatives qui l'empêchaient de se concentrer sur ses missions, il s'agissait là d'autre chose. Une forme d'apathie non désirée avait aussi pris la place des émotions positives. Et malheureusement, on ne pouvait pas non plus dire que ses efforts pour repousser le négatif fonctionnaient comme il l'aurait voulu. Il parvenait à l'écarter chaque fois que celui-ci se présentait mais pas avant d'avoir reçu sa force de plein fouet. Inutile de préciser qu'il se savait particulièrement instable émotionnellement : désormais indifférent au bonheur, il se découvrait en plus une sensibilité exacerbée au malheur, tout en s'en coupant continuellement dès son apparition. Il posa un second joyau sur la poitrine de Gwen avant de se tourner vers Gilli et de réitérer l'opération. Chaque morceau devait être en contact direct avec la peau. Désormais, il fallait leur laisser le temps de se réveiller, et impossible de savoir combien de jours, de semaines ou de mois cela prendrait.
Après un nouvel examen des blessés, Gaïus se tourna vers Arthur et lui demanda comment lui-même se portait. Ce n'était pas une interrogation innocente : le vieil homme voulait certainement savoir si la confrontation avec Mordred et la rencontre avec Emrys avaient changé quelque chose en lui. S'il avait été affecté par ces évènements mais aussi s'ils avaient transformé son point de vue sur la magie. Quelle surprise cela devait être pour le vieil homme que de voir le fils d'Uther utiliser de la résine d'ambre ensorcelée par un dragon et accepter la nature de sorcier de Gilli. Sans parler d'Emrys, à qui il avait confié la sécurité de Merlin. Le souverain évita ce regard et éluda la question d'un simple oui, qui fermait la discussion avant même de l'avoir entamée. Il ajouta quelques mots faussement agacés pour feindre de n'avoir fait appel à la magie qu'en dernier recours et non par véritable adhésion. Le problème était toujours le même : il ne pouvait pas donner de signes d'acceptation de la sorcellerie puisque cela risquait d'arriver aux oreilles de Merlin avant le moment choisi par Aithusa. Connaissant le lien privilégié de Gaïus et de son protégé, il serait d'autant plus imprudent de révéler son point de vue en sa présence. Jouer avec le destin n'était pas une chose aisée et cela impliquait beaucoup de secrets. Comment avait bien pu faire Emrys pour vivre avec ce poids toutes ces années ?
Le médecin eut un mouvement de recul devant cette réaction, comme s'il ne le reconnaissait pas, et le regard d'Arthur s'éteignit un peu plus.
-Sire, dit le Seigneur Léon, je dois vous parler d'un sujet important. Serait-il possible d'en discuter… à l'extérieur ?
Le roi acquiesça, saisissant à la volée cette occasion d'éviter le vieux médecin. Il eut un dernier coup d'œil morose pour Gwen et Gilli avant de sortir de la pièce, tout en se demandant pourquoi le chevalier souhaitait lui parler seul à seul.
Ce dernier sortit à son tour et referma la porte derrière eux avant de prendre la parole dans un murmure :
-Accepteriez-vous de me suivre ? Je pourrai tout vous expliquer en chemin.
Et où allons-nous ? Il lui emboîta tout de même le pas.
-Voilà, commença Léon alors qu'ils avançaient côte à côte, je voudrais vous parler d'un évènement qui s'est produit récemment. Si vous vous souvenez bien, vous m'avez récemment confié la mission de veiller sur la Princesse Viviane, et j'ai depuis fait de mon mieux pour m'y tenir… Ce que vous ignorez peut-être, c'est que malgré cette surveillance quasi constante, son obsession pour vous l'a plusieurs fois menée à m'échapper pour se faufiler jusqu'à vos quartiers. Je l'ai parfois trouvée rôdant devant votre chambre.
Les manœuvres de la princesse étaient loin d'être une surprise. Arthur l'avait trouvée seule plus d'une fois dans le château, mais il s'étonna d'apprendre qu'elle se rendait si souvent à l'étage des appartements royaux. Mais comme à chaque fois qu'il pensait à la jeune femme, c'était surtout son cœur qui se serrait en se remémorant le sortilège d'amour dont elle était toujours prisonnière. En lui offrant le bracelet jadis ensorcelé par Morgane pour que sa porteuse tombe amoureuse de Lancelot, il avait atténué les effets du premier enchantement en divisant l'attention de Viviane entre deux personnes mais il n'avait pas résolu le problème de fond.
Ils bifurquèrent pour sortir du couloir.
-Juste avant d'apprendre votre disparition, dit Léon, je l'ai une nouvelle fois découverte à l'étage de vos appartements… Comme à chaque fois, je l'en ai éloignée et je lui ai proposé de faire une promenade à l'extérieur pour lui changer les idées.
Il n'avait probablement jamais autant parlé en une seule fois et, comme Arthur ne l'interrompait pas, il poursuivit :
-La princesse et moi-même déambulions ensemble dans la ville basse lorsque nous avons croisé quelqu'un. Un jeune homme allant dans l'autre sens, parfaitement normal à première vue.
-A première vue ?
-Eh bien au début je ne m'en suis pas méfié, mais… Voyez-vous, Dame Viviane avait sur elle ce miroir qu'elle a récemment trouvé et dont elle ne se sépare jamais.
Arthur se figea. Se pouvait-il que… ?
Léon s'était interrompu devant l'expression du souverain, mais celui-ci l'invita à continuer.
-Elle s'y observait tandis que cette personne passait à côté de nous, et c'est à ce moment-là que c'est arrivé. Le miroir a capté l'espace d'un instant le reflet du garçon, mais l'image qu'il renvoyait n'était pas identique à celle que nous avions sous les yeux. Ses yeux étaient dorés.
Arthur se crispa un peu plus :
-Qu'avez-vous fait ?
-Je lui ai demandé de s'immobiliser et je l'ai à nouveau comparé à son reflet pour être sûr que je n'avais pas rêvé. Mais ce n'était pas une erreur : son image telle qu'elle apparaissait dans le miroir gardait les yeux dorés, contrairement à la mienne ou à celle de Dame Viviane qui restaient conformes à la réalité. Ce miroir doit avoir des propriétés magiques. D'une manière ou d'une autre il révèle la magie chez les gens.
Il sortit l'objet de ses vêtements, vraisemblablement confisqué à la jeune femme, et il le tendit à Arthur. Cela confirma ce que ce dernier venait de comprendre : c'était le miroir qu'il avait lui-même perdu. Celui qu'il avait pris chez l'Archiviste quelques jours plus tôt et dissimulé dans un tiroir de son bureau. Celui qui avait mystérieusement disparu peu de temps après. Si Viviane cherchait régulièrement à s'introduire chez lui, il était tout à fait probable qu'elle y soit un jour parvenu et qu'elle ait subtilisé cet objet. Cette explication était particulièrement rassurante puisqu'elle signifiait que ce n'était pas un ennemi qui avait mis la main dessus mais bien quelqu'un qui ignorait ce dont il s'agissait et qui n'avait aucune intention de révéler où il l'avait trouvé.
Le roi s'en saisit mais l'empocha rapidement, avant qu'il renvoie le reflet d'un autre malheureux qui passerait par hasard dans les couloirs à ce moment-là.
-Est-ce que… Est-ce que vous l'avez arrêté ? reprit-il, ramenant la conversation sur l'inconnu aux yeux dorés.
Léon hocha la tête mais on percevait une nette réticence dans ce geste. Ils rejoignirent l'entrée du château et se dirigèrent vers les escaliers. Ils se rendaient aux cachots.
-J'ai fait emprisonner cet homme, comme le prescrit la loi, et il n'a pas opposé de résistance. C'est un druide. Je… Je pense en réalité qu'il n'est pas le seul à vivre aux alentours et à se trouver dans la ville basse de temps à autres, comme pourrait l'être n'importe qui. Il vaquait simplement à ses occupations et il a eu la malchance de tomber sur nous. On en vient justement à ce que je voulais vous demander.
Il ralentit le pas alors qu'ils approchaient des cachots :
- Vous savez que j'ai vécu une expérience particulière auprès des druides il y a quelques années : ils m'ont pratiquement ramené d'entre les morts. Cette communauté s'est toujours montrée pacifique, à l'exception bien sûr de Mordred. Ce que j'essaie de vous dire c'est que… je ne pense pas que ce jeune homme mérite la mort, ou même l'emprisonnement. Je sais que vous avez promis l'année dernière de traiter ces gens avec le respect qu'ils méritent, mais je ne sais pas si cela s'applique à ceux qui pratiquent la magie, et je ne sais pas non plus si cela s'applique à ceux que nous trouvons au cœur même de notre cité.
Arthur gardait le silence. Si vous saviez comme mon point de vue sur la question a évolué…
Il admirait plus que jamais le comportement du chevalier, qui avait l'intelligence de s'interroger sur le bienfondé des lois tout en traitant ses doutes de la manière la plus honorable possible. Il avait suffisamment de respect envers le roi pour prendre le risque de lui en parler. Il ne devait pas être le premier de son entourage à entretenir de telles pensées, mais il était le premier à lui en faire part. Honnête, réfléchi, efficace, il représentait peut-être la relève espérée quand viendrait le moment de renoncer au trône. C'était un homme droit qui avait toujours fait preuve de noblesse et d'intelligence, et il avait particulièrement bien géré la situation lorsqu'il avait découvert la disparition du couple royal, organisant des recherches sans pour autant alerter les autres dirigeants toujours présents au château et dont les réactions auraient été difficiles à contenir.
Mais.. était-ce réellement une bonne idée que d'imposer au peuple un dirigeant connu pour ses années de service auprès d'Uther ? En quoi serait-il plus accepté par les sorciers à travers le royaume ? Arthur soupira pour lui-même. Mieux valait oublier cette idée.
Il n'eut pas le temps de se poser plus de questions car ils arrivaient devant la geôle que voulait lui montrer Léon, la geôle du prisonnier pour qui il plaidait. Un jeune homme les regardait à travers les barreaux.
Chris.
Etourdi, le roi repensa à sa dernière conversation avec le jeune druide. Oh. Il lui avait fait promettre de rester en sécurité hors de la cité, où il ne courait pas le risque de se faire arrêter, tout en lui demandant de transmettre un message de paix à Emrys. Sans comprendre que ces deux requêtes entraient en contradiction puisque que le sorcier vivait à Camelot. Arthur l'ignorait à ce moment-là mais, connaissant à présent la vérité, il se rendait compte de la position délicate dans laquelle il avait placé son allié. Quel idiot il avait été, il aurait dû se douter que la présence d'Emrys à Camelot était une possibilité ! Une question persistait malgré tout. Aithusa avait plus tard indiqué à Arthur qu'il ne devait pas prendre contact avec Emrys pour l'instant, et elle lui avait dit qu'elle s'occuperait d'en parler à Chris pour annuler la mission qu'il lui avait confié. Alors pourquoi Chris avait-il tout de même essayé ? Avait-il simplement été prévenu trop tard ? Si c'était le cas, l'avenir que tentait de modeler la jeune dragonne avait peut-être été irrémédiablement affecté. Dès qu'il le pourrait, Arthur devrait avoir une conversation avec lui pour clarifier tout cela.
-Sire, je suis désolé.
Chris s'était exprimé par télépathie pour n'être entendu que d'Arthur, mais ce dernier ne pouvait pas lui répondre, lui rappeler qu'il n'avait aucune raison de s'excuser. Le regard fatigué par une nuit en cellule, le druide le dévisageait d'une façon qui le mit terriblement mal à l'aise. Zut ! J'avais oublié qu'il perçoit l'état d'esprit des gens. Nul doute que le désordre émotionnel qui noyait désormais le souverain l'avait interpellé. Celui-ci baissa les yeux, décontenancé.
Il se força à reprendre ses esprits et vérifia qu'ils étaient bien seuls dans la pièce. Il jaugeait les différentes possibilités qui s'offraient à lui. Il voulait libérer Chris et il y avait plusieurs façons d'y parvenir. Il pouvait mentir et prétendre refuser de le libérer pour ensuite le relâcher en cachette, comme il l'avait fait pour Ali. Mais il n'aimait pas cette idée. Il refusait de donner à Léon l'impression que sa demande était ignorée, que ses doutes étaient écartés d'un revers de main, d'autant plus qu'ils étaient parfaitement justifiés. Un tel éveil ne devait pas être tué dans l'œuf. Une autre façon de s'y prendre serait donc de valider ici et maintenant la proposition de rendre sa liberté à Chris tout en faisant promettre au chevalier de n'en parler à personne pour l'instant. Rien ne portait à croire que celui-ci collaborait avec Merlin, Gaïus, Emrys ou toute autre personne à qui il était important de dissimuler son changement de point de vue sur la question de la magie. Bien sûr, il y avait toujours une part de risque si Arthur se dévoilait à lui, mais elle était en somme plutôt réduite.
Sa décision était quasiment prise lorsqu'il se souvint de ce qu'il avait dans la poche.
Sans dire un mot, il ressortit le miroir et s'y observa. La mine grise de son propre reflet lui déplut. Il tendit ensuite l'objet devant lui et invita Léon à se placer dans son axe à ses côtés. Intrigué, celui-ci se plia tout de même à cette requête. L'image que leur renvoyait le miroir montrait deux hommes aux yeux bleus. Deux combattants au service de Camelot qui remettaient aujourd'hui leurs certitudes en doute pour le bien du peuple.
-Très bien, dit Arthur en rangeant l'objet.
L'absence d'or dans l'œil du chevalier attestait du fait qu'il n'était pas Emrys, même si c'était déjà une quasi-certitude. Et la possibilité qu'il soit en contact avec le petit groupe de personnes à écarter à tout prix était extrêmement réduite. Cela devrait bien suffire. De toute façon, Arthur n'était pas obligé de tout révéler, il pouvait garder au minimum la quantité d'informations qu'il donnait.
-Seigneur Léon, demanda-t-il, depuis combien de temps vous posez vous ces questions sur les druides ?
-Elles sont nées le jour où ils m'ont guéri mais je n'y ai pas immédiatement accordé autant d'importance. Puis, vous avez fait cette promesse l'année dernière de ne plus pourchasser leur peuple, et je me suis aperçu que j'étais profondément d'accord avec vous. Il n'y a pas très longtemps, nous avons capturé un sorcier, probablement un druide aussi d'ailleurs, je pense que vous vous en souvenez. Je parle de celui qui s'est échappé sans qu'on sache vraiment comment. Je me suis rendu compte à ce moment-là que c'était un soulagement pour moi de voir que son destin n'était plus entre nos mains…
Il parlait d'Ali. Arthur décida de garder pour lui le fait qu'il avait lui-même libéré cet homme. Il ne souhaitait pas non plus parler de son lien avec Chris. Il valait mieux ne pas tout raconter pour minimiser les risques. Et s'il était honnête avec lui-même, il devait bien avouer qu'il n'avait pas réellement envie de tout dire à Léon, ou même à qui que ce soit. Il ne voulait pas franchir ce pas qui le mènerait à raconter tout ce qui lui était récemment arrivé, tout ce qu'il avait découvert, et à parler de son père, de sa naissance et de la Purge, des sacrifices d'Emrys et ses alliés, de tout le mal qu'il avait lui-même causé. De remuer le couteau dans la plaie. Ces points de douleur, il voulait les garder pour lui-même, les enfouir au fond de son âme, ne rien dévoiler à personne. A part peut-être Guenièvre lorsqu'elle se réveillerait… Mais il devait s'ouvrir sur le plus important :
-Vous avez bien fait de m'en parler. Je ne souhaite pas le révéler à qui que ce soit d'autre pour l'instant, mais je suis d'accord avec vous. Je considère depuis quelques temps maintenant que mon père a fait une terrible erreur en bannissant la magie et en pourchassant les sorciers. En conséquence, je lèverai bientôt cette loi. Mais il faut attendre un peu : nous allons dès maintenant libérer ce druide mais vous devez me faire la promesse sur ce que vous avez de plus cher de n'en souffler mot à personne tant que je n'aurai pas rendu mes intentions publiques.
Le chevalier était bouche bée.
-Vous…, bégaya-t-il enfin, vous souhaitez autoriser l'usage de la magie ?!
-C'est la suite logique, n'est-ce pas ? Vous avez vu de vos propres yeux qu'elle pouvait être utilisée pour faire le bien, comme n'importe quel outil ou comme n'importe laquelle des capacités physiques ou mentales de l'homme.
Léon ne disait rien mais il hochait la tête de manière si imperceptible qu'il ne s'en rendait sans doute pas compte lui-même.
-Pour tous les sorciers ? Et non uniquement les druides ?
-Réfléchissez-y. Si les druides ne sont pas corruptibles par la magie alors pourquoi le reste du monde le serait-il ?
L'approbation du chevalier se manifestait malgré toute la retenue dont il faisait preuve. S'exprimer en faveur de la sorcellerie semblait presque contre nature après toutes ces années au service d'Uther, mais il avait déjà commencé à se questionner de son côté et les mots de son roi ne faisaient que compléter ce dont il avait certainement conscience de manière floue. Après quelques instants d'intense réflexion, il acquiesça à nouveau, cette fois-ci plus franchement :
-Je vous promets de ne rien dire de tout cela à quiconque tant que vous n'en aurez pas vous-même parlé.
Arthur le remercia et s'éloigna quelques instants pour récupérer les clés de la geôle auprès de l'un des gardes qui gardaient l'entrée de la sortie des souterrains. Il lui expliqua que l'un des prisonniers était là par erreur. Lorsqu'il revint auprès de Léon et Chris, il vit les deux hommes en pleine discussion. Le second remerciait chaudement le premier d'avoir plaidé en sa faveur, touché de voir un noble de Camelot prendre la défense de son peuple si longtemps persécuté. Léon s'excusait avec solennité d'avoir dû l'emprisonner. Des deux côtés, l'émotion était palpable.
Le souverain se râcla la gorge pour attirer leur attention et il brandit la clé :
-Allons-y, dit-il.
Allons-y.
Note : Merci à Sapindetin et Gwenetsi pour vos commentaires, ainsi qu'à deaths56 pour l'ajout de cette histoire et de mon profil à ses favoris et « follows » !
