Crime

Note de l'auteure : suite à la demande d'une lectrice, voici la suite de l'enquête dans le chapitre "c'est pas vrai". Attention mention de viols et de violences.


Stede était en train de vérifier les stocks pour passer les commandes pour le bar quand on toqua à la porte de son bureau. Il alla ouvrir et se retrouva face à Ed :

-Bébé, la police est de retour, pour l'affaire de la jeune fille de l'autre fois.

-Oh d'accord, qu'ils entrent.

-Ok je leur dit que c'est bon.

Ed l'embrassa rapidement et partit. Stede regarda par la grande vitre de son bureau qui donnait sur l'intérieur de la boîte de nuit. Izzy était en train de discuter avec la police, il avait l'air grave. Ed arriva près d'eux, leur parla et les policiers partirent en direction du bureau de Stede.

Quelques instants plus tard, ils toquèrent à la porte. Stede ouvrit et les salua tout en les invitant à entrer. Les policiers le remercièrent et l'un d'eux déclara une fois assis :

-Monsieur Bonnet, nous venons vous voir suite à la plainte que la jeune femme a déposée il y a quelques temps.

-Oui.

-Eh bien notre enquête ne nous avait pas permis d'identifier son agresseur car malgré nos efforts aucune image de bonne qualité n'avait pu montrer son visage, et cet individu a récidivé après avoir appris que sa victime avait porté plainte. Il l'a agressée à nouveau, mais cette fois plus violemment. Il l'a violée une fois de plus, et cette fois il lui a également provoqué plusieurs blessures, certaines très graves. Pour résumer, il a très salement amoché la pauvre jeune femme et ll'a laissée pour morte dans une ruelle. Mais lorsqu'elle est revenue à elle et s'est rendue dans notre commissariat pour déposer une nouvelle plainte, elle nous a dit qu'elle l'a formellement reconnu et que c'était le même homme que la dernière fois. Nous avons réussi à l'identifier cette fois car il a laissé de l'ADN sur la victime et sur une caméra de surveillance son visage est apparu plus nettement alors qu'il quittait la scène de crime.

-Oh… c'est horrible, pauvre jeune femme ! Comment va-t-elle ?

-Elle se remet peu à peu.

-Nous sommes ici car il s'agirait d'un homme qui est habitué à votre établissement et qui serait un ami de vieille date d'un de vos videurs. Il a un casier judiciaire et est connu sous le nom de Calico Jack. Malheureusement nous n'avons pas trouvé de domicile connu à ce jour, il est donc difficile pour nous de le trouver.

Stede se déconfit et se passa une main dans les cheveux :

-Oh… en effet oui, c'est un ami d'enfance de mon compagnon qui est videur.

-C'est ce que j'ai cru comprendre, votre… hum… second compagnon, du coup, nous a dit ça près du bar.

Stede rougit légèrement :

-En effet. Me permettez-vous de demander à Ed de venir ? C'est son ami, il pourra sûrement vous aider.

-Bien sûr allez-y.

Stede alla donc chercher Ed et ils revinrent dans le bureau. La police expliqua toute l'affaire à Ed, et celui-ci se mit à fulminer :

-Quelle ordure ! Je vais vous dire tout ce que je sais sur lui.

Et là, Ed commença à tout raconter : les conneries qu'ils avaient faites dans leur jeunesse, la longue période où il avait cru son ami mort car il avait disparu de la circulation, la police lui apprit que c'était la période où il avait été emprisonné pour un braquage à main armée, puis le retour de Calico Jack dans sa vie du jour au lendemain, le fait qu'il soit devenu encore pire qu'avant, par exemple quand ils avaient fait une soirée (en oubliant de préciser que c'était pour son enterrement de vie de garçon) et qu'il avait tabassé un clochard et tenté d'agresser une strip teaseuse quand elle avait refusé de lui faire une danse privée parce qu'il n'avait pas assez d'argent et qu'en plus il était ivre mort. Ed s'était senti si bête et mal qu'il n'avait pas su comment réagir après cela, il avait simplement pris ses distances avec son ami pendant quelques temps. Ed leur donna la dernière adresse que son ami lui avait donné quelques semaines plus tôt ainsi que son numéro de téléphone. La police prit des notes et remercia le duo avant de demander à Ed :

-Seriez-vous prêt à témoigner contre lui lors d'un procès ?

-Oui, sans hésiter. Il n'est plus mon ami, c'est un monstre qui mérite de finir sa vie derrière les barreaux !

-Très bien, merci Monsieur Teach, merci aussi Monsieur Bonnet, nous vous tiendrons au courant.

-Merci messieurs, au revoir.

Les policiers quittèrent le bureau, laissant les deux hommes seuls. Ed ne dérageait pas, et Stede avait beau tout tenter, ça ne changeait rien. Il alla chercher Izzy pour lui demander son aide, mais les tentatives de ce dernier ne changèrent rien non plus. Finalement ils rentrèrent et Ed n'avait toujours pas décoléré.


Quelques semaines plus tard, Ed reçut une lettre de l'avocat de la jeune femme lui demandant de témoigner contre Calico Jack lors de son procès, puisqu'il avait été arrêté. Ed répondit aussitôt qu'il acceptait par un autre courrier, il voulait que ce fou qui lui avait servi d'ami soit puni pour ses actes monstrueux. Ed n'avait pas toujours eu un comportement exemplaire, mais jamais il n'aurait pu commettre d'acte aussi odieux et révoltant. Certes il lui était arrivé de voler à la tire parfois dans son adolescence ou de bousculer un peu quelques personnes pour leur faire peur quand elles ne voulaient pas coopérer, mais jamais il n'avait commis de vraies violences ni de crimes aussi graves que ce que Jack avait fait avec cette pauvre jeune femme.


Plus il y pensait et plus il avait semblé à Ed se rappeler, à travers ses souvenirs rendus brumeux à cause de l'excès d'alcool, que cette nuit-là aussi, Calico Jack avait commis un viol. Ils avaient croisé une serveuse qui quittait le bar où elle travaillait, Jack l'avait suivie, laissant Ed tituber avec les autres, puis étaient revenus tout sourire en disant que la fille avait eu son compte même si elle avait tenté de résister. Ed avait donc été voir la jeune femme qui n'avait pas osé porter plainte mais qui avait un certificat des urgences confirmant qu'elle avait été victime d'une agression sexuelle ce soir-là. Il lui avait donc appris que Calico Jack avait été arrêté pour des faits similaires, et que si elle acceptait de porter plainte et de témoigner contre lui, sa peine serait plus lourde. La serveuse avait donc accepté, et Ed avait prévenu l'avocat de l'autre victime.

Au fil du temps, en préparant le procès, ils avaient trouvé pas moins de 8 victimes d'agressions sexuelles effectuées par Calico Jack depuis sa sortie de prison un an plus tôt. Ed avait insisté pour aider l'avocat et la police dans leurs recherches, car il connaissait les endroits que son ami aimait fréquenter et donc il pouvait peut-être trouver des personnes là-bas. Aucune des autres victimes n'avait osé porter plainte suite à leur agression, mais elles avaient toutes changé d'avis après que Ed, la police ou l'avocat leur ait rendu visite. L'une d'elle avait même eu un bébé suite à cette agression. Par chance, toutes avaient été aux urgences après l'acte infâme qu'elles avaient subi, elles avaient donc des preuves qu'elles ne mentaient pas et pour la plupart, elles avaient eu des échantillons d'ADN que leur agresseur avait laissé sur ou en elles. Et en disant où c'était arrivé, pour 6 d'entre elles, la police avait pu trouver des images de vidéosurveillance qui validaient leurs dires. Pour les deux autres, la police avait réussi à trouver des témoins oculaires qui avaient vu Calico Jack quitter la scène de crime en remontant sa braguette en souriant d'un air satisfait.


Le procès arriva enfin, et Ed était bien décidé à parler. Il n'avait pas peur de son ancien ami et n'hésiterait pas à l'enfoncer en racontant les événements de son enterrement de vie de garçon. Et les victimes étaient là aussi pour témoigner contre ce monstre.


Après tous les témoignages et preuves contre Calico Jack, le jury le déclarèrent coupable, et le juge le condamna à la prison à perpétuité car il avait déjà un lourd dossier criminel, et il était la preuve que jamais il ne changerait puisqu'en un an de liberté il avait commis tous ces viols, plus d'autres délits tels que des vols, du chantage, des arnaques et était suspecté d'être complice d'un meurtre.

Ed était heureux que la justice ait parlé. Stede et Izzy le regardèrent :

-Ça va ?

-Oui, la justice a été bien faite, dans ce cas précis. Il a eu ce qu'il méritait.

-Je t'avais dit que c'était une pomme pourrie ! Jamais nous n'aurions fait de telles horreurs, même quand nous étions vraiment des bad guys.

-Exactement. Il a vraiment le mal en lui, c'est horrible ! Je n'arrive pas à croire qu'il ait été capable de telles atrocités !

-Moi je ne suis pas surpris.

-C'est vrai que je l'ai tout de suite trouvé détestable, appuya Stede. Il dégageait quelque-chose qui faisait froid dans le dos. Il avait une lueur dans le regard qui me mettait mal à l'aise. Et il a essayé de m'intimider la première fois qu'il m'a vu, ne cessant de répéter que je n'étais pas assez bien pour vous et en particulier pour toi, Ed.

-C'est un gros con, ne l'écoute pas.

-Je ne l'ai pas écouté, mais il a essayé de me faire peur. Heureusement que j'ai tenu bon, pour une fois.

-Moi je suis très fier de toi, tu es beaucoup plus fort que ce que tu crois.

Ed l'embrassa, puis pris la main de Stede et d'Izzy dans les siennes :

-Rentrons à la maison maintenant. J'ai envie de vous câliner, vous, mes deux merveilleux amants.

Le trio rentra donc à la maison, à la fois satisfait que la justice ait été rendue, mais également triste pour les pauvres jeunes femmes. Celle qui avait eu un bébé l'avait laissé à l'adoption, car elle était contre l'avortement mais ne voulait pas élever l'enfant de son agresseur, c'était trop dur pour elle. Elle s'était donc dit que le laisser à l'adoption ferait le bonheur de personnes qui ne pouvaient pas avoir d'enfants.

Après quoi, le trouple décida de ne plus y penser, de se consacrer à eux à présent. Ils se jurèrent d'être plus vigilants à l'avenir, que ce soit au Revenge ou dans la rue. Ils n'allaient pas se transformer en justiciers, mais ils allaient faire plus attention pour essayer d'éviter que de pauvres personnes innocentes subissent à nouveau ce genre de choses.