Bonjour !

Tout d'abord, je tiens à vous remercier sincèrement pour les nombreux retours reçus suite à la publication de ce premier chapitre. Je suis vraiment très heureuse que cette idée vous emballe à ce point !

Pour rappel, contrairement à mes habitudes, je n'ai pas d'avance (même si j'ai déjà commencé à écrire le chapitre 3) et je n'ai pas de plan. Donc contrairement à mes habitudes, je ne peux pas vous garantir une publication hebdomadaire comme je l'ai toujours fait (ou presque). Bon je vous rassure, je ne pense pas qu'il y aura 3 mois d'attente pour la suite non plus, mais pensez à mettre une alerte (ou me suivre sur facebook) si vous ne voulez pas louper de mise à jour.

Enfin bref, je vous laisse avec ce nouveau chapitre en espérant qu'il vous plaira autant que le premier.


Rappel : je réponds aux reviews des membres "enregistrés" en MP, via le navigateur internet (pas de synchro avec l'appli).


Les personnages et l'univers de cette histoire appartiennent à J.K. Rowling.

Merci à Mery-Alice Gilbert, Damelith et Karine pour leurs relectures, corrections et conseils.


[- Sauf si on leur fait croire que ce quelqu'un, c'est moi...]

À peine ces mots eurent-ils franchi ses lèvres que Drago regretta de les avoir prononcés.

Granger allait se foutre de lui, c'était une évidence ! Pourtant, au lieu de rire comme il s'y attendait, Hermione se contenta de le dévisager en silence, comme si elle envisageait réellement cette possibilité.

- A vrai dire... commença-t-elle en se redressant, le forçant ainsi à s'éloigner quelque peu d'elle, ton idée n'est pas aussi idiote qu'elle en a l'air.

- Ah oui ? releva-t-il, étonné qu'elle le prenne ainsi au sérieux.

- Oui... Ils savent qu'on travaille ensemble depuis des années et que nos rapports sont devenus plus cordiaux, mais ils ne comprennent toujours pas pourquoi je n'ai pas démissionné au lieu de devoir travailler avec toi.

- Sympa, grommela Drago, légèrement vexé.

Comme s'il était un animal sauvage incapable de se tenir correctement !

- Depuis que nous collaborons pour réorganiser ces archives, j'ai largement eu l'occasion de constater à quel point tu avais changé - oh ne prends pas cet air surpris, Malefoy, c'est juste évident ! - mais pas eux.

Drago ne put retenir un rictus satisfait d'étirer ses lèvres suite à sa remarque. Ils n'avaient jamais parlé ouvertement de leur passé, mais il était plutôt content - et quelque part, soulagé - d'avoir la confirmation qu'Hermione avait bel et bien vu qu'il avait su évoluer.

- Donc oui, reprit-elle en faisant des allées et venues rapides entre leurs deux bureaux, j'aurais très probablement attendu d'être sûre que ce soit un minimum sérieux entre nous avant de leur en parler, si nous nous étions rapprochés de cette façon... Et comme Lavande me saoule avec mon pseudo-célibat - et que je ne voulais pas leur parler de toi sans être sûre de nous - j'ai inventé cette histoire avec Dean pour qu'on me fiche la paix... Oui, ça se tient.

Silencieux, Drago la regardait réfléchir à voix haute, quelque peu perturbé par l'aisance avec laquelle elle semblait accepter cette idée. Il aurait pourtant juré qu'elle aurait rejeté sa proposition en bloc, arguant que toute relation de ce type entre eux était bien trop absurde pour être crédible.

Mais non, à l'entendre, il avait simplement l'impression qu'elle était déjà en train de structurer l'histoire qu'ils auraient à raconter. D'ailleurs, elle en parlait un peu comme si tout cela était réel et non une invention de leur part.

Totalement bizarre.

- Par contre, déclara-t-elle en pilant net devant lui, relevant légèrement le visage pour le défier du regard, je ne comprends pas pourquoi toi, tu ferais une chose pareille. Qu'est-ce que tu aurais à y gagner ?)

- Simple question d'altruisme, Granger, répliqua Drago. Tu me brises le cœur d'en douter ainsi.

- C'est ça...

- Pouvoir manger et boire gratuitement ? hasarda-t-il ensuite, toujours aussi moqueur.

- Sérieusement ?! Tu me crois vraiment si naïve ?

Cette fois encore, Drago ne put empêcher un rictus amusé d'étirer ses lèvres.

- Que veux-tu que je te dise ? répondit-il finalement avec plus de sérieux. Si ton weekend se passe mal, tu vas être d'humeur exécrable lundi prochain et je n'ai pas envie de devoir supporter ça.

Comme précédemment, Hermione n'eut pas spécialement l'air convaincue par ses arguments.

- De plus, poursuivit-il, je dois avouer que le simple fait d'imaginer la tronche de Potter et Weasley quand ils me verront arriver à ton bras me met en joie...

- Ça, je veux bien le croire ! commenta Hermione, les lèvres pincées pour réprimer un sourire. Donc, tu serais prêt à te taper trois jours en compagnie de mes amis juste pour le plaisir de les tourmenter ?

- Trois jours ?! Mais quel genre de mariage Weasley est-il en train d'organiser alors qu'il n'est même pas fichu de s'acheter un pantalon à sa taille ?

- Il y a la répétition vendredi soir, à laquelle je suis tenue d'assister en tant que meilleure amie...

- Mais tu es son ex ! la coupa-t-il, sidéré par l'idée.

- Je te l'ai dit, on s'est séparés en bons termes et là n'est pas la question, de toute façon. Donc je disais, répétition le vendredi, cérémonie le samedi et brunch le dimanche.

- Quand je te dis que je vais pouvoir manger gratuitement... Tu vois que j'ai raison ! plaisanta Drago.

- Idiot, commenta Hermione en souriant avec ce qui lui sembla être de la tendresse. Tu es donc réellement prêt à te faire passer pour mon petit-ami pendant tout un weekend face à une multitude de personnes qui te détestent ?

- Tu as un don naturel pour présenter les choses sous leur meilleur jour, tu le sais, Granger ?

- Je veux juste m'assurer que tu es bel et bien conscient de ce que tu me proposes. Il n'est pas simplement question de te rendre à un mariage de gens que tu méprises, mais d'y aller en te faisant passer pour mon petit-ami. Pour être crédible, il faudra que je te parle un peu de ma vie et toi de la tienne et également prévoir un rapprochement physique... Par Merlin, c'est une très mauvaise idée, en fait ! s'exclama-t-elle finalement.

Quelque part, Drago se sentit soulagé qu'elle comprenne enfin ce que ce petit jeu risquait d'impliquer réellement entre eux.

Ce qui lui fit également réaliser à lui, l'ampleur des conséquences de sa proposition.

Faire chier Weasley et Potter serait un vrai plaisir, c'était évident, mais même s'il s'entendait mieux avec Granger qu'à l'époque de Poudlard - ce qui, dans les faits, n'était pas spécialement difficile non plus - était-il prêt pour autant à se rapprocher d'elle de la sorte ?

Il allait devoir la toucher, peut-être même l'embrasser, pour donner le change convenablement...

Et à mesure que cette perspective se concrétisait dans son esprit, Drago prenait conscience que ça ne le dérangeait pas outre mesure.

Cependant, il préféra ignorer la petite voix dans sa tête - qui ressemblait étrangement à celle de Blaise - qui lui demandait pourquoi tel était le cas...

- C'était juste une proposition comme ça, répondit-il pour garder la face. Personnellement, je n'en ai rien à faire de ce mariage, c'est toi qui veux faire croire à tes amis que tu n'es plus célibataire. Tu comptais t'y prendre comment, avec Thomas ?

- Ce n'est pas vraiment comparable, Dean et moi nous...

Au rouge qui gagna ses joues, Drago devina ce qu'elle ne formulait pas.

- Alors comme ça Hermione Granger a un sex-friend ? la taquina-t-il. Je ne te pensais pas comme ça !

- Oui bah écoute, il n'y a aucun mal à se faire du bien ! se défendit-elle, le teint encore plus vif. Mais il a rencontré quelqu'un qui lui plait et c'est l'anniversaire de cette fille ce weekend, c'est pour ça qu'il a annulé et que je me retrouve dans cette situation.

- Mais il n'est pas ami avec Weasley ? Il n'est pas invité au mariage ?

- Non, non, il devait juste m'accompagner. Tu sais, on n'est pas tous restés spécialement proches de nos anciens camarades. Dean travaille pour Fleury & Bott, c'est là qu'on a repris contact il y a quelques mois, mais Ron ou Harry ne le côtoient plus tant que ça.

Un libraire... C'était tellement évident quand on la connaissait un minimum.

Drago vit ensuite Hermione consulter la montre sur son poignet puis pincer les lèvres avant de reprendre :

- Écoute, il est plus que temps que nous nous mettions au boulot. Si ça te va, on en reparle à la fin de la journée ?

Drago accepta d'un signe évasif de la tête avant de s'installer à son bureau.

Dans quelle galère était-il en train de se fourrer ?

.

Les heures de la journée passèrent sans même que Drago ne s'en rende compte. Il était allé leur chercher des sandwiches vers midi - Hermione arguant qu'elle avait pris suffisamment de retard en arrivant pour perdre plus de temps en se rendant au réfectoire - puis ils avaient continué à travailler comme si la conversation du matin n'avait jamais eu lieu.

Du moins, pour elle.

Drago, lui, ne parvenait pas à s'ôter l'idée de l'esprit.

Comptait-il réellement faire semblant d'être son petit-ami, durant tout un weekend, pour d'obscures raisons ?

Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête, lorsqu'il lui avait fait cette proposition ?!

Et bien sûr, à présent, impossible de se défiler sans perdre la face, puisque Granger lui avait déjà donné l'occasion de le faire.

De plus, il était bien placé pour savoir à quel point les remarques désobligeantes sur la vie privée pouvaient se montrer agaçantes, puisque Blaise ne se gênait pas pour commenter la sienne à la moindre occasion.

Peut-être devrait-il faire croire à son meilleur ami qu'ils allaient vraiment sortir ensemble... Ainsi, il arrêterait de le saouler avec son fameux "projet bébés".

Granger lui avait demandé ce qu'il avait à y gagner dans cette histoire et un peu de tranquillité à ce niveau ne serait pas de refus.

- On va chez moi ou chez toi ? l'interpella soudainement Hermione, le tirant ainsi de ses pensées.

- Pardon ? réagit-il, quelque peu déstabilisé par sa proposition.

- La soirée de répétition est après-demain. Si tu es toujours partant, nous n'aurons pas trop de deux jours pour peaufiner notre histoire.

- C'est vrai, admit-il, toujours aussi surpris par la tournure des événements. Disons chez toi, après tout c'est ton ami qui se marie.

- Ok, on ira chez toi demain, alors.

- Et pourquoi irions-nous chez moi ?

- On est censé sortir ensemble, précisa-t-elle, quelque peu agacée par sa question. Je dois donc forcément savoir où tu vis.

- Ce n'est pas faux... admit-il, légèrement à contrecœur. Très bien, nous irons chez moi demain. Allons chez toi en attendant.

Drago ouvrit la porte de son bureau et l'invita à en sortir d'un geste de la main, puis ils se rendirent jusqu'à la zone de transplanage, située dans l'Atrium, où Hermione lui prit le bras avant de les faire disparaître jusqu'à chez elle.

Une fois sur place, Drago réalisa qu'ils se trouvaient dans une sorte de hall d'entrée où étaient rangées capes et chaussures.

- Viens, je te fais visiter, l'invita-t-elle, nerveuse.

Elle le mena vers un petit corridor sur leur droite, où une salle de bain assez grande, carrelée de gris, faisait face à une chambre assez chaleureuse décorée dans les tons bleus, puis ils revinrent sur leurs pas pour rejoindre la pièce principale où un canapé en nubuck beige séparait le coin salon du coin salle à manger. Sans surprise, de nombreuses étagères chargées de livres ornaient les murs et les yeux de Drago se posèrent sur une sorte de grand cadre noir déposé sur un meuble bas.

Granger dut suivre son regard puisqu'elle commenta :

- C'est une télévision... Je te montrerai comment ça marche.

- Tu vis dans le monde moldu ? souligna-t-il, comprenant ce que la présence de cet appareil impliquait.

- À Londres, oui. C'était ce qu'il y avait de plus pratique pour que mes parents puissent me rendre visite facilement.

- Logique. Donc tes parents vivent également à Londres, c'est ça ?

Hermione lui répondit tout en rejoignant sa cuisine ouverte, qui donnait sur l'espace salle à manger, d'où elle revint avec un pichet de jus de citrouille accompagné de deux verres.

- À Bloomsbury, oui, confirma-t-elle. Ils y ont un cabinet dentaire. Les guérisseurs moldus ont tous une spécialité, celle de mes parents est les dents.

- Ok... Et je suppose que tu t'entends bien avec eux, pour avoir choisi ton logement en fonction du leur ?

Installé sur le canapé, Granger à ses côtés, Drago trouvait quelque peu étrange de lui poser toutes ces questions, mais il savait également qu'elle avait raison : s'ils voulaient être crédibles, ils devaient en apprendre un maximum l'un sur l'autre.

- Eh bien... commença Hermione en se mordillant la lèvre inférieure, c'est un peu particulier. Je me suis toujours bien entendue avec mes parents jusqu'à... Ah, je ne pensais pas que ça viendrait si vite sur le tapis !

- Désolé de te mettre mal à l'aise, Granger, mais ça me semble assez important... Et par conséquent, je suppose que le parfait petit-ami que je suis est forcément au courant.

- Hermione, le corrigea-t-elle.

- Hermione quoi ?

- Il faut que nous nous habituions à nous appeler par nos prénoms de manière plus systématique.

- Je pourrais te donner un petit surnom, sinon. Que penses-tu de Pupuce ?

Drago porta aussitôt une main à sa bouche pour tenter de masquer le sourire qui étirait peu à peu ses traits.

- Appelle-moi comme ça une seule fois et je te promets que je t'appellerai Dragonounet tout le weekend.

- Tout de suite les menaces, ricana-t-il. Et donc, Hermione, ajouta-t-il en insistant bien sur son prénom, c'est quoi l'histoire avec tes parents ?

Il la vit prendre une grande gorgée de jus de citrouille avant de répondre.

- Je me suis effacée de leur mémoire... Quand Harry, Ron et moi sommes partis à la recherche des Horcruxes, au lieu de retourner à Poudlard, je leur ai lancé un sort pour qu'ils oublient qui ils étaient avant de les envoyer en Australie. Pour leur protection, tu comprends ? Comme tu peux t'en douter, je les ai retrouvés une fois Voldemort vaincu et ils sont revenus vivre ici, mais j'ai trahi leur confiance, donc c'est parfois un peu tendu entre nous...

Drago ne savait pas du tout comment réagir. Il ne s'attendait absolument pas à une telle révélation de sa part et il s'en retrouvait tout simplement intimidé. Il n'osait pas imaginer le courage qu'il lui avait fallu pour faire une chose pareille... Lui qui avait fait de mauvaises choses pour tenter de protéger ses parents prenait à présent pleinement conscience de leurs différences.

Et contrairement à ce qu'il avait toujours cru, celles-ci n'étaient pas liées à leur sang ni à leur éducation, mais bien à la façon dont ils faisaient face à l'adversité.

Constatation qui le déstabilisa bien plus qu'il ne l'aurait cru.

- J'avoue que je ne sais pas quoi te dire... commenta-t-il finalement.

Hermione haussa les épaules avec indifférence.

- Il n'y a rien à en dire. Franchement, je m'estime déjà chanceuse qu'ils soient revenus vivre ici et qu'ils m'aient pardonné de leur avoir fait une telle chose. J'aurais compris s'ils avaient refusé de me voir à nouveau... Mais j'essaie de ne plus les tenir à l'écart de ma vie comme je l'ai fait, d'où le fait que je vive chez les Moldus, en effet.

- Ils sont donc censés être au courant de ma pseudo-existence ?

- Je ne pense pas, répondit Hermione après avoir réfléchi quelques secondes à sa question. Mes amis ne côtoient pas mes parents, mais j'aimerais éviter de les impliquer dans un nouveau mensonge. Ils savent qui tu es, bien sûr, puisque je leur ai parlé de toi lorsque je leur ai tout raconté au sujet de la guerre, mais non, je ne leur ai pas parlé du toi petit-ami. C'est la même logique qui m'a poussée à cacher notre relation à mes amis, j'ai attendu d'être sûre de nous avant de leur en parler.

Cette fois encore, elle parlait d'eux comme s'ils étaient réellement ensemble, ce qui perturbait Drago au plus haut point.

- Très bien. reprit-il pour tenter de chasser son trouble. Je suppose que tu es fille unique ?

- En effet, confirma-t-elle. Mes parents ont rencontré des difficultés pour me concevoir, donc je suis seule.

Drago fut surpris de constater qu'ils avaient cela en commun. Sa mère avait fait de nombreuses fausses-couches, avant de l'avoir, raison pour laquelle il était seul également.

- Mes grands-parents sont décédés avant que j'apprenne que j'étais sorcière. Mon père a un frère, qui vit en France. On allait lui rendre régulièrement visite pendant les vacances, quand j'étais plus petite. Mes parents y vont encore mais moi, plus vraiment... C'est difficile de ne pas pouvoir lui parler de ma vie. Ma mère est également fille unique.

- Des cousins ?

- Deux, en France, donc.

- Très bien, commenta Drago, une fois de plus.

C'était vraiment étrange de l'entendre étaler sa vie ainsi. Elle ne lui avait encore rien demandé à son sujet, mais Drago sentait que ce serait pour le lendemain, lorsqu'ils iraient chez lui. Il faudrait, d'ailleurs, qu'il pense à ranger un peu avant qu'elle n'arrive...

- Et donc, pourquoi Weasley et toi avez rompu ? Vous étiez ensemble depuis plus de trois ans, non ?

- Plus ou moins... Ça a toujours été un peu houleux, entre Ron et moi. On s'est séparés plusieurs fois avant de se remettre ensemble, mais on savait tous les deux que ça ne durerait pas éternellement. Je te l'ai dit, s'il n'avait pas rompu définitivement, je l'aurais fait.

- De toute façon, tu mérites bien mieux que lui, constata Drago à voix haute, sans trop savoir pourquoi.

Et au regard que lui lança Hermione, il sut qu'elle l'avait parfaitement entendu. Décidément, il perdait un peu trop ses moyens face à elle, dernièrement...

- Soit, reprit-il après voir légèrement toussoté pour masquer sa gêne. Passons aux détails plus insignifiants mais que je me dois de savoir. Fleur, couleur et livre préférés.

- Coquelicot, vert et Autant en emporte le vent.

- Vert ?! releva-t-il, amusé malgré lui.

- Eh bien oui... Que veux-tu que je te dise ? Mais pas la nuance sombre de Serpentard, plus vert pomme, quelque chose de plus acidulé, de plus joyeux.

- Mais on respire la joie de vivre, chez Serpentard ! s'offusqua-t-il faussement.

- Bien sûr, répliqua-t-elle non sans sarcasme, de vrais bout-en-train ! Et pour information, mon film préféré est Douze hommes en colère.

- Ça ne présage rien de bon... Et donc, c'est quoi au juste, un film ?

Hermione saisit une petite boite allongée présente sur sa table basse, pressa un bouton et le cadre qu'elle avait appelé télévision s'activa.

- Ça, c'est une télévision. Ça permet de diffuser des images animées.

- Comme nos photos ?

- En quelque sorte... Sauf que ça dure bien plus longtemps. Dans un film - ou une série - des acteurs jouent pour nous raconter une histoire. C'est parfois inspiré de faits réels et d'autres fois, pas du tout. La télévision permet aussi d'écouter de la musique, de regarder des documentaires sur plein de sujets différents et de se tenir informés de l'actualité. Il y a aussi des jeux, des programmes pour enfants... Bref, plein de choses très variées.

Drago regardait l'écran avec intérêt, étonné de voir que les Moldus avaient réussi à développer une telle chose.

Malheureusement, il n'eut pas plus l'occasion que ça de s'y attarder puisqu'Hermione appuya sur un autre bouton pour l'éteindre.

- Je te rassure, je ne te forcerai pas à regarder la télé d'ici vendredi, mais il est normal que tu saches ce que c'est si on sort ensemble.

- Et ton film, là, il parle de quoi ?

- D'un procès... Enfin, des délibérations d'un jury. Au départ, ils pensent quasiment tous que l'accusé est coupable, sauf une personne qui à force de creuser les preuves remet l'accusation en doute. C'est un vieux film, mais vraiment très intéressant.

- Ok, commenta-t-il tout simplement.

Après tout, ce n'était pas comme s'il avait prévu de le regarder.

- Je pense qu'il faudrait à présent parler de nous... déclara ensuite Hermione tout en se frottant légèrement le nez. J'y ai bien réfléchi et je pense qu'on devrait sortir ensemble depuis quatre mois, à présent.

- Pourquoi quatre ?

- Ça fait sept mois que Ron et moi avons rompu et six que Lavande est enceinte. Je ne veux pas qu'ils pensent que je me suis rapprochée de toi par contrariété, déception ou autre truc malsain du genre...

- Tandis que prétendre que nous sommes ensemble alors que non n'est pas du tout malsain, la provoqua-t-il.

- Chut, commenta-t-elle en agitant sa main devant lui pour faire comprendre le message. Quatre mois, c'est bien. Assez éloigné de la rupture, comme je le disais avant que tu ne fasses ton intéressant, mais assez long pour que je sois prête à leur parler de notre relation.

- Je te préviens, si tu comptes les prévenir avant, j'annule tout : tu ne peux pas me priver de leur réaction lorsqu'ils découvriront pour nous.

- Très bien... lui concéda-t-elle en grimaçant légèrement. Et donc, on va essayer de coller au plus près de la réalité, les mensonges sont toujours plus crédibles ainsi. Tu m'as d'abord invitée à manger à la cafétéria, puis à aller boire un verre après le boulot.

- Ah parce que c'est moi qui ai fait le premier pas ?! s'exclama Drago.

- Évidemment ! Tu tenais tellement à t'excuser pour ton comportement passé que je n'ai pas pu refuser...

- Oh ok, on la joue donc comme ça...

- Je suis désolée de te proposer une telle approche, Drago, mais il n'y a qu'ainsi que j'aurais pu envisager de me rapprocher de toi. Et puis bon, de base, tout ça, c'est ton idée, pas la mienne.

- Je comprends... D'ailleurs, mon ancien comportement mériterait réellement des excuses de ma part.

- C'est le passé, constata-t-elle simplement. Le reste sera assez classique, après deux-trois sorties, on s'est embrassés et voilà.

Drago était légèrement ébahi à l'idée qu'elle ait ainsi occulté sa maigre tentative d'excuses. Était-elle réellement passée à autre chose, depuis ? Pouvait-on sincèrement oublier des années de moqueries et d'insultes si facilement ?

- En parlant d'embrasser, enchaîna-t-il pour tenter de masquer son trouble. Comment on gère ça ?

- Les effusions publiques d'affection ne sont pas mon genre, peu importe qui je fréquente, répondit-elle. Donc je dirais que tout contact est permis du moment que c'est fait avec une certaine retenue. Mis à part s'embrasser sur les lèvres, bien évidemment.

- Comment ça ? insista-t-il, incertain d'avoir bien compris.

- Eh bien... Des gestes comme se tenir la main, une caresse sur le bras, sur le bas du dos, un baiser sur l'épaule... Ce genre de petite attention, mais rien de plus... explicite.

- Très bien, si tu penses que ça suffira...

- Aurais-tu envie de m'embrasser, Malefoy ?

- Pas spécialement, non, se défendit-il maladroitement. Je me disais juste que tu serais assez humiliée si tes amis découvraient qu'il n'y a rien de réel dans notre couple.

Drago vit Hermione se frotter les yeux puis réarranger ses cheveux avant de se lever.

- Très bien, déclara-t-elle. Debout !

Drago lui obéit sans trop savoir pourquoi.

Hermione s'approcha alors doucement de lui, caressa sa taille de ses mains avec beaucoup de douceur avant de nouer ses bras dans son dos puis se hissa sur la pointe des pieds pour enfouir son visage dans son cou, le nez calé juste derrière son oreille.

Le cœur de Drago s'emballa aussitôt, perturbé par cette étreinte si intime qu'il n'avait pas vue venir.

Son souffle se bloqua dans sa poitrine lorsqu'il sentit ses lèvres se poser délicatement contre sa jugulaire, tandis qu'elle resserrait son étreinte.

Cette zone avait toujours été sensible, chez lui, mais il était malgré tout choqué de réaliser dans quel état ce simple baiser le mettait.

Ils restèrent ainsi enlacés quelques instants, Drago ayant gardé les bras le long de son corps sous la surprise, jusqu'à ce qu'Hermione s'éloigne de lui et le dévisage, un air triomphant sur le visage.

- Tu vois, constata-t-elle. Pas besoin de s'embrasser sur la bouche pour être crédibles, non ?

Drago avala difficilement sa salive et confirma d'un signe de tête sans prononcer le moindre mot.

Mais une chose était claire, à présent, dans son esprit : si elle voulait jouer, alors il allait jouer aussi.


.


Et voilà pour cette fois !

J'espère que l'évolution de tout ça vous plait.

Plein de bisous à vous et à bientôt pour la suite :)