Bonjour !

Je vous propose aujourd'hui un nouveau chapitre de cette petite histoire. J'espère que ça vous plaira !

Pour information, j'ai également terminé l'écriture de ma future dramione. Si vous voulez en savoir un peu plus, j'ai donné tout plein d'informations sur ma page Facebook.

Merci encore un million de fois de me lire et de partager avec moi tout ce que cette histoire vous inspire.


RAR : (les réponses aux autres reviews sont faites en MP)

Guest : Merci à toi !

Noellou : Ah bah parce que leur présent est ce qu'il est, mais difficile d'oublier d'où ils viennent pour autant !


Merci à mes relectrices pour leur fabuleux travail et pour leur soutien à toute épreuve.


Drago était assis dans le salon de chez Blaise et regardait son meilleur ami bercer son fils en souriant légèrement.

- Ça te donne des envies ?

- Quoi donc ?

Blaise se contenta de tourner l'enfant vers lui en guise de réponse.

- On est ensemble depuis à peine un mois, vieux, t'emballe pas comme ça...

- C'est un détail, ça, le contra-t-il en haussant les épaules.

- Oui, bien sûr, tu as totalement raison. Je vais d'ailleurs aborder la question avec elle quand je la verrai ce soir, tiens, ce sera parfait en dînant !

- Alors premièrement, ce ne serait pas si idiot que ça. Imagine si elle ne veut pas d'enfant, autant le savoir avant d'être trop impliqué, non ? Et deuxièmement, tu n'as pas rejeté l'idée de lui faire des bébés !

Drago se contenta d'expirer bruyamment en retour, tout en levant les yeux au ciel.

Blaise le saoulait depuis longtemps avec son "projet bébé" et la situation ne s'était en rien améliorée depuis qu'il sortait réellement avec Hermione.

- À part ça, reprit Blaise après avoir déposé son bébé endormi dans un relax, vous venez toujours dîner demain soir ?

- Normalement oui, confirma Drago. Pansy n'a toujours pas réussi à te convaincre d'annuler ?

- Elle n'est pas aussi réfractaire à l'idée que tu sembles le penser... Au contraire, je crois que ça la rassure que tu sois en couple.

- Ah ouais ?

- Ouais... Elle avait peur que tu tentes de me débaucher, avec ton célibat, mais elle se dit que si tu t'affiches publiquement avec Granger, c'est que ça doit être sérieux.

Drago se demanda dans quelle mesure son ami enjolivait la réalité, mais préféra ne pas creuser la question sachant qu'il avait tendance à ignorer les défauts de son épouse.

Pansy rentra ensuite d'il ne savait trop où - et il s'en fichait royalement - il en profita donc pour rentrer chez lui afin d'attendre Hermione qui devait l'y retrouver un peu plus tard.

Il alla prendre une douche puis retourna dans son salon où il lut le dernier numéro de Quidditch Mag' pour passer le temps.

Vers 18 heures, des coups furent frappés à sa porte et Drago reconnut immédiatement ceux qu'Hermione utilisait pour se manifester : deux rapides suivis d'une pause et d'un troisième.

Il se leva pour aller lui ouvrir et constata directement qu'elle n'était pas au meilleur de sa forme.

Il sentit aussitôt son sang bouillonner dans ses veines sachant pertinemment ce qui l'avait mise dans cet état.

Weasley était revenu de voyage de noces deux semaines plus tôt et depuis, chaque fois qu'elle le voyait, elle revenait vers lui avec un moral au plus bas.

Elle refusait de lui en parler, mais Drago n'était pas idiot et il avait rapidement fait le lien entre ces visites et ses coups de mou.

Elle avait les paupières légèrement gonflées, signe qu'elle avait pleuré, et aucun sourire n'étirait ses lèvres.

- Je n'ai pas envie d'en parler, décréta-t-elle directement, consciente qu'il avait parfaitement perçu son état d'esprit.

Drago se décala en soupirant pour la laisser passer et referma la porte derrière eux.

Il avait envie d'aller trouver cette saleté de rouquin pour le scalper mais s'abstint d'en faire la remarque, sachant qu'elle n'avait pas besoin qu'il en rajoute.

Il se contenta donc de la prendre dans ses bras, espérant qu'elle finirait par se confier.

Hermione et lui avaient abordé de nombreux sujets, depuis qu'ils étaient intimes. Elle lui avait parlé de ses problèmes avec ses parents - et lui des siens -, de ses craintes de ne pas être à la hauteur, de la jalousie qu'elle avait pu ressentir envers les Potter qui filaient le parfait amour depuis la fin de la guerre alors qu'elle vivait une histoire compliquée avec l'autre tanche. Ils avaient également parlé de leur scolarité à Poudlard, des erreurs commises par Drago, des insultes et autres brimades à son encontre et cette fois, elle avait accepté ses excuses.

Mais elle refusait de lui parler de Weasley depuis le mariage et Drago savait qu'il en était la cause. Et même s'il comprenait qu'elle veuille le protéger, il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir blessé d'être ainsi mis à l'écart.

Il prit donc sur lui pour mettre son ressentiment de côté, n'ayant pas envie de l'accabler plus qu'elle ne l'était déjà, et l'embrassa tendrement pour tenter de chasser sa peine.

Il détestait la savoir triste, surtout s'il en était la cause.

Même indirectement.

Hermione lui retourna enfin un maigre sourire et Drago se sentit un peu plus léger.

Lorsqu'ils arrivèrent au Ministère, le lendemain matin, ils constatèrent tous les deux qu'un avion en papier bleu se trouvait sur leurs bureaux. Ils se saisirent chacun de leur exemplaire et le déplièrent pour en lire le contenu.

Sa lecture terminée, Drago leva les yeux vers Hermione, un sourire amusé au coin des lèvres.

Elle le regardait, les yeux brillants d'excitation, et il pouvait deviner à sa posture qu'elle se retenait de sautiller de joie.

- Alors ? s'enquit-elle au bout de quelques secondes de silence.

- Il semblerait que nous fassions bureaux séparés prochainement... remarqua-t-il.

- Possible... Mais qui ? Cette promotion nous est proposée à tous les deux, Drago, et je ne veux pas que ça pose le moindre problème entre nous.

Sa réaction était prévisible mais il ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel pour autant.

- C'est une offre pour le Département de Contrôle et de Régulation des créatures magiques, Hermione, tu te poses réellement la question ?

- Tu n'as peut-être pas prévu de passer toute ta carrière aux archives...

- J'espère bien monter les échelons, oui, mais dans notre service actuel, pas dans un autre... Ou peut-être celui des Jeux et Sports magiques. Cette place d'assistante de direction sera parfaite pour toi, tu le sais pertinemment...

- Rien ne dit que je l'aurai, le modéra-t-elle. Je suis sûre que tous les employés de rang C ont reçu ce même avion.

- Probablement, oui, mais il n'empêche que ce poste est fait pour toi et que si tu postules - ce que tu feras - tu seras celle qui obtiendra la place.

- Si c'est le cas, ça ira pour toi ?

- J'ai travaillé à ce bureau sans toi pendant plusieurs mois, je devrais m'en remettre. Et honnêtement, ce sera mieux pour nous. Tu sais que j'adore passer du temps avec toi, mais je ne suis pas sûr que se voir toute la journée au boulot et sur notre temps libre soit viable sur le long terme.

- C'est vrai, admit-elle en grimaçant légèrement. Je dois t'avouer que j'y ai déjà pensé, moi aussi... J'espère donc que j'aurai effectivement la place, avant que tu te lasses de moi !

Drago hocha la tête de droite à gauche, sachant qu'il serait vain de répondre. Son manque de confiance en elle le consternait, parfois. Dire qu'il avait longtemps cru qu'elle se pensait supérieure à tout le monde, en étalant ses connaissances comme elle le faisait, mais il avait réalisé, depuis, que c'était un moyen pour elle de tenter de contrôler ses propres insécurités.

Il s'approcha ensuite d'elle, contournant son bureau pour le faire, dégagea une boucle brune de son visage et se pencha pour lui chuchoter au creux de l'oreille :

- Par contre, j'aimerais beaucoup te faire jouir sur ce bureau, avant que tu ne partes...

Hermione se tourna vers lui, prit son menton entre deux de ses doigts et répondit :

- Si j'ai la place, promis, on le fêtera ainsi.

- Tu attends quoi pour postuler, alors ?! s'exclama-t-il, la faisant rire.

- Ce soir, je ne peux pas remettre mon boulot actuel pour un futur que je n'ai pas encore.

- On va chez Blaise et Pansy, ce soir, tu n'as pas oublié ?

- C'est vrai... Je postulerai demain, alors !

- J'y veillerai, ajouta-t-il avant de l'embrasser brièvement sur les lèvres.

Il retourna ensuite à son bureau et Hermione ferma la porte avant de s'asseoir à son tour.

- Ah, on travaille à nouveau porte close ? s'enquit-il.

- Il faut préparer le terrain pour quand tu me prendras ici, après ma promotion, répliqua-t-elle sans même le regarder. Ce sera trop suspect si on ferme la porte à ce moment-là, sinon.

Drago ricana en l'entendant prononcer ces mots de manière si détachée, comme si elle commentait simplement la météo, mais il avait hâte de voir ce projet se concrétiser. Il était également satisfait qu'elle prenne cette offre d'emploi au sérieux, conscient qu'elle s'épanouirait nettement plus à cet endroit qu'aux archives.

Une fois la journée terminée, ils retournèrent chacun dans leur appartement en vue de se préparer pour le dîner du soir. Hermione devait le rejoindre chez lui plus tard, afin qu'ils transplanent ensemble jusque chez les Zabini, mais pour le moment, Drago se retrouvait seul.

Après sa douche, il tailla sa barbe - ayant décidé de la laisser pousser pour voir si ça lui irait bien ou pas - puis enfila un jean clair et un polo bleu marine, assorti à ses chaussures.

Il alluma ensuite la radio pour avoir un bruit de fond pendant qu'il lirait le journal et attendit patiemment qu'Hermione se manifeste, ce qu'elle fit un peu avant 19 heures, comme convenu.

Il ne put s'empêcher de sourire en la voyant sur le pas de sa porte et la complimenta sur son apparence.

- Je n'en ai pas fait trop ? s'enquit-elle après l'avoir embrassé.

Elle portait la robe estivale blanche à fleurs qu'elle avait revêtue le dimanche du mariage de Weasley, avec des sandales à talons plats assorties. Drago recula d'un pas pour faire mine de l'étudier avec sérieux avant de répondre.

- Tu es parfaite, comme toujours !

- Je ne voudrais pas faire mauvaise impression...

- Ce ne sont pas des étrangers, Hermione, tu les as côtoyés pendant des années, à Poudlard.

- Justement, grommela-t-elle.

- Si j'ai survécu à trois jours avec tes amis, tu devrais y arriver pendant quelques heures avec les miens. Surtout que Blaise est ton premier fan.

Hermione pouffa à cette remarque, sachant pertinemment ce que Drago voulait dire par là, puisqu'il avait fini par lui parler du fameux "projet bébé" de son meilleur ami. Il la savait anxieuse à l'idée de ce dîner et avait voulu lui prouver qu'elle n'avait absolument pas à s'en faire.

- Ce n'est pas Blaise qui m'inquiète... lui fit-elle remarquer en se mordillant nerveusement la lèvre inférieure.

Drago prit son visage en coupe entre ses mains pour la regarder dans les yeux et déclara :

- Je t'assure que tout va bien se passer. Prête ?

Elle confirma d'un simple hochement de tête et Drago les fit transplaner sur le perron de son meilleur ami.

Il activa une cloche pour signaler qu'ils étaient arrivés et Blaise vint leur ouvrir quelques instants plus tard.

- Salut ! déclara-t-il avec un grand sourire.

Il les invita ensuite à entrer et les mena jusqu'au salon où Pansy les attendait déjà en serrant le bébé dans ses bras. Drago constata immédiatement qu'elle avait l'air aussi stressée qu'Hermione et pria silencieusement pour que tout se déroule sans accroc.

- Bonsoir..., toussota Hermione en regardant son ancienne rivale.

Drago savait qu'elles ne s'étaient pas revues depuis la Bataille de Poudlard et imaginait sans problème à quel point la situation devait leur sembler étrange.

Pansy répondit du bout des lèvres avant de les inviter à s'asseoir. Drago observa Hermione s'approcher doucement d'elle, probablement pour voir l'enfant, et un immense et fier sourire étira les traits de la jeune maman lorsqu'elle lui fit remarquer à quel point il était beau.

- C'est un vrai petit cœur, oui, confirma Pansy en regardant son enfant avec amour.

- Tu n'es pas trop fatiguée ? s'enquit Hermione en s'asseyant sur un fauteuil, non loin de Pansy. Il parait que les débuts peuvent s'avérer difficiles...

- Non, ça va. On a beaucoup de chance, Jeremy a fait ses nuits quasiment dès notre sortie de Ste-Mangouste.

- Oh, bien ça !

Drago prit place sur l'accoudoir du fauteuil où était assise Hermione et caressa doucement son dos, cherchant ainsi à lui faire comprendre qu'il appréciait grandement les efforts qu'elle faisait pour se montrer polie.

Blaise surprit son geste et lui renvoya un haussement de sourcils suggestif, profitant du fait qu'Hermione était distraite. Drago leva les yeux au ciel en réponse, ce qui le fit pouffer, puis il leur demanda ce qu'ils voulaient pour l'apéritif.

Après les avoir servis, Blaise rejoignit la conversation pour vanter, sans aucune once de modestie, la merveille qu'incarnait son fils. Drago se fit la promesse de ne pas se montrer aussi gaga, le moment venu, tant il trouvait l'attitude de son ami exagérée.

L'ambiance se détendit légèrement, mais Drago pouvait voir à la posture d'Hermione qu'elle restait sur ses gardes.

Pansy s'excusa ensuite pour aller coucher le bébé dans son lit, Jeremy s'étant endormi au creux de ses bras, et Blaise en profita pour aller aux toilettes, les laissant seuls.

- Ça ne se passe pas si mal, non ? l'interrogea Drago avant de l'embrasser tendrement sur la tempe.

- Facile de trouver un sujet de conversation quand il y a un bébé dans le coin, répondit Hermione, mais je ne suis pas sûre que la suite sera aussi paisible... Que veux-tu que je lui dise ? Tu n'as pas une idée, toi ? Ce sont tes amis, après tout...

Drago n'eut pas l'occasion de répondre car Blaise revint au même moment.

En même temps, il n'aurait pas trop su quoi lui dire, les discussions étant toujours fluides avec son ami. Quant à Pansy, il l'évitait la plupart du temps...

- Je n'interromps rien ? s'enquit Blaise, un rictus amusé au coin des lèvres.

Hermione rosit légèrement et Drago lui caressa tendrement l'épaule.

- Tu es parti trois minutes, tout le monde n'est pas précoce, vieux.

- Tu verras le jour où t'auras un bébé dans les pattes, tu iras aussi à l'essentiel ! se défendit Blaise en riant avant de prendre place à nouveau près d'eux.

Pansy les rejoignit peu après, confirmant que Jeremy était toujours endormi et qu'elle avait bien lancé les sorts pour veiller sur son sommeil.

- Je ne savais pas qu'il y avait des sorts pour ça ! commenta Hermione, clairement surprise.

- Bah si, lâcha Pansy comme si elle était idiote. Comment veux-tu t'assurer que le bébé respire ou savoir quand il se réveille, sinon ?

- Eh bien... Euh... bredouilla Hermione, visiblement prise de court. Je ne m'étais jamais posé la question, en fait, puisque je n'ai jamais été confrontée à un bébé sorcier. Jusqu'à présent, du moins.

- Te connaissant, je pensais que tu aurais commencé à te renseigner, remarqua Pansy d'un ton étrangement calme. Après tout, ton... meilleur ami va être papa, non ?

Garce ! pensa immédiatement Drago, se retenant difficilement de la remettre à sa place.

Il sentit Hermione inspirer profondément sous sa paume, mais elle se contenta de confirmer que c'était effectivement le cas.

Blaise, par contre, ne se gêna pas pour commenter l'attitude de sa femme.

- Très classe, Pans', vraiment...

- Oh ça va, se défendit-elle en levant les mains devant elle en signe de paix. C'était juste une petite blague... Un peu d'humour, quoi ! Et Granger doit forcément en avoir, pour s'être rendue au mariage de son ex.

- C'est bon, intervint Hermione platement. Elle ne fait qu'énoncer des vérités.

Le petit air victorieux de Pansy quitta ses traits lorsqu'elle réalisa qu'Hermione avait bien plus de savoir vivre qu'elle et Drago, lui, ne put s'empêcher de sourire à pleines dents, fier de sa petite amie.

Un léger silence embarrassé suivit cet échange et Drago commença à regretter d'avoir entraîné Hermione dans cette galère.

Mais c'était sans compter la force dont la jeune femme pouvait faire preuve.

- En parlant de Ron, reprit Hermione, vous saviez que George et lui allaient ouvrir une boutique à Pré-au-Lard ?

- Vraiment ? releva Blaise, visiblement heureux de sauter sur l'occasion de relancer la conversation.

- Oui, ils ont racheté les locaux de Honeydukes, l'inauguration devrait avoir lieu dans trois mois, début décembre.

- Juste avant les fêtes, c'est malin, commenta Drago. Tu le sais depuis quand ?

- Oh, je ne l'ai appris qu'hier et avec le courrier de ce matin, je n'ai pas pensé à t'en parler...

- Quel courrier ? l'interrogea Blaise, apparemment curieux.

- La place d'assistant de Thobias Harris, le directeur du Département de Contrôle et de Régulation des créatures magiques, est à pourvoir, expliqua Drago. Tous les employés de rang C ont reçu une note les invitant à postuler, ce matin.

- Et bien sûr, Granger aura la place, fit remarquer Pansy.

- J'espère bien ! répliqua sèchement Drago. Tu connais quelqu'un de plus investi qu'elle sur ce sujet, peut-être ?

- Comment oublier ? Elle a saoulé tout le monde avec ses histoires d'elfe alors que n'importe quel véritable sorcier sait...

- Ça suffit ! la coupa Blaise. Je suis désolé, s'excusa-t-il ensuite en se tournant vers Hermione, j'ai vraiment cru que...

- Mais ne m'excuse pas, mon choubidou, intervint Pansy. Comme l'a dit Granger, je ne fais qu'énoncer des vérités.

- Connas... commença Drago, avant d'être interrompu par une Hermione rouge de honte.

Ou de colère, il ne savait pas trop.

- Ça suffit. Je suis navrée, Blaise, ajouta-t-elle ensuite en se tournant vers l'ancien Serpentard, mais je ne me sens pas très bien, je crois que je vais rentrer chez moi.

Elle se leva ensuite et se précipita vers la sortie avant que Drago n'ait pu esquisser le moindre geste.

Drago croisa le regard de Blaise, qui semblait aussi déçu que lui par la tournure prise par la soirée, puis il sortit à son tour.

Le temps de rejoindre l'extérieur pour transplaner, il eut le temps d'entendre le début d'une dispute, mais ça lui était totalement égal. Seule Hermione importait pour le moment.

Une fois devant chez elle, il frappa à la porte mais personne ne vint lui ouvrir. Il la remercia mentalement d'avoir isolé son palier des Moldus, permettant ainsi à ses proches sorciers d'y apparaître à l'envi sans se soucier de trahir le secret magique, puis lança un hominum revelio qui l'informa qu'il n'y avait personne chez elle.

Où pouvait-elle bien être passée ?

Inquiet, il hésita à l'attendre mais décida finalement de laisser une note lui demandant de passer le voir, puis il rentra chez lui, se maudissant d'avoir accepté cette idée stupide de dîner.

Il savait bien que Pansy était bien trop immature pour faire face à Hermione sans faire d'histoire...

Drago fut vaguement tenté de contacter Ginny, afin de vérifier si Hermione s'était rendue chez les Potter, mais il n'avait pas spécialement envie de faire face à son sale caractère si elle découvrait qu'Hermione allait mal par sa faute.

Alors il prit son mal en patience, espérant qu'Hermione reviendrait rapidement vers lui afin qu'ils puissent parler de cette soirée catastrophique.

Tu sais que ça va mal finir ?

La remarque lancée par Greg s'imposa à lui, implacable.

Ce n'était pas la première fois, d'ailleurs, qu'elle revenait le hanter.

Non, chaque fois qu'un problème extérieur s'immisçait entre Hermione et lui, Drago avait l'impression d'entendre la voix de son ami lui rappeler que leur relation était vouée à l'échec.

Ses parents l'avaient rejeté - sa mère n'ayant pas donné la moindre nouvelle depuis la visite de son père, un mois plus tôt -, Greg ne croyait pas en eux, la femme de son meilleur ami s'était montrée odieuse, ses amis à elle le toléraient à peine et il était également persuadé, même s'il n'en avait pas la preuve, que Weasley faisait tout pour la monter contre lui.

Et aux dernières nouvelles, elle n'avait toujours pas parlé de lui à ses parents, estimant leur relation trop récente.

Drago tenait sincèrement à elle, bien plus qu'il ne voulait se l'admettre, mais pourraient-ils réellement continuer dans de telles conditions ?

Des coups frappés à sa porte le tirèrent de ses sombres pensées et il se hâta d'aller ouvrir. Cependant, il pila net sur le pas de sa porte lorsqu'il se retrouva, non pas face à Hermione, mais à Weasley.

- Qu'est-ce que tu fous là ?! lâcha-t-il, immédiatement sur ses gardes.

- T'emballes pas, j'en aurai pas pour longtemps, répondit-il sèchement. Je suppose que t'es fier de toi, n'est-ce pas ?

- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles...

Drago était plutôt en train de se demander comment, par Salazar, il avait connaissance de son adresse.

- Hermione, cracha le rouquin. J'étais en train de dîner chez Harry quand elle a débarqué en pleurant. Ça t'amuse, de l'humilier comme ça avec tes copains ?

- Ce qu'il se passe entre Hermione et moi ne te regarde...

- Oh la ferme, Malefoy ! Bien sûr que ça me regarde ! Hermione est ma meilleure amie, tu crois vraiment que je vais rester là et te laisser profiter d'elle sans rien dire ?

- Aux dernières nouvelles, c'est toi qui t'es comporté comme un connard, avec elle, à en foutre une autre enceinte juste après l'avoir quittée et en osant lui demander d'être témoin à ton mariage.

Weasley le dévisagea en hochant la tête de droite à gauche, les oreilles de plus en plus rouges.

- On ne parle pas de moi, là, mais de toi et de ce que tu as à lui offrir. Alors dis-moi, Malefoy, quel intérêt Hermione a-t-elle de fréquenter quelqu'un comme toi ? Se faire rabaisser par tes proches ? Être rejetée par tes parents ? Se brouiller avec ses propres amis qui, eux, n'oublient pas quel sale con tu es en réalité ? Je connais Hermione, je sais donc parfaitement ce que toi, tu as à y gagner, mais elle ?

Drago ne répondit rien, déstabilisé d'entendre ses propres craintes être ainsi formulées.

- Rends-lui service, Malefoy... Rends-nous service à tous et fous-lui la paix.

Sur ces derniers mots, Weasley transplana, le laissant à nouveau seul.

Drago referma violemment la porte derrière lui et la frappa de son poing, tentant d'évacuer la tension qui était montée en lui au fil de son entretien avec Weasley.

Mais c'était surtout à lui, qu'il en voulait. Qu'il l'apprécie ou pas, cette saleté de rouquin n'avait pas tout à fait tort. Si Drago n'avait pas agi comme il l'avait fait par le passé, ils n'en seraient pas là aujourd'hui.

Tu sais que ça va mal finir ?

Ces mots, encore... Ils n'avaient jamais sonnés aussi justes.

Mais que pouvait-il faire ?

Il n'avait jamais été très courageux, préférant mettre son intérêt avant celui des autres, c'était indéniable, mais pour elle...

Pour elle, il pourrait agir différemment.

Oui, il savait qu'elle lui importait tellement que son bien-être passerait avant le sien.

Hermione méritait d'être heureuse.

Il sursauta en entendant de nouveaux coups contre sa porte.

Deux rapides, une pause, un troisième.

Elle.

Il inspira profondément puis ouvrit la porte et son cœur se serra brièvement lorsqu'il la vit de l'autre côté, les yeux encore rougis d'avoir pleuré et la note qu'il lui avait laissée serrée dans sa main.

Une fois encore, elle allait mal par sa faute.

- Salut, dit-elle en souriant tristement. Désolée d'être partie comme ça...

- Non, tu n'as pas à l'être, c'est moi qui le suis...

Elle fit alors un pas pour entrer chez lui, mais contrairement à d'habitude, Drago ne se décala pas.

Il devait agir maintenant ou il ne le ferait jamais.

Elle écarquilla les yeux en constatant qu'il ne bougeait pas et le fixa, la bouche légèrement entrouverte.

- Lorsque mon père m'a tourné le dos, improvisa-t-il, j'ai pensé que ce n'était pas très grave, j'avais déjà pris mes distances avec mes parents et il me restait toujours mes amis. Sauf que maintenant...

- Drago... bredouilla-t-elle, les yeux brillants. Mais qu'est-ce que tu racontes ?

- C'était sympa entre nous, je ne vais pas te mentir, mais je ne perdrai pas mes amis pour toi, lâcha-t-il en luttant pour garder le contrôle de sa voix. Je pense donc que nous ferions mieux d'en rester là.

Il vit alors des larmes jaillir des yeux d'Hermione et se fit violence pour ne pas la prendre aussitôt dans ses bras. Il voulait lui dire qu'il mentait, qu'il en avait rien à foutre de Parkinson - ce qui était clairement le cas -, qu'il se contenterait de voir Blaise sans sa femme, comme il le faisait déjà depuis un moment et que Greg n'aimait personne de toute façon.

Mais cela ne changerait rien à leur situation.

Ses amis à elle seraient toujours aussi réfractaires à leur couple et il savait qu'il ne pouvait pas interférer entre eux comme cela.

Alors certes, en rompant maintenant ils seraient probablement tristes un moment mais au moins, il arrêtait tout avant qu'ils ne souffrent réellement.

Constatant qu'Hermione ne bougeait pas, il croisa les bras sur son torse en prenant appui sur le chambranle de sa porte et la dévisagea avec autant de froideur qu'il le put, rejetant avec force cette petite voix qui le poussait à s'excuser immédiatement avant qu'il ne la perde pour de bon.

Drago avait de plus en plus de mal à contrôler sa respiration, espérant secrètement qu'Hermione voit clair dans son jeu et réponde que ce n'était que des conneries. Il voulait qu'elle lui tienne tête, comme elle le faisait bien souvent, qu'elle rejette ses arguments bidons et lui assure qu'ils étaient plus forts que ça.

Mais elle n'en fit rien, se contentant de le regarder en pleurant silencieusement.

Au bout d'un moment, elle finit par frotter ses yeux d'un geste rageur du poignet puis, après avoir lâché un "très bien" à peine audible, transplana hors de sa vue, le laissant le cœur en miettes.

Comme l'avait prédit Gregory.


.


Hum...

A lundi prochain pour la suite ?

(se sauve dans un nuage de fumée)