Maître des âmes

Chapitre 19 :

Le serpent et l'éclair

Rapidement, la meute et le clan avaient décidé d'un rendez-vous pour s'entraîner. En vu de cela, Alexander avait cherché un sort de télépathie à installer dans les bracelets de la meute. Un sort qui permettrait aux loups de communiquer par télépathie avec lui, volontairement et de manière contrôlée. Il avait trouvé juste avant le premier entraînement et il avait proposé à Jacob de l'installer. Ainsi, il pourrait être l'intermédiaire avec les vampires, sachant que les Quileute n'aimaient pas être en forme humaine face à eux lorsqu'ils étaient seuls et isolés ensemble. En public avec du monde, ça passait mais le reste du temps, ils étaient plus à l'aise dans leur forme animale, méfiants. La meute en fut ravie et il reprit leurs bracelets pour les enchanter, expliquant qu'ils n'auraient qu'à se concentrer sur lui pour lui parler. Malheureusement, c'était à sens unique, le sort se basant sur une capacité télépathique existante, ce que Alexander n'avait pas. Mais il pourrait simplement leur parler pour répondre, sauf s'ils envoyaient une pensée sur une longue distance.

La chose en place, il partit avec la meute pour un site éloigné en forêt, entre les deux territoires où les alliés d'un temps s'étaient donnés rendez-vous. Jacob le prit sur son dos pour faire le chemin et ce fut ainsi qu'ils rejoignirent les vampires déjà sur place et occupés à s'entraîner. Ils stoppèrent à leur apparition, surpris de voir Alexander sur le dos du loup roux qui s'abaissa pour le laisser descendre. Aussi chaleureusement qu'à son habitude, Alexander alla saluer les vampires même s'il s'abstint d'étreindre ou d'approcher Edward et Bella de trop près. Sa relation avec le télépathe était atroce et si cela allait mieux avec Bella, ce n'était clairement pas la grande amitié non plus.

- Ils vont rester dans leur forme de loups, informa-t-il ensuite sans vraiment les surprendre. Je vais servir d'intermédiaire.

- Comment ? demanda Emmet.

- Avec une magie qui leur permet de me parler par la pensée, sourit-il.

Carlisle approuva alors et prit la parole pour saluer les loups. Puis il expliqua que Jasper avait déjà affronté les nouveaux nés et qu'il pouvait leur apprendre. Il parla ensuite de la différence entre un vampire ordinaire et un nouveau né. Cela fait, Jasper commença son cours, se tenant tel un sergent instructeur. Puis les vampires commencèrent à s'entraîner sous ses remarques, les loups observant attentivement. Alexander s'assit sur une souche d'arbre pour regarder, Jacob restant près de lui. Le sorcier était frustré, infiniment frustré de ne pas pouvoir participer à ce combat, la loi lui interdisant. S'il avait pu participer, la chose aurait été réglée en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire sans que les loups ou les vampires n'aient à se battre. Il n'aurait même pas eu besoin de tuer les nouveaux nés. Mais les lois étaient là pour de bonnes raisons et il le savait, comme il savait qu'il devait être irréprochable. Aussi, il ne fit qu'observer et servir d'intermédiaire pour les loups. Cette fois, Bella participa et Jasper s'en chargea lui même, ne la ménageant pas une seule seconde. Avec elle, on put voir la différence de vitesse et de force d'un nouveau né mais elle était trop pacifique et trop peu formée au combat, trop hésitante et effrayée pour être un problème pour le soldat. Edward rechignait à ce qu'elle participe mais les deux groupes avaient besoin de tout leurs membres et Bella était maintenant en mesure de se battre. Elle avait choisi d'entrer dans le clan, elle devait se battre avec lui.

À la fin de la journée, lorsque Jasper vint s'asseoir un instant près de son ami malgré les grognements des loups. Alexander ne put s'empêcher de lui demander d'où lui venait son expérience du combat. Jasper lui raconta alors son histoire, sa vie de major, sa rencontre avec Maria et ses sœurs, ce qui avait suivi avec l'armée de nouveaux nés et il comprit, triste que l'empathe ait eu à vivre de telles choses. La journée se termina là dessus et ils renouvelèrent les jours suivants. Ils s'appliquèrent aussi à repérer l'endroit idéal pour le combat, une vaste clairière perdue en forêt bien avant la ville et loin des chemins de randonnées. Les nouveaux nés se transmettaient l'odeur de Bella via un vêtement d'après Alice. On s'était demandé comment ils avaient pu l'obtenir, la maison de Charlie inaccessible pour eux puis on s'était aperçu que Bella avait des vêtements dans sa camionnette et dans son casier au lycée. Cela venait probablement de là. Sa présence les attirerait où ils le voulaient. Peu avant le jour dit, le clan s'en alla chasser pour prendre des forces, un gros feu de camps avec buffet à volonté offert par Alexander à la meute sur son domaine, autour de son feu de camps.

Le jour de la bataille, Alexander dû faire des pieds et des mains autant auprès des loups que des vampires pour qu'ils le laissent venir près du lieu du combat. Il leur rappela que son odeur ne tenterait pas les nouveaux nés et qu'il pouvait se cacher. Ils finirent par céder en comprenant que lui ne céderait pas. Prenant sa forme d'aigle, il alla se percher haut dans un arbre à la lisière de la clairière, se retransformant pour s'asseoir contre le tronc. De là, il voyait tout et entouré de sa magie, aucun vampire ne le trouverait ou ne le détecterait. Les loups patientèrent dans les bois sous lui, voulant profiter de l'effet de surprise de leur présence, caché par la magie de leurs bracelets. Comme toujours, on ne pouvait les détecter qu'en les voyant directement et ils avaient vite appris à jouer de cet avantage. Les Cullen étaient déjà en place et Alexander était tendu.

Son instinct s'affolait aujourd'hui et il savait déjà qu'il allait se passer beaucoup plus que ce à quoi ils s'attendaient. Prudent et alerte, il scruta tout, surveilla tout, gardant une grande attention sur ses perceptions magiques, sa sensibilité magique lui donnant beaucoup d'informations. Il ne pouvait pas intervenir vraiment mais il pouvait surveiller, il se devait même de le faire. Ce matin, il avait prévenu le MACUSA et les aurors de ce qui allait se passer, au cas cela déborderait et que les sorciers devaient intervenir. Ils avaient répondu qu'à la moindre alerte, s'il le jugeait nécessaire, il n'aurait qu'à les appeler et ils viendraient sur le champs. Il veillerait attentivement. La seule chose pour laquelle il pouvait réellement intervenir était pour protéger Jacob s'il était directement menacé. Parce qu'il était son âme sœur, son compagnon, il était en droit de le protéger si nécessaire et il y comptait bien.

Le silence tomba, la tension monta et bientôt, la bataille commença. Les nouveaux nés déferlèrent à toute vitesse, enragés et déterminés. Le combat s'engagea avec les Cullen puis avec les loups qui bondirent. Ce fut alors l'anarchie du combat mais Alexander parvint à suivre sans trop de problème et très vite, il put se rassurer. La meute et le clan géraient à merveille, travaillant ensemble. Edward et Bella étaient un peu à la traîne tellement ils s'inquiétaient l'un pour l'autre mais ils sortaient très bien. Et ce fut sur eux que Victoria bondit avec Riley lorsqu'elle se montra, en rage contre le couple.

Alexander déconnecta pourtant de la bataille lorsque l'une de ses cicatrices explosa de douleur. Ce n'était pas n'importe quelle cicatrice, c'était celle de son front qu'il avait gardé caché pour tous depuis son arrivée en Amérique. Cela ne pouvait vouloir dire qu'une chose : Voldemort était dans les parages et cela le stupéfia. Pourquoi ? Qu'il soit parvenu à le retrouver ne l'étonnait pas. Il avait le lien pour l'aider. Mais pourquoi était-il venu maintenant ? Immédiatement, il chercha à le localiser mais il n'y parvint pas. Cela voulait dire qu'il se cachait puissamment avec la magie. Si puissamment que rien ne pourrait le détecter à moins qu'il ne bouge lui même. Rien, sauf lui même bien sûr. Il savait toujours quand Tom était là. Il se concentra sur lui, sur le lien, sa proximité lui permettant de sentir ses émotions générales. Il était calme, intrigué, sans agressivité ou menace. Il n'était pas loin, probablement quelque part autour de la clairière. Et son amusement vite teinté d'ennuis lui faisait dire qu'il observait l'affrontement.

Il garda une part de son attention sur lui, le surveillant attentivement tout en retournant un peu à la bataille qui suivait son cour de la même manière. Mille et une questions tournaient en boucle sur la raison de sa venue. Que voulait-il ? Soit il venait rompre leur accord et donc, se battre probablement, soit il y avait autre chose de très important pour qu'il vienne lui même ainsi. Vu ses émotions et la manière de faire, il doutait que cela soit la première option. Tom n'avait aucune raison de rompre leur accord qui lui avait énormément profité jusque là. Mais dans ce cas, qu'est-ce qui pouvait le pousser à venir ? Il le saurait probablement rapidement. Quoi qu'il en fut, le Seigneur des Ténèbres resta caché et calme, Alexander revenant au plus urgent : le combat.

Le nombre de nouveaux nés diminuaient à toute vitesse et si Victoria avait tenté de prendre la fuite en voyant qu'elle était en train de perdre, elle s'était retrouvée face à Jacob qui n'avait pas hésité une seconde à lui arracher la tête d'un coup de crocs. Il en fut rapidement de même pour tous. Une seule fut épargnée. Une petite vampire brune à l'air perdue qui se rendit, dépassée. Le combat terminé après l'éradication d'un dernier nouveau né qui avait tenté de se cacher pour bondir sur Leah et qui s'était retrouvé anéanti par Sam, on fit le tour de tout les présents, s'assurant que tout le monde allait bien. Et c'était le cas. Personne n'était blessé au soulagement général. Alexander descendit alors de son perchoir pour les rejoindre, la meute venant très vite l'entourer face aux vampires et surtout à la nouvelle née gardée par Carlisle et Esmée. On se mit à entasser les carcasses pour les brûler et Alexander ne put s'empêcher une remarque en se tournant vers Bella et Edward.

- Cela est de votre faute, remarqua-t-il durement.

- Ce n'est pas de notre faute, rétorqua Edward.

- Bien sûr que si. Crois-tu que ces jeunes gens transformés, morts maintenant, et toutes les victimes qu'il y a eu à Seattle auraient existé si vous n'aviez pas fait vos bêtises en premier lieu ? Tout cela n'aurait pas été si tu avais respecté les lois à l'origine. Tout ces morts sont de votre faute, prenez en conscience.

Il y eut un moment de silence lourd, le couple détournant les yeux avant que Alice n'ait une vision de l'arrivée imminente des Volturi. Immédiatement, on convint que les loups et le sorcier devaient partir et ils le firent. Ils n'allèrent cependant pas bien loin, se cachant en bordure de forêt. Ils firent en sorte de ne pas être vus tout en pouvant voir la scène et la magie d'Alexander dans les bracelets fit le reste. Le sorcier s'attela à se cacher lui même, ajoutant un sort pour entendre ce qu'il se dirait. Lui, comme les loups, voulaient savoir si les Volturi parleraient de lui au clan. Il ne fallut attendre que quelques minutes pour les voir apparaître à l'autre bout de la clairière, Alexander sentant toujours la présence proche, calme et immobile de Tom. Visiblement, il allait attendre que tout ça soit fini avant de se montrer. Il ignorait pourquoi il était là mais il se pouvait qu'il tombe sur cette scène complètement par hasard, observant. Il doutait qu'il soit venu pour ce combat qui n'avait absolument aucun intérêt pour lui. À moins qu'il y ait quelque chose qu'il ignorait.

Les quatre gardes Volturi arrivèrent, arrogants et froids. Alexander les reconnus sans mal. Dés l'instant où il avait eu un lien fort avec des vampires, il s'était renseigné davantage sur le clan royal par mesure de précaution. Devant le groupe se tenait Jane avec son frère Alec à ses côtés. La paire était notée comme les gardes les plus puissants des rois par les aurors. Il y avait aussi Félix et Demetri. Sa voix couverte par sa magie, il les présenta et les décrivit aux loups qui observèrent avec une très grande attention. Le quatuor avança et vint faire face aux Cullen tendus, tous s'observant.

- Impressionnant, fit Jane presque dédaigneuse, je n'ai jamais vu de clan survivre à une attaque de cette ampleur.

- On a eu de la chance, répondit humblement Carlisle.

- J'en doute fort, rétorqua-t-elle.

- Il semble qu'on ait manqué un combat divertissant, remarqua Alec.

- Oui. Nous avons rarement l'impression d'être inutiles, posa Jane.

- En arrivant une demi heure plus tôt vous auriez fait merveille, intervint Edward amer.

- Quel dommage. Vous en avez oublié une, releva-t-elle en regardant la petite brune dont Jasper se rapprocha.

- On lui a offert l'asile parce qu'elle a accepté de se rendre, expliqua Carlisle.

- Vous n'aviez pas à le faire, claqua Jane. Pourquoi es-tu là ? exigea-t-elle de savoir en se concentrant sur elle.

Bientôt, la petite vampire s'écroulait et hurlait de douleur sous son pouvoir de torture. Les Cullen se tendirent mais ne bougèrent pas, sachant qu'ils ne le pouvaient pas.

- Qui t'a créé ? questionna Jane en ignorant ses hurlements.

- Inutile de faire ça. Elle vous dira tout ce que vous voulez savoir, assura Esmée agitée.

- Je sais.

- Je l'ignore, répondit l'interrogée. Riley a refusé de nous le dire. Il ne voulait pas qu'on le lise dans notre esprit.

- Elle s'appelait Victoria, fit Edward. Vous la connaissiez peut-être.

- Edward, coupa Carlisle, si les Volturi avaient eu connaissance de Victoria, ils l'auraient neutralisé. N'est-ce pas Jane ?

- Cela va sans dire, acquiesça-t-elle. Félix, commanda-t-elle ensuite.

Le grand vampire se dirigea vers la petite au sol, agitant tout le monde.

- Elle ne savait pas ce qu'elle faisait, tenta Esmée. Nous en assumons l'entière responsabilité.

- Laissez lui une chance, pria Carlisle.

- Les Volturi n'accordent jamais de seconde chance, claqua-t-elle. Souvenez vous en. Occupe-t-en Félix.

Le grand vampire s'avança et alla détruire la petite vampire brune, tous serrant les dents à la scène qu'ils ne pouvaient empêcher. Cela fut vite fait et le colosse jeta ses restes dans le feu avant de revenir se poster avec les siens comme si de rien n'était.

- Caïus sera heureux de savoir qu'elle a bien été transformée, reprit ensuite Jane en regardant Bella qui se blottissait contre Edward. Vous n'avez que trop joué avec les limites dernièrement.

- Cela ne se reproduira plus, assura Carlisle.

- Ça ne résout en rien le problème de votre punition, trancha-t-elle. Mais nous sommes prêt à passer pour cette fois à une condition. Amenez le sorcier ici et sur le champs, exigea-t-elle.

- Le sorcier ? releva Carlisle.

- Ne faîtes pas les innocents. Aro l'a vu dans son esprit, dit-elle en regardant Edward. Alexander White. Le sorcier avec lequel vous êtes amis. Amenez le sur le champs.

- Pourquoi ? demanda le chef de clan.

- Cela ne vous regarde en rien, claqua-t-elle. Amenez le ou vous paierez de vos vies cette énième défiance.

Alexander se tourna vers Jacob, posant une main sur sa tête.

- Restez là, j'y vais, murmura-t-il.

Tous protestèrent immédiatement par télépathie et il leur sourit :

- Ne vous en faîte pas, tout ira bien. Ils n'ont pas le droit de me toucher et ils le savent. Ils ne feront rien, pas dans l'immédiat en tout cas et pas aussi ouvertement. C'est une certitude. Je dois régler ça. Restez cachés, ils ne doivent pas vous voir.

Si aucun ne fut pour, ils le laissèrent faire, surveillant très attentivement, prêt à bondir. Il sortit des bois, levant la magie qui le cachait. Baguette rangée, il se tint droit, fier, digne et assuré en marchant vers les vampires. Il fut aussitôt repéré, les Cullen se tendant plus encore devant cela.

- Il ne sera pas utile de leur forcer la main, posa Alexander en s'arrêtant à côté de Carlisle. Je suis là. Alexander White, se présenta-t-il alors qu'on le scrutait de haut en bas.

- Je m'attendais à mieux, s'amusa Jane dédaigneuse.

- Moi aussi, rendit-il immédiatement en tendant les gardes et ses amis. Venons en au fait voulez-vous ?

- Nos rois veulent vous parler, posa Jane en se retenant visiblement de lui sauter dessus.

- Qu'ils viennent me voir ici alors, répondit-il simplement en stupéfiant les Cullen par son aplomb face à eux.

- Insolent, gronda Félix. Tu…

- N'as aucune obligation envers les Volturi, trancha-t-il fermement. Ils n'ont aucune autorité ou pouvoir sur moi. Si cela ne vous convient pas, je peux toujours demander aux aurors de venir vous le confirmer.

Cela fit taire les quatre gardes conscients de la situation entre vampires et sorciers au contraire des Cullen et des Quileute.

- S'ils désirent me parler, qu'ils viennent ou vous pouvez parler pour eux, j'écouterai. Je suis bien curieux de savoir ce que les Volturi veulent à un simple sorcier comme moi.

Les gardes s'observèrent entre eux, jetant un coup d'œil à Edward en se disant qu'il le lirait dans leurs esprits et qu'il lui dirait de toute façon. Jane se tourna alors vers lui, contrariée :

- Nous avons une proposition pour vous, dit-elle.

- Une proposition de quel genre ? Tout les sorciers savent bien que s'allier de cette façon aux vampires peut-être très risqué, remarqua-t-il.

- Pourtant vous êtes amis avec ce clan de manière marquée, releva-t-elle.

- Vous conviendrez que les Cullen ne sont pas les Volturi et comme vous l'avez dit, je suis ami avec eux. Ce qui n'implique pas d'échange de service quelconque.

- C'est assez simple. Nous voulons juste que vous retrouviez quelqu'un, expliqua-t-elle. Un autre sorcier. J'imagine que vous êtes au courant de la situation en Europe ? Au Royaume-Unis ?

- Tout les sorciers le sont, répondit-il. Mais je ne vois pas ce que je viens faire là dedans. Quel sorcier voulez vous retrouver et pourquoi ? questionna-t-il.

- Si vous connaissez la situation, vous savez quel sorcier peut potentiellement nous déranger, poursuivit-elle.

- Cela dépend du camps dans lequel on se place et selon quels intérêts. Beaucoup de sorciers pourraient vous poser problème alors il va falloir être plus précis.

- Il ne s'agit pas réellement d'un problème, corrigea-t-elle pincée. Disons que nous avons un désaccord avec le sorcier au serpent.

- Et bien je ne crois pas que vous ayez besoin de qui que ce soit pour le trouver, s'amusa-t-il. Il n'est pas très difficile à contacter il me semble.

- Ce n'est pas lui que nous voudrions que vous retrouviez mais un autre sorcier qui serait susceptible d'intercéder, sourit-elle froidement, et de lui faire entendre raison d'une façon ou d'une autre. Le sorcier avec… l'éclair, dit-elle. Vous savez certainement de qui il s'agit.

- Bien sûr, approuva-t-il. Mais si c'est de ces deux sorciers dont-il est question, je doute qu'ils se parlent en toute diplomatie. Je ne suis pas naïf sur cette situation et aucun sorcier ne le sera. Ce n'est pas d'une négociation que les Volturi veulent, c'est un combat entre eux, posa-t-il en surprenant les siens écoutant attentivement.

- La manière de lui faire entendre raison nous importe peu, s'amusa-t-elle. S'il faut en passer par le combat… Mais cela ne vous concerne pas. Nous voulons juste que vous retrouviez le sorcier à l'éclair et que vous nous mettiez en contact avec lui. Nous lui parlerons nous même de la mission que nous souhaiterions lui confier, contre rémunération bien entendu. Une rémunération conséquente que vous aurez également cela va de soit.

- Est-ce tout ce que les Volturi voudraient me demander ? questionna-t-il. Il est bien rare que vos rois s'en tiennent à ce genre de chose. Qui me dit que si je vous aide pour cela, je serais tranquille ensuite ? Qu'est-ce qui garanti ma sécurité durant cette affaire ?

- Nous l'assurons, dit-elle avec un petit rictus.

- Et je ne vous crois pas, répondit-il sur le champs en tendant les gardes. Je sais parfaitement ce que pourrait représenter le concours d'un sorcier pour les Volturi. Et votre clan tente depuis trop longtemps de s'allouer les services de l'un des miens pour s'en tenir là si jamais je passais cette porte. De plus, il serait absolument suicidaire de prendre part de quelconque manière à ce qu'il se passe en Europe et particulièrement au Royaume Unis. Si un sorcier devait vous dire oui pour mettre un pied là dedans, soit il aurait une idée derrière la tête, soit il ne tient pas à la vie. Aucune récompense ne vaudrait cela.

- Celui que vous devez retrouver est parfaitement pacifique et droit. Vous n'avez rien à craindre de lui. Cela est de notoriété publique parmi les vôtres il me semble.

- Vous ne pouvez pas me l'assurer et cela serait mal connaître le serpent que de penser qu'il ne serait pas prêt à me courir après juste parce que j'aurais fait ce que vous demandez. Il ne fait pas bon faire partie de ses ennemis et je pense que vous le savez parfaitement, dit-il en les crispant. Je refuse catégoriquement cette proposition et je refuse tout accord ou alliance avec les Volturi quel qu'il soit. Et si je puis me permettre, vous devriez laisser tomber cette idée, cela pourrait vous apporter énormément de problèmes. Il est inutile d'en discuter plus avant ou de refaire cette proposition. Il faudrait être fou pour se mêler volontairement à cette histoire. Vous pouvez dire à vos rois que je refuse sans aucune hésitation.

Les gardes le fixèrent avec une froideur mortelle un moment, semblant se retenir de lui régler son compte ici et maintenant. Seulement, ils savaient bien qu'ils ne pouvaient pas sous peine de subir des représailles des sorciers sans même se douter à quel point cela pourrait être vrai avec lui. L'ambiance fut lourde jusqu'à ce que Jane ne reprenne la parole avec un petit sourire arrogant en pure façade :

- Dans ce cas, nous transmettrons, assura-t-elle. Rentrons.

Les autres approuvèrent et ils firent demi tour, s'éloignant et disparaissant bien vite. Le silence retomba et un instant plus tard, les loups surgissaient à nouveau, venant entourer Alexander, Jacob frottant sa grande tête contre lui.

- Tu sais de quoi ils parlaient ? demanda Carlisle.

- Oui, parfaitement, répondit-il. Et ce n'est pas quelque chose d'amusant.

- Tu as entendu quelque chose Edward ? questionna Emmet.

- Ils étaient concentrés sur Alexander et ce qu'ils avaient à lui demander, sur ses réactions et son attitude. Mais la personne qu'ils voulaient retrouver est visiblement importante, comme ce sorcier au serpent. Ils en ont peur je crois, posa-t-il peu sûr lui même de ce qu'ils disaient. Mais ils maudissaient tellement Alexander de leur tenir tête qu'il n'y a pas eu grand-chose de précis.

- Moi je sais et c'est suffisant, posa le sorcier. Je doute que les Volturi se contentent de ce refus sans rien dire mais ils ne peuvent pas agir n'importe comment avec les sorciers. S'ils reviennent, cela ne sera pas avant un moment et ce sera avec un plan.

- Nous verrons à ce moment là, fit Carlisle. Ce refus ne va pas leur plaire c'est certain.

Tous, Alexander mis à part, sursautèrent lorsqu'une autre voix sortie de nul part se fit entendre. Alexander soupira en sentant sa cicatrice pulser alors que désormais il percevait parfaitement Tom qui avait dû lever sa magie pour se montrer et leur parler :

- Que cela leur plaise ou non, la chose est toute vue n'est-ce pas ? fit-il avec nonchalance.

Ils se tournèrent d'un bloc pour voir un étrange personnage tout vêtu de noir sortir de la forêt. Et ils se tendirent devant l'apparence à la fois humaine et serpentine de celui qui arrivait. Il avait les yeux rouges, assuré et froid avec son sourire dérangeant. Il sentait le danger à des kilomètres, affolant leurs instincts. Tous se tendirent, les loups grondant, les vampires sur la défensive.

- Veux-tu bien rappeler tes chiens de garde ? demanda-t-il en fixant Alexander.

- Ce ne sont pas des chiens de gardes Tom, répondit-il avec calme.

Voldemort n'avait pas sorti sa baguette et il était seul, sans menace à première vue, paisible. Aussi, il resta tranquille lui même, venant se placer au devant des autres.

- Tu le connais ? demanda Carlisle.

- Oui, assura-t-il. Tout va bien. N'est-ce pas ?

- Bien sûr, s'amusa l'autre. Ce n'est qu'une petite visite de courtoisie.

- Une visite de courtoisie ? releva Alexander alors qu'il stoppait à une vingtaine de mètres d'eux. Il n'y a jamais eu la moindre courtoisie entre nous.

- Les choses évoluent, justifia-t-il. Cela faisait longtemps depuis la dernière fois. Je vois que tu t'es fait de nouveaux amis.

- Comme tu dis, ce sont mes amis, alors tu sais à quoi t'en tenir, posa-t-il fermement. Pourquoi es-tu venu Tom ? Je doute que ce soit pour les nouveaux nés ou les Volturi et tu ne viendrais pas jusqu'ici pour rien. Alors qu'est-ce qu'il y a ?

- Les Gryffondor et leur impatience, soupira-t-il.

- Tu n'as pas beaucoup de temps devant toi, posa Alexander.

- Je prendrai le temps qu'il me plaît. C'était amusant ce petit divertissement, dit-il avec un vague geste pour les carcasses brûlant. Les Volturi en revanche ont été vraiment hilarant. Si seulement ils savaient ce qu'ils demandaient. Ils viennent te voir toi pour rechercher une personne qu'il n'est autre que toi même pour me combattre moi, rit-il en stupéfiant les Cullen et les Quileute. Ces petits nuisibles stupides n'ont vraiment rien dans la tête. Ils n'ont même pas su voir que celui qu'ils recherchent était devant eux. Quoi qu'il en soit il va falloir que je m'occupe de ça. Je savais déjà qu'ils cherchaient à causer des problèmes mais là c'est un peu fort.

- Ton conflit avec les Volturi ne me regarde pas, remarqua-t-il.

- Conflit est un bien grand mot. À peine un dérangement, balaya-t-il avec un vague geste de la main. Je vais peut-être leur envoyer Fenrir, ça pourrait être intéressant.

- Que viens-tu faire ici Tom ? redemanda-t-il. Tu n'as pas traversé la moitié du globe juste pour t'amuser ?

Ce fut à cet instant que de multiples craquements résonnèrent, surprenant une fois encore les loups et les vampires qui se retrouvèrent derrière une ligne d'une quinzaine de personnages apparus de nul part. Ils étaient très soigneusement vêtus tels des agents secrets avec de longs manteaux et des chapeaux, impeccables. Tous tenaient une baguette pointée vers le dénommé Tom, faisant penser qu'ils étaient des sorciers comme Alexander qu'ils encadraient de près, tendus en fixant l'autre.

- Et bien quelle réaction rapide mesdames et messieurs les aurors, rit Voldmeort en ouvrant les bras.

- Tom Riddle, vous êtes entré illégalement sur le territoire des États-Unis d'Amérique, fit une femme resplendissante d'assurance à droite d'Alexander. Repartez sur le champs ou nous vous arrêtons.

- Tu n'as pas d'ordre à me donner vermine ! Pour qui te prend tu ?! Je pourrai repartir mais si je fais cela tu n'auras pas l'information que je viens t'apporter en personne, répondit-il en se recentrant sur Alexander avec une attitude soudain plus joueuse et déstabilisante. La situation entre nous n'a pas changé de mon point de vue non plus. Tout cela me convient parfaitement et j'aimerai autant que cela reste ainsi. Je ne suis pas là pour te tuer, sourit-il, ni pour te combattre. En fait, j'ai plutôt intérêt à ce que tu restes en vie dorénavant.

- Toi ? Intérêt à ce que je reste en vie ? répéta Alexander réellement surpris. Tu peux m'expliquer d'où vient ce revirement de situation ? Tu as tenté de me tuer cinq fois si j'ai bien compté et bien plus encore si on prend en compte les tentatives de tes partisans en ton nom. J'ai dû faire des pieds et des mains pour te convaincre d'opter pour le statu neutre et tu voudrais me faire croire que tu veux que je vive maintenant ? C'est le monde à l'envers.

- Je comprend que tu sois surpris mais c'est la vérité. Je veux que tu vives aussi longtemps et bien que possible.

- Pourquoi ?

- Essaye donc de le découvrir par toi même, nargua-t-il. Mais je suis là pacifiquement, assura-t-il avec condescendance.

Alexander sembla le jauger un moment avant de tourner le regard vers la dame qui avait parlé :

- Capitaine ? Voulez-vous bien lui laisser le temps de parler ? demanda-t-il.

- Très bien, approuva-t-elle en faisant signe aux autres qui baissèrent leurs baguettes. Cinq minutes, posa-t-elle fermement.

- Oses encore me parler sur ce ton et tu n'auras plus jamais l'occasion d'ouvrir la bouche, cracha Voldemort véhément avec elle.

- Tom, gronda Alexander plus menaçant, dit ce que tu as à dire et repars s'il te plaît.

- Ils t'ont retrouvé, lâcha-t-il en faisant planer une tension plus lourde que les Quileute et les Cullen ne comprirent pas.

- Comment le sais-tu ? Snape ? demanda Alex.

- Ce cher Severus fait toujours un travail remarquable et la situation telle qu'elle est lui convient bien aussi.

- Je n'ai aucun doute sur la question. Laisse moi deviner : les notes d'alertes sur le Secret Magique à la Confédération ?

- C'est la seule et unique trace que tu as laissé filtrer. Jusque là, ils s'y sont cassés les dents. Tu avais très bien effacé les traces. J'en aurais presque été admiratif. Et puis il a fallu qu'un vampire et une moldue de ton entourage fassent une bourde, rit-il. Ceux là d'après ce que j'ai entendu tout à l'heure, dit-il avec un regard pour Edward et Bella. S'ils n'avaient pas fait leur bêtise, tu n'aurais pas été retrouvé avant encore très longtemps. Il y a eu une note pour ça puis une deuxième avec une moldue et des métamorphes, eux j'imagine, dit-il pour les loups. Ils ont fini par penser à ces notes et ils t'ont retrouvé grâce à elles.

- Je m'y attendais, avoua-t-il.

- Tu ne serais pas un Serpentard si tu n'avais pas pensé à cette faille. La seule et unique faille qu'il y avait. Dommage. Cela étant dit, je te fais une faveur en venant te prévenir que tu allais les voir rappliquer prochainement alors soit gentil et fait en sorte que les choses restent telles quelles entre nous.

- J'en ai bien l'intention ne t'en fait pas. Snape sait-il comment ils vont s'y prendre ?

- Ils savent où tu es mais ils ne savent rien de ce qu'il s'est passé, comment, pourquoi… Alors ils vont d'abord faire les choses normalement si je puis dire, essayer de voir pourquoi tu es là, ce qu'il s'est passé et tenter de… rétablir la situation en douceur.

- Qu'est-ce que tu veux en échange de ces informations ? demanda-t-il avec suspicion.

- Juste que les choses se poursuivent comme nous avions prévu qu'elles se poursuivent et que tu veilles à rester en vie. C'est tout ce que je veux.

- Alors ne t'en fait pas, j'ai bien l'intention de continuer ainsi et de mourir de vieillesse.

- Parfait dans ce cas. Et visiblement, ici, les aurors sont plus dégourdis et prompts à venir t'aider. C'est bon signe. Si les choses sont claires…

Il eut un petit sourire et disparut dans un craquement. Il y eut un instant de silence avant que les sorciers apparus un peu plus tôt ne se tournent vers Alexander en ignorant totalement les autres.

- Veuillez nous excuser, dit la dame qui avait déjà parlé. Nous sommes venus dés que nous avons détecté sa présence.

- Vous avez fait plus vite qu'on aurait pu le souhaiter, sourit-il. Il était là depuis un moment, je l'ai senti mais il s'était puissamment dissimulé. Vous ne pouviez savoir qu'il était présent. Il ne s'est révélé que pour me parler. Il a dû venir directement ici.

Rapidement, il leur raconta la bataille avec les nouveaux nés et la demande des Volturi avant leur arrivée, succin et factuel.

- Je vois et comme nous le redoutions, ils ont fini par vous trouver, soupira-t-elle. Si vraiment ils font les choses de manières ordinaires, ils devront passer à la frontière et nous saurons quand ils arriveront sur le territoire. Nous vous préviendrons sur le champs. Voulez-vous que nous venions automatiquement ?

- Non. Je vais d'abord voir comment ils abordent les choses et ce qu'ils font. Ne venez que si vous les détectez de manière illégale histoire de leur montrer qu'on ne joue pas avec la loi ici. Mais dans le cas contraire, laissez moi gérer et s'il y a une raison de le faire, je déclencherai l'appel d'urgence.

- Très bien, nous répondrons sur le champs soyez en certain. Je repasserai vous voir un peu plus tard pour en discuter en privée si vous le voulez bien, dit-elle avec un coup d'œil critique pour leur public.

- Bien sûr, approuva-t-il avec un sourire. Je vais devoir donner des explications, remarqua-t-il. D'autant plus si cela vient jusqu'ici.

- Vous savez quoi faire, sourit-elle. Et vous savez que vous avez notre confiance. Nous verrons comment cela évolue mais vous savez quelle est notre position. Nous sommes prêt depuis longtemps.

- Et je le suis aussi. J'espérai juste qu'ils finiraient par laisser tomber, soupira-t-il. Cela promet d'être agité en connaissant leur entêtement. Nous gérerons au fur et à mesure.

- Vous pouvez comptez sur nous, promit-elle. Appelez au moindre besoin.

- Je le ferai. Merci capitaine Zelfer, mesdames, messieurs, salua-t-il pour les aurors.

Tous s'inclinèrent vers lui avec respect puis ils disparurent à nouveau comme ils étaient venus. Une fois encore, le silence tomba, étrange et il se retourna vers les autres, leur souriant.

- Je vais vous expliquer, assura-t-il.

- Comment ils ont fait pour apparaître et disparaître comme ça ? demanda Bella stupéfaite.

- C'est un mode de transport magique très courant chez les sorciers, expliqua-t-il. On appelle ça transplaner mais en gros, dis toi qu'ils se sont téléportés.

- Toi aussi tu peux faire ça ? demanda-t-elle.

- Je peux mais je ne le fais pas. Je suis allergique à ce genre de chose, grimaça-t-il.

- Comment ça ?

- J'ai un problème avec ce genre de magie de transport. J'évite de les utiliser, c'est désagréable. Allons chez moi et je vous explique.

Ils approuvèrent, hébétés et, se baissant près de lui, Jacob le pria d'une pensée de monter sur son dos. Il le fit et ils partirent pour le domaine de Rael dans un silence pesant. Lorsqu'ils y arrivèrent, ils prirent place au salon, les loups acceptant de reprendre forme humaine sur ce terrain neutre qu'était la maison du sorcier. Ils s'installèrent au salon et entre temps, tout le monde avait repris un tant soit peu ses esprits.

- Qui étaient ces gens ? demanda Jasper. Des sorciers ? Ils avaient une allure de soldat.

- Parce que s'en était, répondit-il en les surprenant. Ces personnes, celles apparues autour de moi, étaient des sorciers, des aurors. C'est le nom que l'on donne à ceux qui font office à la fois de policiers et de soldats chez les sorciers. Si vous deviez rompre le secret des sorciers, c'est à eux que vous auriez à faire.

- Et l'autre ? demanda Jacob. Qu'est-ce que c'était ? Il puait la mort à plein nez.

- Cet homme, si tant est qu'on lui donne toujours ce nom, s'appelle Tom Riddle. C'est un sorcier également.

- Avec cette apparence cauchemardesque ? demanda Bella.

- Oui. Il est comme ça à cause de certaines magies qu'il pratique.

- Tu as dit qu'il avait essayé de te tuer, remarqua Jacob sombre.

- Oui. Plusieurs fois, approuva-t-il. Lui et moi étions ennemis avant que je n'arrive à Forks mais nous avons fait la paix en quelque sorte. Pacte de non agression serait plus juste. J'ai eu une vie compliquée avant de venir vivre à Forks. Très compliquée et elle me rattrape aujourd'hui. Comment expliquer ? se demanda-t-il avec un soupir.

- Commence peut-être par le début, proposa Carlisle.

- C'est une idée, s'amusa-t-il. Certains d'entre vous le savent, d'autres non. Mes parents sont morts quand j'avais un an et j'ai hérité d'eux. Plus tard, j'ai également hérité de mon parrain. Charlie et Carlisle l'avaient deviné quand j'étais encore amnésique mais je ne suis pas américain. Je suis né au Royaume Unis et j'y ai passé toute ma vie avant d'arriver à Forks. Les communautés sorcières sont différentes d'un pays à l'autre. Il y a des règles mondiales comme celle du secret et des lois propres à chaque pays, des systèmes, des traditions, des cultures propres à chaque pays. Dans le monde sorcier britannique, je suis l'héritier de deux très anciennes lignées importantes. Celle de mon père et celle de mon parrain. Les deux sont veilles de nombreux siècles. Pour la lignée de mon père, je suis le dernier et pour celle de mon parrain, il ne reste qu'une autre possibilité à part moi. Dans le monde magique, ce genre d'héritage de lignée se transmet uniquement par le sang ou de puissants liens magiques alors ça ne peut être que moi. Tout ça pour dire qu'au Royaume Unis, j'étais un héritier très important pour la société sorcière. En terme d'argent et d'influence qu'elle soit politique ou économique.

- C'est pour ça qu'il t'a attaqué ? demanda Jacob.

- Non. Pas du tout, s'amusa-t-il. Tom est lui même l'héritier d'une lignée ancienne, le dernier également. On a même un lien de sang. Très lointain mais il y en a un. Beaucoup de vieilles familles sorcières ont des liens entre elles. La raison est autre. Bien avant ma naissance, une guerre a débutée entre sorciers britanniques, pour le pouvoir et le contrôle de la société magique du pays. C'était le pouvoir en place contre Tom, révéla-t-il en les stupéfiant. Tom est un sorcier très puissant, parmi les plus puissants de l'époque et il est crains dans le monde entier aujourd'hui. À raison d'ailleurs. Il sait beaucoup de choses. Il est très intelligent, retord, rusé, puissant, cruel et impitoyable. Il maîtrise des magies anciennes et interdites dont la plus part des sorciers n'imaginent même pas l'existence. On ne compte plus le nombre de gens qu'il a tué ou dont-il a entraîné la mort indirectement. Vous vous regardez entre vous en vous traitant de monstres ? releva-t-il. Vous n'êtes pas plus effrayant que la fée clochette face à lui. Lui est un véritable monstre. Tuer et torturer l'amuse et ça ne lui pose aucun problème. C'est lui qui a tué mes parents, soupira-t-il tristement.

- Quoi ?! s'exclamèrent plusieurs d'entre eux.

- Vous avez bien entendu. Mes parents, comme tout leur entourage, mon parrain… étaient jeunes quand ce conflit a commencé. Mon père et mon parrain étaient aurors. Ils ont combattus au côté du pouvoir en place contre Tom. Ils étaient engagés bien avant ma naissance. Et puis, il y a eu une Prophétie, une prédiction. La divination est un domaine magique accessible à tout les sorciers. Comme pour le pouvoir d'Alice, toutes les prédictions du futur sont incertaines et peuvent changer. Mais les véritables Prophéties sorcières sont puissantes, faîtes sur parfois des millénaires. Il n'est jamais certain qu'elles se réaliseront mais les sorciers y croient énormément, surtout au Royaume Unis. Ils étaient en pleine guerre et cette prédiction disait que moi et Tom nous affronterions, que l'un de nous mourrait de la main de l'autre et que j'étais capable de le vaincre. J'étais juste né mais ceux qui l'ont entendu, Tom inclus, l'ont pris très au sérieux. C'est pour ça que ce soir là, peu après mes un an, il est venu chez moi pour me tuer et régler le problème. Mes parents m'ont protégé et y ont laissé la vie.

- Il voulait te tuer alors que tu n'étais qu'un bébé innocent ? fit Rosalie dégoutté.

- Oui. Tom n'est pas le genre de personne qui s'embarrasse de ces détails. Un problème se présente : il le règle de manière radicale. Mais ça a bien failli le tuer. Mon père a été tué alors qu'il tentait de gagner du temps pour que ma mère puisse s'enfuir avec moi. Malheureusement, cela n'a pas fonctionné. Ma mère s'est sacrifiée pour moi. L'amour et le sacrifice sont des énergies puissantes pour la magie. En donnant sa vie ainsi, elle a activé une magie qui m'a ensuite protégé de Tom. Lorsqu'il a voulu me tuer, c'est lui qui a été touché et je m'en suis sorti avec juste cette cicatrice, dit-il en montrant son front.

- Le sorcier à l'éclair, comprit Sam.

- Exact. Je suis connu pour cette cicatrice. Après ça, Tom était trop faible pour continuer et la guerre a pris fin. Tout le monde pensait qu'il était mort. Mais ce n'était pas le cas et il a fini par revenir et par reprendre sa guerre. Bien sûr, j'étais sa cible prioritaire alors on s'est affronté quelques fois que ce soit avec lui ou avec ses partisans. J'ai soit gagné, soit réussi à faire un genre de match nul à chaque fois. Avec énormément de chance il faut bien l'admettre. La guerre entre sorciers a repris au Royaume Uni et entre la Prophétie et notre passif, ce que représentait ma famille, il était évident pour tout le monde que c'était à moi de monter en première ligne, d'affronter Tom et de mettre fin à ça. On ne m'a pas demandé mon avis pour ça et pour tous, c'était ma responsabilité.

- C'est n'importe quoi, fit Jacob.

- C'est ce que je crois aussi. J'ai affronté Tom plusieurs fois parce que je n'ai pas eu le choix. Je me suis défendu plus qu'autre chose. Vous n'avez pas idée du pouvoir de terreur que Tom a au Royaume Unis et en Europe au sein des sociétés magiques. Là bas, on le connaît plus sous le nom de Voldemort. Mais personne n'ose prononcer ce nom. On l'appelle le Lord noir, le Seigneur des Ténèbres ou Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, Vous-savez-qui.

- Seigneur des Ténèbres genre Sauron et le Mordor ? fit Seth.

- Oui, sourit-il avec amusement. En général, c'est ainsi qu'on appelle les grands méchants pratiquants de magie noire chez les sorciers. Vous pouvez assimiler ce titre à celui d'un chef terroriste d'ampleur mondiale chez les non-maj. Il n'est pas le premier de l'histoire et il ne sera pas le dernier. Tom terrorise tout le monde, ses partisans terrorisent tout le monde. Globalement, ils sont assez puissants et déterminés mais ils sont surtout connus pour leur cruauté. Si vous voulez de vrais monstres, c'est chez eux qu'ils faut aller voir. Personne là bas n'ose l'affronter, les affronter. C'était une raison de plus pour faire de moi le fer de lance de tout cela. Il fallait bien que quelqu'un y aille s'ils voulaient gagner. Pendant un temps, je me suis laissé entraîner là dedans sans trop savoir ce que tout ça impliquait. Je ne savais pas grand-chose et on ne m'a pas dit grand-chose. Mes parents morts, j'ai grandi avec ma tante maternelle qui elle était une non-magique. Elle ne m'a pas dit ce que j'étais. J'ai dû attendre d'avoir onze ans pour apprendre que j'étais un sorcier et commencer la magie. Alors quand j'ai débarqué dans ce monde là, j'étais clairement largué. Et puis, peu avant mes seize ans, Tom m'a attiré dans un piège. Mon parrain s'est précipité pour me secourir et il l'a payé de sa vie ce jour là. Cela a été la goutte d'eau pour moi.

Il marqua une pause, s'affalant dans le canapé, appréciant le bras de Jacob glissant sur ses épaules.

- J'en avais assez que cette fichue Prophétie décide de ma vie et que tout le monde la prenne pour excuse pour me forcer à faire ce qu'ils n'avaient pas le courage de faire. Le pire dans tout ça c'est que l'autre camp n'est pas vraiment mieux. Leur image est plus respectable sur le papier mais le pouvoir sorcier britannique qui était en place était aussi cruel que le camps de Tom. D'une autre manière certes, de façon bien plus dissimulée mais ils n'étaient pas mieux, loin de là. Ils avaient juste l'art et la manière de se cacher, de bien parler et de justifier leurs actes. Mais ce n'est pas pour rien si Tom a réussi à recruter facilement beaucoup de monde pour se battre contre eux. Aucun des deux camps ne méritait de gagner et je ne voulais pas me battre pour eux. Alors j'ai dit stop. Après la mort de mon parrain, je suis allé voir Tom pour lui proposer un accord. Je le laisse tranquille, il me laisse tranquille, je m'en vais et ils se débrouillent sans moi. De manière assez surprenante, il a accepté.

- Et tu es venu en Amérique, comprit Leah.

- Oui. La communauté sorcière ici est pour moi bien plus respectable et dans les idées que je chérie. Eux aussi surveillaient et surveillent toujours cette guerre. Ils savaient qui j'étais quand je suis arrivé. Ils m'ont ouvert leurs portes sans broncher, m'ont aidé à effacer les traces pour qu'on ne me retrouve pas, m'ont donné l'asile et aidé à refaire ma vie ici. Je suis parti sans rien dire à personne. Seul Tom savait pourquoi et comment j'avais quitté le Royaume Unis. La guerre a continué bien entendu et le camps du pouvoir en place, le camps de la lumière comme ils disent, précisa-t-il avec dédain, n'a jamais cessé de me chercher. Finalement, Tom a gagné et a pris le contrôle de la communauté sorcière là bas. Non pas que ce soit une surprise.

- Et ils te cherchent encore même s'ils ont perdu ? demanda Emmet.

- Hum, approuva-t-il. Il y a même beaucoup plus de monde qui s'y est mis depuis. Le camp opposé à Tom s'est expatrié, contraint et forcé, et il cherche toujours à reprendre ce qu'ils ont perdu. Il y a des gens influent à l'international chez les sorciers parmi eux. Il n'y a pas que ça. Tom ne cachent pas ses ambitions de s'attaquer à plus et ça fait peur aux communautés sorcières d'Europe. Alors quand on leur a parlé de la Prophétie, ils se sont mis à me chercher aussi, se persuadant que j'étais le seul à pouvoir vaincre Tom. Cette bande de lâche n'a juste pas le courage de se battre et de l'affronter en face, d'admettre qu'une guerre ne se résume certainement pas à un duel entre deux personnes. Je savais qu'ils finiraient pas me retrouver. Ce n'était qu'une question de temps. Ils vont venir et tenter de me convaincre d'aller combattre Tom. Ce que je ne ferai pas. Et si je refuse, il se peut qu'ils usent de méthodes plus radicales pour me forcer.

- Pourquoi a-t-il dit que c'était à cause d'Edward et Bella ? demanda Esmée.

- Parce que c'est à cause d'eux, répondit-il. J'avais pris grand soin de brouiller mes traces et les sorciers américains m'aidaient pour ça, pour qu'on ne me retrouve pas parce qu'ils sont de mon avis. Mais il a fallu que vous mettiez à mal votre secret, soupira-t-il. Comme je vous l'ai dit, les sorciers surveillent ça de très près mais tant que ça ne concerne qu'une communauté d'êtres magiques et sa loi, ils n'interviennent pas. Cependant, lorsqu'une telle chose arrive, la puissante magie qui surveille le secret de notre monde fait apparaître deux notes identiques. Une qui arrive chez les sorciers régissant la communauté où cela se passe, les aurors américains dans notre cas, et une seconde chez ceux qui surveillent cela à l'international. Cette note indique quel secret à commencé à être mis en danger, par qui, où, quand et surtout, elle indique le nom du sorcier impliqué s'il y en a ou le plus proche de l'affaire. Personne ne lis jamais ces notes. Elles sont archivées automatiquement. Elles ne servent que si la mise en danger du secret s'aggrave et entre dans la juridiction des sorciers. Là, on les sort et comme ça, on a des informations sur l'affaire dés son début et on sait à qui aller parler pour tirer ça au clair.

- Et ton nom est apparu sur ces notes à cause de nous, fit Bella choquée.

- Oui. Les aurors américains m'avaient prévenu qu'ils avaient reçu leur propre note avec mon nom et donc, que l'international l'avait aussi. Après, il suffisait que ceux qui me cherchent aient l'idée d'aller voir si je n'apparaissais pas quelque part dans ces notes pour me trouver. Des mises en danger du Secret Magiques mineures, il y en a beaucoup. Par exemple, un non-maj qui entrapercevrait un loup Quileute même de loin ou un vampire nomade en train de se nourrir provoquerait l'apparition de ces notes. Cela même si le non-maj ne réalise pas vraiment et ne croit pas ce qu'il a vu et l'oubli rapidement. Les chances que je me retrouve mêlé à l'une d'elle étaient minces mais elles existaient et ils y ont pensé. Donc ils savent où je suis maintenant.

- Je suis désolé, fit Bella.

- Pourquoi crois-tu que j'insiste pour que tu réfléchisses aux conséquences de tes actes ? soupira-t-il. Ce que l'on fait peut avoir des répercussions en cascade qu'on ne contrôle pas sur beaucoup de gens.

- Qu'est-ce que tu vas faire ? demanda Alice.

- À priori, ils vont d'abord venir me voir normalement. Ils ne savent pas pourquoi je suis parti, dans quelle condition, si je l'ai fait librement ou pas… les rumeurs les plus folles ont courues. Ils vont être prudents et d'abord tenter de comprendre ce qu'il s'est passé, venir me parler. Et ils ne peuvent pas faire n'importe quoi tant qu'ils ne sont pas fixés sous peine d'avoir les aurors américains sur le dos. Comme chez les non maj, les sorciers doivent respecter des procédures frontalières lorsqu'ils voyagent. S'ils entrent légalement dans le pays, les aurors me préviendront et j'aviserai suivant la manière dont-ils aborderont les choses. Je tenterai de les persuader de me laisser tranquille mais je crains que ce ne soit pas si simple.

- On te défendra, assura Jacob alors que tous semblaient d'accord.

- Vous ne pourrez pas. Et je ne veux pas que vous vous en mêliez. Ils ne sauront pas que je suis proche de vous alors vous resterez à l'écart. Ceci est mon problème.

- Alex…, tenta Jacob.

- Non. Je sais ce que vous vous dîtes mais ce que vous savez des sorciers et de la magie est loin, extrêmement loin de la vérité. Les sorciers sont beaucoup plus puissants et forts que vous ne l'imaginez et ils sont tout à fait capables de vous gérer et de vous tuer s'ils le veulent. Regardez, même les Volturi me cherchent pour que j'affronte Tom pour eux et ce n'est pas pour rien. Je n'ai jamais rien dit à ce sujet parce que je n'avais pas le droit de trop en dire mais les sorciers, ceux qui viendront en tout cas, les aurors, sont bien plus forts que vous.

- J'aimerai bien voir ça, s'amusa Emmet. On est plus rapides et plus forts.

- Mais vous ignorez ce que peut faire la magie. Je n'avais pas le droit de me battre dans une affaire de vampire mais si j'avais dû affronter ces nouveaux nés j'aurai pu les arrêter à moi tout seul en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, dit-il en les laissant sans voix.

- Tu n'es pas sérieux, fit Edward. C'est impossible.

- Vous vous croyez dangereux ? Dans le monde sorcier, vous ne faîte peur à personne ou très peu. Il y a bien plus dangereux que vous dans le monde magique. Et pour les sorciers puissants ou doués, entraînés, qui maîtrisent bien leur magie, vous n'êtes pas plus dangereux que des humains ordinaires.

- Tu rigoles ? tenta Emmet peu sûr de lui.

- Tu veux voir si je rigole ? Venez, dit-il en se levant. Il est temps que je vous montre.

Il prit le chemin de sa salle d'entraînement, décidé à leur prouver qu'il disait vrai. Si des sorciers venaient, si des combats commençaient, il devait leur entrer dans le crâne qu'ils devaient rester à distance. Plus que tout, il avait peur de perdre l'un d'entre eux...