Horloge


Ed fixait la grande horloge dans le salon. Stede avait hérité de la maison familiale à la mort de sa mère. Heureusement celle-ci était morte après son père, car son père l'avait déshérité et avait tout légué à sa femme. Celle-ci avait changé son testament à la fin de son mari pour mettre son fils unique en héritier, car pour sa part elle avait toujours été triste que son mari la force à couper les ponts avec Stede simplement à cause de sa sexualité et de ses choix de carrière. Alors Stede avait finalement hérité de tout et à présent la petite famille vivait dans la demeure familiale des Bonnet. Izzy arqua un sourcil surpris :

-Pourquoi tu regardes l'horloge comme ça ?

-C'est le seul meuble que la mère de Stede a demandé à son mari, et c'est le seul que Stede a voulu garder. Tout le reste, il l'a vendu. Ah non, il a gardé la coiffeuse de sa mère aussi, mais rien d'autre. Les autres meubles lui rappelaient trop son horrible père. Et je dois avouer que c'est une belle horloge. Et sa mère le mesurait sur le flanc de l'horloge, faisant une petite marque tous les ans.

-C'est vrai qu'elle est belle cette horloge.

En effet c'était une horloge sur pied avec un gong, le bois clair était sculpté avec des motifs floraux et délicats. Les chiffres romains étaient écrits de manières délicates, calligraphiés. Stede arriva et observa Ed :

-Tout va bien ?

-Oui, pourquoi ?

-Je ne sais pas, tu fixes l'horloge.

-Oui, je repense à l'histoire que tu m'as racontée à son sujet.

-Laquelle ?

-Le fait que ce soit le seul meuble que ta mère ait demandé à ton père et qu'elle te mesurait avec.

-Ah oui… c'est vrai. J'aime beaucoup cette horloge. C'est un des seuls bons souvenirs de mon enfance. En réalité, ma mère est le seul bon souvenir de mon enfance. Dommage que je n'ai pas pu profiter plus longtemps d'elle avant sa mort. Deux ans seulement après mon père, mais dix ans après qu'ils aient coupé les ponts avec moi…

Stede se détourna, il était gagné par l'émotion et n'avait pas envie de pleurer devant ses maris. Aussitôt les deux autres le prirent dans leurs bras :

-Je suis désolé, je voulais pas te bouleverser.

-C'est pas de ta faute.

-Non, c'est moi qui t'ai fait repenser à tout ça.

-Ce n'est rien, promis.

Stede l'embrassa et recula :

-J'étais juste venu vous prévenir qu'on a fini les crêpes avec David, si jamais vous voulez venir prendre le goûter.

-Avec plaisir car je meurs de faim, lança Izzy.

Le trio se dirigea vers la cuisine, laissant l'horloge derrière eux.