Petit mot du jour (Gody et Ally) :
Merci pour vos reviews. :)
Disclaimer : Fairy Tail ne nous appartient pas.
Rating : T
JOUR 25 : opportunité
Son cadre, accroché au mur qu'elle partage avec sa merveilleuse voisine Braiya, vient de s'écrouler une nouvelle fois ; la première date d'hier, alors autant dire qu'elle a senti le fil de sa patience se rompre dès l'instant où le verre s'est éparpillé sur le parquet. Comment a-t-elle pu croire cette pimbêche quand elle lui a dit qu'elle allait enfin déplacer son maudit lit, afin d'éviter que la tête de ce dernier se fracasse contre la surface commune ?
Avec un soupir agacé, Erza se lève de son siège, quittant ainsi la montagne de livres qui repose sur son bureau. Le surligneur sur ses cuisses glisse pour s'échouer lui aussi sur le sol. C'est résignée qu'elle ramasse la pellette, n'oubliant pas la balayette qui va avec, pour se diriger d'un pas traînant vers le lieu du suicide de sa décoration. Elle se met accroupie, soufflant la mèche qui vient soudainement lui barrer le visage ; il est bientôt minuit et ses envies de meurtre s'accumulent.
Dans sa jeunesse, elle a toujours été une fille sage, modèle, disciplinée. Élève modèle, déléguée engagée et volontaire, elle n'a jamais fait les choses de la mauvaise manière. Mais, maintenant, tout ça est très loin derrière elle, surtout depuis le moment où son poing a écrasé le nez d'un lycéen trop alcoolisé pour réaliser la portée de ses gestes.
Une fois les débris ramassés, la rouquine se lave les mains, bien décidée à faire regretter à cette blondasse que ses tapages nocturnes sont devenus bien plus qu'insupportables, surtout lorsque ça abîme son appartement. Un rapide coup d'oeil sur son bureau lui rappelle qu'elle ne doit pas non plus s'attarder, vu la quantité de travail qui l'attend.
Ses pieds glissent dans ses pantoufles, laissées devant la porte d'entrée, puis elle se redresse avant de se stopper ; alors qu'elle n'est pas encore sortie, la rouquine peut parfaitement entendre une discussion animée, tout droit en provenance de chez Braiya. Donc la voici désormais en train de tendre l'oreille, avide de récolter quelques petites phrases croustillantes. Ceci explique la raison pour laquelle elle est pressée contre le mur, actuellement.
« ... mais t'es loin d'être la fille qui prétend gérer, tu es une énorme blague... »
Erza retient son souffle, les sourcils froncés, plus que désireuse de connaître la situation.
« ... et je me suis excusée en plus de ça !, crie Braiya. Ce n'est pas ma faute si...
- ... mais merde ! Tu m'as mordu la bite ! Ça fait un mal de chien et toi tu me sors que...
- ... je te permets pas ; je suis parfaitement à la hauteur de...
- ... avais et je suis prêt à parier que tu les paies pour dire ça ! Sérieusement...
- ... un putain de connard ! »
Le mur tremble un peu et la rouquine entend des objets qui se brisent. Ils sont en train de se battre ? La seconde qui suit, une porte s'ouvre et finit par être brutalement claquée. Un peu déçue par la tournure des évènements, Erza s'écarte mais glisse ses doigts sur la poignée de sa propre porte ; avec de la chance, elle peut voir qui est cet homme clairement insatisfait par ses ébats avec Braiya la pétasse.
Glissant à peine le bout de son nez en dehors de son appartement, ses sourcils se haussent soudainement. Un mélange de rictus nerveux et agacé étire ses lèvres puis, d'un mouvement, elle sort et s'avance un peu dans le couloir, de façon silencieuse. Alors, maintenant, elle observe Gerald boutonner sa chemise avec la mâchoire contractée.
« J'espère que tu sais que t'as clairement des goûts merdiques, déclare-t-elle en croisant les bras. Tu es tellement en chien que tu sautes sur Braiya ? »
Contrairement à ce qu'elle a intensément espérer, le jeune homme ne sursaute et ne semble pas surpris de la voir ici. Non, à la place, il se met à sourire. Grandement. Presque joyeusement.
« Erza ! »
Ça fait un bon moment qu'elle ne l'a pas vu et, très sincèrement, elle ne cache pas le fait qu'elle ait peut-être cherché à l'éviter. Et ça, le plus possible, n'étant pas encore apte à lui faire face après sa révélation, malgré ses nombreuses excuses.
Des excuses qu'elle a également ignorées.
Mais maintenant, Gerald est là, à croire que le destin s'acharne pour le mettre entre ses pattes. D'ailleurs, le voilà qu'il s'approche une fois correctement habillé mais, dès qu'il est trop près à son goût, l'étudiante recule pour mieux revenir vers sa porte.
« À moins que tu te baignes dans du désinfectant durant une semaine entière, je préfère garder cette distance entre nous deux. »
Ah, enfin ; une nouvelle expression tire ses traits, juste une fraction de seconde, ressemblant à la déception. L'éclat taquin de ses prunelles a légèrement diminué mais il garde son petit sourire d'arrogant.
« Sinon j'utilise ta douche ? Et tu m'aides à me frotter vigoureusement, comme ça tu es sûre que ça ne risque absolument rien.
- Et puis quoi encore ?, marmonne Erza en roulant des yeux.
- Un bisou magique ? Braiya m'a fait très mal. »
Elle pousse un soupir bruyant, signe évident de son irritation ; il est idiot et il ne risque pas de changer très vite. Pourquoi perdre son temps ? C'est tout aussi bête d'avoir pensé ça que pour l'histoire de son cadre.
« Bonne nuit Gerald. »
La rouquine se retourne, chassant à nouveau la mèche indisciplinée de son visage, puis entre dans son appartement. Sauf que, d'un mouvement rapide qui la fait sursauter, le jeune homme bloque sa porte avec son pied, grimaçant sous la douleur. C'est comme ça qu'elle a remarqué que son odeur n'est pas mélangée à celle de Braiya, étrangement.
C'est toujours ce musc qui la rend folle.
« Qu'est-ce que tu fous ?, lâche-t-elle en fronçant les sourcils.
- Tu n'as jamais répondu à mes messages.
- Je n'en avais pas envie.
- Pourquoi ? »
Elle lui a permit d'ouvrir un peu plus la porte, afin de plonger dans l'émeraude de ses yeux.
« Je sais que j'aurais dû te dire qui j'étais plus tôt mais... mais je voulais te surprendre. »
Gerald se tait un instant, comme hésitant sur ses prochains mots.
« Je suis désolé. Vraiment. Et sincèrement, murmure-t-il en baissant doucement la tête. Alors... est-ce que tu peux me donner la possibilité d'effacer tout ça et de reprendre à zéro, avec toi ? Sur de bonnes bases ? »
Bien qu'un peu dubitative face à son comportement, elle se dit que tenter le coup est faisable ; et puis, vu son insistance, elle se doute qu'il ne va pas lâcher l'affaire aussi facilement.
« Je peux faire quelque chose, pour te montrer ma bonne foi ? »
Mâchouillant distraitement l'intérieur de sa joue, Erza fixe un point sur sa large épaule, la droite.
« Commence par m'acheter un nouveau cadre. Et sois là demain matin, avec un petit-déjeuner. »
Rater son sourire est difficile ; il est beau et éclatant, ses dents blanches parfaitement alignées manquant de lui voler son souffle.
« Alors... à demain, Erza. »
