Petit mot du jour (Ally) :
Petite note pour éclaircir toute cette histoire.
Nous sommes heureuses d'avoir des retours, et que cette histoire vous fasse réagir. Mais la plupart d'entre vous semblent oublier, ou ne pas remarquer certaines choses, ce qui pourrait vous faire moins apprécier cette fiction.
Tout d'abord, cette fanfiction n'est pas qu'un simple Gerza. Il y a un fond, il y a du background, on essaie de travailler nos personnages, il y a des liens et des relations entre eux, qu'ils soient principaux ou secondaires. Si on ne voulait faire que du Gerza, on n'essaierait pas de faire autant de développement. Il n'y a pas que le Gerza dans cette histoire, il y a plus.
Nous essayons de mettre en place un univers et trop peu semble le remarquer. Nous vous avons prévenu, le Gerza prendra du temps à ce construire (mais ça j'y reviendrai), comment pourriez-vous apprécier vos lectures si vous n'attendez et ne vous focalisez que sur ça ? Essayez de faire attention aux détails, vous verrez qu'il y a plus à raconter qu'une simple histoire d'amour, et je suis sûre que vous trouverez ça plus passionnant à lire.
Ensuite, concernant ce couple. S'il vous plait, ne soyez pas si pressés. Je sais que vous attendez cette mise en couple, mais soyez réalistes deux secondes. Ils se sont rencontrés il y a moins de deux mois. Le coup de foudre arrive rarement dans la vraie vie, et une relation amoureuse prend du temps à se construire. Sur ces sept semaines, Erza l'a ignoré pendant une plus d'une semaine, Gerald a été absent durant deux semaines. Et là ils se sont fait la gueule pendant presqu'une semaine. Donc ils ne se sont côtoyés que pendant trois semaines. Je vous demande, à vous lecteurs et lectrices, tomberiez vous éperdument amoureux de quelqu'un que vous ne connaissez pas vraiment, et que vous n'avez côtoyé que trois semaines ? Pour Gody et moi ils nous a fallu entre dix mois et un an avant d'être amoureuse d'une personne. Trois semaines c'est bien trop peu. D'ailleurs, ni Erza ni Gerald ne sont amoureux.
De plus, oui Erza ne capte pas tous les signaux, mais je vous rappelle que Gerald a continué de couché à gauche à droite pendant qu'il flirtait avec elle. Quel genre de signaux voulez-vous interpréter ? Mettez-vous à la place d'Erza ; penseriez-vous qu'un tel homme serait stable et fidèle ? Oui, à la soirée du vendredi mentionnée dans le chapitre précédent, il a passé du bon temps avec ces demoiselles, et il a couché avec. Vous lui sauteriez dans les bras à la place d'Erza ? Comprenez que ce Gerald n'est pas parfait. Il fait beaucoup d'erreurs, et il n'est tout simplement pas prêt. Gerald et Erza doivent d'abord apprendre à se connaitre, et Gerald doit murir, tout comme elle. C'est un garçon violent et impulsif (ce qui est un prémice pour la suite si vous faites attention à sa psychologie), plein de défauts, et il doit changer. Ce changement vous le découvrirez progressivement au fur et à mesure de l'histoire, et on ne change pas une personne en quelques semaines.
Histoire d'être claire et de spoiler un peu (j'en suis obligée), Gerald et Erza ne seront officiellement en couple qu'au mois de Mars. Nous somme actuellement en octobre. Simon ne partira pas avant Janvier. Je vous encourage donc à faire plus attention à l'univers globale de cette histoire, qu'uniquement à l'avancement de leur relation parce que vous risqueriez de vous faire chier (et en plus de ça, vous ne comprendrez pas le lien qu'ils développeront).
Retenez que nous ne racontons pas qu'une seule histoire, mais plusieurs. Plutôt que de vouloir la façonner, essayer de découvrir ce que nous voulons vous racontez, parce qu'on vous réserve beaucoup de surprises.
Passez une bonne journée, une bonne soirée, ou une bonne nuit.
Réponses aux reviews :
Cheschire-Kaat (Gody) : On est ravie de te revoir passer par ici ! Et on est très flattée de savoir qu'on est tes auteures francophones préférées, ça fait très plaire ! Merci !
GueGuest (Ally) : Le temps me manque un peu mais je peux faire quelques trucs. D'ailleurs j'ai mis à jour Jeu d'Enfant si tu veux. Pour répondre à ta question, oui on se connait depuis déjà un moment ^^
Merci pour ton avis et bonne lecture !
Flèche d'Argent (Ally) : Que ne serait-ce pas l'un de mes reviewers préférés ! Hi darling !
Comme tu peux le remarquer, Gody répond encore. Si c'est pas incroyable ! Passons à ton analyse. Comme d'habitude, on a adoré (et on a ri aussi). Il évident pour Gerald que nous avons certaines inspirations dans l'entourage... inutile de citer les noms bien sûr :') Et ton coté fangirl est siiii mimi. Gerald est comme un certain chaton. Mémoire sélective. Concernant son refus d'accepter une autre fille que Wendy dans son lit, et bien ce sera expliqué plus tard. Comme je l'ai dit dans ma petite note, oui, Gerald peut être très violent. Aurons-nous une scène un jour ? Mystère et boule de gomme ! Ultia aura son développement plus tard, tout comme l'explication de la mère de Gerald. Dooooonc, no spoil. Ah ha ! Concernant l'absence de sa mère, tu peux effectivement relier ça à son amour pour l'affection féminine en général. Je te laisse à présent profiter de ce chapitre. Bisous sur ta joue ma fléchouille.
Catly (Gody) : On aime bien faire des titres de chapitre un peu trompeur, ça permet de voir qui tente de le déchiffrer et c'est toujours très intéressant. Merci pour ta review en tout cas.
Rivaillacanail (Gody) : Heureuses de voir que tu aimes le caractère d'Ultia, parce qu'elle va devenir de plus en plus présente au fur et à mesure. Merci pour ton commentaire.
Chaton Supreme (Ally) :Et voilà encore un autre de mes reviewers préférés. Je suis incroyablement gâtée ! Mon chaton qui prend son rôle très à coeur, ça nous fait toujours plaisir (et rire... beaucoup). Pour répondre à tes questions :
- La vie passée d'Erza sera évoquée plus tard. No spoil donc. - Gerald connait les performance de Simon parce qu'il a couché avec son ex-petite amie (après rupture of course). - Gerald a comme toi une certaine mémoire sélective... - Tu sembles ne pas être le seul à vouloir le voir tabasser quelqu'un :') peut-être un jour... qui sait ? - Oui, Gerald a déjà été en couple. À durée fortement variable... - Ultia n'est pas de base une fille très joviale. Mais tu auras un développement de personnage plus tard. - La mort de sa mère aussi, aura un petit passage un de ces jours. Mais ne soyez pas si hâtifs :') - Idem pour les moments passés de Gégé et Ultia. Il est évident qu'il y a eu certaines inspirations pour le personnage de Gerald... Merci pour ton analyse fort plaisante, bisous sur ton museau de chaton et bonne lecture !
Luna (Gody) : Merci pour ta review.
Macy (Gody) : Ah bah quand on fait l'idiot, forcément ça tombe pas tout cuit dans la bouche… ravies de voir qu'Ultia te plait également ! Et merci pour ta review.
Xxx (Gody) : Si tu trouves que l'histoire est « molle » parce que Gerald et Erza ne sautent pas immédiatement dans les bras l'un de l'autre, tu risques d'être de plus en plus déçue ; leur relation va se construite lentement. Mais si tu arrives à voir au dessus de ce facteur, tu verras que l'histoire n'est pas si molle que ça et regorge de petits détails, qui font que le récit avance. Merci pour ton retour en tout cas.
AlcianSirius (Ally) : Un grand merci pour avoir pris le temps de répondre et de commenter (et de corriger...) chaque chapitre. Celui-ci arrive avec plus de retard que prévu mais il est bien là. Le Gerald qu'on a voulu dépeindre dans le précédent chapitre est typiquement le petit connard arrogant, avec un grand coeur dans le fond. Oui, dans un bad mood, lui il va profiter de la compagnie de demoiselle, parce que c'est facile pour lui et ça lui change les idées. Et s'excuser c'est un petit peu optionnel avec lui. Ici tu vas découvrir une autre facette de sa personne. Bonne lecture :)
Disclaimer : Fairy Tail ne nous appartient pas.
Rating : T
JOUR 59 : Ce monde
Gerald referme lentement le livre qu'il lit depuis son arrivée à la bibliothèque du campus. Son marque page coincé, il le pose juste à côté de son ordinateur portable tout en fronçant légèrement les sourcils, surpris ; son père vient de lui envoyer un mail intitulé « Urgent ». Maintenant intrigué, son index joue avec le trackpad pour cliquer dessus, lui permettant de découvrir les informations complémentaires.
« Au Ryosai ?, marmonne-t-il. C'est si important que ça pour qu'il choisisse mon restaurant préféré ? »
Ou c'est peut-être une façon de l'acheter, parce que son paternel sait pertinemment qu'il déteste être impliqué dans son travail. Même si ça l'amuse parfois de jouer avec les failles de la politique, et même celles des autres domaines fondateurs de la civilisation, ce n'est pas un mode de vie qu'il vise. Sinon il ne serait pas là, à l'université.
Mais, mine de rien, le jeune homme voue un énorme respect pour tout ce qu'il a accompli ; son père n'a jamais eu une vie facile mais, pourtant, il ne s'est à aucun moment laissé abattre. Sa volonté lui a ouvert de nombreuses portes et peu peuvent se vanter d'avoir ce qu'il possède.
Prenant une petite inspiration, Gerald se met à taper une réponse brève, désireux de retourner à ses révisions. Il consulte alors l'heure, se souvenant que, de base, il est aussi ici pour aider Erza à augmenter ses notes ; et c'est là qu'il l'aperçoit dans le reflet de l'écran, penchée pour lire son mail et, par la même occasion, sa réponse.
Son corps se tend durant une fraction de seconde et, subitement, il ferme son ordinateur avec peut-être un peu trop de force. Les battements de son cœur sont irréguliers et c'est uniquement de la faute à cette rouquine qui lui sourit en coin, avec des yeux remplis de malice. Est-elle là depuis longtemps ? Bon sang, pourquoi est-ce qu'il ne l'a pas remarquée plus tôt ?
Erza se redresse sans se départir de son rictus satisfait et la méfiance vient le titiller ; pourquoi est-ce qu'elle semble aussi heureuse alors qu'il a simplement lu son mail ? Il la regarde soulever la chaise à côté de lui, puis elle retire la sangle de son sac en cuir de son épaule, le posant par terre, entre eux deux. Gerald n'a pas encore osé esquisser un mouvement, toujours perdu dans le flux de ses pensées.
Ses manuels de révisions sont repoussés un peu plus loin sur la table pour qu'elle installe son coude. La demoiselle appuie sa joue contre sa main, son corps totalement orienté vers lui. Elle a l'air bien plus intéressée par sa précédente lecture que par les prochaines leçons mais, manque de chance pour elle, l'étudiant n'a aucune intention de se lancer sur ce sujet. Après tout, ce n'est certainement pas quelque chose dont on parle avec une fille rencontrée le mois dernier.
Finalement, après ce qui semble être une éternité, Gerald expire et lui décoche un sourire.
« Je pensais que tu m'avais oublié. »
Elle se moque de lui en riant doucement, veillant à ne pas déranger les autres personnes présentes dans la bibliothèque. Son regard descend le long de ses mèches écarlates pour observer silencieusement celle reposant sur sa poitrine, cachée par sa robe en laine noire.
« Tu crois vraiment que j'allais louper le moyen d'avoir des notes excellentes ? Voyons.
- Ah…, soupire-t-il en feignant la tristesse, tu ne vois donc vraiment que par intérêt… »
Sa petite tape, directement sur son torse, lui arrache un ricanement.
« Tu sais très bien que non, idiot. »
Son odeur lui chatouille les narines mais il préfère l'ignorer. À la place, il range soigneusement son ordinateur dans son sac à dos sous la surveillance de son amie, et, ensuite, se retourne pour imiter sa position. Leurs genoux se touchent et il retient son envie de poser sa main sur sa cuisse ; une droite a été amplement suffisante pour calmer son comportement impulsif. Pour le moment. Cette soudaine proximité ne dérange pas Erza, puisqu'elle plonge ses yeux dans les siens sans même broncher. D'aussi près, il peut voir ses taches de rousseur parsemer le pont de son nez et ses pommettes hautes. C'est mignon.
« Tu as ramené tes cours ?, demande Gerald.
- Tu ne m'as jamais parlé de tes parents. »
Évidemment qu'elle ne compte pas lâcher le morceau qu'elle tient à aborder.
« Ce n'est pas forcément un sujet intéressant.
- Mais j'ai envie d'apprendre à te connaitre, proteste-t-elle en jouant avec une mèche rouge.
- On aura d'autres occasions pour ça. »
Détourner cette discussion est dur et, là, il est en train de se dire qu'il côtoie peut-être trop de femmes têtues, à croire qu'il choisit inconsciemment ses proches avec ce critère.
« Tu ne veux pas ? »
Gerald soupire longuement et se remet en face de la table. Ses mains abîmées par le sport rassemblent les manuels de physique puis il se lève.
« Je vais ranger ça pendant que tu prépares tes affaires. Je dois partir plus tôt mais je pense que tu le sais déjà. »
Le grosse horloge de la salle indique qu'il est dix heures passées quand il s'avance dans les allées silencieuses. Ses pas sont lents parce qu'il essaie encore de chercher des solutions pour esquiver toutes les tentatives de discussion touchant à sa famille ; s'exposer à elle le jour de l'enterrement de Wendy a déjà été une fois de trop.
Prier pour qu'elle ne le suive pas ne sert à rien, vu que c'est ce qu'elle décide de faire. Silencieusement, avec une moue innocente peinte sur ses lèvres roses. Ses mains sont derrière son dos alors qu'elle fait mine d'être intéressée par les titres des livres se trouvant sur les immenses étagères. Maintenant agacé, une fois tous les bouquins remis à leur place respective, Gerald se retourne brusquement. Il sent son nez se heurter durement contre ses pectoraux fermes puis entend son gémissement de douleur.
« Ça fait mal-euh…, geint-elle en se le frottant doucement.
- Tu n'avais qu'à rester à la table pour préparer tes notes, comme je te l'ai demandé.
- J'avais envie de parler de quelque chose avant ça.
- Et après on pourra commencer tes révisions ? »
Erza hoche la tête et croise lentement les bras.
« Très bien, accepte-t-il en levant brièvement les yeux au plafond. Je t'écoute. »
Un pas vers lui, histoire de briser son espace vital, et elle se penche, son expression redevant soudainement très malicieuse.
« Le projet de ton père avance bien ? »
Bien sûr que c'est forcément du bluff ; comment pourrait-elle être au courant de ce que fait sa famille ? Elle a juste utilisé les mots qu'elle a vus en lisant sans vergogne son mail.
« De quoi tu parles ?, rit Gerald en se penchant à son tour. Dans cette position, on dirait que tu parles d'une conspiration.
- Roh, ne fais pas l'ignorant. »
Il hausse un sourcil et jette rapidement un coup d'œil au garçon qui passe à côté d'eux, lorgnant sur les étiquettes des différentes catégories. Puis, finalement, il repose ses yeux sur la demoiselle qui s'est redressée mais certainement pas reculée.
« Je ne vois pas ce que tu insinues, c'est tout. »
Erza relève le menton avec une certaine prestance qui le fascine parfois.
« Tu sais pertinemment de quoi je suis en train de te parler. Mais… ce n'est pas grave. Je peux toujours me débrouiller avec mes sources. Au moins, je serais fixée.
- Tes sources ?
- Humhum.
- Je n'ai rien à cacher, fais ce que tu veux, murmure-t-il en repoussant ses cheveux écarlates derrière son épaule.
- Tu es sûr de ça ?
- J'en suis même certain, Scarlett. »
Son nom roule si parfaitement sur sa langue qu'il retient un sourire conquis. À la place, il se contente de savourer l'expression frustrée sur son beau visage ; elle mordille sa lèvre, martyrisant la chair tendre et brillante sous les lumières.
« Si tu as fini cet interrogatoire assez… étrange, on peut retourner aux études ? Il reste une heure, pas plus. »
Parce que son côté arrogant vient prendre le dessus, Gerald lui offre un sourire presque victorieux. Il commence à repartir vers la table qu'ils partagent mais des doigts fins attrapent son avant-bras, tirant par inadvertance la manche de son col roulé.
« Oui ? »
Elle s'avance à nouveau, afin d'être sûre que son chuchotement sera compréhensible pour lui.
« Est-ce que les Draer diront la même chose que toi ? »
Et merde.
Son étonnement doit crever les yeux, tout comme sa difficulté à répondre rapidement. Erza a réussi à le prendre de court et, franchement, il ne sait toujours pas quoi dire alors qu'il se perd dans l'intensité de son regard.
Comment diable connait-elle ce nom de famille, bordel ?
Ou plutôt, plus exactement, comment sait-elle que ce nom n'est pas anodin ?
« Pardon ? »
L'étudiante le relâche tranquillement mais, piqué, il s'avance jusqu'à être à quelques centimètres d'elle. Son ventre est tordu et il sait qu'il doit gérer au plus vite son problème d'impulsivité avec ce sujet.
« J'étais juste… curieuse de voir ta réaction, en disant ça. »
Cette situation a l'air de bien l'amuser. Tout le contraire de lui ; sa mâchoire est contractée et il peine à dissimuler sa respiration maintenant chaotique. Ce n'est pas elle qui risque gros, actuellement, oh que non. C'est lui. C'est sa famille. Des tas de suppositions s'entassent dans un coin de son esprit pendant qu'il étudie le visage de la demoiselle, plus petite que lui.
« Tu viens juste de confirmer que tu n'es pas n'importe qui, ajoute-t-elle avec une pointe d'hésitation cette fois-ci.
- De confirmer ?, souffle-t-il en fronçant les sourcils. Comment ça ? »
Erza entrouvre les lèvres et il pose ses mains sur ses bras, histoire de se rassurer et de se détendre avant de commettre un meurtre sur le premier venu.
« Tu connais vraiment les Draer ?
- Peut-être »
Elle le repousse doucement, sans forcer.
« Ou peut-être pas. »
Puis elle se met à marcher vers le milieu de la salle, là où toutes les tables sont alignées. Il attrape son poignet avant qu'elle ne s'éloigne davantage.
« Qu'est-ce que tu fais ?
- Tu as raison, il est temps de travailler. Tu viens ? »
Ah, c'est elle qui noie le poisson maintenant ? En voilà une bonne blague !
Gerald plisse les yeux mais ne dit rien de plus ; s'il cherche à déterminer qu'elle est l'exacte relation qu'elle entretient avec les Draer, il risque de bien plus plonger tête la première dans les ennuis. Donc il enquêtera dans son coin, discrètement ou non, il ne le sait pas encore. Tout ce dont il est sûr désormais, c'est qu'il doit se méfier d'elle pour le moment.
Il s'installe et approche sa chaise d'elle tout en étudiant rapidement les notes qu'elle sort de son sac. Ses doigts jouent nerveusement avec ses cheveux, à sa nuque ; voilà qu'il est nerveux. Génial. Sauf que ce n'est pas le moment ; il a une promesse à honorer et il compte bien faire en sorte qu'en quittant cet endroit, Erza sache mettre la misère à quiconque dans sa classe.
Cette femme est douée et intelligente et il apprécie vraiment cette facette d'elle. C'est agréable d'échanger avec elle, quand elle ne tente pas de lui soutirer des informations de force. Gerald aime plaisanter avec elle entre quelques exercices, alors qu'il les corrige et lui explique.
Quand ils sortent de la bibliothèque, la rouquine marche devant lui ; elle est au téléphone avec Simon, planifiant une organisation pour les courses. Étant donné que ce garçon vit pratiquement toute la semaine avec elle, il n'échappera pas à ça. En temps normal, il aurait tendu l'oreille pour en apprendre davantage mais aujourd'hui, après l'épisode de ce matin, il est surtout très curieux de connaitre plus de détails sur elle.
Qui est vraiment Erza Scarlett ?
Ce n'est pas juste un petit bout de femme de dix-neuf ans, non. Elle est bien plus que ça et il crève d'envie de découvrir son véritable parcours, ses relations. Ça fait bien longtemps que la curiosité ne l'a pas autant titillé.
Gerald met lentement ses mains dans les poches de sa longue veste grise. Son attention encore est rivée sur la longue chevelure de feu, qui se balance au rythme des pas de leur propriétaire.
Peut-être fait-elle partie du même monde que lui, même s'il en doute. Son père l'aurait prévenu. Ultia aussi. Ou bien lui-même l'aurait déjà su. Alors comment se fait-il qu'elle connaisse la réputation et l'impact des Draer ? Peut-être qu'il devrait en toucher deux mots à son père, par sécurité. Il n'a aucune envie qu'elle soit la cause de sa chute.
Erza semble avoir raccroché puisqu'elle s'est arrêtée pour lui permettre de marcher à ses côtés. Elle est là, sous le soleil chaleureux de ce splendide automne ; contrairement à la semaine dernière, la pluie n'est pas au rendez-vous. Le ciel est bleu, dégagé, et entendre les oiseaux est un plaisir sans nom, tout comme avoir le loisir d'observer les magnifiques couleurs qui parsèment les arbres et les allées du campus.
Son sourire est brillant et ses yeux toujours aussi pétillants.
Une fois à sa hauteur, elle le dévisage un instant.
« Ça ne va pas ?, demande-t-elle prudemment.
- Si, tout va bien, répond le nageur en tenant les sangles de son sac à dos. Alors, vous avez réussi à vous organiser ?
- Je rejoins Simon à son entrainement de rugby et on y va ensuite.
- C'est vrai qu'il fait du rugby… »
Il se demande bien comment il réagira quand il subira un tout autre plaquage. Mais ce n'est pas gentil. Alors il se gronde.
« On se voit demain pour la suite des révisions ?
- Yes ! »
Elle lève la main vers lui, lentement, comme pour ne pas l'effrayer, et retire une feuille tombée sur son épaule. Il esquisse un sourire reconnaissant avant d'entrouvrir les lèvres ; sans même réfléchir, il pose une question qui le gèle sur place.
« Tu m'envoies un message ce soir ? »
Pour être franc, il ne sait absolument pas pourquoi il a posé cette question. Et, à priori, elle aussi.
« Pour ?… »
Et c'est reparti pour les battements fous et irréguliers à l'intérieur de sa poitrine. Mais, il ne doit rien laisser paraitre. Pas maintenant. C'est rien, ce qu'il demande. C'est innocent.
« Pour quand tu seras disponible. On pourrait parler un peu. Tu voulais qu'on apprenne à mieux se connaître, non ? »
Il a tout lâché d'une traite.
Et il n'a même pas l'air essoufflé.
Ni embarrassé.
Même si, intérieurement, il a envie de se cacher au fond d'un trou ; la dernière fois qu'il a été aussi gêné, c'est bien la fois où il a osé penser qu'Ultia était intéressée par lui et qu'elle lui avait gentiment annoncé qu'elle était lesbienne.
« Hum… je ne sais pas trop… »
Sa mâchoire se contracte aussitôt et, tout aussi vite, elle éclate de rire en tapotant son torse.
« Je te taquine Gerald. »
L'énorme nuage gris de déception venant de traverser son esprit a disparu, balayé par le petit sourire qu'elle lui offre ensuite, comme pour se faire pardonner pour cette blague.
« Je le ferai, ne t'en fais pas. »
Bien qu'il soit désormais devant les portes du prestigieux restaurant, il est encore abasourdi par sa réponse ; à aucun instant il avait prévu qu'elle dise oui à sa requête. Donc ça le perturbe. Beaucoup. Sauf qu'il n'a plus le temps d'être perturbé, vu qu'il doit avoir toute sa tête pour ce repas qui n'est certainement pas une réunion familiale.
D'un soupir, Gerald pénètre dans le bâtiment. Il est aussitôt accueilli et guidé vers une table au fond du restaurant, sous les regards curieux des clients déjà présents. Son père a une mine stressée et c'est assez rare de le voir dans cet état ; c'est à cause de cette urgence ? Elle est si terrible que ça ?
Après avoir remercié le serveur pour le verre de vin, l'étudiant s'installe, la carte du restaurant en mains. Pas de salutation, juste un regard lourd de sens.
« Comment vas-tu ? »
Échapper à cette question est facile, surtout avec lui, parce qu'il n'a jamais été doué pour parler de sentiments avec lui. Incarner ce rôle paternel n'a jamais été simple, il le sait bien, surtout lorsque sa mère est décédée.
« Je vais bien. »
Il étudie silencieusement les plats proposés, remarquant agréablement les nouveautés ; oui, il fait tout, absolument tout, pour se distraire et ne pas replonger dans des pensées noires.
« Je… sais que je n'étais pas présent après la mort de Wendy, mais-
- Papa, le coupe-t-il en levant les yeux vers lui. Arrête. Je vais bien, d'accord ? »
Ils ne sont pas là pour parler de ça, de toute façon. Et il n'a pas envie de même mentionner sa défunte petite-soeur.
« Tu avais un problème concernant une affaire, demande Gerald en prenant une gorgée du vin.
- Hum… j'ai un nouvel investissement commercial. »
Son sourcil gauche se lève.
« Avec ?
- Belserion.
- Attends… tu parles de Belserion comme…
- Oui, Gerald. »
Son ventre se tord d'excitation ; le genre d'excitation d'un gamin la veille de Noël.
Eileen Belserion l'a toujours fasciné. Un mystère vivant. Une femme à la foie connue et inconnue. Peu de personnes connaissent son visage. Son influence dans ce monde est colossale, mais en même temps, personne ne sait qui sont ses alliés et ses ennemis. Si quelqu'un décide de s'attaquer à elle, la surprise de savoir qui on se met ainsi à dos peut être très mauvaise. Son nom et ses actions font assez parler d'elle. Elle est crainte et respectée et Gerald connait très peu de femmes qui possèdent une position de domination aussi forte dans ce domaine.
Un génie d'exception qui semble contourner tous ses problèmes ; une source d'inspiration inépuisable.
« Quel genre d'investissement ? »
Acnologia déplie lentement sa serviette pour la poser sur ses genoux. Il fait signe au serveur de revenir afin de passer commande puis il caresse le pied du verre en cristal.
« La création d'un nouveau produit.
- Secret, je présume.
- Personne ne doit être au courant. Pas même les Draer. »
Son père est le principal fournisseur des armées de Fiore et donc des Draer. S'il se souvient bien de leur arrangement, ils ont une exclusivité sur une bonne moitié de leur produits, armes comme défenses, ainsi que les grosses nouveautés.
Son dos s'appuie contre le dossier de la chaise incroyablement confortable et Gerald croise les bras. Son père est toujours autant contrarié et il ne sait pas pourquoi.
« C'est quoi, ce produit ? »
Ah, voilà la question sensible. Il le voit, parce qu'il s'est redressé d'un coup.
« Le genre qui va me mettre dans une position compromettante mais… je ne peux pas lui refuser ça.
- Pourquoi ?
- J'ai une dette envers Belserion. »
Gerald bat des cils. Certes, il n'est pas impliqué dans le commerce de son père, mais il y a peu d'histoires dont il n'est pas au courant. Et celle-ci en fait parti. Sauf que le visage fermé d'Acnologia lui fait bien comprendre qu'il n'a pas l'intention de la raconter.
« Quel est le problème exactement ? »
Son père pousse un soupire, et se penche un peu en avant. Sa voix se fait basse.
« Je ne sais pas contre qui elle veut l'utiliser. Mais si c'est contre l'armée, et qu'ils remontent jusqu'à moi, je risque ma tête. »
Effectivement, la situation est vraiment délicate.
« Elle n'a donné aucun détail là-dessus ?
- Aucun. »
Un sourire amusé tire ses lèvres ; le contraire aurait été très étonnant. Cette femme a toujours été une calculatrice, elle sait ce qu'elle fait.
« La demande de Belserion a été très spécifique : personne ne doit être en mesure de s'en défendre. Si ce sont les Draer qu'elle vise, je ne peux pas me permettre de la duper en leur proposant une protection contre ce produit, ni même de les en informer. »
Son père était dans une impasse. En supposant qu'elle s'attaque à eux, quoi qu'il fasse, l'un d'eux lui laisserait une balle dans le crâne en guise de récompense.
Gerald appuie ses avant-bras sur la table.
« Si je comprend bien. Le problème, c'est la possibilité de remonter jusqu'à toi en cas d'imprévu. »
Acnologia fredonne en guise d'approbation.
« Donc... C'est assez facile à contourner en fait.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?, demande doucement son père en faisant tourner le vin dans son verre.
- Tu ne peux pas régler tous tes problèmes de front. Surtout pas avec Belserion. »
Son regard devient brillant d'attention, signe qu'il est peut-être sur la bonne voix.
« Hum... ça te coûtera bien plus cher que prévu mais, au moins, tu ne joueras pas avec ta sécurité. Tu pourrais envoyer les plans des pièces dans différentes usines de Ca-Elum ou Isenberg. Notre nom n'a pas d'emprunte là-bas. Tu pourrais même en utiliser un autre. Chaque usine ne fabriquerait qu'une ou deux pièces différentes. Ensuite, tu pourrais les rapatrier dans ton usine à Bosco, et faire l'assemblage là-bas »
Cette proposition plaît à Acnologia, vu l'ombre d'un sourire qui étire le coin de ses lèvres. C'est rapide mais suffisant.
« Tu es sûr de ne pas vouloir travailler avec moi ?, glisse doucement l'homme d'affaire. Tu as beaucoup de potentiel et ta vision stratégique m'aiderait dans le développement.
- C'était un recrutement surprise ?, rit-il un peu. Tu sais très bien que j'en ai pas envie, papa. Cette vie n'est pas pour moi. »
Suivre la voie de son paternel aurait été une grande fierté pour ce dernier mais il n'y a pas que des bons côtés. Les moins bons se terminent très souvent mal, pour quelques personnes. Enfant, il a toujours préféré ignorer tout ce que son père avait pu faire. En grandissant, la réalité l'a très vite rattrapé ; fuir n'a jamais servi, surtout pas dans leur monde.
« Alors, comment se passent tes cours ? »
La question l'étonne et il relève un peu le menton. Et ça lui rappelle un détail important.
Très important.
Mais est-ce que c'est important d'alerter immédiatement son père ? Non. Il est bien plus impulsif que lui et ça risque uniquement de mettre en danger Erza. Et, ça, il en est hors de question. Elle n'est peut-être pas impliquée dans toutes ces histoires, il doit juste trouver une façon de s'en assurer. Et de préférence, discrètement.
« Tu veux parler de mes cours ?, s'amuse l'étudiant. Vraiment ?
- Il faut bien que je comprenne ce qui te passionne tant. Je ne comprends pas pourquoi tu perds ton temps sur les bancs de la fac alors que tu es déjà pleinement capable de lancer ta propre entreprise. Ou de m'aider à gérer la mienne pour la reprendre après. Tu as tout pour commencer sans galérer, qu'est-ce qui te retient ?
- Je profite de ma jeunesse. »
Sa réponse l'amuse et Acnologia dérive son regard sur le serveur qui revient avec les plats. Son estomac gronde doucement sous la faim et, sans perdre un instant de plus, les deux hommes attaquent leur repas en échangeant quelques banalités.
« D'ailleurs, en parlant de profiter de ma jeunesse… »
La transition n'est clairement pas la meilleure parce qu'il n'a jamais imaginé un seul instant utiliser Erza comme une manière d'avoir de bons souvenirs de ses années universitaires.
« Qui est-ce ?, s'enquiert-il en prenant son téléphone pour mieux inspecter la photo.
- Erza Scarlett, une fille que j'ai rencontrée sur le campus. Jolie, hein ? »
Le visage aux traits à peine marqués par l'âge n'exprime rien ; ses yeux parlent pour lui. Ils se sont mis à briller, signe que le visage qu'il étudie lui rappelle quelqu'un.
« Scarlett, dis-tu ? »
Gerald hoche la tête, un peu penché sur la table, priant intérieurement pour qu'elle ne soit pas mêlée à des affaires sordides. Finalement, avec un petit sourire, il lui redonne son téléphone.
« Très belle, effectivement. »
Surpris par sa réponse, parce qu'il s'est attendu à autre chose, le jeune homme range lentement son téléphone, avec une certaine hésitation.
« Tu as l'air de l'avoir déjà vue quelque part.
- Non, pas du tout. Elle ressemble juste à une connaissance. »
Une connaissance ?
« Ah oui ?, marmonne-t-il après avoir bu une gorgée d'eau. Qui ça ? »
Son père rit un peu, rapidement, de manière contrôlée.
« Tu es tellement curieux.
- Et bien, quelqu'un de mon entourage m'a toujours dit d'assurer mes arrières en récoltant toutes les informations possibles. Alors…
- Tu n'es pas mon fils pour rien, s'amuse-t-il, mais j'ai un avion à prendre avant la prochaine heure. Profitons de ce repas, d'accord ? »
C'est avec le ventre plein qu'ils sortent du restaurant. Avec cette habitude qui ne l'a jamais quittée, Acnologia sort de sa veste de costume un paquet de cigarettes ; ses lèvres en emprisonnent une et la flamme du briquet vient lécher l'autre extrémité.
Une légère fumée monte, suivie d'un petit nuage difforme, dès l'instant où il lâche une longue bouffée.
« Je vais devoir m'absenter durant un moment pour régler les détails de ce produit.
- Je sais. Ne t'en fais pas. Je suis un grand garçon. »
Mais ça a quand même l'air de le déranger, comme partagé entre le besoin de remplir son rôle paternel et celui de poursuivre son rêve. Gerald ne lui a jamais reproché ça, même si le poids de la solitude a parfois rongé son âme durant des années.
« Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu as juste à m'appeler. »
Il tapote son épaule puis serre ses doigts, les lèvres pincées, scellées par de nombreuses paroles étouffées ; pas de démonstration affective gênante, juste une accolade et un « au revoir ». Rien de plus, c'est amplement suffisant.
Gerald consulte l'heure sur sa montre tout en marchant vers l'arrêt de bus ; il sera peut-être un peu en retard mais ça ne va pas changer sa vie. Les cours de ce semestre sont plus que barbants et il étudie déjà d'autres domaines pour taire son ennui.
Assis sur le banc à disposition, il sort son téléphone de sa poche pour envoyer un message à Luxus, accompagné d'une photo de la rouquine. Il a du temps à tuer et il veut une réponse. Pour patienter, le jeune homme fait tourner le portable entre ses doigts tout en observant silencieusement les voitures passant devant lui et les autres personnes finissant par aussi attendre le transport en commun.
Après cinq minutes, la vibration indique un message et le bus arrive ; satisfait, Gerald monte dedans en faisant valider son titre puis s'installe sur un siège. Son écran se déverrouille dès qu'il tape son code. Puis il lit une fois. Il relit une deuxième fois, juste pour être certain d'avoir absolument bien compris. Et une troisième.
« C'est ma sœur. Tu lui veux quoi ? »
Heureusement qu'il assis parce que cette nouvelle est totalement surréaliste.
« Mais ça peut pas être ta sœur ! »
C'est forcément une blague.
« Elle n'a pas reçu le gène de notre beauté, je sais. »
Luxus n'aurait aucune raison de lui mentir. Il est sans filtre. Mais maintenant, il est bien plus intéressé ; comment se fait-il qu'elle puisse posséder un lien de parenté avec les Draer ? Ils l'ont adoptée ?
« J'allais justement dire qu'elle était trop belle pour être ta sœur. »
Il s'enfonce un peu plus dans le siège du bus.
« Ne bave pas trop sur elle, Fernandez. Tu auras le temps de te dessécher avant qu'elle te remarque. »
Le concerné ne prend pas la peine de répondre à cette pique, lui-même se refusant d'admettre qu'il avait déjà commencé à se déshydrater. À la place, il remet son portable dans son manteau, ses yeux verts regardant par la vitre.
Son père l'a reconnue et a esquivé sa dernière question, mais ne lui a pas pour autant dit de se méfier d'elle. Et maintenant, il apprend qu'elle serait la sœur de ce blondinet ? Leur monde est si petit que ça ?
Déverrouillant à nouveau son téléphone qu'il vient de ressortir de sa veste, Gerald retourne dans sa galerie photos, sélectionnant le seul selfie qu'il lui a été permis de faire avec la rouquine ; peut-être que s'il n'avait pas décidé de faire son idiot durant des semaines, il aurait eu l'occasion d'en faire d'autres.
Son pouce dessine avec une certaine timidité le contour du visage souriant de son amie et, se surprenant à faire ça, il relève tout à coup la tête.
« Mais qu'est-ce que je fous ? »
