Réponses aux reviews :
Sunshine (Gody) : Merci d'avoir pris le temps de commenter. En espérant que ce chapitre te plaira.
Mi-chan original (Gody) : Déjà, un grand merci pour cette critique! Elle nous a énormément fait plaisir, c'est rare de voir les personnes qui sont aussi curieuses de découvrir les liens entre chaque personnage de notre histoire. Les développements ne s'arrêteront plus, l'histoire prenant lentement mais sûrement un tournant important. Nous serons ravie de ravoir ton avis sur notre histoire! Bonne lecture et encore merci! :)
Flèche d'Argent (Ally) : Ma fléchouille, toujours un bonheur de lire tes reviews, et de voir que tu aimes toujours autant notre travail. Et la longueur de la dernière nous a laissé sur le cul. On a cru que tu allais casser le site d'ailleurs... Enfin bref. Pour répondre à tes petites questions :
Comment la mère de Gerald et Wendy gérait tout ça ? Bah justement elle a pas géré :')
Les infos sur ses cicatrices seront révélées plus tard.
Gerald a d'autres amis, mais ils ne sont pas aussi proches qu'Ultia et Meldy.
Les Milkovitch ne sont dangereux que si tu es contre eux, voyons.
Je ne répondrai pas à tes questions sur l'affaire Acno/Eileen...
Oui, nous parlerons plus tard de la rencontre entre Ultia et Meldy.
Non Gerald n'a pas eu de garde du corps quand il était jeune.
Toute info sur Eileen ne sera pas divulguée :')
Erza a mentionné Luxus sous une impulsion pour satisfaire sa curiosité.
Ils vivent leur vie entre les chapitre mais Erza reste en couple. Donc non entre temps elle n'a pas dormi d'autres fois avec Gerald.
"Gerald passionné par l'art du cunnilingus ?" Oui.
Nous deux futur tourtereaux ont tous les deux des problèmes de sommeil...
Ce chapitre sera beaucoup moins long mais on espère que tu l'aimeras autant ! Bonne lecture
jFANGIRLd (Gody) : I'm gay for her too. Merci pour ton commentaire, et bonne lecture. ;)
Gueguest (Gody) : Bientôt, tes questions auront les réponses adéquates. Merci d'avoir commenté et bonne lecture. :)
Disclaimer : Fairy Tail ne nous appartient pas.
Raiting : T
JOUR 67 : à prendre avec des pincettes
La journée a merveilleusement bien commencé.
Oui, vraiment. Comment la qualifier autrement ?
Gerald s'est levé du bon pied ; pas de cauchemar, un sommeil assez tranquille, pas interrompu. Tout ce qu'il lui faut pour être suffisamment de bonne humeur. Son habituelle douche matinale a dégourdi ses muscles courbaturés, sa séance de sport de la veille étant plus rude qu'à l'accoutumée. L'odeur du café l'a suffisamment motivé pour être plus rapide mais, suite à ça, sa matinée a très vite dérapé sur un terrain moins agréable.
Là, sur son pallier, gît un adorable rat mort.
Une douce odeur de décomposition lui monte aux narines, lui permettant d'apprécier à nouveau le goût de son petit déjeuner, avalé un peu plus tôt.
Ayant cours dans un peu moins de trente minutes, il n'a pas vraiment le temps de s'occuper de ce petit blagueur maintenant. Le bleu se munit donc d'un sac poubelle pour ramasser ce charmant cadeau, avant de le refermer pour ne plus avoir à renifler le délicieux parfum qui s'en dégage, et d'aller à la fac.
Et donc, pour continuer dans la lancée de cette superbe journée, après le cadavre délicatement offert ce matin par un illustre inconnu qui, il faut bien l'avouer, sait saluer d'une manière on ne peut plus originale, le voilà maintenant embarqué dans une conversation qui le passionne tout autant que l'épilation anale : l'astrologie.
Un sujet qui, pour son plus grand bonheur, semble intéresser Meldy puisqu'elle est en train de déballer son radieux avenir annoncé par les constellations.
Ou par sa cousine un peu attardée. Il hésite encore.
Dans tous les cas, le voilà un chouïa agacé. Gerald fait tourner la bière dans son verre déjà bien entamé ; une manière de dériver son attention vers un domaine plus agréable. Il est bien évidemment déçu de la tournure de la conversation actuelle, lui qui espère parler d'un tas d'autres sujets plus agréables que ça.
Avec un soupir, il s'enfonce dans la banquette rouge. Le bar est assez calme, chose rare pendant la pause de midi, mais il met ça sur le compte du froid mordant qui règne dehors ; qui est assez fou pour sortir manger quelque part alors qu'il risquerait de geler sur place ?
« Huuum... »
Relevant légèrement le menton, le nageur croise les prunelles brillantes et malicieuses de son amie, installée à côté d'Ultia qui mange soigneusement son hamburger. Elle a déposé le catalogue que chaque étudiant peut se procurer, durant le mois, afin de découvrir les merveilleuses choses qui l'attendent pendant ces nombreux jours.
« Quoi ?
- D'après ton horoscope, tu vivras le grand amour l'année prochaine. »
Évidemment qu'elle s'est renseignée sur le sien ; tout nouveau moyen de torture sur lui est bon à prendre. Mais, d'un côté, même s'il ne l'avouera jamais, il reste assez curieux de savoir quelles absurdités la soit-disante astrologue Heartfilia a pu sortir à propos de son futur.
« Depuis quand tu écoutes les conneries de Lucy ?, marmonne-t-il. Tu perds ton temps. »
Une moue boudeuse se dessine sur le visage enfantin de Meldy. Elle croise les bras sous sa poitrine, avant de bougonner.
« Dans ce cas, je suppose que tu ne veux pas connaître celui d'Erza... »
Elle tourne alors la tête vers sa petite-amie, sans même ciller face à l'expression de surprise qui a tiré ses traits durant une fraction de seconde.
« ... Ul', tu veux savoir le tien ? »
L'intéressée hausse un sourcil, tout en l'écoutant attentivement. Le regard consterné de Gérald se pose alors sur elle ; sérieusement ? Elle s'y met aussi ? Mais quelle personne censée veut écouter ce genre de sottise ? Ça doit forcément être une mauvaise blague de sa part.
« Ne me dites pas que vous croyez vraiment à ça..., soupire-t-il dépité.
- Ce qu'elle dit n'a pas l'air foncièrement faux, rétorque Ultia en essuyant sa bouche. Tu devrais être plus ouvert d'esprit. »
Il l'est ; mais il s'est fermé à cette pratique depuis des années, refusant que quelques lignes ou mots puissent définir une vie. Donc il se pince l'arrête du nez, de plus en plus irrité par la tournure de la situation, en se retenant de ne pas hurler à quel point cette histoire d'horoscope est stupide.
« Elle dit surtout de la merde.
- Tu es aussi grognon que grossier, ce matin, signale la machiavélique brune qui lui explose - une fois de plus - le pied avec son talon.
- Je dois te rappeler qui elle a désigné comme étant mon "match parfait" ?, grogne-t-il en ravalant un gémissement de douleur. »
Ultia prend un air songeur, l'espace de quelques secondes, le menton coincé entre son pouce et son index plié.
« Ce n'était pas... Sorano ?
- Si... quelle incroyable histoire d'amour inexistante hein ?, rétorque-t-il avec une voix plein de sarcasme.
- Il n'empêche, intervient Meldy, que ce truc comme quoi elle pourrait te calmer avec sa douceur, tout en gardant un certain dynamisme, c'est typiquement le genre de fille qui te plait. Honnêtement, ça pourrait marcher !
- Oh oui..., grince-t-il. Elle me calme tellement que notre relation est plus plate qu'une règle. »
À peine sa phrase finie, le jeune homme finit son verre d'une traite ; il déteste énormément cette conversation.
« En même temps... si tu ne fais pas d'effort...»
Le regard noir qu'il pose sur la demoiselle aux boucles roses en dit long. Mais, comme toujours, ce n'est pas ça qui arrête les deux chipies. Oh ça, non.
« C'est pas une question d'effort, soupire Gérald en prenant une frite dans l'assiette en face de lui, c'est simplement que ça ne vaut rien du tout, vos trucs. C'est du hasard.
- Effectivement, répond lentement Ultia en plissant les yeux pour lire le magazine. Alors... ça explique pourquoi elle a dit qu'Erza se plante complètement niveau amour.
- Qu'est-ce que tu as dit ? »
Son intérêt soudainement piqué, il s'est redressé assez rapidement. Même trop rapidement. Il lui en faut vraiment peu et ça, ça les amuse beaucoup, ces sorcières.
« Je croyais que ce n'était pas ton truc ?, rit Meldy en se penchant sur la table.
- Ça ne m'intéresse pas, dit-il en tournant la tête. Je voulais juste entendre à quel point Lucy s'est trompée.
- Aaah... »
Sa mauvaise foi le perdra sans doute un jour mais, pour le moment, il préfère patauger dedans, histoire de sauver les quelques restes de sa fierté.
« Il parait que son match parfait n'est pas loin. Et, en prime, qu'elle doit ouvrir les yeux pour le découvrir. »
Finalement, peut-être que sa cousine ne dit pas toujours des idioties.
« De toute façon, Simon n'est pas pour elle, décrète-t-il.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- Ça se voit, c'est tout. Trop romantique, tout mou... il ne sait pas doser. Même au lit, d'ailleurs. »
Il se renfrogne, et s'enfonce un peu plus dans sa banquette, devant les yeux plissés d'Ultia.
« Erza t'a parlé de ses ébats avec lui ?
- Bien sûr que non. »
Question idiote. Sa jolie rousse n'est pas comme ces deux pestes. Elle ne vient pas lui raconter les palpitantes aventures de sa vie sexuelle pendant qu'il mange une banane, elle. Au moins.
« Alors comment tu sais que..., souffle Meldy.
- Oh bon sang... ne me dis pas que... »
Malgré lui, un sourire tire le coin de ses lèvres ; il ne devrait pas être fier, ce n'est pas un sujet dont on se vante mais, c'est un peu une petite vengeance.
« Oui. J'ai baisé son ex, lâche-t-il d'un ton bourru.
- Quand ?
- Le mois dernier ?
- Gelly !, s'offusque Meldy. »
Il hausse les épaules. Ça ne sert à rien d'ajouter quelque chose, ce qui est fait, est fait. En plus, c'est elle qui lui est tombée entre les bras à la soirée. Il n'a absolument rien à se reprocher, le hasard a fait les choses.
« C'est quoi le match parfait pour un Lion ?, demande soudainement la rose.
- Bélier ?
- Hum, non, trop surcôté.
- C'est un argument ça ?, s'amuse Gérald.
- Bien sur ! Personnellement... je suis d'avis qu'un Lion va à merveille avec un Cancer.
- Un signe de feu et d'eau ensemble ? On sait déjà à quoi va ressembler la relation, se moque la brune.
- Je suis sûre que ça fonctionnerait. »
Il se retient d'approuver ; après tout, tout le monde sait que les Cancers sont les meilleurs, pas besoin d'ajouter autre chose.
« Simon est pourtant un Cancer, glisse Ultia en sirotant son soda. »
Oui, bon. Il n'a pas dit tous les Cancers. Certains cas font parfois exception à la règle. Notamment le cas Simon.
Quoique. Qu'est-ce que ça peut bien lui faire ? Ça ne l'intéresse pas. Il ne compte pas retomber dans ce puit de débilité profonde. Hors de question. Du moins, c'est ce qu'il tente de faire. Sauf que les vieilles habitudes reviennent très souvent, même si ça lui fait du mal.
« Ça se voit que c'en est un, approuve Meldy en hochant la tête. Il est tellement attentionné avec elle. Et en plus, ils sont si mignons ! Vous avez vu la manière dont il la regarde ? Il ne voit qu'elle. »
Ça ferait vraiment un bon match, Lion et Cancer ?
« La dernière fois, il est venu avec un panier repas, raconte-t-elle avec un sourire rêveur, et une autre fois, il l'a attendue devant le Patio, avec des fleurs et du chocolat. »
Sa paupière tressaute mais Gerald tient bon ; s'il craque, il est fichu. Alors il décide de se concentrer sur les autres personnes présentes dans le bar. Tiens, par exemple, il y a cette fille dans le fond avec laquelle il a échangé plusieurs regards. C'est peut-être l'occasion d'initier une légère conversation qui pourrait, éventuellement, déboucher sur un entretient plus poussé ailleurs ? Ça pourrait être une bonne idée, une façon de se vider la tête et décompresser.
« ... Il compte organiser un week-end en montagne.
- Pour quoi faire ?, demande Ultia en rejetant ses cheveux derrière ses épaules.
- Si j'ai bien compris, c'est pour fêter leur mois-iversaire. C'est-
- Simon est trop cliché, la coupe-t-il en reportant son attention sur elles. Et puis le chocolat ? Tout le monde sait qu'Erza préfère les fraisiers. Pour un Cancer, il n'est pas très attentionné... »
Elles le fixent longuement.
Et merde. Voilà. Il a craqué.
« Depuis quand tu sais des choses sur les signes astrologiques ?, s'amuse Meldy. »
Silence.
Puis, soudainement, il lève son bras pour regarder sa montre. La seconde qui suit, il feint l'étonnement.
« ... Oh ! Mais il est bientôt quatorze heures ! Je file, j'ai cours.
- Mais !, proteste la demoiselle. Tu commences à quinze heures !
- Ça a été décalé, explique-t-il en mettant sa veste. À plus tard ! »
Tenant son sac à dos par une sangle, Gerald ne perd pas de temps pour se précipiter vers la sortie, tout en sentant le lourd regard de ses amies planté dans son dos. Leur mentir est vraiment difficile et ça ne sera probablement jamais sa spécialité ; la fuite est donc la seule option pour s'en sortir. Mais, maintenant qu'il est là, il se dit que c'est l'occasion de rendre visite à sa merveilleuse cousine.
Une cousine qui accueille toujours à bras ouverts.
Avec un grand sourire.
Et beaucoup d'affection à son égard.
« C'est rare de te voir traîner par ici. »
Gerald lève la tête pour la dévisager ; ses doigts tiennent la pochette plastique d'un vieux vinyle qui mérite d'être mieux traité, vu son état. Ses ongles retiennent encore quelques fragments d'un vernis rose, celui qu'elle détruit souvent lorsqu'elle est anxieuse.
« On dirait que tu es déçue de me voir. »
Un rire franchit ses lèvres alors qu'elle continue de ranger tranquillement sa collection. La lumière donne une atmosphère jaunie au petit studio de radio du campus. Ce n'est pas son coin favoris mais, au moins, il est plus que certain de tomber sur Lucy. C'est son petit cocon bien à elle.
« Ton père t'a encore dit que tu ne prenais pas assez de mes nouvelles ?
- Pourquoi tu penses ça ?, marmonne-t-il en lisant tranquillement les titres de musique.
- Tu ne viens plus aussi souvent me parler. Depuis. Enfin, tu sais. »
Il mord l'intérieur de sa joue ; elle marque un point, bien qu'il essaie de s'améliorer sur ce détail.
« Désolé. J'ai... encore un peu de mal. »
Après avoir rassemblé ses cheveux blonds d'un côté de son cou, elle pose son regard chocolat sur lui ; elle a l'air un peu triste et il l'est aussi, dans le fond. Certaines cicatrices mettent du temps à guérir.
« Comment tu vas ?, demande-t-il pour changer de sujet.
- Tu veux vraiment parler de banalités ?, rit-elle en partant vers une pile de cartons.
- Tu sais que je ne suis pas doué avec les discussions.
- Je pensais que tu t'étais amélioré, vu les conquêtes que tu entasses sur le campus.
- Ce n'est pas pareil. »
Il se retient de rajouter que lorsqu'il veut un plan cul, il n'a pas à développer des discussions profondes. Quelques œillades, des compliments plus ou moins sincères, une ou deux blagues de mauvais goût, pour finir par une version plus ou moins civilisée de "On baise ?" et hop, le tour est joué.
Mais la demoiselle devant lui, ayant la manie démarrer au quart de tour, risquerait de lui en coller une, accompagné d'un fabuleux discours de type "Tu dois respecter un peu plus les femmes, ce ne sont pas des jouets, blablabla...". Hé, il ne voit pas le problème à ce qu'il fait ! Il propose, la fille est d'accord et tout le monde est content ! En plus il prend la peine de les faire jouir. Si ça c'est pas du respect !
Elle pose les mains sur ses hanches en levant un sourcil.
« Besoin d'aide ?, dit-il en désignant les paquets d'un coup de menton. Ça n'a pas l'air léger. »
Lucy ne proteste pas quand il la rejoint près de la porte d'entrée ; le studio est petit, divisé en trois colonnes, représentées par les étagères remplies de caisses renfermant des vinyles. Une autre pièce, assez anxiogène, contient le matériel nécessaire pour faire tourner la musique et délivrer des petites informations quotidiennes.
La lumière naturelle n'a pas l'air d'exister dans cet habitacle, ce qui ne lui facilite pas la tâche. Après tout, Gerald a toujours eu horreur des endroits renfermés comme celui-ci. Ça ne lui rappelle pas des souvenirs très agréables.
« Où est-ce que je dois les mettre ? »
D'un signe de la main plutôt vague, l'étudiante désigne une pièce à l'opposé de sa position. Avec un sourire satisfait, parce qu'il aime l'idée que tout soit toujours simple avec elle, il retire sa veste pour l'accrocher au porte-manteaux. L'affaire est alors vite réglée après dix bonnes minutes et, heureux d'être efficace et utile, il observe fièrement son rangement.
« Alors, tu me vas dire ce qui t'amène ? »
Elle donne un léger coup d'épaule, contre son bras, avec une expression amusée peinte sur son visage de poupée. Comme il ne s'est pas encore décidé à parler, Lucy le pousse vers un canapé troué, où un tas de magazines est posé ; un bon coup de ménage ne ferait pas de mal. Ça, et des nouvelles fenêtres.
Peut-être que son père pourrait faire un don à l'université pour améliorer cet endroit ?
Avant de s'installer, Gerald regarde furtivement l'heure ; il est quatorze heures cinq, signe qu'il a suffisamment de temps pour un brin de causette avec elle.
Parfait.
Le voilà donc en train de se glisser entre les coussins.
« Je pensais que tu pouvais m'aider sur un sujet.
- T'aider ?, s'étonne-t-elle. Sur quoi ?
- L'horoscope du Lion, il dit quoi exactement ? »
Ses yeux sont ronds. Elle a l'air vraiment surprise par sa question et, à vrai dire, lui aussi ; il n'a jamais souhaité approfondir ce domaine, surtout pas alors que sa tante avait clairement fait comprendre à sa mère qu'elle allait mourir dans le mois.
Mais pourtant le voilà.
En train de demander des renseignements sur une fille grâce aux étoiles.
« Pourquoi tu t'intéresses à celui du Lion précisément ?, demande lentement la blonde avec un sourire espiègle au coin des lèvres.
- Comme ça. C'est une amie, tu sais. La curiosité.
- Une "amie", répète-t-elle de façon amusée. Toi, Gerald Fernandez, tu as une amie, autre qu'Ultia et Meldy. C'est nouveau ça... comment elle s'appelle ? »
Cette fille est vraiment trop curieuse. Quand est-ce qu'il a eu la mauvaise idée de venir la voir ?
« Erza Scarlett...
- Erza, ton amie ? »
Ses doigts pianotent sur ses genoux, nerveusement. Il ne comprend pas ce qui a l'air de tant l'étonner. Donc il hésite.
« Oui ?
- Erza est mon amie mais, la tienne ? Je n'y aurais jamais crû. »
Il bat des cils ; cette fois, c'est lui qui est pris de court.
« Tu la connais ?
- Bien sûr. Depuis quelques années d'ailleurs, ajoute-t-elle en tressant machinalement ses cheveux.
- Comment tu...?
- C'est une fan de livres et moi aussi. On avait commencé à discuter sur un forum. »
Avec beaucoup de mal, Gerald essaie de chasser la surprise de son esprit. Il n'est pas là pour s'attarder sur ces détails, il aura l'occasion d'approfondir ces sujets une autre fois.
« Je ne vois pas trop ce que je peux te dire de plus sur son horoscope, dit Lucy. Je ne comprends toujours pas depuis quand tu t'intéresses à nouveau à mes "trucs de charlatan".
- Tu es certaine qu'elle se trompe ?, s'enquiert le garçon en ignorant la dernière partie de sa phrase.
- Sur son avenir amoureux ?
- Oui. »
Elle hausse un sourcil mais ne révèle pas son besoin d'en apprendre davantage sur ce passage-là. À vrai dire, lui-même s'en mord déjà les doigts ; il ne comprend pas pourquoi il est autant obsédé par elle. Il n'a aucune raison de l'être. Après tout, Erza lui a refait comprendre à quelques reprises qu'ils sont amis.
Juste.
Des.
Amis.
Est-ce que ça pique de dire ça ?
Non, bien évidemment. Pourquoi ça serait le cas ?
« L'astrologie n'est pas non plus une science exacte, répond-elle lentement, mais... dans le cas d'Erza, c'est assez flagrant. N'importe qui la connaissant un minimum est capable de le voir d'ailleurs.
- Ah..., sourit-il, je ne suis donc pas le seul à le penser alors ! C'est rassurant. »
Lucy l'observe avec un air suspect et il se rend compte de ce qu'il vient de dire. Avant qu'elle ne puisse ajouter quoi que ce soit, il se lève subitement du canapé ; une impression de déjà vu ? Oui, c'est normal.
« Waow, tu as vu l'heure ? Faut que j'y aille. C'est dingue comme le temps passe vite.
- Déjà ?
- Ouais, j'ai cours, dit-il rapidement.
- Mais... Il est à peine quatorze heures quinze...
- Je dois traverser le campus, explique-t-il en glissant quelques mèches rebelles en arrière. Ça va mettre du temps.
- Tu as déjà fait des mensonges plus inventifs que ça. »
Est-ce qu'il est parti sans rétorquer quelque chose ?
Oui.
Sauf que maintenant il est dehors, dans le froid, parce qu'il met seulement trois minutes pour aller dans son bâtiment et qu'il lui reste donc à peu près quarante minutes à rien faire.
Génial.
Tout comme sa matinée, la suite de cette journée risque d'être tout autant originale. Peut-être que ce soir, une fois rentré, il aura le droit d'avoir un deuxième rat pour donner de la compagnie à celui qu'il a jeté dans un sac poubelle ?
C'est en marchant qu'il finit par se décider d'aller à la bibliothèque. Ça fait quelques jours qu'il n'y est pas allé et il sait que des nouveaux livres ont été commandés. C'est l'occasion de découvrir et d'être au chaud. En plus de ça, il ne tombera pas sur Meldy, Ultia ou même Lucy là-bas. Résultat ; personne pour le distraire.
Quoique.
Une nuance de rouge et il change très vite d'avis.
Si Erza est ici, c'est qu'elle a fuit son appartement à cause de Braiya afin de réviser dans une ambiance plus calme ; la table est ensevelie sous les manuels. Il a hésité avant de s'approcher mais, à vrai dire, sa curiosité est trop forte et il a besoin de la calmer. Et puis, en plus, ça fait longtemps qu'il n'a pas passé physiquement du temps avec elle.
Alors, avec le plus beau des sourires, il s'installe à côté de la rouquine qui n'a pas encore remarqué sa présence. Elle a le nez plongé dans ses formules, avant qu'il ne se penche vers elle, pour chuchoter près de son oreille :
« Est-ce que tu crois à l'astrologie ? »
D'abord, elle sursaute.
Son crayon tombe par terre et Erza mord durement sa lèvre pour ne pas lâcher une flopée d'insultes à son égard. Il retient un rire en se redressant, amusé par sa réaction ; c'est toujours un plaisir de la surprendre d'une quelconque manière.
« Bon sang Gérald, qu'est-ce que tu fous ici ?, siffle-t-elle après avoir ramassé le stylo.
- Et toi ?, répond-il en prenant un livre. Tes révisions se passent bien ?
- Jusqu'à ce que tu débarques, oui.
- Oh, ne sois pas aussi méchante. Ça ne fait même pas cinq minutes. »
Gerald lit rapidement la page où elle a passé de longs traits de surligneur dessus. Est-ce que ce sont les notions qu'elle doit continuer de travailler ?
« Pourquoi tu as posé cette question sur l'astrologie ?, marmonne l'étudiante en fermant un cahier. Ce n'est pas un secret que tu trouves ça aussi passionnant que, je cite, "l'épilation anale".
- D'après Lucy, tu te plantes complètement sur ta vie amoureuse. »
Il n'a pas besoin de tourner la tête vers elle pour savoir qu'elle est en train de rouler des yeux. Mais il le fait quand même, juste pour profiter de ses magnifiques cheveux en train de briller délicatement sous les chaudes lumières de la bibliothèque. Aujourd'hui, elle les a tressés sur le côté ; voilà qu'il rêve de défaire cette coiffure pour glisser tranquillement ses doigts entre les fines mèches.
Mais à quoi il pense encore ?
« Qu'est-ce que tu racontes comme bêtises...
- Ah non, cette fois c'est pas moi, proteste-t-il. C'est Lucy.
- Depuis quand tu connais Lucy, toi ? »
Gerald soutient sa joue contre son poing en la fixant.
« C'est ma cousine. Mais, de base, c'est pas ça la question. Tu cherches à esquiver ? »
La jeune femme ricane en frottant ses yeux, juste après avoir retiré la jolie paire de lunettes sur son nez ; il ne s'est pas encore habitué à la voir comme ça mais, de toute façon, ça lui plait. Il est même presque déçu de la voir posée sur les livres.
« Ça y est, tu t'es mis à croire à ça ? Je te pensais plus malin.
- Ce n'est pas ton truc non plus, alors ?
- Je n'y prête pas attention, s'amuse-t-elle en le regardant à son tour. Mais maintenant qu'on y est, pourquoi ne pas regarder le tien ? Vu que tu as l'air d'avoir déjà fait un tour sur le mien... »
Il a un peu envie de protester. Juste un peu, parce qu'il est toujours ravi qu'elle prenne du temps pour lui. Donc il ne bronche absolument pas quand son amie sort son téléphone, pour ouvrir une application ; il a oublié que l'université en avait une pour publier les dernières nouvelles. Forcément, les horoscopes doivent également y figurer.
« Alors... monsieur le Cancer... »
Le nageur hausse les sourcils, pris de court ; depuis quand elle connait son signe ? Il est pourtant certain de ne jamais lui avoir divulgué ces informations. Alors, la seule solution serait qu'elle se soit tout de même renseignée, au moins une fois, sur cet aspect.
Ses dents mordillent sa lèvre inférieure. La satisfaction coule en lui et il se surprend à être heureux qu'elle soit curieuse à propos de lui, même sur des choses aussi futiles.
« Meldy m'a déjà dit la partie "amour".
- On va regarder le reste, alors. »
Gerald se rapproche un peu plus, afin de lire avec elle. Son épaule s'appuie contre la sienne pendant qu'il observe son pouce faire défiler les horoscopes des autres signes. Quand elle arrive sur le sien, il se penche un peu, intrigué.
« Tu dois faire attention à ton passé qui revient empiéter sur ton présent, lit consciencieusement Erza, et du danger que ça peut apporter. »
Il frotte son menton, cette fois-ci perplexe, réfléchissant à la signification de ces mots.
« Hum... à part chopper une MST, je vois pas ce qui pourrait t'arriver de dramatique. »
Son air offusqué a l'air de beaucoup lui plaire parce qu'elle étouffe son rire avec ses mains. Et, encore une fois, c'est reparti ; son cœur s'emballe et son ventre se tord en la voyant aussi radieuse.
C'est après s'être raclé la gorge qu'il a décidé d'arrêter de la dévorer ainsi du regard. Le jeune homme se redresse et croise les bras, étirant ses jambes sous la table. Puis, après avoir longuement observé les personnes étudiant silencieusement, il se souvient de ce rat mort devant sa porte.
Il fronce les sourcils face à cette pensée ; son horoscope n'a quand même pas visé juste, pas vrai ?
« Au fait, qu'est-ce que tu fais ici ?
- Hum ?, répond-il évasivement en tournant à nouveau la tête vers elle.
- Tu n'es manifestement pas là pour étudier. »
Alors, quoi répondre ? Qu'il a fuit Meldy, Ultia et Lucy ?
Non, quand même pas. Sa virilité en prendrait un coup.
« Je te cherchais, sourit-il.
- Vraiment ?, marmonne Erza en levant un sourcil. Pourquoi ?
- Je me demande si tu aimerais aller à la fête foraine ce week-end. »
Elle relève le menton, juste un peu.
« Ce week-end ?, répète-t-elle.
- Oui. Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu, juste tous les deux.
- Quatre jours, pour être exacte. »
Oui, et bien quatre jours, c'est long.
Afin d'accentuer sa requête, qu'il trouve plutôt chouette pour le coup, Gérald lui offre son plus beau et infaillible regard ; celui du chiot. Ça a l'air de fonctionner puisque, avec un énième soupir, elle accepte.
« Mais ce sera dimanche soir, précise-t-elle. Je ne suis pas là ce week-end. »
Ah oui.
Le fameux séjour en montagne que Simon a organisé pour leur premier mois. Est-ce vraiment nécessaire de faire ça, dans une relation aussi récente ?
Un peu bougon, le nageur frotte ses cheveux, derrière sa tête.
« D'accord. Va pour dimanche soir. »
Le sourire d'Erza chasse les derniers nuages de sa morosité puis, finalement, il la regarde travailler en la conseillant un peu, sur certaines formules. N'ayant aucune notion du temps en sa compagnie, il n'a pas immédiatement remarqué le retard qu'il a accumulé pour se diriger vers ses derniers cours de la journée.
Mais quelle importance ?
Il se sent stupidement heureux, et ça lui convient.
Pourtant, sa joie redescend très, très rapidement une fois qu'il est de retour à son appartement.
Gerald observe silencieusement la porte et le mur barbouillé de sang, sourcils froncés, ses doigts serrant rudement les sangles de son sac. L'odeur est infecte, autant que l'écriture qui souille la peinture blanche.
Vindicta.
Bien que la furieuse envie de régler cette histoire lui-même le titille, il sait parfaitement qu'il doit faire profil bas afin de ne pas impliquer son père et ses affaires ; donc, avec une certaine réticence, il sort son téléphone de la poche de sa veste, afin de composer le numéro de la police.
Toutes ces conneries, ce n'est pas pour lui.
« Je crois que quelqu'un me menace. »
