Réponses aux reviews :

Et cette fois c'est Ally qui vous répond, dites bonjour !

jFANGIRLd : Alors tu es Lion ? Dingue ça, moi aussi ! (Gody a décidé de faire un ctrl+C puis ctrl+V de ma personne pour écrire Erza. Pour ça qu'elle est Lion hé hé). Lucy n'est que de passage occasionnel, inutile de trop t'extasier sur elle... Oups ? Mais pour répondre à ta question, oui on verra d'autres personnages, la preuve en dessous. On voit souvent dans les commentaires que Gerald est mieux que Simon. Mais... Actuellement, Gerald est intentionnellement dépeint comme un gros beauf de temps en temps... Faudra nous expliquer xD. Merci pour ta review, en espérant que tu ne vas pas trop nous incendier après ça. Bonne lecture !

Sunshine : Contentes que tu continues de lire cette histoire et de commenter. Gerald est parfois écrit comme un beauf, donc à des années lumière du chaton niveau inspiration, pour le dernier chapitre. En espérant que tu apprécieras celui-là aussi. Bonne lecture.

Chaton Suprême : Ah mon petit chaton tout doux, comme tu nous avez manqué ! Ta review nous a fait sourire, bien que moins chatounesque que d'habitude. Tes analyses et ton flair nous étonnent toujours autant par leur justesse. Non vraiment. Tu arrives parfois à deviner la suite de l'histoire et ça nous laisse sur le cul. Petite mention pour l'épilation anale, j'apprécie d'être comparée à un génie. Merci u_u. J'ai ri à "c'est juste l'éboueur qui a perdu un rat en chemin". Je t'offre également quelques applaudissement *clap clap clap* pour avoir caser cette expression. Bravo. Ensuite. Non, on a pas encore précisé depuis combien de temps Ultia et Meldy sont ensemble. On médite encore sur la question... Et non, Sorano n'aura rien avec Gerald. Les relations crack chelou ça commence déjà à faire beaucoup... Pas la peine de la rajouter à la liste. Gerald peut certes avoir un coté très peu moral parfois, mais il n'est pas totalement un profiteur. Il sait être gentleman de temps en temps et si l'envie l'en prend, donc quand il aide Lucy, il est juste gentil. Oui. Incroyable, hein ? Toute information sur le passé de Gerald sera divulguée dans la suite de l'histoire. Ah et pour finir, oui Bélier et Lion c'est surcoté. Et Cancer et Lion c'est sous-coté... Interprète ça comme tu veux ! En attendant, bonne lecture !

Chrysalide d'Acier : Merci d'avoir pris le temps de nous laisser une petite review. On est contentes que cette histoire te plaise, et on espère que ce sera encore le cas après ce chapitre... Bonne lecture !

Flèche d'Argent : Wesh on attend ta review toi... Bruh


Disclaimer : Fairy Tail ne nous appartient pas.


Raiting : M


JOUR 71 : un problème de taille


« Pourquoi tu ne lui dis pas simplement que tu l'aimes beaucoup ? »

Avec un énième grognement, Gerald relève la tête pour planter ses yeux dans ceux lilas qui le fixent intensément. Elle s'est redressée sur les coudes, lui permettant de voir ses boucles brunes emmêlées et son visage rose de plaisir.

« Tu veux vraiment parler de ça maintenant ? »

Jouant légèrement avec le drap délavé de son lit, elle semble longuement hésiter alors que son nez est à quelques millimètres de son clitoris. Vu son absence de réponse, après de longues minutes, il relâche sa prise sur ses cuisses hâlées pour se redresser.

« Sérieusement Kana ?, soupire-t-il.
- Je ne te comprends pas, c'est tout.
- Je ne t'ai jamais demandé de me comprendre, tu sais... »

La demoiselle se met correctement assise en baissant son t-shirt trop grand, histoire de cacher son corps encore chaud de leurs dernières activités. Il est évidemment déçu de ce soudain changement d'occupation, et décide de se lever pour attraper son boxer ; il ne rencontre aucun problème à parler nu, généralement, mais vu le sujet qu'elle a pointé du doigt, il a l'impression qu'enfiler ce bout de tissu lui garantit une certaine protection.

L'armure étincelante est réduite à un imprimé de têtes de chat. Ça lui apprendra à oublier de faire des machines.

« Qu'est-ce que ça te coûte de lui dire ? »

Son sourcil se hausse.

« Tu tiens vraiment à parler de ça ?
- En deux ans, tu n'as jamais gémi le prénom d'une autre fille. Alors oui. »

Ses ongles grattent nerveusement sa nuque, peu à l'aise face au sujet abordé.

« On est obligé de revenir là-dessus ?
- Tu as honte ?, rit la brune en attachant rapidement ses cheveux.
- Non, répond-il dans un marmonnement, je suis gêné.
- Je te vois mal gêné après ce que tu m'as fait il y a même pas dix minutes. »

Revenant s'installer à côté d'elle, Gerald s'allonge sur le matelas, une main posée sur ses abdominaux. L'autre est négligemment mise sous sa tête tandis qu'il fixe le plafond avec un air frustré et agacé ; parler de ses sentiments n'a jamais fait parti du deal, entre elle et lui, même si en ce moment, ce terrain revient un peu trop souvent.

Autant à cause de lui que d'elle, d'ailleurs. Sauf qu'elle ne s'attarde jamais sur l'énergumène qui lui trotte dans la tête, contrairement à lui qui ne trouve pas le bouton "stop".

« Ne boude pas, s'amuse-t-elle en embrassant sa joue
- Je ne boude pas. »

Avec un magnifique sourire peint sur ses lèvres pulpeuses, sa partenaire dépose des baisers sur son torse puis son cou. Ses paupières se ferment automatiquement sous la sensation, son esprit s'égarant vers un tout autre minois lui plaisant davantage ; une moue rose, une peau crémeuse, une chevelure de feu et un regard pénétrant. Et voilà qu'il recommence. Est-ce qu'il est devenu masochiste, ou quelque chose comme ça ?

Il sent la pression de son menton sur son pectoral droit.

« Tu as l'air contrarié.
- Peut-être parce qu'on était en train de faire quelque chose de plus sympa avant ?, maugrée le jeune homme.
- Tu ne sais pas être sérieux, hein ?
- Pas sur tous les sujets. »

Gerald tourne la tête vers elle quand elle s'installe différemment. Le poids de sa cuisse repose sur ses hanches et elle a sa joue appuyée contre sa main. Avec cette position, Kana peut parfaitement étudier chacune de ses expressions et savoir s'il ment ou non. Pas qu'il en ait l'intention. De toute manière, il n'y a rien à contredire ou à déformer. La réalité est telle qu'elle.

« Ce sujet n'en vaut pas la peine ?
- Ce sujet est clos depuis un moment, répond-t-il lentement.
- Parce qu'elle t'a repoussé une fois ?
- Elle a été assez claire sur la nature de notre relation. Plus d'une fois. »

Ça, et aussi le fait que, pas plus tard qu'hier, elle lui a redit à quel point il est un ami formidable. D'ailleurs, il pense n'avoir jamais autant détesté un mot. Trois lettres et il a l'impression de recevoir une droite plus douloureuse que celle de la rouquine.

« Je t'ai connu plus déterminé, souffle la jeune femme en dessinant la veine de son biceps.
- Ça ne sert à rien de se battre si la personne en face est déjà avec quelqu'un et, qu'en prime, elle apprécie ce qu'ils partagent.
- Erza aime bien Simon. Ça ne veut pas dire qu'elle est follement amoureuse de lui, non ? »

Kana n'a pas envie de lâcher le morceau ; à croire que Meldy et Ultia ne suffisent pas à le rendre chèvre, il faut aussi qu'elle s'y mette. Et, avec ça, il ne manquerait plus que Lucy décide également de rejoindre la partie, tiens.

« Je n'ai pas envie de ruiner sa relation, marmonne le nageur en s'allongeant à son tour sur le côté. Je suis peut-être parfois un connard, mais si Erza est heureuse avec lui, alors tant mieux. »

Et il ne dit pas ça pour donner une bonne image de sa personne, non. Pour une fois, il est assez sincère même si, bien évidemment, la rouquine serait mille fois plus comblée avec lui.

Peut-être que, maintenant, il peut suffisamment distraire la brune avec des baisers, histoire de retourner vers un domaine dont il possède une maîtrise parfaite et contrôlée. Ça sera bien plus agréable que des confessions sur un oreiller même si, au final, il sert les dents parce que son esprit vagabonde vers la seule femme qu'il désire entièrement.

« J'ai encore deux heures devant moi, dit-il en se mettant au dessus d'elle.
- Avant de rejoindre ta douce au parc d'attractions ?, se moque-t-elle en glissant ses bras autour de son cou. Quel prince tu fais, à être ici.
- Ce n'est pas ma douce. »

Du moins, pas encore.

Son grognement est étouffé contre sa bouche, avant d'être oublié lorsque sa langue joue avec sa jumelle. C'est une danse qu'ils connaissent, ils sont habitués ; du simple désir, de l'attirance, un besoin d'affection pour apaiser les blessures encore ouvertes. Et ça brûle.

Ça brûle, comme l'alcool qu'il boit en sa compagnie, tard le soir, avant de finir sous ses draps. Ça brûle, comme les larmes qui dévalent le long de ses joues, lorsque ses peurs sont trop fortes. Ça brûle, comme quand Erza sourit d'une manière si particulière à Simon qui lui donne envie de hurler.

Ça brûle, peut-être trop.

Kana glisse ses doigts dans ses cheveux et les tire rudement. Ça pique. Ses lèvres restent pressées contre son épaule pendant qu'il pousse rapidement et durement en elle. Il entend son prénom être prononcé, vaguement, entre deux gémissements résonnant dans la chambre. Sa main se faufile entre eux pour l'amener vers un plaisir plus vertigineux mais elle l'en empêche en le repoussant.

Le lit grince quand les positions s'échangent. Ce n'est plus la chaleur de son intimité mais celle de sa bouche qui entoure son sexe gorgé d'envie. Son ventre se contracte et Gerald se laisse faire, sa tête remplie d'une seule chose ; du rouge.

Inspirant brièvement par la bouche, Gerald ouvre difficilement les yeux pour observer sa partenaire descendre sa langue vers ses testicules. Sa respiration est saccadée lors des premières succions, accentuée par un râle de contentement lui échappant. Il n'a pas besoin de la guider, ni de lui dire quoi faire ; elle le connait physiquement, autant qu'il la connait.

Bientôt, son poids revient sur ses hanches quand elle le glisse à nouveau en elle. Il aperçoit la protection luire sous le timide soleil de l'hiver, juste avant qu'elle ne disparaisse lorsqu'elle ondule son bassin. Son attention est alors entièrement focalisée sur Kana.

Elle pose ses mains sur son torse, et ses ongles se plantent dans sa peau, la décorant de demies-lunes. Ses propres doigts laisseront des ecchymoses sur ses cuisses qu'il serre fermement. Il la dévore encore du regard, juste un peu, avant de se redresser pour embrasser goulûment sa poitrine ronde et ferme.

La pièce est noyée de soupirs et de gémissements, des claquements de ses fesses contre ses cuisses, des bruits humides de leurs baisers et de leur excitation. Le boucan dans sa tête a enfin disparu, et il peut entièrement se perdre dans toutes ces sensations.

Ce n'est que plus tard que les feux s'apaisent.

Consciencieux, Gerald ne quitte pas le lit sans d'autres baisers ; sa main remonte le long de sa taille, jusqu'à un sein qu'il caresse délicatement, son pouce flattant la pointe pendant que sa langue explore lascivement la bouche de la demoiselle. Elle soupire contre sa bouche, tout en l'embrassant avec une faim plus rassasiée.

Le sourire que Kana lui offre est satisfait. Sa peau brille doucement et il se lève, bien décidé à prendre une douche pour effacer l'odeur de son dernier passe-temps. La chaleur de l'eau lui indique où son corps est marqué. Généralement, ça ne le dérange pas mais, étrangement, c'est le cas aujourd'hui. Il ne se sent pas à l'aise avec cette idée.

Quand il revient dans la chambre, la brune n'a pas pris la peine de se rhabiller. Elle s'est simplement allongée sur le ventre, lui offrant la vue de ses fesses et de la délicate cambrure de son dos. Il se souvient encore parfaitement de la sensation de cette peau contre ses lèvres.

C'est la sonnerie de son téléphone qui l'arrache à sa contemplation. Plus rapide que lui, Kana roule sur le lit pour s'en saisir et découvrir qui l'appelle.

« Démon roux ?, lit-elle avec un sourire amusé.
- C'est Erza, explique-t-il en s'approchant. Tu permets ? »

Elle est agréablement silencieuse durant sa conversation, qui, d'ailleurs, est assez expéditive, mais elle arbore un léger froncement de sourcils, comme pour se rappeler de quelque chose.

« C'est elle, Erza ?
- Oui... pourquoi ? Tu la connais aussi ? »

Au point où il en est...

« Pas vraiment. Mais je dois souvent distraire les messieurs avant qu'elle ne fracasse leur tête, et mon comptoir avec... »

Pendant quelques secondes, il a oublié qu'Erza est aussi une adepte du bar. Ça, et aussi de la violence ; sa joue, par contre, s'en souvient parfaitement.

« Elle n'était pas là ce weekend d'ailleurs.
- C'est normal, marmonne-t-il en serrant les dents, elle était occupée. »

Gerald s'avance vers la chaise de bureau pour prendre sa veste.

« Je dois y aller. À une prochaine fois. »

Un sourire malicieux étire les lèvres de Kana.

« Au plaisir. »


C'est avec cinq minutes de retard qu'il arrive devant l'entrée du parc. Ce n'est pas son genre mais, connaissant Erza qui vit dans une autre dimension temporelle, il est à l'heure. Le froid est plus mordant, maintenant que le soleil s'est fait la malle, et il se frotte vigoureusement les mains pour sentir ses doigts. L'éclairage a beau ne pas être naturel, il voit son amie arriver de loin ; comment louper sa chevelure, de toute façon ? Il a l'impression que ça fait une éternité, et il se blâme de penser comme ça.

Il aura fallu qu'il attende jusqu'à aujourd'hui, à dix-sept heures seize précisément, pour avoir l'impression d'être enfin complet. Un sourire, sans doute idiot, barre son visage quand elle est enfin à sa hauteur, les pommettes et le nez rose à cause des températures. Si ce n'est pas assez pour dire qu'elle est magnifique, est-ce qu'il doit parler du contraste entre sa peau de porcelaine et de ses lèvres devenues rouges ? Son visage de poupée l'ensorcelle et il n'a pas honte de l'avouer.

Taquin, Gerald lève la main pour pincer délicatement sa joue.

« On dirait que tu as froid, dit-il.
- Je ne vois pas de quoi tu parles... »

Sa moue est craquante, et il aimerait réchauffer sa bouche avec la sienne. Mais il ne fait rien, se contenant uniquement de passer un bras sur ses épaules pour la pousser vers le parc et, par la même occasion, contre lui. Aucune protestation, juste un sourire qui lui coupe le souffle.

Ils s'avancent lentement, esquivant quelques personnes pressées, tout en choisissant quelles activités seront au programme. Mais, vu le gargouillis récurrent qui provient du ventre d'Erza, il en déduit très rapidement que la nourriture sera au sommet de la liste.

« Qu'est-ce que tu veux manger ? »

Elle lève les yeux vers lui.

« Il n'y a pas de fraisier je suppose... »

Un rire attendri lui échappe et, instinctivement, Gerald embrasse le sommet de sa tête. Son propre élan d'affection le trouble, avant de se racler la gorge pour chasser cette impression de papillons dans son ventre.

Les couleurs se mélangent comme les odeurs. Ils entendant les rires d'enfants, quelque part dans le brouhaha de la foule, alors qu'ils marchent vers un stand de churros. Elle ne s'est pas encore détachée de lui pour inspecter l'étendue des possibilités de sucreries qui s'offre à elle. Au contraire, elle lui intime de la suivre.

Elle a l'air d'un papillon, attirée par toutes les lumières de ce kiosque qui, à priori, semble tout droit venu d'un autre monde, avec cette façade rose bonbon et blanche, qui propose des garnitures beaucoup trop variées d'après ce que présente la vitrine. Et quand il dit « beaucoup trop variées », ce n'est absolument pas une plaisanterie ; de la chantilly, du caramel, des fruits, du sucre, des vermicelles colorés, des chamallows, de la confiture...

Tout pour chopper un bon diabète.

Mais pourtant, il reste et ne fait aucun commentaire, malgré la manière que la rouquine a de charger les doses... Son métabolisme n'a pas l'air de connaitre la notion de stockage, quelle chance ! Une fois sa commande passée, Gerald la regarde trifouiller dans son sac pour sortir l'argent ; le moment idéal pour dégainer sa carte bancaire, comme un cowboy, avec un sourire poli mais ravageur à l'intention de la gérante du stand.

« Je pouvais très bien-
- Mange avant que toute ta chantilly fonde, la coupe-t-il. »

Ils arrivent à trouver un banc inoccupé et décident de s'y installer, le temps qu'elle puisse finir tranquillement cet amas de sucre. Avec un petit sourire comblé, il l'observe déguster ce qu'elle qualifie d'œuvre d'art. Ça dure quelques minutes, jusqu'à ce que la rouquine plisse les yeux en tournant la tête.

« Tu as faim ? »

Sa question est posée innocemment. Un petit nuage sort d'entre ses lèvres brillantes. La nourriture doit encore être bien chaude.

« Pourquoi tu penses ça ?, demande-t-il en haussant un sourcil.
- Tu me fixes depuis que j'ai commencé à manger. »

Trouver un échappatoire semble être la meilleure solution. Et, dans tous les cas, les mots sont sortis sans qu'il ne puisse les contrôler.

« Tu as juste du chocolat sur le visage, ment-il en tournant la tête vers la foule.
- Mais... je n'ai pas pris de chocolat... »

Et merde.

Il est vraiment nul pour inventer des mensonges sur le tas. Comment son père peut vouloir de lui dans ses affaires ? C'est un coup de poker vraiment foireux.

« Ah bon ?, marmonne-t-il. Je n'avais pas fait attention. »

Avec un petit rire, Erza lui donne un léger coup de coude dans le bras. Il la regarde du coin de l'œil pour ne pas louper une miette de la discrète fossette qui creuse sa joue ; à croire qu'il ne va jamais se lasser de l'admirer silencieusement.

« Qu'est-ce que tu as envie de faire après ? »

Une énième bouchée finit au fond de son estomac pendant qu'elle se tortille pour inspecter les alentours. Le froid ne les lâche pas et, tranquillement, il décide de se coller encore une fois contre elle ; sa main se pose avec une certaine hésitation contre son dos, incertain de sa prochaine réaction. Il a presque envie de crier "victoire" mais il se retient, ne désirant pas la faire fuir ou, tout simplement, de se prendre une tape.

« Je crois avoir entendu parler d'un super stand de tir, déclare-t-elle avec bonne humeur.
- On peut l'essayer, alors. »

L'emballage finit à la poubelle et elle s'accroche à son bras, pour sa plus grande surprise mais aussi contentement. La question de savoir s'il lui a manqué lui brûle les lèvres mais il la retient, sachant pertinemment qu'elle ne dira jamais oui. Fichue fierté. Bien qu'une petite voix au fond de sa tête lui rappelle qu'il n'est pas mieux.

« Oh. Des saumons, sourit-il en s'approchant d'un modeste kiosque.
- Les saumons sont plus gros que ça, répond Erza en roulant des yeux.
- Pourquoi tu les rabaisses comme ça, les pauvres ?
- Tu crois vraiment qu'un stand de fête foraine va donner des saumons comme récompense... ? »

En secouant la tête, le jeune homme se met devant elle. Son regard pétillant de malice est posé sur lui et il adore ça. Énormément.

« Tu t'apprêtes réellement à défendre la cause de ces poissons rouges ?, s'amuse-t-elle.
- Oui. Pour la simple et bonne raison que si tu te comportes comme un petit poisson, on te traitera comme un petit poisson. Mais si tu te comportes comme un gros poisson, on te traitera comme un gros poisson. »

À vrai dire, il est assez fier de cette conclusion.

« Enfin là... tout ce que je vois, c'est que tu ne sais pas faire la différence entre cinq centimètres et un mètre. Je me demande ce que valent vraiment tes vingt centimètres maintenant... »

Gerald plisse les yeux, peu certain de la tournure que prend cette conversation.

« ... c'est petit ça...
- Comme ta-
- Tu as raison, la coupe-t-il, c'est un poisson rouge. »

Elle ne se retient pas de rire alors qu'il la traîne vers la destination souhaitée. Lui, il a les oreilles chaudes à cause de la gêne ; dire que, de base, ça partait d'une bonne intention. Mais non, il fallait qu'elle touche à la partie de son corps dont il est plutôt confiant, même s'il sait qu'il ne devrait pas se réduire à la taille de son génialissime pénis.

« Celui-là ?, demande le jeune homme en le pointant du doigt.
- Oui ! En plus il n'y a pas trop de monde, on a de la chance. »

Avec une expression enfantine, la rouquine s'avance pour tenter de gagner le prix ; une peluche qui fait au moins sa taille, si ce n'est plus. Un peu intrigué, parce qu'il ne connait pas encore cette facette de sa personnalité, il penche la tête en l'étudiant.

Et, bien sûr, il est incapable de le nier.

Erza est incroyablement sexy, même avec cette arme en plastique, à viser et toucher les cibles. Elle n'en loupe aucune, toujours avec ce petit sourire de satisfaction sur son beau visage, et il se demande où elle a bien pu apprendre à être aussi douée.

Ah, oui. C'est vrai. C'est la sœur de Luxus.

Ça fonctionne bien comme douche froide.

Ça, et la fâcheuse sensation d'être observé.

En frissonnant, Gerald tourne la tête pour chercher du regard qui le dérange dans ce délicieux moment, avant de finalement le glisser vers le petit groupe de garçons qui s'est rassemblé pour aussi essayer le stand. Essayer ou plutôt mater ? Parce qu'il peut très bien voir la manière dont ils reluquent allègrement son amie. Est-ce qu'il a déjà dit à quel point ce type de comportement le mettait hors de lui ?

Ce serait plutôt simple de calmer ce troupeau d'adolescents hormonaux ; quelques nez cassés, des dents en moins, des bras ou des jambes plus trop fonctionnels... Bon, il devra juste faire attention à ne pas tâcher ses beaux vêtements avec le sang, mais ça, au pire, ce n'est qu'un détail.

Son ventre se serre un peu, étrangement, quand il pose ses yeux vers une personne vaguement familière qui est appuyée contre un poteau, le téléphone dans les mains. Ses sourcils se froncent un peu.

« Tadaaaa ! »

Il retient son sursaut, alors qu'Erza serre fermement contre elle sa récompense. L'ours blanc est effectivement assez grand et elle doit lever les bras pour ne pas qu'il traîne par terre. C'est en rangeant ce sentiment de malaise qu'il lui offre un sourire, attendri, avant de prendre sa peluche pour la mettre sur ses épaules, histoire qu'elle ne soit pas embêtée si l'envie de tester d'autres kiosques se présente.

Pourtant, par précaution, sa main ne quitte pas la sienne.


Après avoir raccompagné la plus belle et merveilleuse rouquine qu'il connaisse, Gerald est rentré chez lui en fredonnant, mains dans les poches, un sourire éclatant aux lèvres. Sauf que sa bonne humeur disparaît vite. Très rapidement. Comme un ballon venant d'éclater.

Un saumon mort décore le tapis de sa porte, accompagné par la bonne odeur si caractéristique d'un poisson éventré. Parce que, oui, le petit plaisantin qui s'amuse à le menacer a jugé bon de le vider pour en foutre partout sur sa porte et les murs.

Deux minutes.

Un saumon ?

La réalisation le frappe, et son corps semble prendre une température polaire.

Brusquement, le nageur fait demi-tour, la semelle de ses baskets crissant sur le sol de l'immeuble. Son sang est en ébullition alors qu'il court à une vitesse folle dans les rues de Crocus, afin de rejoindre un arrêt de tram. Les passants le dévisagent, et plus encore quand il percute les portes du transport, les empêchant de se refermer sans qu'il soit à l'intérieur.

Ses doigts tremblent alors qu'il compose le numéro de la police. Il ne peut s'empêcher de les incendier en hurlant au téléphone, faisant ainsi sursauter quelques mamies qui voient enfin quelque chose animer leur retraite. Parce que bordel, pourquoi ces officiers sont aussi incompétents ?! C'est si dur que ça de mettre la main sur un psychopathe alors que ce maudit immeuble est censé avoir des putain caméras de surveillance ?

« ... aller juste voir sur place, merde ! »

Quand il arrive enfin à la résidence, Gerald ne perd pas de temps pour taper le code d'entrée. Il monte les escaliers quatre à quatre puis, une fois devant la porte de son amie, se met à la tambouriner durement.

C'est Simon qui finit par lui ouvrir, les cheveux décoiffés et une marque d'oreiller sur son visage, avec, en prime, un sourcil haussé.

« Encore toi ?, soupire-t-il. La fin de journée était pas suffisante ou quoi ? »

Reprendre son souffle avant de parler est difficile et il le remarque. Voilà pourquoi son deuxième sourcil se lève, lui indiquant qu'il vient sans doute de comprendre que quelque chose cloche.

« Erza va bien ? Elle est rentrée hein ?
- Bon sang Fernandez... me dis pas que tu t'es encore foutu dans la merde !
- Hein ?, s'indigne Gerald. Comment ça "encore" ?
- Oh ça va, on sait tous que t'es pas fréquentable. »

Ne pas relever, ni envisager de fracasser son poing dans la figure de cet abruti...

« Je n'ai rien fait, grogne-t-il.
- En attendant, si t'es là, c'est parce que tes âneries mettent Erza en danger.
- Je te dis que je n'ai rien fait ! Et puis on s'en fout, merde ! On fait une trêve, ok ? Je veux juste sa sécurité. »

Le brun ouvre un peu plus la porte pour s'avancer.

« Et je t'en remercie. Tu peux être serein et rentrer chez toi maintenant, déclare-t-il en désignant la cage d'escalier. Je la protège.
- Pas que j'ai pas confiance en tes capacités physiques mais, pour le coup, je préfère la garder à l'œil. »

Une expression d'incompréhension tire ses traits. Donc il indique d'autres informations.

« Genre. Tout le temps, ajoute-t-il. Tu vois ce que je veux dire ? »

Un mouvement derrière monsieur muscles attire son attention, et la sienne aussi puisqu'il se décale. Ses yeux verts se posent sur le minois d'Erza. Mais ça ne l'empêche pas de constater qu'elle porte juste un débardeur et toujours un maudit string. Ce mec est tellement chanceux, sérieux !

« Il y a un problème Simon ? »

Puis, deux secondes après, la demoiselle tourne la tête vers lui. Surprisse, sa bouche s'entrouvre.

« Gerald ? Mais... qu'est-ce que tu fais là ? Tu as oublié un truc ?
- Absolument pas !, s'exclame soudainement le brun d'une façon excédée. Cet aimant à problème veut te séquestrer chez lui !
- Pas la séquestrer mais la pro-té-ger !, s'exaspère l'étudiant en articulant chaque syllabe. C'est une manie chez toi de tout déformer ?
- Ça revient au même, siffle-t-il.
- Y a urgence, fais pas l'enfant !
- Qu'est-ce que tu appelles une « urgence » ? Ton manque d'affection plus gros que ta fierté ?
- Oh, trois fois rien, t'inquiètes pas, répond-il avec tout le sarcasme dont il est capable. Juste une collection d'animaux morts gentiment offerte devant ma porte. Mais à part ça, presque rien ! »

À croire qu'ils servent d'offrandes.

« Je ne vois pas pourquoi ça me touche, avoue Erza en s'appuyant à son tour contre le cadran de la porte.
- J'avais un saumon sur mon tapis.
- Un saumon ? Mais pourquoi un- »

Et à son tour, elle réalise.

« Et tu veux l'emmener chez toi ? Hors de question Fernandez.
- Pourquoi tu refuses de comprendre qu'elle est pas en sécurité ici ?
- Et toi pourquoi tu ne comprends pas que je suis parfaitement capable de la protéger ?
- Parce que tu pleures devant une mouche écrasée ! »

C'est la main d'Erza frappant le mur qui les interrompt. Une lueur dangereuse brille dans le fond de ses prunelles.

« Je suis là hein ! Je peux prendre une décision non ? »

Peut-être que répondre « non » à l'unisson n'est et ne sera jamais l'idée du siècle, vu la manière dont le claquement de la porte résonne encore dans le couloir. Il peut parfaitement entendre la discussion très animée entre le couple et, bien décidé à ne pas partir sans ramener la rouquine avec lui, le nageur s'installe par terre, bras croisés.

Le temps passe lentement mais, lorsque son amie rouvre la porte, elle pose immédiatement ses yeux sur lui, pendant qu'il fait mine de regarder sa montre.

« C'est bon ?, demande-t-il innocemment. C'est fini ? »

Elle hoche la tête et referme derrière elle. Cette action l'étonne mais il ne dit rien.

« C'est d'accord. Mais à une condition.
- Laquelle ?
- Simon est aussi de la partie. »

Ah.

Génial.