Réponses aux reviews (Gody et Ally) :
Alperona (Gody) : On adore mettre des titres qui font réagir. Généralement, ils ont un sous-entendu derrière ou alors ils font référence à une partie précise. C'est toujours rigolo de découvrir les réactions de nos lecteurs/lectrices ensuite haha. On est tellement ravie que cette histoire soit aussi prenante, et encore plus en sachant que vous n'arrivez pas à savoir vers où on va vous mener. Et, pour finir, on te remercie pour ta compréhension, ça fait plaisir et du bien ! Et on est aussi très honorée que tu considères cette histoire comme la meilleure fiction que tu aies lu jusque là. C'est flatteur et trop mignon. Encore merci ! C:
Jerza1 (Gody) : Alors, la taille du chapitre, on avoue que c'est assez exceptionnel pour le moment. Il y en aura d'autres, de sûr, parce que certains moment l'exigeront. Ensuite, les films existent, mais on a modifié le nom (il y en a des cultes, et une référence a une série qui a beaucoup fait parler d'elle l'année dernière). Pour le chaton, il faut blâmer Ally (c'est elle qui a écrit ce passage. J'étais d'accord mais j'aime pas trop toucher aux animaux snif). Merci pour soutenir notre collaboration, ça fait plaisir !
Guest (Gody) : Holà ! Gracias para compartir tu opinión !
Guest (Gody) : De rien pour la longueur du chapitre haha. Ravies d'apprendre que tu as aimé en tout cas, merci ! Et si, Gerald va passer les fêtes tout seul, comme un grand. :')
Pepa (Gody) : Nous encourager, ce n'est pas un problème haha mais c'est surtout la tournure de phrase qui joue. On apprécie le soutien, en tout cas ! Concernant les menaces, c'était bel et bien ce dealer. On était ravie de mettre en avant Ultia, après tout c'est un personnage important. Merci pour ton commentaire !
Mayaserina (Ally) : Nous aussi on s'impressionne parfois. Surtout pour la longueur du dernier chap xD. Après avoir réfléchi un petit moment, on s'est effectivement dit que ce serait mieux de faire toute la cohabitation sous forme de plusieurs jours, en un chapitre. Ça permet de mettre plus de choses (genre les nuits sans folie, on allait pas faire un chap juste pour ça) et puis on voulait pas trop s'éterniser dessus. On voulait arriver à décembre surtout...
Le comportement ambivalent d'Erza on en avait déjà parlé, donc ça sert à rien que je répète. L'humour on avait pas mal misé dessus. Heureuses donc que ça a fonctionné ! Et oui on se moque d'Erza qui est aussi réceptive aux signaux qu'une radio débranchée, mais Gerald n'est pas parfait non plus :') Et pour répondre à ta question, s'ils avaient fini saouls tous les deux, il ne se serait strictement rien passé xD. Parce qu'Erza ne le voit actuellement que comme son meilleur ami. Certes très sexy. Mais son meilleur ami quand même... Le destin du chat, j'ai compris, continuez de m'envoyer les tomates pourries. Y a que moi qui assume apparemment. Si les passages poignant t'ont touchée c'est parfait ! C'est qu'on a bien fait notre taff. Donc, merci de nous le dire ^^ En espérant que ce chapitre - certes bien plus court - te plaira aussi. Bonne lecture !
Disclaimer : Fairy Tail ne nous appartient pas.
Raiting : T
JOUR 113 : pedigree
Ses yeux se plissent quand elle appuie sur le bouton, sur le côté droit de son téléphone. La lumière l'éblouit un peu et elle bat des cils, se retenant de bougonner à cause des petits flashs blancs apparaissant dès que ses paupières se ferment. Son pouce tape rapidement son code et elle tombe directement sur sa conversation, avec Luxus. Quand elle sent le souffle de son petit-ami s'écraser contre sa nuque, une fois qu'il s'est allongé sur le côté pour l'enlacer, Erza décide d'éteindre son portable pour ne pas le déranger.
La chambre baigne à nouveau dans le noir. La respiration de Simon est lente et harmonieuse, ne se troublant pas un instant, même alors que des voitures passent à toute vitesse dans la rue. Elle aimerait pouvoir dormir aussi profondément. Sa dernière nuit paisible remonte à début novembre. C'est lorsqu'elle y repense qu'elle se demande pourquoi son corps devient subitement lourd, une fois sous les couvertures douces et chaudes de Gerald. Peut-être à cause du confort ? Il faudrait qu'elle lui demande sa marque de matelas, tiens. Ou au moins de draps. Elle ne peut pas nier que son propre lit ressemble à une planche en bois.
Face à cette pensée, elle sent le bras sur lequel elle est allongée s'engourdir. Erza pousse un soupir et tente de se retourner ; une action vouée à l'échec, parce que le brun, collé contre son dos, maintient une prise ferme. La seule solution est de soulever ce membre lourd et musclé, tout en tentant de ne pas le réveiller, pour faire une légère rotation qui permettra à son sang de circuler à nouveau correctement. La mission est périlleuse, elle qui n'a aucune envie de le tirer de son sommeil. Parce que si c'est le cas, Simon va vouloir parler de ce qui la tracasse. Et elle ne veut pas discuter, pas maintenant, pas alors qu'elle essaie déjà de savoir ce qui cloche réellement.
Quand elle parvient à se mettre sur le dos, la rouquine laisse ses paupières se fermer. Si elle pense à quelque chose d'agréable, elle peut arriver à s'endormir, non ? Tiens, il suffit qu'elle se dise que c'est aujourd'hui qu'ils partent chez sa famille pour Noël. Elle va présenter Simon, montrer que c'est un gentil garçon très poli, qu'il a des manières, et tout se passera merveilleusement bien alors qu'ils mangeront de la nourriture délicieuse. Makarof le jaugera alors d'un œil sceptique, découvrira chacune de ses faiblesses, à condition qu'il n'ait pas encore monté un dossier, et-
Erza secoue la tête.
Il faut qu'elle trouve autre chose.
Tout en espérant que sa mère ne l'ait pas déjà fait elle aussi…
Sa main se lève et ses doigts glissent dans sa frange qui a bien poussé. Elle la rejette en arrière, ses ongles grattant son crâne sous l'agacement ; son esprit a bien quelques trucs très sympathiques à lui proposer, mais si elle pouvait éviter de songer à ce qui semble être son meilleur ami du campus, elle apprécierait énormément. Bien sûr, comme toujours, elle finira par craquer. Elle le regrettera peut-être au petit matin, quand le visage souriant de Simon l'accueillera une fois sortie de son sommeil.
Erza mord durement sa lèvre inférieure. Ce n'est pas si mal que ça, de penser à lui. Si ? Mais qu'est-ce qu'elle est censée faire ? Elle n'a rien contrôlé et elle se voit mal reprendre des distances avec Gerald. Elle aime la relation qu'ils ont ; ils rient beaucoup, ils regardent des films incontournables et des séries, ils mangent parfois tous les deux quand l'occasion se présente. Forcément, maintenant, elle s'est attachée. Elle s'est même beaucoup attachée à lui. Peut-être trop ? C'est difficile de se dire qu'elle aurait pu lui cracher à la figure en début d'année, parce que maintenant qu'elle le connait… et bien, c'est différent.
Elle joue maintenant avec quelques mèches, la tête ailleurs. Elle se demande pourquoi il arborait cet air de chiot battu, hier, quand ils se disaient au revoir. Est-ce que c'était de la déception, parce que cette collocation improvisée prenait fin ? Ça l'étonnerait. Même s'il avait l'air de s'être bien amusé, le nageur aime aussi sa tranquillité. Et puis, elle l'a bien vu qu'avoir Simon dans ses pattes n'est certainement pas ce qu'il préfère. Elle ne pense pas qu'il se soit disputé avec Ultia ou Meldy alors, il ne reste qu'une seule possibilité ; un problème avec sa famille.
Les lèvres de la demoiselle s'entrouvrent lorsqu'elle réalise enfin un détail ; il sera seul durant toutes les vacances de Noël. Erza a complètement oublié cette information, malgré qu'il l'ait glissée quelques fois quand elle se renseignait un peu sur les déplacements de son paternel. Maintenant, elle se sent idiote de ne pas y avoir pensé plus tôt. Dire que ça va être le cas jusqu'à janvier. Et si elle passait chez lui par moment, une fois rentrée ? Ils ont quelques séries sur le feu, ils pourront les terminer comme ça. Et, au moins, il ne sera pas seul. D'ailleurs, qu'est-ce qu'il va bien pouvoir faire pour s'occuper ? Elle peut rayer de la liste son besoin compulsif de se faire tout le campus, vu que la majeure partie des étudiants repartent chez eux pour les fêtes. Sauf éventuellement la barmaid qu'il a draguée alors qu'elle était juste là ? Non, elle ne préfère pas y penser, au risque de s'énerver, sans vraiment comprendre pourquoi. Du sport, alors ?
Gerald va donc avoir le temps de se perfectionner dans ses records, en natation. Elle esquisse un léger sourire en se remémorant ses soirées, sur une chaise en plastique, à le regarder faire ses longueurs ; elle n'aurait jamais pensé que ce sport puisse être aussi captivant. La rouquine le blâme entièrement pour ça, d'ailleurs. Pourquoi a-t-il fallu qu'il soit monté comme une statue Bosco-Fioranne antique ? Les muscles saillants et luisants sont une arme redoutable et, d'accord, elle comprend certains commérages qui circulent à la fac, sur son corps.
Le truc, avec la natation, c'est que ça ne s'arrête pas à dévoiler un buste et des jambes parfaitement dessinés, non non. Ça va plus loin. Ce maudit maillot de bain a souvent eu raison d'elle. Est-ce vraiment nécessaire qu'il épouse à ce point toutes les formes, aussi bien devant que derrière ? Bon, bien sûr qu'elle est au courant que Gerald est plutôt bien gâté à ce niveau là, mais pourquoi diable le destin s'est-il acharné à le lui montrer de cette manière ?
Bloquant un gémissement frustré, Erza cache son visage avec ses mains.
Elle doit absolument trouver quelque chose pour amener son esprit vers le sommeil, et pas l'excitation. Après tout, elle se voit très mal réveiller Simon pour assouvir ses pulsions. Ce n'est pas son genre et, en prime, ça ne se fait pas. Quelle idée de se remémorer ses passage là, aussi. Tout ça, c'est à cause de cette collocation qui, oui, a vraiment été sympathique. Elle n'a jamais autant ri en un mois et ça lui a fait beaucoup de bien. Le souvenir du sourire de son ami la titille un peu, juste un instant, avant qu'elle se mette à soupirer en roulant sur le côté cette fois-ci.
Son nez s'appuie contre la gorge de son petit-ami tandis qu'elle écoute le rythme de sa respiration. Doucement, elle passe son bras autour de lui et se rapproche un peu. Erza n'a pas besoin d'être dans le lit de Gerald pour dormir paisiblement, pas vrai ? Elle a le plus merveilleux compagnon possible, alors pourquoi chercher une distraction qui n'est pas lui pour tomber entre les bras de Morphée ? Elle aime beaucoup Simon. Vraiment. Il lui plait, même s'il est parfois trop hésitant, trop doux. Même si elle a parfois peur de le dévorer, tant sa gentillesse et son pardon sont énormes. Elle ne veut pas le blesser, pas alors qu'il fait tout pour la rendre heureuse, bien que ça soit maladroit.
C'est amplement suffisant.
Avec un petit sourire, elle se serre contre lui.
Erza est bien contente d'avoir insisté pour prendre des billets en première classe. Elle a besoin de calme pour ne pas vriller. En temps normal, elle n'a généralement rien contre les enfants mais, quand le manque de sommeil vient soudainement se mettre au top de sa liste, elle se surprend très vite à détester tout le monde quand c'est le bordel. Et ô combien il est difficile pour elle de retenir le monstre sanguinaire aux envies de meurtre, qui sommeille en elle dans ces moments là...
C'est donc relaxée qu'elle profite du voyage, en compagnie de Simon qui lit un bouquin sur la réalité virtuelle. Elle tourne donc la tête vers la vitre, observant le paysage défiler à toute vitesse sous ses yeux. Ses écouteurs lui offrent une somptueuse mélodie, jouée au piano, par les soins de Gerald ; pour une raison ou une autre, il a décidé de lui composer une playlist avec des morceaux qu'il a interprétés ou créés. Elle n'a pas cherché à l'en empêcher, étant une fan inconditionnelle de cet instrument. Elle peste encore parfois en se souvenant que sa pratique du piano a vite été avortée, vu ses doigts trop petits et sa patience disparue. A-t-elle vraiment existé d'ailleurs ?
Une moue se dessine sur ses lèvres, vite effacée lorsque la paume du brun se pose sur sa cuisse recouverte d'un collant. Le soleil ne les quitte plus et elle a décidé de s'habiller en conséquence, sans pour autant oublier les températures. Donc son short ample, resserré à sa taille, est suffisant. Surtout lorsqu'elle le met avec un pull qui est certes fin, mais qui tient divinement chaud. C'est simple, beau, et confortable. Parfait pour voyager, donc. Ses chevilles se croisent, et elle jette rapidement un coup d'œil à ses bottines parfaitement propres. Et, bien sûr, il n'a pas été question de sortir sans manteau ; il est simplement rangé en haut, avec son sac.
« Je me demandais… »
Elle hausse un sourcil en portant toute son attention sur son petit-ami. Erza retire alors ses écouteurs, histoire d'être sûre de ne rien louper.
« Oui ?
- Hum… et bien tu… tu ne m'as jamais beaucoup parlé de ta famille. Alors… je me demandais juste si je devais m'inquiéter de quelque chose.
- Comme… quoi ?
- Tu t'entends mal avec eux ou… je ne sais pas. Des histoires ou des sujets déconseillés peut-être ? »
Se raclant un peu la gorge, Erza tresse alors machinalement ses cheveux. Elle n'a pas pensé à ce détail, en proposant à Simon de passer les fêtes en sa compagnie. Sur le coup, ça lui a paru normal et censé, lui qui a précisé qu'il n'aurait pas de réunion de famille obligatoire durant cette période. Mais maintenant… elle se dit que ça a peut-être été une erreur.
« Tout va bien, ne t'en fais pas. C'est… que euh. Ma famille est souvent très occupée, tu vois ? On se donne des nouvelles quand on peut et… voilà. »
Qu'est-ce qu'elle peut dire d'autre qui peut paraître normal pour lui ? Il a déjà rencontré Luxus, il sait qu'il est à l'armée, tout comme son grand-père. Et il est également au courant qu'ils ne sont pas entièrement de la même famille, qu'elle a juste passé beaucoup de temps chez eux lorsque sa mère devait partir en… déplacement.
« D'accord, marmonne-t-il en faisant des cercles sur sa cuisse avec son pouce. »
Elle n'a pas envie de penser ça mais, elle n'a trop le choix en remarquant la délicatesse de ce sujet ; avoir un petit-ami qui ne fait pas parti du même monde, ce n'est pas ce qu'il y a de plus génial. Devoir cacher des petits détails assez essentiels deviendra de plus en plus dur et, lorsqu'il sera entièrement au courant de qui elle est réellement, elle n'est pas sûre qu'il soit toujours partant pour rester avec elle. Simon aime les choses simples. Il veut une vie tranquille, normale, et c'est ce qu'elle veut aussi mais il faut être réaliste ; même si sa mère fait tous les efforts possibles pour que ce soit le cas, Erza sait pertinemment qu'elle mettra les pieds dedans un jour ou l'autre.
« Et Eileen ? »
Son cœur loupe un battement.
« Enfin, je veux dire, ta mère. Je devrais l'appeler Eileen d'ailleurs ? Ou... madame Scarlett ? »
Quand elle songeait à ces petits détails, en voilà un, tiens.
Avec un doux sourire, l'étudiante pose sa main sur celle du sportif qui la regarde tendrement, mais aussi avec de l'angoisse. Elle peut gérer celui-là, sans avoir à déformer la réalité. Se mouiller, oui, mais pas trop.
« Tu verras directement avec elle, ne t'en fais pas. »
Ça n'a pas l'air de trop le rassurer. Vu ce côté timide qu'il a, c'est simple de comprendre pourquoi ; il n'a pas envie de décevoir sa belle-famille d'une quelconque manière.
« Tu ne m'as jamais dit dans quoi elle travaillait, dit-il soudainement.
- Oh ? Euh… ah oui ? »
Simon hoche lentement la tête, comme si, en même temps, il réfléchissait pour être certain que ce soit bien le cas.
« Ah… »
Comment est-ce qu'elle pourrait formuler ça ?
« Ma mère… est une grande nettoyeuse. »
Il bat des cils, perplexe, pendant qu'elle tapote son index sur ses phalanges abîmées.
« Une grande… nettoyeuse ?
- C'est ça. Elle a une entreprise et c'est une nettoyeuse.
- Elle nettoie… des immeubles ?, demande-t-il avec une certaine hésitation. »
C'est quand même une jolie façon de dire qu'elle en fait exploser certains parfois, non ?
« Oui. »
Simon semble de plus en plus perdu. Tant mieux. Il lâchera plus vite l'affaire, comme ça. Et, en prime, le karma a l'air d'être bon puisqu'elle voit les prémices de la gare de Magnolia. C'est donc avec un magnifique sourire qu'elle range ses écouteurs dans la poche de son short.
« On va bientôt arriver ! »
Le silence n'est pas quelque chose qui la dérange, sauf quand il est pesant ou gênant. Celui dans la voiture est étouffant. Elle met ça sur le compte du trac de Simon ; il gigote un peu sur son siège et s'attire très vite le regard bleu du militaire. La réaction est immédiate. Il se fige, droit, mains posées à plat sur ses cuisses. La rouquine se retient de taper l'épaule de Luxus, pour l'avertir, mais comme il conduit elle ne préfère pas. Elle attendra qu'ils soient arrivés.
Quand c'est le cas, Erza embrasse rapidement le brun, toujours aussi raide qu'une planche, dans une tentative pour le détendre. Ça fonctionne un peu, pas trop non plus, parce qu'il a vraiment l'air de redouter Luxus. Ils ont pourtant pratiquement la même carrure. C'est presque amusant mais elle va éviter de rire ; elle n'a pas envie de le vexer. Donc, à la place, elle sort de la voiture pour rejoindre le grand blond qui sort les valises du coffre.
« Il a un problème ?, s'enquiert le blond avec ce ton bourru qui lui est propre. Il a un balais dans le- »
Sa main frappe rudement son bras et il lâche un gémissement de douleur.
« Mais pourquoi tu me frappes ?, pleurniche-t-il.
- Sois gentil, soupire Erza en prenant son sac. Il est stressé.
- Tellement qu'il ne sait plus ouvrir une portière ?
- Luxus…
- D'accord, d'accord, marmonne-t-il en fermant le coffre. Je peux pas tout emmener à la maison. Donc bougez vos délicats popotins. Et j'espère que dans toutes ces valises, il y a mes t-shirts. »
Non, bien sûr que non. Elle les a volés, ils sont à elle maintenant. Il a passé l'âge de croire au Père Noël pourtant.
La rouquine roule des yeux avant de partir vers le côté de Simon. Elle toque à la fenêtre et il sursaute. Elle se décale rapidement quand elle voit qu'il compte sortir à son tour, sans vérifier si elle risquait de se prendre la portière ou non. Elle entend Luxus pouffer quand il s'en va en secouant la tête de désespoir.
« Désolé, dit-il rapidement. J'étais… dans mes pensées.
- C'est rien. On rentre ? Même s'il fait beau, le froid est toujours là.
- Pars devant, je m'occupe du reste, sourit-il.
- Tu es sûr ?
- Certain. »
Elle le regarde encore longuement, cherchant le moindre détail qui pourrait lui indiquer s'il y a plus que la simple angoisse de rencontrer sa famille. Le brun se penche pour presser doucement ses lèvres contre les siennes, en caressant sa joue. Par réflexe, elle serre un peu ses doigts sur sa veste marron.
« Ça va mieux, ne t'inquiète pas, murmure-t-il contre sa bouche avant de s'écarter. Tu devrais rentrer avant de tomber malade. Les rhumes, c'est pas top pendant des vacances. »
Peut-être que la vue du manoir des Draer a poussé son anxiété à un niveau supérieur ? Elle peut comprendre. La bâtisse est élégante, entourée par des arbres. La fontaine devant les escaliers ne fonctionne pas durant l'hiver et elle se revoit encore assise sur le rebord, petite, quand l'été devenait trop chaud. Elle se revoit aussi couler Luxus dedans, quand elle arriver à le prendre par surprise. Ou l'inverse.
Ses semelles s'enfoncent délicatement dans les graviers quand elle s'avance vers l'entrée. Erza monte tranquillement les escaliers, après avoir regardé une dernière fois son compagnon en train de s'afférer avec les valises. Quand elle est enfin à l'intérieur, elle tombe nez à nez avec Luxus qui revient de l'étage.
« Grand-père n'est pas là ?, s'étonne-t-elle. Et ma mère ?
- Ils arrivent lundi.
- Une raison particulière ?
- Un déplacement de dernière minute d'Eileen. Une urgence, si j'ai bien compris. »
Elle fronce un peu les sourcils et le militaire lève les mains en signe de défense, comme par peur de se prendre un autre coup.
« Ce n'est pas de ma faute, ne t'énerve pas. Tu peux toujours l'appeler si tu veux. Mais va dans le bureau du vieux. Les renseignements que tu m'as demandé sont là-bas.
- Tu montres à Simon où est notre chambre ?, sourit l'étudiante.
- De quoi votre chambre ?, rit-il en donnant un pichenette sur son nez. Chacun a la sienne.
- Je suis une grande fille.
- Le vieux va en faire une syncope. Sa petite-fille, dans la chambre avec un homme avant le mariage. Seigneur.
- Ne dis pas de bêtise, soupire-t-elle en marchant dans le hall immense. Je reviens vite. »
Seul le grognement de Luxus lui répond et c'est suffisant. Elle longe un couloir richement décoré d'armes médiévales puis ouvre une grande porte, rentrant dans ledit bureau. Refermant soigneusement derrière elle, elle sort ensuite son téléphone de la poche de son manteau. Son pouce fait défiler ses contacts, jusqu'à avoir celui de sa mère. Il y a trois tonalités avant qu'elle ne décroche.
« Oh, ma chérie ! Tu es bien arrivée ?
- Oui, sourit-elle doucement. Je voulais juste comprendre pourquoi tu n'es pas là. Tu avais dit que- »
Un gémissement rauque atteint ses oreilles et elle plisse les yeux.
« Tu as l'air occupée.
- Mais non ma puce. Ne t'en fais pas. »
La voix douce et sereine de sa mère est en totale contradiction avec la scène qu'elle s'imagine. Parfois, même si elle les adore de tout son cœur, elle se dit qu'elle est vraiment tombée dans une famille de barges...
« Tu tortures encore quelqu'un, c'est ça ?
- Tu me connais beaucoup trop bien… »
Erza se pince le pont du nez en retenant un soupir. Elle veut sa mère pour Noël. Alors plus vite elle en aura terminé avec son urgence, plus vite elle reviendra. Elle ne prend même pas la peine de demander où est cette fameuse « urgence », sachant déjà pertinemment qu'elle doit être dans un pays très éloigné de Fiore.
« Les hommes pensent avec leur pénis tu sais, répond-elle. Il parlera plus vite si tu y touches. »
Le rire franc de sa mère la fait sourire, couvrant les supplications de son hôte.
« Tu es sûre d'être là à temps ?, demande-elle alors. J'ai ramené Si-
- Timon c'est ça ?
- Simon maman. Simon.
- Oui, ta nouvelle lubie. »
Elle retient un gémissement de protestation. Qu'est-ce qu'ils ont tous à le rabaisser comme ça ?
« Si tu pouvais éviter de l'appeler comme ça quand tu seras là ce serait… vraiment génial.
- Tu sais bien que je ne ferais jamais ça. »
Elle s'appuie doucement contre la porte, fourrant sa main inoccupée dans sa poche. Ses dents mâchouillent nerveusement sa lèvre inférieure
« Pas d'inquiétudes. Je serais là. »
Ça la rassure. Elle a besoin de la voir. Pas juste pour être rassurée de constater qu'elle sera en pleine forme, mais aussi parce qu'elle doit lui parler. C'est une oreille attentive et elle a toujours des bons conseils à donner. Et, en plus de ça, il faut qu'elle raconte comment tout s'est passé en détails, depuis sa rentrée à l'université. Les appels en Facetime sont trop courts pour ça.
« Du coup… je te laisse ?
- On se rappelle après pour parler du repas de Noël. Je t'aime !
- À plus tard maman, souffle-t-elle. »
Bon, et bien, au moins elle est sûre que sa figure maternelle est toujours aussi prise par son travail. Et qu'elle s'investit avec la même passion. C'est rassurant pour elle, pas pour les futures personnes qui auront le malheur de croiser son chemin en de fâcheuses circonstances, bien sûr.
D'un mouvement lent et délicat, Erza glisse ses doigts dans ses cheveux écarlates. Elle se masse un peu la tête, sentant que ses vacances ne seront pas de tout repos. Et, avant de penser au repos qu'elle a désespérément souhaité, elle a quelques documents à lire. Alors elle s'avance vers l'imposant bureau du Général, le contourne, pousse le fauteuil pour s'y installer et appuie tranquillement ses paumes de chaque côté de l'enveloppe marron.
Les papiers sortis, elle mord à nouveau sa lèvre. Elle a l'impression que son ventre est tordu et qu'elle ne devrait pas faire ce genre de chose. Pourtant elle continue. Son index dessine brièvement le visage faussement souriant de la photo ; Gerald a l'air plus jeune dessus. La photo a dû être prise il y a plusieurs années, à en juger par l'absence de son tatouage sur le visage, et elle la retourne pour confirmer son hypothèse. Il devait avoir seize ans à ce moment-là.
Elle pose lentement le cliché à côté, préférant découvrir les informations disponibles sur lui. L'armée en a forcément. Après tout, Luxus le connait et elle est certaine que c'est aussi le cas pour Makarof. Ses mains tremblent un peu pendant que ses yeux se baladent sur les lignes. Ce n'est sûrement pas l'idéal pour en savoir plus sur Gerald, mais elle n'a pas le choix ; le blond a insisté pour qu'elle surveille mieux ses arrières en enquêtant sur ses connaissances. Et voilà où elle en est, en train de fouiner dans l'histoire de son ami.
La mère de Gerald est décédée dans un accident quand il était encore jeune. Il n'y a eu qu'un seul rapport, peu détaillé, qui laisse croire que ce n'est qu'une couverture, histoire de cacher quelque chose de plus gros qu'une sois-disant collision entre deux voitures. Et quant à la fameuse figure paternelle toujours absente…
Sa bouche s'entrouvre, se ferme, puis ses sourcils se froncent.
… Acnologia ? Son père, c'est lui ? Elle entend encore ce prénom, dans ses oreilles, alors que sa mère négociait avec cet homme. Erza n'a jamais cherché à approfondir ce sujet et, de toute manière, Eileen ne souhaite pas qu'elle mette les pieds dans ses affaires. Elle a toujours désiré qu'elle trace sa route et qu'elle réalise ses propres ambitions. Voilà pourquoi elle est à l'université. Sauf qu'elle n'aurait jamais pensé qu'il y aurait là-bas un garçon qui a plongé dans le business familial et, qu'en prime, ce même business soit en lien avec celui de sa mère.
Si le destin existe, il a l'air d'être un sacré farceur.
Bien sûr qu'elle savait que Gerald n'était pas blanc. Ça a été très clair quand Luxus lui a dit de mettre les points sur les i avec le nageur, parce qu'il fouinait trop. Mais il fallait que son père soit Acnologia ? Maintenant elle se demande si sa mère acceptera qu'elle passe parfois des journées entières avec lui, même s'il est le premier à réagir ces derniers temps quand sa sécurité laisse à désirer.
Lentement, la rouquine tourne les pages pour terminer son investigation. Ses doigts soutiennent son front à mesure de sa lecture ; il n'y a pas toute la vie de son ami dedans, juste quelques passages importants. Comme ses exploits en natation, par exemple. Ça et… la tentative d'assassinat qu'il a subi, enfant. Un assaut qui n'a pas été concluant, mais dont les principaux acteurs courent encore. Du moins, parait-il. Erza se doute que les informations répertoriées ici ne sont pas toutes véridiques. Si ces personnes ont décidé de s'en propre au fils unique d'Acnologia… ce serait étonnant qu'ils s'en soient sortis indemnes.
Elle pousse un léger soupir et remet en place les documents. Est-ce que la cicatrice sur son torse vient de là ? Ça ne doit pas être celle qui zèbre un peu son V et qui remonte vers son ventre. Son doigt tapote le bureau. Maintenant qu'elle sait tout ça, est-ce qu'elle devrait le prévenir ou faire semblant ? Ou juste attendre que ce soit lui, qui lui en parle. Même s'il n'a aucune raison de le faire. Comment il réagirait, s'il apprenait qu'elle a fait des recherches sur lui sans avoir d'abord cherché à lui demander son avis ? Après tout, elle lui a demandé de ne pas fouiner sur elle, tandis qu'elle ne s'est absolument pas gênée de son côté.
Ses mains cachent ses yeux et Erza pousse un gémissement.
Avoir appris qui il est réellement, son statut, ses faits, rien ne change quant à son ressenti envers lui. Gerald est une bonne personne. Il est maladroit, parfois capricieux, colérique, mais il protège ses proches. Il est dévoué. Alors ce ne sont pas quelques lignes traitant de ses antécédents de drogué violent qui la feront changer d'avis sur lui. Même si on essaie de la corrompre avec des milliards de fraisiers. Après tout, il sait en faire et chaque gâteau qu'il lui a proposé était une création divine.
Alors maintenant, Erza espère simplement que personne ne viendra ruiner sa relation avec lui. Ou que sa mère lui fasse comprendre que c'est loin, très loin, d'être une bonne idée. Ou juste que Gerald apprenne qu'elle soit venue fouiner dans ses affaires, sans avoir demandé son autorisation.
Son regard s'accroche sur son portable, qu'elle a posé sur le bureau.
Et si elle le lui disait ? C'est toujours mieux qu'il le sache maintenant de sa part, que de quelqu'un d'autre, non ? Et puis, ça lui donnerait aussi l'occasion de savoir comment il va et ce qu'il a prévu pour les vacances. Elle pourrait aussi lui demander de chercher le petit chat noir du quartier, au cas où, pour voir s'il est revenu. Et aussi, comme ça, elle aurait la possibilité d'entendre sa voix et-
« Oh bon sang, mais à quoi je joue… »
S'appuyant contre le dossier de la chaise, elle gémit et frotte son visage.
« Un message, ça suffit amplement, murmure-t-elle »
Mais comment elle formule ça ? Et pourquoi est-ce qu'elle se prend autant la tête ? Gerald ne va pas se mettre en colère pour si peu, pas vrai ? Et puis, comment il peut l'apprendre, de toute façon ? Luxus a forcément dû être discret, pour ne pas s'attirer le courroux d'Acnologia. Donc tout ira bien. Au pire, elle demandera à ce mangeur d'éclair au chocolat les détails de son investigation.
Tiens, d'ailleurs, c'est ce qu'elle va faire.
Et maintenant.
« Non, je lui ai dit, répond le militaire en buvant son café.
- Tu as quoi ?
- Ça ne l'a pas dérangé. »
Elle le regarde s'appuyer contre l'îlot central.
« Il avait même l'air assez content, étrangement, continue-t-il dans un marmonnement. Ce mec est tellement bizarre. Je comprends pas pourquoi tu traînes avec lui alors qu'il bave sur toi depuis des mois.
- Parce qu'il est gentil, Luxus, soupire Erza. Et il ne bave pas. Il était insistant au début mais maintenant, c'est bon. Il ne cherche plus rien. »
Le militaire pose sa tasse sur le marbre avant d'éclater de rire, en appuyant sa paume contre son ventre. Quand il se calme, il secoue un peu la tête en ricanant légèrement, puis reprend sa boisson pour en prendre une gorgée.
« Décidément, je crois que tu es née aveugle... »
Ignorant son dernier commentaire, Erza fait un pas en arrière pour regarder Simon descendre les escaliers, tout sourire. Elle secoue la main pour lui intimer de venir par ici et Luxus roule des yeux.
« Quitte à choisir un chiot, tu aurais pu prendre celui avec un bon pedigree. »
